Consulat
Premier Empire

Campagnes

2 décembre 1805

La bataille d'Austerlitz


Prologue

La Moravie coule des jours paisibles. Non pas que l’existence de ses habitants soit dénuée de difficultés. Les années précédentes, les prix ont monté, à la suite de mauvaises récoltes. Les guerres prolongées contre la France révolutionnaire ont mis l’économie à genoux et laissé les finances publiques dans un état catastrophique, dont les effets sont ressentis par tous les sujets de la monarchie autrichienne. La monnaie a été dévaluée depuis plusieurs années, et la dette publique a constamment augmenté, atteignant maintenant 650 millions de florins. L’État essaye de remédier à cette situation par l’émission de papier monnaie. Il n’en résulte qu’une augmentation constante des biens de consommation. Mais la paix de 1801 a fait croître l’espoir pour un avenir meilleur. La récolte de céréales a été bonne en cette année 1805, une année par ailleurs excellente pour le vin. Les paysans de cette partie de la Moravie (qui compte beaucoup de vignes) voient l’avenir avec optimisme. Et la nouvelle, à l’automne, que les français partent de nouveau en guerre contre les allemands ne les perturbe pas outre mesure. En fait, les habitants de la Moravie ont toujours eu une perception très lointaine de la guerre, n’imaginant pas un seul instant qu’elle puisse les concerner jusqu’au pas de leur porte. Et pourtant ! Ils apprennent bientôt que Vienne a été occupée par les français, qu’ils sont même devenus maîtres du seul pont sur le Danube. Le 13 novembre, l’Empereur François, fait une courte apparition à Brünn, ayant fuit sa capitale. Devant l’accumulation de nouvelles alarmantes sur la progression des français, il quitte Brünn le 16, pour aller s’installer à Olomouc. Il est suivi par des centaines de véhicules, remplis de meubles et de biens. Le 18, la forteresse de Spitberg, ou sera enfermé l’infortuné général Mack, le vaincu d’Ulm, jadis réputée imprenable, est abandonnée aux troupes de Napoléon.

Comment en était-on arrivé là ?