Juillet 1800

Paris, 3 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures

Je désire, Citoyen Ministre, que vous fassiez les démarches nécessaires pour avoir, indépendamment des 7,000 hommes que j'ai demandés au Gouvernement batave, 2,000 hommes de cavalerie, artillerie et sapeurs. Songez aussi, je vous prie, qu'il est nécessaire à l'exécution de mes projets que ces 9,000 hommes soient  présents sous les armes. 


Paris, 3 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, un arrêté. J'avais déjà, de Genève, prévenu le général Augereau, qui est tout prêt. Donnez l'ordre au général Moreau de concentrer et de réunir toutes ses forces sur le Danube et en Bavière. L'armée d'Augereau appuiera son flanc gauche. L'armée de réserve occupera la Suisse, appuiera sa droite, et lui servira de communication avec l'armée d'Italie.

Si la cour de Vienne est animée par des dispositions pacifiques, il faudra commencer par un armistice général, mais que je ne désire conclure que lorsque l'armée de Batavie sera au milieu de l'Allemagne, afin de pouvoir, par l'aspect de tant de forces, briser les formes lentes et longues de la cour de Vienne, et la porter non-seulement à une paix raisonnable , mais encore à la conclure  promptement.


Paris, 3 juillet 1 800

Au citoyen Fouché, ministre de la police

Dans votre bulletin du 8 messidor, Citoyen Ministre, vous me dites que tous les émigrés et espions anglais que vous avez fait arrêter à Calais sont munis de passe-ports de M. Jacobi. Je vous prie de me faire une note sur cet objet, en citant deux ou trois exemples, afin que le ministre des relations extérieures puisse faire connaître à M. Jacobi combien cette conduite est inconvenante.

Il est nécessaire que vous preniez des mesures telles qu'aucun étranger n'entre en France qu'avec votre autorisation.


Paris, 3 juillet 1800

ARRÊTÉ

Bonaparte, Premier Consul de la République, arrête :

ARTICLE ler. - A dater du 20 messidor, les 24e, 25e et 26e divisions militaires font partie de l'armée de Batavie.
ART. 2.. - Le général en chef Augerean se portera à Düsseldorf, avec un corps de 8,000 Bataves et de 6,000 Français de l'armée de Batavie, où il se fera joindre par 6,000 hommes qu'il retirera des 24e, 25e et 26e divisions militaires, et un parc d'artillerie composé au moins de cinquante pièces de canon.
ART. 3. -  Le lieutenant général Victor se rendra sur-le-champ en Batavie, pour y commander sous les ordres du général en chef Augereau.
ART. 4. - Le but du corps d'armée du général Augereau sera de menacer la Bohême, d'obliger l'Autriche à regarnir ses places, d'appuyer le flanc gauche de l'armée du Rhin, autant que  possible, et enfin d'obliger tous les petits princes d'Allemagne à faire leur paix séparée, après leur avoir imposé des contributions. Le général en chef ne s'éloignera cependant jamais à plus de huit à dix journées du Rhin, afin de pouvoir retourner à la défense des côtes.
ART. 5. - Le ministre de la guerre présentera un projet d'instructions qu'i1 donnera, à cet effet, aux généraux en chef.


Paris, 3 juillet 1800

Au général Augereau, commandant en chef l'armée en Batavie

Le ministre de la guerre vous aura fait passer, Citoyen Général, l'arrêté relatif à l'accroissement de votre armée et aux mouvements de nos troupes. Vous y verrez qu'au lieu de 7,000 Bataves je désire que vous en ayez 8 ou 9,000.  Le ministre des relations extérieures écrit en conséquence au citoyen Semonville, pour expliquer que les 1,000 hommes demandés étaient d'infanterie et présents sous les armes; et qu'il sera nécessaire d'y ajouter 1,500 hommes, cavalerie et artillerie.

Les évènements d'Italie et du Rhin sont tels qu'il est probable que nous ne tarderons pas avoir un armistice germinal. J'en retarderai la conclusion le plus qu'il me sera possible, afin de vous donner le temps de vous établir au milieu de l'Allemagne; il ne faut donc pas perdre un instant.

Le général Victor va se rendre en qualité de lieutenant général à votre armée. Vous lui confierez, sous vos ordres et pendant votre absence, le commandement de la Batavie.

Mettez vos troupes en, marche et rendez-vous le plus tôt possible à Mayence; aussi bien, je crois que cette place a besoin d'une inspection extraordinaire. Cependant si vous désirez passer à Paris sans que cela retarde considérablement votre marche, je serai fort aise de vous voir. Vous connaissez l'amitié que j'ai pour vous.

Je vous salue affectueusement.


Paris, 4 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand. ministre des relations extérieures

Le Premier Consul n'a fait que parcourir les Lettres d'un envoyé à La Diète germanique, mais il ne voit pas d'inconvénient à les faire imprimer en forme de brochure. I1 faudrait avoir soin de prendre du papier d'Allemagne, et de se servir des caractères du genre allemand. On les daterait de Francfort.

Je désirerais également que vous fissiez faire une caricature qui représenterait le ministre Thugut entre le doge de Venise et un directeur cisalpin. L'allusion devrait rouler sur ce qu'il dépouille l'un en conséquence du traité de Campo-Formio, et emprisonne l'autre parce qu'il ne reconnaît pas le traité de Campo-Formio.


Paris, 4 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand

La cour d'Espagne, Citoyen Ministre, parait piquée de ne pas connaître le but de l'armement de la division du contre-amiral Lacrosse qui devait sortir de Brest. Je désire que le citoyen Alquier insinue que cela n'avait pour but que l'exercice des équipages, et d'accoutumer à la mer les conscrits que l'on avait embarqués, afin que tout fût  prêt lorsque l'armement serait achevé.

I1 serait essentiel d'avoir une entrevue avec l'ambassadeur turc pour connaître la réponse à ces deux questions:

1° A-t-il toujours les moyens d'écrire à Constantinople?
2° Dans le cas qu'il en eût les moyens, pourquoi ne s'en servirait- il pas pour faire connaître au Grand Seigneur la situation de l'Europe et le convaincre qu'il ne doit avoir aucune inquiétude sur l'Égypte, qui lui sera restituée dès l'instant que la Porte voudra reprendre ses anciennes relations avec la France ?

Je désire quo vous donniez à M. Priocca, otage piémontais, l'ordre de se rendre ä Paris.


Paris, 4 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand

Je désire, Citoyen Ministre, que vous me fassiez connaître de quelle manière nous pourrions faire faire à l'empereur de Russie cette déclaration:

"Le Premier Consul de la République, voulant donner une preuve de sa considération personnelle à l'empereur de Russie, et le distinguer des autres ennemis de la République, qui se battent par un vil amour da gain, désire, si la garnison de Malte est contrainte par la famine à évacuer cette place, la remettre entre les mains du Czar, comme grand maître de l'ordre; et, quoique le Premier Consul soit certain que Malte a des vivres pour plusieurs mois, le Premier Consul désire que Sa Majesté Impériale fasse connaître les conventions qu'elle voudrait faire et les mesures qu'elle veut prendre pour que, le cas échéant, ses troupes puissent entrer dans cette place."

Ne serait-il pas convenable d'écrire directement sur ce sujet au ministre des relations extérieures à Petersbourg ? Si vous le pensez, présentez-moi un projet de lettre.


Paris, 4 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me faire connaître si, dans ce moment-ci, nous avons en France des généraux, colonels on lieutenants-colonels russes, prisonniers de guerre. De quels régiments sont les prisonniers russes, en quel nombre et dans quelles villes se trouvent-ils ?


Milan, 4 juillet 1800

ARRÊTÉ

Les Consuls de la République arrêtent:

Il sera formé deux divisions d'artillerie pour la garde des Consuls: une composée de six pièces de 12 , et l'autre de quatre pièces de 8 et de deux obusiers. Ces deux divisions auront double approvisionnement.


Paris, 4 jui1let 1800

Au général Bernadotte commandant en chef l'armée de l'ouest

Je vous envoie, Citoyen Général, mon aide de camp chef de brigade d'artillerie Lauriston, que je vous prie de faire passer à Belle-Île, afin qu'il visite la place et parle aux soldats et aux habitants. A son retour, il vous rendra d'abord compte de ce qu'il aura vu; après quoi il reviendra à Paris.

Votre aide de camp m'a rencontré à Saint-Jean-de-Maurienne; je l'attends à Paris; je vous le renverrai avec une réponse détaillée sur toutes vos lettres.

Deux demi-brigades, et spécialement la 92e, sont en marche pour vous rejoindre.

On me donne beaucoup d'inquiétudes sur les approvisionnements de Brest; dites-moi, je vous prie, ce qu'il en est et ce qu'il faut faire. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il faut faire l'impossible.

Faites donc arrêter et fusiller dans les vingt-quatre heures ce misérable Georges.

Faites-vous remettre sous les yeux la liste de tous les officiers qui sont à Belle-Île, et faites changer ceux qui y seraient depuis trop longtemps. I1 nous faut là des bommes bien sûrs. L'or est le grand moyen des Anglais.

Je vous salue et vous aime. 


Paris, 5 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

I1 sera écrit, par le ministre de la guerre, une lettre de satisfaction à tous les généraux qui ont été blessés à la  bataille de Marengo. Cette lettre sera écrite sur parchemin, en forme de brevet, avec le sceau de la République.


Paris, 6 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures

Je  vous prie, Citoyen Ministre, de faire connaître aux magistrats de Hambourg que je suis extrêmement mécontent de la protection qu'ils donnent à tous les libelles qui s'impriment contre la France, et notamment à l'impression d'un journal, appelé le Censeur ; que j'exige que non-seulement ce journal ne paraisse plus, mais que la police en connaisse les auteurs et imprimeurs, et les arrête sur-le-champ; et si, dans l'espace de quinze jours, lesdits auteurs ne sont point traduits dans prisons de Hambourg, à ma disposition, je traiterai le sénat de Hambourg en ennemi.


Paris, 6 juillet 1800

ARRÊTÉ

Les Consuls de la République, voulant donner une preuve toute particulière de la satisfaction du peuple français au général de division Victor, commandant la gauche de 1'armée à la bataille de Marengo, lequel s'est conduit avec autant de bravoure que d'intelligence, arrêtent ce qui suit :

Le ministre de la guerre fera donner an général Victor un sabre sur lequel seront inscrits ces mots : Bataille de Marengo, commandée en personne par le Premier Consul. - Donné par le Gouvernement de la République au général Victor.


Paris, 7 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner l'ordre an général Chasseloup de se rendre en Italie pour commander le génie de l'armée d'ltalie.

Il choisira, entre Saint-Jean-de-Maurienne et la Mont Cenis, un emplacement où l'on pourrait construire un petit fort pour défendre la vallée de la Maurienne. I1 laissera un officier du génie pour lever le plan du terrain, jusqu'à 500 toises du fort. 11 visitera la fort de Montmélian, et tracera les ouvrages qui seraient nécessaires pour occuper la hauteur, mon intention étant que ce fort soit réarmé et mis dans la meilleur état de défense.

Arrivé en Italie, je désirerais, autant que les opérations de l'armée pourront le lui permettre, qu'il choisît l'emplacement et fit le projet d'une forte place sur la Pô, à peu plus à la hauteur de l'embouchure de l'Oglio. Cette place, à cheval sur le Pô, serait, par sa position, maîtresse de l'Italie.


Paris, 10 juillet 1800

DÉCISION

Bonaparte, Premier Consul de la République française, d'après le compte qui lui a été rendu de la conduite distinguée et de la bravoure éclatante du citoyen Wadeleux, capitaine aide-de-camp du général Lecourbe, à l'affaire qui a en lieu ä Hochstaedt, la 30 prairial an VIII, au succès de laquelle il contribua efficacement, en retenant les troupes françaises an poste important de Schwenningen, et en se précipitant ensuite, malgré la feu de l'artillerie la plus soutenu, an milieu d'une colonne ennemie, où il alla saisir la commandant et la ramena prisonnier aux acclamations des compagnons de sa valeur,

Lui décerne, à titre de récompense nationale, un sabre d'honneur. I1 jouira des prérogatives attachées à ladite récompense par l'arrêté du 4 nivôse an VIll.


Paris, 10 juillet 1800

Au général Bernadotte, commandant en chef l'armée de l'ouest

Je vous ai écrit, Citoyen Général, par un courrier extraordinaire, prévoyant que votre aide de camp vous arriverait un peu tard.

J'attends un rapport du ministre de la guerre sur l'armement de la gendarmerie et sur votre administration.

Je crains, comme vous, que Bourmont et les chefs des chouans ne se conduisent mal; d'ailleurs il ne doit pas y avoir un État dans l'État. Georges est un de ceux qui se conduisent le plus mal. Faîtes-le saisir et fusiller.

Je vous salue et vous aime.


Paris, 10 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, Ministre des Relations extérieures

Vous trouverez, Citoyen Ministre, différentes lettres des ministres du gouvernement à Turin et à Milan. Faites leur connaître, ainsi qu'à celui qui est à Gênes, qu'ils doivent correspondre avec vous.

Écrivez leur qu'ils doivent faire tous leurs efforts pour procurer au général Massena les subsistances pour son armée.

Le Piémont pourrait-il procurer deux millions par mois à la caisse de l'armée.

Quelles ressources peut offrir Gênes ? Cette république avait autrefois 4 ou 5 mille hommes de troupes soldées; n'est-il pas juste qu'une partie équivalente de troupes francaises soient habillées, nourris et soldes ?

Lettres à Talleyrand


Paris, 11 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

D'après la Convention, Citoyen Ministre, faite entre le général Berthier et je général Melas, la moitié des approvisionnements qui se trouvaient dans nos places fortes que les Autrichiens ont évacuées devait leur appartenir; l'autre moitié est à l'armée française.

Les inventaires ont été faits; les Autrichiens ont proposé de vendre leur moitié à l'armée française. Donnez les ordres pour que cette proposition soit acceptée, et pour quo les magasins des places de Tortone, Alexandrie, Gavi, Turin, Pizzighettone, soient le plus promptement possible complétés de la manière suivante:

       Alexandrie, pour 3,000 bommes
       Tortone. .  . . . .. . . .. . . 1,800,
       Gavi . . . . . . . . . .. . . . . . 500 
       Turin . . . . . . .. . . . . . 1,800
       Pizzighettone . . . . . . 600
(pendant six mois.)

Désignez un général, un officier supérieur d'artillerie, un officier supérieur du génie, un commissaire des guerres, un  garde-magasin qui seront attachés à chacune de ces places, et ne pourront être changés  que par un ordre de vous.

Donnez an citoyen Daru, inspecteur aux revues, l'ordre de faire dresser, dans chacune des places désignées, un procès-verbal, signé par le commissaire des guerres et le garde-magasin attachés à la place, les approvisionnements existants, et ceux manquants et nécessaires. Ordonnez de compléter ces derniers. On peut prendre les objets nécessaires dans les places non conservées.

Prenez des mesures pour vous assurer de la prompte démolition des places non conservées, et spécialement du château de Bard, des citadelles d'Ivrée et de Milan.

Faîtes connaître au général Masséna qu'il paraît que la cour de Vienne suit son système accoutumé de gagner du temps. Dites-lui de se tenir prêt à déclarer, au commencement de thermidor, à M. de Melas, que les hostilités recommenceront le 10, puisque le temps pour le retour da courrier est passé et que la cour de Vienne ne répond pas; qu'il fasse ses dispositions en conséquence, et qu'un courrier, qui partira d'ici le 26 , portera au général Masséna les derniers ordres du Gouvernement sur cette déclaration. 

Faites-lui sentir combien il est important qu'avant le commencement des hostilités il ait fait sauter les citadelles de Milan et de Plaisance et transporter en France et à Gênes l'artillerie qui serait dans ces deux places et à Pavie.

Recommandez-lui de faire approvisionner ses différentes places fortes de manière qu'elles puissent tenir.


 Paris , 11 juillet 1800

Au général Moreau, commandant en chef l'armée du Rhin

Je vous félicite, Citoyen Général, sur les brillants succès de votre campagne. Les deux lettres que vous m'avez écrites ont été me chercher à Milan et viennent d'arriver à Paris.

Nous attendons à chaque instant la réponse de Vienne; et, si elle tarde encore quelques jours, nous recommencerons les hostilités en Italie.

Quoique nous soyons menacés de plusieurs débarquements et que les escadres anglaises couvrent nos côtes, un corps considérable composé de Bataves et de Français, va marcher au delà de Mayence.

On active autant que possible l'organisation de la seconde armée de réserve.


Paris, 12 juillet 1800

Au général Brune, commandant en chef l'armée de Réserve

Je reçois, Citoyen Général, votre lettre du 20 messidor.

Le fait est que vous allez occuper la Suisse; tout le reste n'est que des mots. Mon intention est, si les circonstances ne s'y oppose pas, de faire marcher votre armée en corps.

J'ai pris un arrêté pour que les troupes campées aient les vivres de campagne.

Je vais donner l'ordre que l'on fasse passer encore des fonds à votre armée.  Avant de faire marcher vos corps, habillez-les.

Je désire fort apprendre que vous avez commencé l'organisation de votre artillerie.



 Paris, 13 juillet 1 800

Au citoyen Forfait, ministre de la marine

Je vois avec peine, Citoyen Ministre, dans le rapport quo vous me faites, quo l'on a sacrifié l'armement de l'escadre à celui d'an grand nombre de petits bâtiments. Je vous prie de prendre toutes les me sures nécessaires pour qu'au commencement de fructidor les escadres de Brest, Lorient et Rochefort soient armées, dans le cas de se réunir et en état de tenir la mer.

 Faites-moi un rapport sur les mesures que vous prendrez pour l'exécution de cet ordre.


Paris, 13 juillet 1800

Au citoyen Forfait

Vous voudrez bien, Citoyen Ministre, témoigner le mécontentement du Gouvernement au commandant des armes et à l'ordonnateur de 1a marine à Dunkerque, de ce qu'ils n'ont pas mis dans la rade des chaloupes canonnières qui auraient pu empêcher le brûlots d'avancer et protéger les frégates.

Il est également nécessaire de rendre an Gouvernement un compte exact pourquoi ces frégates n'étaient pas encore rendues à Flessingue. C'était évidemment les exposer quo de les faire séjourner autant de temps dans la rade de Dunkerque.


Paris, 14 juillet 1800

ALLOCUTION AUX GÉNÉRAUX  PORTEURS DES DRAPEAUX PRIS SUR L'ENNEMI.

Les drapeaux présentés au Gouvernement devant le peuple de cette immense capitale attestent le génie des généraux en chef Moreau, Masséna et Berthier, les talents militaires des généraux leurs lieutenants, et la bravoure du soldat français.

De retour dans les camps, dites aux soldats que, pour l'époque du ler vendémiaire, où nous célébrerons l'anniversaire de la République,    
le peuple français attend ou la publication de la paix, ou, si l'ennemi y mettait des obstacles invincibles, de nouveaux drapeaux, fruits de nouvelles victoires.


Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Lucien Bonaparte, ministre de l'intérieur

Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, l'état des conscrits de l'an VIll que devait fournir chaque département, de ce qu'ils ont fourni et de ce qu'ils doivent encore fournir.

Le Corps législatif a mis à la disposition da Gouvernement tout la conscription de cette année. Le Gouvernement, par un règlement du Conseil d'État, n'a requis que 30,000 bommes, et cependant par le peu de zèle des préfets, le tiers seulement est fourni.

Vous devez bien distinguer que ces 30,000 hommes ne sont que pour les conscrits de l'an VIII, et que les préfets ne doivent pas prendre en compte les conscrits et réquisitionnaires qui ne sont pas de l'an VIII et qu'ils auraient fait rejoindre. Écrivez-leur une lettre chacun; établissez leur compte conformément à l'état ci-joint et ordonnez-leur de prendre des mesures efficaces pour que le complément que vous leur désignerez ait rejoint, avant le 15 thermidor, Dijon, où s'organise la seconde armée de réserve sous les ordres du général Brune. Laissez entrevoir dans cette circulaire qu'il serait p0ssible que le Premier Consul les passât en revue. Faites-leur connaître combien la gloire de nos armes, la prospérité de la République et une prompte paix dépendent de l'activité qu'ils mettront dans cette circonstance. Dites-leur aussi de faire rejoindre les conscrits et réquisitionnaires des années antérieures à l'an VIII, en leur spécifiant que ceux-ci doivent rejoindre aux dépôts des armées indiqués par le ministre de la guerre.


Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Lucien Bonaparte

Le ministre de l'intérieur fera connaître aux membres qui lui ont adressée cette lettre:

1° Qu'il n'y a point d'Académie français;
2° Qu'ils doivent savoir quelle a été abrogée par une loi de la République;
3° Que l'Institut réunit à la fois les anciennes académies des sciences, française et des belles-lettres;
4° Que je ne vois cependant pas d'inconvénient à ce que des moyens se réunissent pour former une société littéraire, toutes les fois qu'elle ne portera pas un nom qui tendrait à réveiller des institutions abolies, que son règlement n'aurait rien de contraire aux lois de la République, et qu'elle serait à l'instar du Lycée des arts ou de tout autre établissement de cette nature.
5° Quant à la proposition qui m'est faite d'être membre de cette association, vous leur ferez sentir que j'ai des choses plus importantes à faire;
6° Et si cette association continue à prendre le titre ridicule d'Académie française et à suivre ses anciens statuts, l'intention du Gouvernement est qu'elle soit sur-le-champ supprimée.


Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Gaudin, ministre des finances

Vous voudrez bien, Citoyen Ministre, me présenter un projet d'arrêté :

l° Pour qu'il ne soit reçu dans les caisses des receveurs des départements de l'ouest que de l'argent comptant, tout ainsi que les fer mages des biens nationaux;
2° Pour que les bons des réquisitions faites par l'armée républicaine pour la subsistance ne soient reçus comme comptant que pour l'arriéré ;
3° Que, sous quelque prétexte que ce soit, on ne reçoive en paye- ment des bons donnés par les rebelles et qui auraient servi à leur subsistance.


Paris, 1 5 juillet 1800

Au citoyen Fouché, ministre de la police générale

Le projet d'arrêté, Citoyen Ministre, que vous avez présente au Conseil d'État, sur les émigrés, me parait absolument insuffisant. Vous voudrez bien me présenter demain un projet d'arrêté portant les dispositions suivantes :

1°- Tous les individus inscrits sur la liste qui n'ont point réclamé avant le 4 nivôse -an VIII, et tous ceux dont les réclamations n'étaient pas arrivées et enregistrées à la police au 25 messidor an VIII, sont définitivement maintenus;
2° Le dépouillement en sera fait par ordre alphabétique et remis aux Consuls le 1er thermidor:
3° Dans les arrêtés que les commissaires prendront pour des radiations, il sera d'abord constaté que les individus avaient réclamé avant le 4 nivôse an VIII, et que leurs pièces étaient enregistrées à la police avant le 25 messidor an VIII; et, à défaut de cette formalité, la commission ne pourra pas, sous quelque prétexte que ce soit, procéder à réexamen des pièces.


 Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Fouché

Vous voudrez bien, Citoyen Ministre, faire arracher tous les placards d'un soi-disant prospectus d'un collège de Navarre. Vous ferez traduire à la police correctionnelle les rédacteurs de ce prospectus, surtout celui des exemplaires où se trouve une gravure avec exergue latin.


 Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Lucien Bonaparte, ministre de l'intérieur

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me faire connaître:

1° ce que c'est que ce collège de Navarre; 2° à qui appartient la maison où tenait autrefois ce collège. Si elle est à la République, l'intention Gouvernement est qu'il n'en soit pas disposé sans ordre.


Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

L'ordonnateur de la marine à Toulon me mande, Citoyen Ministre que les douze bâtiments qui ont été demandés pour 1'Égypte, sont 
prêts à partir, et il me témoigne sa surprise de ce qu'il n'a pas encore reçu les boulets, les fusils et les dépêches. Je vous prie de faire partir les dépêches  demain par un courrier extraordinaire. Vous sentez combien il est important que le général Kléber soit promptement instruit de la situation de l'Europe et des intentions du Gouvernement.


 Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Carnot

Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner l'ordre au 19e régiment le dragons de compléter un second escadron à 150 hommes et de l'envoyer à Dijon;

Au 1e1 régiment de cavalerie, de compléter un second escadron à 120 hommes et de l'envoyer à Dijon rejoindre le premier;

Au dépôt du 7e de dragons, de compléter un escadron de 120 hommes et de le faire partir pour Milan rejoindre le régiment.

Le 11e régiment de cavalerie, qui est à Lille, a spécialement besoin le chevaux; il faudrait lui en procurer.

Donnez l'ordre aux différents détachements de la 80e demi-brigade, qui se trouvent dans diverses places de l'armée du Rhin, de se rendre à Dijon pour faire partie de l'armée de réserve.

Le bataillon de Basques, qui est à Bordeaux, demande à ne pas être incorporé. Les députés de ce pays prétendent que, si ce bataillon part sans être incorporé, il arrivera fort de 600 hommes. Donnez ordre qu'il se rende à Dijon, et écrivez au commandant de ce corps que l'intention du Gouvernement est qu'il combatte sous ses drapeaux, afin de distinguer les braves habitants des Pyrénées et de faire connaître au peuple les services qu'ils rendront à la République.

Donnez l'ordre au commandant de la 10e division militaire de faire partir pour Paris, vingt-quatre heures après la réception de votre lettre, le bataillon de la 5e de ligne.


  Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Carnot

Le général Brune me mande, Citoyen Ministre, qu'il y a depuis plusieurs jours 100,000 francs à votre disposition à Dijon, pour habillement et les attelages de l'armée de réserve, et que personne ne se présente chez le payeur pour les prendre; qu'il n'arrive à Dijon ni habits ni attelages.

Je donne à la trésorerie l'ordre de faire partir demain deux autre 100,000 francs pour Dijon à votre disposition, et les autres 100,000 francs le ler thermidor; cela complétera les 700,000 franc qui ont été remis, an dernier conseil, à votre disposition pour l'armée de réserve.

L'avant-garde de cette armée est en marche pour la Suisse; mais une avant-garde sans artillerie n'est absolument rien, et, s'il n'arrive pas promptement un grand nombre d'habits, cette avant-garde ne pourra pas être suivie de sitôt de la 1ère division; et cependant il est urgent, pour les opérations de la campagne, que nous soyons forts en Suisse.

Je vous prie de me faire connaître quand les trois demi-brigades qui sont à Paris seront habillées au complet.


Paris , 15 juillet 1 800

Au citoyen Carnot

Le Général Bernadotte me mande, Citoyen Ministre, que l'armée de l'ouest est toute nue. Toutes les fournitures d'habits que l'on fait faire ne réussissent pas. Moyennant les draps que vous allez faire délivrer à l'armée d'Italie, elle va se trouver habillée par le moyen des masses. Prenez des mesures pour faire délivrer à l'armée de l'ouest, en établissant un compte corps par corps, des draps pour confectionner 9,000 habits dans le courant de thermidor et 9,000 dans le courant de fructidor. Les corps ont leur dépôt avec eux , ils seront chargés de la confection de leurs babits.

Prenez la même mesure pour les quatorze demi-brigades qui rentrent de l'armée d'Italie dans l'intérieur. Par ce moyen une partie des armées de la République serait habillée d'une manière régulière.


Paris, 15 juillet 1800

Au général Bernadotte, commandant l'armée de l'ouest

Je reçois, Citoyen Général, vos lettres des 20 et 21 messidor Nous allons prendre des mesures pour habiller votre armée et des mesures de finances pour faire rentrer de l'argent dans les caisses des départements.

J'ai appris avec beaucoup de plaisir ce que vous me dites de l'approvisionnement de Belle-Île et autres îles que les Anglais pourraient vouloir attaquer.

Défaites-nous donc de ce misérable Georges.

Je vous salue et vous aime


Paris, 15 juillet 1800

Au citoyen Savary, aide de camp du Premier Consul

Vous partirez, Citoyen, demain pour Milan. Vous prendrez chez le citoyen Dufresne, directeur du trésor public, un million , partie en or, partie en lettres de change. Vous verserez cet argent dans la caisse du payeur de l'armée à Milan.

Vous me rapporterez l'état de situation de l'armée et l'organisation qu'elle a a reçue, ainsi que celui du nombre de pièces attelées. Vous causerez, à cet effet, avec le chef de l'État-major et le commandant le l'artillerie.

Vous visiterez la citadelle de Milan , et, à votre retour, les citadelles d'Alexandrie, Tortone, Turin; vous prendrez note des approvisionnements qui se trouvent dans ces places, de l'organisation de l'artillerie de l'État-major, et enfin de tout ce qui peut m'éclairer sur la véritable situation de l'Italie.

Vous aurez soin, à Milan et à Pavie, de voir s'il y a encore beaucoup d'artillerie à évacuer sur les derrières, et si les mines sont prêtes pour faire saurer le château de Milan.


15 juillet – 31 juillet

1800

Au citoyen Lacuée, conseiller d'État

Le Premier Consul désire que vous vous occupiez de la rédaction d'un projet de règlement sur les étapes. I1 pense que ce service pourrait être fait dans une forme très-différente de celle qui existe, et qu'il serait possible de le combiner de manière à donner au soldat la  viande en argent, en distribuant du pain pour quatre jours. Vous avez été témoin de la discussion que le Premier Consul a provoqué il y a plusieurs mois, sur ce sujet, au conseil d'administration de la guerre.


Paris, 27 juillet 1800

Au citoyen Fouché, ministre de la police générale

Vous écrivez, Citoyen Ministre, à la régie des salines, que j'ai instruit qu'elle avait dé1ivré des passe-ports à des émigrés, sous prétexte de voyager en France pour cet objet. Je vous prie de vous faire donner la liste de tous les passe-ports que cette régie a délivrer depuis trois mois, et spécialement de ceux qu'elle a envoyés à Francfort pour favoriser la rentrée des émigrés.


 Paris, 27 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures

Je suis instruit, Citoyen Ministre, que la Prusse fait des démarches en Batavie pour les Orangistes. Vous sentez combien il nous importe de nous opposer à l'influence de cette maison. Veillez donc en conférer demain avec le citoyen Schimmelpenninck, et me faire part des instructions que vous croirez devoir donner, à cet effet, au citoyen Semonville.


 Paris, 27 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand

Le nommé Morellet, consul danois à Gênes, est un ennemi si enragé de la nation, que je désire qu'il soit chassé de Gênes, et que vous écriviez au ministre Dejean qu'il se concerte avec le Gouvernement et qu'on lui donne l'ordre de se rendre à Oneille, où il attendra les ordres de son Gouvernement. Cet ordre rigoureux portera qu'il est soupçonné d'avoir servi d'espion aux Autrichiens et d'avoir vendu des passe-ports danois à des gens suspects.


Paris, 28 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand

Mon intention, Citoyen Ministre, est que le général Berthier se rende en Espagne sans aucun titre diplomatique apparent. I1 sera porteur d'une lettre de vous à M. Urquijo, et de moi au roi d'Espagne, pour le lui recommander.

1°. Il aura, avec le litre de plénipotentiaire, les pouvoirs nécessaires pour conclure et signer toutes les conventions qu'il pourrait plaire à S. M. le roi d'Espagne de faire pour le duc de Parme, et pour mettre en notre pouvoir la Louisiane et dix vaisseaux de guerre. 
2° I1 sera chargé d'exciter, par tous les moyens possibles, l'Espagne à la guerre contre le Portugal, en faisant sentir que nous ne pourrons  jamais prendre Mahon, et qu'il est indispensable, dans un moment où la, guerre continentale va finir, et où probablement on ne tardera pas à entrer en négociations pour la paix générale, d'avoir en mains le plus d'équivalents possible.
3° I1 serait chargé, comme voyageur, de visiter les principaux ports militaires de l'Espagne, afin de voir quelles ressources cette puissance peut nous offrir pour la guerre maritime;
4° De prendre, à Barcelone ou dans tout autre port de la Méditerranée, des mesures pour faire passer à Malte, le plus promptement possible, des bâtiments à rames avec les objets dont vous avez déjà envoyé la note an citoyen Alquier; indépendamment de cela, il fera passer des marchés pour faire partir, au commencement de l'équinoxe, 10,000 quintaux de blé et une quantité proportionnelle d'autres objets pour Malte.


Paris, 28 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand

Je suis instruit, Citoyen Ministre, que, pour célébrer le 14 juillet, le citoyen Alquier n'a invité que les ministres des républiques. Vous lui ferez connaître que je n'approuve point cette conduite, et que j'aurais désiré qu'il invitât tout le corps diplomatique, sauf à ne rien dire et à ne rien faire qui pût le choquer. Les fêtes du 14 juillet et du 1er vendémiaire sont des fêtes nationales à peu prés pareilles à celles que l'on à coutume de faire dans les cours pour l'anniversaire de la naissance d'un prince.


Paris, 28 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des Relations extérieures

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me faire connaître quand vous me présenterez le travail pour l'exemption du Règlement sur les Relations extérieures

Lettres à Talleyrand


Paris, 28 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des Relations extérieures

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me faire connaître ce que c'est que le nommé Bertholini, évêque de Luçon.

Lettres à Talleyrand


Paris, 28 juillet 1800

DÉCISION

 

Le citoyen Boinod, inspecteur aux revues, demande, par sa lettre du 26 messidor, qu'on régularise le service des réquisitions, et se plaint des commissaires des guerres et des commandants de place Renvoyé au ministre de la guerre pour écrire, sur tous ces objets, sévèrement à l'ordonnateur en chef, et lui donner des ordres pour qu'il régularise le service et faire cesser le système des réquisitions.

Paris, 28 juillet 1800

Au citoyen Rapp, aide de camp du Premier Consul

Vous voudrez bien, Citoyen, vous rendre an Mans et de là aux Sables, pour prendre des renseignements sur les menaces qui se trament dans ce pays. Différents rapports m'annoncent que les chouans recommencent leurs brigandages.

Vous converserez avec les généraux, les préfets, sous-préfets; vous prendrez des notes sur les forces militaires et sur les principaux officiers qui y commandent; enfin, sur tout ce qui peut m'éclairer sur la situation militaire et politique de ce pays.

Vous reviendrez en toute diligence.


Paris, 29 juillet 1800

A Sa Majesté l'Empereur et Roi. (cette lettre ne fut pas expédiée)

J'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait remettre par M. le comte de Saint-Julien.  Les préliminaires de paix qu'il porte seront, j'espère, suivis promptement du traité définitif.

Nos deux nations, les plus puissantes du continent, sont également fatiguées de la guerre. Leur vœu les portera, je l'espère, à se reposer longtemps dans les douceurs de la paix.

I1 ne dépendra jamais de moi que toutes les difficultés ne soient promptement aplanies; tout ce qui est raisonnable, promptement exécuté, et tous les nuages qui pourraient s'élever par la suite, promptement dissipés.

Par la mesure que Votre Majesté a prise d'envoyer M. le comte de Saint-Julien à Paris, les préliminaires se trouvent signés avant qu'on se doute en Europe que nous sommes en pourparlers, et Votre Majesté continuera de penser qu'il serait avantageux quo la paix définitive se trouvât signée avant quo l'on sût en Europe que nous avons négocié.

La politique des États qui n'éprouvent pas les horreurs de la guerre, doit être de voir s'affaiblir par elle deux États aussi formidables que la France et l'Autriche.

Les questions de la paix ne sont plus nouvelles comme elles étaient lors des négociations de Campo-Formio. En moins de jours que l'on n'a fait les préliminaires, on peut aujourd'hui rédiger le traité définitif; ce qui épargnerait beaucoup de sollicitudes et beaucoup d'argent à l'un et à l'autre.

Quant à l'Angleterre, avec laquelle les circonstances de la guerre avaient engagé Votre Majesté à former des liaisons, la paix une fois faite avec Votre Majesté, la France désire la faire aussi avec l'Angleterre. Votre Majesté peut, de cette déclaration, faire auprès de l'Angleterre l'usage, qu'elle jugera convenable.

Le citoyen Duroc, mon aide de camp, qui remettra cette lettre à Votre Majesté, lui fera connaître de vive voix l'estime et la considération toute particulière que j'ai pour elle.


Paris, 30 juillet 1800

A M. Charles-Frédéric, Margrave de Baden

J'ai reçu votre lettre, Monsieur Charles-Frédéric, margrave Baden. J'ai été sensible aux choses honnêtes qu'elles contient. Pendant le peu de temps que j'ai été à Rastadt, j'ai eu lieu de concevoir de l'estime pour votre personne et pour vos ministres.

Vous pouvez compter sur la bonne amitié de la République française et sur le désir de son gouvernement de vous être utile.


Paris, 30 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures

Il est nécessaire, Citoyen Ministre, que vous fassiez circulaire aux ministres prés les cours étrangères, et notamment aux citoyens Beurnonville et Alquier, pour qu'ils n'accordent point de passe-ports aux émigrés.


 Paris, 30 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand

Faites connaître, Citoyen Ministre, en toute diligence, au chargé d'affaires à Hambourg, que, dès l'instant que les auteurs du  journal le Censeur seront arrêtés et qu'il en aura reçu la notification officielle, il déclare que le Gouvernement français demande qu'ils soient jugés selon les lois du pays, en faisant sentir que cette conduite est bien opposée à celle des Anglais.


Paris, 30 juillet 1800

Au citoyen Lacuée, conseiller d'État

Le Premier Consul désire, Citoyen, que vous présentiez demain votre avis sur la proposition de faire entrer dans le crédit du ministre de la guerre les fonds provenant des contributions imposées en Allemagne et en Italie. Par une conséquence naturelle de cette disposition, toutes les dépenses faites ou à faire sur ces produits devraient être ordonnancées par le ministre de la guerre



1er jui
llet – 15 juillet