1er - 15 Juin 1803


Paris, ler juin 1803

DÉCISION

Le grand juge soumet au premier Consul un rapport sur les bohémiens des Basses-Pyrénées.

Il faut placer ces bohémiens dans les Landes, leur distribuer quelques terres , leur ordonner de les cultiver, et leur faire connaître que tous ceux qui passeraient une limite de quatre lieues seraient poursuivis. On établira des ateliers de travail pour les femmes.


Saint-Cloud, 13 juin 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

La carte topographique des cantons suisses, Citoyen Ministre, se fera désormais aux frais de la République, et les Suisses ne payeront plus rien pour cet objet. Je vous prie d'informer le landammann de  cette disposition.


Paris, 3 juin 1803

Au citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice

Citoyen, le Premier Consul me charge de vous inviter à faire venir le propriétaire du Journal des Débats et celui du Publiciste et à leur représenter l'inconvenance de la publicité qu'ils ont donnée aujourd'hui à des nouvelles publiées sans doute par des journaux d'Allemagne sous la dictée de l'Angleterre : elles supposent des armements dans les ports de la Russie, et ont pour objet de répandre de fausses inquiétudes que nos ennemis ont intérêt à faire circuler, non-seulement dans les autres États de l'Europe pour effrayer les amis de la République, mais encore en France pour attiédir le zèle et affaiblir le noble dévouement que manifestent tous nos départements, toutes nos cités.

La note que le Journal des Débats a mise à la suite de ces nouvelles, n'est qu'un inutile correctif, et pourrait donner lieu de penser que le rédacteur, se trouvant placé entre l'intérêt de l'État et celui de son journal, a pris sciemment le parti qu'il devait s'interdire.


 Paris, 3 juin 1803

Au citoyen Régnier

Le Premier Consul me charge de vous rappeler les intentions qu'il vous a fait connaître relativement au rédacteur du Citoyen français.Ce journal publie encore aujourd'hui un article propre à exciter le trouble et à ranimer l'esprit de parti, ainsi qu'à faire croire à l'étranger qu'il reste encore parmi nous des cœurs dévoués à des hommes qu'aucun vœu ne rappelle.

Le Premier Consul a désiré qu'en faisant une réprimande sévère au propriétaire du papier intitulé le Citoyen français, vous lui renouveliez l'injonction de changer le rédacteur de sa feuille, et l'observation qu'il s'expose à la voir supprimer, s'il n'en exclut pas l'esprit de réaction dont elle est aujourd'hui le dernier asile.


Paris, 3 juin 1803

Au citoyen Régnier

Les journaux continuent à annoncer les mouvements des ports. Leurs rédacteurs ne savent point qu'un récit, indifférent en apparence, peut, dans cette matière, avoir des conséquences fâcheuses. En annonçant, par exemple, l'entrée de deux vaisseaux des Indes orientales, l'un à Bordeaux, l'autre à Lorient, ils avertissent les ennemis d'établir des croisières à l'entrée de la Gironde et devant Lorient, et de fermer ainsi ces voies, qui pouvaient demeurer ouvertes aux retours de notre commerce.

Le Premier Consul désire que vous enjoigniez aux propriétaires des journaux de ne laisser rien mettre dans leurs feuilles qui soit relatif aux travaux, aux constructions, aux mouvements des ports, à l'armement des corsaires, au départ et à l'arrivée des vaisseaux de l'État, des navires du commerce et des bâtiments employés à la course.

Le Premier Consul juge convenable que vous ajoutiez à cette injonction la recommandation de porter la plus grande réserve dans la publication des nouvelles politiques et de guerre que les rédacteurs peuvent tirer, soit des gazettes étrangères, soit de leur correspondance particulière.

Il demeure toujours libre aux journalistes de répéter les nouvelles de toute nature qui pourront être publiées par le journal officiel.



Paris, 3 juin 1803

NOTES POUR LE MINISTRE DE LA MARINE

Je vais, dans ces différentes notes, passer en revue ce que les circonstances actuelles me paraissent exiger. Je prie le ministre de la marine de me faire connaître sur chaque article ce qu'il a fait ou ce qu'il va faire.

ESCAUT. -- 1° Mettre dans le port de Flessingue autant de vaisseaux en construction qu'il sera possible : pour cela, organiser ce port. Je désire connaître les ingénieurs, administrateurs, agents militaires, garde-magasins, etc., qui y ont été envoyés ou que l'on se propose d'y envoyer.
2° Diriger sur Flessingue les coupes de bois que produisent les pays formant le bassin de l'Escaut.
3° Il serait à désirer d'avoir une escadre de six vaisseaux de 74 ou de 64, modèle hollandais. Un serait construit à Flessingue, deux à Nantes, un à Bordeaux, un à Marseille, un à Ostende. Ces vaisseaux formeraient l'escadre du Nord.
4° Mettre des vaisseaux en construction sur les bords de l'Escaut, le plus près possible d'Anvers ou de Flessingue; connaître les lieux choisis pour cet objet, et les moyens.
5° Faire construire des chaloupes canonnières et autres espèces de bateaux plats, pour servir au rassemblement de Flessingue.
6° Connaître les mesures qui ont été prises pour la levée d'ouvriers dans la Belgique, et sur le Rhin et la Meuse, pour les travaux du port de Flessingue, et le nombre qu'on espère s'en procurer.

HANOVRE. - l° Connaître l'officier de marine envoyé avec le général Mortier.
2° Désigner quelques contre-maîtres pour pouvoir faire des coupes de bois pour la marine dans le Hanovre.
3° Construire des bateaux plats dans le Weser et l'Elbe; envoyer quelques enseignes de vaisseau pour commander à Cuxhaven et autres petits ports.

HOLLANDE. - Acheter pour 20 millions de chanvre, mâts, courbes et autres objets nécessaires à la marine; faire connaître les mesures prises et celles que l'on doit prendre.

LE HAVRE. - Une grande partie du bois qui est au Havre, et qui ne peut être transporté, pourrira; prendre des mesures pour l'utiliser, et faire connaître ce qu'on pourrait en faire.

BREST. - 1° Connaître quelles sont les courbes qui manquent pour terminer le Vengeur, et le poids de chacune de ces courbes, afin qu'il soit avisé aux mesures à prendre pour les transporter par terre, si on ne peut le faire par mer. Il est indispensable de rendre disponible le bassin qu'occupe le Vengeur.
Faire connaître les mesures prises pour concentrer tous les ouvriers de la Bretagne à Brest, et, avec ce surcroît de bras, les mesures extraordinaires établies pour faire réparer une partie des vaisseaux sans les mettre dans le bassin , car il est nécessaire d'avoir vingt vaisseaux de guerre en rade à Brest avant le mois de frimaire.

Il y en a actuellement quatre . . . . . . . . . . . . . . . 4 
Il est probable que d'ici à ce temps neuf seront réparés dans les bassins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 
Il y en a trois neufs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 
Il y en aura cinq qui ne passeront point dans les bassins . . . 5

3° Remettre l'état des vaisseaux qui ne doivent pas passer par les bassins, et l'état de ceux qui doivent y passer.

LORIENT. - Au lieu de trois vaisseaux qui doivent être lancés avant le mois de frimaire . . . . . . . . . . . . . . 3 
en avoir deux autres. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

Le surcroît d'ouvriers que doit procurer la guerre doit considérablement activer les Constructions.

SAINT-MALO. - Je désire qu'on mette un vaisseau de 74 en construction dans ce port, et connaître les mesures à prendre pour ce objet.

NANTES. - 1° Mettre en construction dans ce port, indépendamment des deux frégates qui vont être achevées, quatre autres frégates, ne serait-ce que pour employer le bois qui est du côté d'Indret et qui se pourrit.
2° Savoir s'il ne serait pas possible de construire quelques vaisseaux de 72, de forme hollandaise, vaisseaux qui peuvent être utiles pour l'escadre de l'Escaut, et pour combiner ses mouvements avec l'escadre hollandaise.

ROCHEFORT. - 1° Il faudrait que le Lyon, le Magnanime et l'Achille fussent lancés en frimaire, afin que, réunis à l'escadre de Lorient, ils pussent former un groupe de neuf ou dix vaisseaux de guerre dans la rade de Rochefort.
Mettre en construction à Rochefort trois autres vaisseaux. 

BORDEAUX. - Mettre en construction dans ce port une frégate et un vaisseau hollandais de 74 pour l'escadre de l'Escaut.

TOULON 1° Faire connaître les mesures prises pour réunir dans ce port les ouvriers de la Méditerranée, désormais inutiles au commerce.
2° Faire connaître les mesures prises pour réparer et mettre en bon état les sept vaisseaux en ce moment à Toulon; s'ils doivent passer dans le bassin , ces réparations ne seront jamais terminées Ordonner que les vaisseaux soient réparés en les virant.
3° Activer les travaux de construction du Neptune et du Bucentaure, et faire commencer les deux autres.

MARSEILLE 1° Faire mettre deux frégates en construction à Marseille, et un vaisseau de  74 pour l'escadre de l'Escaut.
2° Faire connaître si l'on a commencé la construction de la frégate à Villefranche.

GÊNES. l° Faire connaître les mesures prises pour faire construire à Gênes un vaisseau et une frégate.
2° Envoyer à Gênes, dans la semaine, au ministre de la République, le plan d'un vaisseau de 74 et d'une frégate.
3° Lui faire connaître qu'il doit les faire mettre aussitôt sur le chantier.
4° Lui envoyer un sous-ingénieur et un commissaire de marine pour passer les marchés.
5° Lui faire connaître qu'une corderie doit être établie et toutes les mesures prises pour la construction de ce vaisseau ; cela procurera davantage d'occuper à Gênes le grand nombre d'ouvriers qui, par le résultat de la guerre, se trouvent sans travail et oisifs.

Il y a du bois, et il sera facile de se procurer tout ce qui sera nécessaire.


Paris, 3 juin 1803

DÉCISION

Proposition de règlements pour les cérémonies religieuses publiques.

Laissez faire : les mœurs prononceront.


Saint-Cloud, 4 juin 1803

NOTE

Le trésorier du Gouvernement ajoutera la somme de 60,000 francs à celle déjà accordée par le budget pour les travaux des parcs de Saint-Cloud pendant l'an XI.


Saint-Cloud, 4 juin 1803

Au citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice

Je vous prie, Citoyen Ministre, de demander des renseignements sur les maires et les curés des communes de Grandchamp, Locmaria, Sainte-Anne, Moréac, Saint-Allouestre, Radenec, Josselin, Brech, Saint-Jean-de-Brévelay, Plumergat et Bignan, du département du Morbihan, ainsi que sur la situation de l'esprit public de ces communes, et ceux des habitants qui pourraient être soupçonnés d'être les chefs de correspondance avec Georges.

Georges a à Auray deux frères, un ou plusieurs beaux-frères et plusieurs oncles. Ce sont tous des coquins, et il faut les faire arrêter tous à la fois et les envoyer dans le château de Saumur sous bonne et sûre garde.

Les chouans passaient ordinairement la Loire à Saint-Florent, Champtocé, la Fosse et la Pommeraye. Faire surveiller ces points.


Saint-Cloud, 4 juin 1803

Au citoyen Chaptal, ministre de l'intérieur

Le Premier Consul désire, Citoyen Ministre, que vous écriviez citoyen Menou pour l'inviter à diminuer, autant que la sûreté des départements dont l'administration lui est confiée pourra le permettre, les déportations qu'il opère de la 27e division (Turin) dans la 8e (Marseille). Cette mesure, qui est bonne à l'égard des brigands, ne doit pas s'appliquer aux pauvres, aux mendiants, aux hommes sans aveu qui doivent être secourus, surveillés ou détenus par les moyens ordinaires que doivent offrir les départements du Piémont comme les autres départements de la République.


Saint-Cloud, 4 juin 1803

Au citoyen Cretet, conseiller d'État, chargé spécialement des ponts et chaussées

Le Premier Consul désire, Citoyen, que vous lui rendiez compte de l'état actuel des travaux de Port-Haliguen, dans la presqu'île de Quiberon, et que vous lui fassiez connaître le nom de l'ingénieur des ponts et chaussées qui, ayant eu ordre de se rendre à Rochefort fin de ventôse, a occasionné, par sa désobéissance, la stagnation de travaux à l'accélération desquels le Gouvernement attachait beaucoup d'importance.

Le Premier Consul vous prie, en même temps de lui faire une rapport sur le droit que les ingénieurs des ponts et chaussées peuvent avoir au sou pour livre des travaux dont ils sont chargés.

La durée des travaux du pont de Sèvres paraît se prolonger beaucoup, et les dégâts que le passage des voitures dans le parc de Saint-Cloud occasionne deviennent chaque jour plus considérables. Le Premier Consul me charge de vous inviter à faire mettre, à commencer de lundi prochain, un nombre d'ouvriers suffisant au chemin qui établit la communication entre Saint-Cloud et Sèvres par le bord de la rivière, pour qu'il soit terminé dans dix jours.


 Saint-Cloud, 4 juin 1803

ARRÊTÉ

Il sera fait un présent à M. de Markof, ministre plénipotentiaire de Sa Majesté l'empereur de Russie auprès de la République française, de la valeur de 100,000 francs, à l'occasion de l'accession de Sa Majesté l'empereur de Russie au traité conclu entre le Premier Consul et Sa Majesté l'empereur d'Allemagne et relatif aux indemnités du grand-duc de Toscane.

Le ministre des relations extérieures est chargé de l'exécution du présent arrêté.


Saint-Cloud, 4 juin 1803

Au citoyen Melzi, vice-président de la République italienne

En ne destinant au corps d'armée de Naples qu'un bataillon par régiment, on a laissé les officiers et sous-officiers disponibles pour exercer les conscrits à mesure qu'ils arriveront. J'ai préféré mettre les Polonais avec cette partie de l'armée italienne, parce que j'ai pensé que, dans tous les cas, il valait mieux les éloigner des frontières de l'Autriche. Quant aux 3,000 hommes de l'armée italienne, il était convenable de les exercer aux marches et aux fatigues militaires, et rien ne remplissait mieux ce but que de les mêler avec les Français, parmi lesquels ils trouveront les moyens de se former, puisqu'ils ne doivent pas avoir une grande opinion des troupes auxquelles ils sont dans le cas de se trouver opposés.

La guerre actuelle ne portera aucun préjudice à la République italienne; je ne serai pas dans le cas de lui rien demander davantage. La seule chose que je désirerais serait que la trésorerie continuât à solder les troupes italiennes du corps d'armée de Naples; comme ces troupes seront entretenues aux frais du roi de Naples, j'emploierai le montant de leur solde à subvenir aux immenses dépenses que les circonstances exigent.

Je pense qu'il serait convenable que vous fissiez construire quelques chaloupes canonnières et un ou deux bricks, afin de protéger les côtes de l'Adriatique contre les corsaires. 


Saint-Cloud, 4 juin 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

Le ministre de la guerre préviendra le commandant de la 13e division militaire et le général Moncey, afin qu'ils prennent des mesures pour établir des garnisons et des brigades de gendarmerie dans les communes par lesquelles on correspond avec l'Angleterre et le Morbihan.

Ces communes sont Quiberon, Penerf, Locoal, Crach, Carnac, Plouharnel, Saint-Constant et les environs d'Auray.

Dans les départements de la Vendée, Saint-Jean-de-Mont est la commune par laquelle on a toujours communiqué avec l'Angleterre. Il faut y mettre une petite garnison et y faire exercer une surveillance particulière


Saint-Cloud, 6 juin 1803

Au citoyen Chaptal, ministre de l'intérieur

L'éperon qui forme le port de Saint-Gilles, département de la  Vendée, menace de s'écrouler; ce qui fermerait l'entrée de ce petit port, qui nous est nécessaire dans ce moment pour nos communications avec l'île d'Yeu, où nous avons une garnison considérable. Il faudrait donc le faire réparer.


Saint-Cloud, 6 juin 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre au lieutenant général Victor de prendre le commandement des troupes françaises et bataves qui se trouvent en Hollande; son titre sera seulement : général commandant en Hollande.

Il divisera son corps en trois brigades. La première sera destinée à la défense de Flessingue et de l'île de Walcheren; la deuxième destinée à la défense des embouchures de la Meuse; la troisième destinée à la défense du Texel.

La première sera commandée par le général Monnet, auquel vous ferez connaître que, Flessingue étant destiné à être un grand chantier de construction de la marine française, il doit correspondre directement avec vous et recevoir directement vos ordres. Le général Victor ne devra donc se mêler de la défense de Flessingue que sous le point de vue d'intérêt général et de supériorité de pouvoir militaire.

La première brigade sera composée des 41e et 71e de ligne; la deuxième, des 17e et 35e de ligne ; la troisième, des 11e et 109e de ligne.

Le général Victor réunira à chacune trois bataillons bataves.

Les troisièmes bataillons des corps formant l'expédition de Hanovre doivent rester sous son commandement, mais toujours soumis aux ordres qu'ils recevraient de l'état-major du général Mortier.

Faites connaître également au général Victor que le général Dessolle se rend à Deventer, pour y réunir une division de réserve formée des 14e, 45e, et 54e demi-brigades, et de six bataillons bataves; que cette réserve doit être l'arrière-garde de l'expédition de Hanovre; qu'elle ne doit donc pas être sous ses ordres jusqu'à nouvel ordre, parce que, si la guerre de Hanovre ne tirait pas en longueur, et que le général Mortier pût s'en passer, elle servirait de réserve pour la formation d'un camp à Utrecht, qui, dès lors, se trouverait sous ses ordres.

Vous lui ferez connaître que le ministre des relations extérieures a notifié que l'ambassadeur anglais quitte la Haye, et que mon intention est qu'il y ait aucun parlementaire, au moins très-rarement et par des ordres spéciaux; qu'il fallait que la Hollande soldât, 1° les six demi-brigades composant son corps d'armée, et qui ne se montent pas à 9,000 hommes; 2° le corps du général Dessolle, qui ne se monte pas à 5,000 hommes; 3° les neuf troisièmes bataillons de l'expédition de Hanovre, qui ne se montent pas à 3,000 hommes; ce qui ne forme qu'un total de 17 à 20,000 hommes; que, si le général Dessolle va dans le Hanovre, et que les neuf troisièmes bataillons y aillent, ces troupes seront remplacées, et que le Gouvernement batave doit compter, pendant la guerre, sur 25,000 hommes à entretenir.

Donnez donc l'ordre à la 109e, qui est à Metz, de se rendre à Breda, où elle recevra les ordres du général Victor, ainsi qu'à la 11e de ligne et au 8e régiment de chasseurs. Vous préviendrez te général Victor qu'il doit employer le 8e régiment de chasseurs à faire le service de son quartier général, et à se porter partout où les circonstances l'exigeraient.

Je vous prie de me faire connaître s'il y a en Hollande un ordonnateur, le nombre de commissaires des guerres, d'officiers de santé, d'officiers du génie nécessaire, et tout ce qui est convenable pour compléter ce corps. Écrivez au général Dejean, et concertez-vous avec lui pour proposer tout ce qui est nécessaire pour l'organiser complètement.


Saint-Cloud, 6 juin 1803

Au général Berthier

Le chef de bataillon Cantagrel, Citoyen Ministre, commandant d'armes de l'île d'Yeu, est goutteux, malade, et a demandé sa retraite. Veuillez présenter, pour le remplacer dans le commandement de cette île si importante, un officier brave et intelligent.

Indépendamment du commandant d'armes, envoyez dans cette île un adjudant commandant, que vous chargerez de faire exercer troupes. On m'assure que la 93e n'a pas une bonne discipline; vous pourriez envoyer là l'adjudant commandant Brouard.

Faites connaître au chef de bataillon commandant la 93e qu'il est nécessaire qu'il établisse une bonne discipline dans le corps qu'il commande; qu'il le fasse exercer et lui fasse faire toutes les semaines l'exercice à feu. Il doit aussi l'exercer aux manœuvres du canon

Le 12 prairial, aucune pièce d'artillerie n'était encore arrivée à l'île d'Yeu. Faîtes-moi connaître les ordres donnés au ministère pour l'artillerie, et comment il arrive que cette île soit encore sans défense.

Donnez ordre aux détachements de la 63e de ligne et de la 24e légère, qui sont dans cette île, de rentrer à leurs demi-brigades. Faites-les remplacer par deux compagnies de la demi-brigade helvétique qui est à la Rochelle. Ces deux compagnies seront complétées à 200 hommes; ce qui, joint aux 500 hommes de la 93e, fait 700 hommes de garnison.

Donnez ordre qu'on fasse partir du dépôt de l'île de Ré 300 hommes pour l'île d'Yeu, lesquels seront incorporés dans le bataillon la 93e qui est dans cette île, ce qui portera sa garnison à 1,000 hommes. Donnez ordre que ces 1,000 hommes soient approvisionnés pour six mois et que l'artillerie tienne dans l'île d'Yeu les cartouches et approvisionnements de guerre nécessaires; envoyez-y un chirurgien, et faites-y établir une petite ambulance.


Saint-Cloud, 6 juin 1803

Au général Berthier

Je suis instruit, Citoyen Ministre, que la 11e demi-brigade de ligne a la plus mauvaise tenue, que les soldats sont déguenillés, et que les chefs ne portent pas tout le soin qu'ils devraient à mettre ce corps sur un bon pied. Faites-vous faire un rapport particulier sur cette demi-brigade, et surtout sur le chef de brigade et les chefs de bataillon.


Saint-Cloud, 7 juin 1803

Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures

Je vous prie, citoyen Ministre, de faire faire les démarches nécessaires pour que MM. de Coucy, ancien évêque de la Rochelle, de Thémines, ancien évêque de Blois, et Gain de Montagnac, ancien évêque de Tarbes, qui se trouvent en Espagne et viennent, par des mandements séditieux, de chercher à troubler l'État, soient arrêtés et retenus au secret dans des couvents et dans les lieux de l'Espagne les plus éloignés de la France.

Quant à MM. Asselie, ancien évêque de Boulogne, qui est à Hildesheim, Montmorency, ancien évêque de Metz, qui est à Munster, Sabran, ancien évêque de Laon, qui est à Vienne, demandez que celui-ci soit envoyé au fond de la Hongrie, et que le roi de Prusse renvoie en Pologne Montmorency et Asseline, en leur enjoignant de ne point se mêler de faire des mandements s'ils veulent avoir un refuge dans ses États.


Saint-Cloud, 7 juin 1803

Au citoyen d'Affry

Citoyen Louis d'Affry, Landammann de la Suisse, j'ai reçu votre lettre. J'ai vu avec plaisir votre envoyé, dont on ne m'a dit que du bien. J'apprends avec bien de la satisfaction que les affaires de Suisse marchent bien. Je prendrai toujours une grande part à tout ce qui peut intéresser votre pays et vous en particulier.


Saint-Cloud , 7 juin 1803

A l'électeur archichancelier de l'Empire (Carl Theodor von Dalberg, 1744-1817. Prince-primat. Le seul à avoir conservé  sa souveraineté ecclésiastique, ce qui explique son enthousiasme pour Bonaparte)

J'ai reçu la lettre par laquelle Votre Altesse Sérénissime me fait connaître qu'elle vient de prendre un nouveau titre. Je la prie de recevoir mon compliment.

J'ai vu avec plaisir le neveu de Votre Altesse. Elle peut être persuadée du désir que j'ai de faire ce qui peut être utile à sa Maison, et agréable à sa personne.


 Saint-Cloud, 7 juin 1803

A l'électeur de Wurtemberg

J'ai reçu la lettre par laquelle Votre Altesse Sérénissime me fait connaître le nouveau titre qu'elle vient de prendre. Il était dû à l'illustration de sa Maison. Je la prie d'en recevoir mon compliment et de rester persuadée du désir que j'ai de lui être utile et agréable.


 Saint-Cloud, 7 juin 1803

A l'électeur de Bade

J'ai reçu la lettre de Votre Altesse Sérénissime. Elle m'annonce qu'elle vient de prendre le titre que méritait l'illustration de sa Maison. Je la prie d'en recevoir mes compliments, et d'être persuadée de l'intérêt que je prends à tout ce qui peut être utile à sa Maison et  agréable à sa personne.


Saint-Cloud, 7 juin 1803

Au général Bourcier

Citoyen Général Bourcier, Conseiller d'État, votre projet sur l'organisation de la cavalerie me paraît renfermer beaucoup de bonnes choses. Je désirerais, 

1° Que, pour les dragons, les maréchaux des logis et brigadiers des escouades à pied fussent aussi à pied, et formassent des escouades séparées. Je verrais beaucoup d'inconvénient à ce que les hommes à pied fussent mêlés dans les escouades à cheval.

2° Je voudrais qu'en temps de guerre la différences des hommes à pied aux hommes à cheval fût du tiers, c'est-à-dire que, s'il y a 1,170 hommes, 390 restent à pied.

3° Je voudrais que vous ajoutassiez un article qui porterait qu'une fois entrés en campagne, tous les hommes à pied formeraient un escadron, et les hommes à cheval formeraient les trois premiers escadrons. L'escadron à pied serait commandé par un chef d'escadron et par les officiers du 4e escadron. Leurs sous-officiers les suivraient.

4° Je voudrais que vous changeassiez la botte du dragon.

5° Je pense qu'il est nécessaire de laisser les deux pistolets à toute la cavalerie, et de leur prescrire de les lier au pommeau de la selle.

6° Les grenadiers à cheval devraient avoir la baïonnette, que je voudrais donner également aux chasseurs et aux hussards.

Je vous prie de rédiger un projet d'arrêté sur les bases de votre travail avec ces modifications.

BONAPARTE


Saint-Cloud, 8 juin 1803

DÉCISION

Le ministre du trésor public fait un rapport sur l'emploi du cuivre existant en nature dans les ateliers monétaires ; tout en proposant de fournir les espèces monnayées demandées, il fait connaître la grande perte qui en résultera, et demande par qui elle doit être supportée.

Les cuivres non mis en oeuvre, qui sont en nature dans les ateliers monétaires, seront livrés sans délai aux arsenaux maritimes. L'évaluation en sera faite et portée au comptede la marine et sur son crédit. Un essai sera fait en sous,  à convertir en feuilles, pour 15 ou 20,000 francs.


Saint-Cloud, 8 juin 1803

Au citoyen Chaptal, ministre de l'intérieur

Le Premier Consul me charge, Citoyen Ministre, de vous inviter à écrire au Citoyen Briot (Pierre-Joseph Briot, 1771-1827, commissaire général du gouvernement français à l'île d'Elbe. Il quittera l'île en janvier 1804, ne pouvant s'entendre avec Rusca), commissaire du Gouvernement, de ne contrarier en aucune manière les opérations du général Rusca, et, au contraire, de le seconder de tous vos moyens dans les mesures qu'il prendra pour la défense de l'île d'Elbe.


Paris, 8 juin 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

Renvoyer au premier inspecteur de l'artillerie tous les ordres qui ont été donnés pour l'armenunt de l'île d'Elbe, et les rapports du citoyen Dutaillis Adrien Ramon du Bosc, comte du Taillis, 1760-1851, général, alors au ministère de la guerre), pour voir ce qui manque, et par la faute de qui les ordres n'ont pas été exécutés; il faut qu'il y ait au moins double nombre complet d'affûts. En attendant, donner l'ordre au général qui commande à Livourne d'y faire passer, immédiatement après la réception de cet ordre, 30 affûts, 20,000 sacs à terre, 1,000 outils de pionniers, et tous les objets de défense d'artillerie dont la demande lui serait faite par le général Rusca.

Réitérer l'ordre au général Murat de mettre un  adjudant général à Piombino; il lui sera fourni, de la garnison de Livourne, 100 hommes et une escouade de canonniers; il mettra la place en bon état de défense; il correspondra avec Porto-Ferrajo et Porto-Longone; il y fera passer les approvisionnements et tous les bois nécessaires.

Écrire en même temps au général Murat que Piombino appartient à la France; que la justice doit y être rendue au nom de la République, le prince n'y ayant plus aucun droit; que c'est spécialement par Piombino qu'il aura des moyens faciles de correspondre avec l'île d'Elbe.

Il faut que l'on ordonne de faire armer à Piombino trois ou quatre petites felouques pour la correspondance; avoir soin , si cette place était bloquée, de faire toujours porter les papiers par des officiers ou sous-officiers, de manière qu'ils ne puissent jamais tomber dans les mains des ennemis.

Écrire au général Rusca de bien organiser les troupes qui sont sous ses ordres; de correspondre par la Corse et par Piombino, où il y aura un adjudant commandant qui lui fera passer des nouvelles ainsi que les approvisionnements dont il pourra avoir besoin; d'organiser plusieurs felouques ou gondoles pour communiquer avec Piombino et Bastia.

Sa garnison étant considérable, il doit occuper la hauteur qui est à 400 toises de Porto-Ferrajo et y faire sur-le-champ construire un bon ouvrage, ce qui pourra par-dessus tout contribuer à la longue défense de cette place.

Il doit aussi, en supposant que le débarquement soit opéré et que l'ennemi ne puisse être forcé à se rembarquer, entretenir le plus possible la communication avec Porto-Longone, et une redoute sur la hauteur entre ces deux places contribuera efficacement à cet objet. Au reste, y compris les habitants, il se trouve avoir près de 5,000 hommes de garnison ; il faudrait donc, pour réaliser la descente, que l'ennemi l'attaquât avec au moins 9 à 10,000 hommes, ce qui n'est nullement probable dans les circonstances actuelles.

Le ministre s'informera si le nouveau chef de la 20e de ligne est parti. Dans le cas où il ne le serait pas, il lui ordonnera de rejoindre en poste.

Enfin recommander de nouveau au général Morand de faire occuper l'île de Capraja, d'y mettre une bonne garnison et des approvisionnements convenables; il doit former des habitants une ou deux compagnies, et charger de la défense un chef de bataillon intelligent et résolu.

Le ministre nommera un bon chef de bataillon pour aller prendre le commandement du bataillon étranger, à l'île d'Elbe.

Enfin recommander au général Rusca de faire faire au moins une fois par semaine le service à boulets rouges.

Le ministre ordonnera au général inspecteur des invalides de former une 15e compagnie de canonniers vétérans qui sera envoyée dans le département des Côtes-du-Nord, et il se fera rendre compte si, après cette compagnie formée, on pourrait en former une 16e, qui serait envoyée dans le Morbihan; avoir soin qu'on n'y admette que des hommes ayant servi dans l'artillerie.

En cas que le débarquement eût eu lieu à l'île d'Elbe et qu'on n'aurait aucun moyen de forcer l'ennemi à se rembarquer, les trois quarts de la garnison de l'île doivent être destinés à Porto-Ferrajo et l'autre quart à Porto-Longone, en ayant soin de partager entre ces deux places les troupes des différentes nations.

Répéter l'ordre de compléter les deux bataillons de la 20e avec les hommes du dépôt de Marseille.

Le ministre de la guerre fera faire le décompte de la solde de toute la garnison de l'île d'Elbe, en y comprenant, comme arrivés, les deux compagnies, les chasseurs corses et les 500 hommes du pays.

Donner l'ordre au premier inspecteur d'artillerie d'envoyer un de ses aides de camp à Nantes, et de là à l'île d'Yeu, pour accélérer le départ de toute l'artillerie nécessaire à cette île, faire toutes les enquêtes pour savoir quelle raison a empêché cette artillerie d'arriver, et prescrire toutes les dispositions pour que l'île soit promptement armée. Cet aide de camp écrira de Nantes et de l'île d'Yeu au premier inspecteur.

Donner ordre au général qui commande le département de la Vendée de se rendre à l'île d'Yeu , organiser les services, passer la revue des troupes, et ne quitter cette île que quand toutes les mesures auront été prises, soit pour sa défense, soit pour sa correspondance avec le continent.

L'aide -de camp du premier inspecteur, revenu de Nantes et de l'île d'Yeu, après avoir rempli sa mission , et sans revenir à Paris, ira à l'île d'Aix, à l'île de Croix, visitera ensuite toute la côte de Bretagne, et enverra de chaque point des rapports sur toutes les parties du service de l'artillerie, et propres à informer complétement le ministre.

Activer le départ de l'artillerie pour l'île de Bréhat.


Paris, 8 juin 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

Le Premier Consul désire, Citoyen Ministre, que désormais il ne soit donné aucun ordre de mouvement du matériel de la marine sans qu'il ait été préalablement mis sous ses yeux.


Saint-Cloud, 9 juin 1803

Au citoyen Maret, secrétaire d'État

Les tableaux joints au présent arrêté relatif à l'appel de l6,0000 conscrits de la réserve ne seront pas insérés au Bulletin des lois. Le ministre enverra aux préfets l'état de ce que doivent fournir les départements, et pour quels corps. Il enverra le même état au corps. Cependant le ministre fera imprimer séparément dix exemplaires de l'arrêté avec les tableaux, dont un pour le Premier Consul, deux pour le secrétaire d'État, un pour le ministre de la guerre, un pour le ministre directeur de l'administration de la guerre, un pour être déposé aux archives de la guerre, un pour la section de la guerre du conseil d'État, un pour le ministre inspecteur général de la gendarmerie, un pour le ministre de l'intérieur et un pour le grand juge. Il est indispensable que l'arrêté soit expédié dans la journée demain; il est de la plus grande urgence.


Saint-Cloud, 9 juin 1903

Au général Berthier, ministre de la guerre

La 93e demi-brigade, Citoyen Ministre, tiendra un bataillon à l'île d'Yeu et l'autre à l'île de Ré. Le bataillon de l'île d'Yeu sera complété par les dépôts de l'île de Ré et de Bordeaux, jusqu'à ce qu'il soit au complet de 1,000 hommes; or, à cet effet, quand 100 hommes seront disponibles à l'un ou à l'autre de ces dépôts, ils seront dirigés sur l'île d'Yeu. Il est nécessaire que ces hommes ne traversent pas la Vendée pour se rendre à l'île d'Yeu , mais s'embarquent à la Rochelle et à Rochefort.

Le bataillon de la 93e, qui sera à l'île de Ré, sera aussi complété à 1,000 hommes, et à cet effet tous les conscrits seraient envoyés à l'île de Ré, après toutefois que le bataillon de l'île d'Yeu sera complété. Recommandez au chef de brigade et aux commandants de l'île d'Yeu et de Ré de maintenir une sévère discipline dans l'un et l'autre de ces bataillons.


Saint-Cloud, 9 juin 1803

Au général Berthier

Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire placer dans l'île Dumet, à l'embouchure de la Vilaine, six pièces de 18, et d'ordonner qu'il soit formé un plan pour la défense de cette île.


Saint-Cloud, 9 juin 1803

Au général Mortier

Citoyen Lieutenant Général Mortier, commandant l'armée française en Hanovre, je vous félicite de la promptitude de votre marche et des bonnes dispositions que vous avez faites. J'attends votre premier courrier pour vous féliciter sur les prises que vous ne manquerez pas de faire sur l'Elbe et le Weser. J'espère que le roi d'Angleterre ratifiera la convention que vous avez faite. Dans ce cas, je me trouverai entièrement satisfait; car, par cette ratification, il consentira à l'échange de ses soldats contre nos matelots. S'il ne la ratifiait pas, nous serions obligés de prendre d'autres mesures. Dans tous les cas, tenez-vous prêt à tout. La promptitude de votre marche vous a occasionné des embarras, mais elle a épargné du sang et beaucoup de tracasseries diplomatiques.


 Paris, 10 juin 1803

NOTE POUR LE MINISTRE DE LA MARINE

L'intention positive du Premier Consul est que, sous aucun prétexte, on ne laisse faire dans l'arrondissement  aucun travail de commerce ou corsaire que l'on n'ait dans les ports assez d'ouvriers pour les travaux de la République ; et le Premier Consul me charge de vous faire connaître que s'il apprend qu'on travaille pour le commerce et les corsaires, il ne pourra prendre en considération l'allégation du défaut d'ouvriers que vous pourriez alléguer pour justifier ce qui serait omis dans l'exécution des travaux ordonnés pour l'État.

Si cela excite des réclamations, on fera connaître que telle est la volonté positive et nominale du Premier Consul.


Saint-Cloud, 11 juin 1803

Au citoyen Régnier

Citoyen Ministre, de faire remettre au colonel Sébastiani 100,000 franc pour dépenses secrètes; à M. Chatillon, 25,000 francs; à M. l'évêque d'Orléans, 30,000, et au préfet de la Loire-Inférieure, 25,000 francs.


Saint-Cloud, 11 juin 1803

Au citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice

Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire suspendre le jugement du gendarme qui a été condamné à mort par le tribunal de la 1e division, ce gendarme s'étant pourvu en grâce.


Saint-Cloud, 11 juin 1803

Au citoyen Régnier

Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire remettre au préfet du département du Morbihan 15,000 francs, qu'il emploiera en entier à meubler l'hôtel de la préfecture, me paraissant convenable que le magistrat du Morbihan surtout soit convenablement logé.

Vous lui ferez connaître que à dater du ler messidor vous lui ferez payer, tous les mois, 9,000 francs, pour dépenses extraordinaires, et dont il ne devra aucun compte. Cette augmentation de traitement le mettra à même d'avoir un train de maison convenable, et d'avoir des chevaux pour se porter partout où les circonstances l'exigeront. Vous lui témoignerez en même temps ma satisfaction sur la marche de son administration.


Saint-Cloud, 14 juin 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

Je vous renvoie, Citoyen Ministre, les projets que vous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté :

Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu'une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d'artillerie commandé par un général d'artillerie et par un colonel directeur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef l'artillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.

Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo, un à Bayonne.

Le camp de Hollande sera composé de 30,000 hommes, dont 18,000 de troupes françaises et 19,000 de troupes bataves. Les 54e, 84e, 45e, 17e, 109e, 11e, 7le, 35e et 41e demi-brigades seront d'abord destinées à faire partie de ce camp; avant un mois d'autres troupes seront désignées pour compléter le nombre de 18,000 hommes; 6e de hussards et 1er régiment de chasseurs qui seront désignés, trois compagnies d'artillerie à pied, une compagnie d'artillerie à cheval, une compagnie d'ouvriers.

Pour le camp de Gand, les 6e et 13e légères; 12e, 33e, 51e, 108e, 14e, 36e, 6le, 85e de ligne ; le 2e régiment de chasseurs , ler hussards, les 4e, 16e et 17e de dragons.

Pour le camp de Saint-Omer, la 10e légère, 25e, 28e, 55e de ligne; 26e légère, 22e, 43e, 46e et 75e de ligne; 8e et 11e régiment de chasseurs; 2e, 5e, 10e et 21e de dragons.

Pour le camp de Compiègne, les 9e et 24e légères; les 18e, 44e, 63e, 64e, 4e, 32e, 96e et 111e de ligne; le 3e régiment de hussards; le 10e de chasseurs; les ler, 3e, 8e et 9e de dragons.

Chacune des demi-brigades ci-dessus ne fournira que ses 1er bataillons, lesquels seront complétés à 1,000 hommes. Il est donc nécessaire que ces corps soient prévenus sur-le-champ que leurs deux premiers bataillons doivent marcher vers la fin de l'été, afin qu'ils activent l'instruction, l'habillement, etc.

On se réserve de désigner postérieurement les corps de grosse cavalerie qui devront faire partie de ces trois camps.

Le personnel de l'artillerie sera composé, l° de compagnies fournies, au nombre de six, par chacun des quatre régiments ci-après, savoir : les ler, 5e, 7e et 3e régiments; lesquelles six compagnies seront complétées au pied de guerre; 2° de deux escadrons de chacun des 2e, 5e et 6e régiments d'artillerie à cheval, complétés au pied de guerre; ce qui fera vingt-quatre compagnies d'artillerie à pied  et douze compagnies d'artillerie à cheval ; 3° un demi-bataillon de pontonniers.

Le premier inspecteur du génie désignera deux compagnies do mineurs et un bataillon de sapeurs mis sur le pied de guerre.

Le premier inspecteur de l'artillerie désignera le nombre de compagnies nécessaires aux six parcs.

Le général Marmont, premier inspecteur général, commandera en  chef l'artillerie des six camps.

Le général Faultrier sera directeur général des parcs des six camps. Le conseiller d'État Petiet sera commissaire ordonnateur en chef des six camps. Au travail de samedi, le ministre m'apportera ces arrêtés avec les projets de cantonnement.


Saint-Cloud, 14 juin 1803

Au général Berthier

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me présenter, samedi prochain, les mesures à prendre, 

l° Pour qu'il y ait, au ler vendémiaire, dans les salles d'armes de Douai, de Saint-Omer, de Dunkerque, de Calais, de Boulogne et autres places environnantes, 60,000 fusils d'infanterie, 4,000 fusils de dragons, 15,000 baïonnettes de rechange, 2,000 sabres de dragons, 1,000 sabres de chasseurs, 6,000 briquets et 2,000 paires de pistolets;

A Brest, 3,000 fusils, un quart de baïonnettes de rechange;

 Saint-Malo, 3,000 fusils, avec un quart de baïonnettes de rechange;

A Rochefort, 3,000 fusils;

2° Pour qu'il y ait, prêts à mettre en mouvement à la même époque, à Douai et à La Fère, pour les camps de Gand, de Saint-Omer et de Compiègne, trois parcs d'artillerie, composés chacun de quarante pièces de canon, savoir : quatorze de 4, quatorze de 8, six de 12, et six obusiers, dont quatre pièces de 8 pouces et deux obusiers attelés pour l'artillerie légère;

De plus, un équipage général de réserve de quarante bouches à feu, réunies à Douai pour la réserve générale de tous les camps formés sur les bords de l'Océan;

3° Pour qu'il y ait à Saint-Omer deux millions de cartouches, renfermées dans des caisses dont les dimensions seront données par l'inspecteur général de la flottille, le citoyen Forfait; plus, deux millions de cartouches pour le camp de Saint-Malo, et deux millions pour Rochefort, dans des caisses ordinaires;

4° Pour réunir à Saint-Omer 300 charrettes, les plus légères possible, et qui puissent se monter et se démonter sans le secours d'aucun ouvrier;

5° Pour réunir à Douai 200 pièces de 24, dont 50 de 24, courtes et légères, 100 pièces de 18 ou de 16, et 100 obusiers de 6 ou 8 pouces, avec 200 coups à tirer par pièce; une partie doit être destinée à être mise à la disposition du ministre de la marine pour l'armement de la marine : il sera toutefois pourvu à l'approvisionnement nécessaire pour mettre ces 400 pièces en batterie, et à ce qui est nécessaire pour la construction des batteries;

6° Pour lever 6,000 chevaux d'artillerie et en réunir à chaque camp le nombre proportionné à ses besoins.


Saint-Cloud, 14 juin 1803

Au général Berthier

Il est nécessaire, Citoyen Ministre, de faire arrêter tous les convois d'artillerie dirigés sur l'armée de Hanovre, qui sont désormais inutiles, et de les destiner à organiser l'artillerie du camp de Deventer.


Saint-Cloud, 14juin 1803

Au général Dejean

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me présenter, samedi prochain des projets,

1° Pour faire confectionner 1,200,000 rations de biscuit, qui seraient rendues le 15 vendémiaire à Saint-Omer, et renfermées dans des caisses dont le modèle sera donné par l'inspecteur général de la flottille, le Citoyen Forfait;
2° Pour rassembler à Saint-Omer trois millions de rations d'eau-de-vie, qui devront être contenues dans des barils dont les dimensions seront données par l'inspecteur général de la flottille;
3° Pour faire construire des fours à Boulogne, à Étaples et à Ambleteuse, et faire rétablir les fours à Saint-Omer et dans les places du Nord, en quantité suffisante pour la réunion d'une armée de 80,000 hommes;
4° Pour organiser des hôpitaux pour le service de ces troupes, et préparer à Boulogne tous les magasins nécessaires;
5° Pour assurer les moyens de subsistance, en pain, viande, vin et eau-de-vie, des camps de Gand, Saint-Omer et Compiègne, composés chacun de 25 à 30,000 hommes, pendant tout l'hiver;
6° Pour réunir et confectionner 80,009 capotes et 120,000 paires de souliers, au 1er vendémiaire prochain , afin de distribuer ces fournitures aux troupes et de les mettre à même de faire une campagne d'hiver et de rester cantonnées tout l'hiver.


Saint-Cloud, 14 juin 1803

Au général Berthier, ministre de la guerre

Je désirerais savoir quels sont les magasins d'artillerie et dépôts d'armes qui sont à Turin ou aux environs. L'ordre a été donné de réunir à Alexandrie, à Fenestrelle et à la citadelle de Turin, toute l'artillerie qui se trouverait dans la 27e division militaire. Il ne doit donc y avoir à Turin que l'arsenal, qui est suffisamment gardé par l'artillerie, et quelques moulins à poudre. D'ailleurs, mon intention est qu'on n'accoutume pas les grandes places à de fortes garnisons, afin que, le cas venant de les en retirer, elles en sentent moins la privation.


Paris, 15 juin 1803

NOTE POUR LE MINISTRE DE LA MARINE

Le citoyen Fleurieu prendra les mesures convenables pour faire mettre en chantier un vaisseau de 74 à Saint-Malo; ce vaisseau sera celui de la Ville-de-Rouen; s'informer si toutes les mesures ont été prises pour cet objet.

Il me rendra compte des mesures prises pour la construction des chaloupes canonnières et bateaux canonniers.

Faire connaître le nombre des chaloupes, bateaux et péniches composant la flottille et auxquels nous avons donné le nom de bateaux plats de 1e, 2e et 3e classe. Combien y a-t-il de ces bateaux en construction sur les rivières ?

J'avais ordonné qu'on en construisît un de chaque espèce devant les Invalides, un à la Râpée; qu'on en construisît un de chaque espèce à Compiègne, un de chaque espèce à Saint-Germain.

Un particulier de Saint-Michel avait proposé d'en construire cinquante sur la Marne : savoir si on a connaissance de cette offre aux bureaux; si on n'en a aucune, écrire au citoyen Laplace, sénateur, qui fera connaître quel est ce particulier, et l'inviter à venir pour s'aboucher avec lui.

Écrire au directeur de l'école polytechnique de désigner trente élèves, qui assisteront au tracé et suivront la construction, afin que, d'ici à un mois, ils soient envoyés dans les départements pour y diriger la construction de ces bateaux.

La ville de Versailles a offert un bateau plat de première espèce : lui désigner Saint-Germain pour le lieu de la construction.

Écrire au préfet de Seine-et-Marne (Melun) qu'on est instruit que des particuliers ont offert la construction de bateaux plats : lui désigner Meaux pour le lieu où devront s'exécuter ces constructions; lui mander que les charpentiers de la rivière seront chargés de ce travail; que les souscripteurs pour cette offre nommeront un d'entre eux pour pourvoir à la fourniture des matériaux, et qu'un ingénieur de la marine dirigera les travaux. 

S'informer si, par le canal du centre, qui joint la Saône avec la Loire, des bateaux de la première et de la deuxième espèce pourraient y passer; et, dans le cas de la possibilité, on en construirait sur le Rhône et sur la Saône.

En demandant ces renseignements, envoyer les dimensions principales de chacune des espèces.

Recueillir tout ce qui a été fait ou proposé dans l'intérieur pour des constructions de bateaux.

Écrire au ministre de l'intérieur que le Premier Consul lui avait demandé de faire connaître les mesures à prendre pour construire des bateaux sur toutes les rivières; lui demander un rapport pour vendredi.


16 - 30 juin 1803