15 - 31 Octobre 1803
Saint-Cloud, 16 octobre 1803
Au contre-amiral Decrès
Le citoyen Forfait pense, Citoyen Ministre, que les péniches et même les bateaux canonniers de Rochefort, Bordeaux et Nantes, peuvent arriver à Paris en les faisant passer par le canal de Briare. Ce projet serait bien avantageux, puisqu'il mettrait les bâtiments à l'abri de tout danger.
Il faudrait que les bâtiments du 5e arrondissement en partissent avec leurs équipages et tout équipés; car, sans cela, nous ne saurions où avoir des matelots. Faites-moi connaître ce que vous pensez de ce projet; il me paraît infaillible pour les péniches. Je vous renvoie votre correspondance d'aujourd'hui.
Saint-Cloud, 17 octobre 1803
Au citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice
Il reste sur l'an XI, Citoyen Ministre, 96,000 francs. Je désire que vous les employiez à prendre, sous le nom de deux personnes différentes, 80 actions de la banque. Ces actions seront pour vous; vous choisirez deux hommes instruits et qui aient votre confiance, de manière qu'ils puissent faire partie du conseil général de la Banque, et qu'ils puissent parler et soutenir les intérêts du Gouvernement dans cette association.
Saint-Cloud, 17 octobre 1803
Au contre-amiral Decrès, ministre de la marine et des colonies
Il paraît, Citoyen Ministre, que les petits ports de la Manche ne peuvent contenir que très-peu de bâtiments, et les pratiques pensent qu'il faudrait répartir les bâtiments de la flottille par sections de neuf. Fixez votre attention sur cet objet, et décidez ce que vous croirez le mieux pour le service.
Saint-Cloud, 18 octobre 1803
Au citoyen Régnier, Grand-Juge, ministre de la justice
Un nommé Primavesi, qui demeure hôtel d'Alsace, rue des Bons- Enfants, est un agent de l'Angleterre. Le motif ostensible de son séjour à Paris est la poursuite de liquidations sur des émigrés; mais le but réel est de s'entendre avec les agents de l'Angleterre et de réunir des armes. Comme il part demain, il serait convenable de le faire arrêter demain à la pointe du jour.
Faites prendre des renseignements chez le restaurateur Bertrand, palais du Tribunat, et chez un restaurateur rue Baillif, no 5, où il dîne souvent.
Vous ferez interroger Primavesi sur les personnes qu'il voit, sur un nommé Joly, sur un chevalier Montemorin, etc. On lui demandera quels sont les individus par lesquels il faisait faire des achats d'armes, et avec quels agents de l'Angleterre il correspond ici pour les dernières fournitures d'armes.
Il est certain que cet homme a des correspondances avec des Anglais.
Saint-Cloud, 18 octobre 1803
Au général Moncey, Premier inspecteur général de la gendarmerie
Citoyen Général Moncey, vous ferez partir pour Verneuil six brigades de gendarmerie d'élite à pied et six à cheval, qui resteront dans les environs de cette ville, jusqu'à ce que les brigands qui y ont attaqué des courriers soient arrêtés.
Saint-Cloud, 18 octobre 1803
Au contre-amiral Decrès, ministre de la marine et des colonies
Je vous renvoie, Citoyen Ministre, votre correspondance. Je vois dans le rapport du général Levavasseur qu'il pense que l'obusier de 6 pouces peut très-bien être placé sur une péniche. Donnez l'ordre, dans ce cas, qu'on rectifie le modèle d'affût, après l'expérience faite, et désignez dans les ports l'armement que doit avoir chaque péniche. Je désirerais que les deux tiers des péniches fussent armées avec des pièces de 4 et un obusier de 4 pouces 6 lignes, et qu'un tiers le fût avec un obusier de 6 pouces et un obusier de 4 pouces 6 lignes. La marine fera faire les affûts, et la terre fournira les pièces.
Il y a quelques ports où la terre ne pourra fournir ni pièces de 4 ni obusiers. Le port fera embarquer l'affût, et la pièce sera fournie dans des relâches qui seront désignées.
Ordonnez de faire faire l'expérience de la pièce de 4 qui a été placée sur une péniche.
D'après une lettre que je reçois du général Berthier, Étaples ne va pas. Il n'y a encore aucune espèce d'approvisionnement, ni ouvriers de marine, ni contre-maîtres, ni garde-magasins, enfin rien de ce qui est nécessaire pour l'organisation d'un port.
Il parait qu'Ostende ne va pas mieux.
Saint-Cloud, 19 octobre 1803
Au citoyen Régnier, Grand-juge, ministre de la justice
Citoyen, le Premier Consul me charge de vous inviter à faire connaître par le préfet de police aux imprimeurs et libraires que l'intention du Premier Consul est qu'on ne publie un ouvrage dédié soit à lui, soit à sa femme, sans que l'auteur ait obtenu la permission de la dédicace.
Saint-Cloud, 19 octobre 1803
Au général Berthier, ministre de la guerre
Le général Davout, Citoyen Ministre, fera fournir des garnisons aux péniches qui, d'Ostende, de Dunkerque et de Flessingue, doivent se rendre à Boulogne. Le général Soult en fera fournir à celles qui doivent s'y rendre de Calais.
Donnez ordre au général Lemarois de faire fournir dix hommes par péniche et dix hommes par caïque, qui doivent partir de Saint- Malo, par la 32e, ou la 39e. Un bataillon de la 32e, a eu ordre de se rendre à Saint-Malo.
Vous donnerez ordre au général Dupas d'en faire fournir, par la 9e et la 10e légères, à celles qui partiront des différents points de son arrondissement.
Saint-Cloud, 20 octobre 1803, 4 heures du matin
Au général Berthier, ministre de la guerre
On ne peut se dissimuler qu'une grande partie des prisonniers anglais désertent avant d'être rendus à leurs dépôts. Il n'y a encore rien d'organisé pour ce service, qui ce fait extrêmement mal.
Saint-Cloud, 20 octobre 1803
Au citoyen Régnier, Grand-juge, ministre de la justice
Un grand nombre d'arrestations a eu lien, depuis un mois, de prévenus d'espionnage sur la côte. Il n'y a pas de doute qu'il n'y en ait beaucoup. Je désire que vous donniez l'ordre qu'ils soient conduits sous bonne et sûre escorte, savoir : ceux qui seraient pris depuis l'Escaut jusqu'à la baie de Cancale, à Rouen; et ceux qui seraient saisis sur les côtes depuis Saint-Malo jusqu'aux Pyrénées, à Nantes.
Présentez-moi un projet d'arrêté pour former deux commissions extraordinaires, composées de cinq militaires chacune, à Rouen et à Nantes, pour juger tous les individus, soit français, soit anglais, prévenus d'espionnage et de correspondance avec l'ennemi sur tes côtes; revêtir cette commission de pouvoirs pour condamner à mort les individus qui seraient convaincus de ces délits.
Saint-Cloud, 21 octobre 1803
ARRÊTÉ
ARTICLE 1. - Il sera ouvert un port à l'embouchure du Wimereux, capable de contenir 150 bâtiments de la flottille nationale.
ART. 2. - Il sera formé un chenal par des chaussées en fascinage, pour conduire de la laisse de basse mer à ce port.
ART. 3. - Le port, le chenal et les jetées en fascinage seront en tout conformes au plan annexé au présent arrêté.
ART. 4. - Le génie militaire est chargé de l'exécution, qui devra être terminée au 15 frimaire prochain.
ART. 5. - Il est affecté aux travaux une somme de 250,000 fr.
ART. 6. - Le général commandant le camp de Saint-Omer fera fournir les travailleurs nécessaires et facilitera les moyens d'exécution.
ART. 7. - Les ministres de la guerre et du trésor public sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté.
Saint-Cloud, 22 octobre 1803
ARRÊTÉ
ARTICLE ler. - Il est accordé à la commune de Valenciennes un secours de 60,000 francs, pour servir exclusivement à réparer les dégâts que le bombardement souffert(sic) par cette commune en 1793 a faits dans ses établissements publics.
ART. 2. - Ce secours lui sera compté par douzièmes, et les 5,000 francs auxquels chaque douzième s'élève seront imputés, chaque année, sur le fonds de non-valeurs.
Les ministres de intérieur, des finances et du trésor public, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté.
Saint-Cloud, 22 octobre 1803
Au général Berthier, ministre de la guerre
Écrivez au général Lacoste qu'il ne doit pas escorter la flottille avec tous ses moyens; il suffit, comme il le propose, que la moitié de son artillerie et de sa cavalerie fasse le service sur une rive de la Loire, et l'autre moitié sur l'autre rive. Il faut que le général Lacoste visite si toutes les batteries sont armées et bien approvisionnées, et s'il y avait quelque point où la côte ne soit pas suffisamment armée.
Donnez l'ordre au général Paulet de prendre aux Sables deux compagnies d'infanterie, d'en placer une à l'île de Noirmoutiers, et l'autre, comme il le propose, dans l'île de Bouin; et, comme l'île de Bouin est très-importante à surveiller, le général Paulet y laissera à demeure son aide de camp.
Vous donnerez l'ordre que, le 15 brumaire, les batteries de la pointe de l'Aiguillon, de la Tranche et du havre de la Conchette soient établies et armées.
Donnez l'ordre au 3e escadron du 4e régiment de chasseurs d'être à la disposition du général Paulet, qui le placera depuis la pointe de l'Aiguillon jusqu'à la Charente, et à cet effet cette partie de côte sera aussi sous son inspection.
Donnez l'ordre au général Chabran de se transporter sur la portion de côte depuis la Charente jusqu'à la Gironde; vous lui donnerez les mêmes instructions qu'aux autres généraux.
Il aura sous ses ordres deux escadrons du 24e régiment de chasseurs, qui seront à cet effet complétés en tout à 300 hommes. Faites-lui fournir deux pièces de 4, deux de 12 et deux obusiers; elles seront servies par une des compagnies du régiment qui fait le service du camp de Bayonne. Le matériel et l'attelage pourront être pris aussi à ce camp.
Donnez l'ordre au général Chabran de dresser procès-verbal des fortifications de l'île d'Aix, et, conjointement avec le directeur d'artillerie et celui du génie, de faire un plan de défense de campagne pour mettre cette île à cabri d'un coup de main.
Faites-lui connaître qu'il veille aussi à l'armement de la batterie des Saumonards (île d'Oléron) ; il serait nécessaire d'avoir là au moins quinze mortiers à plaque.
Qu'il fasse tirer les mortiers de 12 pouces de l'île d'Aix et des Saumonards, pour savoir s'ils se croisent; il fera aussi tirer les mortiers à plaque, pour savoir de combien ils se croisent.
Paris, 23 octobre 1803
Au citoyen Melzi, vice-président de la République italienne
Je n'ai reçu qu'avec une vive peine votre lettre du octobre. A quarante-cinq ans, quelques accès de goutte ne doivent point vous faire envisager les choses aussi en noir. J'ai toujours entendu dire que c'était un brevet de vie, et qu'on le portait quarante ans.
Si la division Pino (Domenico Pino, 1767-1826. Il sera, de 1804 à 1806, ministre de la guerre de la République italienne, et, en 1812, conduira la division italienne, et terminera sa carrière au service de l'Autriche) est prête, il serait convenable que les premiers détachements pussent passer le Simplon au ler frimaire; ce qui permettrait d'espérer qu'elle arriverait dans la première quinzaine de nivôse au camp.
Paris, 23 octobre 1803
Au général Berthier, ministre de la guerre
Donnez l'ordre, Citoyen Ministre, que la division du général Pino, dont l'état de situation vous sera envoyé, composée de 6,000 hommes, commence à passer le Simplon le ler frimaire. Elle passera par bataillon et autres détachements, et sans que chaque étape puisse avoir plus de 1,000 hommes; ainsi elle mettra six on sept jours, à passer. Elle ira à marches ordinaires et se reposera tous les trois jours. Tous les détachements séjourneront trois jours à Genève et trois jours à Troyes; elle se dirigera sur Saint-Omer.
Saint-Cloud, 26 octobre 1803
Je vous ai écrit, Citoyen Ministre, il y a quinze jours, de faire passer 100,000 écus à Boulogne, dont 200,000 francs à la disposition de l'amiral Bruix et 100,000 francs à celle du général Soult.
Ces sommes, destinées aux services les plus urgents, doivent être ordonnancées par les ordonnateurs des parties. Cet ordre n'a pas été exécuté. Faites le plus tôt possible.
Saint-Cloud, 26 octobre 1803
Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures
Je prie le ministre des relations extérieures de m'apporter demain une note assez décidée pour demander le désarmement de la Calabre. Cette note devra être remise à M. de Gallo. (Marcio-Mastrilli, marquis de Gallo, 1753-1833. Sera ministre des affaires étrangères de Joseph, puis de Murat, à Naples.)
Saint-Cloud, 26 octobre 1803
DÉCISION
Rapport du ministre de la guerre sur la demande du grand bailli du Valais, tendant à rendre justiciables des tribunaux valaisans les militaires français qui traversent isolément le territoire de cette république. | Renvoyé au ministre des relations extérieures, pour négocier avec le grand bailli l'établissement d'un tribunal mi-parti. |
Saint-Cloud, 29 octobre 1803
DÉCISION
Rapport du ministre de la guerre sur le compte rendu par le général Lorge de la proposition qui lui est faite par le gouverneur de Wesel, de passer une convention pour l'échange des déserteurs prussiens et français. | Un traité de cette nature est contraire à nos principes. |
Saint-Cloud, 29 octobre 1803
Au citoyen d'Affry
Citoyen Landamman, la Diète, dont vous m'annoncez par votre lettre du 11 octobre que les travaux sont terminée, a offert un bon exemple à celles qui la suivront. Le traité d'alliance et la capitulation militaire qui ont été signés ont cimenté l'union entre la France et la Suisse.
En pensant aux rapports heureux qui vont désormais unir les deux peuples, je me plais à me rappeler le souvenir des services que vous avez rendus à votre pays avant et pendant la session de la Diète que vous avez présidée. Ce souvenir sera toujours pour moi un puissant motif d'intérêt pour votre bonheur et pour celui de votre famille.
Je fais retirer le peu de troupes françaises qui sont encore en Suisse, me confiant dans l'esprit de modération qui paraît avoir déjà rapproché les opinions et réuni tous les esprits à l'acte de médiation.
Saint-Cloud, 29 octobre 1803
A l'amiral Bruix, commandant la flottille de Boulogne
Citoyen Amiral Bruix, je reçois votre lettre du 3 brumaire. Je vois avec plaisir que votre port commence à se garnir à Boulogne. Le Havre, Cherbourg, Granville, Saint-Malo ont des divisions nombreuses en partance, et qui vont vous arriver d'un moment à l'autre. Par là votre force sera doublée. En attendant, c'est avec bien de la satisfaction que j'apprends la bonne volonté des troupes, et l'ardeur avec laquelle elles s'exercent aux manoeuvres nautiques.
Saint-Cloud, 30 octobre 1803
Au citoyen Régnier, Grand-juge, ministre de la justice
Sachez qui a fait l'article politique du dernier numéro du Mercure,surtout la première partie, relative aux affaires de France. Faire savoir à l'auteur que s'il lui arrive d'écrire quelque chose de louche dans les temps où nous sommes, il sera sévèrement réprimé.
Saint-Cloud, 30 octobre 1803
DÉCISION
Le ministre de la guerre annonce qu'il a donné l'ordre de ne point défalquer les 5,000 Bataves formant la garnison de l'île de Walcheren des 9,000 que la Batavie s'est engagée à fournir pour la descente. | Cette décision paraît fort bonne. Les garnisons ne doivent avoir rien de commun avec les troupes actives. |
Saint-Cloud, 30 octobre 1803
DÉCISION
Rapport du général Junot sur les hôpitaux du Val-de-Grâce et de Saint- Denis. | Renvoyé au ministre Dejean, pour faire à l'hôpital du Val-de-Grâce les changements convenables. Cet hôpital va mal. |
Saint-Cloud, 30 octobre 1803
Au général Davout, commandant le camp de Bruges
Citoyen Général Davout, j'ai reçu votre lettre du 5 brumaire. J'ai vu, par le rapport du général de brigade Seras, que les Anglais avaient eu le temps de piller et de dégréer le bâtiment qui était échoué entre Gravelines et Calais. Dans la situation actuelle de la côte, jamais un pareil événement ne serait arrivé depuis Bordeaux au Havre; des piquets de cavalerie seraient arrivés pour secourir le bâtiment. Voilà la seconde fois que des bâtiments échoués sur cette côte ne sont pas secourus; la faute en est à celui que vous avez chargé de sa surveillance. Chargez deux généraux de brigade de l'inspection de la côte, l'un depuis Calais jusqu'à Dunkerque, l'autre de Dunkerque à l'Escaut; que des piquets de cavalerie soient disposés de manière à se croiser sans cesse, et que des pièces soient placées avec des attelages, de manière qu'au premier signal elles puissent arriver, dans le moins de temps possible, aux endroits où les bâtiments seraient échoués.
Ces deux généraux inspecteurs doivent être toujours à cheval, inspecter les canonniers garde-côtes, faire manœuvrer les batteries de côte, escorter sur l'estran les divisions de la flottille, lorsqu'elles se mettront en mouvement. Faites-moi connaître les noms de tous les postes que vous avez placés, et les endroits où vous aurez établi des pièces mobiles.
Je ne vois pas d'inconvénient à ce que vous vous serviez de Sandos-Laroche comme agent secret; qu'il aille à Emden, et de là en Angleterre, où il recueillera des renseignements sur tous les points. Il sera payé au retour, en raison de l'importance des avis qu'il donnera. Vous pouvez lui faire donner, en attendant, 50 à 60 louis pour les frais de son voyage.
--------------------------
Je vous envoie une description de l'Angleterre qui vient de paraître.
Saint-Cloud , 30 octobre 1803
Au contre-amiral Decrès, ministre de la marine et des colonies
Je désire, Citoyen Ministre, que vous réunissiez à Rochefort et Brest les moyens de transport pour l'Expédition d'Irlande. Le transport de 1,500 chevaux et de 3,000 hommes à Brest, indépendamment de ce qui sera embarqué sur les bâtiments d'État, armés en guerre ou en flûte, me paraît suffisant.
Je désirerais avoir à Rochefort de quoi transporter 500 chevaux et 2,000 hommes. Ces moyens, ainsi que les différentes escadres, me paraîtraient devoir être prêts au ler pluviôse.
Saint-Cloud, 30 octobre 1803
A l'amiral Bruix, commandant la flottille de Boulogne
Citoyen Amiral Bruix, le général Davout m'instruit que dans le courant du mois de brumaire il aura quarante-deux corvettes de pêche installées et armées; que le surplus de ces corvettes de pêche se trouve à Dunkerque. Veuillez donner l'ordre que celles de ces corvettes de pêche qui sont armées en guerre, pour en compléter le nombre à quatre-vingt-un, soient sur-le-champ désignées, et qu'on procède à l'installation de l'artillerie.
Il m'instruit également qu'il aura la première division composée de vingt-sept écuries. Faites-moi connaître si les bâtiments sont désignés pour les trois autres divisions. Faites-moi connaître aussi pourquoi les bâtiments achetés à Malines, Anvers et autres villes de la Belgique, ne sont pas encore rendus à Ostende.
Dans le premier arrondissement, il a dû être mis à l'eau, dans le courant de vendémiaire, treize bâtiments de première espèce, deux de seconde et quarante de troisième; et dans le courant de brumaire, il y en aura vingt de première espèce, dix-neuf de seconde espèce et cent trente-trois de troisième. Faites-moi connaître quand les bâtiments mis à l'eau le 1er brumaire seront armés et en partance pour Boulogne.
J'ai vu hier l'installation d'un bâtiment de première espèce à la Râpée. Il m'a paru qu'i 1 pouvait porter beaucoup plus que ne le porte l'état de la flottille. D'abord, on pourrait très-bien placer un caisson sur chaque bâtiment de première espèce ou chaloupe canonnière, et une charrette sur chaque bâtiment de deuxième espèce ou bateau canonnier, enfin un plus grand nombre de cartouches et de munitions d'artillerie, de manière à diminuer de beaucoup le nombre de transports d'artillerie que nous avons crus nécessaires.
Saint-Cloud, 31 octobre 1803
Au général Berthier, ministre de la culture
Prévenez, Citoyen Ministre, le général Augereau qu'une convention a été signée à Paris avec l'Espagne, qui a mis d'accord les deux Gouvernements. Il est néanmoins nécessaire que son armée reste dans la même situation, hormis la destination donnée aux 44e et 63e demi-brigades et la cavalerie, jusqu'à ce que les ratifications aient été échangées et que le traité ait commencé à recevoir son exécution; mais immédiatement après, son armée, devant recevoir une autre destination, devra faire un mouvement, mais en conservant dans son intégrité son organisation et son administration actuelles. Je désire connaître si l'on peut compter sur le bataillon piémontais, s'il est en état de faire la guerre, et si l'on peut en espérer de grands services.
Saint-Cloud, 31 octobre 1803
Au général Berthier
Vous avez, Citoyen Mninistre, dans les directions de Douai, Saint-Omer, Lille, Bruxelles, Maëstricht et Bruges, 527 pièces de 4 de campagne et 193 obusiers de 6 pouces de campagne. Donnez l'ordre qu'il en soit fourni, dans le plus court délai, 220 pièces de 4 et 100 obusiers à la marine, pour l'armement des péniches, savoir :
A Dunkerque, 60 pièces de 4 et 30 obusiers,
A Calais, 60 30
A Boulogne, 10 10
A Saint-Omer, 50 20
A Ostende, 28 »
A Anvers, 5 »
A Bruges, 2 »
A Condé, 1 »
-------------------
220 pièces de 4 et 100 obusiers
Vous avez, dans les directions du Havre, de Cherbourg, de Rennes et de la Fère, 335 pièces de 4 et 27 obusiers de 6 pouces. Donnez ordre qu'il en soit fourni, dans le plus court délai, 80 pièces de 4 et 27 obusiers, savoir :
Au Havre, 30 pièces de 4 et 12 obusiers,
A Dieppe, 5 »
A Rouen, 5 1
A Cherbourg, 2 »
A Saint-Malo, 20 8
A Granville, 4 »
A Paris, 14 6
----------------
80 pièces de 4 et 27 obusiers
Il sera tiré 20 obusiers de Strasbourg.
Vous avez, dans les directions de Nantes, La Rochelle et Bayonne, 447 pièces de 4 et 50 obusiers de campagne. Faites fournir à la marine :
A Nantes, 20 pièces de 4 et 6 obusiers,
A Rochefort, 20 2
A Bordeaux, 50 20
A Bayonne, 20 3
----------------
110 pièces de 4 et 31 obusiers
Vous avez, dans les directions de Lille, Maëstricht, Douai, Saint-Omer et Bruges, 252 obusiers de 8 pouces. Donnez l'ordre qu'il en soit fourni 200 à la marine, pour l'armement des bateaux de première espèce, savoir :
100 à Boulogne,
30 à Dunkerque.
30 à Calais,
6 à Bergues,
2 à Anvers,
12 à Ostende,
20 Étaples,
-------------
200
Vous avez, dans les directions du Havre, Cherbourg, la Fère et Rennes, 10 obusiers de 8 pouces. Donnez ordre qu'on les mette à la disposition de la marine au Havre.
Faites venir de Strasbourg, Metz et Grenoble, pour le Havre, 120 obusiers de 8 pouces, qui, joints aux 10 qui y sont envoyés, feront 130 obusiers de 8 pouces.
Dans le nombre des obusiers sont compris les 100 qui avaient été précédemment demandés à l'artillerie; bien entendu que rien n'y est compris de ce qui forme l'équipage d'artillerie de l'armée de terre, cette nouvelle demande n'étant que pour le service de la mer.
Les pièces de 4, les obusiers de 6 et de 8 pouces seront fournis sans affûts, mais avec les écouvillons. Vous ferez fournir 100 obus et 50 mitrailles à tirer par pièce, les fusées nécessaires pour les obus, ainsi que la quantité de roche à feu nécessaire, devant tous être tirés avec de la roche à feu.
Indépendamment de cet armement, la guerre fournira à Boulogne une réserve de 6,000 obus chargés et de 3,000 mitrailles de 8 pouces, et d'autant de 6 pouces, et de 90,000 cartouches à balles et boulets de 4. Tous les obus seront chargés de roche à feu.
Saint-Cloud, 31 octobre 1803
Au général Berthier
Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre au général Augereau d'envoyer le premier bataillon de la 44e demi-brigade de ligne à Bordeaux et le deuxième à Bayonne. Ces bataillons seront destinés à fournir des garnisons aux bâtiments qui doivent être prêts à partir de ces deux ports, à raison de 25 hommes par bateau de première et de deuxième espèce et de 10 hommes par péniche.
Donnez-lui également l'ordre d'envoyer le premier bataillon de la 63e à Rochefort, pour mettre garnison sur les bâtiments de la flottille qui s'arment dans ce port. Le deuxième bataillon restera à Bordeaux, pour fournir les garnisons nécessaires aux bateaux qui partiront de ce port lorsque le bataillon de la 44e sera parti.
Saint-Cloud, 31 octobre 1803
Au citoyen Monge, en mission à Liège (Gaspard Monge, 1746-1818. Il est alors au Sénat conservateur, et membre de la Légion d'Honneur depuis le 3 octobre)
Nous sommes au 8 brumaire et je n'entends pas dire qu'on ait fondu encore aucune pièce. Tirez-moi d'inquiétude. Combien aurai-je de pièces de 24 au 30 brumaire? C'est surtout de ces pièces dont j'ai besoin.
Saint-Cloud, 31 octobre 1803
Au contre-amiral Decrès, ministre de la marine et des colonies
Le ministre de la guerre, Citoyen Ministre, a ordre de vous faire fournir quatre cent dix pièces de 4, cent cinquante obusiers de 6 pouces et trois cent trente de 8 pouces, sans affûts, avec écouvillons, cent coups à tirer en obus et boulets et cinquante mitrailles, et la roche à feu nécessaire. Le ministre de la guerre les fournira, conformément au tableau ci-joint. (il s'agit de la lettre du 31 octobre adressée à Berthier)
Je vois que les préfets vous demandent des renseignements pour l'armement des péniches. Je désire que vous me présentiez demain un projet d'arrêté pour fixer définitivement cet armement. Il me semble que nous nous étions arrêtés à l'idée que le tiers serait d'obusiers de 6 pouces et deux tiers de pièces de 4.
Envoyez-moi les noms des prames armées et en construction dans les différents ports, ainsi que des différents bâtiments, soit chaloupes, soit bateaux canonniers. Marquez par un signe ceux de l'ancienne flottille. Je vous prie d'en faire un petit livret de six pouces de long, pareil au dernier que vous m'avez envoyé.