Mars  1807


Osterode, 1er mars 1807

Au prince royal de Bavière

Je reçois votre lettre du 22 février. Je suis aise de vous mettre à même de donner des preuves de vos talents, et que vous preniez l'habitude de commander vos armées vous-même, qualité utile dans tout souverain, mais surtout dans la position où se trouve placé le roi de Bavière.


Osterode, ler mars 1807

Au maréchal Berthier

Vous donnerez des ordres pour la formation d'une division de Polonais sous les ordres du général Zajonchek. Cette division sera composée des régiments polonais qui forment la division que commande ce général, et de deux régiments de la 1ere légion, qui est Varsovie et qui était ci-devant à Sierock et à Nieporent.

Cette division se réunira à Neidenburg et formera un corps d'observation qui liera Osterode avec Varsovie. A cet effet, vous enverrez l'ordre au général Zajonchek de partir demain de Graudenz avec un de ses régiments et de se diriger sur Neidenburg. Vous enverrez l'ordre an général Lemarois et au maréchal Masséna de faire partir de Sierock, de Nieporent et de Varsovie le régiment qui est le plus en état et qui se rendra également à Neidenburg.

Vous écrirez au prince Poniatowski que, si deux autres bataillons sont également armés et habillés, il les fasse partir pour Seidenburg, où je veux réunir un corps polonais.

Vous donnerez l'ordre à tout ce qu'il y a de troupes de Hesse-Darmstadt à Thora de se rendre à Graudenz; et, aussitôt après leur arrivée, tout ce qui reste de troupes polonaises devant Graudenz se rendra à Neidenburg.

Vous donnerez l'ordre au général Zajonchek de presser l'arrivée de toute sa légion à Neidenburg, où je désire réunir la légion qui se trouve à Varsovie et celle du district de Kalisz qu'il commande, au fur et à mesure qu'elles seront habillées et en état de faire campagne.

Vous écrirez au prince Poniatowski de faire partir toute la cavalerie polonaise qui se trouverait à Varsovie et sur les derrières, pour Neidenburg; et vous ferez connaître à ce directeur de la guerre qu'il faut faire lever toute la cavalerie du district de Plock pour se réunir au corps du général Zajonchek et contenir les Cosaques.

Le général Zajonchek sera chargé de correspondre avec vous et le maréchal Masséna, pour l'instruire de tous les mouvements de l'ennemi sur le centre et maintenir la communication entre les deux corps.

Il se nourrira des réquisitions qu'il fera dans le district de Plock, à Janowo, Mlawa, etc.

Mon intention est qu'avec son premier régiment il soit arrivé à Neidenburg dans six jours au plus tard.

Le général Zajonchek, en se rendant à Neidenburg, passera de sa personne à Osterode pour prendre ses instructions.


Osterode, 1er mars 1807

Au général Clarke

Passez la revue des dépôts de Küstrin et de Stettin. Tout ce qui est blessé de manière à avoir besoin des eaux ou à obtenir soit traitement de retraite ou de réforme, dirigez-le sur France; tout ce qui est en état de servir, dirigez-le sur Thorn, hormis ce qui appartient au 5e corps, qui sera dirigé sur Varsovie.

Jetez un coup d'œil sur vos états de situation, et faites partir des différentes places de votre gouvernement les hommes qui y seraient restés, ou qui y auraient été retenus par les commandants. Supprimez tous les commandants inutiles et dirigez-les sur le quartier général.

Le régiment de chevau-légers d'Arenberg a dû partir de Liège pour se rendre à Magdeburg; il est fort de 600 hommes. Écrivez à Liège pour savoir quel jour il est parti et quel jour il arrivera. Aussitôt son arrivée, servez-vous-en contre les partisans; il est très-bon pour cela.


Osterode, 1er mars 1807

Au roi de Naples

Je Vous renvoie le général César Berthier(Il s'agit du frère du maréchal, dont Joseph avait déjà dit qu'il était "propre à tout, plus qu'au métier qu'il fait". Je vous laisse le maître de nommer ministre de la guerre, et chef de l'état-major de mon armée de Naples, qui il vous plaira. J'ai nommé dans la Légion d'honneur ceux que vous m'avez proposés. J'ai vu avec peine que vous m'ayez proposé M. de Bouillé, qui n'a pas fait la guerre. C'est ainsi qu'on m'a fait donner des récompense qui ne sont pas méritées.

J'ai nommé les colonels Huard, Abbé et Cardenan, généraux de brigade; j'ai nommé colonel M. Steenhaud, chef d'escadron du 4e chasseurs, et capitaines les lieutenants Roederer et Clary.

Je m'en rapporte à ce que vous dira le général César Berthier sur la comparaison que vous faites de l'armée de Naples avec la Grande Armée. Officiers d'états-majors, colonels, officiers ne se sont pas déshabillés depuis deux mois, et quelques-uns depuis quatre (j'ai moi-même été quinze jours sans ôter mes bottes); au milieu. de la neige, et de la boue, sans vin, sans, eau-de-vie, sans pain, mangeant des pommes de terre et de la viande, faisant de longues marches et contre-marches sans aucune espèce de douceurs, et se battant à la baïonnette et sous la mitraille; très-souvent les blessés obligés de s'évacuer en traîneaux, en plein air pendant cinquante lieues.

C'est donc une mauvaises plaisanterie que de nous comparer à l'armée de Naples, faisant la guerre dans, le beau pays de Naples, où l'on a du vin, de l'huile, du pain, du drap, des draps de lit, de la société et même des femmes. Après avoir détruit la monarchie prussienne, nous nous battons contre le reste des Prussiens, contre les Russes, les Kalmouks, les Cosaques, ces peuplades du Nord qui envahirent jadis l'empire romain.

Nous faisons la guerre dans toute sa force et sa rigueur. Au milieu de ces grandes fatigues, tout le monde a été plus, ou moins malade. Pour moi, je ne me suis jamais trouvé plus fort, et j'ai engraisse.

Par vos états de situation, je vois que vous avez 53 000 hommes à l'effectif, et 43 000 hommes présents sous les armes; c'est plus qu'il ne vous en faut. Vous n'avez devant vous qu'un effectif de 18 000 Anglais, ne formant pas un présent de plus de 100 000 hommes. Les Russes ont autre chose à faire qu'à s'occuper de vous.

Les levées immenses que je fais en France, en Italie, s'opposent à ce que je vous envoie de l'argent. Direz-vous que, malgré les grandes possessions que j'ai, je viens de dépenser douze millions en France pour acheter des chevaux ?

Une guerre comme celle que je fais use le personnel et le matériel; il faut donc un argent immense pour tout réparer. Je suis obligé d'entretenir une armée d'observation considérable en Italie. Il faut que je solde de nombreux corps de gardes nationales pour garder mes côtes, car mes côtes et mes ports sont bloqués comme les vôtres.

Voici tous les secours que je puis vous envoyer: 6 000 hommes des dépôts, armés et bien habillés, sont partis pour renforcer vos corps; 3 000 partiront au 15 avril ; ce qui fera 9 000 hommes de renfort. Je vous ai envoyé, depuis janvier, un million, qui était tout ce qui me restait de mon petit trésor de Turin. Je donne ordre qu'on vous envoie, pendant les mois d'avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre et novembre, 500 000 francs par mois; ce qui fera quatre millions.

En jetant un coup d'œil sur le rapport de M. Roederer, je me suis convaincu que vous avez des moyens immenses. Quand on paye vingt-six millions de dettes publiques, on peut retarder les payements d'un an et l'on a vingt-six millions sur-le-champ. Votre armée napolitaine vous coûte trop.

Mais de quoi parle M. Roederer, de caisse d'amortissement ? Il est bien question de ces babioles ! Il est question de payer l'armée.

Est-ce bien dans un pays qui n'est pas encore consolidé par la reconnaissance de l'Europe et par la paix, qu'on fait des projets d'établissements pour l'avenir ? M. Roederer est dans une position opposée à vos intérêts; il doit avoir besoin de mettre des théories à exécution, de se bien faire venir du pays en le soulageant de toutes les manières.

Ne faites point d'Ordres; ne fondez aucun établissement de crédit; tout cela sont des opérations de la paix, tout cela doit venir avec elle, et cette paix arrivera.

Le moyen de faire entendre à des hommes de l'imagination de Roederer que le temps est le grand art de l'homme, que ce qui doit être fait en 1810 ne peut être fait en 1807 ! La fibre gauloise ne s'accoutume pas à ce grand calcul du temps; c'est cependant par cette seule considération que j'ai réussi dans tout ce que j'ai fait.

Je pourrais en dire autant de Dumas (Mathieu Dumas, 1753-1837. Il est alors ministre de la guerre du roi Joseph à Naples). Ce sont des hommes qui n'ont pas eu et qui n'auront jamais la prudence du temps, qui feront aujourd'hui ce qui ne doit être fait qu'après-demain, et qui ne sauront pas vous tirer de la situation où vous vous trouvez. Un homme comme Salicetti (Antoine Christophe Salicetti, 1757-1809. Il est en 1807 ministre de la pice du roi Joseph à Naples) eût été un bon ministre des finances.

Payez donc l'armée: c'est la dépense la plus sacrée.

Ne souffrez pas qu'on se plaigne. Avec le Français il faut montrer du caractère. L'armée de Naples n'a pas lieu de se plaindre.

Dites-leur : « Vous vous plaignez ! Demandez au général Berthier; il vous dira que votre Empereur est pendant des quinze jours mangeant des pommes de terre et bivouaquant au milieu des neiges de la Pologne. Jugez de ce que doivent être les simples officiers. Ils ne mangent que de la viande. »


Osterode, 2 mars 1807

A l'impératrice

Mon amie, il y a deux ou trois jours que je ne t'ai écrit; je me le reproche; je connais tes inquiétudes. Je me porte fort bien; mes affaires sont bonnes. Je suis dans un mauvais village, où je passerai encore bien du temps : cela ne vaut pas la grande ville. Je te le répète, je ne me suis jamais si bien porte; tu me trouveras fort engraissé.

Il fait ici un temps de printemps; la neige fond, les rivières dégèlent; cela me fait plaisir.

J'ai ordonné ce que tu désires pour la Malmaison. Sois gaie et heureuse, c'est ma volonté.

Adieu mon amie, je t'embrasse de cœur. Tout à toi.


Osterode, 2 mars 1807

A Cambacérès

Mon cousin, je reçois votre lettre du 19 février. Nous n'avons ici rien de nouveau. Le printemps a l'air de commencer; la neige est fondue.

Je lis un rapport du ministre de la police, relatif à un criminel nommé Perrée (Ne pas confondre avec Jean-Baptiste Perrée, contre amiral, ou Pierre Nicolas Perrée, régent de la Banque de France !), qui a excité la commisération de la ville et qui a été manqué par le bourreau. S'il n'y a aucun esprit de parti dans cet événement, et si le mouvement populaire est l'effet d'une simple impulsion naturelle de pitié, sans projet concerté, mon intention est de faire grâce au coupable. Faites surseoir à son exécution, s'il en est temps, et faites passer cette affaire au Conseil privé.


 Osterode, 2 mars 1807

Au général Dejean

Je reçois votre rapport par lequel vous concluez que l'armée doit avoir plus de fusils que d'hommes. Sans doute, si elle n'en avait pas consommé. Une bataille comme celle d'Austerlitz coûte au moins 12,000 fusils; de grandes marches en coûtent aussi. Jugez combien, depuis deux ans, on en a perdu. Ce n'est pas exagérer que d'en porter le nombre à 60,000. Sans ceux de Vienne et les fusils saxons, la France aurait dû me fournir bien davantage.

J'approuve que vous ayez fait partir le 15e de ligne de Mayence.


Osterode, 2 mars 1807, 2 heures après midi

Au maréchal Soult, à Liebstadt

Mon Cousin, il est deux heures, et je n'ai point de lettres de vous; ce qui me fait penser qu'il n'y a eu rien de nouveau aux avant-postes aujourd'hui. Vous vous serez préparé dans les journées d'aujourd'hui et de demain, et j'espère que vous enlèverez à l'ennemi quelques pièces de canon et des prisonniers. Les nouvelles d'aujourd'hui sont que l'ennemi a débouché de Guttstadt sur Queetz, chemin de Deppen, avec une colonne d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie. Comme le maréchal Ney a dû être en mesure sur ce point, je suis dans l'espérance qu'il sera beaucoup supérieur à l'ennemi, et qu'il y aura là un combat de détail brillant et avantageux. Je vous recommande d'être plein de l'esprit de la chose, de mettre de côté toute petite rivalité et de tomber ferme sur le flanc de l'ennemi, si demain matin il s'engageait un combat entre Queetz et Guttstadt. Tout me porte à penser que le maréchal Davout sera inutile : toutefois sa tête sera aujourd'hui à Mohrungen, prête à vous soutenir. La division Espagne doit vous être arrivée; ne l'employez cependant qu'en bonne connaissance de cause; car ce que peuvent faire seize escadrons d'aussi braves gens est incalculable. Il serait malheureux qu'ils donnassent à faux contre des bois et des ravins. Instruisez-moi de ce que vous faites.

Le maréchal Ney parait être dans l'intention d'attaquer demain peu avant le jour. Il écrit de ce matin que l'ennemi occupe Queetz et qu'il établit une chaîne de vedettes sur les montagnes qui dominent Ankendorf, et que son projet est de se réunir derrière Ankendorf, afin de tomber plus sûrement sur l'ennemi.

Vous sentez donc qu'il est nécessaire que vous attaquiez de bonne heure, et qu'après avoir culbuté ce qui se trouverait à Queetz à Lemitten, vous vous trouviez en mesure de faire une diversion sur le flanc droit de l'ennemi, en faveur du maréchal Ney, si celui-ci avait une affaire sérieuse.


Osterode, 2 mars 1807

DÉCISION

Le major général fait connaître que M. de Thiard demande la permission, 1° de ne pas accepter la place de major, qu'il ne se sent point en état de remplir; 2° de donner sa démission et de retourner en France à cause de son inactivité à 200 lieues du champ de bataille.Répondez à M. de Thiard l'Empereur, auquel vous avez fait part de la demande de sa démission, la refuse, la regardant comme une folie et un coup de tête, et vous charge, au contraire, de lui donner l'ordre positif de rejoindre le quartier général.

Osterode, 2 mars 1807

64e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE

La ville d'Elbing fournit de grandes ressources à l'armée: on y a trouvé une grande quantité de vin et d'eau-de-vie; ce pays de la basse Vistule est très-fertile.

Les ambassadeurs de Constantinople et de Perse sont entré en Pologne et arrivent à Varsovie.

Après la bataille d'Eylau, l'Empereur a passé tous les jours plusieurs heures sur le champ de bataille, spectacle horrible, mais que le devoir rendait nécessaire. Il a fallu beaucoup de travail pour enterrer tous les morts. On a trouvé un grande nombre de cadavres d'officiers russes avec leurs décorations. Il parait que parmi eux il y avait un prince Repnine. Quarante-huit heures encore après la bataille, il y avait plus de 500 Russes blessés qu'on n'avait pas encore pu emporter. On leur faisait porter de l'eau-de-vie et du pain, et successivement on les a transportés à l'ambulance. Qu'on se figure, sur un espace d'une lieue carrée, 9 ou 10,000 cadavres, 4 ou 5,000 chevaux tués, des lignes de sacs russes, des débris de fusils et de sabres, la terre couverte de boulets, d'obus, de munitions, 24 pièces de canon auprès desquelles on voyait les cadavres des conducteurs tués au moment où ils faisaient des efforts pour les enlever; tout cela avait plus de relief sur un fond de neige : ce spectacle est fait pour inspirer aux princes l'amour de la paix et l'horreur de la guerre.

Les 5,000 blessés que nous avons eus ont été tous évacués sur Thorn et sur nos hôpitaux de la rive gauche de la Vistule, sur des traîneaux. Les chirurgiens ont observé avec étonnement que la fatigue de cette évacuation n'a point nui aux blessés.

Voici quelques détails sur le combat de Braunsberg.

Le général Dupont marcha à l'ennemi sur deux colonnes. Le général Bruyère, qui commandait la colonne de droite, rencontra l'ennemi à Zagern, et le poussa sur le ravin qui se trouve en avant de ce village. La colonne de gauche poussa l'ennemi sur Wittenberg, et toute la division ne tarda pas à déboucher hors du bois. L'ennemi, chassé de sa première position, fut obligé de se replier sur le ravin qui couvre la ville de Braunsberg; il a d'abord tenu ferme, mais le général Dupont a marché à lui, l'a culbuté au pas de charge, et est entré avec lui dans la ville, qui a été jonchée de cadavres russes.

Le 9e d'infanterie légère, le 32e, le 96e de ligne, qui composent cette division, se sont distingués. Les généraux Barrois, Lahoussaye, le colonel Sémélé, du 24e de ligne, le colonel Meunier, du 9e d'infanterie légère, le chef de bataillon Bouge, du 32e de ligne, et le chef d'escadron Hubinet, du 9e de hussards, ont mérité des éloges particuliers.

Depuis l'arrivée de l'armée française sur la Vistule, nous avons pris aux Russes, aux affaires de Pultusk et de Golymin, 89 pièces de canon; au combat de Bergfriede, 4 pièces; dans la retraite d'Allenstein, 5 pièces; au combat de Deppen, 16 pièces; au combat de Hof, 12 pièces; à la bataille d'Eylau, 24 pièces; au combat de Braunsberg, 16 pièces; au combat d'Ostrolenka, 9 pièces : total 175 pièces de canon.

On a fait, à ce sujet, la remarque que l'Empereur n'a jamais perdu de canons dans les armées qu'il a commandées, soit dans les premières campagnes d'Italie et d'Égypte, soit dans celle de l'armée réserve, soit dans celle d'Autriche et de Moravie, soit dans celle Prusse et de Pologne.


Osterode, 3 mars 1807

A M. de Talleyrand

Monsieur le Prince de Bénévent, je reçois votre lettre du 28 février à onze heures du soir. Je vous ai envoyé hier un courrier. Les affaires ici vont bien. Les subsistances commencent à arriver. Il parait que la force de l'armée ennemie n'a point bougé de Königsberg. L'ennemi s'est seulement étendu pour prendre des cantonnements. Du reste, je fais faire aujourd'hui une attaque pour repousser les postes qui se sont trop approchés de nos cantonnements. Je pense que je déciderai ce que vous devez faire de M. de Vincent lorsque je vous écrirai à partir de Varsovie, où il ne serait pas impossible, cependant, que je me rendisse moi-même pour recevoir les ambassadeurs persan et turc.

Quel traité faire avec la Perse ? Comment voulez-vous que je réponde à cette question quand vous ne m'avez pas encore fait remettre le mémoire de M. Jaubert, qui me fasse connaître ce que c'est que la Perse ? Ce traité, d'ailleurs, peut se faire à Paris, c'est le moins pressant. Cela est différent pour la Porte. Mais, tant que vous ne me ferez pas connaître ce qu'elle veut, quel est le but de la mission de son ambassadeur, je ne puis vous envoyer d'instructions.

J'ai lu et relu la dépêche de M. de Stadion; je n'y comprends rien et ne sais quelle réponse vous faire. Si M. de Vincent vous a expliqué cette note pour la rendre intelligible, vous ne me l'avez pas dit. Que veut la Maison d'Autriche ? Je ne le sais pas. Veut-elle traiter pour garantir l'intégrité de la Turquie ? J'y consens. Veut-elle un traité par lequel la Russie venant à acquérir un accroissement de puissance ou de territoire en Turquie, les deux puissances feraient cause commune pour obtenir l'équivalent ? Cela peut encore se faire. Enfin la Maison d'Autriche veut-elle gagner quelque chose dans tout ceci ? se mettre du côté de celui qui lui donnera de l'avantage ? Que veut-elle ? Je ne sais rien de tout cela. C'est à M. de Vincent à expliquer là-dessus ce qu'il veut, de manière que tout cela soit bien clair. Il faut aller plus loin : après avoir dit à M. de Vincent tout ce que je vous dire, ajoutez que, si les affaires avec la Prusse ne s'arrangent pas, et que la Maison d'Autriche veuille faire cause commune avec nous, on pourrait lui donner une partie de la Silésie. Par ce moyen, elle aurait repris à la monarchie prussienne ce que cette monarchie lui a pris en d'autres temps. Mais cette dernière ouverture me parait bien hasardée. La Maison d'Autriche ne sait elle-même que faire, et dès lors il est bien difficile de la pénétrer. Faites-moi connaître votre opinion sur ce que veut la Maison d'Autriche, et ce qu'il faut faire pour se l'assurer. Ce doit être là mon premier intérêt. Du reste, pour rassurer M. de Vincent, vous pouvez lui dire qu'il viendra à Thora ou à Osterode avec vous, si vous y venez; qu'on est embarrassé de ce grand nombre de diplomates à l'armée, mais que lui, militaire, ne fera pas beaucoup d'embarras dans un quartier général. Dites-lui cela comme venant de vous et comme étant votre opinion.


Osterode, 3 mars 1807

Au général Duroc

Rapp doit être arrivé à Thorn; il doit avoir reçu l'ordre du major général pour prendre le commandement de Thorn en qualité de gouverneur. Réunissez tous les moyens pour faire terminer le pont de Thorn. Visitez tous les blessés et faites donner à chaque soldat un napoléon et à chaque officier cinq. Envoyez faire la même chose par M. de Tournon, ou par un autre, pour les blessés évacués à Bromberg. Envoyez-moi le recensement qu'on a fait des blessés à Thorn.

Faites partir du pain, des farines, du vin et de l'eau-de-vie pour l'armée; faites charger tout cela sur les caissons de la compagnie Breidt et sur les voitures qui ont amené les blessés. On a ici des fours pour cuire 30,000 rations par jour. Que de Bromberg on approvisionne Thorn. Écrivez à Posen pour avoir la force des dépôts et pour que tous ces hommes rejoignent l'armée. Envoyez à Culm pour prendre l'état de situation des dépôts de cavalerie qui s'y trouvent, arme par arme.

Donnez-moi des nouvelles du maréchal Lefebvre.

Restez quelques jours à Thorn; votre présence m'y est plus utile qu'ici. Il n'y a rien de nouveau; l'ennemi parait être du côté de Königsberg. J'imagine que l'idée de l'intendant général de prendre les bateaux du pont de Varsovie pour envoyer des vivres à Thorn n'a pas eu de suite; c'est la plus grande folie qui puisse venir dans l'esprit. Qu'on rétablisse au contraire le pont au plus vite, et qu'on fasse remonter des bateaux de Thorn sur Varsovie, tant pour rétablir le pont que pour prendre des subsistances. Mais il parait inutile de tant affaiblir Varsovie; le canal de Bromberg doit fournir ce qui nécessaire. Écrivez à Posen pour avoir des fusils, et faites-en venir de Thorn à l'armée; nous en avons besoin de 30,000 pour les Français.

Envoyez-moi l'état de tous les convois partis de Thorn pour l'armée.

Écrivez-moi par tous les courriers qui viennent tous les jours.


Osterode, 4 mars 1807, 6 heures du matin

Au general Morand, à Allenstein

Je vous expédie un officier d'ordonnance pour savoir ce qui passe du côté d'Allenstein et connaître le mouvement de l'ennemi sur notre droite. La division de dragons de Milhaud a ordre de se rendre près de vous; envoyez à sa rencontre. Vous dites, dans une de vos lettres au major général, que l'ennemi a eu de l'infanterie à Passenheim. Qu'il y ait eu de la cavalerie et des Cosaques, cela se conçoit; faites-moi connaître positivement ce qu'il en est. A-t-il
encore de l'infanterie à Wartenburg ? Depuis que l'ennemi s'est mis en retraite, et que nos postes sont au delà de Freimarkt, et que j'ai fait réoccuper Guttstadt, quel mouvement aperçoit-on dans les postes qu'il avait sur l'Alle ? Vous êtes bien placé pour envoyer des espions. Ne ménagez pas l'argent et envoyez-moi, deux fois par jour,
des rapports de ce que vous apprendrez.


Osterode, 4 mars 1807

Au maréchal Lefebvre, à Dibschau

Il n'y a dans ce moment à Danzig que 8,000 hommes de nouvelles troupes; vous en avez 18,000. Cernez la ville. Faites établir des redoutes pour fortifier votre blocus. Interceptez bien la communication avec Pillau, et conmencez à faire venir quelques pièces de siége à Stettin. Votre tâche est la prise de Danzig; votre gloire y est attachée. Les Polonais se sont distingués, entre autres le prince Sulkowski, dit-on. Faites-vous rendre compte de cela. Je veux leur accorder des décorations de la Légion d'honneur. Il doit être arrivé à Thorn des cartouches pour les Polonais.


Osterode, 4 mars 1807

Au général Dombrowski

Je reçois votre lettre du 3 mars. Je n'ai point la situation des troupes polonaises, infanterie et artillerie, qui sont au corps du maréchal Lefebvre. J'ai vu avec peine que vous avez été blessé. J'apprends que cela n'est point dangereux. Faites-moi connaître les hommes qui se sont distingués et qui méritent récompense. Qui commande à présent votre division ? Quand pourrez-vous en reprendre le commandement ?


Osterode, 4 mars 1807

Au général Rapp, à Thorn

Depuis cinq ou six jours, je n'entends plus parler de M. de Tournon, qui avait dû aller à Bromberg. J'attends des nouvelles de ce que vous faites. J'imagine que vous êtes entré en possession de votre gouvernement, et que vous commencez, avec votre activité ordinaire, à mettre de l'ordre dans la ville de Thorn. Le canal de Bromberg est-il dégelé et navigable ?



                                                      NApo[@io_i.
   Archives de l'Empire.
      11924. - AU MARÉCHAL SOULT, A DIETRICHSDORF.
                                                  Osterode, 4 mars 180-j.
  Mon Cousin, d'après ce que me mande le général Bertrand, il parait que l'ennemi avait peu de monde à Wormditt. En avait-il à Mehlsack? S'il s'est placé sur l'Alle pour vivre, pouvait-il nianceuvrer sur notre droite? Quand vous rentrerez dans vos cantonnements, gardez une ou deux tètes de pont; faites-y travailler sur-le-champ. ChoisiKzez la hauteur la plus favorable, et faites mettre vos ingénieurs à l'ouvrage. Une tète de pont dans nue bonne position doit-@ en peu de jours, ètre imprenable dans un pays où l'on a du bois autani qu'on veut.

                11925. - A M. DE TALLEYRAND.
                                                  Osterode, 4 mars 1807.
   Monsieur le Prince de Bénévent, vous, trouverez ci-joint la relatio du combat de Dirschau. Comme c'est un combat polonais, dit n' jpas été mis dans le journal de Varsovie, faites l'y mettre.
   J'ai reçu vos lettres du 11, mars à dix heures du soir. Dites a prince Poniatowski qu'il donne l'ordre que tous les Polonais se rendei à Neidenburg; il y aura là environ 3,000 chevaux. Le général Zajoi chek va s'y rendre avec sa division et avec la partie de la I'e légio qui est disponible, comme je vous rai mandé. Je formerai par ( moyen un corps de 10 à 12,000 Polonais, qui protégeront les con@ munications, donneront de l'inquiétude à rennemi, et pourront @ former, étant seuls et entre eux dans ces cantons. Quand ce corl sera réuni, le prince Poniatowski pourra Paller passer en revue.
faut diriger là tous les Polonais volontaires qui veulent servir. L prince Sulkowski est venu me trouver au quartier général; il d avoir un régiment de 600 hommes du côté de la Silésie. Je lui'ai d qu'il pouvait l'amener et que je le solderais. Dites cela au prin( Poniatowski pour eldit le dirige sur Neidenburg. J'avais proposé 1 levée d'un régiment de chevau-légers polonais qui me servirait pot la Garde; faites-moi connaître où cela en est. Il faudrait que le goi vernement pût se procurer des chevaux dans le pays. Si ron pouva le former de jeunes gens comme les dix-huit qui composent ma gar@ d'honneur, cela serait bientôt fai(-. Arrangez cela. Envoyez au quartit général les hommes isolés; il suffirait qu'ils soient armés, et on Ig organiserait.
   Je vous ai fait connaître hier mes intentions sur la cour de Vienni Je ne puis rien y ajouter. Je ne vois pas pourquoi renvoyer si vi rambassadeur persan à Paris. Il faut le laisser quelque temps à Vai sovie. Mais l'important dans tout cela est rambassade de la Port( J'attends de connaître ses instructions et les projets de la Porte. Je n vois pas d'inconvénient que AI. Reinhard s'en retourne à Paris, aus.@ bien que tout ce qui tient à la légation de Russie et qui ne saur& m7ètre utile. Peut-être pourriez-vous garder avec vous M. de Lesseps qui a séjourné longtemps en Russie et qui en arrive nouvellement.
  Faites-moi connaître quelles sont les personnes qui ont écrit ce deux lettres.

AU, MARÉCHAL DAVOUT, A LIEBSTADT.
                                  Osterode, 4 mars 1801, 5 heures du soir.
   Mon Cousin, je vous ai fait connaître aujourd'hui dans quelle situation étaient les divers corps d'armée. Ayant laissé une de vos divisions à Allenstein, il est convenable que vous ralliiez tous les autres détachements de vos deux autres divisions près de vous, sans quoi vous vous trouveriez affaibli de tous les côtés. Vous avez laissé deux régiments de cavalerie légère à Napiwoden. Il faut que le général Alorand fournisse l'infanterie nécessaire pour les soutenir, afin que vos deux divisions soient ralliées. Vous devez avoir recu deux convois de pain d'Elbing, dont un qui était destiné pour le quartier général et que j'ai ordonné qu'on vous laisse. Je suppose que, dans la journée, le maréchal Soult aura repris ses cantonnements. Mon intention est de vous donner l'ordre de vous placer à Saalfeld, où vous serez à portée de recevoir des vivres de Marienburg. Faites-moi connaître votre état de situation.
                                                      N.1poLÉO,..
  A l'instant j'apprends que mes ordres n7ont point été exécutés, que le convoi de pain n'a pas passé par Niohruagen et qu'il vient d'arriver à Osterode. Je donne ordre qu'il retourne. 1,200 hommes des régi- ments provisoires appartenant à vos corps viennent darriver. Je les dirigerai sur les positions que vous devez occuper.
Comm. par Il- la maréchale princesse d'Eckmühl.
(Eu minute au% Arch. de l'E.p.)
               1192-à. - AU MARÉCHAL DAVOUT.
                                   Osterode . 4 mars 1807, 9 heures du soir.
   Mon Cousin, on dit qu'on a tiré aujourd'hui le canon vers Gutt- stadt; je n'ai point de rapport de ce qui s'est passé. Dans votre posi- tion intermédiaire vous devez l'avoir entendu. Écrivez-moi souvent et envoyez des officiers à Guttstadt et aux avant-postes du maréchal Soult pour savoir ce qui se passe et m'en instruire. Il me semble que Vennemi fait quelque chose; quelques indices feraient penser qu'il 'fait un mouvement sur ma droite; le fait-il en force et d'une manière décidée? c'est ce qui est douteux. S'il vous arrive quelques indices là- dessus, communiquez-les-moi.

                11928. - ALI MARÉCHAL SOULT.
                                   Osterode, 4 mars 180-à. 9 heures do soir.
  Mon Cousin, rermemi paraissait hier avoir un régiment d'infanterie à Wartenburg. Tout porterait à penser qu'il faisait un mouvement sur notre droite. Le peu de défense qu'il a fait à Guttstadt, qui, dans ce cas, devait être son pivot, porterait à penser que sa résolution détait pas fortement prise. Toutefois, je pense qu'il n'y a pas d'in- convénient à rester dans la position où vous êtes. Mettez-vous en correspondance avec le maréchal Ney. Je n'ai pas encore reçu ses rapports d'aujourd'hui, et je ne sais pas s'il est tranquille dans sa position. Ses avant-postes sont à Petersicalde. Si rennemi est en force à Heilsber8, il ne parait pas probable qu'il Py laisse sans rin- quiéter. Il da fait aucune résistance devant Spanden et Braunsberg. Il paraît qu'il n'a personne à Mühlsack. J'attends donc de vos nouvelles pour être éclairé de tout cela. Mon intention est de rentrer dans mes cantonnements si rennemi ne fait aucun mouvement sur ma droite et si la masse de ses forces est tranquille. Si, au contraire, il s'est jeté sur ma droite, mon intention est de marcher sur lui en débordant constamment sa droite. Envoyez un officier à Guttstadt, et, si le maréchal Ney est attaqué, secourez-le, comme votre position vous met à même de le faire. Communiquez aussi au prince de Ponte- Corvo toutes le@ nouvelles que vous avez. Je lui ai donné ordre de pousser en avant sur Spanden, de manière à être prêt à se réunir à vous et savoir ce que fait l'ennemi.
Dépôt de la guerre.
(En minute au. Arch. de l'E.p.)
       119-29. - AU GÉNÉRAL BERTRAND, A GUTTSTADT.
                                   Osierode, 4 mars 1807, 9 heures du soir.
   Vos lettres ne disent rien. Vous aurez pu cependant interroger pour savoir le nom des régiments et du général qui commandait, et cent clioses, toutes très-iniportatites ; l'esprit des troupes, la manière dont elles se nourrissent, la force des différent,; corps, ce qu'on sait en causant avec les colonels et les officiers des corps. Je m'attendais à plusieurs pages, et je Wai que deux lignes. Réparez tout cela et écrivez-moi longuement.

A M. FOUCHE.
                                                 Osterade, 5 mars 180-1.
  Je mois votre lettre du 20 février. Les préfets demandent des permissions darmes, et, à cet effet, exigent une rétribution. Cela est illégal. Faites un rapport au Conseil d'État, pour qu'il soit pris des

mesures sur cet objet, car enfin aucune taxation ne doit être faite"sur les citoyens que par une loi.
  Le ministre de la guerre aura rappelé probablement le général Cervoni à ses attributions.
                                                      NAPOLÙOX.
   Archives de l'Empire.
              11933. - AU VICE-AMIRAL DECRÈS.
                                                  Osterode, 5 mars 1807.
  Je reçois la lettre.par laquelle vous m'instruisez de l'arrivée d'un chargement de Cayenne. Victor Hugues ne Dons en envoie pas sou- vent. Je crois qu'il en a un peu fait sa propriété.

. DÉC!SION.

  Le ministre de la marine demande à l'Emperenr si les officiers de la marine impériale, employés à Naples particu- lièrement, et aussi en Italie, servant dans les mêmes divisions que les o1fi- ciers de ces deux puissances, doivent,
à grade égal, avoir le commandement ' sur ces derniers, ou concourir avec eux de la date de leur brevet?

     A grade égal, le commande- @ ment appartient à la marine im- , périale.

DÉCISION.

  Le ministre de la marine soumet à
la décision de l'Empereur des préten- tions élevées par les préposés des douanes hollandaises relativement au payement de droits auxquels ils veulent assujettir les bâtiments qui viennent à Flessingue.

   Les bàtiments ne doivent rien Flessingue appartient à Sa Majesté en commun avec le roi de Ho] lande.
                  .,-- -- 1 -

                  11930. - A M. CAMBACÉRÈS.
                                                 Osterode, 5 mars 1807.
   Mon Cousin, je reçois vos lettres du 20 et du 21. Je vois avec peine les notes qu'on met dans le illoniteur, qui n'ont point de sens. Mon projet n'a jamais été d'aller à Koenigsberg. On dit aussi que je commande mon avant-garde. Tout cela est bêtise. Je vous prie de ne laisser mettre dans le Honileur que les bulletins, ou tout an plus dire qu'on a reçu des nouvelles et qu'on a eu des succès, qWon en attend les détails. Si cela est autrement, vous empêcherez de rien écrire, et alors vous aurez plus d'inquiétude. Berthier écrit du milieu du champ de bataille, fatigué, et ne s'attend pas que ses billets doivent être imprimés.
   Il n7y a ici rien de nouveau. Mes troupes sont toujours cantonnées derrière la Passarge. La ville d'Elbing nous fournit des secours assez importants.

 

 

 

 

 

 

Osterode, 5 mars 1807

A Gaudin

Ce qui s'est fait à Mousseaux (l'ancienne Folie de Chartres de Philippe Égalité, aujourd'hui le parc Monceau. Napoléon songea un temps à y installer le zoo, qu'il voulait séparer du Jardin des Plantes) n'a pas rempli mon objet. Un beau jardin de plus est nécessaire à la grande ville. Il faut donc rédiger un deuxième projet pour avoir là un jardin qui, dans un genre différent, rivalise avec les Tuileries, le Luxembourg et le Jardin des Plantes.

Les jardins des Tuileries et du Luxembourg étant dans le genre français, un jardin véritablement beau dans le genre chinois (Napoléon veut dire ici genre anglais) ne peut être qu'un nouvel agrément pour Paris. Il faut qu'au moyen des embellissements dont on va faire le projet, il devienne plus beau qu'il n'a jamais été.

Le ministre des finances doit donc renvoyer cet objet au ministre de l'intérieur. On le chargera de faire exécuter mes vues, en faisant consulter les gens de l'art attachés à ce ministère.


 

 

Osterode, 5 mars 1807

Décision

Pour ne pas distraire trop souvent de
leurs travaux les hommes qui ont be- soin de travailler pour vivre, et pour s
ne pas suspendre trop fréquemment les travaux et les fonctions des personnes Y consacrées au service de la société. Le ii législateur a donc supposé que lesjours
de dimanche et de fête doivent être des jours de recueillement et de repos pour to4 le monde. S'il en était autrement,
de quel motif raisonnable eùt-il pu autoriser la réduction des fètes?
  Il faut pourtant convenir que le prin- cipe général sur le repos ordonné dans@
les jours de dimanche et de fête recoit des exceptions que l'état présent de nos sociétés De permet pas de mécon- naître.
  Il est des circonstances où les travaux publics ne pourraient être suspendus sans quelque danger pour l'État. Il est certains travaux dans la campagne qui, dans le temps opportun, ne pourraient être différés sans que l'on s'exposàt au risque de n'avoir point de récolte, on (le perdre celle que l'on est sur le point de recueillir. Ces exceptions ont toujours été reconnues, sans aucune sorte d'in- convénients. Dans tous les temps les travaux publics ont continué pendant les jours de dimanche et de fête, dans i les arsenaux et dans les autres ateliers consacrés an service publie, quand les administrateurs ont cru cette continua-
 tion nécessaire. Quant aux travaux de la campagne, mm-seulement ils ont été permis, mais même ordonnés par la po- lice, quand le magistrat a pu croire que la plus courte suspension pouvait mettre la récolte en danger. Dans tous ces cas, le magistrat sent est arbitre de ce que l'on petit ou doit faire.
   Nous ajouterons qu'il est des hommes
 qui ne pourraient cesser de travailler un seul jour sans compromettre leur subsistance et celle de leur famille. Il faut donc, ou que ces hommes soient nourris aux dépens du public, on qu'ils ne soient amais obligés de suspendre

@e dimanche. Dans l'un et l'auti -as il y a, de la part de Pautorit, ;uperstition , soit politique, S( religieuse. Dieu a fait aux homm une obligation du travail, puisqu n'a permis qtiaucun des fruits
[a terre leur fût accordé sans tr vail. Il a voulu qu'ils travaillasse chaque jour, puisqu'il leur a don, des besoins qui renaissent tous 1 jours Il faut distinguer, dans
qui est prescrit par le clergé, 1 lois véritablement religieuses
les obligations qui n'ont été irc ginées que dans la vue d'étem: rautorité des ministres du culte
   La loi religieuse veut que
catholiques aillent tous les dimâ ches à la messe; et le clergé, pc étendre son autorité, a voulu qu'i cun chrétien ne pût, sans sa p4 mission, travailler le dimanel Cette permission, il l'accordait la refusait à son gré, pour ci: stater son pouvoir, et ron sait qi dans beaucoup de pays, on rok nait avec de l'argent. Encore i fois, ces pratiques étaient sup stitieuses, et plus faites pour nu à la véritable religion que pour serçir.
   N'est-ce pas Bossuet qui disa « Mangez un boeuf et soyez eh ,i tien? n L'observance du mai, le vendredi et celle du repos jour du dimanche ne sont que règles secondaires et très-insi,@ fiantes. Ce qui touche essentie. ment aux commandements
l'Église, c'est de ne pas nuir, l'ordre social, c'est de ne pas fi

  Sire, plusieurs évêques de ]'Empire dont adressé des représentations sur la manière peu décente avec laquelle on chôme, dans certaines communes, les fêtes conservées par le Concordat.
  Ils exposent que, dans ces communes, les bouliques demeurent ouvertes et les ouvrages serviles continuent pendant les jours de fête comme pendant les autres jours. lis font observer que, dans le cours de la révolution, des lois impé- rieuses de police prohibaient tout tra- vail lorsqu'on célébrait le décadi ou quelques fêtes civiques. Ils ajoutent que le peuple, qui n'est régi que par les choses sensibles, s'habitue à négliger les pratiques religieuses et perd de vite la religion même en voyant l'espèce d'autorisation accordée à toits ceux qui affectent l'indifférence et le mépris pour les fêtes que la religion consacre. Ils demandent en conséquence que la célé- bration de ces fêtes soit protégée par des règlements capables de prévenir tout scandale et tout abus.
  Varticle 57 de la loi du 18 germinal an X porte que le repos des fonction- naires publics sera fixé aux dimanches et aux jours destinés à célébrer les fêtes conservées par,le Concordat. Cet article se tait sur la manière dont le dimanche et les fêtes chômées doivent être célé- brés par la masse des fidèles; mais il est évident que l'esprit de la loi a été de commander à tous les citoyens la décence qu'il convient de garder pen- dant les jours consacrés à la religion.
  Le principe de la liberté des cultes ne pourrait être un obstacle à l*exécu- tion du voeu que 1111. les évêques mani- festent, car, dans le culte catholique comme dans le 'culte protestant , on chôme également le dimanche, on chôme les mêmes fêtes.
  Pourquoi la loi du 18 germinal an X a-t-elle diminué le nombre des fêtes?

DÉCISION

           Osterode, 5 mars 180-1.
   Il est contraire au droit divin d'empècher l'homme, qui a des besoins le dimanche comme les autres jours de la semaine, de tra- vailler le dimanche pour gagner son pain. Le gouvernement ne pourrait imposer une telle loi que s'il donnait gratis du pain à ceux qui n'en ont pas. D'ailleurs le dé- faut du peuple en France n'est pas de trop travailler. La police et le gouvernement n'ont donc rien à faire là-dessus.
   Les saints Pères mêmes ne prescrivent le repos, le dimanche, qu'aux hommes qui ont assez dai- sance, ou qui sont dans le cas de mettre assez d'économie dans leur travail de la semaine pour pouvoir -passer le dimanche sans travail. Cela est si vrai, qdil était dans l'usage de tous les pays chrétiens qu'avec la permission de l'évêque ou du curé on pouvait travailler le dimanche. Serait-ce à l'évèque, serait-ce aux magistrats qu'appar- tiendrait le droit de donner cette perinission ?
   On a vu, de nos jours, la force publique employée à parcourir les villes et les campagnes pour con- traindre à célébrer la décade et à travailler le dimanche. On doit bien se garder de se mettre dans la nécessité d'employer un jour les gendarmes à empêcher l'homme qui a besoin de son travail pour as- surer sa subsistance de travailler

 

Sire, plusieurs évêques de l'Empire m'ont adressé des représentations sur la manière peu décente avec laquelle on chôme, dans certaines communes, les fêtes conservées par le Concordat.
Ils exposent que, dans ces communes, les boutiques demeurent ouvertes et les ouvrages serviles continuent pendant les jours de fête comme pendant les autres jours.
...ils demandent en conséquence que la célébration de ces fêtes soit protégée par des règlements capables de prévenir tout scandale et tout abus.
... Si Votre Majesté l'agrée, j'inviterai les préfets qui m'ont déjà consulté, ou qui pourront me consulter dans la suite, à ordonner tout ce qui est de décence extérieure, les jours de dimanche et de fête, sans exercer aucune recherche inquiétante contre les citoyens. La décence extérieure se borne à ne pas tenir les boutiques ostensiblement ouvertes, à ne pas vendre et à ne pas travailler, les jours de fête, avec la même publicité que les jours ouvrables, et à fermer les cabarets aux heures des offices. Ces règles sont généralement suivies chez toutes les nations où la liberté des cultes est admise comme en France. (Portalis).

Il est contraire au droit divin d'empêcher l'homme, qui a des besoins le dimanche comme les autres jours de la semaine, de travailler le dimanche pour gagner son pain. Le gouvernement ne pourrait imposer une telle loi que s'il donnait gratis du pain à ceux qui n'en ont pas. D'ailleurs le défaut du peuple en France n'est pas de trop travailler. La police et le gouvernement n'ont donc rien à faire là-dessus.

Les saints Pères mêmes ne prescrivent le repas le dimanche qu'aux hommes qui ont assez d'aisance, ou qui sont dans le cas de mettre assez d'économie dans leur travail de la semaine pour pouvoir passer le dimanche sans travail. Cela est si vrai, qu'il était dans l'usage de tous les pays chrétiens qu'avec la permission de l'évêque ou du curé on pouvait travailler le dimanche. Serait-ce à l'évêque, serait-ce aux magistrats qu'appartiendrait le droit de donner cette permission ?

On a vu, de nos jours, la force publique employée à parcourir les villes et les campagnes pour contraindre à célébrer la décade et à travailler le dimanche. On doit bien se garder de se mettre dans la nécessité d'employer un jour les gendarmes à empêcher l'homme qui a besoin de son travail pour assurer sa subsistance de travailler le dimanche. Dans l'un et l'autre cas il y a, de la part de l'autorité, superstition, soit politique, soit religieuse. Dieu a fait aux hommes une obligation du travail, puisqu'il n'a permis qu'aucun des fruits de la terre leur fût accordé sans travail. Il a voulu qu'ils travaillassent chaque jour qu'il leur a donné des besoins qui renaissent tous les jours. Il faut distinguer, dans ce qui est prescrit par le clergé, les lois véritablement religieuses et les obligations qu:i n'ont été imaginées que dans la vue d'étendre l'autorité des ministres du culte.

La loi religieuse veut que les catholiques aillent tous les dimanches à la messe; et le clergé, pour étendre son autorité, a voulu qu'aucun chrétien ne pût, sans sa permission, travailler le dimanches. Cette permission, il l'accordait ou la refusait à son gré, pour constater son pouvoir, et l'on sait que, dans beaucoup de pays, on l'obtenait avec de l'argent. Encore une fois, ces pratiques étaient superstitieuses, et plus faites pour nuire à la véritable religion que pour la servir.

N'est-ce pas Bossuet qui disait : "Mangez un boeuf et soyez chrétien ? ». L'observance du maigre le vendredi et celle du repos le jour du dimanche ne sont que des règles secondaires et très insignifiantes. Ce qui touche essentiellement aux commandements de l'Eglise, c'est de ne pas nuire à l'ordre social, c'est de ne pas faire de mal à son prochain, c'est de ne pas abuser de sa liberté. Il ne faut pas raisonner, mais il faut se moquer des prêtres qui demandent de tels règlements. Je ne les oblige pas à donner malgré eux l'absolution; je ne veux pas non plus qu'ils m'obligent à faire jeter dans le séjour du crime le paysan qui travaille, quelque jour de la semaine que ce soit, pour assurer sa subsistance et celle de sa famille.

Puisqu'on invoque l'autorité sur la matière, il faut donc qu'elle soit compétente. Je suis l'autorité, et je donne à mes peuples, et pour toujours, la permission de ne point interrompre leur travail. Plus ils travailleront, et moins il y aura de vice. Plus ils se procureront avec abondance la subsistance qui leur est nécessaire, plus, ils satisferont aux besoins des organes et au voeu de la nature.

Si je devais me mêler de ces objets, je serais plutôt disposé à ordonner que le dimanche, passé l'heure des offices, les boutiques fussent ouvertes et les ouvriers rendus à leur travail. Quand on jette un coup d'oeil sur les diverses classes qui composent la société, on sent à quel point le repos du dimanche est plus funeste qu'utile. On voit dans combien d'arts, dans combien de métiers, cette interruption du travail a des effets fâcheux. La société ne compose pas un ordre contemplatif. Quelques législateurs ont voulu en faire un couvent de moines et lui appliquer les règles qui ne conviennent que dans le cloître. Puisque le peuple mange tous les jours, il doit lui être permis de travailler tous les jours.

Il faut que M. Portalis prenne garde que cette concession une fois accordée, on ne manquera pas d'en exiger d'autres. Ayant une fois fait intervenir la force du gouvernement dans des choses qui sont hors de son ressort, on nous ramènera au temps désastreux des billets de confession, et à ces misérables époques où le curé croyait avoir le droit de gourmander un citoyen qui n'allait pas à la messe.

La force des ministres du culte réside dans les exhortations de la chaire, dans la confession. Les sbires et les prisons ne doivent jamais être des moyens de ramener aux pratiques de la religion.

 


 leurs travaux, même pendant les fêtes chômées.
   Certainement la religion ne saurait contredire les vues d'humanité; dans rordre religieux, comme dans l'ordre naturel et civil, la nécessité est au-des- sus de toutes les règles et les fait toutes cesser.
   Mais il est des choses de décence extérieure que l'on petit observer sans se nuire. Un ouvrier qui croit avoir besoin de son travail peut travailler sans tenir boutique ouverte les jours de dimanche et de fête. L'ouverture des boutiques pendant ces jours semble n'être qu'une vaine parade, une affecta- tion, une couleur que l'on se donne pour avoir l'air de se mettre au-dessus (les idées communes et de braver les idées et les pratiques religieuses. L'or- (ire publie exige que chacun respecte la religion que les lois de l'État pro- tégent.
  Plusieurs préfets ont ordonné dans [ws départements,
  1- Que les boutiques seraient fer- niées les dimanches et fêtes;
  20 Que les cabarets ne seraient point ouverts aux heures des offices pendant ces mêmes jours.
  Les arrêtés de ces préfets ont produit le meilleur effet et n'ont excité aucune réclamation.
  D'autres préfets me consultant, je leur ai indiqué l'exemple de leurs collègues, inais@,, n'ai pas cru devoir, de mon chef, r tracer une conduite constante et sàrr, avant que de connaitre les intentions de 170tre Majesté.
  Si Votre Majesté l'agrée, j*inviterai les préfets qui m'ont déjà consulté , ou qui pourront me consulter dans la suite, à ordonner tout ce qui est de décence extérieure, les jours de dimanche et de fête , sans exercer aucune recherche inquiétante contre les citoyens. La dé- cence extérieure se borne à ne pas tenir les boutiques ostensiblement bu- vertes, à ne pas vendre et à ne pas travailler, les jours de fête, avec la

 

 de mai à son prochain, c'est de ne pas abuser de sa liberté. Il ne faut pas raisonner, mais il faut se mo- quer des prêtres qui demandent de tels règlements. Je De les oblige' pas à donner malgré eux l'absolu- tion ; je ne veux pas non plus qWils m'obligent à faire jeter dans le séjour du crime le paysan qui travaille, quelque jour de la se- irtine que ce soit, pour assurer sa subsistance et celle de sa famille.
   Puisqu'on invoque l'autorité sur cette matière, il faut donc qu'elle soit compétente. Je suis l'autorité, et je donne à mes peuples, et pour toujours, la permission de ne point interrompre leur travail. Plus ils travailleront, et moins il y aura de vices. Plus ils se procureront avec abondance la subsistance qui leur est nécessaire, plus ils satis- feront aux besoins des organes et au voeu de la nature.
   Si je devais me mèler de ces objets, je serais plutôt disposé à ordonner que le dimanche, passé l'heure des offices, les boutiques fussent ouvertes et les ouvriers rendus à leur travail. Quand on jette un coup d'mil sur les diverses classes qui composent la société, on sent i quel point le repos du dimanche est plus funeste qu'utile. On voit dans combien d'arts, dans combien de métiers , cette inter- ruption du travail a des effets fâcheux. La société ne compose pas un ordre contemplatif. Quel- ques législateurs ont voulu en faire un couvent de moines et lui

inème publicité que les jours ouvrables, et à fermer les cabarets aux heures des offices. Ces règles sont généralement suivies chez toutes les nations où la liberté des cultes est admisecomme en France.

appliquer des règles qui ne c( viennent que dans le cloitre. Pu que le peuple mange tous les jou il doit lui être permis de travail tous les jours.
   Il faut que M. Portalis prei garde que, cette concession i fois accordée, on ne manquera d'en exiger d'autres. Ayant i fois fait intervenir la force du g, vernement dans des choses qui s hors de son ressort, on nous mènera au temps désastreux billes de confession, et à ces sérables époques où le curé cro avoir le droit de gourmander citoyen qui n'allait pas à la me!
   La force des ministres du ci réside dans les exhortations d( chaire , dans la confession.
sbires et les prisons ne doii jamais être des moyens de ram( aux pratiques de la religion.

AU GÉNÉRAL DUROC.
                                                  Osterode . 5 mars 180-j.
  Je suppose que vous êtes arrivé hier à Thorn. Tournon m'é qWil ma expédié 45,000 rations de pain de Bromberg. Faites rem de farine, de pain, de biscuit et d'eau-de-vie tous les caissons d compagnie Breidt, qui retournent de conduire des blessés, ainsi les voitures du pays.
   Il faut tirer de Varsovie le plus de chirurgiens qu'on pourra. C de la ville pourront soigner une partie des blessés qui y sont, que les chirurgiens de Thorn puissent revenir, si nous -en a% besoin.
   Il faut organiser la manutention de Thorn de manière qu'on y f par jour 40,000 rations de pain et qu'il y ait de la farine pour qu jours.
   Organisez une manutention pareille à Bromberg. Mais ce qui

le plus pressant, c'est de nous approvisionner à Osterode et ensuite à Strasburg, où il faut quatre ou cinq gros fours et un bon approvi- sionnement, tant pour les passages que pour les mouvements de l'armée, si je juge à propos de me concentrer. Ce ne serait pas trop d'y faire 20,000 rations par jour. L'intendant général peut y avoir les ressources de Plock et des autres districts.
   Nous vivons médiocrement, gràce à Elbing et à Marienburg; mais bientôt nous ne vivrons pas du tout, car les localités seront bientôt épuisées.
   Il faut que l'intendant général cherche, par tous les moyens pos- sibles, à avoir du riz.
   Tout le vin que j'avais sur le canal et à Stettin doit être près d'ar- river; ce serait une belle et grande ressource.
   J'ai ici une manutention pour faire 15,000 rations par jour, mais je ne suis pas approvisionné en farine.
   Il faut que Rapp passe, tous les jours à midi, la revue des hommes qui rejoignent rarmée, afin qu'aucun homme ne parte s'il n'est point armé et n'a ses cartouches; il faut que les hommes qui partent de Thorn pour l'armée aient du liain jusqu'à Strasburg, où on leur en donnera jusqu'ici.
  J'ai établi que tous les hommes sortant des hôpitaux, les ba- gages, etc., appartenant au 31 corps seraient à Thorn; ceux du 41, à Bromberg; ceux du 61, à Fordon, et ceux du le', à Schwetz. Faites- moi connaitre si le go@iverneur de Thorn et l'intendant général ont recu là-dessus les ordres du major général; que le gouverneur écrive aux commandants, et l'intendant général aux intendants, pour diriger sur ces points les hommes et les bagages des différents corps.
  Lé dépôt général de cavalerie est à Culm.
  L'afmée a bien besoin de fusils. Il y en a à Posen et à Thorn prenez des renseignements là-dessus.
- Visitez avec soin le pont; on m'assure qu'il est raccommodé: qu'on y travaille de nouveau pour l'assurer davantage.
  Rapp @*sire venir à l'armée active; je le désire aussi, car il y a ,ici des gens qui, au premier événement, ne soutiennent Plus leur réputation. Cependant il faut un homme à Thorn qui puisse le rem- placer, à moins que Lemarois n'ait assez (le santé pour cela. D'ail- leurs, faites-moi connaitre si Rapp est entièrement guéri.
   J'ai fait passer la Passarge à tous mes corps d'armée; l'ennemi s'est partout retiré précipitamment. @oult a poussé l'ennemi an delà de Freimarkt; le prince de Ponte-Corvo, an delà de %lehlsack., L'ennemi

s'est retiré précipitamment sur Keenigsberg. Il a paru craindre il nous Wy arrivassions avant lui. Effectivement, je n'en suis qu,à quin lieues, de Braunsberg. L'ennemi s'est aperçu quand on réparait] ponts de la Passarge, et on n'a pu le surprendre. Voici la situati d'aujourd'hui.
   Je désire savoir le nombre des blessés qui ont passé à Thorn, coi
par corps, en distinguant les grandes et les petites blessures. Rai il espère, mettra une assez bonne police pour empêcher que les tr nards et petits blessés ne désertent , et renverra tout le mondE son poste.
   Il faut que l'intendant général prenne des moyens très-sérieux pi Dons approvisionner ici; il faut qu'il fasse venir des voitures de Po@ et de toute cettepartie de la Pologne; qdil donne, de son chef, i nouvelle direction aux fournitures de Brombera. Il pourrait en fl des magasins à Nfeive, comme le district de Posen pourrait metti même d7en former à Thorn et dans les environs.
   Recommandez à l'intendant général de veiller à ce qu'on ne dés proluisionDe pas trop Stettin et Küstrin et à ce qu'on convertisse blés en farine.
    Répondez-moi à cela article par article. Gardez Tournon à Th( C'est un homme plein de zèle et dont je suis très-satisfait, et aidera à faire marcher tout cela. J'ai ici de la cavalerie polona mais je n'ai pas de sabres; écrivez au général Liébert combien il pressant d'en envoler.
                                                        NAPOLÉON.
    Comm. par M. le comte Daru.
      (E. milà.te -, Alch. de l'Ep.)
                    11938. - AU GÉNÉRAL RAPP.
                                                    Osterode, à mars lffl.
    Je reçois votre lettre du 3. Restez encore quelques jours à Th où vous m'êtes utile. Après cela, je vous donnerai le commander d'une division de dragons.
     L'intendant étant arrivé à Thorn, je suppose qulil va sloccupf tout ce qui est relatif aux subsistances. Faites dresser rétat de s tion des dépôts de cavalerie qui sont à Culni, régiment par régin Faites-moi connaître le nombre des fusils qui se trouvent à Tk nous en avons besoin à l'armée. Veillez qu'il ne passe au poi Thorn, pour se rendre à l'armée, que des hommes bien armé envoyez-moi, par tous les courriers, l'état de situation des dépôt

 corps d'armée. Écrivez à Posen pour activer l'arrivée des fusils et de tous les hommes de l'armée, afin de renforcer les cadres. Qu'aucun détachement ne parte pour l'armée que vous ne l'ayez, à midi, passé en revue.
                                                       NAPOLÙO@\'5c.
    Archiies de l'Empire.
         11939. - AU MARÉCHAL SOULT, A SCHIVENDT.
                                   Osterode, 5 mars 1807, 4 heures du soir.
   Mou Cousin, je recois votre lettre du 5 à huit heures du matin. L'ennemi a présenté hier à Launau 6,000 hommes d'infanterie au maréchal Ney, indépendamment d'une grande quantité de cavalerie. Cette cavalerie a fait plusieurs charges sur l'infanterie, dont elle s'est fort mal trouvée. Il y a eu une canonnade et fusillade où nous avons eu 80 à 100 hommes tués et blessés. Le général Bertrand a dù vous envoyer ces détails. Je suis fàché que vous ayez retiré de la cavalerie de Freimarkt, parce que les Cosaques que vous avez poussés à la pointe du jour feront un mouvement en avant. La raison qu'il n'y a point de vivres ni de fourrages n'est pas valable. Il y a dans ce village de quoi nourrir ma cavalerie pendant trois semaines. Le maréchal Ney doit aujourd'hui rester en position et ne pas attaquer l'ennemi à Launau. Si vous n'avez pas entendu la canonnade, c'est signe que l'ennemi, de son côté, n'a pas fait- de mouvement offensif. Je n'ai point encore de nouvelles de ma droite. Tout porte à penser que l'ennemi aura reployé tous les mouvements qu'il avait faits de ce côté, car il'me semble que Guttstadt doit être son pivot. Cependant il ne faut jamais vouloir deviner ce que peut faire l'ennemi. Mon ]Intention est toujours la même. Si l'ennemi continue à faire des mouvements en force sur ma droite, je marcherai sur Kcenigsberg par ma gauche. J'ai intérêt à ce que sa cavalerie ne revienne pas sur Freimarkt, niais qu'du contraire elle se tienne toujours en position d'être attaquée. Je désire rentrer dans mes cantonnements, parce que, dans peu de jours, mes vivres seront tellement assurés et la saison tellement avancée, que je pourrai manoeuvrer avec avantage. Mais, si l'ennemi s'obstinait dans ÙÙ mouvement -offensif sui- sa gauche, je ne serais plus le maître de m'arrèter. Je suppose que le prince de Ponte-Corvo aura fait son mouvement sur'Alehlsack. Il a fait travailler à ses tètes de pont de Spanden et de Braunsberg. Il est nécessaire que vous ayez un poste à Elditten pour lier vos communications avec le maréchal Ney. C'est le cas de quelques abatis ou même d'une redoute en avant ou en arrière, selon les localités. Il faut remuer de la terre et couper du

bois pour se palissader. C'est le moyen d'épargner rinfanterie et n'avoir rien à craindre des incursions de la cavalerie.
                                                      NAPOLÉON.
Dépôt de la guerre.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)
                  11940. - AU PRINCE EUGÈNE.
                                                  Osterode, 5 mars 1807.
   Mon Fils, il me semble qu'il vaut mieux placer le régiment na litain à Novare que dans tout autre endroit. Quand j'aurai v( rapport je verrai ce que j'en veux faire; s'il ne désertait pas, je po rais le faire venir à la Grande Armée. Je vous ai demandé le ré8im de chasseurs rjy-aux italiens; faites-le partir pour la Grande Arir Il est heureux pour les régiments italiens &avoir des occasions di battre. La division Teulié commence à se former.
                                                       NAPOLÉON.
   Contra. par S. A. 1. M- la duchesse de Leuchteuberg.
                (En minute aux Arch. de l'Emp.)
         11941. - AU MARÉCHAL SOULT, A SCHIVENDT.
                                   Osterode, 6 mars 1801, 6 heures du matin.
   %Ion Cousin, le mouvement offensif se fait sentir sur ma dr( Passenlieim, Wartenburg sont évacués; je crois même Seeburç parait que, s'il fùt entré dans mes projets de marcher par ma gaut ïaurais mis l'ennemi dans robligation de se réunir loin de Koenigsb car il n'aurait pas voulu donner bataille, privé de beaucoup di divisions. C'est bien un des inconvénients que j'avais sentis des r vements actuels que de les éclairer sur leur position; mais, d'un a côté, ils nie pressaient trop sur ma droite. Mais, désirant laisser pi le mauvais temps et organiser mes subsistances, je ne suis point ai ment fàché de cette leçon donnée à rennemi. Avec l'esprit de soniption dont je le vois animé, je crois qWil ne faut que de la pati pour lui voir faire de grandes fautes. Il parait qWon a entendu une canonnade sur Braunsberg, où rennemi a marché pour pre position. Faites éclairer Mehlsack et reconnaître la force de Feni devant Braunsberg. S'il n'avait là qu7un détachement de moin 20,000 hommes, peut-être qWune marche de flanc de Wormdit lui, avec beaucoup de cavalerie, pourrait engager une affaire , brillante et avoir de bons résultats. Cela pourrait se faire al demain. Le maréchal Davout soutiendrait alors la position, et nemi, qui aurait marché sur Braunsherg, se trouverait attaqW

   vous et par le prince de Ponte-Corvo. Dites-moi ce que vous pense;, de cela. Étant à Wormditt, vous devez avoir des nouvelles positives de Melilsack, puisque vous n'en êtes qu'à quatre très-petiles lieues.
                                                        NAPOLÉON.
Dépôt de la guerre.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)
          1194-2. - AU GÉNÉRAL MOWIND, A ALLENSTEIN.
                                  Osterode, 6 mars 1807, 6 heures du matin.
     Je recois vos deux lettres du 5. Je désire que vous continuiez à m'instruire de ce qui se pagse à Passenheim, Seeburg et environs, et de toutes les nouvelles importantes. Vous pourrez @onner 30 louis. Envoyez même des espions à Heilsberg et Koenigsberg. Vous êtes hors du cordon et vous pouvez communiquer lestement, actuellement que vous avez un peu de cavalerie. Faites connaître au maréchal Ney que vous êtes là, et ce qui se passe. Tous les ponts sur la rive gauche de l'Alle sont gardés, et la route est libre.
    Comme Allenstein est une des routes de Guttstadt, quoiqu'il y en ait de plus courtes, quand vous saurez quelque nouvelle de là, vous m'en instruirez.
Vous pouvez envoyer des voitures pour prendre de l'eau-de-vie pour votre troupe. J'imagine qu'Allenstein et les villages environnants
vous fourniront assez de pain.
Deux régiments de cavalerie de votre corps d'armée se trouvent à Napiwoden. Envoyez au colonel qui les commande l'ordre de faire des patrouilles sur Passenheim, pour correspondre avec les vôtres. Est-il vrai qu'il y ait eu de l'infanterie de ligne et légère à Passenlieim
,et Seeburg? Envoyez prendre des baillis, afin de vous en assurer.
                                                       NAPOLÉON.
    Archives de l'Empire.
                11943. - A M. DE TALLEYRAND.
                                                  Osteirode, 6 mars 1807.
   Je recois votre lettre du 3 à quatre heures après midi. Vous ren- iwyez les ministres persan et ottoman nu peu trop vite, surtout le ministre ottoman. Il faut que ce dernier reste, qu'il fasse connaître Positivement ce que veut la Porte; si la guerre est réellement déclarée, quel plan de campagne a été adopté; si elle veut de nies troupes on si elle n'en veut pas; de quelle espèce de secours elle a besoin de moi, etc.
    Le prince Poniatowski m'envoie toute la cavalerie qui est en orga-

nisation , au quartier général; mais il faut qu'elle soit équipée armée, car que ferais-je d'hommes qui n'auraient ni selles, ni arni Il y a des sabres, des pistolets, des carabines à Posen et à Varsov quel est le nombre qu'on en a donné? Je vous ai déjà mandé qtu désirais que les bataillons de la première légion qui seraient armë habillés se dirigeassent sur Neidenburg, où ils formeront un corps Polonais sous les ordres du général Zajonchek avec d'autres trou polonaises que j'y réunis. Ce corps défendra la communication Willenberg à Alleustein et maintiendra libre tout le bas de la Polog Confiez au gouvernement et au directeur de la guerre que mon int tion est d' envoyer, d'ici à trois semaines, le maréchal Masséna Moldavie avec 30,000 hommes, pour s'y réunir au général Marin et à 40,000 hommes qui partent de la Dalmatie. Mon intent serait de joindre au 30,000 hommes du maréchal Masséna 15,000 louais, lesquels resteraient à Kaminiec, en faisant insurger cette 1 vince. Je ne suis point très-fàché que ces nouvelles courent, surl dans le camp russe. Voyez les membres du gouvernement pour sa, si vraiment on pourrait calculer la diversion de quelque insurrec@ du côté de Kaminiec, dans la Podolie.
   Faites tenir mes appartements prêts, parce qWil serait effectivem possible que je me rendisse à Varsovie d'un moment à rautre. Il faut que quinze heures pour faire le chemin. Annoncez nia prése de toutes les manières.
   Je vous le répète, laissez rambassadeur ottoman à Varsovie enc quelque temps. Notifiez-lui, au reçu de cette lettre, qu7il Wattené Varsovie. Vous ne me dites pas quels sont ses pouvoirs. Sa c désire-t-elle que j'envoie 9-0,000 hommes pour couvrir Consta Dople? S'il dit non, veut-elle que je les envoie pour balayer le Danu Comment les traiterait-on? Qui en aurait le commandement? E voyez s'ils ont Eongé à quelque chose et s'ils désirent quelque clu S'il y avait un congrès, rambassadeur a-t-il des pouvoirs pour congrès? Que veut la Porte à la paix générale? Voilà des choses lesquelles il faut que vous rWéclairiez.
   Il ne doit Pas être difficile de trouver quelques bateaux ou radea et de les charger de subsistances pour ici. Faites-moi connaitre c4 nient se porte le maréchal Lannes; est-il guéri?
   Vous trouverez ci-joint une lettre que je reçois du prince de S@ Cobourg; elle n'est que ridicule, lorsqu'il est publie que ce prince au service du roi de Prusse. Qu'il rentre chez lui plus tôt, S'il veut pas perdre sa souveraineté.
   Il y a ici des marches et des contre-marches, quelques coup@

canon, mais rien d'important. J'ai fait chasser l'ennemi en avant de Guttstadt. Comme ses postes étaient venus se placer sur la Passarge, je les ai fait balayer à dix lieues.
   Archives des affaires étrangères.
     (En minute aux Arch. de l'Emp.)
                     11944. - A M. FOUCHÉ.
                                                  Varsovie, 6 mars 180-d.
   J'ai renvoyé au Conseil l'arrèté ' du général Cervoni. C'est une chose à laquelle il faut donner de l'éclat pour éclaircir les affaires de cette nature. L'article de votre bulletin à ce sujet n'est pas exact. Les préfets n'ont pas le droit de défendre ou de permettre le port d'armes. Ils abusent en étendant leur autorité, et les militaires sont ainsi conduits à abuser à leur tour. Je ne sais pas si un procureur zélé n'aurait pas pu poursuivre les préfets comme ayant établi des taxations arbitraires. Il me paraît même que, si j'étais grand juge, je ne manquerais pas de le faire. Ces objets sont de la compétence du souverain. C'est une grande erreur que celle qui fait considérer les préfets comme de petits ministres.
  Je vois, dans le même bulletin, que l'ex-conventionnel Ricord a eu ordre de quitter Paris en conséquence de ce qui s'est passé en l'an VIII. Puisqu'on ravait renvoyé alors, on a d'abord eu tort de le souffrir -il Paris; ry ayant souffert, on a eu raison de le renvoyer, s'il y a donné lieu par une conduite douteuse et par des propos; mais on a mal fait, s'il n'y a rien eu de nouveau à lui reprocher. Je ne vois pas pourquoi on rechercherait un homme à l'occasion de circonstances pui sont déjà à des siècles de nous. Il ne nie parait pas qu'il se soit autrefois conduit comme un insensé, mais comme un homme qui aimait à vivre et qui criait selon le temps. Je le suppose dans l'ai- sance, et je ne le crois pas dans le cas de se jeter dans de mauvaises affaires pour vivre. Je désire donc que, s'il y a eu contre lui des motifs récents de mécontentement, on tienne à l'exécution de l'ordre que ron a donné, et que, dans le cas contraire, on lui fasse connaître qu7il peut résider où il voudra.

                119fi-5. - AU GÉNÉRAL DEJFAN.
                                                  Osterade, 6 mars 1801.
  Monsieur Dejean, mille selles et mille paires de bottes doivent ètr prêtes au 1 Il mars. Faites-les diriger par les caissons de la compagnil Breidt sur Magdeburg, où elles seront à ma disposition. Faites dirigg de la même manière, et sur le mènie point, les mille selles et lg mille paires de bottes qui seront prêtes au 30 mars. Faites égaleinci
                         diriger sur Magdeburg, , par les caissons de la compagnie Breidt, h effets de la Garde impériale. Il faut aussi laisser les corps envoyt l'bâillement ainsi que le harnachement de la cavalerie, et mettez ( l'ordre dans ces envois. Le meilleur moyen est de lever les brigadt de la compagnie Breidt. Il faut donc en prévenir les corps et partici
lièreinent ceux de cavalerie qui voudront envoyer leurs effets .Mayence. Le général Kellermann m'enverra l'état des objets et
numéro des brigades qui seront dirigés sur Magdeburg. Je donner ensuite les ordres de direction sur Spandau, Küstrin, et ainsi de sui sur les régiments.
   Rien n'est vicieux comme l'organisation des transport -s-de la col] pagnie Breidt. Elle fait un mauvais service, mais elle en fait un. J' perdu urre centaine de ses caissons, partie enlevés par les Cosaque partie. rompus dans les mauvais chemins. Ceux qui ont été pris p les Cosaques, au nombre de quinze ou vingt, ont été perdus par faute des agents, qui restent huit ou dix jours dans un même endroi
   Je voudrais que vous commençassiez à organiser économiqueme ces équipages. A cet effet, je voudrais former des bataillons de train port des équipages militaires. Chaque bataillon aurait un consi d'administration, et serait commandé par un homme ajant rang , capitaine dans la ligne. Chaque compagnie pourrait être compos de trente-deux caissons attelés de quatre chevaux chacun et condui par deux hommes. Il est absurde de mettre un homme pour quai chevaux; les hommes tombent malades et ne peuvent se remplace taudis que les chevaux se remplacent dans le pays. C'est aussi ni mauvaise économie de De mettre que trois chevaux par caisson. Aiii il y aurait dans une compagnie 3-2 caissons, 128 chevaux de trait 64 hommes. On y ajouterait une forge de campagne, une voiture rechanges de harnais et d'approvisionnements de réparations pour 1 caissons. Chaque compagnie serait divisée en quatre escouades à colle de hui 1t'caissons et commandée par un maréchal des logis ch Six compagnies pourraient former un bataillon , qui se trouve
 ainsi composé de 192 voitures, 768 chevaux et 384 hommes. Cliaq xiv.- 25

bataillon aurait un quartier-maitre. Il y aurait une masse pour l'entre-
lien des caissons, une de harnachement et une d'achat de chevaux. 'Les caissons et harnàis seraient fournis.
   Par ce moyen nous n'aurions plus d'intérêt à opposer à l'intérêt de Parmée, ce qui n'est pas à présent; car, par exemple, lorsque j'ai intérêt,à ce que les caissons arrivent vite, l'entrepreneur a un intérêt opposé. D'ailleurs, rien D'est absurde comme ces marchés où l'entre- preneurjoue à la loterie et où il peut être ruiné sans qu'il y ait de sa faute, ou gagner un million sans raison. Causez de cela avec M. La- cuée. Rédigez un projet pour la formation de dix bataillons, et faites- le discuter au Conseil d'État. Ensuite commencez par former un bataillon, et n'attendez pas nia signature. J'approuve d'aiance le projet que le Conseil aura rédigé. Il serait utile qu'il y eût un chef' de bataillèn cb*rgé du commandement du régiment, et un directeur général des transports des équipages militaires ayant rang de chef de brigade. Notre administration est dans une grande barbarie. Mais il ne faut pas toucher à la compagnie Breidt et avoir soin que ces nou- veaux arrangements n'apportent aucun retard , et m'envoyer très- promptement tout ce qu'il y a de prêt des équipages de cette compa- gnie. Quoique mal organisée, elle m'a rendu de grands services. Je n@ai que 6 à 700 de ses caissons, et il m'enJaurait fallu 3,000.
  je veux, par la nouvelle organisation , faire des transports des équipages militaires comme du train d'artillerie, qui m'a rendu de très-importants services. Sans la manière dont le train est organisé, je n'aurais pas pu tirer mon immense artillerie des mauvais chemins, et jamais une pièce n'est restée en route. Ces résultats dédommagent bien de la dépense que cette organisation occasionne en temps de paix; nous n'avons fait qu'un pas en administration, c'est celui-là. il faut donc organiser de même le train des transports des équipages militaires. Ayez auss .î so.in d'ordonner que les caissons soient plus légers et plus solides, qu'ils soient construits avec un bois bien sec et avec une grande attention. On donnera au train des équipages un unif&me différent de celui du train d'artillerie. Ses charretiers doivent être appelés soldats des équipages; ils sont exposés, quoique ce ne soit pas de la même manière que le train. Mais chacun l'est dans une armée, et ce n'est pas un modique salaire, c'est l'esprit du métier qui porte à faire son devoir malgré le danger. Sous ce rapport on avait fait les commissaires des guerres militaires, et cela devait être.
   En résumé, continuez à m'envoyer les brigades de la compagnie Breidt, dont j'ai_graDd besoin pour apporter les objets qui viennent de France. Organisez des bataillons (lu train des txansports des équi-

pages; et, aussitôt qWune compagnie sera formée, faites-la partii Vous pouvez fort bien commander encore à Sampigny une centain de voitures, et m'en envoyer tous les mois une compagnie de 39- voil tures. Cela réparera mes pertes. Mais ayez soin qu'elles soient bie construites; de mauvaises choses ou des vieilleries ne servent à rier,
                                                      N.qPOLÉO:.
Dépôt de la guerre.
(E. i..te .- A,ch. de l'E.p.)
                 11946. - AI; GÉNÉRAL 'DEJEAX.
                                                  Varsovie, 6 mars 1807. 111onsieur Dejean, faites connaître au grand bailli du Valais que
si le bataillon valaisan n'est pas complété au le, mai, je le licencierai et que je regarderai comme nul le traité fait avec la Républiqu( Vous aurez soin d'accompagner votre lettre de marques de mo mécontentement.
                                                      N@WOL]kO\'5c.
     Dépôt de la guerre.
  (E. i-te - Amb. de rE.p.)
         11947. - AU MARÉCHAL NEY, A SCH.NIOI.AIN7E\'5c.
                                                 Osterode, 6 mars 18M..
  J'ai reçu votre lettre du 5. Je suis véritablement peiné des son] l'rances qu'endurent vos troupes. Il y aura tous les jours 122,000 ri
lions de pain, 10,000 de farine et 20,000 rations d'eau-de-vie i:otre disposition, mais les moyens de transport nous manquent.
faudrait que les corps pussent envoyer, dès ce moment, cinq ou si voitures. Il faut établir à Deppen des fours et une manutention. J'ai tends des convois considérables de farine, qui seront dirigés sur c point. D'ailleurs, vos caissons de la compagnie Breidt arriveroui Recommandez aux soldats d'épargner le pays; en le ruinant, on s prive des ressources.
   Dans la position qiioccupent aujourdhui vos troupes, elles soi bien fatiguées. Je désire que vous repreniez les cantonnements qu vous deiiez occuper selon vos premières instructions, la droite ar puyée à Guttstadt, pour première ligne, s'étendant ensuite à Depper Ce serait le cas de faire sur une bonne position, à la gauche d l'Alle, quelques bonnes redoutes qui pussent favoriser la résistan( des troupes que vous y laisserez. J.ai, du reste, là-dessus pleir confiance en vos dispositions et en vos talents militaires. D'Elditiqu Guttstadt, il faut également reconnaître des positions où Fon puis@

faire des abatis et quelques palissadements, arin que votre première ligne de postes se trouvùt à l'abri des incursions de la cavalerie ,ennemie.
   Le général Morand occupe Allenstein. Un corps d'observation polo- nais, que commande le général Zajonchek, se réunit à Neidenburg. L'ennemi borde la rive droite de l'Alle par une nuée de Cosaques el quelques Prussiens. Je le répète, je pense que c'est sur Deppen qu'il faut réunir vos parcs et magasins, car c'est sur la rive gauche de la Passarge qu'il faudrait se retirer, si vous étiez forcé.
   Je vous recommande,*dans vos rapports au major général, d'enirer dans beaucoup de détails sur ce que fait l'ennemi; et, quand vous faites un prisonnier, envoyez son interrogalbire, le nom des généraux ennemis, le nombre des régiments, leur force, etc., car les prison- niers arrivent toujours vingt-quatre ou trente-six heures après vos rapports. J'ai d«né le commandement àe la division Gardanne, dont
vous n'êtes pas satisfait, au général Bisson. J'espère qu'il sera ici dans deux jours.
   La faiblesse de nos moyens (le transport s'oppose à ce quej'envoiV ude soixantaine (le milliers de rations d'eau-de-vie à Deppen. Vous les auriez là en réserve, pour distribuer quand cela est nécessaire.
   Archives de l'Empire.
                       11948. - A M. DARU.
                                                  Osterode, 6 rgars 180 1.
   Monsieur Daru, le courrier qui arrive m'apporte une lettre de vous, (lui niannonce le départ de convois de Varsovie, mais point de Thorii. Cgpendant les voitures qui ont conduit les blessés devraient être arri- vées. Si on les laisse passer le pont, cela nous mettra dans l'eni- barras. Un jour plus tôt on plus tard ne fait rien à l'évacuation des blessés. C'est la pénurie (les vivres qui enchaîne toutes nos opérations. Farine, biscuit, eau-de-vie, tout,est bon. Je vous ai écrit longuement là-6ssus. Je suppose que vous avez écrit pour requérir des voiture, dans tous les villages.
.- Vous trouverez ci-joint une lettre du prince Jérôme, qui vous feca connaître les bonnes mesures qù'il prend pour nous procurer- dv@z vivres.

     119!k9. - AU NIARÉCHAL KELLERMANN, A MAYFXE.
                                                  Osterode, 6 mars 18M.
  Mon Cousin, ne mettez 'aucun délai dans le départ des troupe! destinées à la Grande Armée. Je suppose que les 50, 6e, 7e et 81 ré. giments provisoires sont partis, et qu'aussitôt qu'ils seront complété: vous 'vous occuperez de former les 9', joe, I le et 12e. Formez éga. lement quatre régiments provisoires de cavalerie; chaque régimen composé de cinq compagnies, savoir : la Ire compagnie composée di détachements tirés des dépôts des régiments de hussards, la 2e à détachements de chasseurs, les 31 et 41 de détachements de dragons la 51 de détachements de carabiniers et de cuirassiers. Chaque compa. gnie sera de 1 '-)0 hommes; ce qui formera par régiment 600 hommes 1 ous en donnerez le commandement à un chef d'escadron ou à ni major. J'espère que vous ne tarderez pas à faire partir le premier Vous le dirigerez sur Potsdam. Vous aurez soin qu'il soit bien équipé bien armé et bien habillé. Vous sentez que, par ce moyen, ces régi meDts arriveront en ordre à l'armée, et qu'ils pourront être utile@ dans la route, suivant les circonstances.
                                                      XAPOL@OX.
   Comm. par M. le due de Valmy.
     (E. i..Ie a-- Amh. de l'Emp.)
   11950. - AU GÉNÉRAL GOUVION, GOUVERNEUR DE VARSOV-iE.
                                                  Osterode, 6 mars 180j.
   Je reçois votre lettre du 3 mars. Le due de Berg devant se rendr, d'un moment à l'autre à Varsovie, conservez son logement. Traite; bien les principaux Polonais, qui nous ont montré du dévouement Donnez ordre au général de division qui commande le dépôt di Blonie de se rendre au quartier général. Faites refaire le plus promp. tement que vous pourrez le pont de Varsovie. Veillez expressément Î ce qu'il ne soit fait aucune espèce de gaspillage ni de mauvais pro. cédés aux Polonais. J'imagine que tous mes guides d'élite sont partis hormis un détachement. Annoncez qu'au moment où l'on s'y attendr@ le moins j'arriverai à Varsovie; on n'annoncera pas une chose fausse OrdODnez que mes appartements soient toujours tenus prêts. Faites moi connaître si la tête de pont de Praga se termine enfin. Je ne parl point de camp retranché, niais de, la tête de pont proprement dite Allez-y tous les deux jours. Il est très-important que cela soit terminé Ne souffrez pas que, de Varsovie, des hommes isolés viennent

 Thorn; mais établissez autant de dépôts qu'il y a de corps ffi.rniée. Au fur et à mesure que ces hommes sortent des hôpitaux, faites-les armer et habiller, et faites-les partir, par compagnies (le 200, sous les prdres d'un officier. Cela est très-important, sans quoi Jous ces hommes malingres viendront sans armes*, déshabillés, et ne me seront d'aucune utilité. Songez que Varsovie est un pays de ressources. Si le général Lemarois n'est plus à Varsovie, chargez quelqu'un de cou- tinuer la mème fonction et d'agir de la même manière. J'ai vu'deux détachements, un de 1,500 et l'autre de 900 hommes, qui viennent d'arriver, qui m'ont paru en bon état.
                                                       NAPOLÉON.
    Arthives de l'Empire.
                  11951. - AU GÉNÉRAL Dr-ROC.
                                                  Osterode, 6 mars 180'7.
    ,lp,ne recuis qu'aujourd'hui votre lettre du 3. Je vous ai écrit lon- guement par les deux courriers que j'ai expédiés à Paris. Qu'on mette des gendarmes sur le pont et qu'on ne laisse passer que des hommes bien portants. Rapp me rend compte qu'il y a beaucoup de fuyards sur la rive gauche; qu'il envoie sur les principales routes pour les faire rejoindre. Un bon moyen serait de les supposer convalescents et de les renvoyer sur les dépôts des corps, qui sont, pour le 1" corps, Schwetz; pour le 3", Thorn; pour-le 41, Broiiiberg; pour le 51, Var- sovie, et pour le 64, Fordon. Engagez Rapp à tenir la main à ce qu'il y ait dans chaque dépôt un commissaire des guerres. Qu'on leur fournisse des vivres, qu'on répare leur habillement et armement, et que, quand leur moral sera un peu remonté, on les envoie par cou- vgk de 100 hommes sur Osterode. Écrivez à Hastrel à Küstrin, et à Nlazel à Posen, pour qu'ils fassent la même chose; qu'ils envoient chacun des patroùilles commandées par, un. officier de gendarmerie ou un officier d'état-major, qui, marchant sur Thorn, fera refluer chacun sur son dépôt. Tous les hommes de cavalerie quelconques
Aoivent être dirigés sur Culm.
    Le 7e corps ayant été dissous, vous trouverez ci-joint les notes --des corps auxquels ont été donnés les régiments, savoir : les 16'léger, 63e et 21le de liqne, au 1" corps; le -je léger, au 31 corps; les 14, et 105e, au !te corps, et le 44-1, au 10' corps.

                 11952. - AU GÉNÉRAL DUROC.
                                                  Osterode, 6 mars 1907.
Quand vous aurez pris des mesures pour assurer le pont; que v( aurez fait préparer mon logement, décidé ceux que doivent occu
TalleSraDd, Maret, Berthier; que vous serez convenu avec Rapp toute--, les mesures à prendre pour mettre de l'ordre dans la v Thorn et empèclier les trainards de s'en aller; conféré avec Fint dant pour vous assurer qu'il a pris toutes les mesures pour fî venir du biscuit, du pain, de la farine, de reau-de-vie, des chari de toutes les parties de la Pologne pour l'armée; qu7il a dirigé ressources du district de Plock sur Strasburg, et qu7il a pris mesures pour y établir une manutention; qWil a chargé des age d'organiser la navigation du canal de Bromberg afin de lier la c( munication avec l'Oder pour faire venir de ce côté tout ce qui ii sera nécessaire; que vous aurez l'état de lotit ce qui se trouve à Th et s'il est possible d'avoir à Posen des moyens de transport pour subsistances et effets d'habillement, ainsi que des magasins de Brt berg, etc., que vous aurez pourvu à ce que tous les hommes de ca lerie isolés, que tous les petits dépôts de la rive gauche repassen se rendent à Culm; quand, dis-je, vous aurez pris tous ces r seignements et ces mesures, vous vous rendrez, aussitôt que possi] auprès de moi, en vous entendant avec Rapp et rintendant p, correspondre par tous les courriers avec l'un et l'autre. Il est néc saire que rintendant reste quelque temps à Thorn pour organi tout cela.
                                                       NAPOLÉON.
   Archives de l'Empire.
                   11953. - AU GÉNÉRAL RAPP.
                                                  Osterode, 6 mars 1807.
   Il vient d'arriver un courrier de Paris, et je n'ai point de lettres vous.»Comme je n'en ai pas de Duroc, je suppose qu'il n'est 1 arrivé; mais vous qui êtes à Thorn depuis plusieurs jours, je ni tendais à recevoir de vous un long rapport sur ce qui m'intéresse t à Thorn.
   Je ne reçois qu'actuellement votre lettre du 4 mars, que me p( votre aide de camp. Écrivez aux officiers de gendarmerie qu ramasse les trainards et qu'on les fasse retourner à rarmée. Écri aussi à la chambre de Posen. On peut employer, à défaut de trou françaises, les dépôts polonais pour battre les chemins. Envoyez

  officiers sur les principales routes qu'ont prises les fuyards; qu'ils s'arrêtent dans les principaux lieux, et qu'aux fuyards qu'ils rencon- !reront ils fassent honte de leur làcheté de se sauver quand nous avons la victoire. lis doivent tous avoir pris une ou deux routes. Envoyez des officiers intelligents et qui auront un peu de fermeté. Ecrivez à Küstrin et Posen de faire la même chose et d'envoyer à leur rencon tre.
                                                        NAPOLÉON.
     Archives de l'Empire.
                   111954. - AU GÉNÉRAL RAPP.
                                                   osierode, 6 mars 1807.
    Vous ne m'avez pas envoyé l'état de situation de la garnison de Thorn. Faites-moi connaître de quelle légion sont les bataillons polo- nais qui sont à Colin. Faites-moi connûitre si les dépôts des corps d'armée commencent à s'organiser; quelle est la force en hommes des dépôts qui s'organisent à Thorn. Écrivez partout aux comman- daufs de place qu'ils fassent retourner les traînards. Écrivez aussi à la gendarmerie. Renvoyez-les à ThorW. Vous ne nie dites pas si le pont est fini, si les convois de subsistances arrivent, ainsi que lès convois d'artillerie. Parlez-moi un peu de l'état de la place. Le 411-1 de ligne doit vous être arrivé pour tenir garnison. Cela vous mettra à même d'envoyer les Hessois à Graudenz. Donnez ordre au général Kirgener de se rendre à GraudenzAl y commandera l'artillerie, le ,j@nie et les troupes. S'il n'a pas encore recu rordre du major général, iltiil s'y rende.
    Archives de l'Empire.
                 11955. - AU GÉNÉRAL CLARKE.
                                                   Osterode, 6 mars 180-à.
Pendant la bataille WEylau et sur les derrières de la ligne, on Nenia une terreur panique, on cria que les Cosaques venaieut, et aussitôt les traînards et la valetaille prirent la fuite. Il en est qui se s ,-ont sauvés au delà de Thorn, et qui se dirigent peut-être sur l'Oder. Donnez des ordres qu'ils soient arrêtés et qu'on les envoie sur les dépôts des corps, qui sont: Schwetz pour le 11, corps, Thorn pour le 3', Bromberg pour le /V, Varsovie pour le 5e, et Fordon pour le 5c. Le commandant de Küstrin doit même envoyer des patrouilles sur Aes grands chemins par oh ils se sauvent, pour leur faire honte et les diriger sur leurs dépôts. On m'assure, ce que j ,ai peine à croire,

qu'il y a parmi eux des officiers. Si cela était vrai, donnez poi instruction à Hastrel de tàcher den pincer quelques-uns, pour. qu en soit fait un sévère exemple.
                                                      NAPOLÉON.
   Archives de l'Empire.
                 11956. - AU GÉNÉRAL CLARKF.
                                                  Osterode, 6 mars 1807.
   Les opérations de la guerre me retenant loin de Varsovie, M. M leyrand a désiré se rendre à Berlin, ce qui a fait que le corps dipl matique s'y rend. Il n'y a pas d'inconvénient à laisser dire dans v journaux que, quand les quartiers d'hiver seront bien assis, je n rendrai moi-même.
   Il n'y a rien de nouveau. L'ennemi était venu border la Passai et avait fait des mouvements sur ma droite, comme pour nien, lopper; j'ai fait passer la Passarge à plusieurs corps à la pointe jour, et je les ai poussés à dix lieues : il a précipitamment rapp ses colonnes, et il a eu une peur mortelle que je n'arrivasse avant à Koenigsberg. Mon intention n'est pas de reprendre l'offensive; vivres sont trop rares et le temps trop mauvais. Je rentre dans n cautommements et l'ennemi continue sa retraite.
   Mettez dans les journaux qu'une avant-garde russe ayant voi passer le Danube a été battue; que les Russes sont fort étonnés l'union et de l'énergie que montrent les Turcs.
   Je vous ai écrit avant-hier, hier et ce matin, de Wenvoyer toute diligence les quatre régiments provisoires pour renforcer i cadres, ainsi que les 3le, 19,, 15« et 65e et le régiment de Pa Faites partir, des dépôts de la Garde impériale à Berlin, tout ce est disponible. Quand donc le régiment de dragons de ma Ga viendra-t-il nie joindre? Faites-moi un rapport particulier. Il tarde de le voir réuni à ma Garde.
                                                       NAPOLÉOx.
    Archives de l'Empire.
               119571. - AU GÉNÉRAL 7AJONCHEK.
                                                   Osterode, 6 mars 180-1.
    Monsieur le Général Zajonchek, vous commanderez le corps ff servation polonais. Mon intention est d'augmenter ce corps jus( -25,000 hommes. Vous porterez, demain 7, votre quartier généri Neidenburg, avec les deux régiments qui composent la légion Kalisz, un régiment de cavalerie composé des deux régiments qui @

 ici et qui sont destinés à former le régiment de la légion; quatre pièces d'artillerie de Hesse-Darmstadt seront sur-le-champ attachées à ce corps. Ainsi donc je compte que le 7 il y aura à Neidenburg 4,000 hommes d'infanferie, 4 pièces de canon et 1,000 hommes de 'Cavalerie. Je donne l'ordre pour que deux régiments de la l'a légion, qui est à Varsovie, formant 4,000 hommes, se rendent sans délai à Neidenburg; ils mèneront avec eux 6 pièces d'artillerie servies par la première compagnie d'artillerie de la I le légion. J'ai lieu de penser qu a- vant le 10 de ce mois le général Zajonchek aura 10 ou 12,000 hom- mes d'infanterie, 10 ou 12 pièces de canon et 1,000 hommes de cavalerie sous ses ordres. Il est autorisé à faire venir de Kalisz tout ce qui reste de sa légion, à se faire joindre par le régiment qui se lève à Plock, atissitôt qu'il sera formé, et enfin à lever plusieurs compagnies franches des chasseurs du département de Plock pour s'éclairer et en former un bataillon d'infanterie légère. Il est égale- ment autorisé à lever toute la noblesse de la rive droite de la Vistule, à la faire armer et à la ranger sous ses drapeaux. Ayant pris à ma solde le régiment (le cavalerie que vient de lever le prince de Sol- kowski, je lui donne ordre de se diriger sur Neidenburg. Tout volon- taire polonais qui aura levé un régiment de cavalerie pourra se rendre à Neidenburg sous les ordres du général Zajonchek. Aussitôt qu'il sera possible, j'y ferai rejoindre la légion du Nord et un autre régi- ment de cavalerie.
                                                      NAPOLÉON.
Dépôt de la guerre.
'(Eu minule aux Arch. de l'Emp.)
  11958.-INSTRUCTIONS POUR LE GÉNÉRAL ZAJONCHEK.
                                                 Osterode, 6 mars 1807.
   Le premier but du corps d'observation polonais est de garantir les flancs de l'armée, depuis Allenstein jusqu'à Neidenburg, et depuis Neidenburg jusqu'à l'Omulew, où s'appuie la gauche du 5' corps, qui forme la droite de l'armée et que commande le maréchal Masséna, dont le quartier général est à Pultusk. Il laissera entre Osterode et Neidenburg quatre postes de dix hommes chacun, et en placera aussi entre Neidenburg et Chorzellen, afin de pouvoir correspondre tous les jours avec le major général et avec le maréchal Masséna. Il placera des postes de cavalerie le long de la rivière de l'Alle, d'Allenstein à Neidenburg, de manière que tous les ponts soient gardés, et cor- respondra chaque jour avec le général 1lorand, qui commande à Allenstein.

La communication de Varsovie avec Osterode se fait par Soldat: mlawa, Plonsk : le général Zajonchek doit s'attacher à protéger cet] ligne toujours couverte de convois et d'hommes qui rejoignent rai mée. Il doit envoyer des patrouilles sur Passenheim, Ortelshurg, etc pour éclairer les mouvements de rennemi et connaÎtre tout ce qu' fait sur la droite de l'Alle. Il enverra aussitôt que possible une bon] avant-garde à Willenberg, commandée par un bon général de brigag poloDais, 500 chevaux et un bon bataillon. Ce corps poussera d partis sur %,Iyszyniec , Bischofsburg, et éclairera toute cette partit en cas d'événement, ce corps se retirera sur Neidenburg. Lorsque : division aura été renforcée par un ou deux régiments de la Ir, légio, il augmentera cette avant-garde en infanterie et cavalerie. Il aura so de faire bien exercer ses hommes à la cible; d'avoir 500,000 ca touches à la suite de son corps; de bien accoutumer ses hommes à former rapidement, surtout en carré, et il accoutumera son infautei à ne pas craindre les Cosaques et les Tartares. Il fera faire des ii primés pour engager les Polonais et Tartares à déserter. Il entier des espions jusqu'à Koenigsberg et enverra tous ses rapports à l'Er pereur. Le major général lui fera toucher une somme de 6,000 fran pour dépenses secrètes, pour être employée à ses frais d'espionnaq Comme tous les corps d'armée, il enverra chaque jour ses états situation, et assurera lui-mènw ses subsistances ; il les tirera Plock et autres parties du pays envi-ronnant; il en enverra même quartier général à Osterode. Quand sa cavalerie s'augmentera, s par des volontaires, soit par la levée de la noblesse de la rive droi il enverra des partisans dans le pays, tant pour avoir des nouvel
de fennemi que pour inquiéter ses communications.
Le directeur de la guerre polonais ayant donné au général Zaj( chek un mandat qui n'a pas été payé, ce mandat sera acquitté, 1 ordre du ministre de la guerre, par le payeur de rarmée. Ce mani de 200,000 francs sera porté sur les comptes des sommes que il
payer le gouvernement polonais.
                                                        NAPOLÉON.
       Dépôt de la guerre.
   (En minute aux Arch. de l'Emp.)
                  11959. - A M. DE TALLEYRAND.
                                    Osterode, 6 mars 1807, Il heures du soir.
     Monsieur le Prince de Bénévent, je reçois votre lettre du 4, a les dépêches de Constantinople, qui mont paru fort intéressan, J'ai remis le manifeste de la Porte à %laret. Je ne pense pas qu'

 ait de l'inconvénient à le mettre dans les gazettes de Varsovie et de Berlin.
    'voyez l'ordonnateur qui est resté à Varsovie; qu'il s'arrange pour qWil y ait à Pullusk et à Yrzasnysz des farines pour nourrir le corps du maréchal illasséna pendant vingt jou'rs. J'apprends que la farine se consomme et ne se renouvelle pas. Il y a beaucoup de blé. Il faut laisser la quantité de blé qu'on peut moudre dans une vingtaine de jours, et transpgrter le reste à Thorn.
                                                       NAPOLÉON.
    Archives des affaires étrangères.
     (E. i.ute a.. Arch. de l'E.p.)
         11960. - AU IMARÉCHAL SOULT, A SCHIVEM)'r.
                                  Osterode @ 6 mars 180 î, 11 heures du soi r.
   .Mon Cousin, je recois voire lettre du 6 mars à une heure et demie après midi.. Je n'ai pas de nouvelles de maréchal Ney ni du prince de Ponte-Corvo, si ce n'est que la canonnade que l'on a entendue hier n'a pas eu de suite. L'occupation de Wormditt est une suite naturelle de ce que les Prussiens sont vis-à-vis Braunsberg, et qu'ils ont peur d'un mouvement de flanc qui les empêche de s'élever. Rien n'indique encore le mouvement des Russes sur leur droite : tout ce que vous me dites là-dessus n'est encore que conjecture. Je serais de mon côté a@sez porté à rester t@aDquille. Je vois bien clairement ce -que font les Prussiens; je ne vois pas encore clair sur ce que font les Russes. Je,suppose que vous vous tenez alerte et à l'abri de toute surprise; que vous faites travailler à vos tètes de pont, et que vous avez rétabli vos batteries.
   Il a passé aujourd'hui un convoi de 12,000 rations de pain pour vous, venant de Plock. Faites-moi connaitre l'état de situation de votre corps à l'appel de demain. Vous devez, dans tout état de choses, ,vous considérer comme rnaitre de vos mouvements. Je vous écrirai d'ici à'une heure après minuit, où je recevrai probablement des nou- velles des différents points de l'armée.
                                                      NAPOLÙON.
DépÔt de la guerre.
(E. mi-le de I*Emp.)
11961. - AU MARÉCHAL BERNADOTTE, A PHEUSSICII-HOLLAND.
                                           Osterode, 6 mars 1807, minuit.
illon Cousin, je vois,avec plaisir, par votre lettre du 5, que la tète de pont de Spanden est déjà occupée; mais cela n'est pas suffi-

sant : il nous faut une tète de pont à Braunsberg. Si le faubourg Braunsberg ne gène pas, qu'on travaille sans délai à cette tète pont; S'il gène, et que la position ne soit pas favorable, que le géné Dupont choisisse sur la droite de Braunsberg une position convena pour qu'on travaille sans délai à un pont et à une tète de pont. G dans la défense d'un pont et d'une tête de pont que consiste tu notre bonne position. Supposez que 25 ou 30,000 hommes se port sur Braunsberg, et que vous vous y portiez avec votre corps d'aril pour leur couper le passage, et que, profitant dune. opération téméraire de la part de l'ennemi, un ou deux corps débouchent ] Spanden pour tomber sur ses derrières, s'il n'@@ a pas un pont et i tète de pont, vous ne pourriez pas participer au combat, et n( aurions un désavantage marqué. Une rivière ni une ligne quelcom ne peuvent se défendre qWen ayant des points offensifs; car, qu; on da fait que se défendre, on a couru des chances sans rien obtei mais, lorsqu'on peut combiner la défense avec un mouvement offen on fait courir à l'ennemi plus de chances qu'il n'en a fait courir corps attaqué. Faites donc travailler jour et nuit à la tête de pont Spanden et à celle de Braunsberg; quand je dis Bratinsberg, j'ente,. à une lieue ou environ de cette ville, dans la position la plus con nable. Une fois cela fait, faites bien reconnaitre la nature du pay@ Bratinsberg à Xlehlsack et à trois lieues autour de cette position; ( un peu plus tôt un peu plus tard, si l'ennemi prend roffensive pense que eest là qu'on se battra.
   Uennemi avait fait bien des fautes. Si j'avais en du pain et
les mauvais temps ne m'eussent pas arrêté, je serais arrivé à 1 nigsber g avant lui, et je l'aurais battu en détail. Il est constant ( avait détaché 25,000 hommes sur la rive droite de l'Alle, et ( avait des régiments dinfainterie arrivés à Passenheim. Le mouven offensif qui a été fait lui a fait connaitre sa témérité; et, depuis @ au matin, il marche en toute hàte pour se replier et reprendr( position naturelle.
                                                        NAPOLÉON.
    Comm. par S. M. le roi de Suède.
       (E. i.ute a.. A,ch. de l'Emp.)
        11962. - AU MARÉCHAL LEFEBVRE, A DIRSCHAU.
                                            Osterode, 6 mars 1801, minuiL
    Je vois avec plaisir que, le 8, Danzig sera investi. J'espère vous serez content des Saxons. Faites connaitre au prince Sulkoi que je rai nommé membre de la Légion «honneur. Autorisez-

porter le ruban, jusqu'à ce que je lui aie remis la croix, Quand le 2e léger attaquera les bords de la mer, faites-le soutenir par huit pièces de canon francais, par -les deux régiments de cavalerie francaise ou des cuirassiers saxons, et par 2,000 hommes de vos meilleures troupes saxonnes. Mettez Drouet et Schramm à la tête de cette expé- dition. Qu'ainsi, avec 4 ou 5,000 hommes, ils poussent sur festran, l'épée dans les reins, tout ce qui s'y trouvera, et cela pendant l'espace de plusieurs lieues, mème jusqu'au bord de l'estran, si cela était possible. Après cela, ayez des officiers du génie tout prêts, qui éret-ent des redoutes et palissades pour empêcher fetmemi de revenir. C'est, je pense, l'objet le plus important du siège et qui affectera le plus la garnison. Je crois que vous avez quatre ou cinq officiers du génie. En cas que vous n'ayez @_-is ce nombre, j'écris au général Chasseloup de vous les envoyer. Etablissez un régiment polonais tout entier dans l'île de Nogat, pour en garnir le pourtour. Que ce régiment envoie 200 hommes à Marienburg. Les Saxons doivent avoir beaucoup d'artillerie; vous devez en avoir douze pièces francaises; les Badois et les Polonais doivent aussi en a-voir. Faites remuer de la terre , c'est nécessaire , surtout avec de mauvaises troupes; par ce moyen, vous bloquerez Dantzig sans danger.
  Je n7ai point de nouvelles si Kolberg est investi; il devrait l'ètre à l'heure qu'il est. Écrivez à Stettin pour qu'on mette en marche tous les canons et mortiers dont on a pu disposer. Aucune opération ne sera plus utile à l'armée et plus glorieuse pour le brave maréchal Lefebvre.
  Je désire beaucoup avoir un pont à Dirschau. Écrivez vis-à-vis Grâenz qu'on dirige tous les pontons à Dirschau.
                                                      N.ipOLiOX.
   Archives de l'Empire.
        11963. - AU (;É@NÉRAL MORANTD, A ALLENSTEIN.
                                          Osterode, 6 mars 1807, minuit.
   Le corlis dobservation polonais se réunit à Neidenburg. Un régi- ment d'infanterie fort de 2,000 hommes doit 1 être ce soir; un second régiment y sera demain, Avant le 8 ou 9, il y aura deux régiments d'infanterie polonaise, du canon et un millier de cavalerie polonaise. Le géùéral Zajouchek les commande. Il sera rendu de sa personne demain. L'officier qui vous remettra la présente lettre vous remettra 3,000 francs pour les dépenses en espionnage. Vous avez, je crois, des détachements à Neidenburg et à Gilgenburg, vous pouvez les retirer. Correspondez exactement avec le général Zajonchek, et

concertez avec lui vos reconnaissances sur Passenheim et la riv droite de fAlle. Je lui ai donné pour instruction de border fa.rilv gauche de l'Alle depuis Allenstein jusqu'à Xeidenburg, d'avoir nu avant-garde à Willenberg. Le général Milhaud doit vous être arriv(' Laissez les dragons se reposer, ils en ont besoin, et cantonnez-l( sur la rive droite de rAlle, où ils sont couverts et ne peuvent èti inquiétés. Dans peu de jours, je donnerai ordre aux deux régimen de cavalerie du corps d7armée qui sont à Napiwoden de se porter Allenstein.
                                                       NAPOLÉON.
   Archives de l'Empire.
                11964. - A XI. DE TALLEVRAND.
                                           Osterode, 6 mars 1807, minuit.
   Monsieur le Prince de Bénévent, je vous ai écrit cette nuit. Le g@ néral Zajonchek se rend à Neidenburg aujourd'hui avec 4,000 homm( d7infanterie polonaise et 1,000 chevaux. Il commande un corps qu j'ai nommé corps d'observation polonais. C'est à Neidenburg qu' faut diriger tous les Polonais qui veulent se battre, infanterie ( cavalerie. Le major général envoie des ordres à ce sujet au directeu de la guerre polonais - qu7il dirige sur Neidenburg leur artillerie, h corps de la 11, légion, et qu'il active la levée de Kalisz et le complé lemeDt de ce corps d'observation.
   Ayant fait un mouvement offensif sur Fennemi, il s'est mis partoi: en retraite. Je l'ai fait poursuivre l'espace d'une douzaine de lieues et je suis rentré dans mes cantonnements.
   Le but du corps d'observation polonais que je forme à Neidenbur est de défendre le district de Plock des incursions des Cosaques, 4 rendre ma communication avec Varsovie extrêmement sûre. Il e-. nécessaire que le général Zajonchek ait la haute main sur la police et que tous les moyens du district de Plock soient mis à sa disposition
   Dans des dépêches que m7écrit le gouverneur de Varsovie, il rit paraît fort indisposé contre le gouvernement; il a tort. XIon intentiol. est qu'on ne loge personne chez les membre--, du gouvernement Qu'on. laisse au grand-duc de Berg son logement chez le comt Potocki; aussi bien il est possible qu'il s'y rende d'un moment
l'autre. Tàchez de convaincre Gouvion qu'il prend trop de passio contre ces gens-là. Il me semble qu'ils rendent autant de services qu les circonstances peuvent le permettre.

A 11. DE TALLEYRAND.
                                            Osterode, 6 mars 180-7, minuit.
     %lonsieur le Prince de Bénévent, un Polonais nommé André Statoriski m'a présenté un mémoire sur un plan dinsurrection dans la Volhynie et la Podolie. Voyez-le, je vous prie, et dites-moi si l'on peut compter sur quelque chose. Si l'on pouvait former là une confédération qui deviendrait maitresse du pays et s'emparerait des magasins, etc., ce serait une diversion favorable, et je pourrais être a même de la soutenir. Mais il faudrait qu'il pùt se réunir 7 à 8,000 hommes, afin d'être en état de résister aux détachements et aux dépôts que les Russes pourraient avoir laissés en arrière. Cette diversion obligerait Essen à faire un mouvement qui permettrait de retirer le corps francais qui est devant lui; mais il faudrait que cela se fit dans un MOIS.
    Il demande, à ce qu'il me semble, qWun corps francais arrive avant. Il faudrait au contraire que le mouvement se fit d'avance, afin de favoriser la marche du corps, francais, et pour être certain que le
corps qu'on enverrait là ne fût pas abandonné sans secours. NAPO-LÉO\'5c@.
Archives des affaires étrangères.
En minute aui Arch. de l'Emp.)
               11960. - AU GRAND-DUC DE BERG.
                                  Osterode, -i mars 180-j. 8 heures du matin.
 j Je reçois le rapport du général Guyot'. Je ne sais pas pourquoi lesAeux régiments ne sont pas réunis au IL)'. Qu'il envoie un parle- mentaire pour réclamer votre aide de camp. Il me semble qu'il est tombé entre les mains des Prussiens. Qu'ils désignent tel officier
     1
 qu'ils voudront du même grade, et on le leur rendra.
    Le général Guyot dit qWil y a de l'infanterie à Passenheim; cela n7est pas vrai, car le général Morand avait de fortes reconnaissances à Passenheim. La nouvelle de IVillenherg n'est peut4tre pas plus certaine ., du moins pour de l'infanterie, car, pour de la cavalerie, je né doute pas qu7il y en ait. Expédiez au général Guyot le nième
'officier, en poste, pour lui faire connaitre qu'il vous instruise s'il y a'2,000 Polonais à Neidenburg; que le général Zajonchek s'y rend dans la journâc; que £autres troupes polonaises vont s'y réunir, infanterie et cavalerie ; qu'il est convenable qu'il reste là jusqu'à nouvel ordre; et, jusqu'à ce que le corps du général Zajoucheck
1- 1 Le rapport dont il est question dans cette lettre est du colonel Guyon.

soit bien organisé, il serait convenable qu'il opéràt sa réunion avec. le 2e de chasseurs et qu'ils restassent toujours ensemble ; qu'il est nécessaire qu'il ménage ses patrouilles et qu'il envoie beaucoup d'espions. Envoyez-lui 50. napoléons pour payer ses espions.
                                                       NAPOLÉON.
   Archives de l'Empire.
                  1196-1. - AU MARÉCHAL NEY.
                                                  Osterode, à mars 1807.
   Mon Cousin, je suis peiné de tout ce que vous souffrez. Il faut encore un peu de patience. Les vivres s 'ont prêts ici pour votre corps; les transports nous gênent, je m'en rapporte à vous pour faire tout ce qui est possible. il faut gagner quelques jours; mes magasins seront alors organisés à Osterode, et nous serons maitres alors de nos mouvements. J'ai nommé le colonel Bardet, du 27e, général de brigade. Il faut cependant qu'il continue à commander son corps.
                                                       NAPOLÉO-4.
   Archives de l'Empire.
   11968. - A NI. REGNAUD, DE SAINT-JEANT-D'ANG ELY,
      PRÉSIDENT DE LA SECTION DE ÙNTÉRIEUR AU CONSEIL D'ÉTAT. Osterôde, '7 mars 1807.
   J'ai l'honneur, Monsieur, de vous adresser les observations de Sa Majesté sur un arrêté du général Cervoui, commandant la 8e divi- sion militaire. Sa Majesté désire que ces ob@ervations, présentées à la section que vous présidez, soient ensuite portées au Conseil d'État.
                 Le ministre secrétaire d'État, par ordre de l'Empereur. OBSERVATIONS SUR UN ARRÊTÉ DU GÉXÉRAL CERVONI.
   Le général Cervoni, commandant la 81 division militaire, s'est permis un arrêté sans exemple dans notre législation :
   ,, Dans un mois ' à dater de la publication de cet arrêté, tout particulier sur lequel il sera trouvé des armes sera renfermé au fort Saint-Jean de Marseille. Tout brigand qui sera arrêté avec des armes sera traduit à une commission militaire. @
  Telles sont les principales dispositions de rarrêté pris par le général Cervoni.
  Qui donc a, dans notre législation, le droit de déclarer que tout citoyen qui a des armes sera arrêté? Il est de principe en France que tout Français domicilié a le droit d'avoir des armes. On pourrait

 me, examiner jusqu'à quel point l'Empereur lui-même aurait rau- toritë nécessaire pour intervenir dans rexercice de cette faculté, s'il Wy avait pas de la folie à penser que les droits du chef suprême de PÉtat peuvent être limités, lorsqu'il ne peut être jamais considéré que comme agissant pour l'intérêt général. Mais, dans l'état actuel de notre législation, il est au moins douteux que l'Empereur lui-même voulùt rendre un décret semblable à l'arrêté du général Cervoni. Ce serait déclarer la majorité de la nation incappible d'avoir des armes, ou capable den abuser. L'Empereur pourrait porter cette défense pour certains cantons; mais alors il serait déterminé par les, circon- stances, et non par la rigueur de la législation.
   Si ce droit, en thèse générale, Wappartient que par exception à 'rEmpereur, à plus forte raison n'appartient-il ni aux préfets ni aux généraux. Si l'on peut dire que tout Francais qui a une arme doit être privé de sa liberté, qui empêche de dire aussi qu'il sera mis aux galères? Quand on aura porté ces peines contre lui, qui en prononcera Texécution? Ce ne sera pas un tribunal, car les tribunaux ne jugent pas d'après les arrêtés des préfets. Ce sera donc le préfet qui établira la législation et qui l'exécutera. Le préfet sera donc le législateur, le juge et l'exécuteur de ses jugements. Si l'on pouvait accorder que le préfet a le droit d'ordonner des fouilles dans Pintérieur des maisons des citoyens, où serait la limite de son pouvoir? Qui l'empêcherait d'ordonner que tout citoyen qui ne va point à la messe, qui ne se promène pas à telle heure, qui ne fait pas telle ou telle chose, doit être puni de telle peine? Le repos -et la liberté des citoyens dépendront
   I ne de rexagération on de l'arbitraire d'un simple administrateur.
 @oIDépendront-ils aussi des volontés d7un général commandant 'une division du territoire? Un général Wa aucune fonction civile dans notre organisation, à moins qu'il n'en soit investi par une mission ad hoc. Quand il da aucune mission, il ne peut exercer aucune influence ni sur les tribunaux, ni sur les municipalités, ni sur la police correctionnelle. Dans des époques de troubles, le général commandant la 8' division militaire a été investi de pouvoirs extraor- diaàires; mais la législation, dans ces temps critiques, a été faite non par le général, mais par le Gouvernement. Cette extension de 1son untorité n'était qu'une délégation de Fautorité suprême. Le Gau- vernement a dit alors, parce qu'il se commettait beaucoup de crimes, que tout homme non domicilié que l'on trouverait en armes serait considéré comme vagabond. et traduit devant une commission mih- taire. Le général n'était alors chargé que de l'exécution des détermi- nations commandées par l'intérêt de la tranquillité publique à l'autorité

suprême. Dans aucun temps le général n'a pu faire la loi, ùhan,@, (yu suspendre les droits des citoyens, et leur imposer de si fori obligations.
   On lit dans l'arrêté du général Cervoni que u tout brigand q * sera arrêté avec des armes sera traduit devant une commissi * militaire. , Mais qui fera la distinction, et qui dira que tel citoy trouvé en armes est ou n'est pas un brigand? Les commissions mi taires jugent sans appel et font aussitôt exécuter leurs jugemeni Ainsi tout citoyen se trouvera exposé à se voir traduire à une coi mission sans appel, enlevé à ses juges naturels et arraché à toutes s libertés. Pareille chose Wa jamais existé dans les temps mêmes les pl orageux. Le Gouvernement, sur'le rapport de ses ministres, dét( rainé par les plus importantes considérations de la sùreté publiqu & pu dire, et a en effet dit alors - « Tout individu pris les armes à
  main, en combattant contre la force protectrice de l'ordre soch sera traduit devant une commission militaire. @ On sent toute
différence de ces locutions. Il y avait dans ce temps des flagrar délits, des circonstances non équivoques, des cas exactement dét( minés. Une simple sentinelle devient une sorte de magistrat; elle pe aussi arrêter les perturbateurs et les remettre entre les mains i l'autorité ; elle fait en cela ce que les tribunaux ne peuvent fai qu7après nue longue instruction et un décret de prise de corps. 1 même, lorsque la gendarmerie escorte une diligence, qu7on tire si elle un coup de fusil et qWelle arrête les coupables, il y a là i flagrant délit qui constitue un homme en détention et prononce pri visoirement sur sa liberté. Voilà ce que peut autoriser le pouvc suprême dans les temps de troubles; mais, quand il le fait, il Wigna point qu'il fait une chose qui pourrait être attentatoire aux droits d, citoyens; il se détermine par des considérations dÉtat et d'intér général. Qu'un général de division, se mettant à sa place, dis( - Tout brigand sera traduit à une commission militaire, n cette dén( minafion ne constitue pas le flagrant délit. Qu'il prétende que ( flagrant délit dérive de ce que l'individu portait des armes, il c résultera que tout citoyen peut être à ses yeux un brigand, que toi homme domicilié sera justiciable d'une commission militaire.
   On ne peut voir en tout cela que de la folie; on y verra de l'ign( rance, et non du cràne; peut-être même ces déterminations irréfléch@ sont-elles l'effet du zèle.
   Ces observations et l'arrêté qui y a donné lieu doivent être renvoyi au Conseil d'État, afin qu'il les prenne en considération et qu'il prg pose de statuer ce qu'il appartiendra.

   Ces discussions donnent lieu à l'examen d'une autre question. Si tous les citoyens domiciliés ont le droit de porter des armes, ce qui s n paraît d'abord incontestable, de quelle autorité certains préfet o t-ils limité rexercice de ce droit, et l'ont-ils soumis au payement d'une contribution? Détermination peu méditée, qui a donné lieu à des rumeurs et à des calomnies. N'ont-ils pas pensé que l'on pouvait y voir, avec quelque raison, un acte de concussion, une taxe arbi- traire? Cette conduite n'a-t-elle pas autorisé celle des militaires? Un intendant de département n'est point un vice-empereur; il n'a qu'une portion de radministration générale; il n'a dautre devoir que celui de procurer rexécution des lois et des règlements.
   Il est donc-nécessaire que le Conseil d'État rédige un projet de décret, ou pour déclarer que le droit de port d'armes est illimité, ou pour l'assujettir à des règles générales et fixes, ou pour l'accorder à tous les citoyens qui ont domicile et caution, ou pour ne le déférer qu'à tous ceux qui, s'étant fait examiner par l'autorité, en ont acheté le libre exercice au prix d'une contribution quelconque; et, dans ce cas, à qui cet examen sera-t-il déféré? Ne sera-ce pas, au lieu du préfet, à la gendarmerie, qui est le surveillant véritable et nécessaire des vagabonds?
   Sa Majesté connait assez la théorie du Conseil pour prévoir que les uns diront qu'il faut une loi, et refuseront au Gouvepement la faculté de faire ce que fait un préfet; que d'autres préféreront le maintien des abus au dérangemenfile leur système métaphysique. C'est, dans l'un et l'autre cas, une mauvaise manière de voir, qui, à la longue, dénaturera nos institutions.
  Il faut, par urfidécret, décider si le droit de port d'armes sera accordé ou refusé à tous les citoyens, ou s'il sera refusé à quelques- uns dans tel et tel cas, et accordé aux autres moyennant le payement d'une somme d'argent. Dans cette dernière supposition, il fitut aussi déterminer femploi de cette contribution, soit qu'elle tourne au profit de l'État, soit qu'on l'affecte aux hospices ou aux dépenses commu- nales. Il pourrait y avoir quelques motifs pour en faire une branche de revenu qui, selon plusieurs calculateurs, s'élèverait à plus d'un million. Mais n'y a-t-il pas un inconvénient très-grave à infliger une ,flétrissure au citoyen, en lui défendant le port d'armes? Tout noble était autrefois en possession de ce droit; aujourd'hui tout Francais domicilié, tout citoyen qui, dans son existence privée, donne à la société une caution de sa conduite, est noble.
   Ces dernières considérations sont les règles absolues. Les circon- stances peuvent exiger d'autres mesures. Sa Majesté attend ce qui lui

sera proposé par son Conseil. Elle l'invite à ne pas -s'abandon une indifférence métaphysique, qui laisse faire sans s'embarrass( conséquences, et à ne pas livrer à des magistrats isolés, qui pas rensemble des mesures et des combinaisons générales de f la faculté d'imposer des obligations, de prescrire des règlemen peuvent avoir tant d'influence sur le caractère de la nation.
                                                       _N'APOLÉON. Archires de l'Empire.
   11969. - NOTE POUR LE MINISTRE DE L'INTÉRIEU
                                   Camp impérial d'Osterode@ 7 mars 1807
   Les propositions arrêtées par le CoDseil' dans sa séance du 21 vier 1807 ne seraient peut-être pas sans inconvénients dan, exécution, et n'atteignent peut-être pas assez directement le but se propose.
   D'autres moyens paraissent préférables, et Sa Majesté est di@ à s'y arrêter.
   Elle désire en conséquence que le Conseil d'État soit mis & cas de délibérer successivement et sans délai sur les deux propm ci-après :
 PREMIÈRE PROPOSITION A DISCUTER ET A RÉDIGER EN PROJET DE DÉC
   Les navires neutres qui arriveront dans les ports de l'En chargés de denrées coloniales ou autres objets de commerce v de l'étranger, seront tenus d'en exporter la contre-valeur en pr@ du sol de la France et de son industrie.
 DEUXIÈME PROPOSITION A DISCUTER ET A RÉDIGER EN PROJET DE DÉC
   Le Gouvernement, voulant venir au secours des manufaci fera aux fabricants un prêt, sans intérêt, égal à la moitié de la i des marchandises qu'ils voudront mettre en dépôt. Ce prêt ser pour un au, et pourra être renouvelé. Une somme de six mi sera destinée à cette opération et y sera employée par douzièi raison de 500,000 francs par mois.
   Indépendamment de ces deux dispositions principales, Sa M juge convenable qtiil en soit pris d'autres.
   Des commandes pour les palais impériaux seront faites si fonds de la Este civile.
  1 Sur l'emploi de 500,000 francs donnés chaque mois pour faire travaii
manufactures.

     Ces commandes ont déjà eu lieu pour la ville de Lyon.
     Le ministre de l'intérieur écrira à l'ambassadeur de Sa Majesté à Madrid pour demander que la prohibitiondes soieries de Lyon, Tours et Turin soit levée en Espagne. Elle l'a déjà été en Italie pour la ville de Gènes. Le ministre fera également demander la libre importation en Espagne des draps de Carcassonne, des toiles de Bretagne et de la quincaillerie.
     L'impression des toiles est considérée comme en souffrance, et l'on dit que cela vient du défaut de consommation. Le défaut de consommation n'est point une chose probalAe; mais il peut y avoir contrebande, et dès lors une oonsommation qui ne tourne pas à favantage des fabriques. Le ministre doit prendre des renseignements à cet égard et concerter avec le ministre des finances les précautions nécessaires.
     En même temps que le ministre de l'intérieur invitera l'ambas- sadeur en Espagne à faire des insta%ces pour l'admission des produits de nos manufactures, le ministre des relations extérieures, à qui Sa Majesté en a fait transmettre l'ordre, donnera sur le mème sujet des instructions positives.
                                                        NAP0110N.
Comm. par %111. de Champagny.
(E. Mi.ute Arch. de 1*EMp@)
     11970. NOTE POUR LE MINISTRE DE VINTÉRIEUR.
                                     Camp impérial dOsterode, -j mars 1807.
    Sa Majesté a déjà pris une mesure analogue aux vues du ministre lorsqu'elle a, dès Pan xii, par un décret signé à Aix-la-Chapelle le
1,24 fructidor', fondé des grands prix qui doivent être distribués à des époques dont on ne doit pas être très-éloigné. Il serait à propos de faire mettre ce décret de nouveau dans les journaux, de faire con- naître, soit par une lettre à rInsfilut, soit par toute autre publication convenable, qu'on n'a point renoncé à son- exécution et qu'on ne fa point laissé tomber en désuétude.
     Sa Majesté ne voit pas d'inconvénients à l'adoption des cinq prc- miers moyens proposés par le ministre. Elle pense néanmoins que, relativenrent au troisième, ce West pas par une commission, mais par flastitut, que le tableau des ouvrages les plus distingués (Wil être formé. t
     Quant au sixième moyen, qui est l'établissement (fane espèce de

nouveau Port-Royal, Sa Majesté, avant de prononcer une opi
désire avoir les développements de cette idée.
La loi de la librairie qui constitue le se@tième moyen doi
renvoyée sans délai à rexamen du Conseil d'Etat.
Mais il est bien un moyen dont le ministre ne parle pas rexistence d'un bon journal dont la critique fiât éclairée, bien
tionnée, impartiale et dépouillée de cette brutalité injuriew caractérise les discussions des journaux existants, et qui est !si
traire aux véritables moeurs de la natioe-
  Les journaux actuels ne critiquent pas dans l'intention de dé@ la médiocrité, de guider l'inexpérience, drencourager le mérite sant, de rétablir la considération due aux grands modèles : t, qWils publient est fait pour décourager, pour détruire. Peut- ministre de l'intérieur devrait-il intervenir pour y porter remèd( on ne peut se dissimuler qu'en évitant un écueil on en rencor autre sur la rive opposée; il pourrait arriver qWon n'osàt pli critiquer, que l'on tombàt dans l'abus non moins grand du p risme, et que les auteurs de ces mauvais ouvrages dont on est ir se volant loués dans des feuilles périodiques qu'on est obligé d se persuadent qu'ils ont créé des oeuvres de génie, et que de si
triomphes multiplient encore leurs imitateurs.
   Il est quelques hommes de lettres qui oint montré des talent la poésie; on pourrait en citer dix ou douze. Il serait utile ministre fit faire de bons articles de critique sur leurs ouvrages lesquels on les avertirait avec ménagement des fautes dans Ies@ ils peuvent être tombés; on les louerait de ce qu'ils ont fait d( on les encouragerait sans les aduler. Le lendemain du jour article de cette espèce aurait paru dans le 31'oniteur, le ministi rait à Vauteur de rouvrage, ou, ce qui vaut mieux, lui acec une gràce. Une gràce ainsi accordée est une sanction du livre couvénient du moment actuel est qu'on De forme pas d'opin faveur des hommes qui travaillent avec quelque succès. C'est YiDfluence du ministre peut opérer d7une manière utile. Un homme qui a fait une ode digne d'éloges, et qui est distingué ' ministre, sort de robscurité, le publie le fixe, et c'est à lui à 1
reste.

A M. CAMBACÉRÈS.
                                                  Osierode, 8 mars 180-à.
      %Ion Cousin, je vous envoie, par le major Friederichs, qui se rend à Paris pour prendre le commandement du 2e régiment des fusiliers de ma Garde, les drapeaux pris à la bataille d'Eylau. Ces drapeaux sont destinés à être placés dans le temple qui va être fait. /Je vous laisse le maître de faire, pour la réception de ces drapeaux, ce que vous jugerez convenable.
                                                       NAPOLÉON.
    Comm. par M. le duc de Cambacérès.
                  11972. - A M. DARU, A THORN.
                                                  Osierode, 8 mars 180'1.
   Monsieur Daru, je recois vos lettres du 5 mars. Je suis fort alarmé de la mauvaise situation des magasins de Broniberg. Je sup- pose que vous avez pris des mesures pour y faire transporter les 6,000 quintaux de farine qui sont à Posen, et pour faire moudre les 24,000 quintaux de grains qui se trouvent dans cette dernière ville. Je vois qu'à Gnesen et Inowraclaw il n'y a presque rien.
   Je n'ai pas besoin de vous prescrire en détail les mesures à prendre. Il faut avoir, le plus tôt possible" , 20,000 quintaux de farine à Bromberg, à Thorn et dans les environs. C'est par là que doit se
nourrir l'armée. Tous les convois de Kalisz, de Posen, devaient être dirigés sur Varsovie. J'imagine que vous leur avez donné la direction de Thorn. Le prince Jérôme me mande qu'il l'a déjà fait pour les convois de la Silésie, et je ne doute pas que les convois de Glogau ne soient àrtivés à Posen.
  Je suppose que le trésor est arrivé à Thorn.
  Vous ne sauriez trop mettre d'activité et employer trop de moyens pour nous approvisionner, car tout est là. Si j'avais à Osterode '6,000 quintaux de farine, je serais maître de mes mouvements; mais ils n'y sont pas, et cela me donne de rinquiétude. Du district de elock et des différents points de la Pologne et de la Silésie, dirigez des boeufs sur Thorn et Osterode.

                       11973. - A M. DARU.
                                                  Osierode, 8 mars 1801.
  Monsieur Daru, je reçois vos lettres. Faites établir des fours et i manutention à Strasburg; cela est important, afin que les hommes viennent de Thora à Osterode recoivent des distributions régulièi
  Il faut évacuer les blessés le pins tôt possible, parce qu'il pour avoir des affaires. Il est nécessaire aussi que M. Perey et l'ord,
nateur Lombart retournent au quartier général. Si rarmée se ci centrait davantage sur Thorn, vous sentez rimportance d'avoir quoi lui faire des distributions réglées.
                                                      NAPOLÙO-%.
   Comm. par M. le comte Daru.
     En minute a.. Amh. de l'E.p.)
                   11974. - AU GÉNÉRAL RAPP.
                                                  Osierode, 8 mars 180-j.
   Je reçois votre lettre du 7. Il est nécessaire que vous restiez gouvernemént de Thorn jusqu'à ce que votre santé soit entièrerr rétablie. Je sais que vous ne pouvez pas encore bien vous servir votre bras; il vaut mieux commencer un peu plus tard, plutôt de mettre de l'interruption dans votre service.
    Archives de l'Empire.
                 119-j5. - AU MARÉCHAL LANNTS.
                                                  Osterode, 8 mars 180î.
   Ilon Cousin, j'ai reçu votre lettre du 5 mars. Lorsque votre s, sera parfaitement rétablie, vous vous rendrez près de moi. Vow doutez pas du plaisir que j'aurais à vous avoir toujours, mais sur un jour de bataille. Mais rétablissez-vous avant tout.
                                                       NAPOLÉON.
    Ne doutez pas de mon amitié.
Comm. par M. le duc de Montebello.
(En minute aux Arch. de L'Emp.)
                   11976. - A MADAME VICTOR.
                                                   Osierode, 8 mars 180-j.
    J'ai reçu votre lettre. J'ai fait échanger le général Victor, et pouvez vous attendre à chaque instant à le voir.

A NI. DE TALLEYRAND.
                                                  Osterode, 9 mars 1807.
   Monsieur le Prince de Bénévent, je recois votre lettre du 6 mars. Voici ce que vous répondrez à M. de Vincent. Le plan de f Empereur dans les affaires actuelles est celui-ci : restituer au roi de Prusse eon trône et ses États, et -maintenir l'intégrité de la Porte. Quant à la Pologne, cela se trouve contenu dans la -première partie de la phrase. Si ces bases de paix conviennent à l'Autriche, nous pouvons nous entendre. La tranquillité de l'Europe ne sera stable que lorsque la France et FAutriche, ou la France et la Russie marcheront ensemble. Je l'ai proposé plusieurs fois à l'Autriche; je le lui propose encore. Quant à l'observation de XI. de Vincent, que rabattement de la Prusse est tel qu'elle ne peut pas se tirer d'affaire, elle est très-raisonnable. Vous pouvez dire à M. de Vincent que vous êtes autorisé à signer tout traité éventuel fondé sur ces bases.
   Il faut également que vgus écriviez dans ce sens à M. Andréossy, non pour qu'il provoque rien, mais pour qu'il s'en explique dans ces ternies, lorsque NI. de Stadion lui en parlera, mais avec lui seul. La fin de tout ceci sera un système entre la France et l'Autriche, ou entre la France et la Russie; car il n'y aura de repos pour les peuples, qui en ont tous besoin, que par cette union.
  Dites aussi à M. de Vincent qu'il faut que,@ de son côté, il nous dise ce qu'ils désirent. Qu'ils voient que nous sommes prêts à les rassurer sur toute espèce de craintes, et à nous expliquer franche- ment sur toutes les questions qdils nous posent.
                                                      NA P 0 L É O.N.
   Une observation de fait, c'est que les fortifications de Breslau , de Schweidnitz et de Briea ont sauté; ce qui fait connaitre qu7il n'y a aucune disposition de conserver la Prusse et de nuire à PAutriche.
Archives des affaires étrangères.
E. mi..te a.. Arch. de l'Emp.)
              11978. - AU GRAND-DUC DE BERG.
                        Oster@de, 9 mars 1807, 4 heures et demie après midi.
   Je mois votre lettre de Hohenstein à onze heures du matin, par laquelle vous m'instruisez que le général Zajonchek pense que ren- nemi a une division d'infanterie à 111illenberg.
   J@approuve que vous ayez pris avec vous toute la division Oudinot.

Je suppose qWelle a ses quinze pièces d'artillerie; avec les quinze de votre division de cavalerie, cela fera trente pièces. Vous sentez rimportance et la nécessité de vous servir d'une grande quantité, Wartillerie. Il me larde bien d'apprendre quel est le corps qui est à Willenberg. Il est surtout important de savoir si ce n'est pas le corp@,4 de 11-olkonski, qui est la 31 division d'Essen. Si c'est celui-là, il ne doit pas avoir plus de 4 ou 5,000 hommes, car il -a été fortemeni étrillé à ü@strolenka, où il a perdu un drapeau et trois pièces de canon. Le maréchal Davout a, ce soir, son quartier général à Detterswalde-, le général Gudin doit être près de Hobenstein. le suppose que le général Zajonchek doit avoir demain ses deux régi- ments, c7est-à-dire -4,000 hommes, marchant sur IVillenberg, pour tàcher d'attaquer cette infanterie. Il est convenable d'arriver en masse le plus brusquement possible, de manière que l'ennemi u( découvre point la masse de cuirassiers que vous avez et votre infa-n- terie. If est aussi convenable, dans cette situation, de ne pas laissel voir des cuirassiers sur la gauche, vers Passenhèim; ce serait ulo grand éveil pour l'ennemi.
. Le maréchal Davout ayant avec lui le bailli dOrtelsburg, qu'il garde en otage pour en tirer des nouvelles, jelui ai mandé de vow Penvoyer; je lui réitère cet ordre.
                                                       N.4poLùo\'5c@. Archives de l'Empire.
                119-j9. - AU GÉNÉRAL ZAJONCHEK,
             1COMMANDANT LE CORPS B OBSERVATION PQLO\'5cAIS.
                                Osterode, 9 mars 18M, 5 heures après midi.
   Je n'ai point de lettre de vous depuis votre arrivée à 'i\'5cleidenbuirg
 Envoyez-moi la situation de `votre corps, cavalerie, infanterie e@ artillerie, et ce que vous attendez dans la journée de demain. Faites. moi connaître tout ce qu'il a paru de Cosaques à Illawa, Soldau: quelle infanterie il y a à Janowo, ce qWil y a à %Villenberg, et qu commande ce corps. Faites-moi aussi connaître d'où vous avez ée! renseignements, afin que je puisse juger du degré de croyance qud je dois leur donner. Instruisez-moi si vous avez fait passer la lettr4 au 8inéral Gazan, et quelles nouvelles vous avez du 51 corps. En. voyez des espions de tous côtés.

A U G É N É R A L M O R A N D , A A L L E N S T E I N .
                                Osterode, 9 mars 180-j. 5 heures après midi.
    J'ai recu votre lettre du 8 à cinq heures du matin. Le le, de chas- seurs est seul et faible, il faut le ménager, sans quoi vous le perdrez tout en détail. Envoyez force espions. %
    Je recois votre lettre du 9 à huit heures du matin. Le grand-duc de Berg doit être ce soir avec une forte colonne d'infanterie à Dem- benofen. Ne faites rien qui puisse faire découvrir ce mouvement à l'ennemi. Il a tant de facilités pour intercepter les ordonnances, qu'il serait malheureux qu'une lettre lui fit connaître ce mouvement. Envoyez des émissaires à ses trousses et promettez une récompense s'.ils préviennent de bonne heure où il y a des Fraineais; et ne man- quez pas de m'instruire de ce qui se serait passé et de tout ce que vous apprendrez.
                                                       NAPOLÉON.
    Archives de l'Empire.
                11981. - AU MARÉCHAL MASSÉNA
                    COMMANDANT EN ÇHEF LE 5e CORPS.
                               Osterode, 10 mars 1807, 10 heures du matin.
   Mon cousin, je recois votre lettre du 6 mars. Je vois avec peine que vous n'ayez pas fait marcher. à Il-illenberg sur-le-champ, à la première nouvelle que la division du général russe Wolkonski, qui forme la 31 division de l'armée d'Essen, s'était portée sur ce point. Vous me dites que vous avez donné ordre au général Dumonstier de
                              espère que vous n 1aurez pas perdu de vue s emparer de Chorzellen. Y ' cette avant-garde; sans quoi, si l'ennemi est plus fort à Willenberg, elle sera poussée. Nous sommes en présence avec rennemi, et on se bat souvent. Il est indispeneable que vous souteniez cette avant- garde, que vous suiviez Essen, et que vous fassiez occuper 11,7illen- berg, au moins par une division, si Essen marche par Lomza et -Rastenburg, comme cela parait prouvé, pour rejoindre le gros de rarmée de Bennigsen; sans quoi je me trouverai avoir ici des forces de plus sur les bras, et la moitié de votre corps deviendra inutile, tàndis que la moitié du corps d'Essen viendra renforcer Farmée qui est devant moi. J'ai été obligé d'envoyer le grand-duc de Berg avec 6,000 hommes d'infanterie et beaucoup de cavalerie pour tomber sur le corps qui est à Willenberg. Le grand-duc de Berg a marché sur ce corps. Vous sentez combien il est malheureux que je m'affai- blisse ainsi, au moment où je suis en présence, pour faire une chose

que devrait faire votre corps darmée, qui, par là, peut m'être inutile
dans des circonstances décisives.
Dépôt de la querre.
En minute aux Arch. de l'Emp.)
              11982. - AU MARÉCHAL BERTHIER.
                                                 Osterode , 10 mars 180-t.
   Comme il paraît qu'à Marienwerder il y a des inondations, et qu4 le pont de Ilarienburg est fait, il est Dicessaire de faire descendre de! bateaux sur ce point. Par ce moyen, on aura un pont sur le bas d( la Vistule.
   Faites descendre de même les bateaux de Culm à Nlarienwerder pour avoir là un pont. Écrivez à ce sujet au général SoDgis et ai maréchal Lefebvre.
   Écrivez au maréchal Lefebvre que j'espère qu'il aura repoussé 1 général Rouquette et qiiil est sous Danzig.
   Écrivez au général Rouyer qu'il ne donne pas assez de ses nou. velles, et témoigriez-lui mon mécontentement de ce qu'un pontonnie a été pris sur la rive gauche, ce qui prouve que Graudenz n'est pa bien resserré.
   Savoir si les troupes ont leurs canons pour repousser ce qui s retirerait de Graudenz. Enfin il est nécessaire de cerner véritablemeii Graudenz avec quelques ouvrages en terre et boyaux pour protège l'armée assiégeante.
                                                       iÇ@ILPOLÉO\'5c.
    Dépôt de la guerre.
                 11983. - A M. DE TALLEYRAND.
                                                  Osterode, 10 mars 1801.
    Monsieur le Prince de Bénévent, vous trouverez ci-joint copi d'une lettre que j'écrisau maréchal Masséna par Pultusk. Faites-la-IL passer de votre côté. On da dit qu'il était encore à Varsovie; si cel était, ce que je ne puis concevoir, témoignez-lui, dans la conversa lion, qu'il est étonnant que, lorsque le corps du général Essen c en pleine activité, il soit à Varsovie et ne soit pas à son avant-gard(
                                                        NT. ... @-

 

                                       DÉCISION.
                                                   Osterode, 10 mars 1807.
   Le ministre de l'intérieur propose, Il faut attendre la paix mari- pour réduire les dépenses des deux time pour s'occuper de la Corse. préfectures du Liamone et di, Golo, de
 né faire de la Corse qu'un seul dépar- iNAPOLÉON..
 tement.
    Archives de l'Empire.
       11985. - 6 5e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE. Osterode, 10 mars 18oi.
   L'armée est cantonnée derrière la Passarge; le prince de Ponte- Corvo, à Holiand et à Braunsberg; le maréchal Soult, à Liebstadt et Mohrungen; le maréchal Ney, à Guttstadt, le maréchal Davout, à Allenstein, Hohenstein et Deppen; le quartier général, à Osterode, le corps d'observation polonais, que commande le général Zajonchek, à Neidenburg; le corps du maréchal Lefebvre, devant Danzig; le 5e corps, sur l'Omulew; une diviision de Bavarois que commande le prince royal de Bavière, à Varsovie; le corps du prince Jérôme, en Silésie; le 80 corps, en observation dans la Poméranie suédoise.
   Les places de Breslau, de Schweidnitz et de Brieg sont en démolition. Le général Rapp, aide de camp de l'Empereur, est gouverneur de
Thorn.
   On jette les ponts sur la Vistule, à Marienburg et à Dirschau.
   Ayant été instruit, le 11, mars, que l'ennemi, encouragé par la position qu7avait prise l'armée, faisait voir des postes tout le long de la rive droite de la Passarge, l'Empereur ordonna aux mar&haux Soult et Ney de faire des reconnaissances en avant pour repousser l'ennemi. Le maréchal Ney marcha sur Guttstadt. Le maréchal Soult passa la Passarge'à IVormditt. L'ennemi fit aussitôt un mouvement général et se mit en retraite sur Koenigsberg. Ses poltes, qui s'étaient retirés en toute hàte, furent poursuivis à huit Iieaes.'Vo@ anl ensuite que les Fran- çais ne faisaient plus de mouvements, et s'apercevant que ce n'étaient que des avant-gardes qui avaient quitté leurs régiments, deux régi- ments de grenadiers russes se rapprochèrent et se portèrent de nuit sur le cantonnement de Zechern. Le 50« régiment les recut à bout portant; le 2le et le 39, se comportèrent de même. Dans ces petits combats, les Russes ont eu un millier d'hommes blessés, tués ou prisonniers.
   Après s'être ainsi assurée des mouvements de l'ennemi, l'armée est rentrée dans ses cantonnements.
  Le grand-duc-de Berg, instruit qu'un corps de cavalerie s'était porté

sur Willenberg, ra fait attaquer dans cette ville par le prince Borghèse, qui, à la tête de son régiment, a chargé huit escadrons russes, Ie@ a culbutés et mis en déroute, et leur a fait une centaine de prison- niers, parmi lesquels se trouvent trois capitaines et huit officiers.
   Le maréchal Lefebvre a cerné entièrement Danzig, et a commencé les ouvrages de circouvallation de la place.
   Moniteur du 25 mars 1807.
   (En minute au Dépôt de la guene.)