16 – 31 avril 1810
Compiègne,
16 avril 1810
A M.
Gaudin, duc de Gaète, ministre des finances, à Paris.
Faites-moi connaître si vous avez
payé quelque chose à Mlle. d'Orléans et au prince de Conti pour 1809 et 1810.
Compiègne, 16 avril 1810
Au général
Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Écrivez au duc d'Auerstaedt de donner
des ordres à Hambourg pour
inquiéter et prendre, s'il est possible, le rocher de Helgoland.
Palais de Compiègne, 17 avril 1810
DÉCRET.
Article premier. — Il est formé une armée sous la dénomination d’Armée de Portugal. Elle sera
composée des 2e, 6e et 8e corps de l’armée d'Espagne, qui conserveront leur
organisation actuelle.
ARt. 2. — La comptabilité de cette armée sera séparée de celle de l’armée
d'Espagne, à dater du 1er mai. Elle aura un chef d'état-major, un
intendant général, un général commandant la cavalerie, un général
commandant l'artillerie, un général commandant le génie.
An. 3. —
Nos ministres de la guerre, de l'administration de la guerre, du trésor public,
notre major général, sont chargés de l'exécution du présent
décret, qui ne sera pas imprimé.
Compiègne,
17 avril 1810
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l'armée d'Espagne, à
Paris
Mon
Cousin, je vous renvoie un rapport du sieur Denniée.
Le roi d'Espagne ne doit être pour rien dans cette confiscation et la disposition des marchandises anglaises
en Andalousie. Il n'est que le commandant
de mon armée. Toutes les marchandises anglaises, toutes les créances anglaises,
à quelque titre et de quelque espèce que ce soit, doivent être versées dans la caisse de l'armée. Ce n'est pas avec les troupes espagnoles que le Roi conquiert
l'Espagne. Je ne vois pas pourquoi on
veut toujours se refuser les moyens de payer l'armée.
Compiègne,
19 avril 1810
ORDRES
RELATIFS AUX PLACES D'ITALIE.
1° Place
de Palmanova. — II y a une lunette entièrement terminée, deux autres dont les
escarpes et contrescarpes seulement sont unies, deux dont l'escarpe est fondée et élevée à
six pieds, enfin quatre autres qui n'ont d'achevé que les contrescarpes. On estime à 600,000
francs la somme nécessaire pour achever les travaux à faire à ces différentes
lunettes. A la fin de 1811, elles seraient terminées. On verrait, à cette
époque, s'il convient de les fermer toutes à la gorge, ou si 600,000
francs nécessaires à cet objet seront mieux employés à d'autres
travaux. Il semble que, à la manière dont le fossé est appuyé à deux
traverses casematées, la gorge est assez défendue; il paraîtrait suffisant
de la fermer par des palissades, lorsque l'attaque serait décidée pour un
front.
Il est
nécessaire de terminer une gorge le plus tôt possible, en l'appuyant bien aux deux traverses casematées, afin
de pouvoir arrêter un budget bien détaillé
pour la construction des autres.
La défense d'une place
n'est point organisée lorsque tous les établissements militaires ne sont pas à l'abri de la
bombe. Il en résulte qu'au premier accident
le commandant réunit son conseil de guerre et propose de rendre la place. C'est
ainsi qu'avec quelques mortiers et
obusiers l'ennemi s'empare d'une place qui, bien organisée, aurait soutenu un
long siège. La place de Palmanova est assez forte par elle-même pour se défendre, mais il faut l'organiser et
mettre à l'abri tous les
établissements militaires. Au moment de l'investissement, il est trop tard pour faire des blindages, à moins
que le commandant ne soit un homme
d'un caractère ferme ; ce sur quoi on ne doit pas toujours compter. Il
faut raisonner dans la supposition qu'il sera un homme médiocre : la ville de Flessingue a été prise, quoiqu'il y eut tous
les bois nécessaires pour blinder tous les établissements. Pour que Palmanova
puisse remplir son objet, il faut lui donner des moyens d'abri tels qu'au commencement de la guerre on puisse prescrire au commandant le placement de toutes choses.
Sa Majesté
désire qu'on lui présente un projet sur ce principe. Elle ne peut accorder plus de
500,000 francs par an et plus de deux millions en quatre ans, 1810 compris. Cette somme
devra être répartie : 1° pour un magasin à poudre de 500 milliers ; 2° pour des salles d'artifices
; 3° pour deux hôpitaux de 200 lits chacun ; 4° pour des casemates dans un
nombre déterminé ; 5° des ateliers pour un magasin d'affûts et trois
forges d'artillerie ; 6° un logement pour le commandant d'état-major et les
officiers d'artillerie; 7° une manutention pour 6,000 rations par jour, avec
les magasins pour les farines et pour les blés. Il serait à propos de diviser cet établissement en
deux, parce qu'en cas d'accident il y en
aurait toujours un qui échapperait.
2° Place
d’Osoppo. — Sa Majesté demande un projet pour une
dépense de 500,000 francs à faire en quatre ans, 125,000 francs par an. On
pourrait accélérer les travaux et finir en deux ans, afin de garder moins longtemps
un atelier.
Il faut
établir à Saint-Roch un ouvrage carré de 30 toises de côté, revêtu et
ayant un bon fossé. On devra construire à l'abri des obus un corps de garde
pour une quarantaine d'hommes, auxquels on assurera les moyens de se
procurer de l'eau sous la protection du fort d’Osoppo.
Cet ouvrage peut suffire. Il ne sera attaqué que d'un côté. On
pourrait faire en avant des ouvrages de campagne dont il serait le réduit.
Il faut achever le camp retranché et avoir des bâtiments pour mettre à l'abri un
approvisionnement de poudre suffisant.
Le royaume
d'Italie achètera le château et le mettra en bon état pour en faire une
caserne. Lors des opérations, on pourra y placer les malades ou des objets du
matériel de l'armée.
3° Place de Venise. —
Sa Majesté s'occupe d'abord du fort de Malghera. Ce fort, qui est la
clef de Venise, doit être une bonne place, d’une capacité suffisante,
et ayant toutes les défenses dont elle est susceptible. Il convient de tout
faire pour assurer la communication avec Venise, parce que c'est cette communication
qui fait sa force; mais il faut aussi qu'elle ait tout ce qui lui serait nécessaire pour se soutenir
pendant quinze jours, indépendamment de Venise. On peut faire de ce fort une
bonne place à bon marché. Puisqu'il y a de l'eau pour la
couvrir de trois côtés, on peut donc se borner à en défendre un seul.
L'espèce de bonnet-de-prêtre tracé dans l'intérieur de la place en
serait le réduit. Il faut y placer les établissements sous un bon cavalier qui dominerait la
campagne. Il parait qu'on peut faire en avant
d'une partie de l'enceinte une inondation et un tracé, de manière à
protéger le reste et à donner un plus grand développement à la place. Il peut
arriver que Mestre devienne un jour le dépôt de toute l'armée d'Italie. Un bon général qui serait obligé
d'évacuer la Piave, se jetant sur
Venise, pourrait prendre pour protection Malghera, se placer sur le flanc de
l'ennemi et l'empêcher ainsi de se porter plus avant. Alors il faudrait que Malghera renfermât tous les
équipages de l'armée. Cette place,
dans le projet actuel, se trouvant acculée aux marais, un général habile n'oserait pas faire cette
opération. Le tracé actuel, qui n'est
guère que de 1,000 toises de développement, n'est qu'un tracé de campagne qui ne suffit pas. Il faut revoir
ce projet et le modifier de manière à donner à la place des propriétés plus
étendues et d'accord avec le rôle important qu'elle peut jouer.
Sa Majesté
demande qu'on lui présente, pour Venise et ses dépendances, un projet de
quatre millions à dépenser en quatre ans, y compris 1810.
4° Place
de Mantoue. — Il faut achever l'ouvrage de Belfiore
pour
300,000 francs, le camp retranché pour 50,000, Saint-Georges pour
700,000, le pâté de la Rotta pour 230,000, le pont
opposé à la
citadelle pour 100,000, un petit magasin à poudre à Pietole
pour 40,000, et appliquer à Pietole le reste des
fonds dont on pourra disposer. Ces fonds sont fixés pour quatre ans à 1,600,000 francs, ou 400,000 francs par an.
On
demandait 4,400,000 francs pour terminer les travaux.
Il faut diviser
cette dépense et employer d'abord aux travaux indiqués ci-dessus les 1,600,000 francs accordés pour les quatre premières années, y
compris 1810.
Sa Majesté
désire qu'on lui présente un projet dans ce système, pour lequel on peut
s'écarter des proportions de détail établies ci-dessus.
5° Place
de Porto-Legnago.— Il faut faire un projet pour
dépenser
800,000 francs en quatre an, ou 200,000 francs par an.
6° Place
de Peschiera. — IL faut faire un projet pour
employer 600,000 francs en quatre ans, à raison de 150,000 francs par an.
7° Place
de Rocca d'Anfo. — Il
faut faire un projet pour employer 400,000 francs en quatre ans, ou 100,000 francs
par an.
8° Place
d'Ancône. — On demande un million pour fortifier Montegarnetto. On ne peut accorder plus
de 500,000 francs, en quatre ans. Il faut employer cette somme à mettre Ancône
en état de soutenir un siège. Les défenses à faire ensuite pour compléter cet ouvrage sont
renvoyées au delà de quatre ans. Il en est de même du cavalier du camp
retranché. On affectera aux travaux du camp retranché 300,000 francs à dépenser
en quatre ans. On emploiera de même à l’enceinte de la ville 200,000
francs en quatre ans. Les dépenses à faire à Ancône pourraient donc être distribuées
de la manière suivante : pour le fort de Montegardetto,
500,000 francs; pour un magasin à poudre dans ce fort, 300,000 ; pour
l'enceinte de la ville, 200,000 ; pour une forte redoute à la Maison Brûlée,
200,000 ; pour deux
magasins à poudre de 100 milliers chacun, 90,000; pour la batterie de l’île, 100,000
; pour la batterie du Lazaret, 50,000. Ces dépenses iraient à 1,490,000 francs, mais on peut aller à 1,600,000 francs en
quatre ans.
On
proposera la répartition la plus convenable de cette somme, et on fera
ensuite un projet pour le bombardement.
9° Place d’Arcole.
—
Sa Majesté désire qu'on lui présente un projet en règle, et qu'on prenne,
dans toutes les hypothèses, des mesures pour conserver ce qui est fait. Le projet
d'Arcole, l'emploi des fonds à accorder pour les différents objets ci-dessus
et la suite des rapports sur ces ouvrages à faire dans le royaume
d'Italie, seront présentés à Sa Majesté.
RÉCAPITULATION.
|
Palmanova. |
2,000,000 francs pour 4 an |
500,000 francs par an |
|
Osoppo |
500,000 — |
125,000 francs - |
|
Venise |
4,000,000 — |
1,000,000 — |
|
Mantoue |
1,600,000 — |
400,000 — |
|
Porto-Legnago |
800,00 — |
200,000 — |
|
Peschiera |
600,000 — |
150,000 — |
|
Rocca d'Anfo |
400,000 - |
100,000 — |
|
Ancône |
1,600,000 — |
400,000 — |
|
|
11,500,000 — |
2,875,000 — |
Compiègne, 20
avril 1810
Au général
Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je vous envoie le projet
du roi de Naples pour l’expédition de Sicile. Mon intention est que mes troupes
soient commandées par des généraux français. Le général Cavaignac, n'étant pas à mon
service, ne peut commander mes troupes.
Faites
connaître au Roi que j'approuve son plan et que je désire qu'il s'occupe de
réunir les moyens nécessaires pour l'exécuter.
Compiègne, 20 avril 1810
Au général Clarke, duc de
Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Comme il
est possible que j'aille très promptement à Anvers, à Cadzand et à Flessingue,
je vous prie de réitérer les ordres pour que les travaux soient en
grande activité, pour que les affûts soient rendus dans ces places, et que le tout soit dans un état
satisfaisant de défense. Faites-moi connaître
le nombre des batteries qui seront élevées pour la défense de l'Escaut et sur quelle espèce d'affûts, au 1er juin, au 1er juillet, et ainsi de suite
jusqu'au 1er octobre. Je suppose que vous avez dirigé un grand nombre d'affûts de côte sur
ce point. Il est nécessaire que les pièces puissent tirer sous l'angle
de plus de 30 degrés.
Compiègne,
20 avril 1810
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je désire
avoir à Ancône, pour l'armement de la côte, soixante bouches à feu, en fer ou
en bronze, de 36, de 24 et de 18, montées sur affûts de côte et de siège, qui
puissent tirer même sous l'angle de 35 degrés. J'y voudrais également quinze
mortiers, dont cinq à plaque. Concertez-vous pour cela avec le royaume
d'Italie, qui doit en avoir en suffisance dans ses places. Faites-moi
connaître, en cas que les ressources du royaume d'Italie fussent
insuffisantes, ce que Turin
pourrait fournir, surtout en mortiers à plaque. J'en avais fait fondre l'année passée à Turin.
Compiègne, 20 avril 1810
Au général
Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
J'approuve les
dispositions suivantes pour la démolition des fortifications de Girone : les
trois forts de la Reine Anne, des Capucines et du Connétable, seront
démolis ; les fronts de la ville opposés à ces forts, depuis le bastion
33 jusqu'au bastion 34, seront également démolis, et particulièrement les bastions 33, 34,
44, 47, 48 et 49. On démolira ensuite un front de l'enceinte du Mercadal.
Le fort de Montjuich sera conservé.
Vous
enverrez à Girone cent cinquante milliers de poudre.
Vous
donnerez ordre à la 4e compagnie du 1er bataillon de mineurs, qui se
rend à Metz, de continuer sa route sur Girone, où elle sera employée aux
travaux de démolition.
J'approuve
l'emploi de 50,000 francs, savoir : de 25,000 francs pour achat de 5,000 outils
et de 25,000 francs pour frais de démolition. Cette somme sera prise, comme vous le
proposez, sur les fonds
affectés par l'article 7 du budget du génie pour les dépenses d'années.
Compiègne, 20
avril 1810
Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris
Je vous renvoie les
instructions du sieur du Moutier (Commissaire
français envoyé à Morlaix pour traiter avec M. Mackensie,
commissaire anglais, de l'échange des
prisonniers) ; elles me paraissent
bien, hormis que j'en ai effacé l'autorisation que vous lui donnez d'admettre en compte moins de 17,000 Hanovriens.
Il a été fait à ce sujet une
capitulation ; elle doit être suivie. Le sieur du Moutier enverra des courriers, et on lui répondra.
Il est nécessaire que vous joigniez à ses instructions cette
capitulation, qui a été signée par le maréchal
Mortier et le comte de Wahnoden. Vous ferez remarquer qu'elle a été signée par un parent du Roi et
l'un de ses principaux officiers.
Cette capitulation a été mise dans le Moniteur, et vous en trouverez l'original à la guerre. Il est
indispensable que le sieur du Moutier
en soit muni.
Donnez l’ordre
au sieur du Moutier de partir sans délai, et ouvrez-lui un crédit pour les
dépenses qu'il sera dans le cas de faire.
Compiègne,
20 avril 1810
Au
vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris
Monsieur le
Comte Decrès, j'ai reçu votre rapport sur les forces françaises, que j'ai dans
l'Adriatique. Je m'arrête définitivement au parti suivant. Il sera
pris sur les trois bricks que j'ai à Venise la partie d'équipages nécessaire
pour armer la Favorite, que ma
narine italienne remettra à
ma marine française, en tenant pour cet objet un compte double avec la marine
italienne. Vous pourrez donner en échange les
bricks que vous ne pourrez pas armer. La Caréna est déjà armée et montée par les Italiens ; la Bellone
le sera incessamment. Ces trois frégates se rendront à Ancône
aussitôt que possibel; ce qui, joint à l’Uranie, à la Caroline et aux trois bricks
qui sont dans ce port, fera une division de cinq frégates et de trois ou quatre bricks. Vous me présenterez un officier intelligent
pour commander, sous les ordres du
vice-roi, cette division, qui aura ordre de tenir la mer et de ne pas se laisser bloquer par des forces
inférieures. Au mois de décembre, le
Rivoli pourra être mis à l'eau; et ces cinq frégates pourront recevoir l'ordre de protéger l'entrée
en mer du Rivoli, et de rester
auprès de lui pendant les trois ou quatre jours que durera son armement.
Le Rivoli sera monté par l'équipage de l'Uranie qui, venant avec
les quatre frégates à Ancône, viendra en sûreté à Venise et y entrera pour se désarmer. Le Régénératore, monté par les Italiens, viendra à Ancône; ce qui donne l'espoir d'avoir,
en 1811, deux vaisseaux, quatre frégates et trois ou quatre bricks à
Ancône. Cette force obligera les Anglais à
tenir trois vaisseaux pour bloquer ce port.
J'ordonne
qu'une quinzaine de mortiers et une soixantaine de pièces de gros calibre
soient mis en batterie à Ancône, du côté de la mer.
Donnez des ordres pour qu'on vous fasse connaître s'il y a quelque
chose à craindre des brûlots, et s'il y a lieu d'établir des chaînes qui
ferment hermétiquement le port.
Témoignez
mon mécontentement au commandant de l’Uranie de ce qu'il s'est laissé
approcher par une frégate sans sortir pour la chasser, quoiqu'il eût
une frégate et trois bricks de la marine italienne sous ses ordres. Quant aux
bâtiments qui sont à Trieste, on mettra à la disposition du duc de Raguse, pour être
armée par la marine illyrienne, la frégate susceptible d'être armée qui est à
Trieste, et on dépècera les autres
bâtiments, en les mettant, moyennant estimation, à la disposition de la marine italienne, pour être transportés à Venise,
en se servant des mâtures, des canons, et de tout ce qu’on en pourra utiliser.
Envoyez copie de cette lettre au
vice-roi, en lui faisant connaître qu'il est
nécessaire de fortement armer la côte d’Ancône.
Compiègne,
20 avril 1810
Au prince
de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l'armée d'Espagne, à Paris
Mon Cousin,
écrivez au général Suchet que je suis très mécontent qu'il se soit porté sur
Valence au lieu de marcher sur Lérida, ainsi que j'en avais donné l’ordre. Vous lui
témoignerez aussi mon mécontentement de ce
qu'il n'était pas devant Lérida dans les premiers jours de mars. Quand même son artillerie n'eût du être
arrivée que pour le 20 avril, il
fallait qu'il vint prendre position en avant de Lérida et qu'il poussât de forts partis pour entrer en
communication avec l'armée de
Catalogne. Il aurait dû laisser une forte division pour observer Valence, contenir le pays et voir les mouvements
que l'ennemi pouvait faire en mer. Le
général Suchet a été, malgré mes ordres, à Valence; il en est revenu très légèrement; il a compromis ses troupes ; au lieu de remplir la mission dont il
était chargé, il a laissé inactive la
belle armée que je lui ai confiée. Cette conduite n'a nullement répondu à mon
attente. Le duc de Castiglione, dans la marche qu'il vient de faire sur Villafranca le 20 mars, a dû être fort surpris de ne pas trouver de troupes pour appuyer sa
droite. Il est indispensable que le
général Suchet répare ses sottises.
Compiègne, 20
avril 1810
A Louis
Napoléon, roi de Hollande, à Amsterdam
Mon Frère,
je reçois votre lettre du 18 avril ; je l'ai renvoyée à mon ministre de la
guerre. Je ne veux que la stricte exécution du traité. Il faut que l'état-major aille d'abord à
Utrecht, pour se porter ailleurs. J'ai
chargé, au reste, mon ministre de la guerre de régler tous ces détails avec votre ambassadeur. Quand un
traité existe, ce sont les termes de
ce traité qui servent seuls de loi, et mon intervention n'est plus nécessaire en rien. Toutefois ne
doutez jamais de la volonté où je suis de saisir toutes les occasions de vous
être agréable.
Compiègne,
21 avril 1810
Au général
Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Les
traverses casematées qu'on a projetées pour les digues de Flessingue et
Breskens doivent être à l'abri de la bombe, ce qui est facile en
chargeant les voûtes de terre. Il ne faut faire de chemin à côté des traverses que pour le
passage strictement nécessaire à l'artillerie.
Une des
conditions essentielles des traverses, c'est qu'elles ne doivent point être aperçues. Les tirailleurs
placés sur la route pourront voir le long de
la digue, mais ceux qui sont dedans ne doivent tirer que dans l'étendue d'une place d'armes, c'est-à-dire à peu près à 10 toises. Elles doivent être couvertes, à cette
distance, par un massif de terre.
Compiègne, 21
avril 1810
Au général
Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Faites connaître au roi de
Naples et à Corfou que la garnison de Corfou
fait partie de l'armée de Naples et que le général Donzelot
est sous les ordres du roi de
Naples, non comme roi, mais comme commandant
de mon armée.
Prenez des
mesures promptes et efficaces pour approvisionner Corfou de vivres, de
munitions d'artillerie, de canonnière et de tout ce qui est nécessaire pour la défense et le
ravitaillement de cette ile. Tâchez surtout d'y faire passer des vivres pour plusieurs années.
Donnez ordre au vice-roi d'y
envoyer de Venise et d'Ancône 5,000 quintaux
de blé.
Compiègne,
21 avril 1810
Au général
Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, les troupes françaises qui sont en Hollande peuvent rester organisées comme elles le
sont aujourd'hui. S'il y a plus de 6,000
hommes, le surplus sera à mes frais. Il est nécessaire qu'il y ait un arrangement de détail qui règle les armes et le traitement des troupes que j'ai en Hollande.
C'est un objet qui a toujours été du
ressort du département de la guerre.
Gendarmerie.
— Chargez le général Lauer d'aller organiser
les deux compagnies de gendarmerie des départements des Bouches-du-Rhin et des Deux-Nèthes. J'ai réglé dans le décret d'organisation, que vous
devez avoir reçu, le nombre de brigades dont ces deux compagnies doivent être
composées. On prendra dans le 1er régiment provisoire de gendarmerie ce qui
sera nécessaire pour compléter la compagnie des Deux-Nèthes
et former la nouvelle compagnie des Bouches-du-Rhin.
Le général Lauer désignera 25 gendarmes et un lieutenant
pour le service de l'état-major du duc de Reggio et
du corps d'observation de Hollande; le reste sera dissous et rentrera dans les
légions.
Artillerie.
—
Chargez le général Dulauloy de faire l'inspection générale de
l'artillerie et d'organiser les places et surtout les côtes. Il désignera
les places qui, étant sur les côtes, doivent rester armées, et celles
qui sont à désarmer. Il arrêtera leur armement, désignera les magasins, gardes-magasins,
ouvriers d'états et autres services de l'artillerie. Les compagnies des garde-côtes
doivent être organisées sans délai ; placez-y des officiers français
tirés des vétérans, en ayant soin de les prendre parmi ceux qui ont servi dans
l'artillerie. Le général Dulauloy fera armer les
batteries les plus importantes des Îles. Je désire qu'elles soient armées de canons
de fer; on pourra les tirer d'Anvers ou des nouvelles places que j'ai acquises. Pendant le temps
qu'il emploiera à armer ses batteries, il vous enverra un travail général que vous
présenterez à mon approbation. Le général Dulauloy comprendra
dans son organisation le service de l'île de Cadzand et des rives de
l'Escaut jusqu'à Anvers. Il correspondra journellement avec vous. Vous désignerez environ
200 canonniers vétérans, tirés de Normandie et de Bretagne, pour faire le service dans ces
Iles.
Génie. — Envoyez
le général Dejean, premier inspecteur général du génie, organiser
lui-même le service du génie dans tous ses détails, constater l'état
des places, déterminer leur approvisionnement, reconnaître les employés
et mettre enfin le service de son arme en parfait état. Nommez sans
délai pour l'artillerie et le génie des directeurs et des officiers en
résidence, actifs et capables. Mou intention est que les îles de
Beveland, de Walcheren et de Schouwen aient un centre de défense qui les
mette à l'abri d'un coup de main et des petites expéditions de l'ennemi. Le plan de
défense de Flessingue que j'ai arrêté remplit mes intentions pour l'île de Walcheren. J'attendrai le rapport du ministre
Dejean et les projets du génie pour approuver les travaux à faire à Nord-Bevelamd et à Schouwen. Faites connaître au général
Dejean que, quand il aura arrêté les projets relatifs aux côtes, il visite le tracé
et les travaux ordinaires d’Anvers et de Flessingue,
et qu’il vous instruise des observations qu'il fera sur ce qui peut m'intéresser. Comme je veux, sous six
semaines, visiter moi-même ce pays, je
désire trouver tout organisé et n'avoir que des éloges à donner au génie.
Division militaires. — Le département des Bouches-du-Rhin
faisant
partie de la 25e division militaire, il suffira d'avoir un général à
Bois-le-Duc, sous les ordres du général de la division. Il sera nécessaire que
le général commandant la 25e division et l'ordonnateur se rendent à
Bois-le-Duc et à Nimègue, et organisent le service dans leur arrondissement. Le
général Dallemagne, qui commande la 25e division militaire, ne
paraît pas capable d'être chargé d'un surcroît de travail. Mon intention est de donner le
commandement de la 25e division
militaire au général Puthod. Je n'ai pas besoin de vous
dire que sa division sera dissoute, et
que ce qui resterait de l'armée du
Nord et de l'armée du Brabant doit recevoir une autre destination. Le général d’Hastrel
pourra rester pour commander le département des Bouches-du-Rhin. Le quartier général de la
24e division militaire doit se porter à Anvers. Le commandant de la
division et l'ordonnateur doivent visiter leur arrondissement pour y organiser le
service. Je désire avoir trois
généraux de brigade : un pour l’île de Walcheren, un pour l’île de Sud et Nord-Beveland , et le troisième
pour l’île de Schouwen.
Vous avez
à nommer un grand nombre de commandants de place. Mon intention est de les
prendre parmi ceux qui existent, de même que pour les gardes-d'artillerie
et du génie, afin que cet accroissement de territoire ne me soit pas un accroissement de
dépense. J'ai dans les places de Flandre, de la Meuse et de la Somme,
des commandants de place qui
me sont parfaitement inutiles et qui me coûtent beaucoup d'argent. J'en ai dans le royaume d'Italie, qui me sont également inutiles. Le royaume d'Italie a
pris assez de consistance pour que les
commandants italiens puissent suffire ; proposez-moi donc de les supprimer.
Tout cela peut être l'objet d'une économie importante.
Les cinq
régiments de ligne qui sont dans le Brabant seront répartis de la manière suivante : trois
pour Berg-op-Zoom, Breda, Anvers et les îles, et deux pour le département des Bouches-du-Rhin. Faîtes-moi connaître si à Breda ou à Berg-op-Zoom les
fourrages sont bon marché; j'y
placerai un des deux régiments de cavalerie que j'ai à Saint-Omer. Vous me
présenterez un travail peur les compagnies de vétérans à établir dans les places de Breda, Berg-op-Zoom
et autres de la partie du territoire
cédé.
A dater du
1er mai, l'armée du duc de Reggio
s'appellera Corps d’Observation de la Hollande. Son commandement finira
où commence la
France. Mon intention est que ce maréchal ne reçoive rien du trésor
hollandais ; vous lui ferez toucher le même traitement qu'à la Grande Armée
et sur mon trésor.
Faites
rendre à la marine les 200 hommes qu'elle a fournis.
La 18e
demi-brigade provisoire est suffisante pour l'île de Walcheren,
surtout lorsque trois régiments seront si près. N'oubliez pas de me faire
dans le mois de juin un rapport pour diminuer encore la garnison de l'île de Walcheren;
je préfère courir quelques risques, qui me paraissent chimériques, au mal certain de
voir périr mes soldats de maladie. Arrivé au mois de juillet, à moins de circonstances extraordinaires, mon intention n'est pas
de maintenir plus de 600 hommes dans Flessingue. Le régiment prussien et
le bataillon colonial
sont très propres à ce genre de service.
Douanes. — Le
décret que vous aurez reçu vous aura fait connaître mes intentions sur
les douanes. Donnez ordre aux commandants militaires et à la gendarmerie de prêter
main-forte pour la saisie de toutes les marchandises coloniales entre mes
anciennes et nouvelles frontières et pour empêcher la contrebande. Donnez ordre au duc de Reggio de prendre des mesures pour confisquer les dépôts
de marchandises anglaises dans les lieux où sont ses troupes, et de s'attacher
à empêcher la contrebande et le commerce anglais.
Compiègne,
22 avril 1810
Au comte
Daru, intendant général de la maison de l’Empereur, à Paris
Monsieur le
Comte Daru, je désire avoir cette statue de Pompée, mais la somme demandée me
parait bien forte ; voyez s'il n'y aurait pas moyen de l'acquérir à
moins.
NapolÉon.
Compiègne,
23 avril 1810
A Frédéric-Guillaume
III, roi de Prusse, à Berlin
Monsieur mon Frère, les
félicitations que Votre Majesté m'a adressées à cette occasion (le mariage de l'Empereur.), dans la lettre qu'elle a chargé le maréchal comte de Kalkreuth
de me remettre, m'ont vivement touché. Votre Majesté ne pouvait choisir personne qui me fût plus agréable, et j'ai été bien aise de pouvoir lui
témoigner personnellement mon estime. Je lui ai fait connaître le prix que j'attache aux assurances
qu'elle me donne de ses intentions et de ses sentiments. Je ne doute pas que son envoyé ne lui rende un
compte fidèle de tous ceux que je lui ai exprimés pour elle, et surtout du désir que j'ai de contribuera sa satisfaction personnelle. Je saisirai
toujours avec un nouveau plaisir les occasions de lui renouveler les assurances de la sincère estime et de la parfaite amitié avec
lesquelles je suis, etc.
Compiègne, 22
avril 1810
A Auguste,
duc de Saxe-Gotha, à Gotha
Mon Cousin, je connais trop bien les
sentiments que vous avez pour ma personne pour n'être pas persuadé que vous éprouverez une vive satisfaction en apprenant mon
mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche. Les félicitations que vous m'avez adressées sur cet événement ne pouvaient que
m'être très agréables. Je désire qu'il se présente des circonstances qui me permettent de vous donner des
preuves de l'intérêt bien sincère que je prends à tout ce qui peut contribuer à votre prospérité et à
celle de votre Maison. Je profite avec plaisir de cette occasion pour vous assurer de mon attachement et de ma constante affection.
Même
lettre, avec quelques variantes, aux princes de la Confédération du Rhin, à la
Confédération suisse, à la ville de Danzig, aux villes de Hambourg, de Lubeck
et de Brème.
Compiègne, 24 avril 1810
A M. de Champagny, duc de Cadore,
ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le Duc de Cadore, j'approuve
votre projet de à mes ministres
auprès des princes de la Confédération. Recommandez-leur, en l'envoyant, de la tenir très secrète, et d'arriver à ce pas avec
adresse, sans brusquerie, et sans montrer une prétention qui pourrait compromettre mes intérêts les plus
réels.
J'approuve
aussi la lettre que vous voulez écrire à M. Didelot pour mes secrètes intentions
relativement à la triple alliance (Triple alliance du Nord, d'après la minute :
projet d'alliance secrète avec la Suède, le Danemark et le duché de
Varsovie).
Compiègne, 24
avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur
le Duc de Cadore, j'approuve le congé que vous proposez pour M. Derville, mon chargé d'affaires dans le Valais. Dites-lui
de venir à Paris, où il pourra être consulté sur les affaires relatives à ce
pays; il faudra qu'il se munisse, en conséquence, de tous les renseignements
nécessaires. Faites-moi connaître si j'ai lieu d'être satisfait de ceux qui
gouvernent actuellement dans le Valais; ce n'est que dans ce cas que je leur
permettrai de m'envoyer une députation.
Compiègne,
24 avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur
le Duc de Cadore, je vous renvoie un portefeuille avec les affaires relatives à
la Saxe.
Il me
semble qu'on démolit les fortifications de Dresde. Donnez pour instruction à mon
ministre de veiller à ce que l'on travaille aux fortifications de
Wittenberg; il faut que la Saxe ait une place forte pour y déposer en sûreté
ses arsenaux, son artillerie et ses magasins.
Je vous
renvoie aussi les affaires de Stuttgart; je n'ai parcouru ces dépêches
que légèrement ; s'il y avait quelque chose qui demandât une décision, vous me le
feriez connaître.
Compiègne,
24 avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur
le Duc de Cadore, je vous renvoie toutes les dépêches relatives aux affaires de
Hollande, que j'ai trouvées dans vos portefeuilles.
Demandez au sieur la Rochefoucauld une analyse de l'emprunt de la Prusse, et
faites-lui connaître qu'il doit l'encourager de tous ses moyens; que même, s'il le faut, il peut promettre
une garantie de ma part, dans le cas
où il arriverait des événements supérieurs à la Prusse, et qu'il peut faire mettre dans les journaux du pays tout ce qui peut favoriser l'emprunt de la Prusse. Je
n'entendrais pas m'engager à payer
l'intérêt, si la Prusse tardait à le payer, mais je m'engagerais
volontiers à rassurer contre tout événement de force majeure.
Vous
pouvez écrire en Hollande qu'on peut laisser entrer les bâtiments
chargés de sel, s'ils n'ont rien payé aux Anglais.
Compiègne,
24 avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le
Duc de Cadore, je vous renvoie toutes les dépêches de Prusse que j'ai
trouvées dans vos portefeuilles, depuis le 21 mars jusqu'au 4 avril. Il
résulte d'une note de M. de Goltz que la Prusse me doit encore 86,500,000 francs. L'emprunt de Hollande est de 38
millions; il restera donc à trouver 48 millions. Il y a 12 millions de lettres
de change protestées de Magdeburg qui sont à payer sans délai. Enfin ces 48
millions, à 5 millions par mois, seraient payés en neuf mois. Un arrangement de
cette espèce pourrait avoir lieu, et la Prusse serait libérée. Mais je ne me
déferai d'aucune forteresse que lorsque, sur les 86 millions, j'en aurai au
moins 50 dans les mains. En économisant et en licenciant ses troupes,
la Prusse arrivera à ce résultat. Je désire beaucoup que vous parveniez à faire avec M.
de Kalkreuth ou avec M. de Krusemark
une convention dans ce sens, et prendre des mesures pour favoriser l'emprunt de
Hollande.
Compiègne,
24 avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur
le Duc de Cadore, je vous renvoie le travail d'Autriche. Présentez-moi un
projet de note à M. de Metternich. Vous lui ferez connaître dans cette note que
j'accorde volontiers à l'empereur d'Autriche la permission d'emprunter 30 millions de
florins sur le pied de 20 kreutzers, ce qui fait 25 millions tournois. Il pourra ouvrir des emprunts à Paris, à Gènes,
à Amsterdam, Francfort, etc., non seulement
je l'y autorise, mais vous lui direz que je suis bien aise de donner à l'empereur des preuves de mon désir de
lui être agréable, et de favoriser
ses projets.
Sur la seconde
note, répondez à M. de Metternich que vous êtes autorisé à entrer en négociation sur
l'établissement d'une factorerie à Fiume, sur
le règlement des relations commerciales entre les provinces illyriennes et l'Autriche, ainsi que sur un
traité général de commerce.
Concertez-vous sur cet objet important avec M. Aldini
et le ministre de l'intérieur, et voyez
ce que vous pourrez conclure là-dessus.
Répondez à
la troisième note que vous êtes autorisé à conclure un arrangement pour les
sujets mixtes de la Confédération, en prenant pour base ce qui a été
réglé par les traités pour les autres pays.
Présentez-moi
des projets de notes pour M. de Schwarzenberg; vous lui direz que mon intention est
que le traité de Vienne soit ponctuellement
exécuté pour tout ce qui concerne les provinces illyriennes. Vous lui ferez aussi connaître que des
ordres sont donnés pour que tous les
prisonniers de guerre autrichiens soient rendus, et que j'ai demandé un
rapport à mon ministre des finances sur l'affaire des frères Kreuzer, ainsi que sur celle du comte Maldonado.
Faites-lui également connaître que
ceux de mes sujets qui se sont révoltés , en Dalmatie pendant la
dernière guerre éprouveront les effets de mon indulgence.
Vous écrirez au ministre de la guerre dans le sens de la réponse que vous ferez.
Présentez-moi
un rapport sur la réclamation de M. Otto en faveur du comte de Sikingen.
Compiègne,
24 avril 1810
A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à
Paris
Monsieur
le Duc de Cadore, j'approuve le projet d'instruction pour la remise de Bayreuth.
Il faut y ajouter que le général Compans se concertera avec l'intendant de
la province pour stipuler la remise des meubles
et de tous les revenus arriérés. J'approuve également les instructions de M. Jollivet
pour la remise de Fulde et de Hanau.
Compiègne,
24 avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur
le Duc de Cadore, répondez à M. de Gallo qu'il est sans inconvénient qu'on nomme
en Russie une légation napolitaine, mais que je désire qu'elle ne s'y rende pas. Quant à
la cour de Vienne, le Roi ne doit pas y nommer de légation, puisque
cette cour ne l'a reconnu que comme roi de Naples, et que la présentation des
lettres de créance éprouverait des difficultés qui me seraient fort désagréables.
Compiègne,
24 avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le
Duc de Cadore, j'approuve ce que la Consulte a fait pour l'ancien roi de Sardaigne.
Je ne me refuse point à donner un secours fixe à ce prince, mais je désirerais
auparavant une lettre ou quelque chose qui me fit connaître ses demandes
et ses besoins.
Compiègne, 24 avril 1810
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur
le Duc de Feltre, témoignez mon mécontentement au duc de Castiglione de sa
retraite sur Girone. Si, au lieu de rester dans Barcelone au milieu d'actions
et de réactions, il avait été à la tête de ses troupes et ne les eût pas confiées à
des généraux de peu d'expérience, il aurait jeté Caro dans la mer, balayé tout ce qui était
devant lui, et aurait trouvé des vivres dans la plaine de Lérida. Je n'ai
point reconnu là le zèle qu'il avait toujours montré pour mon service et
pour la gloire de mes armes. Ce n'est point en restant dans les capitales
éloignées de l'armée que des généraux en chef peuvent acquérir de la gloire et
mériter mon estime.
Donnez ordre au maréchal
Macdonald de partir dans le plus court délai
pour prendre le commandement de l'armée et le gouvernement de la province. Mettez-le au fait de ce qui s'est
passé. Il vous sera facile de lui
faire comprendre que le maréchal Augereau, cassé et infirme, au lieu de commander lui-même ses
troupes, les a laissées à son frère,
officier très médiocre, et qu'il est revenu lorsqu'il y avait encore des ennemis à combattre; que les
plaines entre Lérida et Tarragone sont
bonnes et abondantes en vivres, et qu'il faut de l’énergie et du mouvement.
Vous
trouverez ci-joint le décret qui nomme le maréchal Macdonald commandant de l'armée
de Catalogne et gouverneur général du pays.
Après la
dénonciation du maréchal Augereau contre le général Duhesme, le
consul de France et autres individus, il faut demander des renseignements précis,
les noms des membres de la commission formée par le maréchal Augereau, les
résultats de l'enquête, les interrogatoires du général Duhesme
et des autres prévenus. Il y avait bien autre chose à faire que de réjouir les
Espagnols par cette réaction.
Compiègne, 25 avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le
Duc de Cadore, faites démentir la ridicule lettre que
le journal de Francfort me fait écrire au prince Charles. Il faut le faire dans
des termes qui ne blessent point l'Autriche, en rendant seulement hommage à la
vérité. Invitez le sieur Hédouville à surveiller
cette gazette qui met tant de bêtises sous mon nom.
Compiègne,
25 avril 1810![]()
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le
Duc de Cadore, il n'y a pas de doute que les Hollandais ne doivent payer qu'à dater du 1er avril. Il n'y a pas de
doute que les corsaires peuvent prendre les bâtiments en fraude qui seraient dans les
rades et passes de Hollande, car, s'il y en avait, mes douanes ont le droit de
les aller saisir. Je ne vois donc pas quelle difficulté cela peut
faire. Au reste, s'il y a des discussions, elles doivent être jugées par moi.
La Hollande ne doit point tolérer la contrebande ; voilà le fait.
Compiègne,
25 avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur
le Duc de Cadore, il me semble que le traité que vous avez signé le 24 avril avec
M. de Taube n'avance rien. Il faudrait savoir ce
que donne le roi de Wurtemberg, et il ne peut se dispenser de céder
le duché de Nellenburg au grand-duc de Bade. Si la
portion de
territoire qu'il cède au grand-duc de Bade rentre dans ses Étata
et
est comme une pierre d'attente pour pouvoir reprendre ce duché, ce sera un
sujet d'incertitude et d'inquiétude pour le pays, an lieu d'être un sujet de
tranquillité et de consolidation.
Compiègne,
25 avril 1810
A M. de
Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur
le Duc de Cadore, je vous renvoie les dépêches de Constantinople et de Perse.
Il ne faut pas que mon envoyé à Constantinople montre aucun sentiment hostile contre
l'Autriche, à cause de son pavillon. Ce sont des misères auxquelles je ne
veux prendre aucun intérêt. Dites à l'ambassadeur turc d'expédier un courrier à Constantinople
pour écrire contre les Moruzzi (les Morassi étaient des Grecs, drogmans de la Porte, vendus aux
Anglais et très hostiles à l'ambassade de France) et
demander catégoriquement qu'ils soient chassés.
Je vous ai
écrit de renvoyer l'ambassadeur de Perse, mais sans mauvais traitement. Vous
lui direz que je ne veux pas le voir et que je suis mécontent que la Perse ait
fait céder les intérêts de sa politique à quelques milliers d’écus qu'ont donnés les
Anglais ; que, lorsque l'empereur
de Perse voudra renouer ses liaisons avec moi, il devra d'abord chasser les Anglais de chez lui.
Compiègne,
25 avril 1810
Au comte
de Montalivet, ministre de l'intérieur, à Paris
Monsieur
le Comte de Montalivet, vous avez écrit une lettre au prince Kourakine;
je vous prie de m'en envoyer copie. C'est, en général, une mauvaise
chose que d'écrire aux ministres étrangers, puisqu'il y a des nuances qui peuvent
compromettre le cabinet. C'est au ministre des relations extérieures seul à
faire ces réponses.
Compiègne, 25 avril 1810
Au général
Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Les
commandements d'armes ont été mal divisés ; un général de division commandant
d'armes de première classe se trouve obligé d'obéir au général de brigade qui commande le
département, et souvent il en résulte de
l'incertitude dans le service. Cet inconvénient se fait même sentir pour les places de deuxième
classe confiées aux généraux de
brigade. Je désire, en conséquence, une autre division dans les commandements
d'armes, et je vous charge de me faire un rapport sur cette partie. Désormais aucun général de division ne sera employé comme commandant d'armes, et il
conviendra de créer une cinquième
classe, qui sera affectée aux capitaines. Quel était autrefois le système adopté pour le commandement ou le
gouvernement des places ? La méthode usitée aujourd'hui n'a-t-elle point
été établie dans le cours de la révolution ? Cette méthode est extrêmement dispendieuse en raison des traitements considérables
attribués aux grades supérieurs.
Compiègne, 25 avril 1810
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Mon
intention est de faire une expédition dans les îles Jersey et de charger de
cette expédition la division Grandjean. En
conséquence, les
trois régiments et l'état-major de cette division se rendront de Reims à
Cherbourg. J’ai à Cherbourg deux vaisseaux de guerre pour protéger
cette expédition. Le 5e léger en fera partie, ce qui fera un corps de 7
à 8,000 hommes. J'ai spécialement en vue, dans cette expédition, d'inquiéter
les Anglais et de les obliger à tenir beaucoup de monde à Jersey.
Compiègne,
25 avril 1810
Au prince
de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l'armée d'Espagne, à Paris
Mon
Cousin, donnez l’ordre au général Rogniat de se
rendre devant Lérida pour diriger le siège de cette place. La 4e et la 6e
compagnie du 4e bataillon de
sapeurs et un détachement de la 4e compagnie du train du génie, conduisant trente-deux caissons chargés de huit à dix mille outils, seront employés au siège de Lérida.
La 1e et la 8e compagnie du 4e bataillon de sapeurs seront
employées au siège de Ciudad-Rodrigo.
La 6e et la 9e compagnie du 2e bataillon de sapeurs et les 7e et 8e du
même bataillon, avec un détachement de voitures portant dix mille outils, se rendront à Madrid. Ce qui reste disponible du train du génie sera réparti entre Lérida,
Ciudad-Rodrigo et Madrid, pour être à la disposition de l'armée
d'Andalousie. Donnez ces différents ordres.
Compiègne,
25 avril 1810
Au prince
de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l'armée d'Espagne, à Paris
Mon Cousin, donnez ordre
au 1er régiment de marche d'infanterie, composé de détachements appartenant au 1er
corps d'armée, qui se trouve dans la Navarre,
faisant partie de la division Dufour, de se réunir tout entier et de se rendre à Madrid, où il sera dissous et rejoindra le 1er corps.
Donnez
ordre au 43e bataillon de la flottille et à un bataillon d'ouvriers de
la marine de partir de Saint-Sébastien pour Madrid, d'où ils se rendront devant
Cadix. J'entends ceux qui ne faisaient pas partie de la Grande
Armée.
Donnez
ordre à l'autre bataillon de la flottille et à l'autre bataillon d'ouvriers de
la marine, ceux qui étaient à Orléans, qui sont à Saint-Sébastien, de se rendre,
sous les ordres du colonel Baste, au quartier général de Burgos, à
la suite de la Garde; ils seront sous les ordres du général
Dorsenne. Les uns et les autres seront sous les ordres des généraux qui
commandent le génie et feront partie du parc du génie.
Donnez
ordre au 5e régiment de marche, qui fait partie de la division
Seras, de se rendre, savoir : le 1er bataillon à Valladolid, où il sera
dissous, et les différents détachements envoyés aux bataillons qu'il a au 6e et
au 8e corps. Le 2e bataillon sera également dissous; le détachement du 121e
sera envoyé à Saragosse ; celui du 122e à la division Bonet, et ceux des 32e et 58e au 8e corps.
Donnez
ordre que le 6e régiment de marche d'infanterie, qui fait partie également de
la division Seras, soit dissous, et que les détachements appartenant au 6e
corps, savoir, ceux des 6e léger, 39e, 76e, 59e, 50e, 69e, 82e, etc.,
se réunissent en une compagnie à Vitoria, et se rendent de là à
Salamanque ; que les détachements appartenant au 8e corps, savoir,
ceux des 65e, 25e, 19e, 70e, 86e, etc., se réunissent en une
compagnie et se rendent à leurs régiments pour y être incorporés.
Tous les
détachements qui appartiennent aux 1er, 2e, 4e et 5e corps, se
réuniront en un corps et se dirigeront sur Madrid.
Le
bataillon d'Isembourg et celui du régiment de Prusse
se rendront à Pampelune pour y tenir garnison.
Le
bataillon de marche de la légion de la Vistule sera également envoyé dans
la Navarre, où, s'il est nécessaire, le général Dufour sera autorisé à le
garder.
Le
bataillon badois se rendra à Madrid pour rejoindre son corps.
Je suppose
que vous avez donné ordre au régiment d'infanterie du grand-duché de Hesse de
se rendre à Vitoria.
Donnez
l'ordre à la brigade Lamartinière de se réunir en
règle par régiment
et de partir pour Madrid, où cette brigade sera dissoute et d'où chaque
détachement rejoindra son régiment.
Tous les régiments de
marche de cavalerie ont déjà été dissous. Par ce nouvel ordre tous
les régiments de marche d'infanterie le sont, et l'armée
du Midi se trouvera renforcée d'une grande quantité de troupes.
Compiègne, 25 avril 1810
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général
de l'armée d'Espagne, à Paris
Mon
Cousin, le général Dorsenne a l’ordre de se rendre à Burgos pour
prendre le commandement de ma Garde, qui est composée de la division Roguet,
formée de deux régiments de fusiliers et de tirailleurs, et de la division Dumoustier, qui, d'Angers, a ordre de se rendre
sur Burgos, et qui est également formée de deux régiments de fusiliers et de tirailleurs. Chacune de ces divisions
est forte de 6,000 hommes et a huit pièces de canon de bataille,
indépendamment de douze pièces d'artillerie légère, qui joindront la division
Dumoustier à son passage à Bordeaux ; ce qui
portera l'artillerie à vingt-huit pièces.
Je donne ordre aux lanciers de Berg et aux chevau-légers polonais de se réunir à Bayonne ; ce qui, joint
aux deux régiments de chasseurs,
dragons et grosse cavalerie, portera la cavalerie à 2,500 hommes. Je
donne ordre au général Lepic d'aller prendre le commandement de cette cavalerie. Vous donnerez
ordre au général Dorsenne de correspondre avec vous et de ne recevoir d'ordre
que de vous. Il occupera Burgos,
Aranda, et maintiendra la communication avec Santander, Vitoria et Santo-Domingo.
Vous lui donnerez le commandement supérieur de la province de Burgos. J'ai
joint à ma Garde un corps de marins,
commandé par le colonel Baste, et un corps
d'ouvriers de la marine; ce qui portera ce corps à 16 ou 17,000 hommes. Vous donnerez pour instruction au
général Dorsenne que, en cas que les
Anglais marchent contre le duc de Rivoli, il est maître de marcher à son secours ; mais que, hors ce cas-là, il doit s'appliquer à maintenir la tranquillité sur
le Douro et jusqu'à Santander, faire des colonnes pour protéger les
communications avec la Navarre et pour
maintenir sa communication avec Valladolid. Vous donnerez ordre au général Dorsenne d'être rendu le 12 mai à Burgos, d'avoir toujours 500,000 rations de biscuit pour
marcher avec la Garde, de faire
augmenter la défense du fort de Burgos, et de mettre tout dans la meilleure situation de défense et de
tranquillité dans les pays environnants. Vous joindrez à ma Garde le
bataillon de Neuchâtel et la compagnie des
guides de l'armée. J'ai donné ordre que les 3e, 4e et 7e demi-brigades
provisoires, avec le régiment d'infanterie
du grand-duché de Berg, sous les ordres d'an général de brigade, partent pour Bayonne, et de là pour Vitoria. Vous
me ferez connaître le jour où arrivera
cette demi-brigade d'arrière-garde, pour que je lui donne de nouveaux ordres.
Compiègne,
25 avril 1810
Au maréchal
Bessières, duc d’Istrie, commandant la cavalerie de la garde impériale, à Paris
Mon
Cousin, je désirerais augmenter les dragons, chasseurs et grenadiers de ma Garde en
Espagne, en prenant dans mes vélites des hommes qui ont peu fait la guerre et qui ont
besoin de la faire pour acquérir de l'expérience, de sorte que je
n'aurais à Paris que de vieux chasseurs, grenadiers et dragons. Je remplacerai
les vélites par la voie de la conscription, au lieu que mes vieux soldats me seraient plus
difficiles à remplacer.
Compiègne, 26 avril 1810
Au comte Defermont, intendant général du domaine
extraordinaire de la couronne, à Paris
Monsieur
le Comte Defermont, je vous envoie des pièces par lesquelles
le roi de Westphalie demande que tous les domaines réservés en Westphalie et
en Hanovre soient mis à sa
disposition, à la charge par lui de rembourser les donataires en bons, qui
s'éteindraient successivement
comme ceux stipulés par le dernier traité. Les domaines réservés s'élèvent pour la Westphalie à environ 6,975,000 francs, pour le Hanovre, d'après le décret de ce
jour, à 4,494,000; ce qui fait un
total approximatif de 11,469,000 francs de revenu. Sur ce fonds, il me reste encore à disposer, savoir :
en Westphalie, de 177,900 francs
environ ; en Hanovre, restant de crédit de la 4e classe, réduit par le décret de ce jour, 398,690; total du
revenu qui est encore disponible,
576,590 francs.
Je consens
à ce que tous les domaines qui n'ont pas encore été distribués soient
rétrocédés au Roi, moyennant le payement de leur valeur, calculée au
denier vingt, en bons de 10,000 francs, portant intérêt à 4 pour 100 et payables
de six mois en six mois chez un banquier à Paris ; de sorte que désormais, au
lieu de donner des domaines en Westphalie ou en Hanovre, je donnerai de ces bons.
Quant aux
domaines que j'ai déjà distribués, beaucoup de donataires n'ont pas encore
été mis en possession ; je désire que vous m'en remettiez le relevé. A
l'égard de ceux-là, je ne vois pas de difficulté à ce que vous stipuliez
pour eux les mêmes conditions de rétrocession que pour les domaines dont je
n'ai pas encore disposé.
Enfin,
quant aux biens dont les donataires sont actuellement en possession,
le domaine extraordinaire pourrait consentir à ce que tout donataire qui
voudrait remettre son lot au Ri pût le faire aux mêmes conditions de
remboursement que les précédents. Ainsi, par exemple, pour un individu
ayant 4,000 francs de revenu, le Roi donnerait huit bons de 10,000 francs,
représentant un capital de 80,000 francs, ces bons portant intérêt à 4 pour
100, payables chez un banquier à Paris, et remboursables d'année en année, de manière que le
total du prix serait remboursé en vingt années.
Dans l’état
actuel des choses, il y a 11,469,000 francs de revenus
réservés, tant en Westphalie qu'en Hanovre. Je calcule que cette somme se
distribue de la manière suivante : en dotations au-dessus de 4,000 francs, 7,284,000 francs; en dotations de 4,000 francs, 2,340,000;
en dotations de 2,000 francs, 892,000 ; restant à distribuer, 576,000; total,
11,092,000; restant employés en complément de dotation, 377,000; total égal, 11,469,000
francs.
Il ne
serait pas avantageux aux donataires qui ont plus de 4,000 fr.
d'entrer en arrangement avec le Roi, et ce traité ne peut être admissible que
pour ceux qui ont 4,000 francs et moins de 4,000 francs, ou dont le revenu serait
trop faible pour supporter des frais d'administration. En supposant
donc que tous ceux qui ont 4,000 francs et au-dessous consentissent à
s'arranger, cela ferait environ 3,630,000 francs de
rente que le Roi acquerrait moyennant 7,260 bons de 10,000 francs,
remboursables en vingt années, à raison de 363 bons par année, et de plus le
payement de l'intérêt à 4 pour 100 ; ce qui ferait, pour la première année, le payement
d'un intérêt de 2,904,000
francs.
Il faudrait de plus
établir dans ce traité deux classes : 1° la classe de ceux qui sont
actuellement en possession et qui accèdent au traité ; ils doivent conserver
hypothèque spéciale sur leur bien, et le Roi doit s'engager à ne pas vendre
ce bien jusqu'à ce que le remboursement en ait été entièrement acquitté, afin qu'en cas
d'un événement quelconque ces propriétaires conservent toujours leur gage; 2°
quant à la partie qui m'appartient ou dont les propriétaires n'ont pas encore l’investiture,
il faudrait assigner une hypothèque spéciale et générale sur tous les biens.
Négociez
cet arrangement avec le ministre des finances de Westphalie, afin qu’à
mon retour d'Anvers vous puissiez signer. Si vous avez besoin de
renseignements, demandez-les par courrier extraordinaire, et mettez de
l'activité dans cette affaire. Consultez ceux des acquéreurs qui sont ici et
qui ont 4,000 francs. Enfin rendez-moi compte des progrès de cette négociation
, et ne signez rien sans m'a voir présenté le traité.
Vous
recevrez de la secrétairerie d'État un décret par lequel je viens de
lever toutes les difficultés sur les dotations du Hanovre.
Compiègne,
26 avril l810
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l'armée d'Espagne,
à Paris
Mon Cousin,
je vous renvoie toutes les pièces de la correspondance d'Espagne.
Faites-en faire un extrait pour le Moniteur, que vous me montrerez demain à
Saint-Quentin avant de l'envoyer. Vous mettrez sous le titre de Siège de Cadix le
journal de ce siège, depuis le commencement jusqu'aujourd'hui ; s'il y a quelque chose d'inconvenant, vous le supprimerez ; sous le titre de Comptes
journaliers des escarmouches et affaires peu importantes qui ont eu lieu dans
les différentes parties de l'Espagne, le rapport succinct des affaires de
Malaga, de Ronda,
des petits débarquements des Anglais, de la petite affaire du général Foy, de la reconnaissance dans le nord
du général Sainte-Croix, de la marche
du général Suchet sur Valence (en imprimant les pièces qui ont été émises à cette occasion), des affaires du général Bonet. Il faut
nommer les officiers qui se sont distingués, car, quoiqu'ils aient eu part à des affaires peu
importantes, ils n'en ont pas moins
risqué leur vie. D'ailleurs cela donnera des connaissances sur les affaires d'Espagne.
Compiègne,
26 avril 1810
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l'armée d'Espagne, à Paris
Mon Cousin, écrivez au roi
d'Espagne que je suis instruit qu'il fait renvoyer les aigles retrouvées à Bailén par
le général Dessolle; que cela ne m'est pas agréable ;
qu'il doit charger de cette mission un simple officier, un capitaine ou un
lieutenant-colonel, mais non un officier du grade du général Dessolle, qui est nécessaire en Espagne. Si le général Dessolle était déjà parti, prévenez le général Belliard pour qu'il le retienne
et l'empêche de passer Madrid, en lui faisant
connaître mes motifs.
Compiègne, 26 avril 1810
A Louis
Napoléon, roi de Hollande, à Amsterdam
Je pars
demain pour Anvers; j'irai jusqu'à Flessingue et la frontière. Je désire que vous me fassiez passer les
prospectus de l'emprunt de Prusse et me
fassiez connaître à quel taux emprunte la Prusse, et s'il réussira, les époques de payement, etc. Tout
cela écrit, non pas en argot de
commerce, mais de manière que je le comprenne.
Compiègne, 26
avril 1810
A Hortense
Napoléon, reine de Hollande, à Amsterdam
Ma Fille,
j'ai reçu votre lettre. Je suis bien aise que vous soyez arrivée avec vos enfants
en bonne santé. Je pars demain pour Anvers, où je serai le 1er mai;
j'aurai là de vos nouvelles. On m'assure que vous êtes contente du Roi et de la
Hollande, ce qui me fait grand plaisir.
Compiègne,
26 avril 1810
A Jérôme
Napoléon, roi de Westphalie, à Paris
Mon Frère, je viens de
donner des ordres relatifs à vos différentes affaires. Je n'ai pas de
renseignements assez détaillés sur l'arriéré du Hanovre; je vais m'en
faire faire le rapport. Je crois qu'on demande 14 millions; je saurai si
cette somme est véritablement due, et dans tous les cas je suis disposé
à la réduire et à traiter favorablement votre pays. J'ai accordé sur les revenus
domaniaux en Hanovre la déduction de tous les produits qui étaient
étrangers aux domaines.
J’ai réduit
les dotations assignées sur ces revenus, de manière à faire disparaître le déficit. Enfin
j'ai autorisé l'intendant général de mon domaine
extraordinaire à entrer en arrangement avec votre ministre des finances pour la vente des domaines qui
m'appartiennent encore ou qui
appartiendraient à des individus ayant des dotations de 4,000 francs et au-dessous. Quant aux biens qui
sont actuellement en la possession des
donataires, je n'y puis rien. J'ai donc fait en cela tout ce que vous désiriez.
Compiègne, 26avril 1810
A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie,
à Paris
Mon Fils,
je désirerais que vous vinssiez à Anvers de votre personne pour voir l'escadre
et les localités, qu'il est bon à votre âge de
connaître. Je ne sais pas si vous avez vu Boulogne depuis que j'y ai fait
construire une flottille. Je compte être à Anvers le 1er mai. Tâchez d'y
être du 3 au 4. Cependant, comme ce voyage n'est que pour votre instruction,
faites là-dessus ce qui vous conviendra.
Compiègne, 28 avril 1810
A L’Impératrice Joséphine, au château de Navarre
Mon amie,
je reçois deux lettres de toi. J'écris à Eugène. J'ai ordonné que l'on fit le
mariage de Tascher avec la princesse de la Leyen.
J'irai
demain à Anvers voir ma flotte et ordonner des travaux. Je serai de
retour le 15 mai.
Eugène me
dit que tu veux aller aux eaux; ne te gênes en rien. N’écoutes pas les
bavardages de Paris; ils sont oisifs, et bien loin de connaître le véritable
état des choses. Mes sentiments pour toi ne changent pas, et je désire
beaucoup te savoir heureuse et contente.
Laeken, 30
avril 1810
Au
vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris
Je reçois
votre lettre du 29 avril.
La communication du
commissaire anglais avec l'Angleterre, par parlementaire,
est de droit commun. Je ne vois pas de difficulté non plus à ce qu'il
communique avec ses parents et amis qui sont prisonniers en
France.
Écrivez à
M. du Moutier qu'il ne doit remettre aucune note par écrit que la minute ne
vous en ait été soumise et qu'elle ne vous ait été renvoyée approuvée.
Vous pouvez faire répondre par
votre chef de division, en réponse à la
lettre du 22 avril du commissaire anglais, qu'il est probable que, sa négociation une fois terminée, il n'y a aucune
espèce de difficulté à ce qu'il se
rende à Paris.
Je vous
envoie un projet de note à présenter par M. du Moutier. Il vous sera facile de lui
expliquer l'esprit et le sens de cette note. C'est le commissaire anglais qui
en a donné la première idée : mettre les prisonniers
des deux masses belligérantes en liberté à la fois est une grande idée. Nous n'avons pas seulement des
prisonniers en Angleterre ; nous en
avons aussi au pouvoir des gouvernements de Cadix, de Valence et dans les trois îles d'Espagne. Je
ne puis donc renvoyer tous les prisonniers espagnols qui sont en France sans
qu'on me renvoie les prisonniers
français qui sont dans ce pays. Nous évaluons à 10 ou 12,000 les prisonniers qui restent au pouvoir des Espagnols, et nous avons plus de 40,000 Espagnols. La
proposition à laquelle nous adhérons est donc toute contre nous. Vous
remarquerez que nous renvoyons en masse les prisonniers français et anglais,
parce que les deux nations traitent directement et loyalement. Nous n'irons
à craindre aucune réticence; il n'en est pas de même avec les Espagnols , qui ont des gouvernements révolutionnaires qui
n'offrent aucune garantie. Le
gouvernement serait responsable du refus des juntes espagnoles, puisqu'il est comptable de tous les
Français.
Nous ne
pouvons nous dissimuler que ce commissaire anglais pourra, après avoir reçu
les prisonniers anglais, puisque le nombre des prisonniers français
est plus considérable, demander en compensation une certaine quantité
d'Espagnols. S'il faisait cette proposition et qu'il y tint, il n'y aurait pas
d'inconvénient, sans entrer dans la discussion des Hanovriens pris avant la guerre ni dans la distinction des rangs, de faire une note et de dire que,
indépendamment des Anglais qu'on
remettra directement en Angleterre, on y remettra également 10,000 Espagnols. Par ce moyen, on
éviterait toute discussion
, et supposé que les
gouvernements révolutionnaires d'Espagne ne voulussent pas renvoyer les Français, l'Angleterre aurait eu l'équivalent de son échange.
Il me
semble que cette manière de présenter la question, en divisant les principes
d'exécution, est grande et avantageuse aux deux puissances.
Enfin, si
l’on voulait prendre les mêmes errements qu'en 1780, nous y consentons, et, si,
au lieu d'argent, on veut des Espagnols, nous y consentons encore.
Vous devez
faire observer au sieur du Moutier qu'il est possible qu'il n'y ait que 5 à
6,000 Hanovriens dans les rangs anglais; mais par les rapports des
prisonniers faits dans les armées des généraux Stuart, Moore et
Wellington, nous savons qu'un grand nombre de prisonniers de la
capitulation du Hanovre sont morts dans les hôpitaux ou ont été tués, que
d'autres font partie d'expéditions éloignées; qu'ainsi le calcul de 3 à
4,000 n'est pas admissible; que le principe de prendre des individus
anglais voyageant est une conséquence des principes du droit maritime anglais,
qui prend des négociants, des marchands, même de simples passagers ; que, sans
entrer dans des discussions d'individus, il est plus naturel de trancher la
question en évitant cette difficulté.
Si ce
projet ne convenait pas au gouvernement britannique, le sieur du Moutier en
présenterait un autre basé sur le cartel de 1780.
Préparez
ces dépêches. Vous me les lirez demain matin, et vous les ferez immédiatement
partir par un courrier extraordinaire pour Morlaix.
PROJET DE
CARTEL.
1. Tous les
Français, Italiens , Napolitains, Hollandais, Russes, Danois et
autres sujets alliés, amis ou au service de France, qui seraient retenus en
Angleterre, en Espagne, en Sicile, en Portugal, au Brésil ou dans tout
autre pays allié de l'Angleterre, dépendant de Sa Majesté Britannique ou
occupé par ses armées, sans considération de grade ni de qualité,
seront mis en liberté.
2. Tous les
Anglais, Siciliens, Portugais,
Espagnols, Hanovriens,
sujets ou au service de ces nations, seront mis en liberté et renvoyés
chez eux de France, d'Italie, de Hollande, de Russie et de tous les
pays alliés ou dépendants de la France ou occupés par ses armées.
3. Les deux
articles précédents recevant leur exécution, il ne restera plus de
prisonniers pour raison de guerre des deux masses belligérantes dans les
uns et les autres pays.
4. L'exécution
de ces articles aurait lieu de la manière suivante:
1° Tous les prisonniers français ou
du royaume d'Italie qui sont retenus en Angleterre, à Malte, en Sicile, seront
transportés sur le point le plus près de la côte de France, et la remise en sera faite à des
commissaires français nommés à cet effet.
Tous les Anglais retenus en France, de quelque grade
et sous quelque dénomination que ce soit, comme prisonniers de guerre, seront mis
en liberté, et remis sur le point le plus près de la côte d'Angleterre à des
commissaires anglais nommés à cet effet.
2° Tous les Hanovriens faisant partie de l'armée de Hanovre qui ont été ou
sont au service de l'Angleterre ne seront pas inquiétés dans leurs biens;
ils seront censés échangés ou l’avoir été, et ceux actuellement existant en
Hanovre seront déliés de l'obligation que leur imposait la capitulation.
3° Tous les Français retenus en Espagne ou dans les pays appartenant à
l'Espagne seront mis en liberté; la libération en sera faite entre les
généraux français et les commandants des villes qui leur seront opposés. La remise
pourra avoir lieu, ou par renvoi par mer dans un des ports de Toulon ou de Rochefort,
des individus retenus dans les différentes villes d'Espagne et dans les Îles,
ou par le renvoi aux avant-postes des différents corps de l’armée française en Espagne.
La remise des Espagnols prisonniers en France aura lieu, soit par le
renvoi en masse en Angleterre, par 1,000 hommes, au fur et à mesure que
les Français auront été rendus par les gouvernements espagnols, soit par le
renvoi dans les différentes villes d'Espagne. La France s'engage, lorsque
tous les prisonniers français auront été remis, à renvoyer le surplus des Espagnols sans
échange, de sorte qu'après l'exécution du présent article il ne reste
en France aucun prisonnier
de guerre espagnol.
4° Le même procédé sera suivi pour les prisonniers portugais et siciliens.
5° Le gouvernement britannique s'entendra, pour
l'exécution de ces principes, avec les gouvernements russe et danois, en ce qui
les concerne;
6° Des commissaires seront nommés de part et d'autre, l'un pour résider à
Londres et l'autre à Paris, pour tenir la main à l'exécution des
dispositions du présent cartel et pourvoir à tout ce qui pourrait survenir.