1 – 15 février 1811
Paris, 1er février
1811.
Au comte Bigot de Préameneu,
ministre des cultes, à Paris
Monsieur le Comte Bigot
Préameneu, il faudrait réunir lundi le conseil du clergé, pour lui communiquer
les différentes bulles da Pape et les différentes circonstances où nous nous
trouvons, la correspondance du préfet de Montenotte et surtout la partie de
cette correspondance qui fait voir la mauvaise conduite du Pape, afin qu'il
fasse connaître son sentiment sur ce qu'il est convenable de faire.
Paris, 2 février 1811
A M. de Champagny, duc de
Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le Duc de Cadore,
tenez un courrier prêt à partir ce soir, qui portera la lettre de l'Impératrice
à Vienne. Vous pouvez en prévenir M. de Schwarzenberg, s'il veut envoyer des
dépêches par ce courrier.
Faites vous-même vos dépêches
pour le comte Otto. Vous lui prescrirez de passer une note pour demander le
renvoi de tous les officiers et soldats, sujets de la France, qui sont retenus
de force en Autriche contre les traités. Vous lui ferez connaître que l'arrêté
du duc de Raguse (Par cet arrêté, le duc de Raguse ordonnait le séquestre de
toutes les propriétés que possédaient en Illyrie les sujets autrichiens) n'a
pas été approuvé et que cela n'aura pas de suite. Écrivez-en un mot au prince
de Schwarzenberg; il y a une décision du Conseil d'État très solennelle sur
cette affaire.
Paris, 2 février 1811
Au général Clarke, duc de
Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je désirerais qu'on fit au Dépôt
de la guerre le plan des attaques et des sièges des différentes places prises
dans les campagnes d'Allemagne, comme Danzig, Raab, les places de Silésie,
avec des cartes et des mémoires. Mon intention n'est pas d'imprimer ce travail,
mais de le garder au Dépôt, de sorte qu'en cas d'une guerre ces matériaux
puissent être consultés. On peut également faire rédiger l'historique des
sièges des places d'Espagne, telles que Saragosse, Tortose, Lerida,
Mequinenza, Ciudad-Rodrigo, Almeida, l'attaque de Madrid, de Marbella, de
Cadix. Il n'y a aucun inconvénient à imprimer ce volume.
Paris, 2 février 1811
Au général Savary, duc de
Rovigo, ministre de la police générale, à Paris
J'apprends que les
entrepreneurs du Cercle des étrangers, rue Richelieu, ont fait construire un
immense salon pour donner des bals masqués. Je vous ai déjà fait connaître que
je n'entendais pas cela. Ils comptent déjà y mettre des tables de trente-et-un
et des roulettes. Ainsi, pour couper court à tout, point de masques dans cette
maison.
Paris, 2 février 1811
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin, je vous envoie des
dépêches d'Espagne; en les transmettant au duc d’Istrie, dites-lui qu'il est
ridicule de voir le général Dorsenne prendre des décrets ; que les généraux ne
doivent pas se servir de formules qui n'appartiennent qu'à la souveraineté ;
qu'ils ne doivent agir que par des ordres du jour, et qu'ils ne peuvent rien
arrêter ni décréter. Faites-lui connaître mon étonnement de ce que le général
Kellermann se soit cru le droit de faire des acquisitions de domaines
nationaux; que ces acquisitions doivent être déclarées nulles ; que ce n'est
pas pour faire des opérations de cette espèce que j'envoie des généraux en
Espagne, mais pour conquérir et soumettre le pays; qu'il est contre toutes les
règles que des hommes chargés de l'administration et de l'autorité abusent de
leur situation pour s'immiscer dans de pareils profits; qu'en France les
administrateurs mêmes n'entrent pour rien dans les affaires de ventes et de
domaines. Écrivez dans ce sens au général Kellermann, et témoignez-lui mon
excessif mécontentement d'une conduite aussi peu délicate.
Paris, 2 février 1811
Au général Duroc, duc de
Frioul, grand maréchal du palais, à Paris
Depuis Marengo un certain
nombre de colonels et chefs d'escadron et de bataillon de notre Garde ont été
tués sur le champ de bataille. Ils ont des enfants qui auraient hérité de leurs
titres et de leurs dotations si l'institution eût existé alors ; mon intention
est de revenir là-dessus et de donner des titres et des dotations à leurs
enfants. Ce qui me met sur la voie, c'est que Dahlmann, Morland et d'autres ont
laissé des enfants sans dotation ni titre; faites-moi un rapport là-dessus.
(Morland, colonel des chasseurs de la Garde, tué à Austerlitz. Il fut remplacé
par Dahlmann, tué à Eylau.
Paris, 2 février 1811.
Au maréchal Bessières, duc
d’Istrie, commandant
Mon Cousin, le général Lepic
restera aux grenadiers. J'ai nommé le major Delaitre colonel dans la ligne; il
n'a pas assez fait la guerre pour être nommé général de brigade. J'ai nommé
Daumesnil général de brigade commandant à Vincennes. Quant au colonel Chastel,
nous verrons quand il sera arrivé.
Paris, 2 février 1811.
A Eugène Napoléon, vice-roi
d’Italie, à Milan
Mon Fils, le port de
Saint-Georges, dans l'île de Lissa, est important. C'est un point qu'il faut
occuper et ôter aux Anglais. La première expédition contre cette île a été
manquée, puisqu'on n'a pas fait les 200 Anglais prisonniers. Mon intention est
que vous preniez des mesures pour occuper cette île, et que vous vous
concertiez à cet effet avec le duc de Raguse. Il y a deux manières d'arriver à
Lissa, soit de partir à l'improviste d'Ancône avec 800 hommes, soit de partir
de Lésina-Grande ; il me semble qu'il n'y a qu'une distance de quatre lieues.
Ce trajet doit pouvoir facilement être fait dans la nuit. Le seul inconvénient
qu'il y a à partir de Lésina-Grande, c'est qu'il est difficile de dérober la
connaissance des préparatifs aux Anglais; au lieu que d'Ancône ils ne s'en
aperçoivent point. J'estime donc qu'une demi-compagnie d'artillerie, une
demi-compagnie de sapeurs avec un bon capitaine de génie, six pièces de 18 en
fer avec leurs affûts et 200 coups à tirer par pièce, deux mortiers avec 150
bombes par mortier, un obusier et deux pièces de campagne, et 1,500 outils,
sont suffisants pour cette expédition. Vous enverrez à Ancône le capitaine
Dubourdieu. Vous avez dans ce port un nombre de frégates suffisant pour porter
800 hommes et les munitions. Il faudrait les faire accompagner par quelques
canonnières et bâtiments légers ; elles pourraient débarquer à Saint-Georges ou
sur un autre point de l'île. Les frégates reviendraient à Ancône; un brick et
trois ou quatre canonnières ou autres petits bâtiments resteraient à
Saint-Georges. Le duc de Raguse peut avoir réuni à Trau 3 ou 400 hommes pour
jeter dans l'île de Lésina-Grande, afin d'établir la communication entre Lissa
et autres îles voisines. Si le duc de Raguse n'a pas assez de bâtiments à sa
disposition, on peut faire partir de Venise quelques canonnières ou petits
bâtiments de cette espèce; mais il faut avoir bien soin de ne pas attirer
l'attention des Anglais de ce côté jusqu'à ce que l'opération soit faite.
Concertez-vous pour ces détails avec le duc de Raguse.
Lorsque l'île sera soumise, il
faudra y faire construire un fort ou redoute, contenant une batterie de six
pièces de canon pour la défense du port Saint-Georges, et l'approvisionner
toujours pour trois mois. Il sera nécessaire que le duc de Raguse envoie à
Lésina-Grande un officier supérieur intelligent et pourvoie à la défense de
cette île. Les deux frégates françaises qui étaient à Corfou doivent être
parties pour Ancône; cela augmenterait beaucoup vos moyens. Faîtes-moi un
rapport sur l'occupation des différentes îles de la Dalmatie, afin d'ôter ces
points de refuge aux croisières anglaises.
Paris, 3 février 1811.
Au général Clarke, duc de
Feltre, ministre de la guerre, à Paris
La conscription va se lever.
Il est très important que les majors soient à leur poste et à leur dépôt.
Faites-moi connaître les majors présents et ceux absents. J'ai créé le grade de
colonel en second pour commander les différents régiments de marche et pour les
circonstances extraordinaires. Il est de la plus grande importance que tous les
majors se trouvent à leurs corps.
Paris, 3 février 1811
Au général Clarke, duc de
Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je reçois votre lettre du 2 février.
Les régiments que je veux lever dans les trois départements porteront les n°
127, 128, 129. Ils doivent être composés de cinq bataillons. En attendant,
donnez l’ordre au prince d'Eckmühl de former deux bataillons de ces régiments à
Hambourg, deux à Brème et deux à Osnabrück. Présentez-moi la nomination de
trois colonels et de trois majors parlant bien allemand. Le prince d'Eckmühl
nommera provisoirement les capitaines, lieutenants, sous-lieutenants et les
sous-officiers. Le quartier-maître devra être Français. Les troupes du pays qui
sont à Hambourg, à Brème, à Lubeck, dans l'Oldenburg, formeront le fond de ces
six bataillons. La conscription des trois départements doit être de 4,000 hommes.
Ainsi, en opérant selon nos principes, et en supposant cinq ans, on aurait
20,000 hommes à lever. Il n'en faudra que 12,000. Quand les régiments seront
réunis, on laissera au prince d'Eckmühl et au conseil provisoire la faculté de
les organiser de la manière la plus appropriée au pays. On ne s'occupera de la conscription
qu'au 1er juillet, quand le pays sera organisé selon les lois françaises.
Paris, 3 février 1811.
Au général Clarke, duc de
Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je réponds à votre lettre du
30 janvier. Vous me proposez 50,000 fusils français pris à Vienne, 40,000 armes
autrichiennes, total 90,000 fusils, qui me reviendraient environ à 900,000
francs. Je ne puis là-dessus que m'en rapporter à l'opinion des officiers d'artillerie.
Si l'Autriche a des fusils français qu'elle nous a pris dans les campagnes
précédentes, il me semble que ces fusils me seront fort utiles et qu'il est
avantageux de les acheter à un bon marché pour les transporter à Danzig. Les
fusils autrichiens, il paraît convenable de les prendre à Vienne, pour les
diriger sur Danzig. Si j'avais la guerre avec la Russie, je compte que j'aurais
besoin de 200,000 fusils avec baïonnettes pour armer les insurgés polonais.
Faites-moi un rapport pour savoir combien il y en a dans le duché, combien j'en
ai envoyé dernièrement, et ce qui me reste d'armes dont ne se serviraient pas
mes troupes de ligne, etc.
C'est sur le rapport général
que me fera l'artillerie sur cela, que je me déciderai. Il n'y a pas de doute
que les circonstances du papier-monnaie peuvent faire qu'il y ait de très bons marchés
à faire à Vienne. Il faudrait savoir quelles sont celles de ces armes qui pourraient
armer mes troupes et celles qui ne serviraient qu'aux insurgés.
Ces 90,000 fusils, si je les
prenais, devraient être transportés au premier port de la Vistule, où ils
seraient embarqués pour Varsovie, Thorn et Danzig
Je désire donc un rapport qui
me fasse connaître si je trouverais à Varsovie 200,000 fusils pour armer les
insurgés polonais, indépendamment des besoins de l'armée, 10,000 paires de
pistolets et 20 ou 30,000 sabres.
Informez-vous si les fusils
que j'ai envoyés dernièrement d'ici sont arrivés à Varsovie.
Paris, 3 février 1811.
Au comte de Montalivet,
ministre de l’intérieur, à Paris
Il me revient beaucoup de
réclamations contre le travail des imprimeurs. Je désire que vous me remettiez
un travail qui me fasse connaître les noms des imprimeurs supprimés, le nombre
de presses qu'ils avaient, leur ancienneté, la réputation de probité dont ils
jouissent. On m'assure que sur la liste des imprimeurs conservés il y en a un
qui est encore à Sainte-Pélagie, et qu'un autre est un Anglais établi à Paris
seulement depuis un an.
Paris, 3 février 1811.
Au maréchal Davout, prince
d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, je désirerais
avoir un point fortifié sur l'Elbe, qui remplit le double but de m'assurer un
pont sur cette rivière et de servir de refuge à ma flottille, au matériel que
j'aurai dans la Baltique et à ce que j'aurai sur l'Elbe. Il me semble que la
position de Lauenburg, à l'intersection de la Baltique et de l'Elbe, remplirait
mon but. Faites-moi reconnaître cette position à six lieues de Lauenburg, en
montant et en descendant l'Elbe. Vous sentez qu'en cas d'un mouvement de
l'armée en avant on pourrait enfermer là le matériel et les dépôts qui seraient
dans le pays.
Vous recevrez demain un
mémoire sur la Jahde. Donnez des ordres pour que des batteries soient formées
et que ma flottille soit protégée. Il sera peut-être nécessaire de les fermer à
la gorge pour les mettre à l'abri des incursions des Anglais. Vous avez assez
de canons de fer à Magdeburg pour pouvoir en tirer, si vous en avez besoin. Il
ne faut point que ces batteries soient trop fortes, vu que, l'armée se portant
ailleurs, il faudrait beaucoup de monde pour les garder, ou les laisser tomber
aux mains des Anglais, ce qui serait une perte considérable. Ne mettez sur les
côtes que des batteries de canons de fer.
Paris, 3 février 1811
Au maréchal Davout, prince
d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, je vous ai fait
connaître que j'avais fait offrir Erfurt au prince d'Oldenburg. S'il n'en veut
pas, tant pis pour lui. Le sénatus-consulte est formel et n'admet point de
prince souverain dans l'Empire. Il faut ôter les armes du prince aux troupes
qui composeront les nouveaux régiments.
Paris, 3 février 1811
Au maréchal Davout, prince
d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, faites faire par
des ingénieurs géographes et par des officiers d'état-major la reconnaissance
des routes de Hambourg à Wesel, de Hambourg à Lubeck et de Hambourg à Stettin.
Faites faire cette dernière opération sans alarmer personne.
Paris, 3 février 1811
Au maréchal Davout, prince
d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, le ministre de la
guerre vous expédiera le décret dont je vous envoie la copie. Moyennant la
formation de ces six bataillons, vous pouvez donner de l'emploi et une
organisation régulière aux troupes des pays qui forment les trois nouveaux
départements. Les colonels et majors vont vous être envoyés sans délai de
France. Vous prendrez pour recruter ces bataillons les mesures les plus
convenables pour le pays. Je ne pense pas qu'il faille organiser la
conscription; c'est une opération qu'il ne faut pas mal commencer, et, tant que
le pays ne sera pas organisé, il vaut mieux se servir de l'usage ancien que du
nouveau. Prescrivez provisoirement aux chevau-légers un uniforme a peu près
semblable à celui des chasseurs, nais approchant de celui des uhlans, et faites
en sorte qu'il ne soit pas trop coûteux.
Paris, 3 février 1811
A Eugène Napoléon, vice-roi
d’Italie, à Milan
Mon Fils, j'ai reçu votre
lettre du 27 janvier. Je viens de nommer, comme vous le désiriez, à
l'archevêché de Milan. Il sera peut-être convenable que cet archevêque, après
avoir reçu les pouvoirs du chapitre, vienne à Paris, où il prêtera son serment
et où sa présence sera utile. Je suppose que vous proposez un homme dont vous
êtes sûr. Je vous envoie le décret qui le nomme directement, afin qu'avant de
le publier vous vous assuriez qu'il accepte. Il sera convenable qu'après cela
vous envoyiez ce décret à Aldini, pour qu'il l'expédie officiellement.
Paris, 4 février 1811
DÉCISION
|
Le ministre de la
police générale propose à l'Empereur de confier à Lacretelle jeune, auteur de l’Histoire de France pendant le XVIIIe
siècle, la continuation des Éléments de l'histoire de France, par l'abbé
Millot, en remplacement de Joseph Chénier décédé. Lacretelle devra recevoir,
sur le produit des journaux, l’indemnité de 6,000 francs dont jouissait
Chénier. |
J'approuve que vous
chargiez des hommes de lettres la continuation de l’histoire, mais sans rien
leur payer. Lorsque l'ouvrage sera achevé, il me sera présenté, et je
récompenserai en conséquence du
travail. |
Paris, 5 février 1811.
A M. de Champagny, duc de
Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le Duc de Cadore,
répondez à M. de Winzingerode que vous avez reçu sa lettre du 23 janvier ;
qu'il faut finir les affaires de la Westphalie, tant pour la solde et les
services de l’armée que pour les autres arrangements. Faites la même réponse à
sa lettre do 30 janvier.
Encouragez beaucoup le baron
Bourgoing à envoyer des agents à Breslau pour savoir ce qui se passe. Faites-lui
connaître que j'approuve ce qu'il a fait à l'égard de ce jeune officier
d'Emden qui a quitté le service de Prusse, et donnez-lui l'instruction d'aider
et de venir au secours de tous les officiers prussiens et autrichiens qui quitteraient
le service de ces puissances pour passer en France.
Envoyez au ministre de la
guerre le nommé Thompson Lynes, et faites-lui comprendre que le temps n'est pas
éloigné où je m'occuperai sérieusement de l'Irlande.
Paris, 5 février 1811
Au vice-amiral comte Decrès, ministre
de la marine, à Paris
Monsieur le Comte Decrès, je
désire que vous fassiez écrire au Transport Office pour demander si l’on veut
échanger le général anglais lord Blanry, qui a été fait prisonnier à Malaga,
contre le général Lefebvre-Desnouettes. Vous ferez remarquer à cet effet que le
général Lefebvre n'est que colonel de la Garde, et qu'il a été pris faisant un
service de colonel.
Paris, 5 février 1811
Au général Lacuée, comte de
Cessac, ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte de Cessac,
mon intention est d'avoir un approvisionnement de réserve en grains froment de
50,000 quintaux étriqués dans chacune des villes de Toulouse et de Metz. Le
froment pour la réserve de Toulouse sera acheté dans les départements de
l'ouest, celui pour celle de Metz dans les départements du Mont-Tonnerre, de
Rhin-et-Moselle et de la Roër. La formation de ces réserves et les soins de
leur conservation seront confiés à la direction générale des vivres de la
guerre, qui établira une comptabilité particulière pour ces opérations.
Vous me ferez connaître quelle
somme est nécessaire pour former chacun de ces deux approvisionnements de
réserve, pour leur entretien et leur conservation pendant six mois.
Lorsque les réserves dont il
s'agit seront formées, vous m'en rendrez compte, et je vous ferai passer mes
ordres sur l'emploi que je voudrai en être fait.
Paris. 5 février 1811.
A M. Grimm, landamman de la
Suisse
Monsieur le Landamman, je
retrouve dans les sentiments que vous exprimez en arrivant à la première
magistrature de la Suisse les mêmes dispositions et le même bon esprit qui ont
animé vos prédécesseurs. La Confédération suisse obtiendra aussi toujours de
moi les mêmes sentiments d'intérêt et d'amitié. Elle a, sous les administrations
précédentes, conservé sa tranquillité : je désire qu'elle continue d’en jouir
par l'effet de vos soins. Le maintien de sa paix intérieure est un dépôt qui
vous est confié, et il est le plus grand bien que puisse attendre de vous un
peuple dont les intérêts me seront toujours chers.
Paris, 6 février 1811.
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin, je pense que vous
devez envoyer le Moniteur d'aujourd'hui au duc de Dalmatie, au duc de Trévise,
au général Belliard, au duc d'Istrie, aux commandants de Ciudad-Rodrigo et
d'Almeida, au général Thiebaut et aux généraux Dorsenne, Caffarelli et Reille.
Écrivez au duc d'Istrie, en lui envoyant le Moniteur, pour lui annoncer qu'il
y trouvera les dernières nouvelles que nous avons du Portugal, qui paraissent
être du 13; que tout parait prendre une couleur avantageuse; que, si Badajoz a
été pris dans le courant de janvier, le duc de Dalmatie a pu se porter sur le
Tage et faciliter le rétablissement du pont au prince d'Essling; qu'il devient
donc très important de faire toutes les dispositions que j'ai ordonnées, afin
que le général Drouet, avec ses deux divisions, puisse être tout entier à la
disposition du prince d'Essling. Écrivez en même temps au duc de Dalmatie pour
lui faire connaître la situation du duc d'Istrie et lui réitérer l'ordre de
favoriser le prince d'Essling pour son passage du Tage; que j'espère que
Badajoz aura été pris dans le courant de janvier, et que vers le 20 janvier sa
jonction aura eu lieu sur le Tage avec le prince d'Essling- qu'il peut, si cela
est nécessaire, retirer les troupes du 4e corps; qu'enfin tout est sur le Tage.
P. S. Je vous renvoie votre
lettre au duc d’Istrie; faites-la partir.
Paris, le 6 février 1811
Au général Lacuée, comte de
Cessac ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris
Je vous prie de me présenter
un projet de décret pour organiser les compagnies de canonniers et du train des
seize régiments de l'armée d'Allemagne de sorte qu'ils aient quatre pièces de
canon, des caissons d'infanterie pour quatre bataillons au lieu de trois, et
des caissons d'équipages militaires pour quatre bataillons au lieu de trois.
Remettez-moi l'état de l'augmentation du matériel et du personnel que
nécessitera cette organisation et de la dépense que cela fera. Il me semble
qu'il faut s'y prendre de bonne heure, afin que ces corps aient disponibles
soixante-quatre pièces de régiment, soixante-quatre caissons de cartouches et
soixante-quatre caissons de transports militaires; tout cela prêt à marcher
aussitôt que les 4e bataillons seront arrivés, ce que je suppose pouvoir être
dans le courant de l'été.
Paris, 7 février 1811
Au comte Aldini, ministre
secrétaire d’état du royaume d’Italie, en résidence à Paris.
J'ai fait venir d'Espagne des
archives appartenant aux affaires du Milanais depuis 1516 jusqu'en 1729. Voyez
si cela peut être de quelque utilité à mon royaume.
Paris, 8 février 1811.
Au comte de Montalivet,
ministre de l’intérieur, à Paris
Je vous prie de m'apporter demain
, au conseil des ponts et chaussées, tout ce qui est relatif à la gare aux
vins, avec un projet de décret pour prendre un parti définitif.
Les marchands de vins que j'ai
vus et interrogés aujourd'hui prétendent que leurs intérêts ont été mal défendus
devant vous et leurs syndics, et qu'en établissant la halle aux vins au quai
Saint-Bernard, quand cela coûterait 6 millions, en faisant l'opération par
compagnie, ils prendraient autant d'actions que l’on voudrait. Faites-moi donc
connaître ce que devient cette affaire.
Paris, 8 février 1811
DÉCISION
|
Le ministre du trésor
public présente à l’Empereur un rapport sur un nouveau prêt de 1,200,000
francs à faire à la Maison Gros-Davilliers, à laquelle il a été déjà prêté
une somme de 800,000 francs. L'intérêt exigé sera de 5 pour 100, et le
remboursement aura lieu par des payements mensuels de 100.000 francs, à |
Approuvé un nouveau
prêt de 1, 200,000 francs ; ce qui, avec les 800,000accordes précédemment, fera
2 millions, sous les réserves comprises dans le rapport. |
Paris, 9 février 1811.
Au comte de Montalivet,
ministre de l’intérieur, à Paris
Dans le budget de Paris, comme
il y a des fonds de reste, j'ai préféré faire rembourser les 500,000 francs que
la ville doit à la caisse de l'extraordinaire. Par ce moyen, ce sera un million
que la ville de Paris aura acquis sur l'emprunt, et sur 8 millions il n'y en
aura plus que 7 à rembourser. En vendant les marchés aux hospices, on aura 7
millions disponibles. Je pense qu'il ne faudrait pas les employer à rembourser
l'emprunt, puisque la ville peut continuer tous les ans à faire ce
remboursement sur ses revenus ; mais on pourrait très bien destiner ces 7
millions à faire le marché qui doit agrandir les halles depuis les Innocents
jusqu'à la rotonde de la halle aux blés. La dépense de ce marché est, je
crois, évaluée à pareille somme. D'ailleurs , la ville de Paris peut bien
continuer pendant plusieurs années de faire sur ses revenus des sacrifices pour
un avantage aussi important, dont je sentais le besoin, mais que je regarde
comme l'entreprise la plus intéressante pour la ville depuis que je connais la
question. C'est pour cela que j'accorde pour le budget de la ville 600,000
francs cette année, et, comme les hospices peuvent très bien fournir 1,400,000
francs en 1811 , cela fera donc 2 millions qu'on pourra employer dans la
première année à exécuter, comme par enchantement, ce grand projet d'utilité
publique. J'accorde à cette mesure d'autant plus d'intérêt qu'elle importe
aussi bien à la commodité du peuple qu'à la salubrité et à la beauté de la
ville.
Une fois les maisons des
hospices affectées à cette destination, l'argent ne manquera pas et l'on
obtiendra les avances qui seraient nécessaires. Voyez donc à prendre des
mesures pour que ce marché soit entrepris et fait dans le plus court délai
possible.
En outre, les hospices devront
affecter une somme de 10 millions à la construction de la halle aux vins.
Cela fait donc 17 millions
environ pour lesquels ils seront engagés, et c'est à peu près l'emploi de
toutes leurs maisons.
Je pense aussi que 1,000,000
francs seront une somme suffisante cette année pour commencer la halle aux
vins.
Ce sera donc 3 millions qu'on
devra tirer cette année des premières ventes des hospices. Si le préfet
présente le décret pour affranchir ces maisons de leurs inscriptions
hypothécaires et donner à la mesure toute l'activité convenable, ce fonds doit
se réaliser sans retard. D'ailleurs, comme une grande partie des 3 millions est
destinée à payer des indemnités de maisons et de terrains, soit pour les
nouvelles halles, soit pour la gare aux vins, on pourra avoir des facilités
pour ce genre de payement.
Je tiens que les quatre choses
les plus importantes pour la ville de Paris sont : les eaux de l'Ourcq, les
nouveaux marchés des halles, les abattoirs et la halle aux vins.
Faites faire les projets et
devis de la halle aux vins et des nouveaux marchés , et présentez-moi ces deux
projets avant le mois d'avril.
Paris, 9 février 1811
Au général Clarke, duc de
Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Le 19 janvier, 29 conscrits
réfractaires faisant partie d'un convoi de 100, allant du fort Lamalgue à Rome,
se sont évadés près de Breglio. Je vous avais recommandé de ne pas faire
voyager les conscrits réfractaires. Pourquoi donc les fait-on aller de Toulon
à Rome par terre ? Cela est tout à fait contraire au bien de mon service. Le 28
novembre, 38 autres se sont échappés à peu de distance de Toulon. Le 24 décembre,
20 autres se sont échappés près de Toulon. Quelle est donc la nécessité
d'envoyer ces conscrits réfractaires à Rome ? Il paraît qu'il y a anarchie au
ministère de la guerre, puisque mes intentions ne sont pas remplies.
Paris, 9 février 1811.
Au général Clarke, duc de
Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, je
médite une expédition qui devra partir de Toulon. Cette expédition sera
composée du 3e bataillon du 62e, complété à 800 hommes, de deux bataillons des
5e, 81e, 79e, 11e et 60e de ligne et d'un bataillon du 22e d'infanterie légère;
total, douze bataillons ou 10,000 hommes.
Ces troupes seront prêtes à
partir au 10 mars et à s'embarquer par l'escadre. Le général Plauzonne se
rendra à Toulon pour en prendre le commandement. Un chef de bataillon du génie,
un chef de bataillon d'artillerie, deux compagnies d'artillerie, une compagnie
de sapeurs et douze pièces de canon feront partie de l'expédition.
Concertez-vous avec le
ministre de la marine pour les moyens d’embarquer les troupes.
Faites connaître au général
Plauzonne qu'elles seront portées à 15,000 hommes et qu'elles sont destinées
pour la Sicile ou pour un autre point.
Un adjudant commandant sera
nécessaire à cette division.
Faites-moi un rapport pour
disposer ces troupes de la manière la moins coûteuse. Elles pourront être
cantonnées dans les villages environnant Toulon.
Paris, 9 février 1811
Au vice-amiral comte Decrès,
ministre de la marine, à Paris
Monsieur le Comte Decrès,
écrivez au port de Toulon pour que tous les préparatifs soient faits de manière
à ce que l'expédition poisse partir le 20 mars au plus tard, et débarque 15,000
hommes dans le lieu qui sera désigné. Il est nécessaire d'avoir pour cette
expédition les quinze vaisseaux, six frégates, six flûtes, quatre gabares, six
corvettes et six gabares-écuries. Vous connaissez mes intentions. Parlez
sérieusement avec le ministre de la guerre là-dessus. Écrivez au préfet
maritime et à l'amiral, et faites-leur comprendre l'avantage de continuer le
système qu'ils suivent, de manière que l'expédition puisse partir au moment où
l'ennemi s'y attendrait le moins. Les troupes seront cantonnées à Toulon et
dans les environs.
Paris, 9 février 1811
Au général comte de La
Riboisière, commandant l’artillerie de la Garde, à Paris
Voyez le ministre de la
guerre, qui seul peut déterminer s'il convient de faire revenir le matériel
que vous avez à Bayonne; car il est important que le matériel soit prêt à la
Fère ou à Metz , afin que les mouvements de la Garde n'éprouvent aucun retard.
Faites revenir d'Espagne les
hommes d'artillerie de la Garde qui ne sont pas montés, les hommes du train qui
n'ont pas de chevaux à servir. J'ai ordonné que les douze pièces d'artillerie
légère restassent dans la province de Burgos; je les ferai revenir en cas
d'événement : on peut donc compter sur elles. Je ne puis compter de même sur
les trois compagnies de canonniers-conscrits. Je désire donc un nouvel état qui
présente l'organisation de l'artillerie en cas de guerre selon les bases
suivantes, savoir : six compagnies d'artillerie à pied de 140 hommes, servant
huit pièces de canon chacune, savoir: seize pièces de 12, vingt pièces de 6 et
douze obusiers; total, 48 bouches à feu;
et trois compagnies d'artillerie à cheval, chacune à 100 hommes et
servant vingt-quatre pièces, savoir : seize pièces de 6 et huit obusiers;
total, 72 pièces, avec double approvisionnement, soixante caissons d'infanterie
et autres équipages nécessaires. Chaque compagnie du train sera portée à 140
hommes, et dès lors à un ombre de chevaux proportionné. Une partie de compagnie
du train reviendrait d'Espagne, mais l'autre partie resterait avec les trois
compagnies de conscrits. Me faire la distribution de cela, de sorte que je
serais assuré d'avoir dans les douze compagnies du train de la Garde, qui
feraient 2,680 hommes, de quoi servir non seulement les soixante et douze
bouches à feu, mais aussi les vingt-quatre bouches à feu des trois compagnies
de conscrits.
Ainsi donc l'équipage
d'artillerie de la Garde serait de quatre-vingt-seize bouches à feu, en y
comprenant les vingt-quatre pièces des conscrits et en y mettant en temps de
guerre cinq batteries tirées de la ligne, savoir :
Deux batteries de 12 servies
par l'artillerie de ligne, ou seize pièces; trois batteries d'artillerie à
cheval; ce qui ferait quarante touches à feu; cela porterait l'artillerie de
réserve à trente-deux touches à feu de 12, cinquante-deux de 6 et vingt-quatre
de 7 ou de 4 et vingt-huit obusiers; total, 136, et, en cas d'absence des trois
compagnies de conscrits, 112 pièces.
Seize pièces de 12 de la
Garde, seize pièces de 12 de la ligne; total, 32 pièces.
Vingt pièces de 6 de
l'artillerie à pied de la Garde, seize pièces de i de l'artillerie à cheval et
seize pièces de 6 de la ligne; total, 52 pièces.
Huit obusiers de l'artillerie
à cheval de la Garde, douze de l'artillerie à pied de la Garde et huit de
l'artillerie à cheval de la ligne ; total, 28 obusiers.
Vingt-quatre pièces des trois
compagnies de conscrits; total général, 136 pièces.
Il est donc nécessaire que
vous travailliez avec le ministre de la guerre pour que le matériel vous soit
bien assigné, que vous ayez les harnais et l'état précis des hommes qui doivent
recruter.
Les munitions aussi sont d'une
grande importance, pour être sûr que vos caissons sont chargés de munitions qui
ne sont pas confectionnées depuis trop de temps.
Je ne désire pas pour le
moment faire de dépense, mais que tout soit préparé pour pouvoir, un mois après
que j'aurai prévenu, remplir mes intentions.
Placez du reste le matériel de
l'artillerie de la Garde entre la Fère et Vincennes, comme vous l'entendrez ;
prenez des mesures pour que le polygone et les exercices pour l’instruction des
canonniers aient lieu avec la plus grande activité. Faites tirer des obus, des
bombes et beaucoup de boulets rouges.
Paris, 9 février 1811
Au prince Lebrun, lieutenant
général de l’empereur, en Hollande, à Amsterdam
Des gardes de police existent
dans plusieurs villes de Hollande, entre autres à Zwolle. Mon intention est
non-seulement de les conserver, mais même de les augmenter, a6n qu'en cas
d'absence de troupes la police puisse se faire par cette garde.
Paris, 10 février l811
A M. de Champagny, duc de
Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le Duc de Cadore, je
pense qu'il faut faire une note au prince Kourakine pour demander si
l'intention de la Russie est de donner suite à l'article 5 du traité de Tilsit.
Par cet article, «les hautes parties contractantes conviennent, en attendant la
confection d'un nouveau traité de commerce, de rétablir les relations commerciales
entre les deux pays sur le même pied qu'elles étaient avant la guerre ». Si le
dernier ukase s'applique à la France, cet article est violé. Demandez si
l'intention de la Russie est de faire un nouveau traité de commerce. Faites un
projet de note dans ce sens, que vous me remettrez.
Paris, 10 février 1811
Au vice-amiral comte Decrès,
ministre de la marine, à Paris
Monsieur le Comte Decrès,
pressez à Anvers la construction et la mise à l'eau des cinq vaisseaux qui,
avec les douze que j'y ai, doivent porter l'escadre à dix-sept vaisseaux.
Donnez ordre que les trois vaisseaux qui sont au Texel et les deux vaisseaux
qui sont à Rotterdam se rendent à Flessingue; ce qui portera le nombre des
vaisseaux de mon escadre de l'Escaut à vingt-deux. Donnez ordre que quatre
frégates hollandaises se rendent par l'intérieur à Anvers, et que deux
corvettes se dirigent du Havre et de Dunkerque sur Flessingue. Remettez-moi
dans la semaine les ordres à signer pour le mouvement de vaisseaux qui doit
avoir lieu à l'extérieur. Quant à Boulogne, il est nécessaire que vous y
envoyiez des ordres pour passer des revues, et que vous dirigiez des conscrits
sur ce port, afin d'avoir là un ou deux équipages complets.
Paris, l0 février 1811
A Eugène Napoléon, vice-roi
d’Italie, à Milan
Mon Fils, je viens de recevoir
les quatre adresses des évêques et chapitres de Novare et d’Udine, qui m'ont
fait le plus grand plaisir. Je me suis empressé de les faire mettre dans le
Moniteur. Faites-moi passer, aussitôt que vous les aurez, les adresses de
Milan, de Venise, de Bologne et, s'il est possible, celles de tous les
diocèses du royaume.
Paris, 12 février 1811
A M. de Champagny, duc de
Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le Duc de Cadore, je
pense qu'il est nécessaire que vous écriviez au landamman de la Suisse une
lettre que vous lui ferez remettre par mon ministre. Je suppose qu'on lui a
remis ma réponse à la lettre qu'il m'a écrite lors de son entrée en charge.
Vous écrirez donc au landamman que mon intention est de ne toucher en rien à
l'intégrité de la Confédération suisse, que j'ai garantie; mais qu'il faut
convenir qu'il est des parties des cantons du Tessin qui influent trop sur le
bien du commerce de Milan et sur le système de l'Italie; qu'il y aurait de
l'avantage pour les deux pays à en venir à une délimitation qui, en laissant
exister le canton du Tessin, rectifiât leurs limites et améliorât la frontière
d'Italie , et à convenir que les douanes italiennes pourront surveiller et
contrôler ce qui se passe sur la cime des Alpes ; que cette dernière clause ne
subsistera que pendant la guerre maritime.
Paris, 12 février 1811.
A M. Gaudin, duc de Gaète,
ministre des finances, à Paris
La poste de France de Hambourg
a envoyé un paquet à Gœteborg, pour être envoyé à Londres. Ce fait est positif,
puisqu'il m'est dénoncé officiellement. Sachez quel est l'agent qui s'est
rendu coupable de cette violation et faites-le arrêter. Il est nécessaire que
vous fassiez changer les agents des postes de Hambourg et des principales
places des nouveaux départements.
Paris, 12 février 1811
Au général Savary, duc de
Rovigo, ministre de la police générale, à Paris
Je viens de signer les décrets
que vous m'avez présentés pour recevoir les comptes du produit des passeports
et des ports d'armes.
Je remarque dans la
composition des produits de chaque département une ineptie qui prouve que ces
perceptions ne sont pas faites partout avec le même soin ou la même fidélité.
Comment se fait-il que le droit de port d'armes, qui produit 2,440 francs dans
le département de la Drôme, ne produise que 750 francs dans l'Isère, et comment
ne compte-t-on dans la Haute-Loire que 130 francs de recette, tandis qu'il produit
1,880 francs dans le Cantal ? Comment ne produit-il que 90 francs dans la
Lozère et que 20 francs dans le Lot-et-Garonne ?
Quant aux passeports, je ne
comprends pas comment cette perception, qui est de 15,000 francs à Macon, peut
n'être que de 9,000 francs à Lyon et que de 3,000 à Dijon.
Suivez ces rapprochements et
vous reconnaîtrez un grand nombre de départements qui ont mis au moins de la
négligence dans cette perception.
Faites des reproches aux
administrateurs qui les méritent, et prenez des renseignements sur la vraie
cause de ces non-valeurs.
Paris, 12 février 1811.
Au général Savary, duc de
Rovigo, ministre de la police générale, à Paris
Monsieur le Duc de Rovigo, je
vous renvoie votre travail sur les commissaires généraux de police. Je ne le
comprends pas et je désire que vous me le représentiez mercredi prochain,
développé dans un travail complet. Il y a, dans l'Empire, un directeur général
de police à Turin, un à Florence, un à Rome et un à Amsterdam; ce qui fait
quatre directeurs généraux. C'est le premier grade de la police. Mon intention
est que chacune de ces places ne coûte pas plus de 50,000 fr., savoir : 25,0000
francs pour le traitement du directeur général et 25,000 francs pour frais de
bureaux, traitements d'agents et dépenses accessoires. Ces 50,000 francs seront
payés, savoir: moitié par le trésor et moitié par la ville, chef-lieu de la
direction. Les noms des employés et agents de chaque direction seront visés par
vous dans les comptes de chaque mois, et même mon intention est que vous
régliez en détail le budget de ces quatre grandes directions. Chacune devant
coûter 50,000 francs, la dépense totale sera pour les quatre de 200,000 francs,
dont 100,000 francs à la charge du trésor, sur le budget de votre ministère, et
100,000 à la charge des villes. Quant aux commissaires généraux, il ne doit pas
y en avoir dans les gouvernements où il y a des directeurs généraux. Ainsi je
viens de supprimer le commissariat général de Cività-Vecchia. Ces places
doivent être gérées par de simples commissaires qui ne coûtent pas plus de 4 à
5,000 francs de traitement et pas plus du double pour frais de bureaux et
accessoires. A Livourne, le commissaire ne doit pas avoir plus de 10,000 francs
de traitement, le secrétaire général est inutile, et au total les dépenses
doivent être fixées de manière à ce qu'elles n'excèdent pas 20,000 francs.
Quant aux commissaires de Lorient, du Havre, de Perpignan, de Rotterdam, ils
ne doivent coûter chacun que 8 à 10,000 francs dont 4,000 francs de traitement
et 4,000 francs de frais accessoires. Alors ces dépenses peuvent très bien être
à la charge des villes. Mais tout cela doit être le résultat d'un règlement,
divisé en plusieurs titres et complet dans son ensemble : titre premier,
Directeurs généraux; titre deuxième, Commissaires généraux, et titre troisième,
Commissaires spéciaux. Présentez-moi ce décret mercredi prochain. J'attends ce
travail pour arrêter votre nouvelle rédaction du budget de 1811.
Paris, 13 février 1811.
Au comte de Montalivet,
ministre de l’intérieur, à Paris
Le sieur *** nommé à la place
de receveur de l'octroi de Rome, ne présente pas une garantie suffisante pour
remplir cette place. On m'assure que c'est un négociant qui a fait faillite et
qui a déjà été exclu de diverses administrations. On ajoute que c'est en
surprenant la religion de la Consulte qu'il est parvenu à se faire nommer à la
place de receveur de l'octroi. Rendez-moi compte de cette affaire el
proposez-moi de déplacer cet individu.
Paris, 13 février 1811.
Au général Savary, duc de
Rovigo, ministre de la police générale, à Paris
Témoignez votre mécontentement
au directeur de la police d'Amsterdam de ce qu'il a mis deux prisonniers russes
à la disposition du consul de Russie. Il ne devait point le faire sans avoir
pris votre ordre. Défendez que pareille chose arrive à l'avenir.
Paris, 13 février 1811.
Au général Clarke, duc de
Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, au
1er avril l'armée d'Allemagne sera composée de la manière suivante :
1e division : le général de
division Morand, commandant; les généraux Dalton et l'Huillier, généraux de
brigade. 13e d'infanterie légère; 17e, 30e, 61e de ligne.
2e division : le général de
division Friant, commandant; les généraux Grandeau et Duppelin, généraux de
brigade. 24e d'infanterie légère; 43e, 48e,
111e de ligne.
3e division : le général de
division Gudin, commandant; les généraux Desailly, Royer et Leclerc, généraux
de brigade. 7e d'infanterie légère; 12e, 21e, 25e de ligne.
4e division : le général de
division Dessaix, commandant; les généraux Barbanègre et Friederich, généraux
de brigade. 33e léger; 57e, 108e, 85e de ligne.
Chaque régiment, dans le
courant de l’été, aura 4 bataillons; ce qui fera 16 bataillons par division ou
12,000 hommes.
Chaque régiment aura
également, dans le courant de l’été, 4 pièces de canon; ce qui fera 16 pièces
de canon par division. II y aura par division une compagnie d'artillerie à
cheval servant une batterie de pièces de 6, et une compagnie d'artillerie à
pied servant une autre batterie; ce qui fera 12 pièces par division et 48
pièces pour le corps d'armée. Une batterie d'artillerie achevai sera attachée à
chaque brigade de cuirassiers; ce qui fera 12 pièces de canon pour les deux
brigades et, avec les 48 pièces de l'infanterie, 60 pièces de canon. Il y aura
enfin une batterie d'artillerie à cheval et deux batteries de pièces de 12 à
la réserve de l'armée, plus 2 canons, ce qui fera 80 pièces, qui, avec les 64
pièces des régiments, feront 144 pièces. Chaque division aurait une compagnie
de sapeurs avec ses outils. Il y aurait au parc au moins six compagnies
d'artillerie à pied et quatre compagnies de sapeurs avec leurs outils,
indépendamment de 15,000 outils attelés, et au moins deux compagnies de
pontonniers. Il y aurait de plus une compagnie d'armuriers, le 12e bataillon
d'équipages militaires complété selon mon décret, une compagnie d'infirmiers,
etc.
Le corps d'armée aura 16
caissons d'infanterie par division avec les bataillons, servis par les
régiments; 20 caissons par division avec l'artillerie de la division; 80 au
parc du corps d'armée; total, 224 caissons d'infanterie ou 3,584,000 cartouches
attelées; plus 3 millions de cartouches prêtes à distribuer aux troupes, à
Magdeburg ou à Hambourg.
Il y aura double
approvisionnement, savoir : un approvisionnement avec les pièces, un demi avec
le parc de la division, un demi avec le parc de l'armée.
Les bataillons du train devant
être portés au complet, il faut les économiser le plus possible, pour en
employer une partie à la formation d'un autre corps. Je suppose que 600
voitures d'artillerie sont suffisantes, sans y comprendre l'artillerie des
régiments, et qu'ainsi il ne faudra que deux bataillons bien complets, ayant
3,000 chevaux; ce qui me rendra disponibles les deux autres bataillons pour un
pareil train de bouches à feu. Ainsi il ne faut augmenter en rien le matériel
de ce corps pour garder deux bataillons disponibles. Et comme j'ai huit
bataillons du train, quand je les aurai complétés, ils pourront suffire à
quatre corps d'armée, qui, à 80 bouches à feu chacun, formeraient un nombre de
320 pièces, indépendamment de l'artillerie des régiments.
Ayant pris des mesures pour
avoir promptement des pontons à Danzig, mon intention est qu'il n'y ait aucun
équipage de pont à ce corps d'armée. Soumettez-moi le plan de cette formation
en détail, en désignant les compagnies d'artillerie, de sapeurs, de pontonniers
et celles du train et des équipages militaires. Comme j'ai porté à 6 compagnies
les bataillons des équipages militaires, il y aura une compagnie à chaque
division et deux au parc de réserve, de sorte qu'il y aura 64 caissons de
régiment pour porter le pain, à un par bataillon ; ce qui, joint à 40 caissons
par division y fera 224 caissons. Je conçois qu'au mois d'avril ce bataillon ne
sera pas formé en entier, mais vous me ferez connaître ce que je pourrai faire
marcher à celle époque.
Les mouvements de l'armée
d'Allemagne doivent se faire par Wesel, qui est le grand dépôt.
Ces ordres doivent être tenus
secrets, et vous devez prescrire les différentes dispositions sans que personne
ait connaissance de cette lettre. Vous m'apporterez vous-même la formation de
l'armée en ses différentes parties, avec la désignation des officiers, pour que
je l'approuve, et vous l'enverrez ensuite au prince d'Eckmühl, comme
définitivement arrêtée.
Je n'ai pas besoin de dire que
dans les six compagnies d'artillerie qui seront envoyées au parc je ne
comprends pas celles des places de l'Oder et de Danzig. Ce qui est relatif à
ces places sera l'objet d'un autre travail, dont je m'occuperai aussitôt que je
pourrai le faire.
Paris, 13 février 1811
A M. Locré, secrétaire général
du conseil d’état, à Paris
On a discuté une fois au
Conseil d'État un projet relatif à la formation en compagnies des prisonniers
de guerre, qui devraient être mises à la disposition du génie et des ponts et
chaussées. Je n'entends plus parler de cela depuis deux mois. Je désire que
cette affaire soit remise à la discussion vendredi. Voilà le temps où cela
devient fort important.
Paris, 13 février 1811
A Eugène Napoléon, vice-roi
d’Italie, à Milan
Mon Fils, je reçois votre
lettre du 8 février. Si j'avais la guerre sur le continent, la première chose à
faire serait d'évacuer les îles de Dalmatie et de ne pas disséminer ainsi 1,500
hommes qui pourraient être utiles ailleurs. Mais, dans les circonstances
actuelles, où j'ai dans mon royaume d'Italie une si grande quantité de troupes
qui ne font rien, il est pour moi de la plus grande importance de rendre
difficiles les croisières ennemies dans l'Adriatique, afin que les
communications de Venise avec la Dalmatie et d'Ancône avec Corfou soient moins
gênées. Je ne vois donc pas de difficulté d'occuper ces îles. Cette mesure peut
n'être pas nécessaire pour Curzola; Curzola est trop près de Raguse : les
batteries se croisent; d'ailleurs faites-moi un mémoire là-dessus. II faut
faire garder toutes les îles que courraient occuper les Anglais; mais ceux-ci,
ayant des armées en Portugal, des troupes à Zante et en Sicile, ne sacrifieront
jamais ,1500 hommes pour prendre ces îles, et je serai certain de les garder
avec 500 hommes. Il faut nommer un commandant dans chaque île et tirer parti
des habitants. J'attache une grande importance à ce que les Anglais n'aient
aucun point dans l'Adriatique où ils puissent mettre pied à terre. Quant à
l'approvisionnement de ces postes, c'est un enfantillage; quand j'approvisionne
Corfou, comment me serait-il difficile d'approvisionner des îles plus voisines
et dont les communications avec le continent sont bien plus faciles ? Ainsi,
tant que je n'aurai pas de guerre sur le continent, mon intention est que les
Anglais n'occupent point les îles de la Dalmatie. Écrivez-moi ce que vous aurez
fait pour cela.
Paris, 14 février 1811
NOTE POUR LE MINISTRE DE
L’INTÉRIEUR
Le Temple est un véritable
palais. On ne pense pas qu'aucun hôtel de Paris soit plus beau et plus étendu.
Il parait même plus grand que l'hôtel du ministre de la guerre. Si cette
opinion est une erreur, il faut la faire connaître.
L'emplacement de la tour du
Temple peut faire un beau jardin qui aurait le double avantage d'être agréable
au public et à la personne qui habiterait le palais.
Il convient de coordonner les
dispositions faites pour les hangars du marché du Temple, de manière à
conserver les communs et les écuries qui, selon le plan du marché, devraient
être abattus. Il est beaucoup plus convenable de se soumettre à des
irrégularités dans le marché et de le diminuer de quelques hangars que de
pousser le marché jusque sous les fenêtres du palais et de le rendre
inhabitable.
Sa Majesté désire que le
ministre de l'intérieur lui fasse un rapport sur le palais du Temple, le
jardin à lui donner, les communs et les écuries à conserver, et les
modifications à faire au plan du marché.
Sa Majesté désire aussi que le
ministre lui fasse connaître à quel usage le palais du Temple peut être
affecté.
Paris, 14 février 1811
NOTE POUR LE MINISTREDES
FINANCES
Sa Majesté désire que le ministre
des finances se réunisse au ministre du trésor et au conseiller d'État
Appelius pour rédiger an projet de décret dont les dispositions sont indiquées
ci-après :
1° Tout ce qui était dû aux
habitants de la Zeeland, du Brabant et du quartier de Nimègue sur la dette
hollandaise jusqu'au 1er juillet 1809, et qui n'a pas été porté au budget de
1810, sera soldé sur ledit exercice sans délai et par les soins de notre
ministre du trésor public.
2° Ce qui est dû aux habitants
desdits pays sur la dette hollandaise, depuis le 1er juillet 1809 jusqu'au
mois de septembre 1810, leur sera payé conformément aux dispositions du décret
du 23 septembre dernier.
3° Tout ce qui sera dû auxdits
habitants, à dater de septembre 1810 et à l'avenir, sera payé de la même manière
que cela a lieu pour les autres créanciers de Hollande. Les fonds seront faits
à Middelburg et à Bois-le-Duc.
Sa Majesté désire qu'à cette
occasion le ministre lui fasse un rapport sur les recettes et les dépenses des
pays dont il s'agit et qui composent les départements des Bouches-du-Rhin et
des Bouches-de-l'Escaut, pour l'exercice 1810 et pour les exercices antérieurs.
Pour les exercices antérieurs
et même pour le premier semestre de 1810, les habitants de ces pays, ayant été
dans le même système que les Hollandais, doivent avoir été payés par la
Hollande; mais il est probable qu'il y aura eu des arriérés. Sa Majesté a
ordonné, l’année dernière, des dispositions que le ministre est invité à
remettre sous ses yeux, en coordonnant les arrangements à prendre avec ceux qui
ont été pris pour la Hollande.
Peut-être serait-il plus
simple d'ordonner que tout l'arriéré serait payé par le syndicat de Hollande,
qui toucherait tous les revenus arriérés antérieurs à 1810.
Quant à 1810, les finances
sont chargées de tout solder, puisqu'elles ont été chargées de tout recevoir.
Comme Sa Majesté a déjà statué
sur différentes questions, il est bon de revoir tout ce qui a été fait, afin
d'éviter des dispositions contradictoires.
Paris, 14 février 1811
Au vice-amiral comte Decrès,
ministre de la marine, à Paris
Monsieur le Comte Decrès, la
première fois que vous écrirez au Transport-Office, vous pourrez lui faire
connaître qu'un nommé Kolli, qui se dit Irlandais, et qui a été trouvé porteur
d'une lettre du roi d'Angleterre et d'une commission qui l'intitule ministre
plénipotentiaire auprès de Ferdinand VII1, est au nombre des prisonniers; que
Sa Majesté ne serait pas éloignée de l'échanger contre une personne d'un grade
équivalent à celui de ministre plénipotentiaire.
Paris, 15 février 1811
Au général Clarke, duc de
Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, le
13e de cuirassiers a 300 hommes à son dépôt; mon intention est que sur ce
nombre il soit fait choix de tous les hommes en état de servir, qui seront
distribués de la manière suivante : 70 seront envoyés au 2e de cuirassiers, 30
au 3e, 100 au 12e et 10 au 9e; total, 210. C'est-à-dire que ces 210 hommes
seront envoyés aux quatre régiments qui sont en Allemagne. Par ce moyen, le 13e
régiment de cuirassiers, au lieu de 1,300 hommes, n'aura plus que 1,100 hommes
à l'effectif ; ce qui est suffisant.
Comme les quatre régiments de
cuirassiers qui sont en Allemagne doivent être portés à 1,100 hommes, cela
soulagera d'autant h conscription.
Il faudrait donner ordre que
tous les hommes disponibles qui se trouvent aux dépôts des quatre régiments de
cuirassiers, des quatre de chasseurs et des deux de hussards qui sont en
Allemagne, se rendissent aux escadrons de guerre. Il faudrait y envoyer également
toutes les selles disponibles, afin de pouvoir faire monter sans retard les
1,200 chevaux de cuirassiers et les 1,600 chevaux de chasseurs et de hussards
qui vont être levés sur les lieux. Il faudrait prescrire aux généraux de
cavalerie de bien veiller aux remontes, et de n'accepter que des chevaux de 5
à 8 ans qui soient en bon état. Cinq régiments de dragons sont à l'armée
d'Italie; ils ont avec eux leurs dépôts; ils doivent cette année recevoir 900
chevaux. Il y a en outre, dans le royaume d'Italie ou de Naples, six régiments
de chasseurs ou de hussards qui doivent aussi recevoir une grande quantité de
chevaux.
Les chevaux arrivant très
difficilement en Italie, j'ai décidé que les cinq régiments de dragons et les
six régiments de hussards et de chasseurs qui sont à l'armée d'Italie ne
garderaient en Italie que trois escadrons, c'est-à-dire 600 chevaux, et que les
4e escadrons, avec tous les hommes à pied, se rendront en France. Vous
désignerez les places où ils doivent établir leurs dépôts; et les chevaux de
remonte, ainsi que les hommes de recrue, au lieu d'aller en Italie, seront dirigés
sur ces dépôts. La 6e division militaire me paraît celle qu'il est le plus
convenable de choisir pour placer ces onze dépôts. Il faudrait décider quelle
est la partie des ouvriers et du dépôt qui doit rester avec les escadrons de
guerre.
Faites-moi un rapport et
présentez-moi un projet de décret là-dessus. Concertez-vous pour cela avec le
ministre de l'administration de la guerre. Il peut y avoir de l'avantage à avoir
des dépôts d'infanterie en Italie, mais il me semble qu'il n'y en a pas pour
les dépôts te cavalerie.
Paris, 15 février 1811
Au vice-amiral comte Decrès,
ministre de la marine, à Paris
Monsieur le Comte Decrès, j'ai
signé votre budget. Vous aurez remarqué que j'y ai inséré un million pour le
bassin de Breskens. Il est donc indispensable que vous me présentiez un rapport
sur cet objet important.
Je désire avoir un rapport sur
tous les travaux de Flessingue, soit du port, soit du magasin général.
En6n je désire que vous me
remettiez un projet sur Cherbourg, qui lève toutes les difficultés.
Paris, 15 février 1811
A Eugène Napoléon, vice-roi
d’Italie, à Milan
Mon Fils, je vous envoie un
mémoire très important sur la machine à mâter de Venise et sur les travaux
d'Ancône ; prenez des mesures pour qu'on ne s'éloigne pas de cette direction.
Je suis accoutumé depuis longtemps à faire faire de grands travaux, et je sais
ce qu'il m'en a coûté dans les commencements pour avoir laissé des ingénieurs
suivre leurs idées particulières. Rappelez donc vos ingénieurs à l'exécution
simple des projets que j'ai fait approuver par les maîtres de l'art.