1 – 15 Juillet 1811
Saint-Cloud, 3 juillet
1811
Au prince de Neuchâtel
et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin, donnez
ordre au sixième convoi de fonds de partir le 15 juillet. Vous remarquerez que
les 50,000 francs que ce convoi devait porter à Valladolid devaient être pris à
Vitoria, et que ce sont les fonds que le duc d'Istrie s’est fait remettre. Le
général Avy partira avec les trois bataillons de marche de l'armée du Midi, de
l'armée du Centre et de l'armée de Portugal; il se fera joindre en route par
tout ce qui appartient à ces trois armées. Il aurait ainsi 1,500 hommes. Mon
intention est de rendre son convoi plus considérable. Faites-moi un rapport qui
me fasse connaître ce qui a été envoyé cette année à l'armée de Portugal et à
l'armée du Midi, et combien de mois de solde on a payés. Faites-moi connaître
quand le 2e bataillon de marche de la Garde arrivera à Bayonne, et si, pour le
15, des détachements de cavalerie appartenant aux armées de Portugal et du Midi
seront arrivés dans cette ville. Mon intention serait de les mettre sous les
ordres du général Avy, ce qui rendrait sa colonne plus considérable et le
mettrait à même d'être utile sur son passage, selon les circonstances.
Saint-Cloud, 3 juillet 1811
Au maréchal Davout,
prince d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, je reçois
votre lettre du 28 juin. Je désire que vous réunissiez à Stettin le régiment du
grand-duché de Berg, le régiment de Hesse-Darmstadt et le régiment de Bade,
parce qu'il est possible que j'envoie une division française dans la Poméranie
suédoise, et j'y joindrais alors ces régiments, pour que les troupes française
soient toujours disponibles. Mes corsaires sont journellement insultés sur ces
côtes. Je me déciderai à cette mesure demain ou après. Donnez, en attendant,
des ordres en conséquence de cette lettre.
Saint-Cloud, 3 juillet
1811
NOTE DICTÉE EN CONSEIL DES MINISTRES
Le grand juge, les
ministres des cultes de l'Empire et du royaume d'Italie, les comtes Regnaud,
Boulay et Merlin, conseillers d’État, se réuniront chez le grand juge pour
rédiger un projet de décret sur les bases ci-après :
1° L'institution
canonique des évêques leur sera donnée par le métropolitain.
2° Nos procureurs
généraux près nos cours impériales requerront le métropolitain, ou, s'il s'agit
du métropolitain, le plus ancien
suffragant, de donner l'institution canonique au prêtre que nous aurons nommé
au siège vacant.
3° En cas de refus de
la part du métropolitain ou du suffragant, le procureur général présentera
requête à la cour, qui déclarera par arrêt que le siège est vacant.
4° L'évêque nommé par
l'Empereur, reçu par le clergé, régira le diocèse.
5° Le temporel des
sièges déclarés vacants sera saisi et administré par la régie des domaines
impériaux.
6° Les séminaires des
diocèses déclarés vacants seront fermés, et les étudiants seront placés
d'office dans les séminaires voisins et recommandés aux évêques.
7° Dans les diocèses où
il n'y aura pas d'évêque, les curés seront nommés par le préfet, à mesure des
vacances.
Le considérant de ce
projet sera simple : il sera motivé sur ce que, le concordat fait avec François
1er étant abrogé, l'institution canonique doit avoir lieu selon les privilèges
et les canons de l'Église gallicane. On devra y rappeler les maximes que les
parlements ont constamment soutenues en faveur de l'Église française.
La première question à
examiner est celle de savoir si la commission est compétente. Dans le cas où
elle déclarera qu'elle est incompétente, elle soumettra la question au
concile.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
A M. Maret, duc de
Bassano, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le Duc de
Bassano, il est nécessaire que vous donniez des instructions à mon ministre en
Prusse pour qu'il soit mis sur la sortie des blés et des bois le même droit qui
est mis à Danzig et dans les villes hanséatiques, afin que les Anglais payent
ces objets le plus cher possible.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au comte Mollien,
ministre du trésor public, à Paris
Monsieur le Comte
Mollien, le million pour la Catalogne est-il parti ? Il parait qu'on y manque
de solde depuis cinq mois.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
J'apprends que les plates-formes
de la batterie impériale de l’île de Cadzand sont toujours les mêmes. Je vous
avais fait connaître comment j'entendais que ces plates-formes fussent faites;
car, dans l'état où elles sont, les mortiers ne peuvent tirer chacun qu'un
très-petit nombre de coups, et c'est comme s'il n'y en avait pas. Faites-en
établir du nouveau modèle, et ordonnez qu'on tire plusieurs bombes pour
s'assurer soit de leur portée, soit de la facilité qu'on aura à tirer le nombre
nécessaire.
Saint-Cloud, 4 juillet 1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je désire que vous
fassiez venir O'Connor et les autres Irlandais qui sont à Paris, et que vous
voyiez à renouveler un parti en Irlande. J'ai dans ce moment vingt-cinq
vaisseaux de guerre devant l’Escaut et neuf dans le Texel. Je ne suis point du
tout éloigné de faire au mois d'octobre une expédition de 30,000 hommes et de
4,000 chevaux en Irlande, si je suis assuré d'y trouver un parti et si l’Angleterre
continue à se dégarnir pour envoyer les troupes en Portugal. Il vous sera
facile de faire comprendre que, étant maître de l'Escaut et du Texel, et les
Anglais se dégarnissant de partout, c'est une circonstance unique.
Je ferai tel traité que
les Irlandais voudront. J'attache à cela une grande importance. Je désire avoir
un plan et savoir à quoi m'en tenir là-dessus avant quinze jours. Rien ne peut
m'empêcher de sortir de l’Escaut; et les Anglais n'ayant plus personne en
Angleterre seront obligés de rappeler leurs soldats de la Péninsule, ce qui
demandera deux ou trois mois. On aura le temps de s'ancrer dans le pays avant
l'arrivée de ces troupes.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Vous aurez fait
connaître au général Vandamme que le camp et Boulogne va être porté à 40,000
hommes ; que la flottille se prépare pour pouvoir embarquer 40,000 hommes, et
qu'il doit se mettre en mouvement pour appuyer les lignes d'embossage et
accélérer les armements.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte de
Cessac, je réponds à votre lettre du 3 sur les transports militaires. Je ne
juge pas convenable de signer le projet de décret que vous me présentez, parce
qu'il me semble qu'il n'y a pas besoin de changement. Les bataillons resteront
comme ils le sont, 40 voitures par compagnie. Au lieu de leurs caissons
actuels, ils auront des chariots du modèle que vous m'avez présenté. Reste à
avoir s'il faut donner à ces chariots 4 ou 6 chevaux. La question est facile à
résoudre. Je pense que les chariots doivent être construits de manière à
pouvoir porter 6 milliers dans l'occasion ; mais ils ne doivent ordinairement
être attelés que de 4 chevaux et ne porter que 4 milliers pesant. Trois
chariots portant 4 milliers porteront 12 milliers et emploieront 6 hommes, 3
voitures et 12 chevaux; deux chariots portant 6 milliers et attelés de 6
chevaux porteront également 12 milliers et n'exigeront que 6 hommes, 12 chevaux
et 2 voitures ; il y aura donc une voiture d'économisée. Ainsi, sous ce point
le vue, il vaudrait mieux n'avoir que des voitures portant 6 milliers que d'en
avoir portant 4 milliers. Mais ces voitures doivent aussi porter du pain ; or 3
chariots porteront 4,800 rations de pain : 2 chariots ne porteraient que 3,200
; 2 chariots ne porteraient que 5,600 rations de biscuit, et encore
difficilement : 3 chariots en porteront 7,500 ou 7,600. Ce raisonnement sera a
fortiori pour le fourrage et les liquides. C'est ce qui me décide à n'atteler
les chariots que de 4 chevaux, en ne les chargeant que de 4 milliers. Dès lors
je n'ai aucun autre changement à faire à l'organisation que de substituer un
chariot du nouveau modèle à un caisson des transports militaires; or, ce
changement, je désire le faire partout.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris
Je réponds à votre
lettre du 3 sur l'approvisionnement de Danzig. Il est vrai que dans le premier
moment de presse, et lorsque les événements paraissaient s'accélérer, j'écrivis
au prince d'Eckmühl que j'accordais un million, sans discussion, pour qu'il fit
entrer à Danzig tout ce qui manquait à l'approvisionnement de siège; mais,
aussitôt que les choses sont devenues plus calmes, je lui mandai que cela était
inutile et qu'il fallait économiser l'argent. Le blé, la farine sont dans une
grande abondance à Danzig; le vin, l'eau-de-vie, les fourrages, les bestiaux
également. Quant au bois de chauffage, il y a une si grande quantité de bois
aux environs de Danzig que c'est une chimère de vouloir s'occuper de cela.
Remettez-moi sous les
yeux l'état de ce que le général Rapp a acheté, de ce qu'il doit se procurer au
dernier moment (le bois de chauffage est de ce nombre), les marchés qu'il a
passés, à quel prix pour quel objet et pour quelle quantité d'argent. Dans le
fait, s'il a acheté des choses qui soient utiles à l'approvisionnement de siège
et qui ne se trouvaient pas dans la ville, il est bon de les payer et de les
garder.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Le rapport sur la rade
de l'île d'Aix n'est pas satisfaisant, et je ne puis comprendre comment il n'y
a pas de moyens, soit en plaçant des batteries sur des vaisseaux que l’on
raserait, soit en construisant un fort, de protéger la gauche de la rade. Ne
serait-il pas possible de suppléer le fort Boyard par une batterie flottante ?
Je désire que vous occupiez les ingénieurs de cette question.
Mais, en attendant,
j'approuve l'idée d'avoir cinquante-quatre chaloupes canonnières armées
chacune de deux pièces de 24, et quelques-unes même de pièces de 36. Mon
intention serait d'employer ces canonnières non-seulement à protéger l’escadre
qui serait dans la rade de l'île d'Aix, mais à faire une guerre constante aux
bâtiments qui mouilleraient dans la rade. Ce genre de guerre aurait l'avantage
de protéger le cabotage de la Rochelle à l’île d'Aix, et donnerait lieu à des
mouvements qui exerceraient nos équipages et obligeraient l'ennemi à ne plus
mouiller dans la rade.
Je vous prie de me
présenter un projet de décret pour l'organisation de cette flottille. Première
question : Quel est le modèle et chaloupes canonnières qu'il faut adopter ? Il
est évident que ce ne peut être celui des canonnières de Boulogne. Ces
bâtiments ont été faits pour entrer dans les ports de la Manche et pour tirer
très-peu d'eau. Ici, au contraire, ils sont destinés à aller dans la rade et
dans la Charente, et ou peut leur donner autant de tirant d'eau qu'on voudra.
Ils doivent être bons marcheurs. Les canonnières ne doivent porter ni hommes ni
chargement; elles ne doivent avoir que ce qu'il faut pour deux pièces de canon.
Il faudrait qu'elles allassent à la rame. Des canonnières dans le genre des
bateaux hollandais, mais plus légères, rempliraient le but; elles seraient
moins dispendieuses et exigeraient moins d'hommes.
En supposant une
flottille de 81 bâtiments, formant 4 divisions, et composée de 54 chaloupes
canonnières très-perfectionnées et de 27 péniches : des 54 chaloupes
canonnières, 9 porteraient un mortier à plaque de 12 pouces destiné à tirer à
1,800 toises ; des 27 péniches, 9 seraient des bombardes portant chacune un
mortier à la Gomer de douze pouces destiné à tirer à 1,000 toises, 9 seraient
de simples péniches portant un obusier, et 9 autres des caïques portant une
pièce de 24. En résumé, on aurait 45 chaloupes canonnières portant 90 pièces de
24, 9 grosses bombardes ayant chacune un mortier, 9 péniches portant un
mortier, 9 péniches-caïques portant une pièce de 24, et 9 péniches simples;
total de la flottille, 81 bâtiments.
Un seul équipage de la
flottille serait suffisant pour servir ces bâtiments. Mais il faudrait de tout
cela faire de bons modèles; et, en plaçant quatre vaisseaux et deux frégates à
l'île d'Aix, protégés par cette flottille et se battant tous les jours avec les
bâtiments anglais qui seraient au mouillage, cela pourrait obliger les Anglais
à ne plus mouiller et à se tenir au large, parce que par ce moyen ils évitent
de montrer leur force.
Enfin il serait
nécessaire que vous ordonnassiez au préfet maritime d’aller visiter la batterie
des Saumonards, dans l'île d'Oléron, pour voir si elle est en situation de
protéger l'escadre, s'il y a des mortiers et comment sont faites les
plates-formes.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Il faut diriger sur
Boulogne un second équipage de flottille; on peut prendre un des deux qui sont
à Brest, en prenant des mesures pour le compléter. Secondement, il faut créer
un nouvel équipage, ce qui fera trois équipages à Boulogne, représentant les
3,000 matelots dont on a besoin ; on peut prendre des hanséatiques.
Il faut me faire
connaître le nombre d'officiers de marine et de capitaines de vaisseau que le
règlement de la flottille prescrit pour commander la ligne d'embossage. Je
compte qu'au 1er août les cinq prames, vingt-sept canonnières, vingt-sept bateaux
canonniers et les neuf péniches, seront en embossage.
J'approuve une dépense
de 1,400,000 francs et l'envoi de tout ce qui est nécessaire pour mettre en
état 16 prames et 81 canonnière afin d'avoir trois divisions, et cent
trente-cinq bateaux canonniers afin d'avoir cinq divisions de vingt-sept
chacune, et trente péniches le tout dans
le courant de septembre; ce qui porterait 26,000 hommes et 1,400 chevaux.
Dirigez-y le chanvre et les bois nécessaire sans nuire à Anvers.
Quant aux 1,400
ouvriers, faites une circulaire aux préfets pour que de la Flandre et des bords
des rivières on envoie ces ouvriers. Vous pouvez même en diriger de Brest, mais
il ne faut dégarnir ni Anvers ni Cherbourg. Faites-moi connaître également
combien il faudrait pour mettre en état les autres canonnières, et faîtes faire
quelques excellents modèles de péniches, tels qu'on puisse employer les débris
de celles existantes pour en construire sur le nouveau modèle.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Je reçois votre lettre
par laquelle vous me rendez compte que la ligne d'embossage de Boulogne a été
attaquée. Je regarderais comme une chose malheureuse que l’on eût un échec de
ce côté. Ces entreprises des Anglais sont produites par l'importunité que leur
donne cette ligne d'embossage. Ils savent que rien ne peut empêcher 25,000
hommes d'aller brûler le chantier de Chatham et faire une expédition qui peut
être désastreuse à l'Angleterre. Ordonnez donc que l'armement de la flottille de
Boulogne soit poussé vivement. Parlez à l'amiral Ganteaume, que je veux y
envoyer dans quelques jours. Mais il faut avant y envoyer les officiers qui
doivent être employés dans la flottille.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Il faudrait préparer
quelques expéditions pour Batavia et dans le cas où l’on apprendrait, en
octobre, que l'expédition des Anglais n'a pas réussi ou n'a pas eu lieu.
Beaucoup de gens croient en Angleterre qu'elle n'a pas eu lieu.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
NOTE POUR LE MINISTRE SECRÉTAIRE D'ÉTAT.
Le ministre secrétaire
d'État écrira aux ministres de l'intérieur et des finances, au maire de Rome,
au sénateur Fossombroni et au conseiller d'État de Gérando, pour les prévenir que,
dans les premiers jours de la semaine prochaine, je tiendrai un conseil dans
lequel seront réglés le budget de la ville de Rome, ce qui est relatif aux
domaines qui existent, aux pensions, aux marais Pontins, et généralement tout
ce qui concerne les affaires de Rome et de l'État romain. Les ministres de
l'intérieur et des finances apporteront toutes les pièces et documents qu'ils
ont sur cet objet. Le ministre secrétaire d’État prendra mes ordres dimanche
pour le jour où ce conseil aura lieu.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
Au maréchal Davout,
prince d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, j'ordonne
qu'au 15 juillet vos 4e et 6e bataillons se mettent en marche pour Wesel, d'où
vous leur ferez rejoindre leurs régiments respectifs. Les 4e et 6e bataillons
ne doivent avoir ni grenadiers ni voltigeurs. Vous aurez soin d'ordonner le
tiercement, afin que les anciens soldats soient dans la même proportion que les
nouveaux. Les 4e bataillons du 15e léger et du 25e de ligne, qui arrivent d'Espagne
et que je vais compléter, vous joindront un mois après. Vous aurez donc ainsi
soixante et dix-neuf bataillons. Faites toutes les dispositions pour qu'à dater
du 1er août votre armée soit partagée en cinq divisions, sans
compter celle de Danzig, qui sera la 7e.
Je vous ai déjà annoncé
que onze compagnies de vos régiments, qui sont dans l'île de Walcheren,
allaient vous amener 1,650 hommes; que douze compagnies appartenant à des
régiments qui ne sont pas partis de votre corps d'armée, et qui sont dans les
îles de Schouwen et de Goeree, allaient vous amener 1,800 hommes; que quinze
compagnies appartenant à vos 6e et 5e bataillons partiraient de l’île de
Walcheren et vous amèneraient 2,250 hommes. Il ne manquera donc plus pour
compléter vos bataillons à 840 hommes que 3,000 hommes, qui seront fournis au
mois d'août par le régiment de Walcheren.
Vous devez répartir les
1,800 hommes des bataillons des îles de Goeree et de Schouwen entre ceux de vos
bataillons qui seraient le plus faibles.
Le ministre de la
guerre vous fera connaître mes intentions pour la formation de votre 5e
division. Je suppose que vous avez le personnel et le matériel d'artillerie,
du train, les sapeurs, etc. nécessaires pour cette division.
Je compte que, si vous
deviez marcher au 1er août, vous marcheriez avec cinq divisions, ou soixante
et dix-neuf bataillons ou 64,000 hommes d'infanterie; ce qui, avec la 7e
division de Danzig, vous ferait près de 80,000 hommes. Il sera nécessaire que vous fassiez passer
des revues de tous ces régiments, afin qu'il n'y ait aucune place vacante ni
d'officiers ni de sous-officiers au 1er
septembre, qu'il y ait un général de brigade par régiment et un major en
second. Vous mettrez trois bataillons sous les ordres directs du colonel et
deux bataillons sous les ordres directs du major en second. Je crois vous avoir
fait connaître, et je dois vous répéter que tous vos généraux et officiers
doivent être à leur poste, et le personnel et le matériel d'artillerie, les
équipages militaires, le train du génie, parfaitement complets; de sorte que
votre corps d'armée puisse, pour le 1er septembre, se mettre en mouvement peu
de jours après que vous en auriez reçu l’ordre.
Saint-Cloud, 4 juillet
1811
A Élisa Napoléon,
Grande-Duchesse de Toscane, à Florence
Ma Sœur, j'ai disposé
de 8,500 conscrits des dépôts de conscrits réfractaires de l'île d'Elbe et de
la Corse, savoir: pour le 1er régiment de la Méditerranée, dont trois
bataillons sont en Corse et deux à l’île d’Elbe, 3,444 hommes ; pour le 5e
bataillon du 112e, qui est au mont Argentaro, 600 hommes; pour le 14e
léger, 500 hommes qui doivent se rendre de Corse à Piombino et de là à Rome;
pour le 6e de ligne, 300 hommes qui doivent se rendre de l'Ile d'Elbe à Corfou
pour être incorporés dans ce régiment. Il est important que les derniers 800
hommes soient tous Français, et qu'il n'y ait parmi eux aucun homme des
départements au delà des Alpes. J'ai de plus ordonné que les 7e bataillons du
14e léger et du 6e de ligne se rendissent à l'île d'Elbe, où ils doivent
recevoir chacun 840 hommes. La moitié de ces conscrits peut être Italiens;
l'autre moitié doit être Français. Enfin j'ai donné aux 5e bataillons des 6e de
ligne et 14e léger 1,120 hommes.
Le ministre de la
guerre doit vous envoyer le tableau du nombre d'hommes dont j'ai disposé.
Faites-moi connaître si
les ordres que j'ai donnés à cet égard sont exécutés. Les 5e bataillons des 6e
de ligne et 14e léger sont-ils passés ? Les deux compagnies de marche du 14e,
qui doivent recevoir 500 hommes du 1er régiment de la Méditerranée, sont-elles
débarquées à Piombino pour aller à Rome ? Les 600 hommes destinés au 112e
sont-ils arrivés au mont Argentaro ? Ils doivent être tous Français; je n'y
veux point d'Italiens. Écrivez en Corse pour avoir leur situation. Faites passer
une revue du dépôt de la Méditerranée, qui est à l'île d'Elbe. Croyez-vous que
l'on pourrait se fier à ces conscrits, et qu'il y aurait sûreté à les diriger
sur Rome ?
Saint-Cloud, 5 juillet
1811
A M. Maret, duc de
Bassano, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le Duc de
Bassano, mon ministre à Carlsruhe est dans une fausse direction. Faites-lui
connaître qu'il ne doit témoigner ni jalousie ni ressentiment contre la reine
de Suède ni contre son fils, et que je reste parfaitement étranger à cette
querelle. (Le ministre de France avait plusieurs fois signalé l'influence dont
jouissait à la cour de Carlsruhe la comtesse de Gottorp, nièce du grand-duc de
Bade et de Gustave IV, ex-roi de Suède.
Des honneurs extraordinaires ayant été rendus à la comtesse et à son fils lors
des funérailles du grand-duc de Bade, en juin 1811, le ministre revint avec
insistance sur ses représentations. C'est à cette occasion que fut écrite cette lettre).
Saint-Cloud, 5 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
J'ai pris un décret
pour occuper militairement l'île de Wangeroo; ordonnez la reconnaissance des
autres îles jusqu'au Texel, afin de savoir si dans toutes il se trouve des
points susceptibles d'être occupés. Lorsqu'on aura des renseignements sur ces
îles, on pourra prendre des mesures pour y organiser une force publique.
Saint-Cloud, 5 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Il faut faire une
nouvelle reconnaissance du Valais. Les trois casernes pourront s'exécuter
l’année prochaine; les projets seront discutés en décembre. Au lieu d'une
caserne défensive, je désire avoir au Simplon une citadelle qui me rende maître
du passage. Une caserne défensive à Brigg et une autre à Sion, pour maintenir
le pays, me paraissent fort utiles. La caserne de Sion s'appuierait aux forts
qui sont sur les hauteurs, de manière à être parfaitement maître de la ville.
Comme c'est la capitale du pays, en s'y établissant, ce serait le moyen le plus
sûr de contenir les habitants. La caserne de Brigg s'appuierait aux hauteurs,
qu'on pourrait fortifier par des tours. Quant aux points de Martigny et de
Saint-Maurice, ils sont si près de la France qu'on ne peut avoir aucune
inquiétude.
Il faut s'occuper du Simplon,
de Sion et de Brigg, sous le double point de vue de guerre et de révolte. Il
sera avantageux d'occuper trois points d'appui, qui permettent d'avoir le pied
en Italie, économiseront beaucoup de troupes et assureront cette position
importante. Si l'on suppose que l'ennemi force tous ces points, on arrivera à
Lausanne et à Genève. Il sera nécessaire de reproduire aux conseils de décembre
les projets sur Genève. Faut-il démolir cette place ou la fortifier ? Il n'est
pas convenable de la laisser dans sa situation actuelle.
Saint-Cloud, 5 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je désire que l’on me
soumette, aux conseils de décembre, trois projets de casernes égales à celles
de Lans-le-Bourg, pour la défense de la vallée de Maurienne. Mon principal but
serait, en cas de guerre, de s'en servir pour hôpitaux, et d'avoir ainsi une
évacuation d'hôpitaux depuis le mont Cenis jusqu'à Saint-Jean-de-Maurienne.
Les mouvements nombreux de troupes qui ont lieu par cette vallée, et
l'expérience du degré de fatigue qu'éprouve le soldat en la traversant, doivent
déterminer la distance à laquelle il faut placer ces casernes. Elles devront
être disposées de manière qu'un bataillon puisse y loger. Mais, pour établir
ces casernes, il faut que la nouvelle route soit faite, afin que par leur
position elles puissent la défendre. Il ne faut point avoir égard aux journées
d'étapes actuelles, calculées sur l'ancienne route ; il faut franchir
promptement cette vallée et ordonner de nouvelles étapes qui soient de 12 à
13,000 toises. La première serait la caserne du mont Cenis, qu'il faudrait
achever; la deuxième celle de Lans-le-Bourg; ensuite on établirait deux ou
trois casernes intermédiaires pour arriver jusqu'à Saint-Jean-de-Maurienne.
Il sera très-utile que
ces casernes soient crénelées, et il faudra avoir soin de les placer dans de
bonnes positions, de manière que les troupes qui s'y trouveront puissent se
défendre longtemps.
Je désire un projet sur
le mont Cenis. Il est d'une grande imprudence de n'avoir rien sur ce point
important. Il faudrait fortifier le couvent, occuper la hauteur par une tour.
Si cela est nécessaire, on ferait construire une autre tour sur les hauteurs
qui défendent le lac. Je désire qu'un projet bien détaillé, avec des cotes de
nivellement, soit présenté en décembre, afin qu'en cas de révolte ou de guerre
cette communication, si importante sous tant de points de vue, soit assurée.
Mais ce projet ne doit pas me jeter dans de grandes dépenses. Il doit être
calculé pour que les premiers 100,000 francs qu'on y dépensera en 1812
remplissent mon but, qui est que 200 hommes puissent s'y défendre contre 2,000;
et, s'il doit coûter 5 à 600,000 francs, que ce soit en six ans, et que chaque
année il acquière un nouveau degré de force.
Un corps de troupes
avec du canon ne pourra arriver au couvent que par le grand chemin. Il faut
donc des ouvrages qui barrent ce chemin de manière qu'on ne puisse avancer
qu'après les avoir pris. Il ne reste plus que le couvent à mettre à l'abri d'un
coup de main contre des troupes qui arriveraient des montagnes et sans
artillerie.
Saint-Cloud, 5 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, j'accorde les
12,000 francs demandés pour continuer les travaux du mont Circeo. Je ne
comprends pas bien pourquoi on n'établit pas, à 400 toises des batteries n° 2
et n° l, une tour qui défendrait les hauteurs, croiserait les feux avec les batteries
et ôterait à l'ennemi toute idée de venir s'établir là. On ne conçoit pas bien
pourquoi on n'a pas restauré les tours del Fico, Cervia et Paola. On pourrait
placer sur ces tours des caronades en fer ayant peu de recul, telles que s'en
sert la marine. Ces ouvrages protègeraient suffisamment toutes ces anses. Il
faut faire en sorte d'établir un système où on ne me parle pas d'un camp de 100
hommes toujours présents. Il faut avoir des affûts de côte et mettre un
mortier dans chaque batterie. En décembre, on me présentera un projet plus
détaillé sur cette position.
Saint-Cloud, 5 juillet
1811
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de
l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin, vous ne
m'avez pas envoyé la route que tiennent le régiment de marche de l'armée du
Midi, celui de Portugal et celui de chasseurs. Ils doivent être arrivés à
Bayonne ou en être bien prêt Vous ne m'en avez rien dit.
Saint-Cloud, 5 juillet
1811
Au maréchal Davout,
prince d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Je lis avec attention
le quatre-vingt-deuxième procès-verbal des séances du conseil de Hambourg, du
18 juin, et j'y vois que, sur une demande du général Liébert si les denrées
coloniales venait à Göteborg doivent être admises, le conseil répond non, parce
que la Suède n'est pas dans le système
continental. Cette réponse m'a paru étrange. Je vous écris donc pour vous
donner une direction précise sur cette question. Les marchandises coloniales
venant de Suède et de Prusse doivent être confisquées, car elles viennent
d'Angleterre toute denrée coloniale, de quelque lieu qu'elle vienne, doit être
confisquée, car elle vient d'Angleterre. Envoyez des ordres et tenez la main
pour que toutes les marchandises coloniales quelconques soient confisquées,
n'importe le lieu d'où elles viennent. Ceci doit vous servir de direction pour
Danzig. Je suppose que ma ligne de douanes du côté de terre est établie et
qu'aucune denrée coloniale n'y peut passer. Par une erreur, la Saxe et la
Westphalie avaient laissé entrer des marchandises coloniales venant de Prusse,
et avaient pris pour bons les droits qu'elles avaient payés en Prusse ; la Saxe
et la Westphalie se sont ravisées. Portez une attention particulière à cet
objet, qui est majeur. Toute denrée coloniale doit être confisquée, à moins
qu'elle ne vous ait payé le droit.
Saint-Cloud, 6 juillet
1811
NOTE
POUR LES ÉVÊQUES.
Le rapport de la
commission doit être fait sur les bases suivantes :
1° Que t l'Empereur
ayant le droit de nommer aux évêchés vacants, son droit se trouve nul si
l'institution canonique peut leur être refusée par d'autres raisons que les
cas prévus par le concordat de Léon X;
2° Que, Sa Majesté
ayant réitéré plusieurs fois la demande de l'institution canonique, qui a été
refusée, elle a pu être autorisée à regarder le Concordat comme non existant,
et à réunir un concile pour qu'il pourvût à l'institution des évêques ;
3° Que le conseil des
évêques qui était à Paris, et qui avait été consulté par Sa Majesté sur ces
évêques, ayant obtenu d'envoyer une députation de quatre évêques au Pape, cette
députation a levé toutes les difficultés; que le Pape a daigné entrer dans les
besoins de l'Église et dans ses circonstances ; qu'il a formellement promis
l'institution pour les évêchés vacants et approuvé la clause que, si dans
l'espace de six mois lui ou ses successeurs ne donnent pas l'institution
Canonique aux évêques, le métropolitain la donnerait; que, cela étant, le but
de l'Empereur se trouve rempli; que les évêchés de son Empire ne peuvent plus
rester vacants; que l'Empereur voulait trois mois; que le Pape en demandait
six, différence qui n'est pas de nature à rompre l'arrangement déjà conclu,
qu'on propose au concile le décret suivant; que, lorsqu'il sera adopté, il
sera présenté par le concile en corps [à l'Empereur, pour le remercier et le
supplier d'approuver ledit décret et de le faire publier comme loi de l'État.
Suit le projet de
décret du concile.
Après un considérant,
etc., le concile décrète :
1° Que les évêchés ne peuvent
rester vacants plus d'un an, pour tout délai, et que dans cet espace de temps
les nomination, institution, consécration doivent avoir lieu ;
2° Que l'Empereur
nommera, conformément au Concordat, à tous les sièges vacants ;
3° Que, six mois après
la nomination faite par l'Empereur, pour tout délai, le pape donnera
l'institution canonique;
4° Que, les six mois
expirés, le métropolitain, et, lorsqu'il sera question de la nomination du
métropolitain, le plus ancien évêque se trouve investi par la concession même
faite par le Pape, et devra procéder à l'institution canonique et à la
consécration;
5° Que ce présent
décret sera soumis à l'approbation de Sa Majesté, pour être publié comme loi de
l'État;
6° Que Sa Majesté sera
suppliée par le concile de permettre à une députation d'évêques de se rendre
auprès du Pape pour le remercier d'avoir par cette concession mis un terme aux
maux de l’Église.
Saint-Cloud, 6 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Vous expédierez un courrier
et non une estafette au général Grenier à Naples. Vous choisirez pour cela un
courrier sûr. Il aura ordre de ne remettre qu'au général Grenier ses dépêches.
Vous enverrez à ce général un duplicata des ordres que j'ai donnés pour la
dissolution de l'armée de Naples et la formation d'un corps d'observation sous
ses ordres, et ma volonté pour que, quelle que soit l'opposition du roi de
Naples, il ait à donner des ordres à tous les Français et à réunir mes troupes
entre Naples, Capoue et Gaète; que le roi à Naples parait se livrer aux
suggestions des ennemis de la France; que je lui ai déjà fait témoigner combien
sa conduite était folle. Vous prescrirez au général Grenier de prendre des
mesures pour, sans faire semblant de rien, faire mettre garnison à Gaète et
s'en assurer la possession ; qu’il doit faire connaître aux Français et à tout
ce qui fait partie de la garde qu'ils sont toujours Français; que je les
considère comme tels; que par un décret du grand empire les Français sont
citoyens de Naples; qu'il se concerte avec mon ministre pour le seconder et
faire sortir le roi de la fausse position où il est ; que, s’il continuait à s'éloigner de ce que lui
prescrivent la reconnaissance et ses devoirs, il y serait sévèrement rappelé;
que le général Grenier doit parler ferme; qu'il n'est plus sous les ordres du
roi de Naples; qu'il doit soutenir mon ministre comme commandant un corps de
troupes et non comme un subordonné.
Ecrivez au général
Miollis pour lui faire connaître que le général Grenier commande en chef mes
troupes à Naples ; qu'il doit veiller à ce que les estafettes ne passent dans
les mains napolitaines, mais aillent en droite ligne dans les mains du général
Grenier.
Saint-Cloud, 6 juillet
1811
AU CAPITAINE DE MONTESQUIOU, OFFICIER D'ORDONNANCE DE L'EMPEREUR , A PARIS
Vous partirez dans la
journée pour vous rendre à Niort et à Saintes. Vous séjournerez dans ces deux
villes le temps nécessaire pour remplir la mission contenue dans l'instruction
ci-jointe. Vous aurez bien soin de prendre des états de situation détaillés de
chaque dépôt et des régiments de marche qui s'y réunissent. Vous verrez le
général Defrance et les différents chefs, et vous ne manquerez pas de m'envoyer
des rapports tous les jours.
INSTRUCTION.
Un décret du 7 mai a
organisé à Saintes et à Niort le dépôt général des remontes pour l'armée
d'Espagne. Saintes est pour les remontes de dragons et Niort pour celles de la
cavalerie légère. Le général y a été envoyé pour en prendre le commandement. Il
a sous ses ordres : 1° les régiments de marche qu'on a dirigés sur ces dépôts
avant de les envoyer à Rayonne ; 2° les détachements que les dépôts dont les
escadrons dé guerre sont en Espagne dirigent sur le dépôt général de Niort et
de Saintes, et les hommes démontés revenant d'Espagne qu'on réunit dans ce
dépôt.
RÉGIMENTS DE MARCHE. —
Dans les derniers jours de mai, deux régiments de marche de dragons ont été
organisés, l'un à Nantes pour l'armée de Portugal, l'autre à Niort pour l'armée
du Midi. Un troisième régiment de marche, formé de détachements de cavalerie
légère, a été organisé à Gand. Voici la composition première de ces trois
régiments :
1° Régiment de marche
du Portugal, organisé à Nantes : 1er escadron, 13e dragons, 26 hommes; 22e,
25; 18e, 42; 2e escadron, 8e dragons, 89 hommes ; 19e, 29 ; 3e escadron, 3e dragons, 60 hommes; 6e,
31; 10e, 45; 4e escadron, 11e dragons, 50 hommes, 15e, 29; 25e,
55.
2° Régiment de marche
du Midi, organisé à Niort : 1er escadron, 1er dragons, 31 hommes; 2e,
39; 4e, 45; 2e escadron, 9e dragons, 33 hommes; 14e, 26;
17e, 18; 26e, 21 ; 3e escadron, 27e dragons, 25 hommes; 5e,
33; 12e, 36; 21e, 41; 4e escadron, 16e dragons, 51
hommes; 20e, 58.
3° Régiment de marche
de cavalerie légère, organisé à Gand : 1er escadron, 1er hussards,
85 hommes; 2e, 44; 2e
escadron, 13e hussards, 131 hommes; 3e escadron, 4e hussards, 90 hommes, 10e,
110; 4e escadron, 5e chasseurs, 34 hommes;
10e, 65; 21e, 50; 22e, 99; 27e,
34.
Dans le courant de
juin, les deux régiments de dragons ont été dirigés sur Saintes et le régiment
de cavalerie légère sur Niort. Ils ont dû arriver à ces destinations dans les
derniers jours de juin. À leur arrivée, le général Defrance a dû faire, dans
leur organisation, les changements suivants : 1° monter de préférence les
anciens soldats du régiment qui se trouvent aux dépôts; 2° convertir le
régiment de cavalerie légère en cinq escadrons de marche organisés ainsi qu'il
suit, savoir : les détachements des 5e, 10e, 21e, 27e
chasseurs, 2e hussards et 10e, appartenant à l'armée du Midi, formant deux
autres escadrons; les détachements des 22e chasseurs, 1e et 3e hussards,
appartenant à l'armée de Portugal, formant deux autres escadrons: enfin le
détachement du 4e hussards, appartenant à l'armée d'Aragon, formant
un 5e escadron.
En outre, il a été
prescrit au général Defrance de renvoyer les cadres appartenant aux 1e, 3e, 8e,
9e et 10e régiments de dragons, devenus chevau-légers. Ces cadres se composent
des officiers, sous-officiers et soldats ayant plus de deux ans de service. Les
chevaux et les harnais doivent être laissés au dépôt; les soldats qui n'ont pas
deux ans de service doivent être incorporés dans les régiments et marche; et,
comme ces détachements se composent en grande partie de jeunes soldats, le
renvoi des anciens n'affaiblira pas beaucoup ce que fournissent les cinq
régiments de dragons, qui font ici exception.
M. de Montesquiou
écrira si tous les ordres ont été exécutés, si tous les détachements sont
arrivés, où sont ces régiments, quels sont les officiers qui les commandent, si
la solde est payée, comment les chevaux sont harnachés, etc.
Dépôts de Niort et de
Saintes. — Le décret du 7 mai, qui a organisé ces dépôts, a ordonné l’achât de 1,000
chevaux pour chaque dépôt et l’envoi de 2,000 selles qui doivent être fournies
des magasins de Paris. Ces selles sont-elles arrivées ? Depuis, 500 chevaux de
dragons et 500 chevaux de chasseurs ont été tirés des dépôts de cavalerie de
la 6e division militaire et dirigés sur Saintes et Niort. Enfin les dépôts de
tous les régiments de cavalerie qui ont leurs escadrons de guerre en Espagne
ont dû diriger sur ces mêmes dépôts un premier envoi de tout ce qu'ils avaient
de disponible au 15 juin. Ils ont dû faire un second envoi au 1er juillet. Ils
doivent en faire un autre le 15 juillet.
M. de Montesquiou doit
voir si tout est arrivé et dans quelle situation tout se trouve. Je compte
réunir ainsi, dans les premiers jours d'août, 8,000 hommes de cavalerie. Il
doit s'assurer si mes intentions seront remplies. Il doit non-seulement
envoyer tous les renseignements que le général Defrance lui donnera, mais
encore tout ce qu’il pourra recueillir par lui-même. Il verra les chefs; il
s'assurera si la solde est au courant, si les habits, les chevaux, les harnais
sont arrivés, si les selles sont bonnes, si les chefs se trouvent à la tête de
leurs détachements. Il parlera des officiers, etc.
Il ira d'abord en
droite ligne à celui des dépôts de Saintes et de Niort où le général Defrance
se trouve, et, après avoir séjourné dans l'un assez de temps pour le bien
connaître, il se rendra dans l'autre. Il écrira tous les jours ce qui se passe
et attendra là de nouveaux ordres.
Saint-Cloud, 7 juillet
1811
Au prince de Neuchâtel
et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin, donnez
ordre au général Avy de partir, du 13 au 15 juillet, de Bayonne avec le sixième
convoi, qu'il doit escorter. Il aura sous ses ordres : 1° le régiment de marche
de dragons de l'armée du Midi, fort de 500 hommes et 500 chevaux; 2° un
bataillon d'infanterie légère pour l'armée du Midi, 330 hommes; 3° un
bataillon d’infanterie de ligne pour l'armée du Midi, 740 hommes; 4° un bataillon
appartenant à l'armée de Portugal, 430 hommes; total, 3,000 hommes et 500
chevaux.
Chaque homme
d'infanterie, avant de partir de Bayonne, prendra 40 cartouches ; chaque dragon
en prendra 20, de plus, les dragons auront soin de se munir de fers pour leurs
chevaux pendant la route. Un détachement du train, de ceux qui doivent partir
vers la fin de juillet, pressera son départ d'Auch, de manière qu'on puisse
organiser deux pièces de 4, deux caissons et deux caissons d'infanterie, en
tout six voitures, pour lesquelles 24 à 25 chevaux seront suffisants. Cette
artillerie, qui sera servie par un détachement de la compagnie de marche de
l’armée du Midi, accompagnera le convoi du général Avy et pourra servir en
route. Le général Avy tiendra un convoi constamment réuni. Il marchera sans
s'arrêter jusqu'à Valladolid, escortera toujours son convoi, n'en laissera
détourner aurai homme ni aucun argent, enfin remplira fidèlement ses devoirs à
cet égard. Le convoi séjournera deux jours à Vitoria et deux jours à Burgos,
afin de faire les réparations nécessaires et que tout sert maintenu en bon
état.
Ce sixième convoi se
composera : 1° d'un million pour le roi d'Espagne (pour juin 500,000 francs,
pour juillet 500,000 francs en argent); 2° d'un million pour l'armée du Nord,
savoir, les 647,000 francs que le duc d'Istrie a pris à Vitoria et un
complément de 353,000 francs en traites; 3° d'un million pour l’armée du
Centre, 750,000 francs en argent, 250,000 francs en traites; 4° de quatre
millions pour l'armée de Portugal, deux millions en argent, deux millions en
traites; 5° de deux millions pour l'armée du Midi, 1,500,000 francs en argent,
500,000 francs en traites; total : 8,353,000 francs, dont 5,250,000 francs
en argent, 3,103,000 francs en traites.
A l'arrivée du convoi à
Vitoria et à Valladolid tous les hommes isolés appartenant aux armées du
Centre, du Portugal et du Midi, y seront réunis. Vous écrirez à ce sujet au duc
d'Istrie et au général Caffarelli, en exceptant toutefois les détachements
destinés à faire partie de la colonne du général Van der Maësen, et qui se trouveraient
réunis à Burgos au moment du passage du général Avy. Je suppose que ce général
se fera joindre ainsi dans sa route au moins par 1,000 hommes appartenant à
l’armée de Portugal ; ce qui le fera arriver à Madrid avec 3,000 hommes.
Parvenu à cette première destination, si le général Avy apprend que les deux
armées du Portugal et du Midi sont réunies, il passera d'abord par l’armée de
Portugal pour arriver à celle du Midi; mais si la réunion des deux n'avait pas
eu lieu, le convoi se séparerait. On dirigerait sur de Portugal les quatre
millions destinés pour cette armée, en leur donnant pour escorte le bataillon
de marche de Portugal et les 1,000 hommes environ qu'on aurait pu recueillir
appartenant à l'armée de Portugal. Le général Avy s'entendrait avec le Roi, qui
commande l’armée du Centre, afin que l'escorte du convoi de Portugal ne fût pas
moindre de 2,000 hommes, infanterie et cavalerie. Deux jours après que ce
convoi serait parti de Madrid, le général Avy se mettrait lui-même en route
avec le reste pour l'armée du Midi. Il est nécessaire d'organiser un nouveau
convoi de quatre millions pour les armées de Portugal et du Midi ; ce convoi
sera dirigé sur Burgos, où il sera mis sous l'escorte de la colonne que le
général Von der Maésen doit conduire à l'armée de Portugal. Faites-moi
connaître quand les troupes que doit commander ce général seront arrivées à
Burgos. Il faudrait pouvoir y joindre le régiment de marche de dragons de
Portugal, et organiser pour cette colonne six pièces de canon en les faisant
servir par les chevaux qui partent de Bayonne vers la fin de juillet pour le
Portugal. Par ce moyen, ce général aurait une véritable division de 6,000
hommes, avec du canon et de la cavalerie, et pourrait être partout d'un grand
service. Présentez-moi un projet d'organisation et d'instruction pour cette
division.
Saint-Cloud, 7 juillet
1811
Au maréchal Davout,
prince d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, en passant
la revue du 6e bataillon du 15e d'infanterie légère, je me suis aperçu qu'on
avait fort mal à propos nommé des caporaux et des sergents qui n'avaient pas
deux ans de service. Je les ai fait rentrer dans les compagnies, et on les a
remplacés par des sous-officiers tirés de Fontainebleau. Mais, comme on peut avoir
fait la même chose aux autres 6e bataillons, je désire que vous écriviez pour
faire rentrer dans les compagnies les nouveaux sergents et caporaux qui
n'auraient pas deux ans de service; qu'on demande au ministre de la guerre des
hommes de Fontainebleau pour les remplacer, ou que vous y mettiez d'anciens
soldats que vous tirerez des bataillons de guerre, quand ces 6e bataillons vous
auront rejoint. Je ne saurais trop vous recommander de faire passer des revues
de régiment à l'arrivée de ces bataillons pour vous assurer que les caporaux et
sergents ont au moins deux ans de service.
Je viens d'appeler la
réserve et sur cette levée je viens de donner de quoi compléter le 4e bataillon
du 15e léger et le 4e du 25e de ligne, ce qui vous complétera vos 4e bataillons;
je viens aussi de donner 200 hommes à chacun de vos corps, afin d'avoir dans
les 5e bataillons un fonds qui puisse porter vos 7e bataillons de guerre au
complet ; car mon intention est toujours que votre corps soit composé de six
divisions, y compris la 7e qui est à Danzig; que tous les bataillons aient 840
hommes présents sous les armes et qu'en septembre vous ayez soixante et
dix-neuf bataillons français, neuf bataillons des 127e 128e et 129e régiments;
total quatre-vingt-huit bataillons, qui, avec les 16 bataillons de Danzig, vous
feront cent quatre bataillons ou 84,000 hommes d'infanterie, ayant leur
artillerie régimentaire, leurs caissons régimentaires, leur artillerie de
ligne, leurs caissons des transports militaires, leurs ambulances, leurs chirurgiens
, leurs administrations, tout en état de faire campagne.
Il sera nécessaire que
vous réunissiez chaque division séparément et que vous en passiez la revue
d'ici au 15 septembre. Il est nécessaire également que vos généraux de
division, vos généraux de brigade, vos adjudants-commandants, colonels, majors
en second, que tout le monde soit présent. Les 240 caissons du 12e bataillons
des équipages militaires doivent être arrivés. Pour les autres bataillons
d'équipages qui vous sont destinés, j'ai remplacé les caissons par des chariots
qui portent le double avec le même nombre de chevaux.
Saint-Cloud, 7 juillet
1811
Au maréchal Davout,
prince d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, quand les
127e, 128e, 129e et 130e régiments seront formés, des détachements viendront à
Paris, où je leur remettrai moi-même des aigles.
Saint-Cloud, 9 juillet 1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Mettez 100,000 francs à
la disposition du commandant de l'artillerie et 100,000 francs à la
disposition du commandant du génie et l'armée de Portugal. Vous imputerez ces
sommes sur le chapitre de ces deux armes dans votre budget, et vous les
porterez en distribution pour le mois d'août. Annoncez cela aux généraux commandant
ces deux armes et au major général. Il est nécessaire que tout ce que le
maréchal Marmont aurait pris par violation de caisse ou autrement soit
régularisé et porté en compte sur ces deux sommes ; bien entendu que cela ne
peut regarder que l'argent qui aurait été pris dans les caisses.
Tenez 100,000 francs à
la disposition du commandant de l'armée de Portugal pour dépenses secrètes.
Le ministre du trésor
donne ordre au payeur de l'armée de Portugal de précompter ces trois sommes
sur l'argent qu'il aurait avancé pour ces services.
Saint-Cloud, 9 juillet
1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Savoir les détails sur
le port de Bonifacio, le golfe de Santa-Manza, la Casa di …. (lacune dans le
texte) et les bons mouillages entre Bonifacio et Ajaccio.
Saint-Cloud, 9 juillet
1811
Au prince de Neuchâtel
et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin, il est
nécessaire de faire dessiner et graver les plans des sièges de Saragosse, de
Lerida, de Mequinenza, de Tortose, de Tarragone, de Girone, de Ciudad-Rodrigo,
d'Almeida etdeBadajoz, tant pour l'instruction des officiers que pour l'honneur
des militaires qui se sont distingués dans ces sièges.
Saint-Cloud, 9 juillet
1811
Au général comte
Bertrand, gouverneur général des Provinces illyriennes, à Trieste
Monsieur le Comte
Bertrand, je reçois votre lettre du 1er juillet, qui m'apprend enfin votre
arrivée en Illyrie. Indépendamment de votre correspondance avec les ministres,
dans les premiers temps et pour accélérer le mouvement, écrivez-moi
directement. Mais cela ne doit point vous dispenser de rendre compte aux
ministres desquels vous devez recevoir des directions officielles.
Je crois vous avoir écrit
sur les Croates et sur l'expédition de Lissa et la nécessité de chasser les
Anglais de cette île, où je ne les crois pas en force.
Trianon, 10 juillet
1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Je reçois votre lettre
du 6 juillet. Mon intention est que le Gaulois, le Trajan et le Conquérant
soient prêts à être lancés, les deux premiers au 15 août et l'autre au 15
septembre. A mon passage à Anvers, je jugerai la question du bassin, et je me
déciderai à faire mettre à l'eau ces trois vaisseaux pendant que je serai là,
ou à attendre au 1er mars. Dans cette alternative, il faut que tout soit
préparé pour leur armement, et que cela n'empêche pas d'en avoir six autres dans
l'année, afin qu'au mois de septembre 1812 j'aie, y compris les hollandais ,
vingt-trois vaisseaux de guerre dans l'Escaut.
Mon intention est que
le Chatham et le Hollandais soient armés en guerre et qu'on les mette en ligne;
je les ferai manœuvrer avec l'escadre. Je déciderai moi-même alors s'il faut les
faire armer en flûte. Le surplus de l'équipage servira pour faire armer des
canonnières.
Si au mois de septembre
ou d'octobre je pouvais faire venir mes seize prames de Boulogne à Anvers, je
le ferais volontiers. Ces seize prames me seraient extrêmement utiles pour la
défense de l’Escaut; cela me porterait d'ailleurs près de 3,000 hommes et 1,000
chevaux, et compléterait raisonnablement mon expédition. Ce mouvement lui-même
sera un signe d'agression qui attirera l'attention de l’ennemi, et c'est mon
but. Lorsque ces bâtiments seront arrivés dans l'Escaut, je leur ferai mettre
dans l'année une autre quille aussi forte que possible , ce qui leur donnera
les mêmes qualités qu'ont les flûtes hollandaises.
Trianon, 11 juillet 1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Monsieur le Comte
Decrès, j'ai consenti à ce que les équipages de l'Amsterdam et du Doggers-Bank
fussent placés sur les vaisseaux de l'Escaut; mais je n'en désire pas moins que
ces deux vaisseaux soient envoyés au Texel, en prenant, s'il est nécessaire,
leurs équipages parmi ceux de la flottille. J'attache une grande importance à
faire venir en septembre les sept vaisseaux du Texel dans l'Escaut. Ayez une
correspondance là-dessus avec l'amiral Dewinter. Trois raisons me déterminent
principalement à ordonner ce mouvement : 1° l'avantage d'augmenter de sept
vaisseaux la flotte de l'Escaut, ce qui ferait que l'année prochaine, au mois
de juin, j'aurais dans l'Escaut trente vaisseaux de guerre, pouvant avec les
frégates porter 18,000 hommes ; 2° que la surveillance du Texel m'est importune
; qu'il me faut au moins deux années pour y avoir une citadelle qui rende cette
position raisonnable et m'y donne toutes les sûretés nécessaires ; 3° enfin
que cette escadre serait toujours là sans intérêt, et que les deux vaisseaux
qui me resteront à Amsterdam, avec trois ou quatre frégates, seront plus que
suffisants pour la défense du Texel et du Zuiderzee. Il faut donc songer
sérieusement à profiter de l'équinoxe pour me faire venir ces vaisseaux. S'il
est trop difficile de les faire venir à Flessingue, on pourra du moins les
faire venir à Voere; s'il est difficile de les faire venir à Voere, on pourra
du moins les faire venir dans la Meuse. Il me semble qu'avec cette latitude
l'amiral Dewinter doit être maître de son mouvement, et que, si je ne lui
demande que de se rendre dans la Meuse, il peut le faire. Il suffit de
s'assurer qu'il n'est pas bloqué et que la Meuse ne l'est pas. Une fois dans la
Meuse, je les ferai venir dans l'Escaut, comme le Chatham y est venu.
Occupez-vous sérieusement de cet objet.
Trianon, 11 juillet
1811
Au maréchal Davout,
prince d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, si le comte
de Gottorp (Gustav IV, ey-roi d’Espagne, détrôné le 13 mars 1809) vient sur le
territoire français, on ne doit y faire aucune attention. II n'y a aucun
intérêt à poursuivre cet homme, qui parait avoir renoncé au trône et qui ne
peut inspirer que de la pitié pour sa folie. Il faut ne s'en occuper ni en bien,
ni en mal, d'aucune manière. S'il demande s'il peut passer, on doit dire que
tout le monde peut passer et qu'on ignorera qui il est. Voilà toute la conduite
à tenir.
Trianon, 12 juillet 1811
NOTE SIR LES PROJETS
PRÉSENTÉS POUR L’ACHÈVEMENT DU PALAIS DE VERSAILLES.
Sa Majesté remarque
qu'il ne s'agit point de bâtir pour se procurer des logements; il en existe assez.
Il faut faire une construction qui annonce le palais avec grandeur du côté de
Paris ; ce n'est pas un ouvrage d'utilité, mais un ouvrage d'ostentation qui ne
peut pas être médiocre.
Il faut ne rien faire
si l’on ne peut pas faire une chose qui rivalise de beauté avec la partie bâtie
par Louis XIV.
Sa Majesté habitera le
premier étage de la partie bâtie par Louis XIII.
L'Impératrice
habiterait le rez-de-chaussée au-dessous de l'Empereur, et les enfants de
France l'autre partie du rez-de-chaussée.
Les appartements de
représentation seront au premier étage de la partie de Louis XIV ; la partie du
nord formera avec la galerie les grands appartements de l'Empereur; la partie
au midi sera le grand appartement de l'Impératrice.
Les appartements des
princes seraient dans les ailes du midi et du nord, ceux des grands officiers
dans les bâtiments attenants. Il en coûtera :
Pour réparer et
rétablir la partie bâtie par Louis XIV.
6,000,000
Pour la partie de Louis
XIII, 400,000
Pour les écuries et la
vénerie, 2,000,000
Pour le grand commun, 1,000,000
Pour les eaux
extérieures, 800,000
Total,
10,200,000
Pour habiter
Versailles, il en coûtera donc environ quatre millions, dont trois et demi sont
déjà dépensés.
L'aile Gabriel est de
mauvais goût; si l'on exécutait le projet en entier, le fond de la cour serait
trop étroit et les deux allées parallèles seraient trop longues relativement à
la largeur de la cour. Ce projet coûterait plus de douze millions et produirait
un effet mesquin.
Si on laissait l'aile
Gabriel telle qu'elle est, sans la pousser plus loin, il serait impossible de
la raccorder d'une manière passable avec les constructions existantes ; on
serait de plus forcé d'en construire une semblable en face.
Il en coûterait :
Pour terminer l'aile
Gabriel, 1,500,000
Pour construire une
aile semblable en face, 2,500,000
Total, 4,000,000
Ce serait quatre
millions dépensés pour faire une chose qui serait universellement blâmée.
On objecte à cela que
l'aile Gabriel a déjà coûté 1,500,000 francs ; mais, parce que Louis XV a mal
dépensé 1,500,000 francs, ce n'est pas une raison pour mal dépenser quatre millions
; il serait préférable de démolir l'aile Gabriel; les matériaux vaudront au
moins les frais de démolition.
Le projet de M.
Fontaine place une colonnade au fond de la cour, mais cette colonnade, qui ne
serait pas la moitié de celle du Louvre, n'a pas le caractère de grandeur
convenable.
Une aile transversale
que l’on construirait pour masquer la partie de Louis XIII rendrait les
appartements sombres et tristes.
On pourrait construire
un arc de triomphe qui annoncerait avec magnificence l’entrée du palais; pour
en augmenter l'effet et le rendre plus pittoresque, on ferait au fond de la
cour une percée par laquelle on apercevrait le ciel et de la lumière; mais,
lorsqu'on serait arrivé sous l’arc de triomphe, on éprouverait un sentiment
désagréable en ne voyant que des bâtiments gothiques.
Il faudrait que l'œil
pût saisir de ce côté l'ensemble du palais; pour cela, il faut mettre à
découvert autant que l'on pourra les faces des ailes du palais qui s'étendent
sur les rues de la Surintendance et des Réservoirs.
Tout le monde convient
que l'aile Gabriel a augmenté la difficulté du problème; il faut examiner si on
ne la diminuerait pas en supprimant cette aile et celle qui est en face; cette
suppression laisserait apercevoir que le palais a une grande étendue sur la
droite et sur la gauche.
Sa Majesté a ordonné
que M. le grand maréchal fera examiner cette question dans un conseil où seront
M. Costaz, M. Fontaine, M. Gondoin et l'architecte du palais.
On examinera encore
s'il ne conviendrait pas de construire de belles colonnades le long des ailes
des ministres et une colonnade transversale qui se lierait avec les deux
autres. Cet ensemble présenterait du côté de Paris une cour environnée d'un
péristyle, qui pourrait avoir un caractère de grandeur.
Trianon, 13 juillet 1811
DÉCISION
|
Mme Blanchard , qui a
fait une ascension devant Leurs Majestés le jour de la fête de Saint-Cloud, a
reçu 2,400 fr., prix convenu. Mais cette somme ne représente que la dépense
de ses frais, et le feu d'artifice qu'elle a tiré est la première expérience
de ce genre qui ait été exécutée, et elle a réussi. Peut-être Sa Majesté
jugera à propos de la gratifier, et j'ai l’honneur de proposer de lui
accorder 3,000 francs. |
Accordé |
Trianon, 14 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Aussitôt que le fort de
Figuières sera rendu, le général qui y commandait et les officiers supérieurs
seront envoyés à la citadelle Perpignan, et l’on commencera une enquête sur la
surprise de ce fort, pour voir où sont les coupables.
Assurez-vous auprès du
ministre du trésor s'il a envoyé 1,400,000 francs pour solder l'armée de
Catalogne.
Trianon, 14 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
J'ai lu avec attention le
Mémoire que vous m'avez remis sur l’Irlande. Je désire, 1° connaître de qui il
est; 2° connaître vos moyens d’entrer en matière avec les principaux du pays,
afin que, lorsqu’une expédition de 60,000 hommes et portant 70,000 fusils et tout
ce qui serait nécessaire se présenterait, on eût du secours, des correspondances,
el qu'on sût à qui s'adresser. Poussez cette affaire vivement.
Trianon, 14 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je réponds à votre
lettre du 13, bureau du matériel du génie. La somme de 23 millions pour le
génie est de rigueur. Je vous prie de ne pas la dépasser. Si cela est
nécessaire, réduisez le crédit des travaux de Rochefort à 250,000 francs, le
crédit des tours à 400,000 francs; ce qui vous ferait une augmentation de
450,000 francs. Je n'ai demandé qu’on organisât au complet que les compagnies
du train qui sont à Metz, destinées aux corps d'observation de l’Elbe, du Rhin,
d'Italie. N'accordez aux bataillons de sapeurs et de mineurs, au lieu de
600,000 francs, que 400,000. Réglez-vous là-dessus, car je suis obligé à des
dépenses considérables cette année. Je ne veux pas qu'on dépasse pour l’artillerie
et le génie les sommes que j'ai réglées; et je prévois que je serai obligé de
dépenser encore 500,000 francs pour les armées et les parcs.
Trianon, 14 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je réponds à votre
lettre du 8 , bureau de l'artillerie. L'armée de Portugal paraissant prendre
une position sur le Tage pourra facilement se pourvoir de Madrid et de
Ciudad-Rodrigo; comme elle est réunie à l'armée du Midi, elle pourrait prendre
une portion du matériel à Séville. Il est préférable, en général, de tirer du
Midi. Faites préparer à Bayonne les 220 voitures nécessaires au corps d'observation
de réserve.
Je suppose que le
général Lacombe-Saint-Michel n'est pas dans le cas de prendre la direction de
tout le matériel de l’armée d'Espagne. Dans ce cas, nommez le général
Saint-Laurent.
L'armée de Portugal
avait 1,300 chevaux; elle en a reçu 500 de la Garde, qui font 1,800; elle va en
recevoir au 30 juillet et au 1er août 1,140 : elle aura donc près de 3,000
chevaux; c'est bien au delà de nos besoins.
L'armée d'Aragon reçoit
100 chevaux, et l'armée du Midi 200, qui leur seront utiles.
Les trois compagnies du
11e bataillon principal destinées pour l’armée du Midi, qui auront 200 hommes
et 600 chevaux, partiront le 1er août; ce qui fera 800 hommes pour
l'armée du Midi.
Quant au corps d'observation
de réserve, les 500 chevaux du 4e bataillon bis qui se réunissent à
Toulouse et qui seront prêts le 1er août, les 300 qui serviront les
trois compagnies du 5e bataillon bis et qui seront prêtes le 12 août à Auch, et
les deux compagnies du 3e bataillon principal qui seront prêtes à
Toulouse le 10, formeront un total de 1,600 chevaux pour ce corps.
J'approuve la
disposition de faire conduire à Burgos 100 charrettes à munitions, portant 200
milliers de poudre. Il y aura alors 370 milliers de poudre; ce qui est plus
que suffisant.
Mais ici se présente
cette question : Que doivent porter les 800 chevaux de l'armée du Midi ? N'y
a-t-il point des bombes et des boulets à porter à cette armée ? Combien a-t-elle
de cartouches à balles et à boulets ? et de quel calibre ? Cela est le premier
besoin. Qu’est-ce que, de Burgos, les 1,140 chevaux destinés à l'armée de Portugal
doivent atteler, et où feront-ils leur chargement ?
Quant au corps d'observation
de réserve, on aura le temps de donner des ordres.
J'ai donné ordre au duc
d'Istrie, et réitérez-le, d'évacuer sur Valladolid toute l'artillerie inutile
de Salamanque et de Ciudad-Rodrigo.
Aussitôt qu'il sera
arrivé de l'armée d'Espagne des hommes à pied du train, on pourvoira à leur
donner des chevaux.
Résumé : Nous sommes au
14. Il devient urgent que vous donniez ordre de faire partir le 20 juillet, des
dépôts d'Auch et de Toulon, ce qui doit former le premier convoi, savoir : les
100 chevaux de l’armée d'Aragon, les 200 de l'armée du Midi, les 1,140 de l'armée
de Portugal, pour se diriger sur Burgos et de là où ils doivent aller prendre
leur chargement.
Si vous envoyez haut le
pied les chevaux de l’armée d'Aragon à Saragosse, prévenez-en le maréchal
Suchet, afin qu'il prenne des mesures pour faire charger ce dont il a besoin.
Les 800 chevaux destinés à l’armée du Midi ne devant partir que le 15 août, on
aura le temps de recevoir des états et de savoir ce qu'ils doivent pour cette
armée.
Quant aux chevaux
destinés au corps de réserve, il faut à Toulouse et à Auch se reposer et
s'organiser; on sera à temps de leur donner des ordres.
Pressez les commandants
de l'armée du Nord, d’Aragon, de Portugal et du Midi de vous envoyer des états
bien exacts de leur train et de leur artillerie.
Je vous prie d'envoyer
ordre aux généraux commandant à Rennes et à Nîmes de passer la revue des
compagnies d'artillerie des régiments d'infanterie qui se réunissent dans ces
villes, et de les diriger sur Pau et sur Bayonne dès qu'ils seront en état, et
de vous envoyer leur situation. Vous m'instruirez du jour où elles arriveront à
Pau et à Bayonne et de la situation de leurs matériel et attelages. Je désirerais
que ces compagnies pussent partir de Rennes et de Nîmes au 20 juillet.
Cependant elles ne doivent partir que lorsqu'elles seront en état.
Trianon, 14 juillet
1811
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris
Un camp de 15,000
hommes doit être réuni à Utrecht et un de 6,000 dans la Frise. Faites-moi
connaître ce que ces camps coûteront d'extraordinaire. Il y aura fort peu de
chevaux.
Trianon, 14 juillet
1811
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris
Je reçois votre rapport
du 10 juillet. Je vois qu'il faudrait encore 9,000 chevaux pour compléter à 40,000
chevaux l'effectif des régiments qui sont en Allemagne, au delà des Alpes et
dans l'intérieur. Il en faudrait 3,000 pour la quatrième commande, 3,000 pour
la cinquième et 2,600 pour le complément. Je ne compte pas dans ce moment faire
cette nouvelle commande de 9,000 chevaux; et si pourtant les événements
changeaient et que je me décidasse à faire de nouvelles commandes,
j'accorderais la faculté de prendre jusqu'à des chevaux de huit ans et
j'augmenterais le nombre proportionnel des juments; mais je ne consentirais pas
à recevoir des chevaux de quatre ans. Je ne ferai une remonte aussi
considérable que par suite des besoins du moment : or des chevaux si jeunes ne
deviendraient bons qu'au moment de les réformer; ce serait une duperie :
j'augmenterais mes dépenses sans augmenter mes moyens de faire la guerre.
Trianon, 14 juillet
1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Je reçois votre lettre
du 12 juillet. J'apprends avec plaisir qu’enfin le génie militaire est arrivé,
après deux ans de travaux et une dépense d'un demi-million, à la grande découverte
que le radier de Flessingue n'a pas souffert. J'attendrai votre rapport et les
projets du sieur Sganzin pour donner une décision. Le désir que j'aurais d’avoir
les vaisseaux entrer tout armés ne peut pas être douteux; cependant il faut le
subordonner à ce qu'il en doit coûter et au temps.
Trianon, 14 juillet 1811
Au maréchal Davout,
prince d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Hambourg
Mon Cousin, j'ai lu
avec attention l'état des services des officiers et sous-officiers de votre
corps d'armée. Je vois avec peine que presque partout il y a des sergents, des
caporaux, etc., qui n'ont qu'un an de service. Faites-vous rendre compte de ces
irrégularités et réitérez les ordres qu'aucun sous-officier ne soit nommé qu'il
n'ait au moins trois ans de service. Je vois dans le 13e d'infanterie
légère qu'il y a un sergent qui n'a qu'un an de service; qu'il y a dix-neuf
caporaux qui n'ont que deux ans de service. Dans le 12e régiment de ligne, il y a un sergent qui n'a que six mois de
service, etc. Cela ne pas être. Pourquoi toutes ces irrégularités ?
Trianon, 15 juillet 1811
A M. Maret, duc de
Bassano, ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le Duc de Bassano,
il est nécessaire de passer une lettre au ministre de Suède pour appuyer la
plainte du vice-consul de Stralsund et demander vengeance du sang français qui
a été répandu, vu qu'on ne peut regarder comme une satisfaction ce qui a été fait.
Vous demanderez réparation de tous les outrages qu'on ne cesse de tolérer en
Poméranie contre mon pavillon et l'assurance qu'ils ne se reproduiront plus à
l'avenir.
Portez plainte au
prince Schwarzenberg sur la partialité que montrent les généraux autrichiens en
Pologne.
Écrivez au baron Alquier
que je suis fâché des troubles de la Suède, mais que je ne puis que regretter
que la Suède, sans aucun fondement, lève des troupes, inquiète le Danemark et
tout le monde, dans l’état de délabrement où sont ses finances. Le baron Alquier
doit, avec beaucoup de légèreté et avec toute la prudence convenable, influer
pour que la cour de Suède prenne le ton qui convient à cette puissance, et pour
que les Suédois se conduisent comme le comportent leurs circonstances, sans
verve et sans passion.
Trianon, 15 juillet
1811
A M. Maret, duc de Bassano,
ministre des relations extérieures, à Paris
Monsieur le Duc de Bassano,
il faudrait expédier un courrier en Russie pour répondre aux dépêches du comte
Lauriston. Vous lui ferez connaître d'abord qu'il n'y a pas de bâtiments
américains ; que tous les bâtiments prétendus américains sont anglais ou
chargés pour le compte des Anglais; que les Anglais arrêtent les bâtiments
américains et ne les laissent pas naviguer; que, si le ministre d'Amérique
soutient le contraire, il ne sait ce qu'il dit.
Vous ferez connaître
ensuite au comte Lauriston que nous attendons avec impatience que la Russie
ait envoyé des pouvoirs au prince Kourakine ou à qui de droit, pour régler tout
ce qui est relatif aux différends survenus entre les deux puissances au sujet
du duché d’Oldenburg, et effacer l'apparence des brouilleries auxquelles la
note de la Russie aux diverses cours a donné lieu ; que je suis prêt à diminuer
la garnison de Danzig et à cesser des armements qui me coûtent beaucoup, si la
Russie, de son côté, veut en faire autant; que, du reste, mes armements ne sont
que défensifs et provoqués par ceux de la Russie.
Trianon, 15 juillet 1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Mon intention est que
vous supprimiez sur-le-champ les dépôts de Walcheren, de l’île de Ré et de
Belle-Île. Les 5e bataillons des régiments de Walcheren, de Belle-Île et de l’île
de Ré, feront fonction de dépôts; et les conscrits réfractaires, du moment
qu'ils armeront, seront envoyés à ces 5e bataillons.
Il est convenable que
vous ordonniez que les 1er et 2e bataillons du régiment de l'île de Walcheren
soient conservés intacts, afin de les employer à la défense de l'île, et que
désormais on ne retire plus aucun homme de ces bataillons pour les cadres de l’armée
d’Allemagne. Ces hommes seront tous tirés des 3e, 4e et
5e bataillons.
Vous ordonnerez au
général Gilly de composer ces deux bataillons des deux tiers au moins d'anciens
Français, et d'en retirer insensiblement les hommes du département de l'Escaut
pour les mettre dans les cadres qui doivent être dirigés sur l'armée
d'Allemagne.
Les baraques du
régiment n'ont pas de lits de camp. Cela serait important pour la santé du
soldat.
Il faudrait aussi que
le soldat ne but que de l'eau d'Anvers, porté dans des barriques. Cette
première précaution n'a pas eu lieu. Mon intention est que vous donniez des
ordres à ce sujet, et qu'à dater du 1er août mes troupes dans l'île de Walcheren
ne boivent que de l’eau d'Anvers, que la marine fournira. Arrangez-vous avec la
marine pour cela.
A dater du 1er août, on
ne tiendra plus de troupes à Middelburg. Le 5e bataillon ou dépôt se tiendra à
Flessingue. Trois bataillons seront campés sur les hauteurs. Les bataillons
étrangers seront placés sur les différents points de l'île, de sorte qu'il n'y
ait personne à Middelburg, qui est un pays malsain. Renouvelez les ordres pour
que la paille soit donnée exactement et souvent.
Donnez des ordres pour
que les soldats aient des capotes, au moins les hommes de garde.
Trianon, 15 juillet
1811
Au général Clarke, duc
de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Réitérez l’ordre au
général commandant en Corse de construire dans le golfe de Sagone trois
batteries de dix-huit pièces chacune, qu'il tirera d'Ajaccio et de Calvi. Il
est nécessaire que ces batteries soient armées dès le mois de septembre, afin
que les bâtiments de Toulon puissent recommencer leur chargement de bois dès l’équinoxe.
Ordonnez que, des quatre compagnies de garde-côtes corses que je solde, il y ait
toujours un quart de service à ces batteries, c'est-à-dire 25 hommes à chaque
compagnie; ce qui fera 100 hommes , qui seront suffisants pour servir ces
trois batteries. Ordonnez la construction de trois tours du deuxième modèle
pour chacune de ces batteries. Ces batteries doivent d'abord être composées de
quinze pièces de canon de 24 et 36, sur affûts de côte, et de trois mortiers.
Elles ne seront donc armées que de cinq pièces chacune, d'un calibre de 24 ou
supérieur, et d'un mortier. Il y a à Calvi et à Ajaccio une artillerie
considérable qui sera fort bien employée là. Les compagnies de garde-côtes
corses ne servent à rien ; je voulais les licencier, mais moyennant ce service,
on pourra les conserver. Aussitôt que les transports de la marine prendront
plus d'importance pour l'exploitation des bois, la marine enverra dix-huit
pièces de 36 et six mortiers pour les mieux armer.
Donnez ordre qu'on
répare sans délai le château de Carghese, et qu'un bataillon de la Méditerranée
puisse s'y loger et avoir toujours 200 hommes de service à la batterie. Vous
ordonnerez qu'on fasse des baraques en bois sur une hauteur où pourront loger
ces 200 hommes. Il faut qu'un capitaine en second d'artillerie de ligne se
tienne toujours à ces batteries, qui, à mesure que les établissements de la
marine prendront de l'accroissement, exciteront l'envie des Anglais. Mais, du
moment que les trois tours seront construites, il n'y aura plus rien à
craindre.
Si vous avez dans vos
bureaux d'artillerie et du génie des projets pour mettre cette rade à l'abri,
faites des recherches et remettez-moi cela sous les yeux. II serait convenable
de choisir un endroit sain où l’on établirait une colonie, qui serait un
commencement de bourg; car la dépense considérable que la marine doit faire
pour l'exploitation des forêts donnera nécessairement naissance à une
population.
Trianon, 15 juillet
1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Le budget de la marine
pour Venise est de trois millions. Comme je retire de nouvelles troupes d'Italie,
que j'y ai beaucoup d'argent, que le change d'Italie sur Paris perd 5 pour 100,
et qu'il est impossible de retirer cet argent, je désirerais que vous
dépensassiez six millions de plus à Venise et à Trieste, partie en accélérant
les constructions françaises de Venise, partie en mettant un vaisseau et une
frégate sur les chantiers à Trieste, partie en achetant de préférence une plus
grande partie de chanvre de Bologne, de cuivre d'Italie et d'autres objets des
mines d'Illyrie. Tout cela est fort important et je vous prie de me faire un
rapport là-dessus. Aujourd'hui que le général Bertrand est arrivé, et que le
pays a pris une organisation régulière, tout cela pourra marcher promptement.
Trianon, 15 juillet
1811
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Le Rivoli, le
Mont-Saint-Rernard et le Régénératore sont en mer à Venise. Il est nécessaire
d'envoyer un officier supérieur intelligent, capable de commander ces trois
vaisseaux. Le Regeneratore sera monté par la marine italienne; vous n'avez rien
à fournir. Il est nécessaire que la maistrance du Saint-Bernard et le capitaine
de vaisseau soient envoyés sans délai. Mon intention serait, si ces vaisseaux peuvent
sortir, ce que le vice-roi qui se rend sur les lieux va vérifier, de les faire toucher à Pola ou Ancône, de les
gréer et de les diriger sur Toulon, où ils finiront de se former parfaitement ;
ce qui portera la force de mon escadre de Toulon à vingt et un et vingt-deux
vaisseaux.
On fournira
d'excellentes garnisons françaises à Venise.
Envoyez la note du
nombre de canonniers qu'ils doivent avoir.
Il faut donc avoir un
capitaine de vaisseau pour le Rivoli, un pour le Saint-Bernard et un ancien
capitaine de vaisseau, espèce de contre-amiral, pour commander les trois
vaisseaux.
Trianon, 15 juillet
1811
Au général comte
Bertrand, gouverneur général des Provinces Illyriennes, à Laibach
Monsieur le Général Comte
Bertrand, écrivez-moi sur le château de Laibach et faites-moi connaître votre
opinion. Y a-t-il quelque chose à faire au château de Trieste ?
Transportez-vous à Trieste pour visiter les fortifications de cette place. En
allant à Trieste, visitez mes magasins de vif-argent, et faites-moi connaître
si, en donnant des licences, je trouverai à vendre ce produit et à l'exporter.
Il est nécessaire qu'à Trieste vous jetiez un coup d'œil sur la marine. Il s’y trouve
d'abord deux vaisseaux de ligne russes que nous a cédés la Russie; que faut-il
en faire ? Il y a la frégate la Corcyre et la corvette le Diomède; ces deux bâtiments doivent être
armés en flûtes, avec leur artillerie à fond de cale, et porter du blé à
Corfou. Trouverait-on un beau bâtiment de transport de 8 à 900 tonneaux pour
joindre à ces deux flûtes ? Le blé est-il bon marché à Trieste ? Combien coûte
le quintal ? Espère-t-on qu'il baissera d'ici à la fin d'août ? Quels sont les
bâtiments armés qui appartiennent à la marine illyrienne ? Quels sont les
bâtiments qui sont en construction ? Pourrait-on construire un vaisseau de 80
et une frégate ? Trouverez-vous à traiter pour la coque de ces bâtiments avec
des négociants du pays et par douzièmes ? Si cela est possible, passez ce
marché. Indépendamment de l'avantage d'avoir un vaisseau de plus, et d'utiliser
le fer et le cuivre du pays, je remplis le but de donner du travail au pays.
Ces travaux sont restés en stagnation à cause de l'interrègne. Passez huit ou
dix jours à Trieste et mettez tout cela en mouvement.
Trianon, 15 juillet
1811
Au général comte
Bertrand, gouverneur général des Provinces illyriennes, à Paris
Monsieur le Comte
Bertrand, je reçois votre lettre du 6. Je ne sais pas pourquoi vos lettres
restent huit jours en route. II me semble qu'il y a des estafettes ; je devrais
recevoir vos lettres en six jours.
Je destinais les deux
bataillons croates à partir avec le 8e léger, pour faire partie du corps d'observation
d'Italie. Les événements devenant pacifiques du coté du Nord, ces deux
bataillons resteront dans l'Illyrie. Proposez pour le régiment croate d'Ogulin,
en place du sieur Serrant, un officier qui convienne. Le sieur Tromelin part
pour reprendre le commandement de son régiment, dans lequel je l'ai confirmé.
On emploiera le sieur Serrant en France. Aussitôt que vos gibernes et vos
shakos, etc., seront arrivés, mandez-le-moi. Si dans un mois ils n'étaient pas
arrivés, écrivez-en au ministre de l'administration de la guerre. Faites tout
ce qui est nécessaire pour mettre ces corps sur un bon pied. Les deux
bataillons croates iraient-ils volontiers au Nord ?
Il est important que
vous visitiez Zara et Raguse. Vous connaissez mes projets sur Raguse. Je voudrais
en faire un point de résistance que nous puissions garder, même si l'ennemi
venait sur l’Adige. Je vous autorise à commencer à faire travailler à Zara ; je
me repose pour cela sur votre jugement. Faites également continuer à travailler
aux chemins.
Voyez s'il serait
possible de faire une expédition sur Lissa, où les Anglais paraissent vouloir
s'établir.
Il est convenable que
la garnison de Raguse ne soit pas composée seulement de Croates; il faut y
mettre des Français et des Italiens. Vous me ferez connaître la situation du
bataillon italien qui est à Raguse.
Tôt ou tard, je désire
détruire l'influence de l’évêque des Monténégrins. Avec 6,000 Croates et deux
bataillons français, ce qui ferait 7 à 8,000 hommes, auriez-vous des forces
suffisantes pour venir à bout de ces gens-là ? Quels seraient les plans à
adopter, et quelle est la saison la plus avantageuse pour faire cette
expédition ?
Je suppose que vous
avez noué vos relations avec le pacha de Bosnie et avec vos voisins.
Trianon, 15 juillet
1811
A Eugène Napoléon,
vice-roi d’Italie, à Milan
Mon Fils, voilà le
moment des chaleurs. Je suppose que toutes mes troupes sont campées dans des lieux
sains et qu'il n'y a aucun Français à Venise, à Legnano, à Palmanova ni sur le
Pô, et qu'ils sont tous sur les montagnes. Vous devrez mettre, de préférence,
les Italiens dans ces endroits; ils sont acclimatés et font d'ailleurs un
service qui leur est plus propre.
Trianon, 15 juillet
1811
A Eugène Napoléon,
vice-roi d’Italie, à Milan
Mon Fils, écrivez au
général Bertrand qu'il serait bien importait de s'emparer de l’île de Lissa;
pour cela il aurait besoin de balancelles ou canonnières; il vous serait facile
de les fournir; entendez-vous avec lui. Il serait malheureux d'y laisser les
Anglais, qui finiraient par établir des fortifications qui les rendraient
maîtres de ce point important; au lieu qu'en y débarquant un bon colonel et 7 à
800 hommes, en profitant de l'absence des croisières, on est sûr de s'en
emparer. Vous pouvez disposer pour cela des canonnières destinées à la garde de
Venise. Écrivez directement au général Bertrand et faites cette opération de
concert. Le Rivoli, le Mont-Saint-Benard, le Régénératore sont à l'eau ; c'est
donc le moment d'essayer de faire aller ces deux vaisseaux à Pula ou à Ancône.
Quand l’Uranie sera-t-elle armée ? Les travaux de Venise ont-ils l'activité
convenable ? Je suppose que le ministre de la marine de France vous a payé ce
qu'il vous devait. Si cela ne tenait qu'à l'argent, je dépenserais volontiers
quelques millions de plus dans le chantier de la France à Venise :
j'atteindrais le double but d'accroître ma marine, de répandre de l'argent en
Italie et de donner de l'occupation à Venise. Faites-moi connaître ce qu'il y
a à faire là-dessus. Le Rivoli, le Saint-Bernard, le Regeneratore ont-ils leurs
mâts, leurs canons ? Ne leur manque-t-il rien ? Je vois qu'au 22 juin le
Duquesne, le Montenotte et l'Arcole n'étaient qu'aux 3 vingt-quatrièmes.
Il serait pourtant
essentiel d'avancer un de ces vaisseaux de manière qu'au commencement de 1812
on pût mettre à l'eau le Castiglione et le Duquesne. Le Lombardo n'est qu'aux 2
vingt-quatrièmes; c'est bien peu de chose. En supposant que le Saint-Bernard,
le Rivoli, le Regeneratore fussent cette année à Ancône et à Pula, il faudrait
que le Castiglione, le Duquesne et le Lombardo y fussent l'année prochaine.
Donnez la plus grande activité aux coupes des bois, aux transports et à tous
les travaux de l'arsenal.