1er – 30 juin 1812
Posen,
1er juin 1812
Au
comte Collin de Sussy, ministre des manufactures et du commerce, à Paris
Monsieur le Comte de Sussy, la
taxation du blé par le préfet de Caen à 33 francs
l'hectolitre est fort extraordinaire. Je ne conçois pas comment
ce préfet a ainsi méconnu le principe. Je m'attendais à ce que
vous me diriez un mot des motifs qui l'ont décidé. J'approuve que
vous lui ayez remis les 100,00 francs provenant de la vente des farines
; mais je pense que la meilleure opération que devrait faire la municipalité
de Caen serait de faire venir des blés du département de
la Roer. Donnez-en l'autorisation, en vous assurant
que ce blé vient bien de la Roer. En employant
100,000 écus pour cet objet, c'est la meilleure manière de
prêter 100,000 écus aux habitants de Caen. Si vous voulez
vous servir de Vanlerberghe pour cette opération,
je ne m'y oppose pas.
Posen, 1er juin 1812.
Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre
directeur de l'administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte de Cessac,
les régiments de la Vistule ont laissé
724 hommes au dépôt de Sedan, lesquels n'attendaient pour partir
que des capotes. Cependant ces hommes ne partent point. Il est
fâcheux d'être obligé de laisser en France, où ils sont inutiles, des hommes
qui seraient si utiles ici ; mettez-les en état de partir sans
délai. Les régiments de la Vistule qui sont à Posen n'ont pas encore
leurs shakos, qu'ils devaient recevoir à leur départ à Paris.
Posen, 1er juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Posen
Mon Cousin, écrivez
au duc de Bellune de voir M. de Hardenberg et de demander que des ordres soient
donnés à Kolberg pour que les officiers français y soient bien
traités, qu'ils puissent tout voir et aller partout ; pour
qu'en cas d'événement ils servent sous les ordres du
commandant de Kolberg comme officiers prussiens, et pour que le
commandant de Kolberg ait des colonnes mobiles sur les côtes, à droite
et à gauche, et qu'il se comporte bien en cas d'attaque de l'ennemi.
Posen, 1er juin 1813.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Posen
Mon Cousin, donnez ordre au général de division
Partouneaux de partir avec le 29e et le 10e
régiment d'infanterie légère formant quatre bataillons, avec les trois bataillons du 126e et un général de brigade, dans la journée du 3 juin, de Berlin,
pour se rendre en toute diligence à
Stettin. Donnez ordre à l'artillerie de cette division, qui arrive le 3 à Magdeburg, d'en partir le 4 pour
Stettin. La 2e brigade, composée du
44e et du régiment provisoire, restera à Berlin jusqu'au 9. Le 10 juin
cette 2e brigade partira pour Stettin. Le 125e se dirigera en droite ligne de la 32e division sur Stettin. Ainsi toute la division
Partouneaux se trouvera réunie dans cette
dernière place. Le régiment formé de deux bataillons de Walcheren et
de Belle-Île, qui arrive le 9 juin à Berlin, y remplacera la 2e
brigade. Le 4e bataillon de Walcheren et le 4e de Belle-Île,
appartenant à la 4' division de réserve, resteront à Berlin
jusqu'à nouvel ordre. Le 6e bataillon da 19e de ligne, qui
appartient à la le division de réserve, tiendra garnison
à Spandau. Ainsi, par ce moyen, la 1e brigade, avec l'artillerie
de la division Partouneaux, sera disponible à Stettin dès le
8 ou le 9 juin ; la 2e brigade sera rendue et disponible à Stettin le
15 ; de sorte que le 15 cette division, avec son artillerie, pourra partir de
Stettin pour se porter partout où il sera nécessaire.
Donnez ordre aux cinq bataillons
de la brigade de Berg de partir sans délai pour se rendre
à Danzig, avec ses quatorze pièces d'artillerie et le régiment de cavalerie.
Il est nécessaire d'accélérer ce mouvement, de manière
que le 1e bataillon arrive vers le 10, et les autres, ainsi que
l'artillerie et la cavalerie, du 10 au 15. La brigade badoise fera le même
mouvement de la manière suivante : le 1e régiment de ligne
partira le 4 de Stettin pour se rendre en toute diligence à Danzig; le
bataillon du 3e régiment, qui est à Küstrin, en partira pour
Danzig le 3; le 1er bataillon du 1er d'infanterie légère, qui est à
Stettin, en partira aussitôt qu'un bataillon de la division Partouneaux
sera arrivé, c'est-à-dire au plus tard le 7 ; de sorte que les huit
pièces d'artillerie et la brigade de Bade, forte de cinq bataillons, seront
réunies également du 10 au 15 à Danzig. Le général Daendels suivra le mouvement
de cette seconde brigade. Le régiment d'infanterie des gardes du
grand-duc de Hesse a déjà reçu ordre de se rendre au quartier général.
Le bataillon d'infanterie légère de Hesse-Darmstadt,
qui est à Stettin avec ses pièces d'artillerie, tiendra garnison dans la Poméranie suédoise, aussitôt qu'un
bataillon de la division Partouneaux sera arrivé à Stettin. Le régiment n° 4 de
la division princière a dû partir le
27 mai de Hambourg pour la Poméranie suédoise.
Enfin vous donnerez ordre au régiment westphalien qui est à Magdeburg de
partir, non pour Glogau, comme le porte mon dernier ordre, mais pour la Poméranie suédoise, aussitôt qu'une
demi-brigade de la division Lagrange, qui a dû partir vers le 1er juin de Cologne, sera arrivée à Magdeburg. La garnison de
la Poméranie suédoise sera donc
composée du régiment de la Confédération n° 4, fort de 2 bataillons, du bataillon d'infanterie légère de Hesse-Darmstadt
et du régiment westphalien qui est à Magdeburg; total, 6 bataillons de Hesse-Darmstadt et 6 pièces de canon;
ce qui, appuyé de la division
Partouneaux, qui sera à Stettin, et de la division Heudelet, qui occupera le
Mecklenburg et la 32e division militaire, fournira une force suffisante pour la défense des côtes.
Vous ordonnerez au général
Lagrange de placer ainsi ses quatre demi-brigades de
marche : la plus reculée, celle qui a encore des détachements à
recevoir de France, il la laissera à Magdeburg pour former
la garnison de cette place; les autres demi-brigades fileront sur
Berlin, où elles seront casernées, afin de pouvoir les former plus promptement
et d'y maintenir une discipline plus sévère. Du moment que
deux demi-brigades de cette division seront arrivées à Berlin, les
bataillons de Walcheren et de Belle-Île et ce qui pourrait s'y trouver
appartenant à la 4e division de la réserve se dirigeront sur Stettin
pour former la garnison de Stettin. Tonte la division Durutte, qui est la 4e se
formera à Stettin, ce qui rendra alors disponible la division
Partouneaux. La 3e division de la réserve, composée des 10e, 11e,
12e et 13e demi-brigades provisoires, qui vont partir de France, se
réunira à Berlin; ce qui rendra disponible toute la division Lagrange,
qui alors se dirigera sur Stettin, Danzig ou Thorn, selon les
circonstances.
Ainsi la division Daendels doit
le plus tôt possible se diriger sur Danzig,
savoir : la brigade de Berg, cavalerie, infanterie, artillerie, l'infanterie
et l'artillerie de Bade et la cavalerie de Hesse-Darmstadt, ce
qui fera 10 bataillons, 2 régiments de cavalerie et 22 pièces de canon
; les deux bataillons de Berg qui sont en route rejoindront à Danzig, ainsi que
les deux escadrons du même grand-duché, ce qui portera alors cette
division à douze bataillons. La division Partouneaux sera d'abord en
observation à Stettin, prête à soutenir la Poméranie suédoise,
à se porter sur Hambourg, sur les embouchures de l'Oder et
partout où on en aura besoin ; et vers la fin de juin, quand elle en recevra
l’ordre, elle se portera sur Danzig. La division polonaise
du général Girard sera la 3e division du 9e corps aux
ordres du duc de Bellune. Elle se réunira à Berlin. Je donnerai l’ordre pour
son mouvement aussitôt que je connaîtrai sa marche. Il est
probable que dans le courant de juin elle aura dépassé l’Oder. A la fin de juin
tout le 9e corps, composé de trois divisions d'infanterie, d'une brigade de
cavalerie et de cinquante-six pièces de canon, se trouvera sur la
Vistule, formant réserve à toute l'armée, qui alors sera
à 60 lieues en avant. La 1e division de la réserve (la division Lagrange)
filera également sur la Vistule. Cette 1e division devra être
dissoute, puisqu'elle n'est composée que de 5e et de 6e
bataillons;
mais, en attendant qu'elle rejoigne l'armée, elle pourra être sous
les ordres du duc de Bellune, ce qui portera ce corps à cinquante-six bataillons. Il ne
restera plus alors en arrière, sur la gauche
de l'Oder, que trois divisions de la réserve : la 2e division, forte
de cinq demi-brigades, tenant garnison dans la 32e division et dans
le Mecklenburg; la 3e, tenant garnison à Berlin, et la 4e, tenant garnison à Stettin.
Ces trois divisions formeront quarante-six bataillons,
prêts à se porter sur Hambourg, sur la Poméranie suédoise et
sur tel point quelconque qui serait attaqué. Elles fourniront aussi un
supplément nécessaire de garnison à Stettin. La Poméranie aura sa
garnison particulière; comme il est dit ci-dessus. Berlin et Spandau auront
également leur garnison particulière. Küstrin aura aussi sa
garnison. Il sera nécessaire de nommer un maréchal à Berlin pour
commander cette réserve. Je fais choix du maréchal duc de Castiglione. Écrivez
au ministre de la guerre pour savoir si ce maréchal est en état.
La 1e division de la réserve,
comme je l'ai dit, n'a pas besoin d'artillerie,
puisqu'elle est composée de demi-brigades de marche. La
2e doit avoir douze pièces de canon, ainsi que j'en ai donné l’ordre au
ministre de la guerre. La 3e et la 4e doivent également avoir deux batteries.
Écrivez au ministre de la guerre pour qu'elles les aient dans le courant de
juillet. Quant à la cavalerie de la réserve, elle sera
composée de huit escadrons de dragons, qui doivent faire partie de
la Grande Année.
Il est nécessaire
que le duc de Bellune connaisse bien les corps qui composent
les quatre divisions de la réserve. Je suppose que vous avec
ces détails. Si vous ne les aviez pas, vous pourriez les faire prendre à mon bureau.
Vous donnerez ordre que le régiment de cavalerie
de Bade soit attaché jusqu'à nouvel ordre à la division Partouneaux, n'étant pas convenable de dégarnir de
cavalerie tous les derrières. Recommandez
au duc de Bellune de bien organiser les divisions Partouneaux et Daendels.
Quoique cette dernière se rende sans
délai à Danzig, elle fait toujours partie de son corps d'armée.
Ainsi donc il y aura dans le
courant de juillet sur les derrières le 9e
corps et la 1e division de réserve, formant cinquante-six bataillons, ou plus
de 40,000 hommes d'infanterie, cinquante à cinquante-six
pièces de canon et 1,500 hommes de cavalerie.
Le général
Partouneaux doit avoir deux généraux de brigade.
Il y aura en arrière,
en seconde ligne, la 2e division de la réserve dans la 32e
division, forte de 20 bataillons; la 3e division à Berlin, 12
bataillons; la 4e division à Stettin, 12 bataillons; total, 44 bataillons;
plus huit escadrons de dragons formant 1,500 hommes, et trente-six pièces
d'artillerie; et ce, indépendamment des 2 bataillons de garnison
de la 32e division, des 6 de garnison de la Poméranie
suédoise, du bataillon de Küstrin, des 3 de Berlin
et des 2 de Glogau ; total, 14 bataillons de garnison.
Les trois divisions de la réserve
pourront toujours se mettre en mouvement, pour se porter
partout où il sera nécessaire, et formeront avec la
réserve d'Erfurt un corps de 30 à 40,000 hommes suffisant
pour garantir de toute descente la Poméranie, le Mecklenburg, dégager
Kolberg, ou se porter au secours de la 32e division; d'autant plus qu'en cas
d'événements imprévus on pourrait tirer 2,000 hommes de
la Saxe et quelques secours de la Prusse et de la Westphalie.
En communiquant ces mesures au
duc de Bellune et lui donnant ces ordres, vous lui ferez connaître que
l'important est que j'aie, avant le 15 juin à peu
près, toute la division Daendels à Danzig, afin de mettre
cette côte à l'abri d'une descente et de n'être pas obligé pour cela de
dégarnir mon armée.
Envoyez un officier en poste au
duc de Bellune, afin qu'il me rapporte le compte de l'exécution de mes ordres et le
détail du mouvement de toutes les troupes. Il rapportera aussi la
situation exacte des troupes, parce que mon intention est de les
compléter en dirigeant des bataillons de marche sur ces corps.
Faites connaître
l'ensemble de ces dispositions au ministre de la guerre, pour qu'il
sente l'importance de diriger le plus tôt possible les
10e, 11e et 12e demi-brigades sur
Berlin. Cette 3e division de la réserve sera confiée au général Seras. Vous me
présenterez quelqu'un pour le remplacer dans le commandement de Glogau. En me
faisant connaître l'exécution de mes ordres, soumettez-moi
un tableau qui indique le jour où chacun de ces corps arrivera. Mon
intention étant de former des 2e, 3e et 4e divisions de la réserve
un corps d'année, il est nécessaire d'y attacher un officier supérieur
d'artillerie, et que ce corps soit en mesure dans le courant de juillet.
Posen, 1er juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Posen
Mon Cousin, écrivez
au duc de Bellune de donner tous les ordres nécessaires pour
que Spandau soit mis en état de soutenir un siège, si
cela était nécessaire, passé le 15 juin. Il faut donc qu'il y ait un général
commandant, un officier d'artillerie, un officier du génie, un garde-magasin
d'artillerie, un garde-magasin du génie et un
garde-magasin des vivres, attachés à la place. J'ai ordonné qu'il y eût deux compagnies
d'artillerie, fortes d'au moins 140 hommes chacune, pour
le service de cette place.
Posen, 1er juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Posen
Mon Cousin, donnez ordre au duc
d'Elchingen de faire rejoindre la cavalerie légère de son corps d'armée par la cavalerie légère
wurtembergeoise, a6n d'en augmenter sa cavalerie, et que cette troupe marchant
ensemble prenne un meilleur esprit que si elle marchait isolée
avec son infanterie.
Posen, 1er juin 1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Posen
Mon Cousin, donnez ordre que le
4 juin un des 3e bataillons des régiments de la Vistule,
complété à 840 hommes, bien habillé, bien armé et en bon état,
se dirige sur Thorn, où il tiendra garnison. Donnez ordre que du
4 au 12 un deuxième bataillon parte également pour Thorn. Enfin
donnez l'ordre qu'un troisième bataillon, également complété à 840
hommes, parte avant le 15. Ces bataillons seront sous les
ordres d'un major ou colonel pris parmi ceux qui sont à la suite ; il sera
nommé par le général Claparède. Ces bataillons resteront à Thorn
jusqu'à nouvel ordre et jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment
instruits et capables d'être placés en ligne. Je ne vous parle
pas des compagnies de voltigeurs ni de celles de grenadiers; ces
bataillons, destinés à être versés dans les autres, ne doivent point en
avoir; ils seront, en attendant, utiles à Thorn. Je suppose que vous en ferez
passer la revue avant leur départ, et que vous vous serez
assuré qu'ils sont en bon état et ne manquent de rien. Donnez aussi
l’ordre au dépôt de Posen de fournir aux soldats de la Vistule une
paire de souliers, afin qu'ils en aient une au sac et une aux pieds.
Posen, 1er juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Posen
Mon Cousin, donnez ordre au général
d'artillerie de faire embarquer à Danzig 25,000 coups de
canon et 2 millions de cartouches, et de les faire
transporter dans la citadelle de Pillau ; de porter le dépôt
de cartouches de Thorn à 4 millions en y venant les 2 millions qui
sont embarqués avec l'équipage de siège de Magdeburg. Le dépôt de
Thorn sera ainsi composé de 4 millions de cartouches françaises et de 1,500,000 cartouches polonaises. Donnez ordre que 1,200,000 cartouches polonaises partent
sans délai de Thorn pour Modlin ; que 500,000 cartouches
françaises partent également de Thorn pour Modlin; ce qui
portera le dépôt de Modlin à plus de 2 millions de cartouches
polonaises el françaises. Donnez ordre que 300,000 cartouches
françaises de Thorn soient envoyées à Marienwerder pour y être
à la disposition du duc de Reggio, que 300,000 soient envoyées à
Marienburg et 300,000 à Plock à la disposition du vice-roi. Le dépôt de
4 millions de cartouches françaises sera donc réduit à 2,600,000 (en comprenant
ce qui doit arriver de Küstrin), et celui des cartouches
polonaises à 300,000. Il y aura donc encore à Thorn 2,900,000 cartouches.
Donnez ordre au général
d'artillerie de garder l'équipage de pont près Marienburg,
dans l'ile de Nogat, et de faire connaitre le jour où
il y sera arrivé pour que je puisse donner des ordres ultérieurs. Il
doit faire courir le bruit à Danzig que cet équipage se rend à Varsovie.
Donnez ordre que l'équipage de siège de Danzig, s'il n'est pas encore
à Elbing, s'arrête vis-à-vis Marienburg. Donnez ordre que l'équipage
de siège de Magdeburg se rende à Thorn, où il restera jusqu'à
nouvel ordre.
Posen, 1er juin 1812
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à Posen
Mon Fils, je suis ici depuis
hier. Je serai demain à Thorn, où je resterai
après-demain.
Faites un marché
pour transporter, à raison de 1,000 quintaux par jour, 10,000
quintaux sur Willenberg. Ce marché sera passé au meilleur prix possible par votre ordonnateur avec
les gens du pays. Je mettrai à
cet effet des fonds à votre disposition. Vous le ferez exécuter sous
l'approbation de l'intendant. On pourra le continuer pour 10
autres milliers de quintaux si l'intendant l'approuve.
Je viens de requérir
2,000 chevaux à Marienburg. Vous y êtes compris pour 120
chevaux pour vos équipages italiens; cependant, comme cela détournerait les
hommes à pied que vous enverriez pour chercher ces chevaux, si vous pouvez
acheter des chevaux du côté de Plock, je vous y autorise et
vous accorderai des fonds. L'artillerie de votre corps d'armée
ayant besoin de 500 chevaux, j'ai ordonné qu'il en fût fourni 1,000
à Glogau, tant pour votre artillerie française que pour
votre artillerie italienne. Il est nécessaire que vous envoyiez des hommes
à pied pour les chercher. J'ai ordonné que votre bataillon de bœufs
reçût en passage à Glogau des bœufs en bon état, en remplacement
des mauvais. Si, à l'arrivée de ces bataillons à Plock, il se trouvait
encore des bœufs qui fussent en mauvais état, on pourrait en
choisir à Modlin ou en acheter dans le pays pour remplacer les mauvais.
Ces 300 voitures, qui vous porteront 3,000 quintaux, vous
seront d'une grande utilité.
Envoyez un de vos officiers du
génie intelligent, pour bien reconnaître
le pays depuis Johannisburg jusqu'à Rastenburg, Angerburg et
Goldap. Il suivra les bords de la Goldap et s'avancera par Augustowo jusqu'à la
frontière près de Grodno. Tenez un officier d'état-major
au village le plus près de Grodno, pour vous instruire de tous les
mouvements et de tous les renseignements qui viendront là à sa connaissance. En
général, faites prendre par un homme de confiance connaissance
de tous les pays situés entre la Narew et le Niémen, depuis
le point qui est vis-à-vis Grodno jusqu'à Tykocin, Willenberg, Angerburg,
Augustowo, etc., etc., afin que vous connaissiez bien toutes ces localités, où
il est possible que vous ayez à manœuvrer. Vous me ferez passer
une copie de toutes les reconnaissances et renseignements que vous
recevrez.
Je suppose que vous ne pouvez
pas être embarrassé pour du blé. Si cependant vous
éprouviez quelque embarras, il y a de grands magasins à Plock, à Wyszogrod et Wloclawek; faites-en prendre là, faites
moudre et faites-en transporter une grande quantité sur Willenberg
et Soldau. Dans la saison, les chevaux ne doivent pas mourir de
faim ; l'herbe doit être bonne à manger.
J'ai besoin de recevoir de vous
un rapport qui me fasse connaître combien
vous avez de pontons pour les passages de rivières, et combien
vous avez de coups de canon à tirer par pièce. Il me semble que vous avez laissé
bien des caissons à Glogau qui tarderont à vous rejoindre.
Posen, 1er
juin 1812.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à Posen
Mon Fils, je reçois
votre lettre du 31 mai, par votre aide de camp qui a passé par
Thorn. Comme il n'y a de Thorn à Plock que sept heures de chemin,
venez me voir à Thorn le 3 ou 4.
Il n'y a pas d'inconvénient
de laisser un hôpital de 300 malades à Plock; ils joindront après à Thorn. Je
vous ai écrit fort en détail aujourd'hui pour vous autoriser à puiser dans les
magasins à Wloclawek, à faire moudre de la farine et à la diriger
sur Willenberg.
J'ai ordonné
une levée de chevaux à Glogau; il sera nécessaire que
les charretiers italiens que vous avez menés avec vous rentrent à Glogau.
J'ai, à
Glogau, fait donner des bœufs au bataillon d'équipages italien,
qui va bien ; vous avez tort d'en désespérer : j'espère qu'il sera avant
le 10 à Plock. Si le général Guyon passe le 4 ou le 5
, il pourra facilement vous rejoindre, et les bataillons de
marche être dissous. Si les cadres appartiennent aux cinq bataillons, il
sera convenable de les renvoyer. Je vous ai autorisé à passer des
marchés pour amener des farines à Willenberg ; quand vous en
enverriez une vingtaine de milliers de quintaux, ce ne serait pas trop. Je
suppose que vous ne mangerez point de vos bœufs et que vous les
garderez jusqu'à ce que vous soyez en mouvement.
Faites-moi passer les
reconnaissances des pays que vous avez fait visiter.
L'état-major ici n'a
point de traces du mouvement du 2e bataillon de la Méditerranée.
Envoyez-moi l'itinéraire de ce bataillon, qui, étant composé de conscrits réfractaires,
n'appartient pas à votre corps d'armée.
Quant au 1er bataillon, s'il est parti le 19 mai, il arrivera à Glogau vers le 15 juin. J'ordonne qu'il tienne
garnison à Glogau; les hommes seront
bien fatigués, je désire qu'ils s'y reposent entièrement; cela me mettra à même de retirer les deux
bataillons qui s'y trouvent.
Faites en sorte que des convois
partent tous les jours de Plock et de Wloclawek, afin d'entretenir vos manutentions. Je suppose que vous avez des cartouches, et
qu'on n'attendra pas au dernier moment pour vider les caissons de cartouches
dans les gibernes, et après renvoyer les caissons
au moment où le corps se porte en avant, ce qui serait trop long.
J'ai ordonné que 300,000 cartouches fussent envoyées à Plock à
votre disposition ; faites-les filer sur Soldau, si vos soldats
n'en ont pas besoin pour garnir leurs gibernes.
J'ai ordonné
la formation de six compagnies de charrettes du pays, de
100 charrettes chaque compagnie, à Plock, à Bromberg, à Thorn,
etc. ; ces 600 charrettes seront à votre disposition et pour le service
de votre corps d'armée. Comme je suppose que votre ordonnateur
recevra cette décision de l'intendant général, faites procéder à l'organisation
des 100 voitures qui doivent être formées à Plock.
Posen, 1er
juin 1812.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à Plock
Mon Fils, j'ai nommé
le général Dessolle pour votre chef d'état-major. Le général
de brigade Plauzonne pourrait être le chef d'état-major du duc
d'Abrantès. Vous garderez quelques jours le général Charpentier, jusqu'à ce que vous soyez certain d'être content du général Dessolle; alors je placerai le général
Charpentier dans un gouvernement.
Tant que vous n'aurez que le 4e
corps et les Bavarois, vous pouvez toujours conserver immédiatement le commandement du 4e
corps ; mais, comme il peut arriver que vous ayez
quelquefois trois corps d'armée sous vos ordres, il serait convenable que le
duc d'Abrantès eût un état-major séparé. Que cela ne vous gêne
pourtant pas pour donner immédiatement vos ordres au 4e corps, pendant
que vous y êtes et que vous n'avez que deux corps d'armée.
Posen, 1er juin 1812
A Eugène Napoléon, vice-roi
d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à Plock
Mon Fils, il y a 22,000
quintaux de blé à Plock, dans des magasins
que j'ai fait séquestrer. Finissez toutes les formalités, et mettez la
main dessus. Faites convertir ce blé en farine et passez des marchés pour le faire transporter à
Willenberg. J'ai fait de même séquestrer une grande quantité de blé à Wloclawek
; j'ai ordonné que 25,000 quintaux en seraient tirés
pour être transportés sur Modlin; faites-moi connaître
s'ils sont partis. 17,000 quintaux doivent être mis à votre disposition ;
preoez4es sans délai et faites-les diriger sur Willenberg, et passez des marchés pour que ce transport paisse
se faire à raison de 1,000 quintaux
par jour. Pour ne pas trop entasser de blé à Willenberg, vous pouvez en déposer dans des positions en arrière, comme Soldau, etc.
J'ai ordonné
qu'on dirigeât 300,000 cartouches de Thorn sur Plock, elles seront
à votre disposition et compléteront votre approvisionnement. J'ai
pris des mesures pour que les 100 caissons que vous avez laissés à
Glogau soient attelés dans la première quinzaine de juin. Je suppose que vous y
avez laissé des charretiers, du moins des Italiens; mais,
en attendant, je donne des ordres pour qu'on tienne à votre
disposition 10,000 coups à Thorn et 10,000 autres à Modlin,
ce qui fera un demi-approvisionnement pour votre corps d'armée.
Votre général d'artillerie pourra les tenir en arrière, et les faire
avancer lorsqu'il en aura besoin.
Posen, 1er
juin 1812
A Jérôme Napoléon, roi
de Westphalie, commandant les 5e, 7e et 8e corps de la Grande Armée, à Varsovie
Mon Frère,
je suis depuis hier à Posen. Vous avez reçu une lettre de moi contenant des
instructions générales, qui ont dû être précédées par des ordres
de l'état-major général à exécuter du 1er au 7 juin.
L'ordonnateur de la droite vous
aura fait connaître les mesures que j'ai prescrites à l'intendant
général pour l'approvisionnement de Pultusk,
de Modlin et de Varsovie. Il est nécessaire qu'il y ait 10,000 quintaux de farine à Pultusk et 25,000 à
Modlin pour l'approvisionnement de
l'armée qui suivra le cours de la Narew ; il faut en avoir en outre 25,000 quintaux à Varsovie. Je
fais tirer ces approvisionnements des différents magasins qui sont le long de
la Vistule depuis Plock.
L'ordonnateur vous aura également fait connaître mon ordre du jour relatif au 16e bataillon d'équipages
et les mesures prises pour avoir 600 voitures du pays à la suite de votre
corps. Pressez l'exécution de ces
mesures. Nous sommes dans une saison où les chevaux ne peuvent pas périr de faim ; l'herbe
doit être déjà bonne à manger.
Je pars probablement cette nuit
pour Thorn, où je serai demain et après, et où je recevrai de vos
nouvelles.
Je désire
que vous reconnaissiez l'Omulew, Pultusk, Ostrolenka, Nowogrod,
Lomza; mais, si vous allez si loin, il faut y aller incognito.
Tenez un officier à
Tykocin et un à Terespol vis-à-vis Brzesc, pour vous faire des
rapports sur ce qui se passe à Bialystok et sur la frontière
russe. Faites reconnaître la ligne de Johannisburg à Nowogrod.
Accréditez par tous les moyens le bruit de votre marche sur
Lublin. Accréditez aussi le bruit de ma prompte arrivée à Varsovie. Que le
général Reynier fasse courir le bruit qu'il va passer le pont
de Pulawi pour se porter sur Zamość ; prévenez-en le commandant
de Zamość, afin que des dispositions soient faites pour recevoir ce
corps. Vous donnerez l’ordre à l'officier que vous aurez en observation
à Tykocin d'envoyer des rapports sur Osterode et Thorn, et par
estafette, toutes les fois que cela sera important. Le département dont
le chef-lieu est à Siedlce doit vous fournir des ressources. Il est
important que vous ayez vos vingt jours de vivres indépendamment
des magasins de Pultusk, Ostrolenka et Modlin.
Thorn, 3 juin 1812.
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Thorn.
Mon Cousin, écrivez
au général Éblé, directeur des ponts de l’armée, que les
Prussiens ont à Tapiau un pont de bateaux dans le meilleur
état, qu'ils ont replié; c'était le même qu'ils avaient à Tilsit;
qu'ils ont à Königsberg cent pontons propres à jeter un pont de
800 pieds de longueur. Qu'il fasse reconnaître ces objets et les compagnies
de pontonniers que pourrait avoir l'armée prussienne, afin
de pouvoir se servir dans l'occasion des uns et des autres.
Thorn, 3 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Thorn.
Mon Cousin, faites connaître au duc
d'Elchingen qu'après-demain 5 la Garde occupera jusqu'à Strassburg; qu'il est donc nécessaire que son
corps soit placé depuis Strassburg jusqu'à Osterode.
Recommandez-lui également de former un dépôt des hommes
malingres et fatigués, et de le laisser à Thorn, surtout les
Wurtembergeois, et déformer également un dépôt de chevaux
éclopés et de les diriger sur Thorn, soit de ses trois brigades de cavalerie,
soit du 2e corps. Qu'il nomme un capitaine pour commander ce
petit dépôt.
Thorn, 4 juin 1812.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de
la guerre, à Paris
On ne peut pas être
plus mécontent que je ne le suis relativement aux deux compagnies
de sapeurs qui étaient à l'île d'Elbe. Elles sont nues. Comment
l’ordonnateur a-t-il pu les laisser partir dans cet état ? Vous verrez que, par un ordre du jour, j'ai ordonné
une enquête à ce sujet.
Je suis extrêmement
mécontent que l'ordonnateur Jacqueminot ait quitté
l'armée au moment où il commençait à connaître le service et sans
attendre même l'arrivée de celui qui devait le remplacer. Si je ne
m'étais ressouvenu des services de son père, sénateur, je l'aurais mis
à l'ordre de l'armée et déshonoré. On sollicite pour venir à l'armée et non
pour la quitter. Donnez-lui ordre que dans un mois il
ait rejoint, et faites comprendre au sénateur le danger que son fils a
couru et le mauvais préjugé que cela laisse dans mon esprit.
Thorn, 4 juin l8I2.
NOTE POUR LE PRINCE MAJOR GÉNÉRAL, a thorn.
Il y aura à
Thorn des hôpitaux pour 1,200 malades, savoir : l'hôtel de ville
pour 600 ; trois des hôpitaux actuellement existants, 300;
et des couvents pour 300. L'intendant général se fera remettre ces
établissements dans la journée. On supprimera sur-le-champ l'hôpital
des fiévreux, qui est très mauvais, et, comme il n'y a que 300
hommes, on les mettra sans délai dans une partie de l'hôtel de ville.
L'autre partie de cette maison pourra n'être évacuée que dans huit
ou dix jours. La municipalité se placera ailleurs. On établira un hôpital
à Wloclawek dans un couvent et une maison qui a déjà été affectée
à cet usage. Cet hôpital sera affecté au 4e corps et aux Bavarois.
Les 5e, 7e et 8e corps enverront leurs malades aux hôpitaux de Varsovie;
le 3e corps et la Garde, à Thorn ; le 2e à Marienburg; le 1er,
à Elbing.
Il a été
ordonné d'établir à Danzig un hôpital dans l'abbaye d'Oliva.
Cet établissement est très-important, parce que l'air d'Oliva est
très-sain, avantage qui n'existe pas à Danzig.
Il sera convenable d'établir
un hôpital à Osterode, un à Königsberg, un à Welhau,
un à Soldau et un à Willenberg pour le 4e corps et les Bavarois; un
à Pultusk pour le 5e corps. L'hôpital de Thorn sera entretenu par
les fonds de l'armée.
Le major général
donnera tous les ordres nécessaires à l'intendant général,
au commandant de la place et au commandant du génie, pour
que les hôpitaux de Thorn soient établis sans retard.
Thorn, 4 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Thorn.
Mon Cousin, écrivez
au prince d'Eckmühl que, lorsque vous lui avez donné l'ordre de se procurer
pour vingt jours de vivres, vous avez entendu que cela se ferait régulièrement
et sans fourrager le pays; que la terreur et la désolation sont en
Pologne par la conduite des Wurtembergeois ; qu'il est tenu de mettre un
terme à cette manière de faire; qu'il fasse mettre à l'ordre le mécontentement
de Sa Majesté contre les Wurtembergeois, et qu'il prenne
les mesures les plus promptes pour que le pays ne soit pas dévasté,
sans quoi nous allons nous trouver comme en Portugal.
Thorn, 4 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Paris.
Mon Cousin, je vous prie de me
présenter dans la matinée l'organisation
du service de l'intendant général, car je ne comprends pas quels
sont les ordonnateurs qu'il a mis à la tête des différents services.
Il
ne suffit pas que l'intendant soit content, il faut que cette organisation soit
conforme à l'expérience de tous les temps.
L'intendant ne peut pas être
partout, ni savoir tout; il faut donc que la responsabilité pèse non-seulement
sur lui, mais sur les ordonnateurs, et que je les connaisse.
II est convenable de me les présenter, ainsi que les chefs
de service, le payeur général de l'armée, etc., et que désormais l’ordre soit
établi de manière que le quartier général marche en règle et par journée, comme
un régiment. J'ai ordonné de punir le payeur, qui n'a pas couché cette nuit au
quartier général.
Thorn, 4juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Thorn.
Mon Cousin, il y a à
Thorn un hôpital de fiévreux très-malsain et très-mal établi.
Donnez ordre à l'ordonnateur chargé des hôpitaux, au général
commandant la place et aux premiers médecin et chirurgien
de se concerter pour choisir un autre local. Il est très-important
d'avoir un bon hôpital à Thorn, et il ne faut rien épargner pour
cela. En conséquence de l'insalubrité de l'hôpital actuel, écrivez au
vice-roi de laisser un hôpital à Plock pour les Bavarois et le 4e
corps, et d'y placer les malades qui se trouveraient dans son corps
d'armée; d'autant plus qu'en cas d'événement il pourrait être utile qu'il pût
diriger ses blessés sur Plock, pour ne pas trop encombrer
Thorn.
Thorn, 4 juin
1812
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la
Grande Armée, à Thorn.
Mon Cousin, vous ne recevez pas
suffisamment de nouvelles, soit des commandants de place, soit des gouverneurs. Chargez quelqu'un de suivre cette correspondance
pour que, toutes les fois qu'il y aura un retard dans les envois des
commandants de place, vous puissiez leur faire connaître que cette négligence a été remarquée par vous
et leur en témoigner votre mécontentement.
Thorn, 4 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Thorn.
Mon Cousin, il me paraît qu'il y a de l'anarchie dans la place de Thorn, je ne vois pas la
nécessité d'y tenir à la fois pour commandants un général français et un général
polonais; le général polonais me parait suffire. Il faut lui donner pour
adjoints les officiers français qui sont nécessaires, de manière qu'il n'y ait à Thom
qu’un seul commandant, ayant les moyens convenables. Voyez à organiser cet état-major dans la matinée.
Je viens de vous écrire pour retenir à Thorn le bataillon
wurtembergeois
qui devait en partir aujourd'hui. Lorsque le bataillon du 3e régiment de la Vistule, que j'ai ordonné de
former à Posen, sera arrivé à Thorn, on
pourra, selon les circonstances, disposer du bataillon wurtembergeois et
le faire rejoindre.
Chargez un adjudant commandant de rester à Thorn pour l'inspection des dépôts, magasins
et dépôts de cavalerie qui sont à Thorn, et pour correspondre exactement avec vous
sur le service de l'armée, mais sous les ordres militaires du commandant de la
place. Du moment que le service de
la place de Thorn sera assuré par le bataillon wurtembergeois, vous donnerez ordre au dépôt du 5e régiment polonais de partir de Thorn pour se diriger sur
Danzig par la rive gauche, afin qu'il ne gêne pas nos mouvements.
Thorn, 4 juin 1812
Au maréchal Davout, prince
d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée, à Elbing
Mon Cousin, je vous envoie mon aide de camp, le général Hogendorp, qui est destiné à
prendre le commandement de Königsberg, de Pillau et de la province de Königsberg.
Assistez-le de commissaires des guerres et de tout ce qui lui sera nécessaire.
Mon intention est qu'il n'entre à Königsberg qu'avec votre 1e division.
Faites connaître au général Grawert que le général
Kleist est parti de Plock pour le
rejoindre avec la brigade de Silésie.
Toute ma Garde se réunit ici. Je compte la voir demain, finir quelques affaires de
l'administration et me rendre à Marienburg et Danzig. Faites-moi connaître si l'équipage
de pont est arrivé à Marienburg,
et si les 20,000 quintaux de riz et de farine sont arrivés à Elbing. Presque toute l'armée se nourrira par Königsberg et la Passarge. Je pense donc qu'il faudra par jour plus de
4,000 quintaux, ce qui fera pour dix
jours 40,000 quintaux. Vous m'avez, je crois, mandé qu'il y en avait 40,000
quintaux à Königsberg. Les 20,000 quintaux
qui sont embarqués porteront cet approvisionnement à 60,000 quintaux. Je suppose que Königsberg, Wehlau
et autres points de la Passarge
doivent fournir des moyens de mouture. Mon intention est que 20,000 quintaux de farine suivent les premiers 20,000. Ce n'est pas le blé, mais la farine qui
pourra manquer. Pour des masses comme
celles-ci, si les précautions ne sont pas prises, les moutures d'aucun pays ne pourront suffire. Je suppose qu'on
moud à force à Danzig et à Elbing.
Thorn, 5 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Thorn.
Mon Cousin, le quartier général
partira après-demain 7, et arrivera le 10 à Osterode. Vous donnerez ordre que
le petit quartier général, qui est parti ce matin 5 et y arrive le S,
parte le 9 pour Heilsberg, où il arrivera le 10. Vous donnerez ordre
que mon service de guerre se repose un jour à Osterode et de là continue sa
route sur Heilsberg.
Thorn, 5 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Thorn.
Mon Cousin, écrivez
au roi de Westphalie que les hommes malingres qui sont aux hôpitaux de
convalescence de Varsovie peuvent y rester, parce que,
au premier événement, ces hommes seraient en peu d'heures rendus
à Modlin ; que le principal est de ne pas laisser à
Varsovie de gros magasins et de renfermer tout dans la place de Modlin.
Faites connaître
au roi de Westphalie que j'ôte les Westphaliens de la 1e
division et que je la fais venir à Marienburg ; que v lorsque la
division Daendels sera arrivée à Danzig, mon intention est de lui renvoyer
sa brigade. Écrivez la même chose au prince d'Eckmühl, afin que les
Westphaliens le sachent et ne soient pas fâchés de se trouver
en garnison.
Thorn, 5 juin 1812
A Eugène Napoléon, vice-roi
d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à Thorn
Mon Fils, vous recevrez du major général des ordres pour
votre mouvement sur Rastenburg. Ce n'est
qu'un premier mouvement, car il doit
se continuer sur Seyny, mon intention étant de réunir là, le 17 et le 18, tout votre corps d'armée, pendant que le 1er, le
2e, le 3e et la Garde seront réunis à
Wilkowyszki, que le roi de Westphalie sera
à Pultusk avec les 5e et 8e corps, le 7e corps sur Praga, et les Autrichiens arrivés à Lublin se trouvant déjà sur
nous. Il vous est facile de comprendre
que, dans cette position, si l'ennemi prenait l'offensive pour marcher sur Varsovie, s'il débouchait par Bialystok, vous vous trouveriez sur son flanc droit, et que,
s'il débouchait par Olitta, vous vous
trouveriez sur son flanc gauche. S'il débouchait sur vous, vous vous appuieriez sur l'armée ; de là, la nécessité que votre corps change de ligne d'opération. Il peut
garder encore longtemps celle de
Plock. Mais, aussitôt que les ennemis commenceront leur mouvement, le 18 arrivé, il faudra que votre
ligne se dirige sur Thorn et même sur
Marienburg. Alors, en supposant le roi de Westphalie se repliant sur Modlin, votre ligne n'est pas compromise et vous
pouvez manœuvrer, au contraire, tranquillement pour vous placer sur la ligne d'opération de l'ennemi.
Thorn, 5 juin 1812.
A Jérôme Napoléon, roi
de Westphalie, commandant les 5e, 7e et 8e corps de la Grande Armée, à Varsovie
Mon Frère, je reçois votre lettre que
m'apporte votre aide de camp. Le major
général vous écrit pour vous faire connaître le plan d'opérations que vous avez à faire. Dans ce métier-ci,
et sur un si grand théâtre, on ne réussit que sur un plan bien établi et
qu'avec des éléments bien d'accord.
Il faut donc bien étudier vos ordres et ne faire ici ni plus ni moins que ce qu'on vous dit, surtout pour ce qui est
mouvement combiné.
Annoncez que je vais voir le dépôt
de Danzig, et qu'immédiatement après je reviens passer la
revue du corps du vice-roi, celle des Polonais à Pultusk,
et à Varsovie celle des deux autres corps. Faites faire à Varsovie tout ce qui
peut accréditer cette nouvelle. Établissez une bonne police
aux frontières, et faites que rien ne passe en Russie, ni
courriers, ni postes, sous quelque prétexte que ce soit. Tout ce qui en viendra
doit être envoyé au quartier général. Donnez ordre au prince
Poniatowski de correspondre avec le vice-roi et avec le général
Rapp, pour leur faire connaître ce qu'il y a de nouveau.
Il est nécessaire
aussi que vos trois corps correspondent avec le major général.
C'est le major général qui ne doit correspondre qu'avec vous;
mais les commandants de ces corps doivent envoyer exactement
le détail de leur position au major général.
Il paraît
qu'il y a assez de blé à Modlin ; ce qui manque, c'est de la
farine. Pultusk, Ostrolenka et Varsovie doivent avoir pourtant assez
de moyens de nourriture. J'ai donné pour cela tous les ordres nécessaires.
Faites-moi connaître jusqu'où, dans les mois de juin et de
juillet, la Narew est navigable. Porte-t-elle bateau en ce moment jusqu'à
Nowogrod et Lomza ?
Je crois vous avoir fait connaître
ce que vous avez de mieux à faire au début de la
campagne : d'abord, faire croire que vous allez entrer en
Volhynie et tenir l'ennemi le plus possible sur cette partie, pendant
que, le débordant sur son extrême droite, j'aurai gagné sur lui douze ou quinze
marches dans la direction de Pétersbourg ; je me trouverai sur son
aile droite, je passerai le Niémen et lui enlèverai Vilna,
ce qui est le premier objet de la campagne.
Le mouvement du prince de
Schwarzenberg sur Lublin ne démasquera pas
entièrement ce dessein, puisque l'ennemi pourra croire que, réunis
à Zamość, nous partirons de là pour entrer en Volhynie.
Quand cette opération
sera démasquée, l'ennemi prendra un des deux partis
suivants : ou il se ralliera dans l'intérieur de ses
États pour se trouver en force de livrer bataille, ou il
prendra lui-même l'offensive. Ainsi, pendant que l'extrémité de la
droite serait débordée ,
il pourrait marcher sur Varsovie, soit en débouchant sur Ostrolenka
et Pultusk, soit en débouchant sur Nur et Sierock, soit en débouchant
en droite ligne sur Praga. Tous les dépôts de mon armée doivent
être réunis dans Modlin, mais lentement et sans précipitation.
Votre corps est destiné à défendre Varsovie; et, à cet effet, le 5e
corps à Ostrolenka, le 7e corps à Sierock et Praga, votre quartier général
à Pultusk, telle est la position que vous recevrez ordre de prendre
vers le 10. Le 7e corps, de retour de Lublin, mettra dans votre
main tout votre corps réuni ; et alors, si l'ennemi attaque par Ostrolenka ou
entre le Bug et la Narew, le corps du vice-roi se trouve sur
son flanc droit; s'il attaque par Brzesc et par Zamość, ou s'il vient
droit sur Praga avec des forces considérables, le 8e corps d'abord,
le 7e ensuite, et après le 7e les Autrichiens, gardent Praga et
Varsovie. Modlin et Sierock seront couverts avec le 5e et le 8e
corps, et plus tard avec les 5e, 7e et 8e corps. Pendant que l'ennemi
serait sur les remparts de Praga et sur les bords de la Vistule,
se contentant d'appuyer Modlin, Sierock et Pultusk, vous vous trouverez
réuni à l'armée, et par mon mouvement à droite toute son armée
se trouverait débordée et jetée dans la Vistule.
Il n'est point hors de propos
que la garde nationale de Varsovie soit organisée, au moins plusieurs bataillons; ils ne peuvent
qu'être utiles au service.
D'ailleurs, je me trouverai
toujours en position de pouvoir vous donner de plus grandes explications et d'ajouter des développements
à cette instruction générale.
Si l'ennemi prenait brusquement
l'offensive et que le général Reynier eût quelque
peine à regagner Varsovie, ce qui n'est guère probable, vous le
soutiendriez par le 4e corps de cavalerie et par le 8e
corps. Mais, en général, vous devez calculer comme probable que
tout votre corps d'armée finira par se porter de Pultusk sur Ostrolenka, sur
Nur, sur Bialystok ou sur Grodno. Il est nécessaire que
la tête de pont de Pultusk soit achevée et bien armée, ainsi que les
ouvrages de Sierock. On m'assure qu'il y a une tête de pont sur la rive gauche,
à Sierock; il faut la faire mettre en état.
Je me conserverai la rive
droite; mais il est possible que j'abandonne toute la rive gauche; bien entendu toutefois que je ne l'abandonnerai
qu'à des farces supérieures, et non à une division de
12 à 15,000 hommes, ni à quelques régiments de Cosaques.
Thorn, 5 juin 1812.
A Jérôme Napoléon,
roi de Westphalie, commandant les 5e, 7e et 8e corps de la Grande Armée, à
Varsovie
Mon Frère,
je pars celte nuit pour Danzig. Mon quartier général se
dirige sur Osterode, où probablement je serai le 9. Communiquez fréquemment
avec le vice-roi, a6n de pouvoir faire passer les nouvelles
de la droite à la gauche.
Thora, 5 juin 1812
Au maréchal Davout, prince
d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée, à Elbing
Mon Cousin, je reçois
vos lettres du 4 juin. Mon intention était effectivement de
n'occuper Pillau que lorsque votre corps serait i Königsberg. Tout ce qui a été
fait pour faire penser que j'attachais une grande
importance à Pillau est contraire à mes intentions. Le général de l'artillerie
a donné ordre à l'équipage de pont de se réunir à Marienburg; l'Ile
de Nogat a paru une position plus avantageuse. Depuis,
cet équipage de pont, qui est sous les ordres du général Éblé,
a reçu ordre de se rendre par le plus court chemin à Heilsberg, il doit partir demain.
Le bataillon du Danube et l'équipage de marins partent de Danzig pour le rejoindre. Le parc du génie est parti également pour le joindre, de Thorn, le 3; ce qui
réunira, sous le commandement du général Éblé, un matériel important qui
comprendra tout ce qui est nécessaire. Étant instruit que l'équipage de siège n'avait pas assez d'eau pour venir de Danzig
à Elbing, j'ai ordonné qu'il vînt à
Dirschau et de là à Marienburg; il est là plus en sûreté. Cet équipage de siège
ne doit pas arriver à Königsberg avant d'avoir
reçu de nouveaux ordres. J'étais bien aise de le savoir où il est, hors de tout danger; mon intention est qu'il
n'en parte que lorsque j'aurai
démasqué mon mouvement.
Je crois que les fusils destinés
aux troupes de Bade sont en route ; leur gouvernement
leur envoie des fusils de calibre français. Le bataillon que vous
avez laissé à Dirschau peut aller à Danzig pour y tenir garnison, ou tenir
garnison à Marienburg.
J'ai retardé
mon départ pour voir la Garde, mettre en règle les affaires
de l'administration, donner les derniers ordres, et mettre tout
en mouvement. Je compte partir cette nuit et passer par la rive gauche. Je
serai demain à Marienburg, où je compte vous voir. Vous devez
vous mettre en mouvement le 7 ; vous recevrez des ordres du major
général pour occuper les bords de la Pregel. Il faudra que votre
corps marche en colonnes pour occuper les points d'Insterburg et
de Wehlau, en même temps que Königsberg. Les 20,000 quintaux
de farine que j'ai fait embarquer ne doivent pas être débarqués à
Königsberg, mais filer sur la Pregel, lorsque mes troupes y seront arrivées,
et être débarqués à Insterburg, où je compte établir un grand
centre d'approvisionnements et de manutention. Les bateaux retourneront
à Königsberg pour reprendre des vivres.
J'ai envoyé
le général Hogendorp pour commander à Königsberg. Nommez un officier
très-sûr pour commander sous ses ordres à Pillau. La passe n'étant que de 400 toises, il n'y a rien à craindre, et l'entrée de bâtiments ennemis est impossible.
Apportez-moi à
Marienburg l'état de toutes les farines qui sont disponibles à Elbing; je
désirerais en envoyer la plus grande quantité possible sur la
Pregel. Le duc de Tarente doit être arrivé à Königsberg,
et le corps prussien sera le 9 ou le 10 à Labiau. La brigade du
général Kleist a passé la Vistule et est en marche pour rejoindre les Prussiens.
Vous verrez par la lettre ci -jointe que le général Lepin a été
contre mes intentions en envoyant up officier à Memel. Vous n'auriez
point dû le souffrir; cela a été une grande faute.
Thorn, 6 juin 1812.
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Thorn.
Mon Cousin, donnez ordre au
vice-roi de partir le 7 de Soldau pour porter son quartier général
à Rastenburg, où il sera arrivé le 12; de placer le
quartier général du 3e corps de cavalerie à Lœtzen, occupant par sa
cavalerie légère Oletzko ; de placer le quartier général du corps du général Saint-Cyr à Ortelsburg,
occupant par sa cavalerie légère
Johannisburg et Arys, et correspondant avec la cavalerie légère du prince
Poniatowski qui occupera Nowogrod. Le 4e corps occupera ainsi Drengfurt, Rœssel, Sensburg,
Bischofsburg.
Donnez ordre au duc d'Elchingen
de diriger son corps d'armée par
Allenstein, Wartenburg, Seeburg, jusqu'à Passenheim, Bischofsburg,
Bischofstein, Schippenbeil et Gerdauen. 11 ne fera rien passer par
la roule de Guttstadt et de Heilsberg, ni cavalerie, ni infanterie, afin
de laisser cette route libre. Il portera son quartier général à Gerdauen.
Le 2e corps de cavalerie sera établi à Nordenburg, ayant la
cavalerie légère sur Goldap et Darkehmen. Il est convenable que ce
mouvement se trouve fait le 12. Il fera construire des fours à Gerdauen.
Il occupera Schippenbeil, Gerdauen, Friedland, Altenburg, Nordenburg.
Donnez ordre au duc de Reggio
de faire filer son corps d'armée par
Mohrungen, Liebstadt, Wormditt, Landsberg, et Preussich-Eylau, où
il portera son quartier général. Il partira le 8 pour y être le 12. Rien
ne passera ni à Guttstadt, ni à Heilsberg, ni à Bartenstein. Il occupera
Domnau, Kreuzburg, Landsberg, Zinten. Il tirera ses
vivres de Brandenburg, de Braunsberg et d'Heiligenbeil ; il placera sa cavalerie dans l'endroit le plus favorable, mais de
manière à pouvoir se porter en deux marches sur Wehlau ; son corps se trouvera
par là comme en réserve.
Les parcs du génie
et des ponts doivent avoir eu l’ordre de se rendre à Heilsberg.
Vous donnerez ordre au duc de
Danzig de diriger la brigade de chasseurs qui arrive le 9 à Osterode sur
Guttstadt, où elle peut être le 10. Elle ne doit pas passer
par Allenstein. Les grenadiers qui arrivent le 10 se
rendront le 11 à Guttstadt, de sorte que la Garde passera
par Heilsberg et Guttstadt. Elle pourra arriver le 12 à Heilsberg. Le
petit quartier général se rendra à Heilsberg.
Donnez ordre au prince d'Eckmühl
de faire entrer la tête de ses troupes à
Königsberg le 9, et de s'y porter de sa personne s'il le juge convenable,
et de diriger ses colonnes de manière que le 12 son quartier
général soit placé à Insterburg, et que Tapiau, Wehlau et Insterburg
soient occupés par son corps d'armée. Le 1er corps de cavalerie
sera à Gumbinnen; la cavalerie légère sera placée dans la direction
de Kovno, Georgenburg (en russe Yourbourg) et Olitta,
s'appuyant sur celle du 2e corps. Toutes les brigades de cavalerie de son
corps d'armée seront placées entre le Niémen et la Pregel, sur les
débouchés de Tilsit, pour couvrir ses divisions. Les Prussiens occuperont
le 9 Labiau, ayant une première ligne de cavalerie le long du
Niémen. Ils occuperont Tilsit et auront une colonne avec deux
batteries d'artillerie sur la pointe, vis-à-vis Memel.
Danzig, 7 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Danzig
Mon Cousin, il est nécessaire
d'avoir à Marienburg un magasin de 10,000 quintaux de
farine. Le prince d'Eckmühl y a fait conduire 5,000 quintaux de blé, qui seront
convertis en farine; donnez l'ordre à d'intendant
général et, pour plus prompte exécution, au général Kapp,
de faire partir de Danzig pour Marienburg 5,000 quintaux de
farine, ce qui complétera ce magasin à 10,000 quintaux. Donnez ordre
de construire à Marienburg, avec des ouvriers du pays (pour ne pas
employer ceux de l'armée qui doivent tous être en avant), six fours;
les fours de la ville peuvent fournir 8,000 rations de pain; les
six fours en fourniront 18,000; ainsi, en cas d'événement, cette ville
pourrait nourrir un corps d'armée. Il suffira que ces fours soient construits
dans le cours de juin. Ordonnez également que les six fours de
Marienwerder soient finis dans le cours du mois de juin, et qu'il y
ait dans cette ville un magasin de 3,000 quintaux de farine fournis par
le magasin de Thorn.
Par ce moyen j'aurai sur la
Vistule un magasin à Thorn, un à Marienwerder, un à
Marienburg et le magasin central de Danzig.
Réitérez l’ordre à
Danzig, à Elbing, à Marienburg, à Bromberg et à Thorn que l'on
fasse moudre le plus possible; car, dans des armées de la force
de celle-ci, il est toujours possible de se procurer du
blé, mais non de la farine, si on ne s'y prend deux ou trois mois d'avance.
Danzig, 8 juin 1812.
Au
maréchal Davout, prince d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée,
à Elbing
Mon Cousin, j'ai causé
un moment avec votre officier. Il m'a dit que le Niémen avait
60 toises de large à Tilsit ; qu'il n'avait pas mesuré
ce fleuve à Kovno; que cependant il en avait fait la reconnaissance
et n'en avait jugé la largeur que par évaluation. Je n'ai pas jugé
à propos de l'entendre davantage. Je vous le renvoie. Si cet officier
a l'habitude de faire ainsi ses reconnaissances et de se tromper des deux
tiers, il vous induira souvent en erreur.
Danzig, 9 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Paris.
Mon Cousin, faites connaître
au gouverneur de Danzig que la garnison de cette place se
compose : des dépôts du 1er corps, formant 1,300 hommes; des dépôts de la Garde, 100; d'un bataillon de dépôt
des 10e, 11e et 5e polonais, 600; de cinq compagnies d'artillerie françaises,
polonaises et bavaroises ; d'un régiment wurtembergeois fort de deux bataillons et de 1,300 hommes ; du régiment n° 5 de la division princière, arrivant de Berlin, fort
de deux bataillons et de 1,300
hommes, et du dépôt du régiment de lanciers polonais de Varsovie, dont il doit activer la remonte; que
toutes ces troupes présentent une
force d'environ 6,000 hommes, indépendamment des détachements d'ouvriers et des matelots de la marine; qu'indépendamment de ces forces la division Daendels,
composée de la brigade de Berg forte
de 5 bataillons et de 14 pièces d'artillerie, de la brigade de Bade forte de 5 bataillons et de 8 pièces de
canon, et de la brigade de cavalerie du
général Delattre forte de deux régiments de cavalerie alliés formant 1,200 à 1,500 chevaux, se rend à
Danzig; que cette division doit y prendre position et être, sous les ordres du
gouverneur, chargée de pourvoir à la défense de cette place importante, de la garde des communications de Danzig avec Pillau,
de Danzig avec Stettin, et de la
conservation de la tranquillité sur les derrières de l'armée entre l'Oder et la Pregel;
Que le général
Hogendorp est gouverneur de Königsberg ; qu'il a sous ses ordres trois
bataillons westphaliens et un bataillon badois pour la défense de
Königsberg, de Pillau et de la pointe du Nehrung;
Que le général chargé de la défense de
Marienburg et de Marienwerder a sous ses
ordres un bataillon westphalien ;
Enfin
qu'un général polonais est à Thorn avec cinq bataillons.
Vous recommanderez au gouverneur de Danzig de tenir
des correspondances avec tous ces
commandants, et d'avoir une colonne entre Danzig et Pillau, de manière que, Pillau ou
la pointe du Nehrung étant menacée, cette division puisse marcher
sur-le-champ à sa défense ; d'avoir une colonne entre Danzig et Kolberg,
de manière à surveiller la côte, à empêcher l'ennemi de prendre langue et
d'opérer un débarquement ; de placer la colonne de droite de
manière qu'elle puisse venir promptement au secours de la pointe de
Hela.
Des signaux doivent être
établis pour que, la place venant à être menacée d'un débarquement, toutes les
forces se réunissent rapidement pour s'y opposer, empêcher la place d'être
cernée, ou à tout événement s'y renfermer ; et tout cela ferait une
garnison de 18,000 hommes. En cas d'un débarquement imprévu et
considérable, le général Rapp pourrait faire venir la garnison de
Thorn, un détachement de la garnison de Kolberg et ce qui serait
disponible à Posen.
Vous ferez connaître
l'ensemble de ces dispositions au général Hogendorp ; vous en direz quelque chose au général
commandant à Thorn, lequel aura une correspondance avec le gouverneur de Danzig, afin que celui-ci, selon l'urgence des
circonstances, puisse lui envoyer une
partie de son monde s'il était menacé.
Le commandant actuel de la
place de Danzig est parfaitement incapable; il faut le renvoyer en France et nommer un général
de brigade ou un colonel pour commander la place.
Faites-moi connaître
quels sont les adjoints qui s'y trouvent, quels sont les
commandants des différents forts, afin de compléter le service
de la place en officiers français.
Danzig, 9 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général
de la Grande Armée, à Danzig
Mon Cousin, écrivez
au prince d'Eckmühl de dire au général prussien que tout ce
qui est à Pillau appartient à la Prusse; mais que, comme nous
sommes en avant, les fusils qui s'y trouvent nous seraient
utiles ; que je remettrai un pareil nombre de fusils français
à Berlin ; que je ferai de même pour tout ce que l'on sera forcé de
prendre à Pillau, munitions pour munitions.
Danzig, 9 juin 1812
Au prince de Neuchâtel
et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Danzig
Mon Cousin, vous donnerez ordre
au général Delaborde, commandant
la 1e division de la Garde, de partir le 10 de Marienburg pour se
rendre à Königsberg, en faisant de bonnes marches. Donnez ordre au maréchal duc
de Trévise de se rendre à Marienburg le 9 pour commander cette
division, et de rester à Königsberg avec elle. Donnez-lui l'ordre
de former un petit dépôt des hommes malingres et des effets inutiles, comme l'a
fait la Garde à Thorn, et d'envoyer ce dépôt à Danzig.
Danzig, 9 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Danzig.
Mon Cousin, donnez ordre au général
Éblé de partir de Heilsberg pour être rendu le 13, au plus
tard le 14, à Friedland, 1° avec l'équipage de pont,
2° avec le bataillon du Danube, 3° avec le 4e bataillon d'équipages
de flottille, 4° avec le grand parc du génie, 5° avec le corps du
génie de la Garde.
Danzig, 10 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Danzig.
Mon Cousin, donnez ordre au duc
d'Istrie de réunir tous les grenadiers à cheval,
les dragons et chasseurs de la Garde et leur artillerie,
qui ont dû arriver le 10 à Osterode, sur Heilsberg, où ils pourront
ainsi arriver le 12 ou le 13. Donnez-lui le même ordre pour l'artillerie
de la Garde, à l'exception des parcs dont le général Sorbier est
maître de disposer comme il l'entendra.
Donnez ordre à
la division Claparède, qui arrive le11 à Osterode, d'en partir le
12 pour se rendre à Bartenstein. Donnez ordre à tous ces corps de
compléter, à leur passage à Osterode, leurs vivres en
pain.
Donnez ordre à
la division Roguet, qui arrive le 12 à Marienwerder, de se
procurer là pour dix jours de vivres et d'en partir pour se
rendre à Schippenbeil.
Donnez l'ordre au duc de Danzig que la division de
la vieille Garde, qui arrive le 13 à
Heilsberg, en parle le 14 pour Schippenbeil.
Donnez ordre an duc d'Elchingen
d'évacuer Schippenbeil et Bartenstein.
Donnez ordre au petit quartier général,
qui est à Heilsberg, de se rendre à Schippenbeil. Donnez ordre à tous mes
bagages de se rendre à Schippenbeil. Quant au grand quartier général,
présentez-moi un projet pour le diviser mieux qu'il n'a été jusqu’à
cette heure. Il faudrait distinguer le quartier général du major
général et celui de l'intendant. Je désire envoyer le quartier général de l'intendant à Königsberg, puisque je dois me nourrir par là. Je désire
qu'il ait avec lui ses bureaux, le payeur général, le médecin en chef et tous
les chefs de service; mais il faut
que le chirurgien en chef, les ambulances et tout ce qui
est nécessaire pour un champ de bataille rejoignent le petit
quartier général. Votre quartier général doit se composer de la partie
la moins nécessaire de votre état-major et de vos bureaux.
Donnez ordre au quartier général
de partir demain d'Osterode pour être rendu le 13 à
Königsberg.
Donnez ordre au prince d'Eckmühl
de faire partir son parc du génie, qui arrive le 11 à
Königsberg; faites-lui connaître qu'il est convenable qu'il
soit rendu le plus tôt possible à Insterburg, parce qu'il
pourrait être nécessaire pour les travaux des ponts.
Faites connaître
au duc de Tarente la position du corps du prince d'Eckmühl.
Donnez ordre au prince
d’Eckmühl qu'aussitôt qu'il sera assuré que le duc de
Tarente occupe Tilsit il ait à diriger sa cavalerie légère un
peu plus à droite, sur le chemin de Georgenburg.
Donnez ordre au général
Éblé, qui doit arriver le 14 à Friedland, de continuer son
mouvement le 15, pour être rendu le 16 ou le 17 à Insterburg.
Faites connaître
au prince d'Eckmühl qu'il est nécessaire que son quartier général
soit rendu le 13 à Insterburg.
Donnez ordre au roi de Naples d'être
rendu, avec l'état-major de la cavalerie, le 13 ou le 14 à
Gumbinnen.
Écrivez
au vice-roi que je viens de recevoir l'état de ses troupes au 18; qu'il est
nécessaire que ses marins, ses compagnies du génie et
tout ce qui est nécessaire pour aider au passage des ponts gagnent Rastenburg ;
que la brigade de cavalerie qui va à Johannisburg doit être la brigade
bavaroise, mais que les deux brigades attachées à son corps
doivent être à Nikolaiken et à Rhein.
Danzig, 10 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Danzig
Mon Cousin, je pars demain pour
me rendre à Königsberg, où je serai le 12 à deux
heures du matin. Faites-le savoir à Heilsberg, à Osterode, à Thorn,
à Varsovie, au roi de Westphalie et au général Éblé. Faites
connaître à Varsovie , au général qui y commande, que,
après avoir passé la revue du corps du prince
d'Eckmühl, je me rendrai à Varsovie pour voir le 5e corps et la
droite; qu'il fasse tout ce qui est nécessaire pour accréditer cette
nouvelle. Instruisez le prince
d'Eckmühl de mon arrivée le 12 au matin à Königsberg, où je désire
le voir avant qu'il en parte.
Donnez ordre qu'un bureau de
votre état-major reste encore quelque
temps à Osterode, afin de diriger tous les courriers et officiers en dépêche
sur Königsberg ou Gumbinnen, selon l'endroit où sera le
quartier général.
Danzig, 10 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Danzig.
Mon Cousin, écrivez
au roi de Westphalie que je suppose que, comme je l'ai
ordonné, la tête du corps du général Reynier sera arrivée
à Lublin ; qu'aussitôt que la tête des Autrichiens sera arrivée à Zamość,
ce que je suppose avoir lieu du 15 au 18, il sera nécessaire
que le général Reynier rétrograde à marches forcées sur Praga ; que
tout le 8e corps se porte sur Sierock et Pultusk ; que le quartier général
du Roi soit porté à Pultusk le 14 et à Ostrolenka le 17, et que
le quartier général du prince Poniatowski soit porté à Nowogrod le
18, occupant la ligne de la Písek; ces mouvements ne doivent avoir
lieu que du 15 au 18; que le général Saint-Cyr, avec le 6e
corps, sera le 16 à Ortelsburg, et aura sa cavalerie légère à Johannisburg
; le vice-roi sera à Rastenburg ; le 3e corps de cavalerie
à Lœtzen et Oletzko; que, cette époque arrivée, le 7e corps doit
aussitôt que possible repasser la Narew pour venir appuyer le 5e
et le 8e corps, en laissant cependant de fortes garnisons à Praga, à
Modlin et le long de la Vistule, jusqu'à ce que les Autrichiens, arrivés
à Praga, puissent couvrir Varsovie et la gauche de la Vistule.
Si l'ennemi prenait l'offensive
sur la droite de la Narew, soit que le Roi prit la ligne de la Písek, soit qu'il rétrogradât sur
celle de l'Omulew, l'ennemi prêterait le flanc au vice-roi,
qui tomberait sur sa droite. Si c'était entre la Narew et le Bug que l'ennemi
vint à effectuer un mouvement offensif, le 5e et le 8e
corps pourraient déboucher par Ostrolenka et Pultusk et tomber sur la
droite de l'ennemi. Tandis que l'ennemi s'enfoncerait ainsi
dans des opérations qui ne le conduiraient à rien, puisqu'en dernière
analyse il trouverait la Vistule, il aurait perdu bien des marches,
et la gauche de noire armée, qui aurait passé le Niémen, arriverait
sur son flanc et sur ses derrières avant qu'il pût se relever. Que si,
au contraire,
l'ennemi
ne fait aucun mouvement, le Roi doit le menacer, par des mouvements de
troupes légères, de se porter sur Grodno et Bialystok; qu'il
doit à cet effet faire avancer ses pontons et annoncer ouvertement
ce projet; mais le plan général étant de refuser la droite et
d'avancer la gauche, ce ne serait réellement qu'après que la gauche
aurait passé et que ce mouvement aurait produit son effet sur
les cantonnements ennemis de Grodno et de Bialystok, que la droite
se mettrait à la poursuite de l'ennemi, afin de l'occuper et de l'empêcher
de se porter tout entier sur la gauche, sans pourtant jamais
se compromettre ; qu'il est donc indispensable de bien étudier les
positions, de ne pas engager d'échauffourée et de bien connaître le plan
général des opérations; qu'il doit correspondre souvent avec le
vice-roi.
Vous lui manderez que je me
rends de ma personne à Königsberg; que probablement
je serai le 15 à Insterburg; e qu'il doit adresser ses lettres
par Rastenburg, d'où le vice-roi leur donnera une direction
ultérieure; qu'il doit toujours faire courir le bruit que j'arrive.
Danzig, 10 juin 1812
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à
Willenberg
Mon
Fils, je vois par votre lettre que vous ne serez arrivé que le 18
à Rastenburg. Le 1er corps sera à Insterburg le 13; le 3e corps sera
à Gerdauen ; le quartier général sera à Schippenbeil ; le grand quartier
général de la cavalerie (du roi de Naples), à Gumbinnen ; le 2e corps de
cavalerie, à Goldap.
Je pars demain matin pour être
à la pointe du jour à Königsberg. J'y resterai le 13,
le 14, le 15; je crois que je serai le 16 à Insterburg.
Vous vous trouverez dans votre position de Rastenburg à vingt lieues de
Königsberg, à vingt-quatre lieues de Nowogrod et à une cinquantaine
de lieues de Varsovie. Le générai Saint-Cyr, qui se réunit
à Ortelsburg, sera à moins de dix-huit lieues de Nowogrod et à
quinze lieues de Johannisburg.
Il est nécessaire
que vous sachiez ce que fait le prince Poniatowski et les
nouvelles qu'il a, afin d'être informé constamment de ce qu'il y
a de nouveau sur la droite de l'armée.
Passé
le 14, si vous aviez des nouvelles importantes, il faudrait me les
envoyer par deux directions : Insterburg et Königsberg. Nous sommes
encore en paix avec la Russie; cependant noua voilà au dernier
moment. Si l'ennemi prenait l'offensive sur vous, vous vous feriez
appuyer par le général Saint-Cyr; le 2e corps, le 3e corps, la Garde,
qui sera à Schippenbeil le 14, et même le 1er corps, qui est sur
la Pregel, viendraient facilement à votre secours.
Changez votre ligne d'opération;
ne la prenez plus par Plock et par Willenberg, mais par Thorn
et Osterode sur Rastenburg; cela ne doit pas vous
empêcher de tirer les ressources que vous pourrez avoir
de Plock.
Si l'ennemi prenait l'offensive
sur le 1er corps, vous recevriez des ordres sur ce que vous auriez à faire. S'il
prenait l'offensive sur votre droite, c'est-à-dire sur le 5e
corps, qui jusqu'à ce jour est toujours derrière l'Omulew,
vous tomberiez facilement sur le flanc droit de l'ennemi. S'il le
fallait même, le 5e corps pourrait faire des marches rétrogrades pour se
joindre aux 7e et 8e corps et attirer l'ennemi sur Pultusk.
Vous pourriez, si cela était nécessaire, être appuyé par quelques
corps de la gauche et tomber sur la droite de l'ennemi. Entendez
bien cela avec le roi de Westphalie et le prince Poniatowski.
La marche de l'armée
est un mouvement que je fais par ma gauche en refusant
constamment ma droite, puisque le 7e corps, qui marche
en partie sur Lublin pour faire croire à l'ennemi qu'il va se
réunir aux Autrichiens pour marcher en Volhynie, va, le 12, se
reployer rapidement sur Varsovie, ce qui rendra disponible le 8e
corps, qui renforcera le 5e. Le 7e corps lui-même sera bientôt disponible
par l'arrivée des Autrichiens sur Praga. De sorte que, vers le
20, le 1er, le 2e et le 3e corps, la Garde impériale et deux corps de
cavalerie manœuvreront pour passer le Niémen, soit entre Kovno et Grodno, soit
entre Kovno et Tilsit. Le 4e et le 6e corps, qui sont sous
vos ordres, et un corps de cavalerie, formant le centre, manœuvreront,
ayant leurs lignes d'opération sur Thorn et la basse Vistule, pour
être toujours liés avec ma gauche. Inquiétez l'ennemi du côté de
Grodno, et, lorsque le passage sera effectué, venez à marches forcées
pour passer au même pont ou bien passer sur Olitta et Meretch,
si l'ennemi ne fait pas de résistance. Je donnerai des ordres pour
cela. Vers le 18, le 5e et le 8e corps se placeront à Nowogrod ; quelques
jours plus tard, ils seront soutenus par le 7e corps. Cette droite est destinée
à garder Varsovie, à se tenir appuyée toujours à la Narew, en
communiquant toujours avec vous par sa gauche, mais gardant sa ligne
d'opération sur Varsovie; et en cas que l'ennemi fut tellement
fort sur Nowogrod que le roi de Westphalie crût devoir reculer de
quelques marches, il reculerait sur Pultusk, et l'ennemi vous prêterait
son flanc droit à vous, qui avez votre ligne d'opération sur la basse Vistule
et qui devez rester réuni avec la gauche. L'armée ayant passé le bas Niémen,
toute la droite pourra se porter, selon la circonstance, sur
Grodno ou Bialystok, où elle serait jointe par le corps
autrichien.
Je vous fais connaître
ainsi les diverses combinaisons de ma marche, pour que vous
connaissiez bien le rôle que vous avez à remplir et que vous preniez toutes les mesures
pour changer votre ligne d'opération, qui,
après avoir reculé sur Thora, reculerait, s'il le fallait, sur Danzig, c'est-à-dire sur Marienburg.
Danzig, 11 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Danzig
Mon Cousin, écrivez
au duc de Bellune que la 1e demi-brigade de marche de la
division Lagrange, forte de 2,400 hommes, arrive le 23 juin à
Magdeburg; que ce jour-là même les Westphaliens peuvent partir pour Stralsund
; que la 2e arrive le 25 et la 3e le 27 ; que ces demi-brigades
peuvent être rendues à Berlin le 1er juillet. Faites connaître
que mon intention est que cette division soit ou baraquée ou
casernée, et que personne ne loge chez les bourgeois ; qu'il serait bon
qu'aucun homme n'entrât à Berlin, et qu'il faut les placer dans des lieux sains, du côté de Spandau, parce qu'il y a de mauvaises maladies
à Berlin, que ces jeunes gens gagneraient. La vie des camps leur
fera du bien. Vous manderez au duc de Bellune que ce sera vers les premiers
jours de juillet que les nouvelles des premières affaires arriveront;
que je vois avec plaisir l'arrivée de ces troupes à cette époque, afin que,
s'il y avait des affaires douteuses, il se trouvât davantage
en force. A la même époque, la division Partouneaux se trouvera tout entière
cantonnée du côté de Stettin et la division Heudelet dans la 32e
division militaire.
Mandez que je ne veux pas mettre
de Français à Küstrin, parce que l'air y est
mauvais; qu'il vaudrait mieux, si cela était nécessaire, y
mettre un bataillon de Würzburg.
Danzig, 11 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Danzig
Mon Cousin, écrivez
au roi de Westphalie que, dans sa lettre du 8, il fait connaître
que le corps de Bagration remonte sur Brzesc et que le corps
d'Essen se réunit à Bialystok ; qu'il est fâcheux que le Roi n'ait pas envoyé,
au lieu de sa simple analyse, les rapports originaux, afin qu'on pût les comparer
à ceux que nous avons. Mandez-lui que la lettre que vous lui
avez écrite le 10 lui fait connaître suffisamment mes
intentions; mais que nous sommes tellement éloignés, que c'est
aujourd'hui à lui à manœuvrer, selon les circonstances, dans
l'esprit général de ses instructions ; que le mouvement du
général Bagration sur Brzesc peut avoir pour but de regagner les marches
que j'ai sur lui, afin de pouvoir défendre le passage du Niémen
et se trouver à portée de couvrir Vilna avec toutes les forces réunies
pour donner là une bataille; que, s'il s'aperçoit que les mouvements de
l'ennemi ont ce but et que Bagration, de Brzesc, remonte sur Grodno,
il doit lui-même accélérer ses mouvements pour se porter sur
Ostrolenka et Nowogrod avec son corps d'armée, et se trouver toujours en mesure
d'être opposé à la gauche de l'ennemi, c'est-à-dire à l'armée de Bagration;
que, si au contraire l'ennemi, s'a percevant que je viens
le déborder par sa droite, veut prendre l'offensive
sur mes flancs, hypothèse qui a été calculée dans le
temps, et veut se diriger soit de Brzesc sur Praga, soit de Bialystok
sur Pultusk, dans ce cas il devra aussi activer le passage de ses forces
sur Pultusk et Ostrolenka, afin de garder toujours la rive droite
de la Narew et de maintenir ses communications avec le vice-roi;
que le vice-roi a ordre de s'appuyer toujours sur ma gauche; que
sa ligne d'opération est sur Thorn ; que le roi de Westphalie doit toujours
garder sa ligne d'opération sur Modlin, se tenir toujours bien
réuni, correspondre avec le vice-roi, de sorte que celui-ci puisse
tomber sur le flanc droit de l'ennemi; que ce mouvement d'attaque
de l'ennemi, qui est assez naturel et qui a été prévu dès le commencement,
ne peut en rien influer sur mes opérations offensives
; que l'important est que la droite ne se commette pas contre des forces
supérieures et manœuvre réunie, de position en position ; que, si
la plus grande partie de l'armée russe se trouvait à cette attaque de
flanc, il ne pourrait jamais rien arriver à la droite, qui aurait toujours pour
refuge le camp retranché de Modlin et la rive gauche de
la Vistule; mais qu'aussitôt qu'un pareil mouvement de la part des Russes serait décidé
je tomberais avec toute mon armée sur leur flanc droit et sur
leurs derrières; qu'il est bien difficile que l'ennemi s'expose
ainsi à une perte totale; que, si toutefois il le faisait, la marche
qui vient d'être tracée doit faire connaître au Roi comment il
doit agir.
Envoyez un aide de camp
intelligent au prince Poniatowski ; qu'il revienne sur Schippenbeil et puisse nous rapporter des nouvelles de la droite et de ce qu'on pense
de ce côté. Dites à cet officier de s'assurer
si l'ennemi veut prendre l'offensive, ou filer pour regagner sa
droite.
Danzig, 11 juin 1812
A Eugène Napoléon, vice-roi
d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à Ortelsburg
Mon Fils, je serai demain à
Königsberg. Je vous ai expédié hier un officier
d'ordonnance; je vous expédie encore un officier avant de partir. Mon petit
quartier général se rend à Schippenbeil. Je suppose que
vous avez des nouvelles de Varsovie. Je vous ai ordonné d'envoyer
directement des officiers au prince Poniatowski et d'envoyer aussi auprès du
roi de Westphalie, afin d'avoir des nouvelles de la droite.
Mes dernières nouvelles de Varsovie sont du 8 ; on y disait alors que l'armée de
Bagration remontait sur Brzesc, de Loutsk où il était, et que celle d'Essen se portait sur Bialystok. Vous avez dû avoir des nouvelles précises de celle d'Essen par
le prince Poniatowski et par le préfet de Lomza. Il me semble que je vous
avais mandé d'avoir des officiers
d'état-major vis-à-vis Grodno et du côté de Lomza. Je suppose que vous connaissez bien la marche que vous devez tenir; instruisez-en le général Saint-Cyr.
En supposant les nouvelles vraies que
Bagration remonte vers Brzesc, je ne pense pas qu'il puisse y être réuni avant le 16. Quant à Essen, comme il était à
peu de distance de Bialystok, s'il a voulu s'y réunir, il y aura été très-promptement. Dans ce mouvement, l'ennemi peut
avoir deux buts : ou de filer
rapidement sur le nord pour défendre le Niémen, voyant que je lui ai déjà gagné
beaucoup de marches, et tâcher d'arriver
pour couvrir Vilna, et alors votre rôle se trouve être le même que celui
de l'armée; ou bien, de Bialystok et de Brzesc, il prendra l'offensive en tombant sur mon flanc, et
débouchant de Bialystok sur Ostrolenka,
de Brzesc sur Varsovie, et peut-être même de Grodno.
Je vous ai fait connaître
dans ces circonstances ce que vous aviez à faire, qui est
toujours de vous appuyer à gauche, de changer votre ligne d'opération et
de faire en sorte que l'ennemi n'entame rien. Mais cependant je continue dans mon projet, et, s'il s'enfourne ainsi, je me trouverai avoir passé le Niémen et être sur ses
derrières.
Écrivez,
je vous prie, au prince Poniatowski et au roi de Westphalie
pour savoir si tous ces mouvements sont bien compris. Le Roi, avec
ses trois corps de la droite, ayant sa ligne d'opération sur Modlin, doit
battre l'ennemi si l'ennemi est inférieur, et lui disputer le terrain s'il est
plus fort. En supposant que l'ennemi avec des forces considérables s'entêtât
dans son mouvement, je ne verrais pas même d'inconvénient
à ce que le Roi se retirât dans le camp retranché de Modlin, en
occupant Praga et la rive de la Vistule. Votre ligne d'opération se trouvant
sur Thorn, vous n'auriez rien à craindre de cet état de choses.
Aussitôt
que je connaîtrai les projets de l'ennemi, je me rapprocherai
de ma personne de Schippenbeil, afin d'être plus à portée de donner
des ordres.
Mais, je vous le recommande,
disposes des piquets de manière à avoir
fréquemment des nouvelles du prince Poniatowski et de la droite.
Indépendamment des postes, qui souvent sont mai montées, vos
officiers peuvent prendre des chevaux de piquets placés toutes les
trois lieues.
Königsberg, 13 juin
1812
Au
général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, les
cohortes commençant à arriver du côté de Cherbourg,
je crois qu'il serait nécessaire de faire filer une des
demi-brigades qui s'y trouvent sur Bayonne. Cela aurait le double
avantage d'ôter des consommateurs d'un point où le service des subsistances est
difficile, et de renforcer la réserve de Bayonne.
Je crois aussi vous avoir mandé
d'y envoyer la 5e demi-brigade, formée des
détachements des 26e, 82e et 66e, qui se réunit dans la 12e division militaire
et qu'il faut compléter. Je suppose que vous avez dirigé
également le 3e et le 105e sur Bayonne. Il est nécessaire d'avoir
beaucoup de forces de ce côté. Envoyez-y quelques généraux de
brigade.
Faites une circulaire pour
activer l'habillement des cohortes. Il y a de rembarras dans quelques endroits.
Les préfets des chefs-lieux doivent faire
toutes les avances nécessaires pour presser les confections.
Königsberg, 13 juin
1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, donnez ordre à
la 7e division de se réunir pour que j'en passe la revue
demain 14, après-midi, et de partir le 15 pour se rendre à Labiau,
sous les ordres du duc de Tarente. Deux bataillons de cette
division resteront à Königsberg pour en augmenter la garnison. Vous donnerez
l’ordre au duc de Tarente de se mettre en mouvement le 16,
pour occuper le 18, avec une partie du corps prussien, Tilsit, et le 19, avec
la division Grandjean, le pays vis-à-vis Georgenburg. Ces
divisions pourront se placer à deux lieues en arrière, de manière
qu'elles aient leurs avant-postes et compagnies de voltigeurs sur la
rivière. La gauche des Prussiens sera à Labiau; la cavalerie légère
couvrira toute la rivière et correspondra par sa droite avec la
division de cavalerie légère du général Bruyère.
La cavalerie du duc de Reggio
poussera de Wehlau des postes sur le corps du duc de Tarente. Le prince d'Eckmühl aura ses deux brigades sur le chemin de
Georgenburg à Tilsit.
Königsberg, 13 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Königsberg
Mon Cousin, je vous envoie une lettre de l'ordonnateur Deschamps, en date de ce jour, qui
fait connaître la mauvaise situation où
se trouve le 2e corps sous le rapport des subsistances. La faute en; est
tout entière au duc de Reggio et à l'ordonnateur. Si le duc vous l’avait écrit
tous les jours pour vous faire connaître sa situation, et si l'ordonnateur
avait de même écrit à l'intendant général, on aurait su à quoi
s'en tenir et on y aurait pourvu. Écrivez au duc de Reggio qu'il
ne rend aucun compte. Donnez-lui l'ordre d'envoyer ses rapports deux
fois par jour ; d'écrire ce qu'il y a de nouveau et ce qui est relatif
à l'administration ; que son corps est le seul dont on ne connaisse pas tous les jours la
situation. Écrivez aussi à son chef d'état-major
pour lui témoigner mon mécontentement : du moment où j'ai connu
la pénurie où se trouvait le 2e corps, j'ai ordonné que, indépendamment
des 4,000 quintaux qui lui ont été accordés à Wehlau par
ma décision de ce matin, on lui en envoyât aujourd'hui 2,000 de
Königsberg, et que 4,000 autres quintaux fussent également à la disposition du
duc de Reggio à Königsberg; j'ordonne encore que 200,000 rations de
biscuit et 40,000 rations de pain biscuité soient mises
à sa disposition ; mais il est indispensable qu'il envoie des voitures.
Faites connaître à ce maréchal qu'il doit se rendre à Wehlau et
de là suivre le mouvement de l'armée; qu'il ne restera qu'un jour à
Wehlau ; qu'il est donc important qu'il prenne des mesures pour avoir
tous ces approvisionnements, qui lui assureront vingt ou vingt-cinq
jours de vivres.
Königsberg,
13 juin 1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg.
Mon Cousin, donnez ordre au duc
de Danzig, au duc d’Istrie et au général Sorbier, commandant l'artillerie de la Garde,
de diriger leurs mouvements de manière, sans cependant trop
fatiguer leurs troupes, à arriver le 17 ou le 18 à Insterburg.
Donnez ordre au grand et au petit quartier général de diriger leur
marche de manière à être le 17 à Insterburg.
Königsberg,
13 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, donnez ordre au roi
de Naples de partir de Gumbinnen le 16 au matin, et de
porter son quartier général le 18 à Wilkowyszki ; de
placer la division Bruyère sur les trois directions d'Insterburg,
de Kovno et de Preny, les deux divisions de cuirassiers du 1er
corps entre Stallupœhnen et Wirballen, et de porter le quartier général
du 2e corps le 17 à Kalwarya, la cavalerie légère sur la direction
d'Olitta, de Meretch et de Grodno.
Le 3e corps de cavalerie doit
porter, le 17, son quartier général à
Oletzko, ayant des postes dans la direction de Meretch et de Grodno.
Les 1er et 2e corps obéiront
au roi de Naples; mais le 2e corps rendra compte au
duc d'Elchingen, qu'il couvre, de toutes les nouvelles qu'il
apprendra.
Le 3e corps restera sous les
ordres du vice-roi ; mais il recevra l'ordre de l'état-major général de la cavalerie pour s'y
conformer, toutes les fois que cela ne sortira pas du système
dans lequel se trouve le vice-roi.
Napoléon.
P. S, Adressez des ordres
directement, pour la 2e division de cavalerie et pour la 3e, au duc d'Elchingen
et au vice-roi, en leur faisant connaître l’ordre que ces divisions doivent
recevoir du roi de Naples.
Königsberg,
14 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, il est temps que vous
pensiez à organiser les derrières de
l'armée et que vous preniez vos mesures pour que cette organisation
soit complète. Le service des hôpitaux, celui des magasins, celui des postes et
même celui de la police, n'est organisé nulle part. Les commandants
d'armes ne sont pas encore établis. J'ai nommé un gouverneur
de la vieille Prusse, qui réside à Königsberg. Il faut qu'il y
ait des commandants de place à Pillau, à Tapiau, à Wehlau, à Insterburg,
à Gumbinnen, à Stallupœhnen, à Wilkowyszki ; il faut qu'il
y en ait à Elbing, Marienburg, Marienwerder, Bromberg, Thorn et Posen. La ligne de
communication de l'armée à Königsberg sera par Wilkowyszki, Insterburg et
Wehlau. Celle de l'armée avec la France sera
par Insterburg, Wehlau e Friedland, Guttstadt, Osterode, Thorn, Posen, Berlin, Magdeburg et Mayence.
Réitérez vos ordres
pour qu'aucun homme isolé ne passe les places de Thorn, Marienwerder et
Marienburg ; mais qu'ils y soient réunis pour être ensuite
envoyés à l'armée par compagnies de marche de 100 hommes au moins. Ordonnez au
général de l'artillerie d'avoir des fusils à Thorn, ainsi qu'à
Marienwerder et Marienburg, dans les ouvrages
des têtes de pont, afin d'armer tous les hommes isolés qui y passeraient, revenant des hôpitaux.
Lorsque l'armée
aura passé le Niémen, on fera la mène chose : on désignera deux ou
trois points où tous les hommes revenant des hôpitaux devront
être réunis, et d'où ils ne partiront que bien armés et
bien habillés.
Remettez-moi l'état
des officiers propres à être commandants d'armes, et
proposez-moi le travail d'organisation des places.
Königsberg,
14 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, j'ai ordonné
d'établir à Königsberg des hôpitaux pour 12,000
malades. Ordonnez au gouverneur de faire choisir sur-le-champ
les locaux nécessaires. Écrivez au prince d'Eckmühl de faire
choisir également les locaux nécessaires aux hôpitaux que j'ai ordonné d'établir à
Gumbinnen et à Stallupœhnen pour 1,000 hommes chacun;
au roi de Naples, pour ceux qui seront établis à Wilkowyszki, Wirballen, Kalwarya et Mayampol ; au duc de
Reggio, pour ceux de Wehlau et de
Tapiau, et à l'ordonnateur de ma Garde, pour celui d'Insterburg; au duc d'Elchingen, pour ceux de Goldap, Angerburg et Darkehmen. Chacun de ces hôpitaux
devant recevoir 1,000 malades, j'aurai sur la Pregel et l'Aile des hôpitaux pour 24,000 malades ou blessés. Défendez en conséquence
toute évacuation, sans mon ordre,
plus bas que La vieille Prusse.
Königsberg,
14 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, votre aide de camp
m'apporte votre seconde lettre sur la navigation de la Pregel. Je viens d'ordonner que 20,000 quintaux de blé
fussent répartis entre Wehlau, Insterburg et Tapiau, pour être
convertis en farine. J'ai envoyé 50 gendarmes d'élite au général Durosnel,
que j'ai chargé de commander la place de Wehlau jusqu'à ce
que ce grand approvisionnement fût consommé et qu'on eût nommé un commandant
de place. Je le charge
aussi de nommer des garde-magasins provisoires et de
prendre toutes les
mesures de conservation nécessaires. Organisez de même les magasins à
Insterburg, à Gumbinnen, à
Wilkowyszki; les hommes que vous aurez mis là seront
ensuite remplacés par les garde-magasins de l'armée, quand le
quartier général arrivera. Faites aller jusqu'à Gumbinnen tout ce qui
est transporté par terre; ce sera toujours une marche de plus en avant. Vous devez
avoir reçu du major général l’ordre que votre corps soit réuni le 17 à Gumbinnen. Le duc de Reggio doit être le 16 à Wehlau, et la Garde le 17 à Insterburg. Je compte
que vous avez une manutention à
Gumbinnen ; quand elle sera établie, envoyez-en construire une à Wilkowyszki. Placez des relais comme vous l'avez ordonné. Si les bateaux ne peuvent porter que 10
quintaux, il faudrait réunir 500
bateaux, ce qui ferait des moyens de transport pour 5,000 quintaux par voyage. Il serait convenable
que, toutes les ressources que peut offrir le pays, vous les employassiez à
faire transporter des farines de Wehlau sur Insterburg, et tous les moyens de transport qui partent de Königsberg iraient droit à
Gumbinnen. D'après ce que m'a dit
l'ordonnateur Thomas, il paraît qu'il va envoyer environ 8,000 quintaux sur Gumbinnen. Il est important de réexpédier aussitôt ces voitures sur Wehlau, pour
faire un nouveau voyage de Wehlau à
Insterburg.
Königsberg,
15 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, donnez ordre au
commandant et à l'état-major du 17e bataillon
d'équipage de flottille, avec tous les marins de cet équipage
qui se trouvent à Danzig, d'en partir sans délai pour Königsberg.
Il restera seulement une compagnie pour le service de Danzig. Une
compagnie complète du même 17e bataillon sera chargée de la défense de Pillau
; elle aura deux petites canonnières ( qui existent déjà ) et trois à quatre grands canots, les
meilleurs marcheurs qu'on pourra trouver à Königsberg et Pillau, qu'on
armera d'autant d'avirons qu'ils pourront en
porter, et qui serviront d'abord au passage de la pointe du Nehrung à Pillau, ensuite à faire sentinelle
sur la passe et à se porter sur toute
péniche et autres petits bâtiments qui tenteraient d'insulter la passe. En cas que Pillau fût attaqué,
cette compagnie, forte de 80 hommes, servirait
aux batteries. Une autre compagnie
du même équipage fera le même service à Memel, où il y aura trois petites chaloupes canonnières françaises,
indépendamment des quatre ou cinq prussiennes qui y existent. Les six autres compagnies de cet équipage
seront employées jusqu'à nouvel ordre, une avec l'équipage de siège
et de pont du génie de l'année, une avec l'équipage de siège de
Magdeburg, les quatre autres resteront pour la navigation
des deux lacs, du Niémen et de la Pregel. Il est inutile de mettre
cinq marins par bâtiment ; il n'est pas même nécessaire d'en mettre dans tous ;
il suffit d'en avoir un certain nombre pour correspondre
dans un convoi, et de pouvoir, en cas d'événement, les réunir pour aider à un
coup de main. Le 4e bataillon de la flottille sera tout entier
réuni pour le passage des ponts.
Le bataillon de l'Escaut sera
partagé en deux; deux compagnies resteront
à Danzig et deux seront attachées aux ateliers de Kœnigs-berg.
En conséquence, vous donnerez ordre que deux des compagnies qui sont à Danzig,
charrons et autres, en partent sans délai pour se rendre à
Königsberg.
Königsberg,
15 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, donnez Tordre au gouverneur de
Königsberg de faire cesser tous les travaux qui
se font au camp de Lochstaedt. Vous lui ferez connaître que j'ai à Pillau 25 ouvriers et
une compagnie d'artillerie
prussienne. Il fera placer la compagnie d'artillerie moitié dans les ouvrages du Nehrung et moitié dans la place,
mêlée avec les canonniers français.
Le bataillon du 61e ayant quitté la ville de Pillau, il n'y aura plus qu'un
bataillon de Bade dans la ville; donnez l'ordre d'y envoyer un des deux bataillons saxons qui sont à Königsberg, de sorte qu'à Pillau et au Nehrung il y aura un
bataillon de Bade, 700 hommes (vous
ferez rentrer tous les détachements qu'il doit avoir en arrière ) ; un bataillon saxon, 700 hommes ; un bataillon westphalien, 700 hommes; deux compagnies
d'artillerie française de l'équipage
de siège (qui y resteront jusqu'à ce que celles qui sont en route y soient arrivées), 200 hommes; une
compagnie d'artillerie prussienne, 100
hommes; enfin une compagnie d'invalides prussiens, 100 hommes; de sorte qu'il y aura en tout 2e500 hommes.
J'ai ordonné
que 6,000 quintaux de farine de Pillau fussent envoyés à
Königsberg; vous ordonnerez que l'on renvoie de Königsberg à Pillau,
et par les mêmes bateaux, 6,000 quintaux de grains, que Ton fera moudre dans les
environs, les communications par eau rendant les transports faciles; de sorte qu'il y aura les 12,000 quintaux de farine qui doivent
exister dans les magasins de Pillau. Il ne restera alors à
Königsberg qu'un seul bataillon saxon. Vous y ferez venir le bataillon
westphalien resté à Marienburg et à Elbing. J'ai d'ailleurs ordonné
que les bataillons de marche français qui sont à Thorn se rendissent
à Königsberg; vous en réitérerez l'ordre. Le premier des trois
bataillons de la Vistule formé à Posen doit se rendre à Thorn; lorsque le
second sera formé, il se rendra à Thorn pour remplacer le premier, qui viendra
à Königsberg, et, lorsque le troisième sera formé,
il remplacera à Thorn le second, qui viendra également à Königsberg.
Vous donnerez l'ordre qu'ils ne séjournent pas à Posen aussitôt
qu'ils seront habillés. Si leurs fusils ne sont pas arrivés
à Thorn, ils en prendront à Königsberg, où le gouverneur leur
fera donner des fusils prussiens de Pillau ; de sorte que dans peu
de jours il y aura à Königsberg un bataillon saxon, un bataillon
westphalien , trois bataillons de marche français,
deux bataillons polonais.
Il doit y avoir à
Pillau une compagnie entière de marins du 17e bataillon, forte de 80
hommes. Vous donnerez l'ordre que le régiment de chevau-légers
saxon qui doit arriver à Thorn dans le courant de juin se dirige sur
Königsberg. Vous donnerez l'ordre au gouverneur de Danzig d'envoyer un bataillon
de Bade pour tenir garnison à Marienburg et à Elbing. Il y
aura à Danzig 4 bataillons de Bade, 2 bataillons
prussiens, 1 bataillon de Wurtemberg, et les dépôts du le
corps, sans compter que dans sept jours il doit y arriver 7 bataillons de
Berg. Aussitôt que ces 7 bataillons y seront arrivés; un bataillon de Berg se
rendra à la pointe du Nehrung, et le bataillon westphalien qui y
est partira pour Königsberg pour rejoindre son régiment, mon
intention étant de le mettre en ligne. Cela diminuera la
garnison de Danzig, qui se trouvera n'être plus que de 14 bataillons. Les deux
bataillons de la Méditerranée venant de Vérone doivent
arriver incessamment à Glogau : je crois vous avoir ordonné qu'aussitôt
que ces bataillons y seraient arrivés les deux bataillons saxons
qui y sont en partiraient pour Königsberg; de sorte qu'il y aura
alors 2 bataillons polonais, 4 bataillons saxons, 2 bataillons badois,
1 bataillon du grand-duché de Berg, 2 bataillons westphaliens,
plus le régiment de chevau-légers saxon, 2 pièces de canon westphaliennes,
4 pièces de canon saxonnes; ce qui formera une division de 6,000 hommes avec
six pièces de canon. Vous ordonnerez au gouverneur de Königsberg d'aller
lui-même, le plus tôt possible, à
Pillau et au Nehrung, de faire mettre des signaux de correspondance
entre Pillau et Danzig, de manière à pouvoir se parler pour
transmettre des signaux d'alarme. Si l’ennemi tentait quelque chose
par mer sur Königsberg, le gouverneur de Danzig enverrait au
secours une division par le Nehrung; et de même, si Danzig était
attaqué, le gouverneur de Königsberg enverrait une division a son secours. Il est nécessaire
que ces deux commandants s'entendent. Il faut nommer un commandant d'armes à
Königsberg, un intendant et un commissaire des guerres, de manière que le
service s'y fasse en règle. Il faut y laisser un officier de
gendarmerie, parlant allemand
, avec des gendarmes français ; il prendra sous ses
ordres une partie de la compagnie des gendarmes prussiens. Il faut envoyer on
armurier établir un atelier à Pillau pour réparer les fusils qui y sont, que
je prends à mon compte ; j'en rendrai un pareil nombre au roi de
Prusse de ceux venant de France. Il faut aussi disposer des troupes
prussiennes qui sont ici. Des trois compagnies d'artillerie, une
est à Pillau, les deux autres partiront pour Tilsit
pour être à la suite du général Grawert; il les laissera à Memel pour l'armement de cette place, mon intention étant de l'armer aussitôt
qu'elle sera occupée. Tous les autres corps resteront sous les ordres du
gouverneur. La cavalerie pourrait
être distribuée en petits détachements à Insterburg, Gumbinnen, Stallupœhnen, Rastenburg, Osterode, avec
un commandant d'armes dans chaque
poste. Ces commandants d'armes prussiens
rendraient compte au gouverneur. Ici, à Osterode et à Rastenburg, il y
aurait un commandant d'un grade supérieur qui commanderait chacun une portion
du territoire. On peut avoir ainsi 1,500 hommes pour la police, la sûreté de l'armée et les convois. Les Français arrêtés seraient envoyés aux
commandants supérieurs d'Osterode, de Rastenburg et de Gumbinnen, qui les
adresseraient ensuite au gouverneur
pour être jugés et punis. 2 ou 300 chevaux resteraient ici à la disposition du gouverneur pour son secours et pour se porter partout, ainsi que la valeur d'un
bataillon pour aider au service de la
ville. Vous déterminerez le point du Nehrung qui sépare le commandement de Danzig de celui de Pillau. On établira une police sévère pour les pêcheurs; le meilleur
moyen serait de ne les laisser pêcher
que dans le Frische-Haff : ce serait ôter aux ennemis qui voudraient tenter quelque chose contre
Danzig ou Königsberg les moyens
d'être instruits. Vous ferez connaître au général commandant à Pillau qu'il y a trop de pièces contre
la mer et que l'on a négligé la terre;
le danger est plutôt du côté de la terre; aucun ennemi ne sera assez insensé pour passer à 300 toises des batteries; il doit se
trouver du côté de la terre en état de soutenir un siège contre
un ennemi qui débarquerait pour cela, et donner le temps à la
garnison de Danzig de venir à son secours.
Königsberg,
15 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, donnez ordre au général d'artillerie
d'Arancey, commandant l'équipage de siège à
Elbing, d'envoyer en poste un officier supérieur de son parc pour prendre
connaissance de la navigation de Labiau
à Tapiau, et de la double communication qui existe avec le Niémen par le
canal de Frédéric et par le Curische-Haff. Cet officier restera à Labiau et à Tapiau ; il vérifiera par lui-même tous les passages
et prendra tous les renseignements nécessaires pour que l'équipage de siège, quand j'aurai donné l’ordre de le
mettre en mouvement sur le Niémen,
éprouve dans ces passes le moins de difficultés possible. Il se pourrait que , d'après les renseignements que fournira
cet officier, le général d'Arancey put se procurer à Elbing beaucoup de petits bateaux qui eussent les dimensions
convenables pour faire le trajet
d’Elbing au Niémen, sans qu'on fût obligé de décharger. Il me semble qu'il se trouve de ces bateaux à Elbing.
Königsberg,
15 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, donnez ordre
sur-le-champ à Bromberg que les 30,966 fusils
conduits par des Saxons et destinés à l'insurrection soient
dirigés sur Elbing, où ils resteront embarqués jusqu'à nouvel ordre.
Le général Latour me fera connaître le jour de leur arrivée. Donnez
ordre que les 35,000 fusils venant de France par Magdeburg et
destinés également à l'insurrection se rendent à Thorn. Réitérez l'ordre à Mayence, à
Wesel, à Magdeburg et au ministre de la guerre, pour que tous les fusils, sabres et autres armes destinées pour l'insurrection soient dirigés sans délai sur la
Vistule.
Königsberg,
15 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, le général
de brigade Sokolnicki sera attaché à ma
Maison militaire, tant pour me servir d'interprète que pour être chargé
d'un service spécial près de moi. Donnez-lui
des ordres en conséquence. Il jouira
du traitement de général de division français.
Königsberg, 15 juin
1812
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à
Rastenburg
Mon Fils, vous recevrez l'ordre
de porter votre quartier général le
20 à Oletzko et d'y être avec votre corps d'armée, de placer les
Bavarois à Lyk et le 3e corps de cavalerie près de Seyny. Le roi de Westphalie
aura, le 30, son quartier général à Nowogrod. Le duc d'Elchingen sera à Kalwarya; le
prince d'Eckmühl, à Wilkowyszki; le duc de
Reggio, à Gumbinnen; la Garde, après le 1er corps. Mon quartier général sera probablement ou à Wilkowyszki ou à Stallupœhnen. Le duc de Tarente sera à
Tilsit, en position vis-à-vis
Georgenburg. Le corps autrichien du prince Schwarzenberg sera à cette époque à Lublin. Cet ensemble vous
sera nécessaire pour juger les
mouvements. Je calcule que le général russe Wittgenstein sera retenu avec ses trois divisions vis-à-vis
Georgenburg, Tilsit et Memel, et un embarquement a lieu par le Haff pour le
menacer; que les quatre autres divisions de l'armée de Tolly, avec la Garde
impériale, pourront se trouver sur Kovno et Olitta; que le général Essen, avec ses quatre divisions, pourra se trouver entre
Grodno et Meretch, le général Bagration
sur Brzesc et Bialystok. Dans cette situation, mon intention est de passer entre Kovno et Olitta. Je pourrai jeter quatre ou cinq ponts à la fois et y passer avec les 1er, 2e, 3e corps et la Garde, et même avec les 4e et 6e corps, débouchant rapidement sur
Vilna. Dans cette supposition le roi de Westphalie pousserait rapidement de Nowogrod sur Bialystok pour suivre
Bagration. Je compte que les premiers
coups seront tirés le 22 ou le 23, du côté de Kovno. Comme je serai à mon quartier général de Gumbinnen le 18 et le 19, je vous ferai passer de là mes ordres
pour les mouvements ultérieurs. Je
vous dirigerai sur Kalwarya ou Seyny, selon les circonstances. Il faut que le 6e corps appuie toujours sur vous. Le passage une fois effectué, si l'ennemi abandonnait la rivière, je suppose que vous avez des
bateaux avec vous ; vous avez des pontons et des marins et vous pourriez
facilement jeter un pont d'une soixantaine de toises; ce qui pourrait vous abréger
votre route d'une marche
et vous dispenserait de venir passer sur les ponts que j'aurais jetés. Vous devez d'ailleurs
trouver quelques moyens de passage dans le pays. Combien avez-vous de bateaux ?
Il est convenable que vous
instruisiez le général Saint-Cyr de mes projets; que vous ayez l'œil sur ce que fait
l'ennemi du côté de Grodno; que vous soyez en grande, sûre et rapide communication avec le
prince Poniatowski, et
que vous ne vous fiiez pas à la poste pour cela, mais que ce soit par le moyen de piquets de
cavalerie, dont les chevaux servent aux officiers en dépêche, que la correspondance
puisse avoir lieu.
Je n'ai pas besoin de vous recommander le secret sur ces
dispositions.
Ralliez toutes vos troupes, surtout vos troupes françaises. Si vous avez des cartouches sur vos
derrières, faites-les avancer pour servir aux remplacements. Continuez à faire
approvisionner Willenberg, si cela est possible, à moins que vos convois ne puissent
venir jusqu'à votre
camp. Je suppose que vous partirez de Rastenburg avec vos vingt jours de vivres,
puisque j'ai fait mettre 900,000
rations à votre
disposition. Toutefois, si ce que je vous ai donné ne suffisait pas, je ne verrais pas
d'inconvénient à vous donner encore 10,000 quintaux de farine à Wehlau, pourvu qu'il vous fût possible de les envoyer
prendre. En partant de Rastenburg, formez-y
un hôpital; laissez-y un très-bon
commandant de place et un détachement de cavalerie et de gendarmerie. Veillez à ce que la poste reste
organisée. Indépendamment du commandant, laissez-y un officier qui ait
votre confiance et qui puisse diriger tous
les courriers de Varsovie et de la droite sur le lieu où je serai.
Königsberg. 15 juin
1812
A Jérôme Napoléon,
roi de Westphalie, commandant les 5e, 7e et 8e corps de la Grande Armée, à
Varsovie
Mon Frère, le major général vous a fait connaître vos ordres, suivant lesquels vous devez avoir votre quartier
général le 20 à Nowogrod, le vice-roi à
Oletzko et les Bavarois à Lyk. Tout me porte à penser que les premiers coups de fusil auront lieu du 22 au 23. Les corps russes de la gauche ne
pourront donc guère en être instruits que le 24 ou le 25. Je n'ai
rien à ajouter aux instructions générales que je vous ai
données, ni pour le cas où l'ennemi prendrait l'offensive
; il me semble que tout a été prévu, et que dans ce cas mes intentions
vous ont été bien expliquées.
Je porte demain mon quartier général
à Wehlau, après à Insterburg, et le 18 à Gumbinnen.
Adressez-moi vos dépêches par Rastenburg. J'ordonne au
vice-roi de laisser là un commandant de place intelligent
et un peu de gendarmerie. Le commandant de place dirigera les courriers.
Aussitôt
que j'aurai passé le Niémen, je me résoudrai peut-être à marcher
sur Vilna. Alors je prêterai le flanc à l'armée de Bagration. Il
sera donc nécessaire que vous le suiviez de près pour que vous puissiez
prendre part au mouvement que je ferai contre cette armée. Si
je parvenais à la séparer du reste des troupes russes et que je pusse
tomber sur son flanc droit, il faudrait que vous fussiez en mesure
de l'attaquer en même temps que je l'attaquerai.
J'ai vu deux bataillons de vos
brigades qui m'ont paru bien; je les ai remis en ligne, parce que j'ai pensé que c'était le
meilleur moyen de les rapprocher de vous. Aussitôt qu'on pourra se
rejoindre, je les remettrai dans votre corps.
La nouvelle de la paix des Turcs
avec la Russie est controuvée. J'ai
reçu des lettres de Bucarest du 28, et la paix n'était pas faite.
Faites toujours courir le bruit
que je viens à Varsovie. Ne touchez pas
à vos vingt jours de vivres. Vous ne devez y toucher qu'en présence
de l'ennemi. On se plaint beaucoup de la discipline de vos troupes : on dit que
chacun fait ce qu'il veut. Maintenez Reynier et Vandamme.
Si vous arrivez sur Bialystok
et Grodno, il sera convenable d'organiser le pays. Vous chargerez le prince Poniatowski de ce soin. Il y mettra des Polonais. Vous
trouverez là des ressources considérables.
Les Saxons ont avec eux un équipage
de pontons ; faites venir à vous sur-le-champ ces pontons ;
je vois que les Polonais en ont aussi ; cela vous sera
précieux ; les Saxons, venant derrière, n'en ont pas besoin.
Je vous ai déjà demandé des renseignements sur le nombre de pontons que vous
avez.
Königsberg, 15 juin 1812
Au maréchal Davout, prince
d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, le major général
vous envoie un ordre de mouvement suivant lequel votre corps
doit être réuni à Wilkowyszki le 20. De Gumbinnen il n'y
a que deux marches; en partant le 19, vous serez donc le 20 à
Wilkowyszki. Les deux bataillons du 25e vous rejoignent et
passent aujourd'hui à Königsberg. J'ai ordonné qu'il n'y
eût pas un seul homme du 111e demain à Königsberg. Les 4e et
6e bataillons du 25e sont partis de Danzig; celui du 61e est également
parti de Pillau. Un détachement de 200 hommes du 25e que vous aviez laissé près
d'Elbing, a eu ordre de rejoindre. Il est probable que du 22 au
23 on se battra, et que ce sera à deux marches plus loin que
Wilkowyszki. Il est donc convenable que vous réunissiez
le plus tôt possible vos détachements, et principalement vos troupes
françaises. Vous avez pour vos escortes les troupes du Mecklenburg et les
autres troupes allemandes; vous pouvez donc ne pas donner
ces corvées aux troupes françaises et les ménager. Il me semble
que vous ne suivez pas assez ce système, qui est important. Comme
vous êtes éclairé par la cavalerie du 1er corps de réserve sur les directions
de Kovno et Olitta, placez votre cavalerie légère sur la direction
de Georgenburg, entre le Niémen et vous. Ayez des officiers d'état-major du
côté de Georgenburg et ailleurs, qui vous instruisent promptement
du mouvement offensif que ferait l'ennemi. Consultez vos
états de situation, et rappelez tous vos détachements. Aussitôt que
les voitures qui vous sont expédiées de Königsberg, et qui vous portent
à Gumbinnen 10 à 12,000 quintaux de farine, seront arrivées,
je crois qu'il serait convenable qu'après leur déchargement vous
les renvoyassiez sur-le-champ à Insterburg pour s'y recharger, et
alors ce qu'elles apporteraient d’Insterburg filerait jusqu'à votre camp
de Wilkowyszki.
Königsberg, 16 juin
1812
A Madame de
Montesquiou, gouvernante des Enfants de France, à Paris
Madame la Comtesse de
Montesquiou, je reçois votre lettre du 6 juin. Je ne puis
que vous témoigner ma satisfaction des soins que vous prenez du Roi. J'espère
que vous m'apprendrez bientôt que les quatre dernières
dents sont faites. J'ai accordé pour la nourrice tout ce
que vous avez demandé ; vous pouvez lui en donner l'assurance.
Königsberg, 16 juin
1812
Au
comte Bigot de Préameneu, ministre des cultes, à Paris
Monsieur le Comte Bigot de Préameneu,
je reçois votre rapport du 5 juin. Les prêtres, étant sujets comme les
autres, sont soumis au même serment. Mais il faut distinguer : il y a le
serment ecclésiastique, qui a été prescrit par le Concordat; la
seule peine que j'impose au prêtre qui ne veut pas le prêter, c'est la perte du
bénéfice ecclésiastique dont il jouit. Mais le serment
d'obéissance aux constitutions de l'Empire et de fidélité à
l'Empereur est dû par tous les citoyens ; ceux qui refusent
de le prêter encourent la peine portée par mon décret. Écrivez donc à l'évêque,
et faites comprendre à ces malheureux combien ce refus
serait contraire à leurs devoirs. Quand ils auront prêté ce
dernier serment, ils sortiront seulement de leur exil. Pour qu'ils
puissent rentrer dans leurs bénéfices, il faut qu'ils prêtent le serment du
Concordat.
Königsberg,
16 juin 1812
Au
général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, le
bataillon de la garde du prince Borghèse et celui de la Grande-Duchesse étant remplacés par
des gardes nationales, je désirerais que ces deux
bataillons demandassent eux-mêmes à se rendre à l'armée; et, cela étant,
vous les dirigeriez sur Berlin. Cela ferait une pépinière d'officiers et de
sous-officiers qui me seraient utiles. La cohorte de Toscane et une
de celles du Piémont feraient le service du palais de ces deux princes.
Königsberg,
16 juin 1812
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de
la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre,
donnez ordre à la première brigade napolitaine, qui est
à Vérone, de se mettre en marche pour se diriger sur Nuremberg, où
elle recevra de nouveaux ordres. Vous me ferez connaître quand elle
y arrivera.
Donnez ordre à
la 2e brigade de se diriger de Bologne sur Vérone.
Le général
de division Detrès restera avec la 2e brigade.
Königsberg, 16 juin
1812
Au
général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, tous
les cadres qui composent la division Lagrange auront bientôt rejoint. Il faut
faire rentrer d'Espagne tous les cadres inutiles. Il y a, je crois, dans
l'intérieur un bon nombre de cadres qui ne sont pas pleins. Faites-moi
un rapport sur tout cela.
La formation des cohortes n'avance
pas; vous ne m'avez encore envoyé aucun état
d'officiers à confirmer.
Je crois vous avoir mandé qu'il était
convenable de faire filer sur Bayonne les
demi-brigades qui étaient à Cherbourg. C'est 4,000 hommes environ qui seront utiles à Bayonne, et dont
le départ soulagera la Normandie sous
le rapport de la consommation. Si les circonstances d'Espagne devenaient urgentes, vous pourriez encore, sans attendre mes ordres, diriger également sur
Bayonne la demi-brigade de Pontivy.
Vous voyez que cela ferait à Bayonne une masse de forces très-considérable, puisque cela y réunirait deux cohortes, quatre demi-brigades formant, je crois, 16
bataillons, et 5 ou 6 bataillons de
la réserve de Bayonne; cela ferait donc un total de 22 à 24 bataillons ou 15 à
18,000 hommes; réserve qui mettrait dans le cas, surtout après l'été, de
secourir efficacement le Nord.
Je vous recommande de porter
une attention spéciale sur tous les dépôts de cavalerie
de l'armée d'Espagne, afin de pouvoir en tirer 3 à 4,000 chevaux, qu'on
joindrait à cette réserve.
Faites également
partir les 10e, 11e et 12e brigades pour Berlin; elles sont fort
inutiles en France, et rien ne porte à penser que les Anglais
puissent rien tenter.
J'ai ordonné
que le régiment de marche de Paris fût dissous à son arrivée à Berlin ; les
cadres rentreront en France.
Je désirerais
qu'on pût faire revenir les deux bataillons du 29e, qui
sont en Catalogne, sur Erfurt, où ils
seront réunis aux deux autres bataillons du même corps. J'ai ordonné que le
5e bataillon du même régiment vînt à Lyon, ce qui me rendrait
disponible un très-beau régiment.
Portez un soin particulier à
bien organiser la réserve de Baronne, en en formant une bonne division,
composée de trois brigades. Ils peuvent camper dans
les baraques que j'ai fait faire, qui sont excellentes pour les
troupes, et s'y bien exercer.
Königsberg,
16 juin 1812
Au vice-amiral comte
Decrès, ministre de la marine, à Paris
Monsieur le Comte Decrès,
des critiques s'élèvent sur la conduite du capitaine de vaisseau qui était dans
Lorient; on dit qu'il aurait pu sortir et
secourir les deux frégates. Il s'est élevé de pareils soupçons sur la conduite du commandant de la Danaé, qui,
dit-on, aurait pu sortir lors de
l'affaire du Rivoli. Je désire que vous fassiez une enquête sur ces
deux faits. (L'Ariane et l’Andromaque ; poursuivies
par des bâtiments anglais, ces deux frégates
échouèrent à l’île de Croix, et se firent sauter après avoir combattu avec vigueur).
Königsberg, 16 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Königsberg.
Mon Cousin, écrivez
au roi de Westphalie que, si l'ennemi ne fait aucun
mouvement offensif, il serait préférable que le général Reynier,
au lieu de se replier sur Praga, se portât sur Siedlce, ce qu'il
pourrait faire en trois ou quatre marches ; il couvrirait là beaucoup
mieux Praga et Varsovie; en supposant qu'il parte le 18 de Lublin,
il peut être le 21 à Siedlce; les Autrichiens arrivent le 32 à Lublin;
il sera alors en communication avec eux; les Autrichiens venant
à Siedlce le 25, et couvrant Praga, le général Reynier pourra filer en deux jours sur Brok et formerait la droite
du Roi ; dans toutes ces positions, la
principale instruction du général Reynier
serait toujours de couvrir Praga et Varsovie; alors il suffirait que des
derniers échelons on prît un régiment saxon pour tenir Praga et un autre pour
tenir Modlin ; tout le reste pourrait manœuvrer comme je viens de le dire
ci-dessus; que nous attendons avec impatience de connaître si Bagration
continue son mouvement de Brzesc sur Grodno; que, dans
ce cas, il serait convenable que le Roi pressât son mouvement sur
notre droite, afin de se trouver plus près de nous que Bagration de
Vilna; qu'il serait même convenable que le prince Poniatowski avec
son corps d'armée se portât sur Johannisburg, afin d'être plus en
mesure d'arriver sur le point du passage, qui sera entre Olitta et Kovno,
avant le général Bagration.
Königsberg, 16 juin
1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, écrivez
au duc d'Elchingen que son corps s'éloigne mal à propos de la route qui lui est
tracée, et que partout il porte la dévastation;
les Wurtembergeois ont été mal à propos sur la Pregel et interrompent tous les
systèmes de l'armée.
Königsberg, 16 juin
1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, il faudrait écrire
au duc de Reggio qu'il est nécessaire qu'il envoie
toutes les voitures de son armée chargées de farine prise
à Wehlau verser leur chargement dans les magasins d'Insterburg. Ces
voitures reviendront ensuite se recharger à Wehlau. En partant le
17 au matin, ces voitures seront le 17 au soir à Insterburg; elles seront
de retour le 18 au soir à Wehlau; elles pourraient donc être le 19 à Insterburg et
le 20 à Gumbinnen; quand même elles n'arriveraient que le 21 à Gumbinnen, cela
n'aurait pas un grand inconvénient, et le corps du duc de
Reggio aurait poussé en avant 4 à 5,000 quintaux de farine.
Écrivez
au duc de Danzig et au duc d’Istrie d'envoyer toutes les voitures
vides qu'ils auraient et toutes celles qui se trouvent à
leur suite pour prendre un chargement de farine à Wehlau. Donnez-leur même l’ordre de vider dans les magasins
d'Insterburg les voitures qui
seraient chargées, afin d'augmenter d'autant les magasins et de faire partir les voitures le 18 pour Wehlau, de
sorte que le 20 ces voitures chargées
à Wehlau aient rejoint à Stallupœhnen. Le but de ces mouvements est d'augmenter d'autant les magasins d'Insterburg.
Königsberg, 16 juin 1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, donnez ordre à
la Garde de partir aujourd'hui pour aller coucher à Tapiau. Ils partiront
demain de Tapiau pour s'approcher le plus possible (à une
lieue) d'Insterburg.
Königsberg, 16 juin
1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Königsberg
Mon Cousin, les routes de l'armée
entre la Vistule et le Niémen seront les suivantes : on
prendra à Thorn les vivres pour deux jours jusqu'à Graudenz;
le commandant prussien de Graudenz fournira les vivres pour un
jour jusqu'à Marienwerder ; à Marienwerder, les vivres pour un jour jusqu'à Marienburg;
là, les vivres pour un jour jusqu'à Elbing; à
Elbing, on prendra les vivres pour trois jours jusqu'à Königsberg; à Königsberg, séjour; on prendra
les vivres pour un jour jusqu'à
Tapiau ; à Tapiau, les vivres pour deux jours jusqu'à Gumbinnen ; à Gumbinnen, deux jours de vivres
jusqu'à Wilkowyszki. Ainsi les
troupes seront douze jours en route de Thorn à Gumbinnen, y compris le séjour de Königsberg; elles
prendront un séjour à Gumbinnen. Ce
sera treize jours. Toutes les routes intermédiaires seront supprimées; cependant on conservera à
Osterode un commandement avec une
garnison prussienne, un garde-magasin, une manutention, et on y entretiendra 10,000 quintaux de farine. Il y aura un pareil établissement à Rastenburg.
La communication de l'armée
avec Varsovie se fera ainsi : on prendra à Varsovie
deux jours de vivres jusqu'à Pultusk ; à Pultusk, trois jours de vivres jusqu'à
Willenberg ; à Willenberg, trois jours de vivres jusqu'à
Rastenburg, où on prendra trois jours de vivres jusqu'à
Gumbinnen. Il y aura des commandants français, des manutentions
et magasins de farine à Willenberg et Pultusk.
La communication de Danzig avec
l'armée se fera ou par Pillau ou par Marienburg :
par Pillau, on prendra à Danzig des vivres pour trois jours jusqu'à Pillau ; à Pillau, des vivres pour deux jours jusqu'à
Königsberg, etc. Si la route se fait par Marienburg, on prendra à Danzig des vivres pour deux jours jusqu'à
Marienburg, d'où on suivra la ligne.
La communication de Königsberg
à Tilsit se fera en prenant à Königsberg des vivres pour un
jour jusqu'à Tapiau; à Tapiau, un jour de vivres
jusqu'à Lœbau, où on fournira deux jours de vivres jusqu'à Tilsit.
Ainsi il faut à
Thorn un commandant de place : il y existe ; il faut à
Marienwerder un commandant et une manutention : il en existe à Marienburg,
Elbing, Königsberg, Tapiau, Insterburg. Il faut un commandant
à Osterode et Willenberg : il en existe un à Pultusk ; il en faut un à
Rastenburg. Tous les autres commandants et commissaires des guerres doivent
être rappelés.
Il faut avoir soin de mettre des
employés français dans les hôpitaux
qu'on doit établir et leur donner l'ordre de correspondre avec le général
Latour à Elbing et avec le général Hogendorp à Königsberg pour
la vieille Prusse.
Vous donnerez l'ordre que les
routes de Marienwerder à Marienburg et Elbing et de Marienburg à Dirschau
soient raccommodées et entretenues.
Königsberg, 16 juin
1812
Au
maréchal Davout, prince d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée,
à Königsberg
Mon Cousin, je reçois votre lettre. Je viens de témoigner
mon mécontentement au maréchal Ney sur les
désordres que commettent ses troupes.
Je pars cette nuit pour être
demain à la pointe du jour à Wehlau, où je passerai la revue du corps du duc de
Reggio. J'irai probablement le soir à Insterburg. Je pense que vous avez
besoin de toute la journée du 17 pour vous réunir. Je viendrai donc
chez vous le 18.
Le 10e corps, que commande le
duc de Tarente, doit border le Niémen jusque vis-à-vis Georgenburg; la division
prussienne doit être à Tilsit, et la division Grandjean vis-à-vis
Georgenburg ; mais celle-ci ne doit être en position que le 19. Votre
cavalerie légère, que vous tiendrez sur vos flancs, mais que je désire pourtant
voir à la revue, doit avoir des petits piquets pour assurer vos
flancs. Envoyez un officier de votre état-major du côté de Georgenburg pour
savoir ce qui se passe.
Königsberg, 16 juin 1812
Au général comte Durosnel, aide
de camp de l’empereur, à Wehlau
Monsieur le Général
Durosnel, prenez des mesures pour qu'à Wehlau on n'embarque aucune avoine et
que les moyens de transport ne soient
employés qu'à porter des farines. Mettez des gendarmes d'élite aux différents moulins jusqu'à Gumbinnen.
Faites passer des marchés pour les
moulures et envoyez du blé dans les moulins. Mettez des sentinelles à Wehlau ; ne laissez passer aucune voiture
chargée d'avoine ; qu'elles soient toutes déchargées et rechargées de farine et de riz.
Insterburg, 17 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la
Grande Armée, à Insterburg
Mon Cousin, donnez l'ordre aux
constructeurs de la Garde de partir en toute hâte pour arriver le plus tôt possible à Stallupœhnen
et y construire trois manutentions, chacune de six
fours. Donnez ordre au duc de Reggio d'envoyer ses constructeurs
en toute diligence à Wirballen pour y construire deux manutentions,
chacune de six fours. Donnez ordre au duc de Reggio d'envoyer
demain à Gumbinnen ses boulangers, pour prendre la manutention de
Gumbinnen demain à minuit.
Insterburg, 17 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Insterburg
Mon Cousin, donnez ordre au général
Delaborde de partir demain de Wehlau pour se rendre en
arrière d'Insterburg. Il laissera deux bataillons à Wehlau
pour la police de la place, la garde des magasins et les travaux
d'embarquement et de débarquement.
Donnez ordre au général commandant à Königsberg d'envoyer
à Wehlau un bataillon prussien de 500 hommes
pour garder les magasins et travailler
au chargement et déchargement des bateaux. Aussitôt que ce bataillon sera
arrivé, les deux bataillons de la Garde en partiront pour rejoindre à volonté
leur division.
Réitérez l’ordre à
l'intendant général de réorganiser les magasins de Wehlau , d'Insterburg et de Gumbinnen. Il y a le long de la
Pregel beaucoup de moyens de mouture ; mais il faut en
tirer parti et les mettre en grande activité, et ils offriront des
ressources précieuses à l'armée. Recommandez à l'intendant de faire
adresser à l'ordonnateur Joinville l'état de tous les convois
dirigés sur le quartier général, soit de Thorn, soit de Königsberg.
Envoyez un officier d'état-major
au duc de Reggio pour lui dire que j'ai passé par l'autre rive
et qu'ainsi je n'ai pu voir son corps d'armée, mais que je le passerai demain
en revue ici, s'il est arrivé avant mon départ; sans quoi je le verrai à
Gumbinnen; qu'il peut envoyer quelques boulangers à Insterburg, où ils
trouveront de la farine et où ils pourront faire quelques rations
de pain.
Insterburg, 17 juin 1812
ORDRE.
Le canal de Bromberg et la navigation de la Netze et
de la Warta seront mis dans le meilleur état.
Une commission, composée
d'un officier du génie que désignera le directeur de Danzig,
du sieur Senft, conseiller à la régence de la Nouvelle Marche, et d'un ingénieur que
nommera le ministre de l'intérieur du duché
de Varsovie, se réunira le 25 de ce mois à Bromberg.
Cette commission déterminera
tous les travaux à faire provisoirement, sans
interrompre la navigation.
Elle fera enlever les pilotis
qui obstruent les passages et construire les écluses nécessaires, soit en pierre, soit en bois.
Une somme de 100,000 francs, qui
sera imputée sur les fonds de réserve de la Grande Armée fixés
à 3 millions par le budget du 28 mai dernier, sera mise à la disposition de
ladite commission pour être employée,
sans attendre une autre autorisation, aux travaux qui seront jugés les plus urgents.
Dans le courant du mois de
juillet, la commission nous adressera un rapport sur le système des travaux qu'elle
proposera pour accélérer cette navigation, et le devis de la dépense qui devra
en résulter.
L'intendant général
et le commandant en chef du génie de l'armée sont chargés de
l'exécution du présent ordre.
Insterburg, 17 juin 1812
A Eugène Napoléon, vice-roi
d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à Insterburg
Mon Fils, l'officier
d'ordonnance Tascher m'a remis votre lettre.
Retardez votre mouvement jusqu'à
nouvel ordre; car, avant tout, il faut que vous ayez
des vivres. En passant à Wehlau, j'ai vu le convoi des voitures que vous avez
envoyées, qui vous arrive. Vous devez recevoir aussi le
convoi de Königsberg; mais il est fâcheux que vous n'ayez
pas envoyé vos voitures faire un voyage sur Pillau. Rassemblez toutes vos troupes sous
Rastenburg le 18 et le 19. Faites-moi connaître combien vous avez de pain le 19 au soir. Je me
déciderai alors à vous donner un ordre de mouvement. Dans ce
pays-ci, le pain est la principale chose.
Insterburg,
17 juin 1812, huit heures du soir.
Au
maréchal Davout, prince d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée,
à Insterburg
Mon Cousin, je reçois
votre lettre du 16 juin. Je ne passerai demain la revue de
votre corps que passé quatre heures du soir. Je pense que tout ce
temps vous est nécessaire.
Ayez une conversation sérieuse
avec la régence pour qu'elle prenne des mesures pour réunir du blé et qu'on puisse alimenter tous les moulins. L'équipage
de pont n'arrivera pas demain à Gumbinnen et ne pourra être que le 21 à
Wilkowyszki. Je suppose que vous vous êtes assuré de
vingt-cinq jours de vivres pour votre corps d'armée indépendamment
des farines que portent les treize cents voitures d'équipages
auxiliaires. Je suppose que ces treize cents voitures portent
8,000 quintaux. Je compte sur vos vingt-cinq jours de vivres, sur
les attelages qui appartiennent à vos compagnies, sur les caissons des corps,
sur le 12e des équipages militaires et sur les deux compagnies
du 14e. Faites cuire le plus qu'il vous sera possible. Je suppose que,
dans la journée de demain et jusqu'au 19 au matin, vos dix-sept
fours pourront cuire pour tous mes corps d'armée. Vos boulangers
seront sur-le-champ remplacés par ceux du 2e corps, afin que vous
puissiez envoyer cuire aux fours de Wilkowyszki.
J'ai passé
aujourd'hui la moitié de la journée à Wehlau.
Je crois que 3,000 quintaux de
farine vont bientôt arriver à Insterburg. C'est des
voitures qu'il faudrait pour les transporter ; ramassez
toutes celles que vous pourrez. J'écris au roi de Naples pour qu'il
ramasse toutes les voitures de son corps d'armée ; la cavalerie en
a une grande quantité, et cela nous ruine absolument. Je mande au
roi qu'il dirige toutes ses voitures vides, par convois de cent, sur Insterburg
pour s'y recharger, et pour les escorter vous lui fournirez des troupes
allemandes. Aussitôt que vos dix-sept fours seront construits
devant Wilkowyszki, il faudra en construire une trentaine vis-à-vis
Kovno. Je vais faire partir demain matin les constructeurs de
la Garde et ceux du 2e corps, qui se joindront aux vôtres pour faire cette
construction avec ensemble, non pas positivement au même
endroit, mais au moins à quelque distance l'un de l'autre. Ramassez
le plus de voitures qu'il vous sera possible, et envoyez-les se
charger à l'embarcadère d'Insterburg.
Insterburg, 18 juin 1812
Au général comte Durosnel, aide
de camp de l’empereur, à Welhau
Monsieur le Général
Durosnel, s'il y a encore à Tapiau du biscuit, de l'eau-de-vie et
des farines, faites-les-y laisser: ils serviront à remonter
sur Labiau. Ordonnez au commissaire des guerres de les faire
partir pour cette destination ; cela servira à notre premier convoi sur
le Niémen. Faites constater ce qui reste encore à Tapiau, afin que
nous puissions savoir sur quoi compter pour le Niémen.
Gumbinnen, 19 juin 1812
NOTE
POUR LE MINISTRE DE LA MARINE, A paris.
Le ministre de la
marine fera sentir au conseiller d'État qu'il
tombe en enfance. Il
y a autant d'ignorance des faits que de pages dans son mémoire (Mémoire intitulé Aperçu
d'un projet d'acte de navigation pour l’Empire français, substitué aux licences). Il
est tout simple qu'un conseiller d'État, chargé d'affaires de marine, ignore ces questions-là; mais alors, s'il n'est un insensé, il ne doit pas vouloir régenter avant
de s'instruire des choses.
Gumbinnen, 19 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, donnez l'ordre au
prince d'Eckmühl de faire établir ses fours à
l'intersection de la route de Wilkowyszki à Kovno et de celle
de Kovno à Preny, soit au village de Naugardyszki, soit à Keturek
ou Gerwis ; il fera en sorte de s'adosser à quelque église, qui pourra
lui servir de magasin. On a isolé les fours à Königsberg, ce qui
est un grand inconvénient quand il n'y a pas à portée quelques grands bâtiments
pour servir de magasins.
Gumbinnen, 19 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, envoyez un aide de camp au duc de
Tarente. Mandez-lui qu'il fasse filer 6,000
quintaux de farine, de celle qu'il a à Labiau à la
disposition des Prussiens; de les tenir embarqués pour les faire filer dans le
Niémen aussitôt que le passage sera effectué et la rive droite
déblayée; qu'il fasse fabriquer à Tilsit 150,000 rations de pain
biscuité, pour l'embarquer et l'envoyer à l'armée après le passage
; que je désire qu'il envoie sur la rive droite des officiers pour l'instruire
de ce qui se passe; votre aide de camp s'y rendra; qu'il faut
que le duc se rende à Tilsit pour connaître le lieu où il pourra jeter
son pont, et qu'il doit choisir un emplacement favorable pour le couvrir sur-le-champ d'une
bonne tête de pont; qu'il vous fasse connaître
combien de jours il faut pour que son équipage de pont arrive à Tilsit, et pour
jeter un pont sur la rive droite.
Gumbinnen, 19 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, j'ai envoyé
deux gendarmes pour faire venir ici les deux compagnies du 14e bataillon des
équipages, qui doivent être à deux lieues et qui portent 1,200
quintaux de farine. Aussitôt que ces deux
compagnies seront arrivées, ce qui doit être avant le jour, on versera
ces 1,200 quintaux aux magasins de la Garde. On a trouvé ici 200 quintaux de
farine. J'ai déjà trouvé une manutention qui n'allait plus par
défaut de farine. Ordonnez en conséquence que les 200 quintaux de farine
chargés sur les trente voitures du petit quartier général soient
déchargés sur-le-champ, que ce déchargement ait lieu avant dix
heures du soir, et que les dix-huit fours et ceux de la
ville aillent toute la nuit avec la plus grande activité. Mon intention est
d'avoir ici pour huit jours de pain pour la Garde, afin de n'avoir
plus aucune sollicitude et d'être assuré qu'elle ne manque pas. La
Garde et le quartier général formant une consommation de 20,000 rations, il
faudra donc 160,000 rations pour huit jours, ce qui emploiera 1,600 quintaux de farine. De ces 1,600 quintaux, 1,200
seront pris sur deux compagnies du 14e, 200 sur les farines qui
existent ici et 200 sur celles qui existent dans ce moment aux moulins.
Aussitôt que les deux compagnies du 14e seront arrivées, les
caissons du petit quartier général reprendront leurs 200 quintaux de
farine et se tiendront prêts à partir à dix heures du matin. Il faut qu'on fabrique à tous
les dix-huit fours, de manière À pouvoir livrer demain, avant midi, quatre jours de vivres à la Garde. Les boulangers de la Garde resteront toute la journée de
demain et toute la nuit, afin de
fabriquer pour les quatre autres jours. Toutes les voitures de la cavalerie, toutes celles chargées
d'avoine et toutes celles qu'on
pourra se procurer dans la ville, seront réunies pour porter ces quatre jours de vivres. Un commissaire des
guerres et des détachements seront
laissés à cet effet. Donnez les ordres en conséquence. Aussitôt que les deux compagnies du 14e bataillon
des équipages auront été déchargées,
elles repartiront pour l'embarcadère d'Insterburg, où elles prendront un nouveau chargement de 1,200 quintaux de
farine. Vous leur ordonnerez d'être dans la journée de demain à Insterburg,
afin d'être de retour ici le 21 et de continuer ensuite leur route sur l'année.
Gumbinnen, 19 juin 1812
Au maréchal Davout, prince
d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée, à Wilkowyski
Mon Cousin, faites partir le général Haxo pour se rendre
demain vis-à-vis Kovno ; il verra la position à prendre par les troupes, et si le passage est facile
depuis Kovno jusqu'à Preny, où il sera convenable de placer les batteries et la tête de
pont ; enfin il verra la lar-ï geur de la rivière et
recueillera tous les renseignements.
Il fera construire des fours à une lieue de Kovno, dans
le lieu le plus
convenable.
Gumbinnen, 19 juin 1819, dix
heures du soir.
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin,
donnez ordre au vice-roi de continuer son mouvement sur Oletzko et Surcalki et de faire en
sorte de n'avoir éprouvé
qu'un
seul jour de retard. Faites-lui connaître que le roi de West-phalie
sera après-demain, 21 , réuni à Xouogrod.
Donnez ordre au duc de Reggio de faire partir demain la division Legrand pour
se rendre
à Stallupœhnen avec sa cavalerie légère. Il fera partir après-demain à trois heures du
matin les deux autres divisions, en leur donnant une direction différente, afin
d'éviter l'encombrement. Qu'il fasse filer son parc d'artillerie et tous ses convois à
la hauteur d'une lieue
en avant du camp de la 1e division actuelle, afin qu'après-demain la Garde n'éprouve
aucun ambarras sur la principale communication.
Donnez ordre aux constructeurs de fours de la Garde de
continuer leur mouvement sur Wilkowyszki, où ils se rendront avec les constructeurs de fours du
prince d'Eckmuhl, afin de construire là une manutention de dix fours pour la Garde, à peu
près dans le même endroit.
Donnez ordre au maréchal
duc de Trévise, à Insterburg, d'y séjourner encore
demain, d'y réunir la division Claparède et de la prendre sous son
commandement; de faire prendre quatre jours de farine à chacun de ses soldats
dans leurs sacs, ce qui leur fera quatre jours de pain, et
de se procurer en outre à Insterburg huit jours de pain
pour ses deux divisions, ce qui lui fera douze jours de vivres. Vous
lui ferez connaître qu'il n'y a rien à espérer d'ici à dix jours. Il prendra
les farines dans les magasins d'Insterburg ou à l'embarcadère.
Gumbinnen, 20 juin 1812
Au maréchal Davout, prince
d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée, à Wilkowyski
Mon Cousin, j'ai retardé
le mouvement de la Garde et celui du 2- corps
d'un jour. Le 2e a seulement fait avancer sa 1e division sur Stallupœhnen.
Je désire apprendre si vos fours de Wilkowyszki sont achevés
et quand les fours dont j'ai ordonné la construction à une lieue
de Kovno seront achevés et en état de cuire. Il faut que les constructeurs
s'accoutument à faire cela en quarante-huit heures, parcee
qu'il y aurait bien de l'inconvénient à démasquer des mouvements
beaucoup avant. Aussitôt le passage effectué, on devra en construire autant à
Kovno. Je ne compte pas attaquer avant le 23 ou le 24. Il me semble
qu'il vous arrive aussi tous les jours beaucoup de convois
appartenant aux corps d'armée ou aux divisions ; il est bon de
laisser arriver tout cela.
J'ai envoyé
les constructeurs de la Garde pour construire une manutention
pour la Garde, près de celle que vous avez fait faire; il est bon
qu'elle ne soit pas éloignée de plus d'une demi-lieue du même endroit.
Je fais jeter le 22 le pont de
Tilsit. J'espère que la tête de pont sera
faite avant que les Russes se portent à l'attaquer.
Gumbinnen, 20 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen.
Mon Cousin, donnez ordre au duc
de Reggio de faire partir sa
ï division, qui est en
avant, demain à deux heures du malin, pour se rendre entre StaUapœhnen et Wirballen. La 3e
division partira à quatre heures poar se rendre aussi entre StalLupœhnea et VVirballea. Faites-lai connaître que, comme tonte la Garde
sait, il est nécessaire que ce départ
se fasse promptement. Il sera convenable que ces divisions suivent les directions données par le prince d'Eckmâhl, afin de
désencombrer le chemin. La Garde partira à cinq heures dn
matin, infanterie, cavalerie et
artillerie, pour se rendre à Stallu-pœhnen. Le petit
quartier général partira à deui heures du matia pour se
rendre à WirbtUen. Le grand quartier général se
rendra à Stallupœhnen.
Napoléon.
P. S. La 1e division, qui esl à Wirbalkn, partira
demain, à la pointe du jour, pour se rendre en avant de
Wilkowyszki et y occuper le camp d'une des divisions du prince d'Eckmuhl.
Gumbinnen,
19 juin 1812
Au prince de
Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Coasin,
doonei Tordre an doc d'Elchmgen
de placer ses -poBtonnîen,
ses sasears et sa batterie de réserve de 12 à ton
avant-garde, tûn qu'ile puissent déboatber avec les
premiers bataillons, pour se porter sar le Niémen et favoriser le
passage, quand ils en recevront Tordre. Écrivez au vice-roi de placer tout
son personnel des posts, ses marins, ses eepeurs et ses batteries de réserve de 12 à son quartier
général, afin qae loot cela
poisse se porter rapidement sur le lieu du passage et favoriser l'établissement
4es ponts. Écrivez la même chose au prince d'Eckmühl et au duc de Reggio.
Gumbinnen,
19 juin 1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, donnez ordre au
vice-roi d'être arrivé le 23 à Kal-
w arya
avec son corps d'armée, et le 6e corps entre Suwalki et Kal-
, warya.
Faites-lui connaître que, comme il est possible que je fasse
eter un pont par le doc d'Elchingen
à Preny ou à Balwieriyaiki,
Il est à
présumer que c'est là qu'il passera. Recommandez-lui de bien faire observer par
sa cavalerie légère et le 3e corps les débouchés de Merelch,
Grodno et Olitta.
Gumbinnen,
20 juin 1812
ORDRES
POUR JÉRÔME NAPOLÉON, ROI DE WESTPHAL1E,
COMMANDANT LES 5e, 7e
et 8e CORPS DE LA GRANDE ABMÉE, A PULTUSK.
L'Empereur ordonne que le 5e
corps se mette en marche le 22 pour élre
le 25 à Augustowo ; que le 8e se mette en marche le 23 pour
se porter sur Raygrod ; que ces deux corps aient avec
eux leurs vingt jours de vivres. Le 4e corps de cavalerie
couvrira ces deux corps sur la route de Bialystok et de Grodno, et
poussera ses postes sur l'une et l'autre direction.
Le 6e corps sera à
Suwalki le 23, et le quartier général du vice-roi sera le même
jour à Kalwarya. L'équipage de pont qui appartient au
7e corps marchera avec le 5e.
Le 7e corps, qui
doit arriver le 21 ou le 22 à Siedlce, marchera le
23 sur Brok, laissant une brigade d'infanterie, avec de la cavalerie et de
l'artillerie, à Siedlce, jusqu'à ce que le corps autrichien qui
doit arriver le 25 y soit arrivé. Le 2-4, aussitôt qu'il sera certain que
l'ennemi ne peut plus mettre d'obstacle à l'arrivée des Autrichiens à Siedlce,
cette brigade rejoindra à Brok sa division.
Le 8e corps sera
affaibli par uu régiment laissé à
Modlin et un autre laissé à Praga. Si, dans l'intervalle du 22 au 25, l'ennemi
se portait sur Varsovie, la brigade qui sera à Siedlce
se portera sur Praga et Sierock, et le corps qui sera à Brok se
portera sur Pultusk et Ostrolcnka; mais cette
hypothèse est peu probable. Le général Reynier sera
toujours chargé de couvrir Varsovie, Praga et Modlin.
Le 24 et le 25, où
Tannée prendra l'offensive, les Autrichiens étant en position à
Siedlce, si l'ennemi n'a rien tenté d'offensif, le roi
de Westphalie pourra donner ordre au 7e corps de s'approcher de Bialystok et
Grodno, en supposant que la marche du Roi et les mouvements
de l'armée accélèrent le mouvement de l'ennemi sur Vilna.
Gumbinnen, 20 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen.
Mon Cousin, faites connaître
au duc de Tarente qu'il est nécessaire qu'il réunisse
150,000 rations de pain biscuité à Tilsit, pour qu'il puisse les
envoyer à l'armée par le Niémen, aussitôt que nous aurons passé cette rivière
et que nous serons maîtres des deux rives. Je désire également qu'il réunisse à
Labiau 6,000 quintaux de farine sur des bateaux, a6n de leur faire remonter le
Niémen aussitôt que nous serons maîtres de la rivière.
Gumbinnen, 20 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Gumbinnen.
Mon Cousin, le duc de Trévise
aura le commandement de la 2e division de la
Garde, commandée par le général Roguet, de la 1e, commandée par le
général Delaborde, et de la division Clapa-rède. H partira demain avec les divisions
Delaborde et Claparède pour se rendre à
Gumbinnen. Il emportera pour douze jours de vivres en pain et farine; 60,000 rations de biscuit sont à sa
disposition à l'embarcadère
d'Insterburg, il les y fera prendre. Je suppose que le général Claparède a eu
un jour de séjour a
Insterburg; s'il n'en avait pas eu, on
lui en accorderait un. Le général Roguet, qui arrivera le 21 à Insterburg, recevra des ordres de prendre
pour quinze jours de vivres, en pain,
farine et biscuit, à l'embarcadère. Il est nécessaire que le duc de Trévise ait un chef d'état-major, et que l'administration de la Garde organise ses
ambulances et toutes ses administrations.
Gumbinnen, 20 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen.
Mon Cousin, envoyez un ingénieur
géographe faire le croquis de la position qu'occupe
aujourd'hui le corps du prince d'Eckmûhl; envoyez-en un également .pour faire celui qu'occupe la réserve de cavalerie. L'un suivra le prince d'Eckmûhl et l'autre le roi de
Naples, pour m'envoyer cela tous les soirs.
Vous en enverrez, pour le même objet, un au corps du duc d'Elchingen et un
auprès du roi de Westphalie (le
vice-roi ayant des ingénieurs géographes, il est inutile de lui en envoyer); de
sorte que j'aie la position de toutes les brigades de cavalerie, des divisions et des parcs mise sur
des croquis. Donnez ordre de m'envoyer
cela tous les jours.
Gumbinnen, 20 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, donnez ordre à
l'équipage de pont qui arrive aujourd'hui 20 à U ilkowyszki
de diriger sur Maryarnpol, demain 21, un équipage
capable de jeter un pont de 60 toises, avec une compagnie de
pontonniers ; la compagnie de pontonniers qui est au 3e corps, les
sapeurs du 3e corps s'y réuniront. Cet équipage de pont sera aui ordres du duc d'Elchingen. Le reste de l'équipage de pont
se dirigera sur Kovno, sous les ordres et la garde du prince d'Eckmuhl, qui réglera son
mouvement de manière que cet équipage ne soit pas compromis
et soit toujours couvert par ses troupes. Il serait convenable que
cet équipage arrivât dans la nuit du 22 au 23.
Donnez ordre au duc d'Elchingen
de partir demain de Kalwarya et de porter son quartier général à Maryampol,
de n'envoyer aucunes troupes à plus d'une demi-lieue sur la route de VVilkouyszki et de IVilkouyszkt à
Kovno, où le gros de l'armée se trouve. Vous lui ferez connaître
qu'il trouvera à Maryampol un équipage de pont capable de jeter un
pont de 60 toises, qu'il prendra sous ses ordres; qu'il
y joindra, comme je l'ai ordonné, sa batterie de réserve, ses sapeurs
et tous les moyens qu'il aura pour effectuer un passage. Donnez-lui
ordre, aussitôt que les fours de Maryampol seront construits,
d'en faire construire près de Preny, mais pourtant assez loin pour
que l'ennemi ne s'en aperçoive pas. Son équipage sera tenu un peu en arrière.
Faites-lui savoir que le quartier général sera demain 21 à Wilkouyszki, que je
désire qu'il tienne son corps réuni le plus possible et qu'il observe avec sa cavalerie les débouchés d'Olitta et de
Meretch.
Gumbinnen, 20 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, faites connaître
au prince Schwarzenberg que je compte que le 25 il sera à
Siedlce ; qu'à cette même époque le général Reynier sera à
Sierock ; que dans cette situation, si l'ennemi partait de
Brzesc pour se porter sur Varsovie, le général Schwarzenberg se porterait alors
sur Praga, Modlin, Sierock, se réunirait au général Reynier,
qui marcherait avec lui, soit pour attaquer l'ennemi si l'ennemi
était plus faible, soit, dans le cas contraire, pour couvrir Sierock,
Modlin et la rive droite de la Narew ; que le 23 le roi de Westpbalie sera à Augostowo, le général Gouvion Saint-Cyr à Suwalki,
le vice-roi à Kalwarya, et toute la gauche de rarmée,
avec le quartier général, sur Movno;
qu'il est probable que, dans la journée du 23 au- 24, les
hostilités commenceront, et que l'offensive que prendra la
gauche de l’armée en Courlande et sor Vtlaa accélérera le mouvement 4e
l'armée ennemie de notre droite sur notre gauche ; que, dans cet état de
choses, le prince Schwarzenberg pourra se concerter avec le général Reynier
pour marcher, soit par Bialystok, soit par Bnesc, à la suite de l'ennemi et lui faire tout le mal convenable,
sans perdre de vue toutefois qoe son but principal
doit être de couvrir Varsovie et Modlin; qu'il est à espérer
que, dans la journée du 26, il sera instruit de ce qui se sera passé
à Kovno le 24 et le 25 ; ce qui donnera des lumières sur la situation
de l'ennemi et le mettra à même de recevoir des instructions pour ses
mouvements ultérieurs.
Gumbinnen, 20 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, écrivez
an prince de Schwarzenberg que, étant instruit que les
envois d'argent de Vienne avaient éprouvé des retards et qu'il avait besoin
d'argent, vous envoyez l'ordre au payeur générai de remettre 500,000
france à sa disposition; que, le payeur n'arrivant
ici qu'après-demain, on ne sait pas s'il y a suffisamment de fonds
à Varsovie pour faire cette dépense; qu'en tout cas vous donnez ordre
au payeur de Varsovie, s'il a les fonds, de les remettre au payeur
autrichien, et, s'il ne les a pas, de les remettre du moins jusqu'à
la concurrence de ce qu'il a. M. de Parr, en passant
à Varsovie, s'informera auprès da
payeur s'il peut payer.
Gumbinnen, 20 juin 1812
Au capitaine d’Hautpoul,
officier d’ordonnance de l’empereur, à Gumbinnen
Monsieur l'Officier
d'ordonnance d'Hautpoul, portez les lettres ci-jointes à Wilkowyszki, au prince d'Eckmühl et au roi de
Naples. Rendez-vous ensuite aux avant-postes, auprès du
général Bruyère; parcourez les avant-postes sur toute la ligne de
Kovno jusqu'à Preny, et retournez auprès du général Bruyèree
où vous resterez pour prendre parfaite connaissance des localités, en
attendant mon arrivée, à moins qu'il ne survienne quelque chose de
très-important; auquel cas vous viendriez m'en rendre compte. Voyez
bien surtout les environs du village de Preny, où. la
rivière fait un coude, et le lieu où il faudrait établir des
batteries et construire le pont vis-à-vis Kovno.
Gumbinnen,
20 juin 1812, huit heures du soir
Au
maréchal Davout, prince d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée,
à Wilkowyski
Mon Cousin, je reçois
vos différentes lettres. J'ai mis à Tordre do jour le général Subertie et le général wurtembergeois. J'ai supprimé la
brigade vurtembergeoise et l'ai mise à l'ordre de
l'armée, c'esfi-à-dire de l'Europe.
J'ai fait écrire au prince royal qu'il courait risque d'avoir
les plus grands désagréments s'il n'y mettait ordre ; mais de votre
côté tàcbez d'arrêter on des pillards, pour l'envoyer
au préfet de l'armée, qui le fera fusiller.
Vous verrez par les ordres que
j'ai donnés que je désire que les équipages
passent en droite ligne par la route de Kovno (par la route de
Skraudze). Je détache un équipage de pont de 60
toises sur Maryampol/J'ai besoin de faire mon principal passage
à Kovno, à cause de l'intersection des deux rivières et âe
la plus grande proximité de Tilsit, d'où je dois tirer mes approvisionnements ; mais l'armée est si grande, que je ferai jeter un pont à Preny,
où je ferai passer le duc d'Ekhiftgen et le vice-roi' L'équipage d'ailleurs peet de partout aller à Preny; de Skraudze il peut aller à Preny; quand même il serait
plus bas, il peut encore y aller. 11 faut donc que cet équipage passe sur la
route de Skraudze; mais il est bien important que
l'équipage et les troupes ne soient pas vus. Vous ne devez
pas occuper Maryampol, où le corps du duc d'Elchingen est placé.
N'allez pas non plus sur Zapiecyszki,
parce que le chemin est impraticable et démasquerait tous
nos mouvements. Ayez bien soin de ne montrer aucun homme
d'infanterie, ni aucun cuirassier. Il faut que le premier homme
d'infanterie que verra l'ennemi soit un pontonnier. Laissez vos
boulangers aux fours de Wilkowyszki, afin d'y faire cuire toutes les
journées des 21 et 22 pour votre compte, à moins toutefois que vous
n'ayez du biscuit. J'ai réduit la ration de la Garde à 12 onces de
pain, 5 onces de farine et 1 once de riz ; par ce moyen on épargne beaucoup
de pain. Il a passé ici depuis hier des chariots qui vous portent
plus de 4 à 5,000 quintaux de farine pour vous.
Gumbinnen, 20 juin 1812
ORDRE
DU JOUR.
La Garde prendra dans la journée
pour six jours de pain que les soldats porteront sur eux. La
ration sera composée de la manière suivante : 12 onces
de pain, 5 onces de farine, 1 once de riz. Ces vivres seront pour
le 20, le 21, le 22, le 23, le 24 et le 25.
Il sera distribué
demain six autres jours de vivres à la Garde. Les régiments
laisseront à cet effet des piquets et des voitures par bataillon
pour les porter.
Les boulangers resteront
aujourd'hui et demain 21 à Gumbinnen pour fabriquer du
pain. La Garde aura ainsi des vivres pour les 26, 27,
28, 29, 30 et 1er juillet.
Il est recommandé
aux soldats de ménager leurs vivres et d'en avoir soin. Les
officiers feront des inspections tous les matins pour s'assurer
que chaque soldat n'a mangé que le jour de vivres qu’il devait,
et qu'il a le reste pour le nombre de jours voulu.
Gumbinnen, 20 juin 1812.
1er
BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE. (On ne trouvera pas ci-après tous les Bulletins de
la Grande Armée pendant la campagne de 1812
: la Commission n'a cru devoir reproduire que les Bulletins dont le texte manuscrit porte des corrections
de l'Empereur et ceux qui, en raison de leur importance exceptionnelle, ne
sauraient être considérés comme l'œuvre de l'état-major,
et ne peuvent être attribués qu'à l'Empereur).
A la fin de 1810, la Russie
changea de système politique : l'esprit anglais reprit son influence ;
l'ukase sur le commerce en fut le premier acte.
En février
1811, cinq divisions de
l'armée russe quittèrent à marches forcées le Danube et se
portèrent en Pologne. Par ce mouvement, la Russie
sacrifia la Valachie et la Moldavie.
Les armées
russes réunies et formées, on vit paraître une protestation
contre la France, qui fut envoyée à tous les cabinets. La
Russie annonça par là qu'elle ne voulait pas même garder les apparences.
Tous les moyens de conciliation
furent employés de la part de la France : tout fut
inutile.
A la fin de 1811, six mois après,
on vit en France que tout ceci ne pouvait finir que par la
guerre; on s'y prépara.
La garnison de Danzig fut portée
à 20,000 hommes. Des approvisionnements de toute espèce, canons, fusils,
poudre, munitions, équipages de pont, furent dirigés sur cette place ;
des sommes considérables furent mises à la disposition du génie pour en
accroître les fortifications. L'armée fut mise sur le pied de
guerre. La cavalerie, le train d'artillerie et les équipages militaires
furent complétés.
En mars 1812, un traité
d'alliance fut conclu avec l’Autriche; le mois précédent, un
traité avait été conclu avec la Prusse.
En avril, le 1er corps de la
Grande Armée se porta sur l'Oder; le 2e
corps se porta sur l'Elbe; le 3e corps sur le bas Oder; le 4e corps partit
de Vérone, traversa le Tyrol et se rendit en Silésie.
La Garde partit de Paris.
Le 22 avril, l'empereur de
Russie prit le commandement de son armée, quitta
Pétersbourg et porta son quartier général à Vilna.
Au commencement de mai, le 1er
corps arriva sur la Vistule, à Elbing
et à Marienburg ; le 2e corps, à Marienwerder ; le 3e corps, à
Thorn ; le 4e et le 6e corps, à Plock ; le 5e corps se réunit à Varsovie;
le 8e corps, sur la droite de Varsovie; le 7e corps, à Pulawi.
L'Empereur partit de Saint-Cloud
le 9 mai, passa le Rhin le 13, l'Elbe le 29, et la Vistule le 6 juin.
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Gumbinnen,
21 juin 1812
Au
général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, je
reçois votre lettre du 11 juin, qui me
rend compte de l'arrivée des six cohortes de garde nationale à Cherbourg.
Cela étant, je pense qu'il est convenable de diriger les deux
demi-brigades qui étaient destinées à la garde de Cherbourg sur Bayonne, pour
en augmenter la réserve ; car j'attache une grande importance
à avoir là une force considérable qui puisse remédier à ce
qu'on pourra faire dans le Nord. Faites-moi connaître quelle sera, dans
le courant de juillet, la situation de la réserve de Bayonne.
Dirigez les 3e
bataillons du 127e et du 128e sur Berlin, par la route qui les éloigne davantage de la 32e
division militaire; mais ne faites partir ces soldats que lorsqu'ils seront
déjà un peu disciplinés.
Gumbinnen, 21 juin 1812.
ORDRE
DICTÉ AU MAJOR GÉNÉRAL.
Ordre au roi de Naples de faire
appuyer le 2e corps de cavalerie de Maryampol sur la route de Kovno, sans cependant montrer ni cuirassiers
ni artillerie sur la rive gauche, et que de la rive droite on n'aperçoive
pas plus de mouvement qu’à l'ordinaire ; mais de le disposer
de manière que Sa Majesté puisse faire passer, le 23 à midi, si
elle le trouve convenable, le pont de Kovno à tout le 1er et le 2e
corps de cavalerie avec ses soixante pièces d'artillerie légère, de manière
qu'on puisse battre la campagne et avoir des
nouvelles de l'ennemi. Sa Majesté sera ce soir à Wilkowyszki, où
il est convenable que le roi de Naples l'attende.
Le 3e corps de cavalerie reçoit
l’ordre d'être rendu le 23 entre Maryampol et Preny, sans cependant faire des
marches qui fatiguent la cavalerie.
Adresser l'ordre au vice-roi et
au roi de Naples.
Gumbinnen, 21 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, écrivez
au prince Poniatowski qu'il devait retenir le parlementaire russe, le bien
traiter, envoyer ses dépêches à l'état-major
général, ici, et attendre de nouveaux ordres; que désormais, s'il
s'en présente, c'est ainsi qu'il doit agir. Écrivez la même chose au
roi de Westphalie.
Gumbinnen, 21 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, écrivez
au contre-amiral Baste qu'il ne doit plus rien être dirigé sur Wehlau;
que tout doit être envoyé de Tapiau sur Labiau ; qu'il se
rende lui-même à Labiau, afin d'accélérer le mouvement sur le
Niémen, et ensuite du Niémen sur Kovno, aussitôt que nous serons
maîtres des deux rives; que ces convois doivent être faits
avec la plus grande activité et ont besoin de tous ses soins, puisque
l'armée n'aura plus moyen de se nourrir que par là.
Gumbinnen, 21 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, les
caissons du petit quartier général sont partis avec
demi-charge; envoyez sur-le-champ un exprès avec
l'ordre que toute
la charge soit réunie sur vingt caissons, et que les
vingt autres, vides,
soient envoyés à Insterburg pour se recharger. Témoignez mon mécontentement à l'ordonnateur de
ce qu'il va ainsi en avant avec des caissons vides. J'ai vu quelquefois des administrateurs insouciants, nais je n'en ai pas vu de plus
bêtes.
Gumbinnen, 21 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, donnez ordre au duc
de Reggio de continuer son mouvement demain 22. La division Legrand se portera sur la route de Kovno, à
deux ou trois lieues en avant de Pilwiszki, de sorte que dans un jour elle
puisse se porter à Kovno, s'il est nécessaire. Le duc de Reggio
continuera sa marche avec ses deux autres divisions, à
la pointe du jour, pour se porter en avant de Pilwiszki.
Son quartier général sera à Pilwiszki, son parc en avant de
Pilwiszki, de sorte que tout son corps d'armée puisse passer le pont.
Donnez ordre au duc de Danzig de
se porter demain 22 à une lieue en avant de Pilwiszki.
Même ordre au duc
d’Istrie.
Même ordre au
général Sorbier.
Donnez ordre au duc d'Elchingen
de se porter demain 22 à trois lieues en arrière
de Preny, avec le détachement de l'équipage de pont qui lui a été
remis, de ne laisser apercevoir aucun homme de cavalerie ni
d'infanterie ; mais de se placer de manière que le 23 à midi,
si l'Empereur lui en donne l’ordre, il puisse passer au village de
Preny. Il aura soin que de la rive droite on ne voie aucun mouvement
extraordinaire et surtout aucun homme d'infanterie.
Donnez ordre au vice-roi de se
porter sur Maryampol aussitôt qu'il
pourra, de manière que le plus tôt possible il puisse passer la rivière,
soit au pont de Preny, soit au pont de Kovno.
Donnez ordre au duc de Trévise
de faire partir la division Delaborde, la division
Claparède et la division Roguet, pour se porter demain en avant de
Wirballen.
Gumbinnen, 21 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Gumbinnen
Mon Cousin, donnez ordre au
prince d'Eckmühl de se porter avec son corps d'armée
dans la direction de Kovno, de manière à être arrivé le 23 au
matin, de bonne heure, avec l'équipage de pont. Il placera
son corps à deux lieues de la rive droite et de manière que l'ennemi
ne puisse s'en apercevoir. Il disposera tout de manière que l'Empereur
soit le maître de jeter le pont sur le Niémen le 23 à midi, et
de faire déboucher aussitôt tout son corps d'armée. Du reste, on manœuvrera de manière
que la rive droite ne puisse apercevoir aucun homme
d'infanterie, ni aucun cuirassier, ni plus de mouvement qu'à l'ordinaire.
Gumbinnen, 21 juin 1812
A Eugène Napoléon, vice-roi
d'Italie, commandant les 4e et 6e corps de la Grande Armée, à Oletzko
Mon Fils, vous avez reçu
des ordres du major général pour être rendu le plus tôt
possible à Kalwarya. La cavalerie du 3e corps a ordre de se porter
sur Maryampol. La cavalerie de votre corps d'armée servira
à vous éclairer sur Meretch et Olitta. Si cela est possible, il faudra
être le 24 entre Maryampol et Preny, afin de pouvoir passer sur le pont que le
duc d'Elchingen établira.
J'ai ordonné
au roi de Westphalie de se porter avec les 5e et 8e corps sur
Augustowo, et de marcher de là sur Grodno.
Les hostilités
commenceront le 24. Je passerai la rivière à Kovno. Probablement je ferai
passer le duc d'Elchingen de Kovno à Preny. Vous tâcherez d'être, avec votre
corps d'armée, prêt à passer sur le pont. Le général
Reynier est en observation à Brok; les Autrichiens sont à Siedlce pour couvrir
Varsovie.
Tenez- vous en correspondance
avec le roi de Westphalie, auquel j'ai donné ordre d'appuyer sur la gauche et de prendre sa
ligne d'opération sur Königsberg, en cas que l'ennemi débouchât
sur sa droite.
Je serai ce soir à
Wilkowyszki, et le 23 très-près de Kovno. Préparez tous vos
moyens de passage.
Gumbinnen, 21 juin 1812
A Jérôme Napoléon, roi de
Westphalie, commandant les 5e, 7e et 8e corps de la Grande Armée, à Nowogrod
Mon Frère,
vous aurez reçu des ordres de l'état-major général pour
prendre position sur Augustowo, et pour que le général Reynier se
trouve en corps d'observation sur Brok ou Ostrow.
Les Autrichiens seront, à
ce qu'il paraît, le 23 ou le 24 à Siedlce.
Le général
Reynier doit toujours avoir pour but de couvrir Varsovie,
Pultusk et Ostrolenka.
Vous devez appuyer sur le
centre. En cas que l’ennemi tournât votre
droite, votre ligne d'opération sera sur Königsberg. Tâchez que les
Polonais arrivent le 23 à Augustowo, et faites porter une avant-garde
sur Grodno avec beaucoup de troupes légères. Faites avancer votre
pont dans cette direction. Il est probable que je vous donnerai l’ordre
de vous porter sur Grodno avec toute votre armée, mettant par ce mouvement sur
vos derrières ce qui se trouve à Bialystok. Ce mouvement ferait évacuer toute cette
province. Vous serez en continuité avec l'armée, de manière
que tout donnera toujours en masse,
et l’on opérera alors contre le général Bagration,
selon la position qu'il occupera.
Maintenez le plus grand ordre,
empêchez le gaspillage. On se plaint
que les officiers westphaliens se sont fait nourrir à Varsovie ; cela
ne vaut rien, surtout pour les personnes qui vous approchent.
Tenez-vous en correspondance
avec le vice-roi par votre gauche. Le général Reynier pourra se porter sur Bialystok,
aussitôt que vous serez arrivé à Grodno, ayant toujours pour principale instruction de
couvrir Varsovie.
Les Autrichiens se tiendront en
observation contre le corps de Bagration.
Je vous ai mandé
plusieurs fois de faire avancer les pontons qu'ont les Saxons
sur l’avant-garde du 5e corps. Faites-y filer vos sapeurs,
etc., afin que le passage se fasse très-rapidement.
Napoléon.
Je serai cette nuit à
Wilkowyszki.
Wilkowyszki, 22 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la
Grande Armée, à Wilkowyski
Mon Cousin, donnez ordre au duc
de Reggio de partir à la petite pointe du jour, demain 23, pour se
diriger sur Kovno. Ses divisions bivouaqueront à une
lieue du 1e corps, de manière à être en trois heures de temps sur
Kovno. La cavalerie légère restera avec le corps d'armée et ne le
dépassera point.
Donnez ordre au duc de Danzig
de partir demain, à la pointe du jour, pour
s'approcher le plus qu'il pourra de Kovno.
Donnez ordre au duc d'Istrie
d'arriver, demain 23, à mon quartier général à Kukta, à une lieue et
demie avant d'arriver à Kovno.
Donnez ordre au général
Sorbier de faire avancer les trente-deux pièces de 12 de
réserve le plus près qu'il pourra de Kukta, dans la journée de demain, sans
cependant mettre les chevaux hors d'état de servir.
Donnez ordre au duc de Trévise
de partir demain avec ses trois divisions, et de faire avancer le plus possible
la division Roguet. Il portera son quartier général en avant de Pilwiszki.
Donnez ordre au petit quartier
général d'être rendu demain, de bonne heure, au village de Maurucza, à
quatre lieues en arrière de Kovno.
Donnez ordre au grand quartier général de partir,
après demain 24, pour se rendre à Wirballen,
et d'être le 25 à Wilkowyszki.
Écrivez
au duc de Tarente que je serai ce soir à Kukta, à une lieue
et demie derrière Kovno.
Wilkowyszki, 22 juin 1812.
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à
Wilkowyszki.
Mon Cousin, vous enverrez ma
proclamation à l'armée. Donnez ordre aux maréchaux
commandant les 1er, 2e, 3e corps, la Garde et la cavalerie, de ne
la publier que le 24 à la pointe du jour. Écrivez au
duc de Tarente qu'il fasse connaître cette proclamation le 25 à la
7e division, et que, quant aux corps prussiens, il ne la leur communique
pas, mais qu'il leur en fasse une à sa volonté, dans laquelle il
leur dira en peu de mots que la guerre a commencé et que la Russie
la veut. Écrivez au roi de Westphalie de la faire connaître aux
5e, 7e et 8e corps, seulement dans la journée du 26 au matin. Envoyez
la proclamation au prince Schwarzenberg, et, comme elle n'est
pas convenable pour son corps d'armée, chargez-le d'y substituer
celle qui lui conviendra, en faisant seulement connaître que la guerre a
commencé. Il ne publiera cette communication que le 26. Communiquez
ma proclamation au vice-roi ; il en donnera connaissance
à son corps et aux Bavarois le 25. Les gouverneurs de Königsberg
et de Danzig la publieront le 27. Envoyez-la, par l'estafette de ce jour, à mes
ministres à Vienne et à Berlin; envoyez-la également à
mon ministre à Varsovie. Ils ne la feront publier que le 26. Ainsi cette
proclamation sera pour toute l'armée, à l'exception des Autrichiens
et des Prussiens, auxquels les commandants de ces corps feront
des proclamations particulières.
Wilkowyszki, 23 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Wilkowyszki
Mon Cousin, donnez ordre au duc
de Reggio de faire avancer sa batterie de réserve de pièces de 12 et d'obusiers aussi loin
qu'il sera possible sur le chemin de Kovno. Faites-lui connaître qu'il serait nécessaire qu'elle pût être arrivée et se parquer auprès
de celle du prince d'Eckmühl demain
23, ayant l'intention d'employer cette batterie pour protéger le passage.
Donnez ordre au général
Sorbier de faire avancer la batterie de 12 de la Garde et de
faire connaître quand elle pourrait se trouver près de Kovno,
désirant l'avoir pour protéger le passage, s'il est possible
qu'elle arrive.
Wilkowyszki, 23 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Wilkowyszki
Mon Cousin, le général
Tarayre, jusqu'à nouvel ordre, commandera Kovno. Faites-le toujours partir
devant moi. Il aura à cet effet sous ses ordres de
la gendarmerie du quartier général. Faites en sorte qu'il arrive à Kovno un des
premiers, afin d'y mettre sur-le-champ l'ordre et d'empêcher tout gaspillage.
Mettez le général Vedel pour commander à
Wilkowyszki jusqu'à nouvel ordre, ce point étant important à raison de sa proximité de l'armée. Laissez-lui 25 gendarmes
et une compagnie de Badois, que fournira le prince d'Eckmühl ; qu'il joigne à cette force quelques gardes
nationales et qu'il rétablisse
l'ordre dans cette partie du département de Lomza.
Quartier impérial
de Wilkowyszki, 22 juin
1812
PROCLAMATION
A LA GRANDE ARMÉE.
Soldats ! La seconde guerre de
la Pologne est commencée ; la première s'est terminée
à Friedland et à Tilsit. A Tilsit la Russie a juré éternelle
alliance à la France et guerre à l’Angleterre. Elle viole aujourd'hui
ses serments ! Elle ne veut donner aucune explication de son
étrange conduite que les aigles françaises n'aient repassé lu Rhin, laissant
par là nos alliés à sa discrétion. La Russie est
entraînée par la fatalité; ses destins doivent s'accomplir. Nous
croirait-elle donc dégénérés ? Ne serions-nous donc plus les soldats
d'Austerlitz ? Elle nous place entre le déshonneur et la guerre : le
choix ne saurait être douteux. Marchons donc en avant : passons le Niémen,
portons la guerre sur son
territoire. La seconde guerre de la Pologne sera glorieuse aux armes françaises,
comme la première. Mais la paix que nous conclurons
portera avec elle sa garantie et mettra un terme à la funeste
influence que la Russie a exercée depuis cinquante ans sur
les affaires de l'Europe.
Quartier impérial
de Wilkowyszki,
22 juin 1812
ORDRE
POUR L'ARMÉE.
TITRE
1er
L'Empereur ordonne aux maréchaux
et généraux commandant les corps d'armée, aux généraux
commandant les divisions et les brigades, et aux chefs
de corps, de prendre toutes les mesures nécessaires pour
maintenir l'armée dans le plus grand ordre et empêcher les
désordres qui commencent à désoler le pays. En conséquence :
1° Chaque maréchal ou général commandant un corps
d'armée nommera une commission prévôtale
composée de cinq officiers, devant
laquelle seront traduits tout soldat qui, à la suite de l'armée, se sera absenté de son régiment sans cause
légitime, tout maraudeur, tout
individu qui sera surpris soit pillant, soit molestant les habitants du pays.
Cette commission condamnera les coupables à mort et les fera exécuter dans les vingt-quatre heures.
2° II sera établi à
Maryampol, pour le département de Lomza, une commission
prévôtale de cinq officiers, auprès de laquelle il sera formé
une colonne mobile, composée de 200 habitants du pays (garde
nationale), de 10 gendarmes et de 40 hommes de cavalerie française.
Cette colonne sera commandée par un officier général ou supérieur,
français. Elle se subdivisera en dix petites colonnes ou patrouilles,
fortes chacune de vingt-cinq hommes, lesquelles parcourront le pays dans tous
les sens et arrêteront tout traînard ou maraudeur et tout fauteur
de désordres. Les individus arrêtés seront conduits devant la commission
prévôtale de Maryampol et, s'ils sont coupables, condamnés
conformément à ce qui est dit ci-dessus.
3° II y aura pour la province de Königsberg une
commission prévôtale, qui siégera à
Königsberg; elle sera composée de cinq officiers
et organisée par le gouverneur.de
Königsberg. Il sera formé auprès
de cette commission une colonne
mobile, composée de 100 hommes
de cavalerie prussienne, de 200 hommes d'infanterie prussienne, de
10 gendarmes français et de 40 hommes
de cavalerie et d'infanterie françaises. Cette colonne mobile se divisera en de petites colonnes qui parcourront le pays dans tous les sens,
arrêteront les maraudeurs et
traînards, tous les individus prévenus de délits, et les traduiront à Königsberg devant la commission prévôtale.
4° Une commission
prévôtale sera établie à Varsovie sous les ordres du
général Dutaillis, gouverneur de Varsovie, qui sera chargé de son organisation.
300 hommes de troupes polonaises du Grand-Duché et 10
gendarmes formeront la colonne mobile, qui sera partagée
en dix petites colonnes chargées de parcourir les départements de
Varsovie, de Kalisz, de Cracovie, de Lublin et de Siedlce. La garde
nationale leur prêtera partout main-forte, et tout traîneur, maraudeur, etc.,
sera arrêté et jugé par la commission prévôtale de Varsovie.
5° II y aura une pareille
commission à Posen. 300 hommes de la garde
nationale, de la cavalerie polonaise, 10 gendarmes français et 20
hommes tirés des dépôts formeront la colonne mobile, qui sera partagée
en 10 petites colonnes, pour parcourir les départements de Posen
et de Bromberg et arrêter tous les maraudeurs.
6° II y aura une commission prévôtale
à Danzig. Le gouverneur fournira dix petites colonnes de 30 hommes chacune,
pour parcourir la Poméranie jusqu'à l'Oder, arrêter tous les traineurs
et maraudeurs et les traduire devant la commission prévôtale.
7° II y aura une commission prévôtale
à Elbing, pour la province de Marienwerder. 10 gendarmes
français et 50 hommes de cavalerie prussienne formeront
la colonne mobile, qui se partagera en cinq patrouilles ou
petites colonnes, qui seront constamment en mouvement.
8° II sera formé
à Berlin une pareille commission prévôtale sous les ordres du
gouverneur, qui organisera autant de petites colonnes qu'il
sera nécessaire pour mettre la police entre l'Oder et l’Elbe.
TITRE 11.
9° 11 est expressément défendu aux commandante des différents postes
et passages sur l’Oder et sur la Vistule, notamment à ceux de Varsovie,
de Plock, de Thorn, de Graudenz, de Marienwerder, de Marienburg
et d'Elbing, de laisser passer aucun soldat isolé. Les hommes
isolés, sortant des hôpitaux, convalescents, ou absents de leur
corps sous quelque prétexte que ce soit, seront retenus par les commandants
de Glogau, Küstrin et Stettin, jusqu'à ce que ces commandants
en aient pu réunir 100 bien armés et bien habillés pour former
une compagnie qu'ils dirigeront sur les places de la Vistule.
10° Les commandants de place sur
la Vistule retiendront également tous les hommes isolés, jusqu'à ce qu'ils
aient pu en réunir 100 qu'ils puissent former en compagnie de marche et
diriger sur Königsberg.
11° Les commandants de
Königsberg, Wehlau, Insterburg et Gumbinnen
empêcheront le mouvement de tous les hommes isolés et retiendront tous les
hommes sortant des hôpitaux intermédiaires, jusqu'à ce qu'ils puissent en
former des compagnies de 100 hommes, bien armés et en
état de rejoindre ; ils les dirigeront alors sur Kovno.
12°
Les commandants de place, directeurs d'hôpitaux, commissaires
des guerres donnant des feuilles de route et garde-magasins fournissant des
vivres aux hommes isolés, seront responsables de l'inexécution de la présente
mesure.
Les commissaires des guerres,
directeurs d'hôpitaux et garde-magasins recevront à cet égard des
instructions de l'intendant général.
13°
Les colonnes mobiles arrêteront tous les individus en contravention
au présent ordre, et les dirigeront sur la place la plus voisine.
14° Le présent ordre
sera imprimé, lu à l'ordre de tous les corps, mis à l'ordre de
toutes les places et affiché à la porte de tous les hôpitaux,
de tous les baillis et de tous les hôtels de ville des communes.
Camp impérial
de Naugardyszki, 23 juin 1812
ORDRE
POUR LE PASSAGE DU NIEMEN.
Le prince d'Eckmühl
sera chargé de faire jeter les ponts, de commander le passage
et de passer le premier avec son corps d'armée. Le général Éblé sera sous ses ordres,
avec tout l'équipage de pont, les parcs du génie, les ouvriers et marins qui
lui sont attachés.
A huit heures du soir, l'équipage
de pont se mettra en mouvement , savoir : le général de
division Morand, à la tête de trois compagnies de voltigeurs du 13e
d'infanterie légère, commandées par un chef de bataillon
de choix, 50 sapeurs et un capitaine du génie. Chaque sapeur aura
son outil. Chaque voltigeur aura un outil sur son sac. Il leur
sera distribué de plus des paquets de cartouches, de sorte
que chaque voltigeur ou sapeur ait soixante cartouches au moment
du passage.
Le général
Éblé divisera son pont en quatre parties, étant dans l'intention
de jeter quatre ponts. Une ou deux compagnies de pontonniers
seront attachées à chaque pont ; il leur sera attaché également une ou deux compagnies de
sapeurs, une ou deux compagnies d'ouvriers , une ou deux compagnies de marins,
sous les ordres d'un officier supérieur de pontonniers. Les marins et officiers du
génie, quel que soit leur grade, seront subordonnés aux
officiers de pontonniers.
Un des ponts sera jeté
vis-à-vis la butte, à la gauche de la Jesia; les deux autres,
entre celui-là et le village de Poniemon, de manière qu'il
y aura au moins 150 toises d'un pont à l'autre; à dix heures du
soir, les trois ponts étant arrivés devant leur emplacement et dans le
plus grand silence, les bateaux seront mis à l'eau. Les 300 hommes seront
jetés de l'autre côté ; il ne sera fait aucun feu, à moins de
nécessité absolue. Le chef de bataillon barricadera ses 300 hommes dans
le village en faisant des coupures.
Le général
Pernety fera placer au même moment les batteries de réserve
du 2e corps sur la butte.
La batterie de réserve
du 2e corps se mettra en marche à six heures pour
s'approcher de Poniemon et être portée sur la droite, dans l'endroit qui sera
reconnu le plus favorable au-delà de l'île.
Une compagnie du 4e bataillon
du 13e d'infanterie légère sera jetée dans l’île qui est
vis-à-vis Poniemon.
La batterie légère et la batterie à pied de la
division Morand seront placées, la batterie
à cheval, sur la gauche de la Jesia, entre le mamelon et l'embouchure de la
Jesia; la batterie à pied, quatre pièces
à portée du deuxième pont et quatre pièces sur la droite du troisième pont.
Les quatre batteries à
cheval du corps d'armée resteront avec leur division.
Les quatre batteries à
pied seront placées au village de Poniemon et distribuées en quatre batteries,
entre la batterie de réserve et le dernier pont. La
batterie de la 2e division sera la première; celle de la
3e sera la seconde ; celle de la 4e, la troisième, et celle de la 5e sera
la quatrième. Chaque batterie devant passer avec sa division, cela se fera par
un simple mouvement à gauche.
Le corps d'armée
prendra les armes à sept heures.
On s'assurera que les soldats
ont mangé la soupe. On fera l'inspection
des sacs et des cartouches, et l'on s'assurera qu'ils ont avec eux pour
quatre jours de vivres, sans les bagages et caissons, rien ne devant
passer.
A huit heures, le corps se
mettra en marche et se placera entre Alexota et la Jesia sur seize lignes, chaque régiment
formant une ligne à la distance d'un demi-bataillon, le colonel
et l'état-major du régiment placés devant l'aigle du 1e bataillon;
le général de brigade en avant, au
centre de sa brigade; les pièces de régiment à la droite
de chaque ligne et constamment attelées, avec tous les caissons
et ambulances des régiments ; le général de division en arrière du
centre de la 3e ligne, avec les commissaires des guerres, administrations et
ambulances de la division ; la batterie à cheval sur la gauche
de la division.
Il y aura, d'une division à
l'autre, la distance d'un demi-bataillon. Les divisions
seront par ordre de numéros.
La brigade de cavalerie légère
sur deux lignes, chaque régiment formant une ligne,
ayant le général de brigade à sa tête; les chevaux sellés,
mais débridés.
Tous les officiers de l'état-major
du corps d'armée, entre la 1e et la 2e division,
avec les commissaires de guerres, officiers du génie, etc.
Les compagnies de sapeurs seront
à leur division; ils seront avec les
batteries à cheval, tous les caissons de cartouches, le parc d'artillerie
des trois divisions et les caissons d'outils, de manière qu'à dix
heures tout se trouve ainsi en position.
Le 13e d'infanterie légère
sera en bataille à côté des pontonniers, où se trouve le
général Morand, afin d'être employé, selon les circonstances,
à renforcer les hommes sur la rive droite, ou pour tout autre
service.
A dix heures du soir les trois
ponts doivent être jetés. La division Morand
débouchera sur trois colonnes, c'est-à-dire par brigade, chaque
brigade ayant à sa tête les pièces de régiment. Le général de division passera par
le pont du centre. La batterie d'artillerie légère passera par le pont de gauche, c'est-à-dire par celui situé avant l'embouchure de la Jesia, à la queue de la brigade qui
passe sur ce pont. La batterie à pied passera moitié au pont de droite et
moitié au pont du centre.
Le général
Pajol passera avec les deux compagnies d'élite de sa brigade,
l'une au pont du centre et l'autre au pont de droite.
La division passée
prendra une position qui appuie sa droite et sa gauche au Niémen (cette position s'explique par la
courbure très-prononcée du Niémen au point
de passage), son artillerie en position, et attendra ainsi le
jour. Elle pourra se porter 1,000 toises en avant,
laissant toujours les trois compagnies de voltigeurs au village et
dans le réduit.
La cavalerie ne fera aucune
patrouille ; elle restera seulement en forme de grand'garde, une compagnie dans la
direction de Kovno, et l'autre dans la
direction du fleuve montant; tout le monde sous les armes et à
cheval.
Dans cet état
de choses, le prince d'Eckmühl prendra mes ordres pour
l’heure où devra passer la 2e division. Les ordres les plus sévères
seront donnés pour empêcher le gaspillage. Le général Saunier,
commandant la gendarmerie du ler corps, se rendra
avec 50 gendarmes et un bataillon, dès la pointe du jour,
à Kovno. Le général Tarayre, désigné pour être le commandant de
la place, un commissaire des guerres, un garde-magasin, un inspecteur des
vivres du 1e corps, s'y rendront également et prendront
possession de la ville. Ils placeront des postes pour ne laisser
entrer personne dans la ville, ni soldats, ni officiers, ni généraux, ni
état-major général; ils convoqueront les bourgmestres à l'hôtel de ville
et m'enverront les bourgmestres et les habitants qui pourront me donner
des nouvelles.
Le général
Morand aura soin, aussitôt qu'il sera passé, de mettre une
sauvegarde de 10 hommes dans le couvent de Sainte-Croix.
Demain, à
cinq heures, les constructeurs de fours du 1er corps, avec
une compagnie de sapeurs, entreront en ville pour y établir des fours.
Le quatrième
pont sera placé sur les hauteurs d'Alexota, en arrière;
il restera là en réserve avec les pontonniers, sapeurs et marins. Le commandant
de ce quatrième pont, après avoir placé ses pontons qui resteront attelés toute
la nuit, se rendra auprès du général Éblé, aux trois ponts, afin
que, si on s'apercevait qu'il n'y eût pas assez de bateaux pour les trois ponts, il m'en
fut rendu compte, et que cet officier,
parfaitement instruit de la localité, pût les aller prendre lui-même sans confusion ni retard ; il aurait à
cet effet reconnu le chemin qu'il
devrait prendre.
Aussitôt
que la ville sera occupée, le quatrième pont sera jeté au passage
ordinaire d'Alexota, et, comme la rivière n'a que 50 toises, il
restera encore des pontons pour jeter un pont sur la Viliya. Ce pont
sera tenu attelé, si toutefois les dimensions qu'on a données à la rivière se
trouvent vérifiées.
Toute la cavalerie du 1er et du
2e corps montera à cheval à sept heures et se placera
sur la hauteur en arrière d'Alexota ; elle se formera
en autant de lignes que de régiments, chaque division ayant son artillerie,
laquelle sera mise en batterie, en partie sur les hauteurs d'Alexota;
les pièces resteront attelées.
Aussitôt
que chaque division sera formée, les hommes mettront pied à terre; ils
s'établiront au bivouac; les chevaux seront sellés, mais
débridés.
Chaque général
de division bivouaquera à la tête de sa division ; chaque
général de brigade à la tête de sa brigade
L'état-major de la
cavalerie s'établira dans la maison du médecin d'Alexota,
à dix heures du soir, sans faire aucun feu ni aucun bruit
Un second ordre que le prince d'Eckmühl
recevra dans la soirée lui fera connaître les
mouvements qu'il peut avoir à faire après le passage.
Toutes les voitures de bagages,
de vivres, la réserve du parc, des vivres, seront
placées dans un seul endroit et éloignées au moins de
1,000 toises de la rivière, n'obstruant aucune route; il ne passera qu'une
seule voiture, celle du prince d'Eckmühl et son caisson.
Parc
d'artillkrie. — Chaque pièce passera avec son approvisionnement
complet ; les caissons d'infanterie attachés aux divisions passeront également.
Le parc de réserve sera placé à 1,000 toises du
rivage.
Demain , à cinq heures du
matin, le directeur du parc prendra les ordres du major
général pour le passage de son parc.
Demain, également
à cinq heures du matin, le vaguemestre du 1er corps prendra
les ordres du major général sur le nombre de voitures et caissons dont le passage sera
autorisé ; ce qui ne pourra avoir lieu
qu'après que le corps aura pris position et qu'on aura des nouvelles de l'ennemi.
Kovno,
24 juin 1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousis, donnez l'ordre au duc
de Reggio de faire jeter son pont sur la Viliya, de faire passer la division Legrand, sa cavalerie légère et ses
cuirassiers, de faire venir les deux autres divisions, ses batteries
de réserve, son parc, de manière que cela soit arrivé avant neuf
heures du matin.
Donnez-lui l'ordre d'envoyer un
officier d'état-major parcourir, cette nuit, avec un
détachement de marins, les rives du Niémen jusqu'à la petite
rivière de Naviaja, et de faire descendre les bateaux qu'on
trouverait pour faire le pont d'Alexota. Écrivez la même chose au
génie, qui enverra un détachement de marins et de sapeurs pour faire
la même opération sur la rive gauche.
Envoyez sur-le-champ un officier
au général Grandjean à Georgenburg pour lui annoncer le
passage, le mouvement du duc de Reggio sur la rive droite en descendant du
Niémen, et pour qu'il en instruise le duc de Tarente; pour que, s'il a
encore sa division, il passe le Niémen,
se mette en correspondance et se joigne avec le duc de Reggio ; ou,
s'il s'est porté sur Tilsit pour y passer le Niémen, l'officier
portera l’ordre au duc de Tarente de se mettre en mouvement pour faire sa
jonction avec le duc de Reggio.
Recommandez au général
Grandjean d'envoyer les bateaux qu'il aurait pour
construire des ponts ici.
Renouvelés
les ordres pour que les convois de subsistances nous arrivent
par le Niémen et Tilsit.
Kovno, 24 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, il sera formé
à Kovno un petit dépôt de cavalerie. Donnez ordre au roi
de Naples de renvoyer ses hommes et ses chevaux éclopés à ce
petit dépôt et de nommer un officier pour le commander.
Recommandez-lui de s'alléger le plus qu'il sera possible. Ayez
soin de lui attacher un ingénieur géographe qui envoie deux fois par jour un
croquis de la situation du pays. Faites demander à cet ingénieur des renseignements
sur la rivière de Strava, sa largeur, sa profondeur et la
hauteur de ses eaux. Aussitôt que la cavalerie aura passé
Jijmory, il est nécessaire qu'il envoie de fortes brigades de cavalerie légère
pour s'éclairer sur les débouchés d'Olitta, car, si je suis
bien informé sur tout ce qui se passe sur cette route, il pourrait y
avoir quelques bons coups à faire. Il est nécessaire aussi que le roi de
Naples soit certain que sa cavalerie légère a battu tout le pays entre
la Viliya et le Niémen et qu'on s'assure, 1° que l'ennemi n'a sur
la Viliya aucun pont, 2° qu'il n'y a ni infanterie ni établissement. Je désire
que l'ingénieur géographe attaché au Roi ne perde pas un moment à vous envoyer
un croquis de tout le cours de la Viliya et de celui du Niémen
jusqu'au coude. Faites connaître au Roi que, jusqu'à ce qu'il se
trouve dans des pays de grande plaine, il ne doit pas trop
s'encombrer de cavalerie ; qu'il faut ménager les cuirassiers ; qu'il n'est
question que de repousser les troupes légères de l'ennemi et d'avoir
de ses nouvelles dans les directions d'Olitta et de Vilna, et de me mettre à
même de prendre le parti le plus convenable. Recommandez au roi de
Naples de laisser des piquets depuis son avant-garde jusqu'à Kovno, de manière qu'indépendamment des postes on puisse correspondre par des officiers d'ordonnance ; ce
qui est un moyen sûr et prompt. Recommandez bien au roi de Naples d'être
sûr que Skorouli a été bien reconnu, ainsi que toute la route
de Skorouli à Jijmory. Mandez au roi que le maréchal Ney, qui est
à Kormilof, reçoit l'ordre d'envoyer de fortes reconnaissances à
Skorouli.
Kovno, 25 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, donnez l’ordre au
duc d'Elchingen de se porter sur Kormilof, où, selon les circonstances, je lui donnerai l'ordre
de prendre la route de Jijmory ; que, si Skorouli
n'avait pas encore été reconnu par la brigade de cavalerie légère qui a passé
hier, il sera convenable qu'il le fasse reconnaître et qu'il s'assure que
l'ennemi n'a plus personne entre cette partie de la Viliya et le
Niémen. Vous lui ferez connaître que le duc de Reggio a passé la Viliya à Kovno
; que le prince d'Eckmühl est à Roumchichki; qu'il envoie
tous les renseignements qu'il pourra se procurer, et surtout que ses officiers d'état-major et ingénieurs géographes envoient avec les
rapports un croquis du pays; car nos
cartes sont si défectueuses qu'on n'y trouve plus rien. Qu'il fasse connaître à quelle heure il sera
à Kormilof.
Kovno, 25 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, écrivez
au duc de Reggio que je suppose que sa cavalerie légère a déjà passé la Viliya à
Kovno , qu'il faut qu'il envoie faire une
reconnaissance dans la direction d'Yanof ; qu'à trois lieues de Kovno il y a un embranchement de la route qui va à
Chaty et de là à Poneveje et qui
gagne la Dvina. Poneveje est sur le chemin de Chavli à Vilna. Il est nécessaire d'éclairer cette route jusqu'à Jeïmy. De Kovno la route va jusqu'au village de Bivili,
sur la rivière de Neviaja. Trois
lieues plus loin se trouve la poste qui est au village
de Bobty, et six lieues plus loin se
trouve Keïdany. A Keïdany a été longtemps
le prince Wittgenstein, avec deux divisions; il est convenable de savoir s'il
y est encore. C'est là qu'il doit faire marcher en force la cavalerie légère, soutenue par les
cuirassiers et la division Legrand,
qui doit faire une marche dans la direction de Bobty ; que je suppose que la rivière,
à cette hauteur, est peu de chose; que si cela est nécessaire
toutefois, on y jettera un pont, et qu'alors les patrouilles pourront
se diriger jusqu'à Georgenburg et faire sa réunion avec la
division Grandjean, c'est-à-dire avec le 10e corps. De Bobty
il sera facile de savoir si le prince de Wittgenstein est à Keïdany,
ou s'il est retourné sur Rossieny, ou s'il a marché sur Vilkomir pour rejoindre
la grande armée à Vilna, et enfin quelle direction il a prise:
Mon intention est, s'il se trouve encore à Keïdany, de marcher à
lui pour le déloger. Votre 2e division prendra position à moitié chemin
de Kovno à Bobty. La 3e passera le pont et tiendra position sur
la rive droite de la Viliya, s'éclairera sur la route de Yanof, au moyen
de troupes légères, jusqu'à l'embouchure de la rivière dans le Niémen.
Il faut s'assurer si l'ennemi est en position sur la rive droite de
la rivière. Si l'ennemi n'était déjà plus en position sur les bords de la
rivière, des patrouilles de cavalerie légère se porteront sur Vilki, dans
le double but d'avoir des nouvelles des troupes que l'ennemi aurait
sur la rive droite du Niémen, et de réunir tous les bateaux que l'on
trouvera et les envoyer sur Kovno.
Kovno, 25 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la
Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, écrivez
au roi de Naples :
« J'enverrai ce
soir une instruction à Votre Majesté sur la manière dont l'Empereur entend qu'on fasse les reconnaissances, afin de ne compromettre
aucune partie de sa cavalerie légère. Sa Majesté espère que le prince d'Eckmühl aura rallié son armée, et que vous aurez, de votre côté, rallié votre cavalerie. Il faut vous
concerter avec le prince d'Eckmühl
pour choisir une bonne position, mais qui ne soit pas plus avancée que Jijmory. Avant de faire un pas
en avant, il faut que l'échiquier soit
plus débrouillé. Il est surtout bien nécessaire qu'on soit entièrement maître de toute la rive gauche de la Viliya. Le vice-roi ne peut être sur la ligne que dans
deux jours. Il ne peut pas être
question actuellement de marcher sur Vilna; pour diriger un aussi grand mouvement, l'Empereur s'y portera de
sa personne; d'ailleurs il faut que le
flanc gauche soit parfaitement assuré.
Kovno, 25 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, donnez ordre au général
Grouchy, commandant le 3e corps de cavalerie, de partir de Dobile, demain à deux heures du matin,
de manière à arriver aux ponts à sept et huit heures, de les
passer et d'instruire au quartier général de son arrivée. Ordonnez-lui
de se faire précéder par un aide de camp qui fasse connaître au juste le moment
de son arrivée.
Kovno, 25 juin 1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, écrivez
au duc de Tarente pour qu'il marche avec la plus grande
activité sur Rossieny ; que nous avons un pont sur la Viliya
et que le duc de Reggio marche sur Keïdany, en même temps que
nous marchons sur Vilna ; qu'il envoie des ordres pour que les subsistances
viennent à Tilsit et nous soient envoyées ; que nous en avons grand besoin.
Kovno, 25 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, écrivez
au duc d'Elchingen de reconnaître sérieusement Yanof ; d'y
envoyer une bonne colonne d'infanterie et de cavalerie, et, s'il est
nécessaire, d'appuyer celte colonne de tout son corps d'armée;
de savoir tout ce qui se passe là ainsi qu'à Skorouli, et de bien
s'assurer que l'ennemi n'a aucun pont ni aucun établissement sur
la rive gauche de la Viliya ; que je désire beaucoup avoir un rapport
positif là-dessus. Si l’ennemi a du monde du côté de Yanof, il faudrait
connaître le numéro des divisions qui sont là, et qui les commande.
Kovno, 25 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, faites connaître
au vice-roi que j'ai passé à Kovno, que le prince d'Eckmühl marche sur Vilna et
est déjà à Roumchichki ; que, comme son corps d'armée n'est encore,
aujourd'hui 25, qu'à Kalwarya, je vois qu'il ne pourra être que le 27 ou
28 dans le cas de passer la rivière; qu'il est probable que je lui
enverrai un équipage de pont pour passer au village de Piloni. Qu'il
fasse passer de mes nouvelles au roi de Westphalie.
Kovno, 25 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, le bataillon du
Danube passera sous les ordres du génie, qui sera chargé de construire deux ponts de radeaux,
l'un sur le Niémen et l'autre sur la Viliya vis-à-vis Kovno, et deux ponts de pilotis
dans le même endroit.
Le général
Éblé sera chargé de construire un autre pont vis-à-vis Kovno,
tout composé de bateaux du pays. A cet effet, des
détachements de pontonniers et de marins du 4e bataillon
longeront les deux rives de la rivière qui sont actuellement libres, en
descendant, et feront remonter tous les bateaux qu'ils trouveront.
Les marins de la Garde seront attachés au génie pour la prompte exécution de
ces deux objets. Donnez ordre au général Éblé de se concerter
avec le général Chasseloup pour lever tous les obstacles et se
prêter un secours mutuel, afin que je puisse le plus tôt possible
faire lever mes quatre ponts actuels.
Kovno, 25 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Paris.
Le major général ordonnera au capitaine
Zakrzewski, attaché à l'état-major du duc de
Danzig, de partir sur-le-champ avec le sieur Heichel, pour aller acheter dans
les environs de Kovno les froments, seigles
ou farines que celui-ci indiquera.
II fera mettre un détachement
de quelques hommes à la disposition du capitaine
Zakrzewski pour lui faciliter les moyens de trouver des
voitures et de protéger l'arrivage de ces denrées.
L'ordonnateur du quartier général
expédiera sur-le-champ un mandat de 3,500 francs en faveur
du capitaine Zakrzewski, laquelle somme lui sera remise pour le mettre en état
de payer les grains ou farines immédiatement après leur sortie de chez les
propriétaires.
Le capitaine Zakrzewski fera conduire les grains et
farines à la manutention de Kovno, où la
qualité et la quantité en seront constatées, et il rendra compte au commissaire ordonnateur du quartier général de l'emploi de la somme qui lui aura été
confiée, en produisant à l'appui de
son compte les quittances des vendeurs.
Kovno,
26 juin 1812, trois heures et demie du matin
Au
maréchal Davout, prince d'Eckmühl, commandant le 1er corps de la Grande Armée,
à Roumchichki
Mon Cousin, au moment même
m'arrive votre aide de camp avec cet élève de
l'université. Vos convois doivent commencer à arriver. Réunissez vos troupes et
reposez-vous. Reconnaissez une bonne position en cas que
l'ennemi marche à vous. Pressez par tous les moyens la
rentrée du général F riant et celle du général Compans. Rappelez tous
vos détachements, afin de réunir votre armée. Il est nécessaire que
vous vous teniez en garde contre une opération qui arriverait de Vilkomir
sur vous. Au reste, j'envoie le duc d'Elchingen avec son corps
à Skorouli et le duc de Reggio avec le sien à Yanof. Le résultat de
cette opération commencera à éclaircir notre position et à bien faire
connaître l'échiquier. Jusqu'à cette heure le roi de Naples a peut-être
été trop vite. L'armée ne fait que se réunir, et il ne faut pas
marcher contre une armée tout entière comme l'on marche contre
une armée battue. Le duc de Tarente a passé le pont de Tilsit et marche
sur Rossieny. La division du général Grandjean, qui était restée vis-à-vis
Georgenburg, s'est emparée de la ville.
Je désire
beaucoup que vos ingénieurs géographes envoient un croquis
avec description, qui fasse connaître le pays : s'il y a des bois,
si ce sont des plaines, des collines, etc. Je vois avec peine qu'ils
n'envoient rien de tout cela.
Kovno, 26 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major
général de la Grande Armée, à Kovno.
Mon Cousin, donnez ordre au général
Éblé de commencer à midi à lever un des trois ponts de bateaux, de le charger
sur ses baquets et de le faire partir demain matin, pour être rendu
dans la journée du 27 au village de Piloni, où il sera jeté un pont
pour le passage de farinée d'Italie. Il enverra avec ce pont un
officier supérieur de pontonniers qui prendra les ordres de l'officier
commandant l'artillerie du 4e corps pour la jetée du ponte qui aura lieu
aussitôt que le vice-roi l'ordonnera et pourra passer. Vous
recommanderez au général Éblé de lever celui des trois ponts dont le passage
est le plus difficile à cause de ses abords.
Écrivez
au vice-roi pour lui faire connaître que demain matin un pont
de bateaux part pour se rendre à Piloni; qu'il envoie ses marins et
ses sapeurs pour jeter ledit pont, sur lequel il passera avec le 4e et le 6e
corps et sa cavalerie. Vous lui ferez connaitre que nous occupons
Jijmory et que nous sommes à dix lieues de Vilna.
Napoléon.
P. S. Écrivez
au vice-roi que je désirerais fort que son pont pût être jeté dans la nuit du
27 au 28, afin que dans la journée du 28 il se trouvât en ligne.
Kovno, 26 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, vous me rendez
compte qu'il y a 520 gendarmes à l'armée.
Ce nombre est suffisant, mais il est mal distribué; il faut n'en
laisser que 5 à Berlin, n'en laisser que 5 à Posen et à Thorn ; n'en
donnez pas aux équipages de l'état-major général; je ne vois pas pourquoi
des gendarmes seraient employés pour garder des bagages ; toute
espèce de troupes peut garder des bagages. Mettez aux vôtres vos
guides, qui sont faits pour cela ; cela vous économisera 1 officier et
22 hommes. Ôtez ceux du roi de Naples. Donnez-lui des guides ou
qu'il prenne des chevau-légers ; cela fera une économie de 7. Je laisse
ceux de l'intendant, parce que je suppose qu'ils ne sont pas pour
ses bagages, mais pour faire exécuter ses ordres. Ôtez les 5 du secrétaire
d'État, les 2 du duc de Trévise et du duc de Danzig, ceux des
inspecteurs aux revues, ceux qui sont distribués aux différentes sauvegardes.
Ainsi voilà bien des gendarmes qui redeviennent disponibles.
Des hommes sont nécessaires sans doute pour les services dont
ils étaient chargés ; mais prenez dans la compagnie des guides, qui
peut être augmentée, prenez aussi dans la cavalerie. Un gendarme
n'est pas un homme à cheval; c'est un agent qui doit être placé
dans chaque poste, parce que ce service est le plus important, qui
doit être chargé de la police sur les derrières de l'armée et ne doit
être employé ni en sauvegarde, ni pour des escortes, ni pour garder
aucune espèce de bagages. Je ne m'oppose pas à ce que vous demandiez
un escadron de cavalerie jusqu'à l'arrivée du régiment de Bade,
que vous pourrez employer au service de l'état-major. Tous les
corps d'armée ont trop de gendarmerie; on s'en sert, non pour la
police, mais pour l'escorte des bagages, et ce n'est pas leur métier.
Présentez-moi un projet de règlement à ce sujet; ce n'est pas que je trouve
que le service qu'ils font ne soit pas à faire, mais je pense que ce service ne doit pas
être fait par eux. En faisant ces réformes dans les différents
corps, vous pourrez très-bien ne donner à chaque corps que 40 gendarmes. Je ne
verrai pas d'inconvénient à autoriser chaque général et chaque individu qui a
droit de faire escorter ses bagages à lever pour ce
service un certain nombre de Polonais. En attendant, prenez
de la cavalerie : 2 ou 300 hommes de cavalerie de plus ou de
moins ne sont rien ; 200 gendarmes de plus assurent la tranquillité
de l'armée et le bon ordre.
Kovno, 26 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, vous trouverez
ci-joint l'état des convois qui sont partis
le 25 pour Tilsit. Envoyez un officier à leur rencontre. Écrivez au général
Bachelu, à Georgenburg, pour qu'il protège de tous ses moyens
l'arrivée de ces convois. Ce serait une chose bien précieuse
que d'avoir ces 7,000 quintaux de farine le plus tôt possible. Votre officier se
rendra de là à Tilsit pour présider lui-même à cette opération et faire filer
les convois. Il me semble que les administrations veulent
décharger ces convois à Tilsit; faites sentir combien c'est
absurde, et que votre officier ait soin de les faire filer sans retard; qu'il voie les officiers prussiens qui
offriront des escortes pour le halage.
Kovno, 26 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Kovno
Mon Cousin, écrivez
au duc d'Elchingen que nos avant-postes sont à cinq lieues de Vilna,
qu'Yevé est occupé par nos troupes, qu'il paraît que le général Baggovoute s'est
porté de Yanof sur Tchabiehki, où il a passé
la Viliya, et qu'il se dirige par Mousniki, Ghedroïtsy, Koltyniany et Vidzy ; que j'ignore le mouvement
qu'aura fait le général russe
Wittgenstein, mais qu'il était à Keïdany le 25 ; qu'il paraît que le général Wittgenstein
commande le 1er corps de la droite, que le général Baggovoute commande le 2e et
le général Toutchkof le 3e; que
chacun de ces corps parait être de deux divisions fortes de 20,000 hommes; qu'on suppose que de Troki le gros
de l'armée se porte sur Vilna et de
Vilna sur Sventsiany ; que Yanof est évacué, comme je le suppose. Je désire que dès aujourd'hui il pousse une
avant-garde aussi loin qu'il pourra sur Yegoujine ; que demain matin il marche
de manière à faire une grande journée et à arriver le plus près possible, par exemple jusqu'au village de
Palki, dans la direction de Vilna;
que je me porte cette nuit à Jijmory; que le 27 nous pourrions entrer à Vilna.
Écrivez
au duc de Reggio et au duc de Tarente pour leur communiquer
les mêmes détails sur la droite de l'ennemi et sur notre position
respective. Faites connaître au duc de Reggio qu'il est nécessaire qu'il
marche demain sur Jeïmy, pour attaquer Wittgenstein, ou du moins connaître le
mouvement qu'il fait et dégager entièrement le Niémen. Écrivez au
duc de Tarente que le duc de Reggio est arrivé aujourd'hui à Yanof et marche sur Jeïmy
et Chaty ; qu'il attaquera Wittgenstein, à
moins que celui-ci ne se retire sur Chavli ; que j'espère que le duc de Tarente se porte sur Rossieny, en laissant des postes d'infanterie sur la rive gauche du Niémen,
pour être parfaitement sûr de la navigation.
Vilna, 29
juin 1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Vilna
Mon Cousin, donnez ordre au
prince d'Eckmühl que la division Friant soit à la
disposition du roi de Naples, et que la division Gudin passe
à neuf heures du matin le pont de la Viliya, pour être également
à la disposition du Roi; que la division Morand parte à trois heures
du matin et se dirige sur Mikhalichki; elle sera éclairée par la brigade de
cavalerie légère polonaise, qui, à cet effet, rejoindra cette route à
Lovarichki, en partant de la position où elle se trouve à une heure du matin.
La division Compans partira également à trois heures
du matin pour se rendre à Ochmiana; elle aura avec elle la brigade Pajol, et un régiment de cette division
se réunira sur Soletchniki et sera
sous les ordres du général Bordesoulle. Le prince d'Eckmühl se rendra de sa personne à Mikhalichki
et mènera avec lui la division
Valence. Donnez ordre au général Nansouty de partir avec la division
Saint-Germain pour appuyer la division Bruyère et pour suivre l'ennemi
sur Korkojichki, en prenant les ordres du roi de Naples, qui manœuvrera sur la rive droite, et se concertant avec le
prince d'Eckmühl, qui se porte sur Mikhalichki.
Donnez ordre au roi de Naples
de partir avec le corps de Montbrun, le corps de Nansouty, la division Saint-Germain sur la rive gauche, les divisions Friant et
Gudin, et de chasser l'ennemi de Niementchine et de le suivre dans sa retraite ; de se lier avec le duc d'Elchingen, qui doit être
ce soir à Mieïchagola, et de le diriger dans le même sens sur
l'ennemi, en le chargeant d'envoyer de fortes reconnaissances sur
Vilkomir pour savoir ce qui existe là.
Donnez ordre au duc d'Elchingen
d'appuyer le roi de Naples et d'envoyer une reconnaissance sur Vilkomir; faites-lui connaître
que le duc de Reggio se porte sur Chaty pour
attaquer le général Wittgenstein.
Enfin vous donnerez ordre au roi de Naples d'avoir
des postes de cavalerie toutes les trois
lieues, afin de correspondre facilement; vous donnerez le même ordre au général Nansouty et
au prince d'Eckmühl.
Recommandez aux commandants de
ces trois colonnes de correspondre fréquemment avec vous, afin que je puisse faire des
dispositions pour les soutenir. Il serait nécessaire aussi
que, dans chacune de ces trois directions, trois compagnies de voltigeurs
partissent le plus tôt possible pour appuyer la cavalerie. A moins qu'on n'eût une connaissance positive de la marche de l'ennemi et qu'on ne sût
bien ce qu'on fait, il ne faudrait pas trop fatiguer les
troupes. Il faut éclairer les trois routes, non-seulement par des
partis, mais encore par des gens du pays.
Vilna, 29 juin 1812
A Jérôme Napoléon, roi de
Westphalie, commandant les 5e, 7e et 8e corps de la Grande Armée, à Grodno
Sire, l'Empereur me charge de
prévenir Votre Majesté que nous sommes entrés
hier à Vilna, que l'ennemi a évacué après avoir brûlé le pont et des magasins
immenses. L'Empereur suppose que Votre Majesté est dans ce
moment à Grodno. Le corps de Bagration est à Ochmiana. Votre Majesté doit donc se
diriger avec son corps d'armée sur Ochmiana. Votre Majesté donnera de nos
nouvelles au prince de Schwarzenberg. Il résulte
des estafettes interceptées qu'il n'existe plus de troupes en Volhynie. Si cela se vérifie
et qu'il n'y ait plus de forces de ce côté, le prince de Schwarzenberg doit manœuvrer dans
la direction de Brzesc
à Slonime.
Par ordre de l'Empereur, AlEXANDRE, prince de Neuchâtel et de Wagram.
Vilna, 30 juin 1812
Au
prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Vilna
Mon Cousin, envoyez ordre au général
Éblé de se diriger sur Vilna avec tous ses équipages de pont.
Il fera lever le pont qui sert dans ce moment au vice-roi,
aussitôt qu'il aura passé. J'ai besoin d'avoir promptement ici un
premier détachement de l'équipage de pont, et ensuite le tout. Le
service de Kovno se fera par un pont sur pilotis sur le Niémen, et
par un pont de radeaux sur la Viliya. A Vilna le service
se fera par un pont sur pilotis et par les radeaux qui s'y trouvent.
Donnez l'ordre au génie de faire venir son parc à Vilna, en laissant
au plus deux compagnies de sapeurs à Kovno et les officiers nécessaires
aux travaux. On laissera aussi une compagnie de sapeurs et
les officiers nécessaires à Vilna; le bataillon du Danube et les marins
de la Garde se rendront à Vilna. Il restera à Kovno un officier et
cinquante marins du 4e équipage; donnez ordre que deux compagnies du bataillon de l'Escaut
se rendent à Kovno. Ainsi le bataillon de l'Escaut aura une
compagnie à Danzig, une à Königsberg et deux à Kovno. Les outils
attelés et une compagnie d'ouvriers se rendront à Vilna. J'approuve
l'idée du général Chasseloup, et j'accorde au génie le bataillon
du Danube et deux compagnies du bataillon de l'Escaut. Quant au 4e équipage de
marins, il a son service particulier ; il
aidera au génie, aux postons et à la navigation. Demandez au général du génie quand le parc se mettra en
mouvement pour Vilna. Donnez ordre au
général d'artillerie de faire venir deux millions de cartouches et vingt mille
coups de canon à Vilna; tout cela peut venir par eau, le Niémen est entièrement
libre. Recommandez au général Chasseloup
de me faire tous les huit jours un rapport exact sur les travaux de Kovno et de Vilna.
Napoléon.
Vilna, 30 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Vilna
Mon Cousin, mandez au duc
d'Elchingen que je pensais qu'il serait hier à Mieïchagola ; qu'il est indispensable qu'il s'y
porte sans délai et qu'il pousse de fortes reconnaissances sur Vilkomir ; que
son ordre portait de savoir ce qui avait passé à Mousniki ; que j'espérais que
dès le 28 il aurait fait cette reconnaissance, qui lui aurait donné des renseignements sur
la direction de Baggovoute; que Wittgenstein était
à Vilkomir le 27; qu'il n'avait laissé personne à Keïdany ; que le duc de Reggio est beaucoup plus fort que
Wittgenstein ; que ce n'était donc
que par un changement de direction dans la marche de Baggovoute que le
duc de Reggio aurait pu avoir affaire à forte partie; qu'en conséquence j'avais prescrit au duc d'Elchingen de s'assurer de la marche de Baggovoute, et que c'est avec peine
que je vois qu'il ne l'ait pas fait ;
que je viens de recevoir des nouvelles du duc de Reggio, qui de Chaty s'est porté sur Vilkomir, où il a
trouvé les 5e et 14e divisions
composant le corps de Wittgenstein, avec Ouvarof et le grand-duc Constantin, que tout cela devait faire,16,000
hommes environ; qu'il les a vivement
poussés, leur a enlevé le pont de Vilkomir et fait 500 prisonniers ; que ce corps ennemi se retire sur Dinabourg ; qu'en
conséquence j'ordonne au roi de Naples, qui marche avec trois divisions d'infanterie et cinq de cavalerie, de
diriger plus franchement sa route sur
Sventsiany, et que je désire que lui occupe sans délai Mieïchagola
et de là se dirige sur Ghedroïtsy, où il se mettra en communication
avec le duc de Reggio, et d'où il pourra marcher sur Vilkomir
ou sur Sventsiany, selon les circonstances ; qu'il sera convenable
qu'aussitôt que Sventsiany sera occupé par nos troupes il s'élève, en colonne,
de manière à être à la même hauteur et en communication; que le
prince d'Eckmühl marche de son côté avec deux divisions contre
plusieurs colonnes ennemies, campées du côté d'Ochmiana; que
trois divisions de Bagration venaient à marches forcées sur Vilna, qu'elles en
étaient déjà à deux marches le lendemain de notre entrée
à Vilna; qu'on marche contre elles et qu'on les poursuit; qu'on
prend tous les jours beaucoup de magasins et d'officiers,
que nous en sommes déjà à la 5e et 6e estafette venant de Russie
et adressées au général en chef qui était ici; qu'on évalue la perte
des magasins qu'ils ont déjà brûlés en première, deuxième et troisième
ligne à 15 à 20 millions; que, d'après tous les renseignements
pris, l'ennemi avait sur la droite, depuis les marais de Pinsk, quatre
corps d'armée, chacun de deux divisions, savoir : 1° le corps de
Wittgenstein, composé des 5e et 14e divisions formant 12,000 hommes (or le duc
de Reggio en a plus de 30,000) ; 2° le corps de Baggovoute, composé
des 4e et 17e divisions, 12,000 hommes; 3° le corps de Chouvalov,
composé de la 1e division de grenadiers et de la 3e
division, 12,000 hommes ; 4° enfin du corps de Toutchkof composé
des 7e et 11e divisions, 12,000 hommes; que
ces huit divisions ne font pas 48,000 hommes d'infanterie; que les cinq sixièmes
sont des recrues; que, si on y ajoute 10,000 hommes de la
garde impériale, on voit que toute l'infanterie qui était ici dans le nord
a peine à s'élever à 60,000 hommes; qu'avec l'artillerie et la cavalerie,
etc., cela ne forme pas une armée de 80,000 hommes; qu'on
sait positivement que les divisions russes sont composées, savoir
: les grandes de six régiments, les moyennes de cinq, quelques-unes
de quatre; mais, pour calculer plus que moins, on les évalue toutes à six;
qu'un régiment n'a à l'armée que deux bataillons ; qu'un bataillon n'est que de quatre compagnies; que par conséquent il n'y a pas 1,000 hommes par régiment.
Réitérez l’ordre au
duc d'Elchingen de se mettre en communication avec le duc de
Reggio, et, s'il se trouve vis-à-vis Baggovoute, qui n'a pas 14,000
hommes, qu'il l'attaque vivement.
Vilna, 30 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Vilna
Mon Cousin, mandez au duc de
Reggio que je suis satisfait de la conduite qu'il a tenue et de la manière dont il a
manœuvré. Faites-lui connaître la direction que prend le roi de
Naples et celle du duc d'Elchingen, ainsi que la composition réelle de l'armée
russe, telle que je l'ai mise dans la dépêche que je vous ait dit d'envoyer au duc d'Elchingen. Dites-lui que le
général Wittgenstein n'avait devant lui que 15,000 hommes, y
compris les chevaliers-gardes ; que j'ai l'état de situation de ce corps, qui a
été intercepté, et que, indépendamment, tous les
éléments que j'ai conduisent à ce résultat. Recommandez-lui
de ne point fatiguer ses troupes, de les rallier, de tâcher d'organiser
les subsistances et d'établir une bonne police. Dites-lui que
je suppose que, moyennant la brigade Corbineau, il a des nouvelles
du maréchal-duc de Tarente, qui de son côté doit lui donner des
siennes. Faites-lui aussi connaître que les immenses magasins que l'ennemi
avait ici ont été brûlés. Faites connaître au duc de Tarente qu'il n'a plus
personne devant lui, Wittgenstein se retirant sur Dinabourg ; mandez-lui de faire occuper Poneveje, Chavli et Telchi ; qu'il fasse ménager les habitants du pays, qui sont pour
nous. Dites-lui qu'il ne serait pas
impossible qu'il reçût l’ordre de marcher sur Mitau, puisqu'il paraît
que toute l'armée ennemie se retire sur Dinabourg et Disna. Il faut qu'il fasse
mettre en très bon état la place de Memel. J'attends
avec impatience de voir, d'après les plans et rapports des officiers du génie,
ce que c'est que cette place et ce que l'on peut en attendre. Ce point mis en état, on pourrait y débarquer
l'équipage de siège pour le siège de
Riga. Recommandez au duc de Tarente de correspondre avec le duc de Reggio par
ses avant-postes et aussi par Kovno.
Dites-lui que nous attendons toujours avec impatience les convois de Tilsit.
Vilna, 30 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Vilna
Mon Cousin, envoyez au duc
d'Elchingen un officier qui se rende en toute diligence sur Souderva. Il lui fera connaître
que la division Bruyère était hier soir à Niementchine; et que le
général Montbrun a envoyé
des reconnaissances pour correspondre avec lui; que le duc de
Reggio ayant marché jusqu'à Chaty, il m'est très-important de connaître que
l'ennemi ne fait aucun mouvement de sa droite sur lui; qu'il parait que le
général Wittgenstein est toujours à Keïdany. Écrivez au roi de Westphalie que je suppose que le 29 il sera entré à Grodno ; que je désire qu'il se rende avec la plus
grande activité à la suite de
l'ennemi ; que je fais marcher des divisions sur la tête du général
Bagration, qui, je suppose, aura pris la route de Minsk.
Vilna, 30 juin 1812
Au prince de Neuchâtel et de
Wagram, major général de la Grande Armée, à Vilna
Mon Cousin, je reçois
votre lettre. Je vous envoie un rapport du général
Bordesoulle; vous y verrez la marche du corps de Doktourof, qui
marchait sur Ochmiana ; tâchez de savoir quelle est la direction qu'ont prise les Russes
d'Ochmiana, afin de pouvoir non-seulement diriger le général
Morand, mais aussi de pouvoir l'écrire au général Nansouty,
qui appuiera sur la droite. Je donne ordre à la division Dessaix
de partir à la pointe du jour pour vous appuyer. Je ferai partir à
la pointe du jour le plus de cavalerie possible. Si vous avez les cuirassiers de Valence,
comme je l'espère, vous pourrez faire de
bonnes et belles choses.