Paris, 2 février
1813.
Au vice-amiral
comte Decrès, ministre de la marine, à Paris
Donnez l'ordre à
l'amiral Baste de se rendre dans la Poméranie suédoise, où il sera, sous les
ordres du général Morand (Joseph), chargé du commandement de la flottille, et
de prendre toutes les mesures pour la défense de l'île de Rügen et des côtes.
Il visitera aussi les embouchures de l'Oder, afin de pouvoir, selon les
circonstances, donner les ordres convenables.
Paris, 3 février
1813.
A M. Maret, duc de
Bassano, ministre des relations extérieures, à Vilna
Monsieur le Duc de
Bassano, le vice-roi m'écrit, en date du 27 janvier, que le général Bülow n'a
que 300 hommes de cavalerie, et qu'ainsi la Prusse, au lieu de concourir avec
nous à défendre son territoire et à réparer la trahison du général York, ne
fait rien. Il y a 2,000 hommes de cavalerie qui s'enferment dans les places de
la Silésie, comme s'ils avaient peur de nous, au lieu de nous aider et de
couvrir leur pays.
Paris, 3 février
1813.
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris
Je réponds à votre
lettre du 3 février. Je vois qu'il y a aux dépôts de l'intérieur 13,260 hommes;
que je leur ai accordé sur la conscription des quatre classes 13,700 hommes,
et qu'ainsi vous demandez 18,758 hommes pour les porter au complet de 500 hommes
par dépôt. Ce nombre est trop considérable. Je vois que vous n'avez pas compris
dans les 13,000 hommes existant aux dépôts les ouvriers, etc., qui s'y
trouvent; cela fera une augmentation de 4,000 hommes environ, et il n'y aurait
plus que 14,000 hommes nécessaires.
Mon intention est
que, sur 500 hommes, 250 hommes montés partent ensemble pour la Grande Armée,
et que 150 hommes à pied, bien équipés, partent également ensemble pour
l'Allemagne, où ils recevront des chevaux; ce qui fait, pour les
quatre-vingt-huit dépôts, 35,200 hommes; et enfin il restera dans chaque dépôt
une centaine d'hommes, dans lesquels je comprends les ouvriers, les hommes à
réformer, etc., et 25 ou 30 hommes qui pourront y être pris, pour monter les
chevaux provenant des dons volontaires et qui seraient donnés sans cavaliers.
Mon intention est
de compléter tous les cadres de mes régiments de cavalerie, par la conscription
de 1814, à 1,250 hommes par régiment. Faites un
aperçu sur ces bases de ce qu'il manquerait pour les mettre sur ce pied. A la fin de mars, où je compte appeler la conscription de 1814,
on aura des renseignements plus précis; mais cet aperçu sera bon à avoir dès ce
moment, pour fixer nos idées.
Enfin il faudra
également calculer le nombre de chevaux nécessaire; par exemple : le 1er
régiment de carabiniers a 700 hommes; voulant le porter à 1,250, il faudra lui
donner 550 hommes sur la conscription de 1814; il faudra également lui fournir
550 chevaux et 550 selles dans le courant des mots de juin, juillet, août et
septembre. Si cela conduisait à des résultats trop considérables, on pourrait
le modifier.
Le nombre des
cadres sur lesquels j'opère est de seize régiments de cuirassiers ou de
carabiniers, vingt-quatre de dragons, huit de chevau-légers, vingt-huit de
chasseurs et douze de hussards; total, quatre-vingt-huit régiments; à quoi il
faut ajouter le 13e et le 14e de hussards dont je viens d'ordonner la
formation. Ces quatre-vingt-huit régiments, à 1,250 hommes par régiment, font
110,000 chevaux, desquels il faut retrancher les 12,000 qui sont en Espagne; il
reste donc 98,000 chevaux. Nous en avons actuellement, en calculant à 20,000
les dons volontaires, 63,000; ce serait donc 35,000 chevaux à se procurer à la
fin de 1813 et dans tout l'hiver jusqu'au mois d'avril 1811. Si cela était trop
considérable pour la conscription de 1814, on prendrait ce qui manquerait sur
celle de 1815, que je suppose être levée au mois de février 1814.
Paris, 4 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, il restera dans les dépôts après la formation des corps d'observation
88,000 hommes ; en ôtant 28,000 pour les dépôts, il restera 60,000 hommes que
je désire utiliser. Ce nombre doit être considérablement diminué par les
différentes dispositions que j'ai prises aujourd'hui, telles que l'envoi de
500 hommes pour chacun des vingt-huit régiments de la Grande Armée pour compléter
les 1er et 2e bataillons, en se servant d'un cadre des trois compagnies des 6e
bataillons; cela doit diminuer de 14,000 hommes. L'envoi de ce qui est
nécessaire pour la division d'Erfurt des 123e, 124e, 127e, 128e et 129e,
formera une diminution de 4,000 hommes. La formation des six bataillons de la
12e division fera une diminution de 5,000 hommes; la formation des six
bataillons des divisions de réserve doit faire une diminution de 5,000 hommes.
Il restera encore une trentaine de mille hommes disponibles, mais il faut aussi
ôter les dispositions qui seront relatives aux 35e, 36e légers, 131e 132e et
133e de ligne; ce doit être encore un objet de 5,000 hommes. Il ne restera donc
plus que 25,000 hommes. Les corps qui fournissent à Bayonne et quelques-uns qui
sont en Italie, et ne sont pas susceptibles d'être dérangés, doivent aussi
atténuer ce nombre.
Paris, 4 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
J'ai lu avec
attention votre rapport du 4 février relatif au train. Je vous ai écrit hier
pour cet objet.
Je désire que vous
me présentiez un décret général pour tout le train de France.
Il faut supprimer
la dénomination de bit et faire des régiments de deux bataillons, de quatre
compagnies par bataillon et une 9e compagnie de dépôt; renforcer les cadres en
officiers.
Le 2e bataillon
principal, le 4e principal, le 11e principal, le 14e principal et le 1er bis,
ayant à eux cinq dix-huit compagnies en Allemagne, seront incorporés, ainsi que
le 3e, le 8e le 9e, le 11e et le 13e bis; cela fera la suppression de
quarante-huit compagnies, et ces quarante-huit compagnies seront incorporées
dans le 1er, le 6e le 8e et le 9e principal. Ces quatre régiments seront
organisés à la Grande Armée à neuf compagnies, ce qui fera trente-six
compagnies. La 9e compagnie des 1er, 6e, 8e et 9e formant
le dépôt de ces régiments, se rendra en France. On compléterait en officiers et
sous-officiers les cadres qui resteraient à l'armée, et les officiers et
sous-officiers d'excédant seraient renvoyés au dépôt à Mayence. Les trente-deux
compagnies ainsi réorganisées et restant à l'armée feraient 4,480 hommes à 140
hommes par compagnie, et 8,000 chevaux à 250 par compagnie; c'est tout ce qu'il
faut en Allemagne. Tout ce que le 7e bis a de disponible se rendrait à Augsburg
pour y être incorpore dans le 7e. On enverrait des cadres de l'armée d'Espagne
pour former à Vérone un régiment de neuf compagnies sous le n° 9. Tout ce que
le 1er principal aurait de disponible se rendrait à La Fère.
Il resterait en
France quatorze compagnies des bataillons supprimés et une du 11e principal; ce
qui ferait quinze.
Il y aurait,
indépendamment de ce, quatorze compagnies qui appartiennent aux bataillons
d'Espagne, ce qui fait, d'une part, quinze compagnies disponibles, et, de
l'autre, quatorze; total, vingt-neuf compagnies ; plus sept compagnies du 7e,
ce qui fera trente-six. On en formerait quatre régiments sous les n° 16, 17, 18 et 19; chaque régiment de huit compagnies
et une compagnie au dépôt.
On organiserait
également les bataillons qui sont en Espagne.
Nous aurons donc
quatre régiments à la Grande Armée, et en France leurs quatre 9e compagnies, plus le 15e, le 16e, le 17e, le 18e et le 19e
régiment.
D'après votre
rapport, il paraîtrait qu'il y aurait à prendre 2,000 hommes de la conscription
des quatre années, qu'on donnerait aux quatre compagnies de dépôt des quatre
bataillons conservés à la Grande Armée, afin de les habiller et équiper sans
délai et de les mettre à même d'aller promptement compléter leurs corps.
Restent 3,000 hommes qui paraîtraient manquer.
Ce qu'il y a de
plus pressant, c'est que vous preniez d'abord 1,600 hommes
sur les 10,000 hommes que j'ai mis hier à votre disposition. Prenez-en
davantage, si vous en avez besoin, et rédigez-moi une bonne organisation du
train, composé de régiments à deux bataillons, chaque bataillon de quatre
compagnies et le régiment n'ayant qu'un seul dépôt.
Nous avons
aujourd'hui vingt-sept bataillons, je crois, à quatre et à six compagnies. Il
serait donc possible de diminuer de près de moitié le nombre des
administrations et de n'avoir qu'une quinzaine de régiments. C'est une économie
notable et une grande simplification d'ordre que de diminuer le nombre des
dépôts.
Paris, 4 février
1813.
Au général comte Bertrand,
commandant le corps d’observation d’Italie, à Vérone
Monsieur le Comte
Bertrand, vous aurez reçu vos ordres pour le corps d'observation d'Italie.
Toutes vos dispositions doivent être faites. II est nécessaire que tout soit
réuni à Bassano, Vicence, Vérone et Brescia au 1er mars. Ces divisions devant
entrer dans le Tyrol, elles pourront passer par Bassano, Vérone et Brescia pour
se rendre à Trente. La division italienne se réunira à Brescia.
Paris, 4 février
1813.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Écrivez au général
Morand, commandant dans la Poméranie suédoise, qu'il ait à mettre en règle les
ouvrages qui défendent l'Ile de Rügen et la Poméranie. Faites-lui connaître
qu'un corps de 15 ou 20,000 hommes arrivera au mois d'avril pour la défense du
pays; qu'il est donc convenable que les approvisionnements soient faits, que
tout soit en état, et qu'il n'attende pas le dernier moment pour armer ses
ouvrages.
Paris, 4 février
1813.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Mon Fils, les
places de Glogau, Stettin, Küstrin, Spandau et Magdebourg ont besoin d'une
grande quantité de bois, soit pour blockhaus ou blindages. Mon intention est
que vous donniez des ordres sur-le-champ pour que tous les bois qui seraient
dans ces villes soient requis, et que tous les trains de bois qui seraient à
huit lieues aux environs sur les rivières, appartenant soit au roi de Prusse,
soit à des particuliers, soient requis et transportés dans la ville. Si cela
n'est pas suffisant, des coupes doivent être entreprises dans tous les bois le
plus à proximité de la ville, soit propriétés particulières, soit propriétés
royales ; enfin qu'on ne néglige rien et qu'on se procure tout ce qui est
nécessaire. Vous donnerez les mêmes ordres pour l'approvisionnement de bois.
J'entends que cela ne coûte rien ; qu'on prenne dans les forêts, soit
particulières, soit royales, et dans les promenades; qu'on établisse ainsi une
grande quantité de gabions, de saucissons et de piquets.
Comme j'ai ordonné
qu'il y eût beaucoup d'artillerie dans ces places, ainsi que des officiers du
génie, ils doivent s'occuper sans délai de ce qui est nécessaire. Ordonnez que
le comité de défense, présidé par le gouverneur et composé d'officiers du génie
et d'artillerie et de commissaires des guerres, fasse toutes les réquisitions
et prenne toutes les mesures nécessaires sur-le-champ et sans attendre votre
approbation; ils vous enverront cependant toutes leurs délibérations. Enfin
toutes les places doivent être approvisionnées pour un an pour les garnisons
qu'elles doivent avoir. Vous leur donnerez des instructions pour qu'en cas
d'investissement tous les bestiaux et les fourrages qui seraient à leur
convenance, à huit ou dix lieues de la place, soient renfermés dans la ville.
Il faut palissader
le plus promptement possible Ce qui doit être palissade, et blinder ce qui doit
être blindé. Le commissaire des guerres sera de même chargé de demander chez
les habitants et de transporter dans les magasins, avec de bons reçus, les
objets de médicaments et de fournitures, et tout ce qui peut servir à faire des
sacs à terre, des cartouches et des gargousses.
Vous savez que la
plus importante de ces places est Küstrin. Vous ferez connaître aux gouverneurs
que je n'accepterai aucune excuse, et que si, avec de bons reçus, ils ne se
procurent pas dans leurs commandements tout ce qui leur est nécessaire, je les
en rendrai responsables, et les regarderai comme coupables de ne l'avoir pas
fait.
Paris, 5 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, je réponds à votre lettre du 1er février (bureau de l'artillerie).
L'état n° 1
contient les équipages du 11e corps, ou avant garde, portés à 76 bouches à feu,
ceux de la cavalerie d'avant-garde, portés à 24, et ceux de la cavalerie des
1er, 2e et 4e corps, formant, avec ce qui précède, 222 bouches à feu et 1,472
voitures. Cet état me paraît bien, mais il faut que vous y compreniez
l'artillerie italienne. Ainsi vous ne portez l'existence du 11e corps qu'à 76
bouches à feu : cela me parait bien peu ; comprenez-vous là-dedans la batterie
italienne qui faisait partie de la 35e division ? Alors le manquant, au lieu
d'être 54, serait moindre.
Je vois qu'il faut
pour l'avant-garde, ou 11e corps, 3,000 chevaux (c'est là le plus pressant à
fournir), et que pour l'avant-garde du 1er, du 2e et du 4e corps il faut 7,400
chevaux; c'est à peu près ce que nous pouvons tirer d'Allemagne.
La formation de
l'équipage d'avant-garde, ou du 11e corps, fort de 100 bouches à feu et de 640
voitures, est tout ce qu'il y a de plus pressé; après cela, la formation de la
moitié de l'artillerie et de l'équipage du 1er corps, du 2e et du 4e, formant
16 pièces à pied et une batterie à cheval, c'est-à-dire 22 bouches à feu pour
le 1er corps, 22 bouches pour le 2e 22 bouches à feu pour le 4e; ensuite la
formation de l'artillerie du corps d'observation de l'Elbe; après celle-ci, la
formation de la 2e partie de l'artillerie du ler, du
2e et du 4e corps, la formation de l'artillerie du 1e corps d'observation du
Rhin, et puis celle du 2e corps. Je ne parle pas du corps d'observation
d'Italie, qui forme un système à part.
Paris, 5 février
1813.
A Eugène
Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Mon Fils, je reçois
votre lettre du 30 janvier. Je vois, dans l'état de l'artillerie de campagne,
que vous avez 92 pièces ; mais j'y vois une division Girard portée pour 12
pièces : je ne sais pas ce que c'est que cette division. Il serait donc bien
convenable que vous m'envoyassiez la situation de tous les corps que vous avez
sous la main, afin de me tenir au courant.
J'approuve fort le
parti que vous avez pris pour les envois à Erfurt.
Vous verrez dans la
copie ci-jointe ce que je viens d'ordonner au ministre de la guerre.
Paris, 5 février
1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, je n'approuve pas la formation des cinquante demi-brigades provisoires,
formant cent cinquante bataillons, pour la garde de l'intérieur; voici de
quelle manière ce travail doit être fait.
3e DIVISION
MILITAIRE.
Je vous ai fait
connaître mes intentions pour la 32e division militaire, et j'ai organisé une
division de douze bataillons, qu'il faut porter à quinze, et à dix-huit s'il
est possible, en les faisant fournir soit par les cadres des 30e, 31e et 32e
divisions de la Grande Armée qui reviennent, soit par les 5e bataillons, en ne
tirant que trois compagnies de chaque 5e bataillon. Ces dix-huit bataillons
formeront trois brigades, dont une de six bataillons sera placée à Hambourg;
une autre de même force à Bremen, et la troisième à Osnabrück ou Lubeck, selon
les circonstances.
FRONTIÈRES DU RHIN
ET DE L'OCÉAN.
La défense de la
France, depuis les 31e et 17e divisions militaires jusqu'à Besançon et jusqu'à
Bordeaux, aura lieu de deux manières : par la formation de bataillons de
garnison, composés de compagnies tirées des 5e bataillons et qui tiendront
garnison dans nos places fortes, et par la formation de demi-brigades
provisoires.
Les demi-brigades
seront d'abord au nombre de vingt-quatre pour cette partie de la frontière qui
s'étend depuis la 31e division jusqu'à la 11e.
Chaque demi-brigade
sera composée de trois bataillons entiers, sans qu'il puisse y entrer, sous
quelque prétexte que ce soit, une fraction de 5e bataillon. Ces vingt-quatre
demi-brigades seront formées ainsi qu'il suit :
La 1e demi-brigade,
des 6e bataillons des 7e, 13e et 15e régiments d'infanterie légère; la 2e
demi-brigade, des 6e bataillons des 33e, 26e et 24e légers; la 3e
demi-brigade, des 4e bataillons des 11e, 10e légers et du 21e, qui
vient d'Espagne; la 4e demi-brigade, des bataillons des 9e, 27e et 28e légers,
qui viennent d'Espagne; la 5e demi-brigade, des 6e bataillons du 12e, qui
vient d'Espagne, des 5e et 29e légers; la 6e demi-brigade, des 6e bataillons
des 12e, 21e et 17e de ligne; la 7e demi-brigade, des 6e bataillons des 25e,
30e et 33e; la 8e demi-brigade, des 6e bataillons des 48e, 57e et 108e; la 9e
demi-brigade, des 6e bataillons des 85e, 61e et 111e; la 10e demi-brigade, des
6e bataillons des 2e, 19e et 37e; la 11e demi-brigade, des 6e bataillons des
56e, 72e et 46e; la 12e demi-brigade, des 6e bataillons des 4e, 18e
et 93e; la 13e demi-brigade, des bataillons des 3e, 105e et 29e, qui
reviennent de la Grande Armée; la 14e demi-brigade, des bataillons des 124e,
127e et 128e qui reviennent d'Erfurt; la 15e demi-brigade, des bataillons des
129e, 131e et 132e; la 16e demi-brigade, des bataillons des 133e,
29e et 40e; la 17e demi-brigade, des bataillons des 63e, 65e et 43e,
qui reviennent d'Espagne; la 18e demi-brigade, des bataillons des 34e, 69e et
67e; la 19e demi-brigade, des bataillons des 100e, 103e et 123e; la 20e
demi-brigade, des bataillons des 8e, 45e et 54e; la 21e demi-brigade, des
bataillons des 94e, 95e et 21e; la 22e demi-brigade, des bataillons des 32e,
58e et 64e; la 23e demi-brigade, des bataillons des 47e, 70e et 86e; la 24e
demi-brigade, des bataillons des 15e, 121e et 122e, venant d'Espagne.
Ces vingt-quatre
demi-brigades formeront six divisions; chaque division, quatre demi-brigades ou
douze bataillons, savoir :
La le
division, à Mayence, composée des 1e, 10e, 11e et 12e demi-brigades;
La 2e division, à
Wesel, composée des 3e, 6e, 7e et 9e demi-brigades ;
La 3e division, à
Anvers, composée des 2e, 8e, 17e et 21e demi-brigades ;
La 4e division, à
Utrecht, composée des 4e, 13e, 19e et 20e demi-brigades ;
La 5e division, à
Cherbourg, composée des 5e, 14e 18e et
22e demi-brigades ;
La 6e division, à
Rennes, composée des 23e, 24e, 15e et 16e demi-brigades.
Les bataillons de
garnison seront au nombre de quarante-cinq ; ils seront tirés des 5e
bataillons, qui fourniront chacun trois compagnies :
A Huningue, un bataillon
ou 840 hommes; à Strasbourg, deux bataillons, 1,680 hommes; à Mayence, deux
bataillons, 1,680; à Wesel, deux bataillons, 1,680; à Anvers, deux bataillons,
1,680; à Berg-op-Zoom, Willemstad et Goeree, deux bataillons, 1,680; à
Flessingue, deux bataillons, 1,680; à Coeverden et Delfzyl, deux bataillons,
1,680; à Hellevoetsluis et à Brielle, deux bataillons, 1,680; à Ostende et
Nieuport, deux bataillons, 1,680; à Gravelines et Dunkerque, deux bataillons,
1,680; à Calais, deux bataillons, 1,680; à Boulogne et Montreuil, deux
bataillons, 1,680; à Abbeville, un bataillon, 840; au Havre, un bataillon, 840;
à Cherbourg, deux bataillons, 1,680; à Saint-Malo, deux bataillons, 1,680; à
Brest, deux bataillons, 1,680; à Lorient, deux bataillons, 1,680; à Belle-Île,
deux bataillons, 1680; à Nantes, deux bataillons, 1,680; à la Rochelle, à l'Ile
de Ré et à l'Ile d'Yeu, deux bataillons, 1,680; à l'île d'Aix, à l'Ile d'Oléron
et à Rochefort, deux bataillons, 1,680 ; aux côtes de Bordeaux, 2 bataillons ou
1,680 hommes : total, quarante-cinq bataillons de garnison et 37,800 hommes.
Vous ferez faire le
projet de formation de ces bataillons. Vous aurez soin de faire fournir les
compagnies qui doivent les composer, autant que possible, par les dépôts qui
sont dans la place. Il faut du moins les composer, autant que faire se pourra,
sans sortir de la division militaire.
Les compagnies
d'artillerie qui restent en France seront réparties de manière que chaque place
forte en ait suffisamment pour remuer quelques pièces, et que, si une place se
trouvait menacée, on puisse trouver, à cinq ou six jours de marche, tout ce
qu'il serait nécessaire d'y renfermer.
En général, j'ai
mis dans les mêmes demi-brigades les corps de la Grande Armée. J'ai éloigné les
123e, 124e, 125e, 128e, 129e régiments des côtes de la Hollande et de
l'Allemagne, en les jetant du côté de Cherbourg et de Rennes.
Les bureaux qui
vérifieront ce travail verront ce qu'il y a à faire pour le perfectionner. En
ayant égard aux considérations ci-dessus, mon intention est de placer les
régiments de manière qu'on les éloigne le moins possible de leurs dépôts.
Ainsi, pour cette
partie de la France, il y aura vingt-quatre demi-brigades, formant soixante et
douze bataillons, quarante-cinq bataillons de garnison et trois de pupilles ou
cent vingt bataillons. Cette force est plus qu'il n'est nécessaire ; mais la
formation des bataillons de garnison aura l'avantage de rendre disponibles les
vingt-quatre demi-brigades provisoires, qui pourraient se porter en Hollande, à
Hambourg, ou sur les derrières de l'armée en Allemagne, si les circonstances
l'exigeaient dans le courant de Tannée.
FRONTIÈRE DES
PYRÉNÉES.
Le corps
d'observation de Bayonne doit être l'objet d'un travail à part. Le 31e léger,
le 34e, le 115e, le 116e, le 117e, le 118e, le 119e et le 114e sont
spécialement destinés à former ce corps.
TOULON.
II sera formé, pour
la défense de Toulon, trois demi-brigades provisoires, sous les numéros 25, 26
et 27; elles seront composées ainsi qu'il suit : 25e demi-brigade, les
bataillons des 1e, 16e et 62e de ligne; 26e demi-brigade, les bataillons des
5e, 11e et 60e de ligne; 27e demi-brigade, les bataillons des 79e, 81e de ligne
et le bataillon du 32e léger. Il sera de plus formé, pour la garnison de
Toulon, quatre bataillons de garnison ; deux pour Marseille, deux pour Antibes,
deux pour Cette ; total, dix bataillons de garnison ; on les prendra dans les
7e, 8e et 9e divisions militaires.
PIÉMONT. — 27e ET
28e DIVISIONS.
Il sera formé, pour
la défense du Piémont, d'Alexandrie et de Gènes, une division composée de trois
demi-brigades, qu'on organisera sous les nos 28, 29 et 30, savoir : 28e
demi-brigade, les bataillons des 7e, 52e et 67e; 29e demi-brigade, les
bataillons des 101e, 20e et 42e qui viennent d'Espagne; 30e demi-brigade, les
6e bataillons du 42e et du 102e et le bataillon du 102e qui vient d'Espagne.
Il sera formé, de
plus, deux bataillons de garnison pour Gênes, deux pour Alexandrie, un pour
Turin, un pour la Spezia; total, six bataillons de garnison à tirer de douze
régiments.
ITALIE.
Il sera formé, pour
l'Italie, quatre demi-brigades, ainsi qu'il suit : 31e demi-brigade, les 6e bataillons du 9e du 35e et du 53e. 32e demi-brigade,
les 6e bataillons du 54e du 92e et du 106e; 33e demi-brigade, les 6e bataillons
du 112e, du 13e de ligne et le bataillon du 8e léger qui revient d'Espagne; 34e
demi-brigade, les 6e bataillons du 8e léger, du 18e et du 36e.
Il sera formé, en
outre, six bataillons de garnison : deux pour Palmanova, deux pour Venise, un
pour Ancône, un pour Livourne; total, six.
Ces troupes seront
mêlées avec vingt-quatre bataillons italiens, de manière à former deux belles
divisions, qui pourront surveiller, l’une les provinces illyriennes, Venise et
le Tyrol; l'autre, Ancône, la Toscane et Rome.
Cette organisation
sera l'objet d'un travail particulier.
RÉCAPITULATION.
1° Frontières du
Rhin et côtes de l'Océan : 24 demi-brigades et 45 bataillons de garnison ;
ensemble, 117 bataillons;
2° Côtes de Toulon
: 3 demi-brigades et 10 bataillons de garnison ; ensemble, 19 bataillons;
3° 27e et 28e
divisions : 3 demi-brigades et 6 bataillons de garnison; ensemble, 15
bataillons;
4° Italie : 4
demi-brigades et 6 bataillons ; ensemble, 18 bataillons.
Total, 34
demi-brigades et 67 bataillons de garnison; ensemble, 169 bataillons.
Cette lettre ne
doit être considérée que comme une instruction, et vous devez me proposer
mieux, si vous en trouvez les moyens.
Je pense que les
bataillons de garnison doivent être multipliés autant qu'on le pourra, sans
trop éloigner les troupes de leurs dépôts. L'avantage que j'y trouve est que
les divisions composées de demi-brigades puissent devenir actives et se porter
partout où il serait nécessaire, puisque la sûreté des places se trouvera
confiée à des troupes à part.
Toutes ces
dispositions doivent faire la valeur de 140,000 hommes.
Paris, 6 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, la cavalerie de la Grande Armée sera divisée provisoirement en deux
corps, le 1er et le 2e.
Le 1er corps sera
commandé par le général Latour-Maubourg. Ce corps sera composé de deux
divisions de cavalerie légère et de deux divisions de cuirassiers. Chaque
division aura une batterie d'artillerie à cheval et sera divisée en deux
brigades. Deux généraux de brigade seront donc attachés à chaque division.
La 1e division de
cavalerie légère sera commandée par le général Bruyère, l'autre par le général
Chastel. Ces deux divisions comprendront tous les régiments qui faisaient
partie de la le division de cavalerie légère, tous
ceux de la 3e division de cavalerie légère qui était attachée au 3e corps de
cavalerie, enfin tous ceux des deux brigades de cavalerie légère qui étaient
attachées au 1er corps d'armée et des deux brigades attachées au 4e corps
d'armée, ainsi que les 1er, 3e et 5e régiments de chevau-légers.
Ainsi la 1e
division de cavalerie légère, commandée par le comte Bruyère, sera composée des
3e et 4e brigades et des 1er, 3e, 5e et 8e régiments de chevau-légers; total,
huit régiments.
La 3e division de
cavalerie légère, commandée par le général Chastel, sera composée des 10e, 11e,
12e et 13e brigades, et des 1er, 2e et 3e régiments de chasseurs; total, onze
régiments.
La 1e division de
cuirassiers sera commandée par le général Bordesoulle, et composée des 2e, 3e,
6e, 9e, 11e et 12e régiments de cuirassiers ; total, six régiments, qui
formeront deux brigades.
La 3e division de
cuirassiers sera commandée par le général Doumerc, et composée des 4e, 7e et
14e de cuirassiers; 7e 23e, 28e et 30e régiments de dragons; total, sept
régiments, qui formeront deux brigades.
Le 1er corps de
cavalerie aura donc deux divisions de cavalerie légère et deux divisions de
cuirassiers, ou dix-neuf régiments de cavalerie légère, neuf de cuirassiers et
quatre de dragons ; en tout, trente-deux régiments.
Le général
Latour-Maubourg prendra le commandement des quatre divisions ci-dessus. Il y
aura un général d'artillerie pour commander l'artillerie de ce corps. Tons les
détachements qui doivent faire partie de ces quatre divisions se réuniront à
Posen ou à Francfort-sur-l'Oder, selon que le vice-roi le désignera ; de
manière que chaque régiment ait une compagnie de 100 hommes présents, montés,
bien équipés et bien armés; ce qui portera sur-le-champ ce corps à 3,200
hommes. Le général Latour-Maubourg nommera un général de brigade pour faire les
fonctions d'inspecteur, afin de parcourir les dépôts de ces différents régiments
et, à mesure qu'on le pourra, faire partir une seconde compagnie afin de former
un escadron; ce qui portera ce corps à 6,400 hommes, ce qui est l'évaluation de
ce qu'il doit y avoir à la Grande Armée, appartenant à ces régiments.
Le 2e corps de cavalerie
se réunira à Magdeburg et sur l'Elbe. II sera commandé par le général
Sébastiani, qui prendra les ordres du général Lauriston. Il sera composé de
deux divisions de cavalerie légère et d'une division de cuirassiers, savoir :
la 2e division de cavalerie légère, commandée par le général Pajol et composée
des 7e et 8e brigades de cavalerie légère, du 2e et du 4e régiment de
chevau-légers ; total, six régiments ; la 4e division de cavalerie légère,
commandée par le général Exelmans et composée du 6e lanciers et des 4e, 7e,
20e, 23e, 24e de chasseurs et 11e de hussards; total, sept régiments.
Chacune de ces
divisions sera formée en deux brigades et aura deux généraux de brigade.
La 2e division de
cuirassiers, commandée par le comte Wattier, sera composée des 1er, 5e, 8e et
10e régiments de cuirassiers et des 1er et 2e de carabiniers; total, six
régiments.
Total des trois
divisions du 2e corps, dix-neuf régiments.
La division Wattier
sera également formée en deux brigades et aura deux généraux de brigade.
Chaque division de
cavalerie légère aura une batterie d'artillerie à cheval; la 2e division de
cuirassiers en aura deux; cela fera quatre batteries pour le 2e corps. Un
général d'artillerie de la réserve sera attaché au commandement de l'artillerie
de ce corps.
Le 2e corps se
réunira à Magdeburg et sur l’Elbe. Le général Sébastiani désignera les généraux
de brigade en prenant parmi ceux qui étaient employés dans les brigades qui
font partie de ce nouveau corps. Tous les généraux et adjudants commandants qui
ne seront pas compris dans l'organisation du 1er et du 2e corps se rendront
sans délai à Mayence. Le général Sébastiani choisira également un général de
brigade pour faire les fonctions d'inspecteur, afin de parcourir les dépôts des
régiments et faire réunir sur l'Elbe, entre Magdeburg et Dessau, tous les
hommes montés et équipés, pour avoir le plus tôt possible un escadron pour
chaque régiment du 2e corps.
Recommandez au
général Latour-Maubourg et au général Sébastiani de prendre toutes les mesures
convenables, et de correspondre avec vous et le général Bourcier, pour la
prompte organisation de leurs corps respectifs, qui, avec les secours de
France, doivent se trouver au complet de 1,000 hommes
par régiment.
Il sera formé en
France deux corps qui se composeront, l'un, de tous les détachements
appartenant au 1e corps de cavalerie; l'autre, de tous les détachements
appartenant au 2e corps. Un général de division, revenant de l'armée, sera
chargé du commandement du premier de ces deux corps. Il en sera de même pour le
commandement du second.
Les détachements du
1er corps seront formés en quatre divisions et ceux du 2e en trois divisions,
correspondant aux divisions du 1er et du 2e corps de cavalerie; chaque division
sera commandée par un général de brigade.
Vous me rendrez
compte de tous les détachements montés et équipés qui pourront partir des
dépôts de France, du 15 février au 1er mars, pour se rendre à Mayence, où se
réuniront ces deux corps, et de là sur l'Oder ou sur l'Elbe.
Vous chargerez deux
généraux arrivés de l'armée à Mayence de parcourir les dépôts pour les passer
en revue et activer l'organisation et le départ des différents détachements.
Il sera également
formé en France un 3e corps, commandé aussi par un général de division. Ce
corps sera composé de quatre divisions, formées de tous les escadrons que
pourront fournir en France les dépôts des régiments qui sont en Espagne.
Les escadrons du
duché de Berg qui sont à la Grande Armée, et qui seraient en état, se réuniront
au régiment de la Garde qui est à Posen et que commande le major Lion.
La brigade de
cavalerie légère et de dragons qui est à Danzig, sous les ordres du général
Cavaignac, formera une brigade désignée sous le nom de brigade Cavaignac,
formant garnison à Danzig.
Napoléon.
P. S. Le 3e corps,
formé en France, sera sous le titre d'Escadrons de l'armée d'Espagne. Il se
réunira à Metz et sera composé de quatre divisions :
1e division. 1e
brigade : deux escadrons du 5e de chasseurs, deux escadrons du 10e, deux du
13e, deux du 14e, de 500 hommes chacun : 2,000 hommes. 2e brigade : deux
escadrons du 15e de chasseurs, deux du 21e, deux du 22e, deux du 26e, de 500
hommes chacun : 2,000 hommes. Soit, pour la 1e division 4,000 hommes.
2e division. 1e
brigade : deux escadrons du 27e de chasseurs, deux du 28e, deux du 29e, deux du
31e, de 500 hommes chacun : 2,000 hommes. 2e brigade : deux escadrons du 1e de
hussards, deux escadrons du 2e, deux du 3e, deux du 4e, deux du 9e, de 500
hommes chacun : 2,500 hommes. Soit, pour la 2e division, 4,500 hommes.
3e division. 1e
brigade : deux escadrons du 2e de dragons, deux du 5e, deux du 12e, deux du
13e, deux du 14e : 2,500 hommes. 2e brigade (comprenant tout ce qui fait partie
de la brigade Cavaignac à Danzig) : deux escadrons du 17e de dragons, deux du 19e,
deux du 20e, deux du 4e deux du 6e de 500 hommes chacun : 2,500 hommes. Soit,
pour la 3e division, 5,000 hommes.
4e division. 1e
brigade : deux escadrons du 116 de dragons, deux du 15e, deux du 16e deux du
18e, deux du 21e de 500 hommes chacun : 2,500 hommes. 2e brigade : deux
escadrons du 22e de dragons, deux du 24e, deux du 25e, deux du 26e, deux du 27e
de 500 hommes chacun : 2,500 hommes. Soit, pour la 4e division, 5,000 hommes.
Le général Grouchy
prendra le commandement de cette réserve. Le général Kellermann prendra le
commandement de la 1e division de cavalerie légère. Le général Defrance
commandera une des deux divisions de dragons.
Vous me proposerez
les autres généraux de division et de brigade à employer, et vous les prendrez
parmi ceux qui reviennent de la Grande Armée et qui n'ont pas encore de
destination.
Paris, 6 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, il est temps de s'occuper en détail de l'organisation du corps
d'observation de l'Elbe, qui sera dans le courant de ce mois à Magdeburg. Mon
intention est que vous donniez ordre au général Lauriston d'avoir du 15 au 20
février son quartier général à Magdeburg. Sa première division sera placée à
Brandenburg; sa seconde, à Magdeburg ; sa troisième, à Brunswick ; sa
quatrième, à Halberstadt.
Il faut que tous
les généraux de division, adjudants commandants, chefs d'état-major, adjoints
d'état-major, commandants d'artillerie, commissaires des guerres,
administrations, et deux généraux de brigade par division, soient présents à
cette époque. Prenez en conséquence les meilleurs généraux parmi ceux qui
commandaient les cohortes qui font aujourd'hui partie du corps d'observation de
l'Elbe, et donnez-leur ordre de rejoindre leur division sans délai.
Cet ordre à donner
est très-pressant.
Nommez un général
du génie pour commander le génie. L'ordonnateur et le général du génie sont
nommés.
Paris, 6 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je reçois votre
rapport du 6 février (bureau de l'artillerie). Je vois avec plaisir que vous
avez déjà 3,000 chevaux de rendus. Vous me proposez de mettre en mouvement 600
voitures, savoir : 280 pour ce qui manque à l'avant-garde, 60 pour la 2e
division du corps de L'Elbe, 130 pour la 4e division du même corps, 130 à
prendre pour ce qui est nécessaire pour compléter la Grande Armée : il me
faudrait étudier une heure pour comprendre ce que cela veut dire.
Je désire que vous
me remettiez un état que vous diviserez en quatre parties, et qui m'indiquera
le personnel du train qui est dans l'intérieur, et quelles sont les compagnies
que vous destinez à atteler les voitures du corps d'observation de l'Elbe,
celles du 1er corps d'observation du Rhin, celles du 2e corps du Rhin, et
enfin celles à envoyer à la Grande Armée. Enfin vous me ferez connaître ce qu'au
15 février chaque compagnie pourra avoir de disponible, le nombre de voitures
qu'elles pourront atteler et de quel calibre et de quelle espèce sont ces
voitures.
Je regarde les
trois premières divisions du corps de l'Elbe comme déjà rendues ; il est donc
important de faire arriver l'artillerie qui est nécessaire. La 1e division du
1er corps du Rhin est déjà à Francfort; il est donc important de lui envoyer
son artillerie. L'artillerie de l'avant-garde est de la première importance; il
y manque 280 voitures ; il est important de les envoyer. Quant aux 1er, 2e et
4e corps, cela presse moins. J'attendrai donc ces états et les projets de mouvement
pour les approuver définitivement. En attendant, écrivez pour prévenir les
directeurs qu'ils vont recevoir l'ordre de mettre en marche des chevaux et des
hommes; qu'ils activent l'armement, l'habillement, etc.
L'entrée en
Allemagne d'une quantité aussi considérable de voitures sera d'un grand et bon
effet.
Paris, 6 février
1813.
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte
de Cessac, le corps d'observation de l'Elbe, composé de quatre divisions, est
en marche pour Magdeburg, où le quartier général sera rendu du 15 au 20. Vous
avez déjà nommé l'ordonnateur en chef. Il est nécessaire qu'il y ait un
commissaire des guerres et un adjoint pour chaque division, qu'il y ait un
médecin et un chirurgien principal pour le corps d'armée, et autant de chirurgiens
que le comporte la force du corps.
Chaque division a
besoin de six caissons d'ambulance chargés, indépendamment de six pour le
quartier général; ce qui fait trente caissons.
J'ai destiné un
bataillon d'équipages militaires, le premier qui sera en état, pour faire
partie de ce corps. Je désire que vous fassiez partir au 15 février une
compagnie de quarante caissons de ce bataillon, bien attelés et bien servis ;
vous les ferez charger d'effets d'ambulance à Mayence, et vers la mi-mars ces
caissons pourront être partagés entre les quatre divisions, et il aura été
pourvu à cette partie du service.
Il faut des chefs
d'administration aux différentes divisions et au corps d'armée. Il n'y a pas un
moment à perdre pour organiser ces services ; tout ce qui doit composer
l'administration doit être rendu au 1er mars à
Magdeburg.
Faites-moi
connaître quand les 2e, 3e, 4e et 5e compagnies d'équipages destinées à ce
corps pourront partir pour Magdeburg. Ce bataillon doit partir aussitôt qu'il
sera possible, compagnie par compagnie ; toutes, hormis la première, qui doit
prendre les effets d'ambulance, doivent faire route à vide, a6n d'arriver en
meilleur état à Magdeburg.
Paris, 6 février 1813
Au général comte de Lauriston, commandant
le corps d’observation de l’Elbe, à Munster
Monsieur le Comte
Lauriston, j'ai reçu votre lettre de Wesel du 3 février. Le corps d'observation
du Rhin veillera aux désordres du grand-duché de Berg. Je pense qu'il est
convenable qu'au 16 février tout ce que vous avez dans ce duché en parle, et
que vous réunissiez toutes vos divisions sur Magdeburg, où votre quartier
général doit être du 15 au 20 février. Vous pourrez placer une division sur la
rive droite et une sur la rive gauche, à trois ou quatre journées de Magdeburg,
en ayant soin qu'il n'y ait aucun détachement venant de la Grande Armée avec
vos troupes. Les compagnies d'artillerie à pied sont déjà rendues à Magdeburg.
Successivement le matériel y arrivera, et la présence d'une force aussi
considérable à Magdeburg se fera ressentir jusque sur la Vistule. Vous pouvez
laisser un régiment à Hambourg, jusqu'à ce que les six bataillons des divisions
réunies soient arrivés à Hambourg.
J'ai changé le
commandant de votre 1e division; au lieu du général Carra Saint-Cyr, ce sera le
général Maison, excellent officier; je lui ai fait donner ordre de se rendre à
Hambourg. Le général Lagrange, qui commande votre 2e division, doit déjà être
arrivé, ainsi que le général Puthod. Le général Rochambeau, qui commande votre
4e division, est déjà rendu à Mayence.
Le ministre de la
guerre a dû vous instruire des ordres que j'ai donnés pour qu'on envoyât à
Magdeburg un choix de chefs de bataillon, de capitaines, d'adjudants-majors
et d'officiers qui seront à votre disposition; cela vous fera 3 à 400
officiers. Vous passerez la revue de vos régiments, vous renverrez les
officiers incapables et mettrez à leur place ceux qui vous arrivent. Moyennant
ces changements, j'espère que ces cohortes seront de bonnes troupes. Je donne
l'ordre qu'on envoie à chaque division deux généraux de brigade pris parmi ceux
qui servaient dans les cohortes ; enfin il faut que tous les régiments soient
réunis de manière à pouvoir s'exercer tous les jours aux évolutions de ligne,
faire l'exercice à feu, tirer à la cible, etc.
Je pense que vous
pouvez placer votre 1e division entre Magdeburg et Berlin, à Brandenburg, la 2e
à Magdeburg, la 3e à Brunswick et la 4e du côté de Halberstadt; votre
état-major doit être à Magdeburg. Vous aurez ainsi toutes vos troupes dans la
main. Vos généraux de division pourront voir tous les jours leurs corps, et
vous pourrez voir plusieurs fois dans le mois vos divisions. Un mois ainsi de
séjour, si les circonstances le permettent, mettra votre armée dans une bonne
organisation.
J'ai donné ordre
qu'un bataillon d'ouvriers de marine partit au 15 février d'Anvers pour se
rendre à Magdeburg. Il sera jusqu'à nouvel ordre attaché à votre parc du génie
et de l'artillerie.
Paris, 6 février
1813
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Mon Fils, je vous
envoie la copie de la lettre que j'écris au ministre de la guerre;
conformez-vous-y sur-le-champ. Le corps du général Latour-Maubourg avec ses,
quatre divisions se formera à Posen ou à Francfort-sur-l’Oder. Les trois
divisions que commandera le général Sébastiani se réuniront à Magdeburg et sur
l'Elbe. Donnez donc aussitôt l'ordre que tous les détachements de cavalerie qui
composeront les quatre divisions du 1er corps se mettent en marche sur Posen
ou Francfort, selon que vous le déciderez, et que tous ceux qui composeront les
trois divisions du 2e corps se mettent en marche pour se rendre sur l'Elbe.
Quant au régiment italien de la division Grenier, vous le placerez à la
division de cavalerie légère qui vous conviendra.
Je pense qu'il
convient de réunir les régiments de cavalerie lithuanienne avec les régiments
de lanciers polonais de ma Garde et d'en former une brigade dont vous donnerez
le commandement au général Dejean. Cette brigade, réunie aux 800 hommes de ma
Garde que commande le major Lion, pourra former une petite division. Reste-t-il
quelque chose de la cavalerie napolitaine ? S’il n'y a plus de chevaux, il doit
rester des hommes; envoyez-les-moi sur les derrières pour les remonter. J'ai
ordonné que les Italiens soient remontés des dépôts comme les Français.
Ma Garde a déjà ici
4,000 hommes à cheval, 12,000 d'infanterie et soixante pièces de canon
attelées. Je compte faire partir, du 15 au 20 de ce mois, une belle division de
12,000 hommes avec soixante pièces de canon et 3,000 hommes de cavalerie. J’ai
porté le complet de la cavalerie de ma Garde à 10,000 hommes.
Prenez toutes les
mesures convenables pour activer le recrutement des 1er et 3e régiments de
lanciers polonais. Le général Dejean, qui commande cette brigade, doit en
suivre l'organisation avec activité. Il faut aussi tâcher de recruter les deux
régiments lithuaniens ; cela sera une ressource.
Par les
dispositions que j'ai prises vous voyez que je ne parle point de la cavalerie
alliée, qui faisait partie des brigades dans l'ancienne organisation. Il n'y a
pas de Bavarois, de Wurtembergeois et de Westphaliens ; mon intention est qu'à
mesure qu'il en arrivera ils se réunissent au 2e corps de cavalerie commandé
par le général Sébastiani. 2,000 Bavarois, 2,000 Wurtembergeois et 2,000
Westphaliens doivent être prêts à partir dans le courant de mars. Quant aux
Saxons, il faut les laisser se réunir à leur corps sous les ordres du général
Reynier; en attendant, ils pourront former une brigade de 2,000 chevaux, dont
le beau régiment de cuirassiers fera partie, et qui se réunira sur votre
droite. La même chose s'applique aux Prussiens. Les seize régiments polonais
formeront deux divisions, chacune de huit régiments et de deux brigades. Si ces régiments avaient bientôt 500 chevaux,
cela ferait 4,000 chevaux par division.
Napoléon.
P. S. Vous verrez
dans cette même lettre que j'écris au ministre de la guerre la formation d'un
3e corps de cavalerie, qui sera composé de deux escadrons tirés chacun des
régiments de l'armée d'Espagne et qui sont déjà en France. Ce 3e corps, composé
de quatre divisions, sera d'environ 18,000 hommes. J'ai nommé le général
Grouchy pour le commander, et j'ai donné des divisions aux généraux Kellermann
et Defrance. Reste à prendre deux généraux de division et huit généraux de
brigade, qu'il faut choisir parmi ceux qui ne seront pas employés dans les
autres corps d'armée.
Paris, 7 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, écrivez au duc de Castiglione que le corps prussien est bien placé à Neu-Stettin, qu'il ne faut pas le mettre sur les derrières
de l'armée française, mais en ligne, et de manière à pouvoir marcher sur la
gauche de nos troupes ; qu'il serait dangereux de laisser sur nos derrières un
rassemblement ainsi formé.
Paris,7 fevrier 1813
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Il faut réitérer
l’ordre au roi d'Espagne de se porter à Valladolid ; et au général Reille de
secourir la Navarre, puisque les Anglais sont actuellement hors d'état de rien
faire.
Paris, 7 février
1813.
Au général Duroc, duc de Frioul, grand-maréchal du palais à
Paris.
Mon intention est
d'employer un million pour être distribué entre les généraux, colonels,
officiers de la Garde, qui ont fait la campagne de la Grande Armée et ont perdu
leurs bagages. Le million sera distribué entre les différents individus
actuellement existants et qui doivent se rééquiper pour rentrer en campagne.
Vous réglerez cette distribution dans un conseil que vous présiderez, et qui
sera composé des généraux Walther, Curial, Lefebvre-Desnouettes, Ornano,
Michel, Colbert, et du général d'artillerie. Seront compris dans ladite
distribution les 1er et 2e de lanciers, les chasseurs et grenadiers à cheval,
les dragons, l'artillerie et tous les grenadiers et chasseurs de la jeune et
vieille Garde.
Paris, 7 février
1813.
DÉCRET.
Napoléon, etc.
Pour reconnaître la
conduite distinguée qu'ont tenue le colonel Dubois et le 7e régiment de
cuirassiers à la bataille de la Berezina, en chargeant seuls un carré de 7,000
Russes et leur faisant mettre bas les armes, nous avons décrété et décrétons ce
qui suit :
Le colonel Dubois
est nommé général de brigade.
Napoléon.
Paris, 8 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, vous devez faire cesser sur-le-champ le recrutement des Espagnols : je
ne veux point de ces régiments. Cela ne sert à rien, surtout aujourd'hui où les
Russes ont organisé une manière de les appeler. Je ne pense pas qu'il reste de
cadres suffisamment pour faire plus d'un bataillon, et, comme le dépôt du
régiment Joseph-Napoléon, qui est à Maastricht, est à 1,200 hommes, cela est
plus que suffisant. Il y a 12 officiers et 62 sous-officiers ; faites-en
organiser trois compagnies. Pour organiser ces trois compagnies, il faudra 10
officiers, 3 sergents-majors, 3 caporaux-fourriers,
12 sergents et 24 caporaux ; total, 52 officiers et sous-officiers. Complétez
chacune de ces compagnies à 250 hommes, et faites partir ces 750 hommes avec
les 52 officiers et sous-officiers, cela fera 802 hommes, sous les ordres d'un
chef de bataillon français, et dirigez-les sur Erfurt ; là ils rencontreront
les cadres, et on en formera un bataillon ; je ne pense pas qu'on en puisse
former davantage. Ce bataillon sera réuni au 4e corps et se rendra à Glogau ;
de sorte que le régiment Joseph-Napoléon, qui est à cinq bataillons, sera
réduit à un bataillon de guerre et un bataillon de dépôt. Les officiers et
sous-officiers qui n'entreraient pas dans ce premier bataillon se rendront à
leur dépôt; et, s'il y avait avec ce qui revient de l’armée de quoi faire un
second bataillon, sur le compte que vous m'en rendriez, je décréterais ce
second bataillon.
Je ne veux plus
recruter les Portugais : je ne veux point de ces troupes-là. Gardez les 800
hommes que vous avez au dépôt. Faites également organiser, si cela est
possible, 700 hommes pour se rendre à Erfurt. On formera de tous les Portugais
un seul bataillon, et, s'il y a des officiers au-dessus du cadre de ce
bataillon, on les enverra au dépôt. Tous les régiments portugais seront donc
réduits à un seul régiment d'un bataillon de guerre et d'un bataillon de dépôt,
sauf à faire un second bataillon de guerre, s'il y a suffisamment d'officiers
et de sous-officiers revenant de la Grande Armée; ce que je ne crois pas.
Napoléon.
Paris, 8 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, j'avais à la Grande Armée, au 30 janvier, 7,500 chevaux; en février et
en mars, les différents marchés doivent en fournir 3,000; ce qui fera environ
11,000 chevaux que j'aurai au 1er avril. J'y ai à peu près 12,000 hommes de
cavalerie à pied; mais, comme il peut y avoir des maladies, et qu'il est bon
d'avoir de l'avance, je désire que vous me présentiez un projet pour diriger,
du 15 au 30 février, 600 cuirassiers, bien habillés et bien armés, pris dans
les quinze dépôts de cuirassiers, 400 dragons, pris dans les dépôts des huit
régiments qui ont un escadron en Hanovre et des quatre qui faisaient partie de
la division Lahoussaye, et l ,000 hommes de cavalerie légère, pris dans les
dépôts des régiments de chevau-légers, chasseurs et hussards, qui font partie
de la Grande Armée; en tout, 2,000 hommes à pied, qu'il faudra diriger sur Hanovre,
où ils arriveront dans le courant de mars et monteront tous les chevaux que
l'on aura fournis.
Proposez-moi
également un projet pour faire partir au 30 mars, bien armés et bien équipés,
mais aussi à pied, 1,600 cuirassiers, 800 dragons et 1,800 hommes de cavalerie
légère. D'ici ce temps-là, on aura des renseignements plus positifs.
Les hommes
nécessaires pour monter les chevaux fournis en mai, juin et juillet, seront
pris sur la conscription de 1814, et on aura le temps de les régler.
Ainsi donc il faut
que chaque régiment de cuirassiers ait en France 250 hommes pour y être montés,
puisque je leur ai donné 250 chevaux , et chaque
régiment de chevau-légers, hussards on chasseurs, soit de la Grande Armée, soit
de l'armée d'Espagne, 250 hommes, puisque je leur ai donné 250 chevaux.
Tout cela fait
quatre-vingt-trois régiments, qui donnent quatre-vingt-huit escadrons ou 22,000
chevaux, qui se composent effectivement des 15,000 chevaux demandés aux
communes, des 4,700 pour lesquels il a été passé des marchés en France, et des
3,000 existant aux dépôts.
Je viens, de plus,
vous faire connaitre que j'ai besoin de 2,100 cuirassiers; ce qui, divisé par
15, fait 140 hommes par régiment. On ne peut pas évaluer le fond du dépôt à
moins de 110 hommes; il faudra 250 hommes au dépôt de plus que les 250 qui y
seront montés; il faut donc, à chaque dépôt des régiments de cuirassiers, 500
hommes à fournir sur la conscription des quatre années.
Sur la conscription
de 1811, on leur donnera 200 hommes par régiment; ce qui, multiplié par 15,
fait 3,000 hommes : cela ne portera encore les régiments qu'à un effectif de
800 hommes. Vous leur avez donné, sur la conscription des quatre années, 180
hommes par régiment et 80 des cohortes; cela fait 260 hommes; il n'y aurait
donc plus rien à leur fournir si les dépôts avaient été de 250 hommes, mais ils
étaient beaucoup au-dessous, il faut donc, sur les 10,000 hommes que j'ai
destinés à être divisés entre la cavalerie, le train et les équipages, prendre
ce qui est nécessaire pour compléter chaque dépôt de cuirassiers à 500 hommes
effectifs.
Les dragons des
régiments de l'armée d'Espagne n'ont besoin que de 250 hommes pour les 250
chevaux que je leur ai accordés, et de 150 hommes au dépôt; il suffira donc de
compléter les dépôts de ces régiments à 400 hommes sur la conscription des
quatre années.
Vous avez, en
général, plus ou moins à donner aux régiments de dragons. Les huit régiments
qui ont un escadron en Hanovre et les quatre régiments qui faisaient partie de
La division Lahoussaye doivent fournir 1,200 hommes
pour l'Allemagne; cela fait 100 hommes par régiment. Ils devront donc avoir 250
hommes pour être montés en France, 100 à envoyer à pied en Allemagne, et 150
hommes au dépôt; cela fait 500 hommes. Ainsi les dépôts des douze régiments
ci-dessus doivent être complétés à 500 hommes chacun sur la conscription des
quatre années, de même que les cuirassiers.
Tous les dépôts de
cavalerie légère qui sont en Espagne doivent fournir 250 hommes pour ceux qui
n'ont qu'on escadron en France, et 500 pour ceux qui en ont deux ; il suffira
de leur donner 100 on 150 hommes pour le dépôt, et il faudra les compléter sur
la conscription des quatre années à 350 ou 400 hommes. Mais les trente-deux
régiments de la Grande Armée doivent, outre un escadron de 250 hommes montés en
France, envoyer 100 hommes à la Grande Armée: cela fait 350 hommes, et, en y
comprenant le dépôt, il faut les compléter à 450 ou 500 hommes.
Ainsi, en résumé,
il faut, après avoir employé ce que vous avez tiré des cohortes et ce qui a été
affecté à la cavalerie sur la conscription des quatre années, prendre, sur les
10,000 hommes que j'ai ôtés à l'infanterie pour la cavalerie, le train et les
équipages, de quoi compléter les quinze régiments de cuirassiers et
carabiniers, les douze de dragons et les trente-deux de cavalerie légère de la
Grande Armée à 500 hommes au dépôt, tout compris, et les vingt-sept régiments
qui restent à l'armée d'Espagne à 350 ou 400 hommes.
Présentez-moi aussi
un projet pour répartir 15,000 hommes, sur la conscription de 1814, entre les quatre-vingt-huit
régiments de cavalerie.
Le ministre de
l'administration de la guerre vous aura fait connaître ce qu'il demande pour
les équipages militaires dont j'ai ordonné l'organisation; le train
d'artillerie demande, je crois, 2,000 hommes; ainsi vous êtes actuellement en
mesure de faire la répartition des 10,000 hommes.
Paris, 8 février
1813.
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte
de Cessac, j'ai reçu votre lettre du 6 février. Les neuf bataillons du train
doivent être organisés tous à la fois. Pour organiser un bataillon du train, il
faut des caissons, des chevaux, des harnais et des hommes; les caissons et les
harnais existent en France, et les hommes y sont promptement réunis. Je ne
pense donc pas qu'il faille retarder l'organisation des bataillons qui
s'organisent en France pour celle de ceux qui s'organisent en Allemagne; il
faut les pousser de front. Dans l'état actuel des choses en Allemagne, tout y
est incertain ; en France, tout est facile et sûr.
Je vous ai mandé
que j'avais besoin, dans le cours du mois, d'une compagnie des ler, 2e et 6e bataillons, afin de former les ambulances des
trois corps d'observation de l'Elbe, d'Italie et du Rhin; cela est de la plus
haute importance. Immédiatement après, j'aurai besoin des 2e compagnies de ces
bataillons.
Dans le compte que
vous m'avez remis, vous ne me faites pas connaître à quelle époque les hommes
seront habillés et les chevaux rendus. J'ai ordonné la formation d'un bataillon
pour la Garde quinze jours plus tard, et j'ai déjà une compagnie disponible.
Paris, 8 février
1813.
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte
de Cessac, il paraît qu'il a été passé à Hanovre trois marchés pour la
fourniture des chevaux, un avec le sieur Cetto, un avec le sieur Wittmann et un
avec le sieur Brandes. Il paraît que le marché du sieur Cetto a produit 116
chevaux de cuirassiers et 110 chevaux de cavalerie légère, et qu'il n'y a plus
rien à en attendre ; que le marché du sieur Wittmann a produit 227 chevaux de
cuirassiers, 267 de dragons, 523 de cavalerie légère et 77 de trait; et celui
du sieur Brandes , 421 chevaux de cuirassiers, 85 de dragons, 4,495 de
cavalerie légère et 900 de trait. Ainsi il a été reçu, au dépôt général de
Hanovre, 764 chevaux de cuirassiers, 352 de dragons, 5,128 de cavalerie légère;
en tout, 6,244 chevaux de selle et 977 chevaux de trait. Il reste à recevoir
sur le marché Wittmann 1,733 chevaux de
cuirassiers, 233 de dragons et 423 de trait, et sur le marché du sieur Brandes
99 chevaux de cavalerie légère. On ne peut plus compter sur le marché Cetto. Il
resterait donc à recevoir 1,733 chevaux de cuirassiers, 233 de dragons et 99 de
cavalerie légère; en tout, 2,065 chevaux de selle et 423 chevaux de trait. Le
dépôt de Hanovre aurait donc fourni en tout 8,309 chevaux de selle et 1,400 chevaux de trait. Il paraît que la compagnie Wittmann offre
une nouvelle fourniture de 1,200 chevaux, et que le
pays offre encore beaucoup de ressources. Il est indispensable de conclure des
marchés pour la fourniture d'autant de chevaux que l’on pourra, vu que le dépôt
de Varsovie, qui devait fournir 6,000 chevaux, en donnera beaucoup moins. - Il
résulte de l'état de situation du dépôt général de Hanovre au 31 janvier, qu'il
y avait 1,191 hommes et 2,183 chevaux; mais tous ces
chevaux sans selles et sans brides, et les hommes sans effets d'habillement, de
sorte qu'il n'y avait rien de disponible. Il résulte encore des lettres et
états qu'on pourrait se procurer à Hanovre des selles et des objets
d'habillement et d'équipement pour 15 ou 1800 chevaux et 15 ou 1800 hommes par
mois. Je désire donc que vous donniez l'ordre par une estafette expresse, qui
passera par Wesel et ira en toute diligence, au général Duverger de passer des
marchés pour la fourniture de selles, brides, manteaux et autres objets
nécessaires à l'équipement de la cavalerie, afin que la cavalerie légère qui
est au dépôt soit le plus promptement possible disponible; il prendra les
ordres du général Lauriston. Vous manderez au général Duverger de prendre tous
les effets d'habillement et d'équipement qui se trouvent à Hanovre, pour
équiper les hommes et les chevaux qui sont au dépôt, que ces effets
appartiennent à des régiments ou non, sauf à en tenir des états exacts pour
que l'on puisse en tenir compte aux différents régiments. Enfin vous écrirez au
général Sébastiani, dont le corps doit être arrivé à Brunswick, d'envoyer des
hommes à Hanovre pour y prendre des chevaux. Vous exigerez qu'on vous rende
compte de l'emploi des 6,000 .chevaux que le dépôt de Hanovre a fournis. Je
vous envoie les états dont vous prendrez connaissance, et que vous renverrez
ensuite au ministre de la guerre.
Paris, 8 février
1813.
Au général comte de
Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Munster.
Monsieur le Comte
Lauriston, je reçois votre lettre de Munster du 5 février. Je ne puis que vous répéter que mon intention est que vous ayez le 15 février
votre quartier général à Magdeburg, et que vous y organisiez sérieusement votre
armée. Vous ne devez pas faire attention aux troubles du grand-duché de Berg;
le corps d'observation du Rhin y pourvoira. J'ai ordonné que, dès le 15
février, une partie de votre artillerie se mît en mouvement en droite ligne sur
Magdeburg.
Vous parlez des
mauvais officiers des cohortes : je viens d'ordonner que les majors se
rendissent auprès des colonels, ce qui vous fera deux bons officiers supérieurs
par régiment. Le colonel commandera les deux premiers bataillons, et le major
les deux autres. J'ai ordonné la réunion à Magdeburg d'un grand nombre de
généraux, officiers supérieurs et officiers de tous grades. Une partie sera à
votre disposition, et vous pourrez vous en servir pour remplacer les officiers
dont vous ne serez pas content ; moyennant ces changements, votre armée sera
belle.
Je suppose que vous
ferez faire à Magdeburg des cartouches pour qu'on fasse faire tous les jours à
vos troupes l'exercice à feu et qu'on les fasse tirer à la cible. Occupez-vous
de l'instruction de vos troupes. Recommandez surtout les manœuvres du ploiement
et du déploiement; faites ployer les bataillons en colonne d'attaque, la
première division faisant feu, etc. La manœuvre la plus importante est que,
chaque bataillon puisse promptement former le carré sans hésiter.
J'ai attaché à
votre corps d'armée tout le corps de cavalerie que commande le général
Sébastiani; voyez-le; il faut qu'il envoie des officiers pour réunir tous ses
détachements, et enfin qu'il forme son corps.
Vous trouverez
ci-joint copie des lettres que je vous ai écrites ces jours derniers; je ne
crois pas qu'elles soient parties par estafette, et, comme je vous expédie
celle-ci par un officier d'ordonnance, elles vous arriveront plus promptement.
Paris, 8 février
1813.
Au maréchal Kellermann, duc de Valmy,
commandant supérieur des 5e, 25e et 26e divisions militaires, à Mayence.
Mon Cousin, je
reçois votre lettre du 5 février. J'approuve fort les dispositions faites pour
comprimer les rebelles du grand-duché de Berg. Mon intention est qu'il ne soit
apporté aucun retard à la formation des quatre divisions du corps
d'observation de l'Elbe. II faut donc qu'avant le 15 février tout ce qui
appartient à ce corps se mette en marche sur Magdeburg, et qu'il ne reste rien
dans le duché. J’ai ordonné qu'un major, désigné par le ministre de la guerre,
se rendît à Francfort pour commander chaque régiment provisoire.
Paris, 8 février
1813.
Au général comte Bertrand, commandant le corps d’observation
d’Italie, à Trieste.
Monsieur le Général
Bertrand, je reçois votre lettre du 31 janvier. Le ministre de la guerre
d'Italie doit avoir reçu tous les ordres nécessaires pour réunir une division
composée de treize bataillons d'infanterie, deux batteries d'artillerie à
pied, une compagnie de sapeurs, une compagnie de 100 marins, une compagnie de
100 ouvriers de marine, et enfin un régiment de cavalerie de 1,000 chevaux.
Le ministre de la
guerre de France a donné tous les ordres pour la formation des trois divisions
françaises, et les cohortes sont en marche pour Vérone, où le général Vignolle
les formera en régiments. Le 19e régiment de chasseurs s'organise, et il se
forme un nouveau régiment de hussards à Florence et un à Turin. Mon intention
est qu'au 1er mars les quatre divisions soient réunies à Bassano, Vicence,
Vérone, et la 4e division (italienne) à Brescia. Le 9e bataillon d'équipages
militaires a toutes ses voitures à Plaisance ; il n'y a donc besoin que des
chevaux. Le 7e bis du train d'artillerie doit être en formation à Vérone.
Écrivez au général
Vignolle et au commandant d'artillerie, car je désirerais que du 1er au 15 mars
le corps d'observation d'Italie se mît en marche. Il n'y a encore que le
général de division Pacthod, mais il y sera attaché deux autres généraux de
division de la Grande Armée. Je suppose que le ministre de la guerre vous a
déjà envoyé des états et que tout est déjà en mouvement. Un régiment de 1,000 chevaux est parti de Naples, ainsi que trois bataillons
d'infanterie légère, ce qui portera à seize bataillons votre division
italienne, si je me décide à réunir ces bataillons à ceux du royaume d'Italie.
Vous ne me dites pas si vous avez reçu la formation de votre corps d'observation.
Je suppose que le 23e de ligne, le bataillon du 8e d'infanterie légère et le
13e de ligne sont déjà en marche.
P. S. Tirez des
provinces illyriennes une compagnie de boulangers et de constructeurs de fours.
Paris, 8 février
1813.
Au général Caulaincourt, duc de Vicence, grand écuyer, à Paris
Mon intention est
qu’avec la division de la Garde qui partira du 15 au 20 février vous fassiez
partir une portion de ma Maison avec mes aides de camp et officiers
d'ordonnance. Tout cela se rendra à Spandau, où sera réorganisée ma Maison.
Concertez-vous pour cela avec le grand maréchal.
Paris, 8 février
1813.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Mon Fils, je reçois
vos deux lettres du 1e février. Par l’une, je vois que vous avez dissous les
bataillons du Texel et de l'Escaut. J'approuve tout ce que vous avez fait. Ayez
seulement soin que les compagnies des 5e bataillons que vous avez incorporées
dans les 1er bataillons aient un numéro, et faites connaître cette mesure au
général Doucet, à Erfurt, pour qu'il sache le nombre de compagnies qu'a chaque 1er bataillon, et, dès lors, ce qu'il a à
compléter. Écrivez au ministre de la guerre pour qu'il puisse remplacer aux 5e bataillons les cadres que vous avez placés dans les
1er.
Je crois que,
depuis, j'ai fait quelques dispositions qui s'éloignent un peu de celles que
vous avez prises, mais tout cela est égal. Les bataillons de Toulon, de Brest,
de Rochefort se dirigent sur l'armée; vous aurez vu par ma dernière lettre la
destination que je leur ai donnée. Je vois par votre lettre que le ler corps a organisé trois bataillons qui sont actuellement
forts de 2,400 hommes : cela fait donc dix-huit compagnies, ce qui suppose une
ou deux compagnies par régiment.
Vous aurez placé à
Stettin au moins quatre compagnies d'artillerie, ce qui fera 500 hommes.
J'approuve que vous y dirigiez 1,200 Westphaliens, ce qui portera la garnison
de cette place à 4,200 hommes. Si jamais Stettin courait le danger d'être
investi, le régiment saxon Maximilien, qui est dans la Poméranie et dont la
force est de 1,600 hommes, pourrait y être renfermé;
cela ferait alors 5,800 hommes dans Stettin, ce que je crois suffisant pour la
garnison de cette place, en y ajoutant 3 à 400 chevaux. Mais, dans les premiers
jours de mars, la garnison de Stettin recevra seize fois 700 hommes,
c'est-à-dire 11,200 hommes. Elle sera donc alors de 14,400 hommes du 1e corps;
ce qui, joint aux 500 hommes d'artillerie et aux 500 hommes de cavalerie,
portera à 15,400 hommes les troupes qui seront réunies à Stettin; avec les
1,600 hommes qui sont dans la Poméranie, cela fera 17,000 hommes, force qui
sera déjà suffisante pour tenir garnison à Stettin, et avoir une bonne division
pour tenir la campagne et fortifier l'armée. Je crois que, dans le courant de
mars, le 1er corps recevra, outre cela, 500 hommes par régiment ou 8,000
hommes, ce qui portera ce corps à 25,000 hommes.
Je pense que la
présence du prince d'Eckmühl sera nécessaire pour bien organiser ces
trente-deux bataillons. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, donnez-lui ordre
d'établir son quartier général à Stettin, de s'y occuper de l'organisation de
son corps et de la mise en état de la place, de surveiller le corps prussien
qui se rassemble à Neu-Stettin, et de prendre le
commandement de la Poméranie suédoise; enfin vous le chargerez de toutes les
dispositions à prendre relativement à ce point important.
Ces 25,000 hommes,
qui certainement existeront à la fin de mars, devaient former quatre divisions;
mais on pourrait n'en former que trois; ce qui exigera l'organisation d'une
artillerie assez nombreuse et méritera tous les soins du prince d'Eckmühl,
d'autant plus que cela ira toujours en augmentant dans le courant d'avril et de
mai; et, comme la Suède menace du côté de la Poméranie, ce corps sera bien
placé là pour répondre à toute attaque qui serait tentée.
J'ai réuni le 2e et
le 3e corps en un seul sous le titre de 2e corps. Vous avez placé le 2e corps à
Küstrin. Je vois qu'il est de 2,400 hommes, ce qui avec les 600 hommes du
génie, de l'artillerie et de la cavalerie, fait 3,000 hommes, force suffisante
pour Küstrin. Le 3e corps est à 1,500 hommes : cela
porte donc à 4,500 hommes tout le 2e corps. Mais ce 2e corps va recevoir 10,000
hommes; il peut en rentrer 5,000, ce qui fait 15,000; ce corps sera donc porté
à 20,000 hommes. Il pourra fournir une garnison de 2,500 hommes à Küstrin et
avoir encore 17,000 hommes disponibles pour les garnisons de Spandau et de
Berlin. L'organisation des deux divisions de ce corps, la formation de son
artillerie et tout ce qui y est relatif demandent les soins d'un maréchal. Je
vous ai laissé maître de nommer celui que vous voudrez.
Je vois que le 4e
corps a 2,000 hommes; mais vous allez en recevoir 5,000, ce qui portera le 4e
corps à 7,000 hommes; ce qui, joint aux 1,100 Badois, réunira assez de monde
pour former la garnison de Glogau et la division active.
Ayez soin de
recommander au général Doucet de vous envoyer tous les jours un état de
situation du dépôt d'Erfurt. Il peut envoyer une estafette extraordinaire à
Magdeburg pour y joindre l'estafette qui vient de Paris à votre quartier
général.
Je pense donc que
le prince d'Eckmühl doit s'occuper de la formation de son corps d'armée, et
avoir son quartier général à Stettin ; qu'un maréchal doit s'occuper de la
formation du 2e corps et avoir son quartier général à Küstrin ; qu'un général
de division suffit pour le 4e corps ; que si Stettin devait être investi avant
que les bataillons d'Erfurt aient rejoint, ce qui me paraît impossible, on
rappellerait le régiment saxon qui est à Stralsund, pour renforcer la garnison.
Du moment que les
bataillons d'Erfurt seront arrivés à Spandau, il ne faudra plus laisser à Küstrin
que deux régiments ou quatre bataillons, lesquels feront environ 2.500 hommes
présents; et, selon les circonstances, vous réunirez le reste du 2e corps pour
la garnison de Spandau, la police de Berlin, ou en avant de Küstrin pour
appuyer l'avant-garde.
Quant à la garnison
de Glogau, si elle était investie avant que les bataillons d'Augsburg y
arrivassent, il faudrait demander un supplément de 2,000 hommes de garnison à
la Saxe.
Paris. 8 février
1813.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Mon Fils, s'il
arrivait que le prince Schwarzenberg évacuât Varsovie et se dirigeât sur
Kalisz, il serait nécessaire de renforcer le corps du général Reynier de tout
ce que la Saxe pourrait offrir en infanterie, cavalerie et artillerie, de
manière à pouvoir porter son corps de 15,000 hommes à 25,000 hommes; ce qui,
joint au 5e corps, qui, je suppose, serait de 15,000 hommes, et au corps du
prince Schwarzenberg, ferait 60 à 70,000 hommes. À côté de cette armée, vous
auriez 40,000 hommes de l'avant-garde, et enfin les Prussiens et les Bavarois.
Vous devez mettre les Prussiens sous les ordres du maréchal Saint-Cyr, qui les
réunira aux Bavarois. Tout cela ensemble pourra vous faire une armée de 100,000
hommes.
Paris, 9 février
1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Doc de
Feltre, j'ai ordonné la formation d'un 6e bataillon bis à chacun des régiments
de la Grande Armée.
Mon intention n'a
pas été de conserver six bataillons à ces régiments. Voici de quelle manière
je désire que la réorganisation de ces régiments soit faite :
Le 1er bataillon
doit être reformé dans les places de l'Oder; le reste des cadres se reformera à
Erfurt.
Le 2e bataillon se
reformera à Erfurt : il sera recruté avec les 700 hommes qui ont eu ordre de
partir, et aussitôt après il se dirigera, comme je l'ai ordonné, sur Leipzig
et Wittenberg, où il recevra des ordres du vice-roi.
J'attends votre
rapport pour faire partir 4 ou 500 hommes qui se rendront également à Erfurt,
où ils recruteront la partie du 1er bataillon qui s'y réunira. Cela se mettra
sur-le-champ en marche pour les places de l'Oder, et par ce moyen les 1er et 2e
bataillons seront réorganisés entièrement.
Les 3e, 4e et 6e
bataillons se rendront en France, où ils trouveront un 6e bis. Mon intention
est que le 6e bis et deux des autres bataillons forment deux bataillons, le 3e
et le 4e. Le 5e restera comme dépôt.
Je ferai partir,
aussitôt que faire se pourra, les 4 ou 500 hommes qui sont nécessaires pour
compléter les deux premiers bataillons.
Je ferai partir un
bon bataillon, le 4e bataillon qui est le 6e bis actuel, complété en officiers
et sous-officiers et à 840 hommes, et par ce moyen j'aurai trois bataillons à
la Grande Armée.
Je garderai les
cadres du 3e bataillon pour recevoir des hommes de la conscription de 1814 et
former des demi-brigades provisoires, chargées de la défense des côtes.
Ainsi, au lieu de
quatre bataillons, les régiments de la Grande Armée n'en auront que trois sur
l'Oder. Or, pour ces bataillons, il faut 2,500 hommes. Ces 2,500 hommes
pourront à peine être fournis par la conscription de 1813 et par la
conscription des quatre années.
S'il était des
régiments qui eussent conservé un plus grand nombre d'officiers et de
sous-officiers, et qui eussent éprouvé moins de pertes, sur le compte que vous
m'en rendrez, on pourrait approuver l'organisation du 6e bataillon; mais,
d'après les renseignements que j'ai, je ne crois pas qu'il y en ait beaucoup
dans ce cas.
P. S. Comme je
venais de signer cette lettre, je reçois les états du vice-roi. Il en résulte
que, même en comprenant les cadres des 6e bataillons
bis, on aura de la peine à former les quatre bataillons par régiment. Puisque
tous les régiments ont deux compagnies sur l'Oder, l’une du 1er bataillon,
l'autre du 5e bataillon, que le vice-roi a réunie au
1er bataillon au lieu de l'y incorporer, ce sera donc quatre compagnies des 1er
bataillons à reformer à Erfurt, et six des 2e bataillons. Le reste sera formé
au dépôt.
Il n'y aura plus de
major en second attaché aux régiments de la Grande Armée; ils seront tous
rappelés. Destinez-les à commander les régiments provisoires ou à remplacer les
majors qu'on nommera au commandement de ces mêmes régiments. Je préfère que
tous les majors en second qui sont à la Grande Armée, et dont la plupart sont
déjà de retour à Mayence, aillent commander les dépôts, où ils se reposeront,
et que les meilleurs majors, en les prenant parmi ceux des régiments qui
concourent à la formation des régiments provisoires, soient nommés colonels en
second et envoyés aux régiments pour les commander. Au surplus, je fais faire
de cette disposition l'objet d'un décret.
Paris. 9 février
1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, la 1e division de la jeune Garde sera commandée par le général de division
Barrois. Vous lui donnerez ordre d'en prendre le commandement demain; elle sera
composée de deux brigades.
La 1e brigade sera
composée de deux bataillons de fusiliers et de quatre bataillons formés des 2e
de voltigeurs et des 2e de tirailleurs; elle sera sous les ordres du général
Rothenburg.
La 2e brigade sera
composée de quatre bataillons du 6e bis et de deux bataillons de Pupilles; elle
sera commandée par le général de brigade Tindal.
Le général Barrois
aura avec lui un général adjudant général et deux adjoints.
Artillerie. — Cette
division aura quatre batteries d'artillerie à pied, formant trente-deux pièces
de canon, avec double approvisionnement et dix-huit caissons d'infanterie.
Cette artillerie sera commandée par un major de la Garde.
Génie. — Un chef de
bataillon du génie commandera le génie ; il aura sous ses ordres une compagnie
de sapeurs avec ses outils, et une compagnie de marins de la Garde.
Administration.
—Cette division aura un commissaire des guerres, deux adjoints, et une
compagnie d'équipages militaires, dont six caissons seront chargés d'effets
d'ambulance.
Cavalerie. — Il
sera attaché à cette division un escadron de grenadiers à cheval de 250
hommes, un escadron de dragons de 250 hommes, deux escadrons de chasseurs de
500 hommes, un escadron de lanciers du 2e régiment, de 250 hommes; ces cinq escadrons
seront commandés par le major Leclerc, de la Garde; chacun des quatre régiments
aura au moins un chef d'escadrons.
Deux batteries
d'artillerie à cheval, de douze pièces, seront attachées à cette colonne de
cavalerie.
125 grenadiers et
250 chevaux, 125 dragons et 250 chevaux, 250 chasseurs et 500 chevaux, 125
lanciers et 250 chevaux du 2e régiment, total 625 hommes et 1,250 chevaux,
partiront de Paris avec cette division; les chevaux seront bien harnachés et
équipés et se rendront à Fulde; ce qui montera 625 hommes de ceux qui s'y
trouvent, et complétera à 1,250 hommes ladite colonne de cavalerie.
Si toute
l'artillerie n'est pas prête au moment du départ de la division, on ne fera
partir que ce qui sera prêt.
Les officiers et
sous-officiers des cadres qui ne seraient pas prêts rejoindraient en route,
soit à Mayence, soit à Fulde. Le général d'artillerie doit à cet effet donner
des ordres nominatifs.
On aura soin de
faire partir des effets d'habillement pour que tous ces officiers et
sous-officiers se trouvent habillés à leur arrivée.
Les officiers de
santé seront en nombre suffisant.
Il y aura une
compagnie de boulangers, de force suffisante pour pouvoir faire par jour 24,000
rations de pain.
Le commandant du
génie aura dans sa compagnie de sapeurs une escouade de maçons pour construire
des fours, et dans ses caissons les outils nécessaires pour cette construction.
Enfin les différents employés d'administration nécessaires seront attachés à
celte division.
Le 15 de ce mois,
il sera passé la revue de cette division dans la cour des Tuileries : tous les
hommes seront présents, les caissons d'ambulance et d'équipages militaires
seront chargés; tous les ouvriers s'y trouveront.
L'artillerie seule,
étant à la Fère, ne sera pas à cette revue ; elle se réunira le 15 et passera à
la Fère la revue du général Drouot.
Il me sera rendu
compte si cette division est prête à partir le 16.
Paris, 9 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Il est convenable
que vous fassiez connaître au roi d'Espagne, en chiffre et par quadruplicata, que je vois avec la plus grande peine qu'il
ait perdu deux mois aussi importants que décembre et janvier, où les Anglais
étaient dans l'impuissance de rien faire, et qu'il n'ait point profité de cette
circonstance pour pacifier la Navarre, la Biscaye et l'Aragon; qu'il demande
sans cesse de l'argent; que l'argent est là, et qu'il laisse sans raison
dévaster ces belles provinces par Mina ; que je lui ai plusieurs fois donné
l'ordre de se rendre à Valladolid, mais que la nonchalance de la direction des
affaires en Espagne est inconcevable. Comment, en effet, n'a-t-il pas maintenu
ses communications ? Et comment, après avoir eu connaissance du 29e bulletin,
n'a-t-il pas senti la nécessité d'être promptement en communication avec la
France ?
Il n'y a pas un moment
à perdre ; que le Roi se rende à Valladolid, en faisant occuper Madrid et
Valence par son extrémité gauche.
Écrivez-lui que le
temps perdu est irrémédiable; que les affaires tourneront mal, si promptement
il ne met plus d'activité et de mouvement dans la direction des affaires ;
qu'il est nécessaire d'occuper Valladolid, Salamanque et de menacer le Portugal
; que les Anglais paraissent se renforcer en Portugal, et qu'ils semblent avoir
le double projet, ou de pousser en Espagne, ou de partir du port de Lisbonne
pour faire une expédition de 25,000 hommes, partie Anglais et partie Espagnols,
sur un point quelconque des côtes de France, pendant le temps que la lutte sera
engagée dans le Nord ; que, pour empêcher l'exécution de ce projet, il est
nécessaire que l'armée d'Espagne soit toujours prête à prendre l'offensive et à
menacer de se porter sur Lisbonne et de conquérir le Portugal, si les Anglais
affaiblissaient leur armée d'Espagne. Il faut donc que le Roi occupe Valladolid
et Salamanque, et qu'il remplisse le triple but de tenir en échec l'armée
anglaise, d'avoir ses communications aussi promptes que faciles avec la France,
afin de savoir tout ce qui se passe, et qu'il emploie le temps où les Anglais
ne feraient rien pour pacifier la Biscaye et la Navarre ; que cette instruction
doit être considérée comme instruction générale pour toute la campagne ;
qu'enfin, si la force des armées françaises en Espagne restait oisive et
laissait les Anglais maîtres de faire des expéditions sur nos côtes, la tranquillité
de la France serait compromise. Il faut donc, je le répète, que le Roi ait des
communications très-rapides et très-sûres, et qu'il soit toujours en mesure de
prendre l'offensive.
Paris, 9 février
l813.
Au général Duroc,
duc d Frioul, grand maréchal du palais, à Paris
Vous trouverez
ci-joint copie de la lettre que j'écris au ministre de la guerre. Comme il
perdra deux jours à vous l'envoyer, donnez d'avance tous les ordres
nécessaires. Faites appeler le général Barrois pour lui faire connaître la
marque de confiance que je lui donne. Il faut qu'il ait son commissaire des
guerres, ses chirurgiens et qu'il mette tout en état.
Faites-moi
connaître de quelle manière on pourrait organiser les deux compagnies
d'artillerie à cheval. Mon intention serait de les organiser à Mayence. Les
chevaux, l'habillement et les recrues pourraient être envoyés d'ici. Par ce
moyen, cette division de la Garde aurait déjà quarante-quatre bouches à feu.
Remettez-moi l'état
de la division de la vieille Garde qui est à la Grande Armée, infanterie,
cavalerie et artillerie, afin que je voie quelle serait la force totale de ces
deux divisions.
Paris, 9 février
1813.
INSTRUCTION POUR
LE CAPITAINE ATTHALIN, OFFICIER
D'ORDONNANCE DE L'EMPEREUR, À PARIS.
Partez sur-le-champ
pour Wesel; vous y resterez vingt-quatre heures. Vous me ferez connaître la
situation des approvisionnements et des différents dépôts d'infanterie et de
cavalerie qui sont dans cette place, ainsi que la situation des nouveaux
régiments qu'a organisés le duc de Padoue. Vous vous informerez si les chevaux
et les hommes qu'ont offerts les villes et les communes sont levés.
Rendez-vous de là
auprès du général Lauriston qui doit être à Hambourg ou à Hanovre. À Hambourg,
restez-y quarante-huit heures. Faites-moi connaître si les 100 chevaux que
donne la ville sont fournis, et quel est l'esprit des habitants.
Rendez-vous de là à
Hanovre, où vous resterez cinq jours, et envoyez-moi l'état de tous les marchés
de chevaux qui ont eu lieu depuis novembre; de tous les chevaux qui ont été
reçus, de la distribution qui en a été faite, de l'endroit où ils sont
existants, enfin de ce qui reste à recevoir; ainsi que la situation des
équipages et de l'armement et habillement de tous les corps.
De là, vous vous
rendrez auprès du général Sébastiani, qui doit être à Brunswick. Vous
m'enverrez la situation de son corps de cavalerie, et me ferez savoir quand il
aura 2,000 chevaux en état d'entrer en ligne. Vous resterez plusieurs jours
pour parcourir les cantonnements des régiments. Vous me ferez connaître ce qui
reste à l’armée en cadres; où sont les colonels, ceux qui existent ou qui sont
absents; où sont les majors et les chefs d'escadrons, etc.; enfin vous
m'enverrez tous les renseignements qui pourront me mettre au fait de la
situation des régiments qui composent le corps du général Sébastiani.
Rendez-vous après
cela à Magdeburg, et rendez-moi compte de tout ce qui est relatif aux
fortifications, à l'artillerie et aux approvisionnements. J'ai ordonné qu'une
partie des faubourgs fût abattue et nivelée; vous veillerez à ce que ces ordres
soient exécutés, sans avoir égard à quoi que ce soit. II ne s'agit ni de si, ni
de mais, ni de car, lorsqu'il y va de la sûreté d'une place de cette
importance. Vous me rendrez compte des troupes qui se trouvent dans la place,
de celles qui passent, de la situation des magasins et approvisionnements. Et
quand vous serez resté suffisamment à Magdeburg et que le général Lauriston y sera
arrivé, comme il m'écrira tous les jours, vous pourrez vous rendre à Spandau et
à Berlin.
Avant de quitter
l'Elbe, vous vous rendrez aussi au corps de cavalerie que commande le général
Latour-Maubourg et qui doit être de ce côté. Vous m'enverrez sur ce corps les
mêmes observations que sur celui du général Sébastiani.
A Spandau, vous
visiterez les fortifications. À Berlin, vous verrez le général Bourcier et
m'enverrez la situation générale des remontes. Ayez soin de m'écrire tous les
soirs ce que vous avez vu. Passez la journée à courir, et le soir écrivez-moi.
Artillerie, génie, troupes, approvisionnements, fortifications, remontes : je
dois voir dans vos lettres ce que j'aurais vu moi-même, si j'étais sur les
lieux.
Quand vous serez à
Hanovre, vous m'enverrez vos lettres par une estafette, qui les remettra à
l'estafette de l'armée, sur le point de la route qui sera le plus voisin de
Hanovre.
J'ai donné des
ordres pour qu'à Magdeburg et sur l'Oder on coupât les bois tant pour le
palissadement des places que pour des blindages.
P. S. Faites partir
vos équipages et vos chevaux, parce que vous ne reviendrez pas. Vous attendrez
des ordres ultérieurs entre Berlin, Küstrin et Magdeburg.
Palais des
Tuileries, 9 février 1813.
DÉCRET.
Art. 1er. Les
places de secrétaire du portefeuille et de secrétaire-archiviste de notre
cabinet sont supprimées.
Art. 2. Le service
du cabinet sera fait par les deux secrétaires du cabinet.
L'un sera plus
spécialement chargé du service des expéditions et archives et des détails
d'ordre intérieur; il aura sous ses ordres le bureau des archives.
L'autre sera plus
spécialement chargé du service des traductions et gazettes étrangères ; il aura
sous ses ordres le bureau des traductions.
Art. 3. Il y aura
sous les secrétaires du cabinet deux premiers commis du cabinet, qui les
seconderont dans leur service.
Les appointements
des premiers commis du cabinet sont fixés à 12,000 francs pour chacun.
Art. 4. Il n'est
rien changé à ce qui a été réglé précédemment pour l'organisation du cabinet
topographique.
Art. 5. Il y aura
toujours de service au cabinet, nuit et jour, un secrétaire du cabinet, un
premier commis et le directeur du cabinet topographique ou un de ses adjoints.
Art. 6. Notre grand
chambellan est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera communiqué aux
officiers de la Maison.
Paris, 10 février
1813.
A M. Maret, duc de Bassano,
ministre des relations extérieures, à Paris.
Monsieur te Duc de
Bassano, écrivez à M. de Saint-Marsan par un courrier que le grand recrutement
qu'on fait dans toute la Prusse, avec des officiers auxquels le Roi ne peut pas
se fier, ne peut que nous alarmer, et que je désire que tout reste tranquille.
Paris, 10 février
1813.
Au prince Lebrun,
gouverneur général des départements de la Hollande, à Amsterdam.
J'ai ordonné que
3,000 hommes de régiments provisoires, tous Français, se missent en marche pour
Amsterdam, afin de vous donner des forces suffisantes pour réprimer la
malveillance. Vous n'avez pas besoin d'ordres d'ici pour faire venir à
Amsterdam des canonnières avec des équipages français. Parlez-en au préfet
maritime; j'en écris au surplus au ministre de la marine.
Publiez que je vais
bientôt me rendre à Amsterdam pour aller visiter le Texel.
Paris, 10 février
1813.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Mon Fils, il faut
faire cesser le recrutement des Prussiens, et se contenter des troupes du
général Bülow comme elles sont. Donnez partout vos ordres en conséquence.
Paris, 11 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, le vice-roi me mande qu'il ne pense pas que les cadres des cinq bataillons
que chaque régiment de la Grande Armée a dû envoyer, soit à Erfurt, soit à
Augsburg, puissent fournir davantage que la formation de deux bataillons, tant
en officiers qu'en sous-officiers.
Mon intention est
de reformer les régiments de la Grande Armée à quatre bataillons; ils sont
aujourd'hui à cinq, et, en comprenant le 6e bis, ce serait six bataillons qui
seront réduits à quatre.
Je pense donc qu'il
faut changer le numéro du 6e et l'appeler 4e et donner l'ordre que les 3e et 4e
bataillons soient formés le plus tôt possible.
Le 1er et le 2e
bataillon seront formés à Erfurt; le 3e et le 4e au dépôt, ainsi que le 5e ; il
n'y aura plus ni 6e ni 6e bis.
Ces régiments
auront de quoi bien compléter trois bataillons; il restera donc un cadre du 4e
pour recevoir la conscription de 1814.
Je pense qu'il est
nécessaire d'envoyer un bon nombre d'officiers et de sous-officiers à tous ces
cadres. Il faudrait leur envoyer pour sous-lieutenants beaucoup de jeunes gens
sortant des écoles, et une partie des 1,000 sous-officiers retirés des dépôts.
Je n'approuve pas la destination que vous avez donnée à ces 1,000
sous-officiers; il faut, avant tout, les envoyer aux régiments qui reçoivent la
conscription des différentes années.
Paris. 11 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
La conscription de
1813 n'est pas levée dans le département de la Lippe. Vous y avez levé la
conscription de 1812; avant de lever celle de 1814, il sera nécessaire de lever
celle de 1813. Dans les départements de la Hollande vous n'avez levé que la
conscription de 1811 ; mais je crois que par mon décret du 20 janvier j'ai levé
celle de 1812. Dans la 32e division militaire, on n'a levé que la conscription
de 1812; avant d'y lever la conscription de 1814, il faut lever celle de 1813.
Il y a à recevoir de ces départements la conscription de 1813, et puis celle de
1814. Il ne peut donc pas être question d'y lever celle des quatre années arriérées;
on peut seulement l'y laisser en suspens. Faites-moi un rapport particulier qui
indique où en est la conscription des départements de la Hollande et de la 32e
division militaire. Ont-ils été taxés dans la même proportion que la France ?
Quand est-ce qu'on a levé la conscription de 1811 ? Quand lèvera-t-on celle de
1812, celle de 1813, celle de 1814 ?
L'Italie est au
courant, et je crois qu'on y a levé la conscription de 1813 ; à Rome on a levé
la conscription de 1813; ainsi il me parait que toute l'Italie est au courant.
J'ai décidé que la
portion qui revenait à la marine de la conscription de la Hollande sur 1811,
1812, 1813 et 1814, lui serait accordée, et que les 10,000 hommes qui lui
reviennent sur la conscription de 1814 lui seraient également accordés.
Quant à la
conscription des 100,000 hommes, comme de raison, elle ne fournira rien pour la
marine.
Paris, 11 février
1813.
Au vice-amiral
comte Decrès, ministre de la marine, à Paris
Je donne ordre
qu'on laisse sur le Saint-Bernard et
le Castiglione les 98 artilleurs de
marine qui s'y trouvent, et je désire que vous fassiez compléter sur-le-champ
les équipages de ces deux vaisseaux. S'il est nécessaire, on leur fournira une
garnison française de 100 hommes pour chacun. Mais mon intention est de ne
diminuer en rien l'état des armements à Venise; ce qui mettrait l'ennemi à même
de diminuer ses croisières dans l'Adriatique, et ce serait d'ailleurs un pas
rétrograde qui pourrait avoir un effet moral que je veux prévenir.
Règle générale : je
ne veux diminuer mes armements nulle part, si ce n'est que je consens à n'armer
que cinq vaisseaux au Texel et que dix-huit vaisseaux dans l'Escaut ; et qu'au
Texel et dans l'Escaut j'armerai, non pas toutes les mauvaises frégates
hollandaises, mais toutes les frégates françaises, tant dans l'un que dans
l'autre port.
Paris, 11 février
1813.
Au vice-amiral
comte Decrès, ministre de la marine, à Paris
Il y avait à la
Grande Armée trois équipages de marins de la Garde ; ils ont beaucoup souffert.
Mon intention est, de ces trois, de n'en compléter qu'un pour l'armée et de
reformer les deux autres, l'un sur l'escadre de Brest, l'autre sur l'escadre de
Toulon, avec des hommes dignes de ce corps d'élite. Ces équipages pourront être
bien composés, sans affaiblir l'armée navale.
Paris, 11 février
1813.
Au vice-amiral
comte Decrès, ministre de la marine, à Paris
La Couronne, l'Audacieux et le Polyphème étaient
bien peu avancés au 1er janvier 1813, et vous les avancez bien peu dans le
courant de 1813, puisque vous ne proposez de les porter qu'aux 6
vingt-quatrièmes les trois. Je désire que vous les portiez aux 10
vingt-quatrièmes, de manière à pouvoir les lancer tous les trois en 1814. Les
vaisseaux que j'ai au Texel sont mauvais; ceux-ci, au contraire, seront bons :
c'est donc un grand avantage que d'avoir, sans accroissement de dépenses, de
bons au lieu de mauvais vaisseaux. D'ailleurs, j'ai besoin de donner du
travail à Amsterdam.
A Rotterdam, j'aurai
besoin de finir le Piethein,
non pour le besoin que j'ai de ce vaisseau, mais afin de pouvoir disposer de la
cale pour un autre vaisseau et pour donner du travail à Rotterdam.
Il faut pousser
également à Rotterdam les trois frégates, au lieu des 8 vingt-quatrièmes, aux
12 vingt-quatrièmes, afin qu'on puisse les mettre toutes trois à l'eau en 1814.
Cette augmentation de travaux sera utile à la Hollande.
Pour Anvers, je
n'ai rien à observer : j'aurai trois vaisseaux de trois ponts, un de 80 et deux
de 74, prêts à être lancés en 1814; mais il doit être bien entendu que
l'armement de tous ces vaisseaux doit être prêt.
Je n'ai rien à dire
pour Dunkerque et le Havre. J'approuve également le projet pour Cherbourg :
deux vaisseaux seront mis à l'eau et trois seront poussés de manière à pouvoir
être lancés eu 1814. Il faudrait que la membrure du Havre, au lieu d'être de
74, fût de 80 canons.
A Brest, on mettra
l'Orion en rade. J'approuve ce que
vous proposez.
J'approuve
également le travail pour Lorient, ainsi que celui de Nantes, de Rochefort, de
Bordeaux et de Bayonne.
J'approuve le
travail de Toulon, celui de Gênes, de Livourne et de Civitavecchia.
Quant à Venise, il
faut que les travaux y soient aussi considérables qu'en 1812, par le besoin de
laisser de l'argent à Venise, mais j'approuve que rien ne soit mis à l'eau, en
sorte que le travail soit réparti sur les quatre vaisseaux et les trois
frégates en construction.
Il résulte donc de
tout cela que mon intention est que les travaux de la Hollande et de Venise
soient augmentés. Soumettez-moi actuellement le projet pour l'armement de la
campagne prochaine, il faut garder les deux équipages danois et porter
l'escadre de l'Escaut à dix-huit vaisseaux. Cette escadre fixe beaucoup
l'attention de l'Angleterre. Les Américains verraient avec peine que nous en
désarmions une partie; ils croient cette escadre en général armée de bons
matelots, parce qu'ils y croient beaucoup d'hommes du Nord, dont ils font
beaucoup plus de cas que des hommes du Midi.
Quant à Brest,
Toulon et Cherbourg, il faut y armer le plus que l’on pourra.
Faites-moi un
rapport sur les chaloupes canonnières dans le Zuiderzee, l'Escaut et la rade de
Cherbourg, pour la défense de ces trois points importants. Ayez le moins de
chaloupes canonnières possible à Boulogne, mais le plus possible à Cherbourg,
parce que cela concourt à la défense de la rade et donne des hommes disponibles
pour tout.
Vous mettrez six
vaisseaux de l'escadre de l'Escaut sous les ordres de deux contre-amiraux, et
vous leur ferez connaître qu'ils doivent partir dans le courant du mois
d'octobre pour remplir une mission, et que s'ils n'étaient pas sortis avant le
mois de novembre, ces escadres devront hiverner à Flessingue.
Faites-moi
connaître le nombre de vaisseaux à armer cette année sur l'Océan et la
Méditerranée, ainsi que le supplément nécessaire à votre budget pour subvenir à
cette augmentation de travaux. Je désire que rien ne puisse faire naître dans
la marine l'opinion qu'elle est abandonnée, et les circonstances de mes
finances ne sont pas telles qu'il faille que la marine s'en aperçoive d'aucune
manière.
Il sera nécessaire
de créer de nouveaux équipages ou d'augmenter l'effectif de ceux qui existent,
afin d'employer la conscription de 1814.
Paris, 11 février
1813.
À Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Mon Fils, il y a à
Magdeburg 500 gendarmes à cheval ; faites-les venir à Berlin, où ils seront
utiles pour la police de cette grande ville.
Paris, 11 février
1813.
Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation
de l’Elbe, à Hambourg.
Monsieur le Comte
Lauriston, je reçois vos lettres d'Osnabrück des 6 et 7 février. Je vous ai
mandé qu'il fallait que vos quatre divisions du corps d'observation de l'Elbe
se réunissent sans délai à Magdeburg, et que vous vous occupassiez là
sérieusement de tout ce qui est relatif à l'organisation de ces quatre
divisions, en mettant dans toutes les places d'officiers vacantes les officiers
qui arrivent à Magdeburg, en renvoyant les mauvais officiers et en les
remplaçant par de bons ; en faisant faire tous les jours l'exercice à feu à ces
régiments et en les faisant tirer à la cible. Apprenez-leur surtout à former
le bataillon carré, bataillon par bataillon, avec la plus grande promptitude,
afin qu'ils soient en mesure contre la cavalerie.
Le ministre de
l'administration de la guerre donne les ordres les plus positifs pour qu'on
épuise les ressources du pays, afin de se procurer selles et habillements. Les
cavaleries qui sont arrivées sur l'Elbe doivent avoir fourni des hommes.
Paris, 13 février
1813.
Au général comte Fontanelli, ministre de la
guerre et de la marine du royaume d’Italie, à Milan.
Faites partir
quatre canonnières ou bâtiments légers pour se rendre à Corfou et stationner
dans le port ; ils aideront aux communications avec la France et à
l'approvisionnement de la place.
Paris, 13 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, je vous envoie la formation que je crois devoir donner au 1er et au 2e
corps d'observation du Rhin. Faites dresser les états de ces corps en
conséquence.
Vous me ferez
connaître l'époque précise où chaque régiment sera réuni à Mayence, et quand
ces corps auront leur artillerie, leurs sapeurs et leurs officiers du génie.
Vous y mettrez tous les généraux de division et de brigade et les adjudants
commandants.
FORMATION DU 1er
CORPS D'OBSERVATION DU RHIN.
1e division. —
Général Souham : 2 bataillons du 6e régiment provisoire, 2 du 10e 2 du 14e 2 du
17e 2 du 21e 2 du 24e 4 du 22e de ligne; total, 16 bataillons.
2e division. —
Général Girard ou général Ricard (le premier arrivé) : 2 bataillons du 2e
régiment provisoire, 2 du 29e léger, 4 du 145e de ligue, 4 du 136e 4 du 138e ;
total, 16 bataillons.
3e division. —
Général Brenier : 2 bataillons du 4e régiment provisoire, 4 du 139e de ligne,
4 du 140e, 4 du 141e; total, 14 bataillons.
4e division. —
Général Dubreton, général Ricard ou général Girard : 2 bataillons du 96 léger,
4 du 142e de ligne, 4 du 144e, 2 du 18e régiment provisoire, 2 du 19e; total,
14 bataillons.
Récapitulation : 1e
division, 16 bataillons; 2e division, 16 ; 3e division, 14; 4e division, 14;
total, 60 bataillons.
FORMATION DU 2e
CORPS D'OBSERVATION DU RHIN.
1e division. —
Général Compans : 2 bataillons du 20e provisoire, 2 du 25e, 2 du 32e léger, 10
bataillons de la marine; total, 16 bataillons.
2e division. — Général
Bonet : 4 bataillons du 37e léger, 10 bataillons de la marine; total, 14
bataillons.
3e division. —
Général Girard, général Dubreton, Ricard ou Friederichs : 2 bataillons du 11e
provisoire, 2 du 13e, 2 du 16e, 2 du 23e léger, 2 du 44e de ligne, 2 du 121e;
total, 12 bataillons.
4e division. —
Général Dubreton, Ricard ou Friederichs : 2 bataillons du 15e de ligne, 2 du
36e 2 du 51e, 2 du 55e, 2 du 70e, 2 du 113e, 2 du 27e provisoire, 2 du 28e;
total, 16 bataillons.
Récapitulation : 1e
division, 16 bataillons; 2e division, 14; 3e division, 12; 4e division, 16;
total, 58 bataillons.
Paris, 13 février
1813.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Mon Fils, je vous
ai déjà fait connaître la nécessité de réunir dans votre main, indépendamment
de la 35e division, dont vous ferez deux divisions, la 31e division; ce qui,
avec la réserve que vous avez formée à Posen, vous portera à 40,000 hommes de
troupes fraîches et disponibles et à une soixantaine de pièces de canon. Je
fais réitérer les ordres au duc de Castiglione pour qu'il ne retienne pas, sous
divers prétextes, ce qui appartient à la 31e division, et que tout vous soit
envoyé.
Vous pouvez diriger
les deux régiments westphaliens sur Stettin, en en donnant avis au Roi pour
qu'il les fasse compléter sur ce point à 3,000 hommes ; ce qui, joint aux 1,600
hommes du régiment saxon Maximilien et aux 15 à 16,000 hommes auxquels va être
porté le 1er corps, mettrait entre les mains du prince d'Eckmühl, à Stettin,
20,000 hommes, avec lesquels il garderait la Poméranie suédoise, les bouches de
l'Oder, Stettin et la ligne de l'Oder jusqu'à Küstrin. En cas d'événement, je
pense que la garnison de Stettin pourrait être portée à 6,000 hommes
d'infanterie, à 500 hommes de cavalerie et à 5 ou 600 hommes d'artillerie, sans
comprendre les hôpitaux. Réitérez les ordres pour que cette place soit
parfaitement approvisionnée.
Le 2e corps, qui va
recevoir 14 à 15,000 hommes, pourra très-bien tenir garnison à Küstrin, Spandau
et Berlin, et avoir encore une division d'observation pour défendre l'Oder et
vous appuyer.
Enfin le 4e corps,
les Bavarois et quelques Saxons, s'il était nécessaire, seront suffisants pour
Glogau.
Je suppose donc
qu'au 1er mars l'état des choses sera le suivant :
votre corps d'observation à Posen ou sur l'Oder, fort des 31e, 35e et 36e
divisions, plus de la réserve des 10,000 hommes de la Garde, des Bavarois,
etc., que vous avez réunis. Je suppose que vous aurez aussi reçu,
indépendamment du régiment italien, 1,000 hommes de la Garde et 3,000 du corps
que doit commander le général Latour-Maubourg; ce qui vous fera 5 à 6,000
hommes de cavalerie.
Le prince d'Eckmühl
sera à Stettin et commandera la Poméranie et la ligne de l'Oder jusqu'à Küstrin.
Le 2e corps sera à Küstrin, Spandau et Berlin. L'un et l'antre pourraient avoir
une division pour vous soutenir; ce qui, joint au corps du général Reynier, à
celui du prince Poniatowski et à celui du prince Schwarzenberg, si celui-ci
conserve ses communications avec vous, vous maintiendra dans une position
raisonnable; d'autant plus qu'à cette époque le général Lauriston doit avoir sa
1e division à Brandenburg, sa 2e à Magdeburg, sa 3e à Brunswick et sa 4e à
Halberstadt. Il faudra qu'il passe quelque temps dans cette position pour
recevoir ses 100 pièces de canon, ses équipages et compléter son organisation.
Je suppose que vous n'avez pas manqué d'envoyer bon nombre d'officiers à Magdeburg,
comme je vous l’ai mandé, afin que le général Lauriston puisse les placer dans
ses différents corps.
Enfin, à la même
époque, le 1er corps d'observation du Rhin, fort de 60 bataillons, aura passé
le Rhin et gagnera l'Elbe.
Je pense qu'indépendamment
des magasins que j'ai ordonnés à Spandau et Küstrin il faut en ordonner un
pareil à Stettin.
Il me semble que
quant aux quatre divisions de Latour-Maubourg, il est bien entendu que leurs
dépôts pourront se remonter sur l'Elbe ou ils sont, mais que tout ce qu'ils
auront de disponible doit se rendre sur l'Oder, et que le général Latour y
formera ses quatre divisions. Cela ne devrait pas tarder à vous produire 3,000
chevaux : l'Oder et la Wartha allant dégeler, cela vous mettra en mesure de
bien vous couvrir.
Il parait que les
projets des coalisés seraient d'attaquer l’île de Rügen par une expédition de
6,000 Suédois, qui espéreraient s'y loger, tandis que les Suédois attaqueraient
la Norvège. Donnez avis de cela au général Morand et au prince d'Eckmühl.
Paris, 13 février
1813.
Au général comte de Lauriston, commandant
le corps d’observation de l’Elbe, à Hambourg.
Monsieur le Comte
Lauriston, je reçois votre lettre du 7 février. Je suis extrêmement mécontent
de ce que les régiments de Hambourg ne sont pas encore organisés. Je ne puis
que vous répéter ce que je vous ai déjà ordonné plusieurs fois : c'est de
mettre en marche vos quatre divisions sur Magdeburg. Si, par le fait des
bureaux de la guerre, les trois régiments composés des cohortes de Hambourg ne
sont pas formés, dirigez les cohortes sur Magdeburg et vous les y formerez
vous-même. Si on voulait garder toutes les côtes, pas une cohorte ne serait
mise en marche. Je ne puis que vous réitérer l'ordre d'attirer toutes vos
troupes sur Magdeburg, sans avoir aucun égard pour toutes les considérations
secondaires. Avant que la saison permette à l'ennemi de faire quelques
tentatives sur ces cotes, il y sera arrivé d'autres troupes.
J'ai donné ordre au
duc de Valmy de faire filer votre 4e division.
Votre artillerie se
met en mouvement de Metz et de Mayence dans ce mois-ci. Ainsi il est nécessaire
que, dans le courant de mars, vous vous mettiez en mesure de marcher sur Berlin
et d'aider au vice-roi.
Donnez des ordres
partout; activez vos mouvements et concentrez toutes vos troupes entre Brunswick, Magdeburg,
Halberstadt et Brandenburg.
Paris, 13 février
1813.
Au maréchal Kellermann, duc de Valmy,
commandant supérieur des 5e, 25e et 26e divisions militaires, à Mayence.
Mon Cousin, je vous
ai fait connaître mes intentions pour le corps d'observation de l'Elbe.
Le 1er corps
d'observation du Rhin a déjà à Francfort sa 1e division, forte de 16
bataillons. Il faut réunir toute cette première division à Hanau ; la 2e et la
3e doivent se réunir à Francfort dans les premiers jours de mars.
Paris, 13 février
1813.
Au maréchal Kellermann, duc de Valmy,
commandant supérieur des 5e, 25e et 26e divisions militaires, à Mayence.
Mon Cousin, je
reçois votre lettre du 9 février. Je vous ai mandé qu'il fallait faire partir
du grand-duché de Berg tout ce qui appartenait au corps d'observation de
l'Elbe; ce corps d'observation se compose conformément à l'état ci-joint.
La 4e division, que
commande le général Rochambeau, est composée, comme vous le verrez par cet
état, du 135e qui arrive à Mayence le 18 février; du 149e, qui arrive le 14, et
du 150e, qui arrive le 12. Il est convenable que, aussitôt que le 135e sera
arrivé et formé, vous le fassiez partir pour Francfort, où vous réunirez
également le 149e et le 150e. Je suppose que le général Rochambeau, l'adjudant
commandant et les deux généraux de brigade s'y trouveront ; de sorte que, vers
le 20 février, cette division puisse se mettre en mouvement de Francfort et se
diriger sur Magdeburg. Faites-moi connaître quelle est la situation de cette
division.
État du corps
d’observation de l’Elbe.
1e division,
général Maison : 151e, 152e et 153e de ligne. Cette division se réunira à
Magdeburg.
2e division,
général Puthod : 146e, 147e et 148e de ligne. Cette division doit se rendre à
Magdeburg.
3e division,
général Lagrange : 134e de ligne, 3e étranger, 154e et 155e de ligne. Cette
division doit se réunir à Magdeburg.
4e division,
général Rochambeau : 135e, 149e et 150e de ligne. Cette division doit se réunir
à Francfort.
Palais des
Tuileries, 14 février 1813.
DISCOURS DE
L'EMPEREUR, A L'OUVERTURE DU CORPS LÉGISLATIF.
Messieurs les
Députés des départements au Corps législatif, la guerre rallumée dans le nord
de l'Europe offrait une occasion favorable aux projets des Anglais sur la
péninsule. Ils ont fait de grands efforts : toutes leurs espérances ont été
déçues. Leur armée a échoué devant la citadelle de Burgos, et a dû, après avoir
essuyé de grandes pertes, évacuer le territoire de toutes les Espagnes.
Je suis moi-même
entré en Russie. Les armes françaises ont été constamment victorieuses aux
champs d'Ostrovno, de Polotsk, de Mohilef, de Smolensk, de la Moskova, de
Malo-Yaroslavetz. Nulle part les armées russes n'ont pu tenir devant nos aigles
: Moscou est tombé en notre pouvoir.
Lorsque les
barrières de la Russie ont été forcées et que l'impuissance de ses armes a été
reconnue, un essaim de Tartares ont tourné leurs mains parricides contre les
plus belles provinces de ce vaste empire, qu'ils avaient été appelés à
défendre. Ils ont en peu de semaines, malgré les larmes et le désespoir des
infortunés Moscovites, incendié plus de quatre mille de leurs plus beaux
villages, plus de cinquante de leurs plus belles villes, assouvissant ainsi leur
ancienne haine, et sous le prétexte de retarder notre marche en nous environnant
d'un désert. Nous avons triomphé de tous ces obstacles ; l'incendie même de
Moscou, où, en quatre jours, ils ont anéanti le fruit des travaux et des
épargnes de quarante générations, n'avait rien changé à l'état prospère de mes
affaires. Mais la rigueur excessive et prématurée de l'hiver a fait peser sur
mon armée une affreuse calamité. En peu de nuits, j'ai vu tout changer. J'ai
fait de grandes pertes; elles auraient brisé mon âme si, dans ces grandes
circonstances, j'avais dû être accessible à d'autres sentiments qu'à l'intérêt,
à la gloire et à l'avenir de mes peuples.
A la vue des maux
qui ont pesé sur nous, la joie de l'Angleterre a été grande, ses espérances
n'ont pas eu de bornes. Elle offrait nos plus belles provinces pour récompense
à la trahison ; elle mettait pour condition à la paix le déchirement de ce bel
empire : c'était sous d'autres termes proclamer la guerre perpétuelle.
L'énergie de mes
peuples, dans ces grandes circonstances, leur attachement à l'intégrité de
l'Empire, l'amour qu'ils m'ont montré, ont dissipé toutes ces chimères et
ramené nos ennemis à un sentiment plus juste des choses.
Les malheurs qu'a
produits la rigueur des frimas ont fait ressortir, dans toute leur étendue la
grandeur et la solidité de cet Empire, fondé sur les efforts et l'amour de 50
millions de citoyens, et sur les ressources territoriales des plus belles
contrées du monde.
C'est avec une vive
satisfaction que nous avons vu nos peuples du royaume d'Italie, ceux de
l'ancienne Hollande et des départements réunis, rivaliser avec les anciens
Français, et sentir qu'il n'y a pour eux d'espérance, d'avenir et de bien que
dans la consolidation et le triomphe du grand Empire.
Les agents de
l'Angleterre propagent chez tous nos voisins l'esprit de révolte contre les
souverains. L'Angleterre voudrait voir le continent entier en proie à la guerre
civile et à toutes les fureurs de l'anarchie; mais la Providence l'a elle-même
désignée pour être la première victime de l'anarchie et de la guerre civile.
J'ai signé
directement avec le Pape un concordat qui termine tous les différends qui
s'étaient malheureusement élevés dans l'Église. La dynastie française règne et
régnera en Espagne. Je suis satisfait de la conduite de mes alliés ; je n'en
abandonnerai aucun ; je maintiendrai l'intégrité de leurs États. Les Russes
rentreront dans leur affreux climat.
Je désire la paix ;
elle est nécessaire au monde. Quatre fois depuis la rupture qui a suivi le
traité d'Amiens, je l'ai proposée dans des démarches solennelles. Je ne ferai
jamais qu'une paix honorable et conforme aux intérêts et à la grandeur de mon
Empire. Ma politique n'est point mystérieuse; j'ai fait connaître les
sacrifices que je pouvais faire.
Tant que cette
guerre maritime durera, mes peuples doivent se tenir prêts ù toute espèce de
sacrifices; car une mauvaise paix nous ferait tout perdre, jusqu'à l’espérance,
et tout serait compromis, même la prospérité de nos neveux.
L'Amérique a
recouru aux armes pour faire respecter, la souveraineté de son pavillon. Les
vœux du monde l'accompagnent dans cette glorieuse lutte. Si elle la termine en
obligeant les ennemis du continent à reconnaître le principe que le pavillon
couvre la marchandise et l'équipage, et que les neutres ne doivent pas être
soumis à des blocus sur le papier, le tout conformément aux stipulations du
traité d'Utrecht, l’Amérique aura mérité de tous les peuples. La postérité dira
que l'ancien monde avait perdu ses droits et que le nouveau les a reconquis.
Mon ministre de
l'intérieur vous fera connaître, dans l'exposé de la situation de l'Empire,
l'état prospère de l'agriculture, des manufactures et de notre commerce
intérieur, ainsi que l'accroissement toujours constant de notre population.
Dans aucun siècle, l'agriculture et les manufactures n'ont été en France à un
plus haut degré de prospérité.
J'ai besoin de
grandes ressources pour faire face à toutes les dépenses qu'exigent les
circonstances; mais, moyennant différentes mesures que vous proposera mon
ministre des finances e je ne devrai imposer aucune nouvelle charge à mes
peuples.
Extrait du Moniteur
du 15 février 1813.
Paris, 14 février 1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je vois avec peine
qu'on ne cherche pas au ministère à se conformer à mes intentions. Je ne suis
pas content du rapport du bureau de l'artillerie.
Je veux, parce que
c'est conforme aux principes de l'artillerie, que toutes les batteries sortent
de France organisées, c'est-à-dire qu'une batterie de huit pièces de canon
parte avec ses affûts, sa forge et au moins un approvisionnement complet. Les
convois devant être de soixante voitures, vous pouvez réunir ainsi une ou deux
batteries. Je désire également qu'il y ait dans chaque convoi six caissons d'infanterie.
En jetant un coup d'œil sur l'état, je ne vois pas l'exécution de mes ordres.
Peu m'importe de
quelle manière ils partiront de Metz et de Strasbourg, qui sont en France ;
mais ce qui m'importe, c'est comment ils partiront de Mayence et de Wesel : le
moindre mouvement que fasse la portion qui est partie, on ne se rejoint plus.
C'est une faute que commet votre bureau que de ne pas faire sortir les
batteries tout organisées.
Je ne vois pas
pourquoi vous ne portez que soixante pièces au corps de l'Elbe; il me semble
que c'est quatre-vingt-douze qu'il doit y avoir. Je vois par l'état que
quarante-quatre pièces partent de Mayence et seize pièces ou deux batteries de
Wesel. Les batteries de Wesel partent en règle, puisqu'il y a six pièces, deux
obusiers, neuf caissons de 6 et quatre obusiers ; je n'ai donc rien à dire à
ces deux convois ; faites-les partir le 25 ou le 26 février, plus tôt s'il est
possible, et dirigez-les sur Magdeburg. Mais les 1e, 2e et 4e convois qui
partent de Metz sont inutiles, ainsi que celui de Strasbourg : que tout cela se
rende à Mayence, et faites-les partir de Mayence : 1e convoi, une ou deux
batteries de 6 ; après cela les batteries de réserve. Cela une fois parti en
règle avec un simple approvisionnement, je ne vois pas d'inconvénient à ce que
le doublé approvisionnement parte comme vous l'entendrez. Mais, par exemple, au
convoi qui partirait de Mayence, je ne vois que douze caissons de 12; il a
douze pièces, il faudrait trente-six caissons; je ne vois que quatre caissons
pour quatre obusiers, il en faudrait douze.
Je ne vois pas non
plus avec plaisir que vous commenciez à faire partir de Mayence les batteries
de réserve ; j'aimerais mieux que vous fissiez partir celles de 6. Arrangez-moi
donc cela en conséquence.
Ainsi, du 5 au 15
du mois de mars, les soixante bouches à feu seront arrivées à Magdeburg, ce qui
est un véritable résultat; tout comme au 3 mars, quatre batteries à pied seront
arrivées au 1er corps d'observation du Rhin.
Il faut
actuellement organiser les 2e et 3e divisions du 1er corps d'observation du
Rhin ; l'une et l'autre seront à Francfort vers le 15 mars. Si cela était
possible, j'aimerais avoir pour le 15 mars tout le reste des batteries, avec un
approvisionnement simple, s'il le fallait; le double approvisionnement
suivrait.
Il me reste
actuellement à connaître les moyens d'organiser quelques batteries à cheval
pour ces corps et pour la cavalerie.
Faites-moi aussi
connaître ce qui est relatif au corps d'observation d'Italie, et quand je
pourrai compter que l'équipage pourra partir de Vérone.
Paris, 14 février
1813.
Au vice-amiral
comte Decrès, ministre de la marine, à Paris
Monsieur le Comte
Decrès, je ne doute pas que votre budget de 171 millions ne soit exact. J'en
retranche les 2 millions 146,000 francs pour l'armement des vaisseaux d'Anvers
et le million 194,000 francs pour l'artillerie du même chapitre; ce qui fera
une réduction de plus de 3 millions. Votre budget sera donc de 167 millions. Je
préfère de beaucoup faire cette dépense et ne pas faire faire de pas rétrograde
à la marine, soit en hommes, soit en matériel, soit en armement.
Je viens d'ôter à
la marine 12,000 hommes; mais il me parait convenable de les remplacer sur la
conscription de 1814; sans quoi ce serait une perte irréparable pour la marine.
Remettez donc au
ministre des finances votre budget arrêté à 167 millions.
Diminuez sur tous
les chapitres, de manière à ne faire qu'un premier total de 160 millions, et à
former des 7 autres millions un fonds de réserve, dont vous disposerez selon
les circonstances, comme vous l'entendrez, et qui sera placé à votre budget.
Donnez, moyennant ce, une grande activité aux travaux en Hollande; continuez la
même activité à ceux de Venise, hormis qu'on ne mettra aucun vaisseau à l'eau,
et augmentez mes escadres de l'Océan autant que possible.
J'aurai cette année
des victoires et la paix, et, dès lors, je n'aurai rien à réformer sur la
marine. Mais, si mes plans étaient déçus et que j'éprouvasse des revers, alors
ce ne sont pas 10 millions, mais ce sont les 80,000 hommes qui se trouvent à
bord des escadres qu'il faudrait utiliser pour la défense de l'État. Nous
sommes encore fort loin d'en être là.
Je ne puis que vous
recommander de nouveau de tenir tous mes vaisseaux en partance. Je désire même
qu'il soit effectivement pris des dispositions pour faire croire à la partance
d'une expédition de Toulon, pour que l'escadre de Brest se prépare à aller en
croisière, et celle de l'Escaut à aller en Amérique, avec des armes et quelques
troupes de passage. Je vous laisse le soin de choisir les moyens qui peuvent le
mieux accréditer ces projets, d'y faire croire d'abord les commandants des
escadres et ensuite chez l'ennemi : tout cela sera de véritables diversions.
Paris, 15 février
1813.
Au général Savary, duc de Rovigo, ministre
de la police générale, à Paris.
Je vois avec peine
un rapport du conseiller d'État Dubois, que vous m'envoyez. Moins la police
parlera de l'affaire du 23 octobre (Affaire Malet.), mieux cela vaudra.
Personne ne dessert le conseiller d'État Pasquier près de moi : en accusant les
gens de faire des menées, on leur donne trop d'importance. Je désire que la
police ne prenne plus cette marche avec moi, et surtout ne parle plus du 23,
puisque j'ai bien voulu l'oublier.
Paris. 15 février
1813.
À Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Meseritz.
Mon Fils, je
demandais depuis longtemps où était un escadron du grand-duché de Berg, fort de
221 hommes; j'apprends qu'il est à Brunswick. Cet escadron, qui est en bon
état, vous serait plus utile à l'armée; faites-le venir sur l'Oder et
joignez-le à la brigade de lanciers du 1e et du 3e de la Garde.
Je pense aussi que
vous devez utiliser tout le corps de cavalerie du général Latour-Maubourg; en
réunissant une compagnie par régiment, cela doit vous offrir au moins 3,000
hommes.
Le roi de Saxe me
promet 7,000 hommes et 2,000 chevaux au 1e mars. Il serait bien important que
cela joignît le contingent saxon; vous pourriez alors en ôter la division
Durutte, que vous attacheriez à l'avant-garde. Si vous aviez ainsi la division
Durutte, la 35e, la 36e et la 31e division, avec ce que vous avez réuni, cela
serait un commencement d'armée. Les 8,000 Saxons maintiendraient le corps du
général Reynier à 15,000 hommes.
Faites-moi
connaître ce qu'a le général Poniatowski en cavalerie, infanterie, artillerie.
Réitérez l'ordre au
général Schwarzenberg d'appuyer sur vous et de ne pas laisser couper ses
communications avec vous.
Paris, 15 février
1813.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Meseritz.
Mon Fils, je viens
de voir avec la plus grande surprise les marchés qu'a passés l'intendant
général Dumas. Aurait-il perdu la tête ? D'abord, il me fait payer 2 millions
pour approvisionner les trois places de l'Oder. Indépendamment des prix
excessifs qu'il accorde, il augmente les quantités nécessaires. Il paye
l'avoine 30 sons le boisseau : c'est le double de ce que cela vaut; le blé, 16
francs, etc. Je ne peux pas et je n'entends pas jeter l'argent de cette manière
; il y a de la folie dans ces prix.
Les Prussiens
doivent continuer à fournir pour le journalier; s'ils cessaient, il faudrait
faire des réquisitions, et alors la Prusse nous mettrait dans le cas de prendre
possession du pays.
Le général Dumas a
passé aussi des marchés par lesquels il passe 3 francs par soldat aux hôpitaux.
Vous sentez qu'il est impossible d'accoutumer les peuples de la Prusse à de
pareilles aubaines; les finances d'aucun pays n'y pourraient suffire.
Paris, 16 février
1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je réponds à votre
lettre du 16 février (bureau de l'artillerie). J'y vois que l’artillerie du corps
de l'Elbe et celle du 1er corps d'observation du Rhin seront organisées et
attelées. J'ai donné l'ordre que la Garde ait 300 chevaux et organise ses cent
vingt pièces. Tout ce qui est relatif au corps d'observation d'Italie est en
règle; il reste donc à pourvoir au 2e corps du Rhin.
Vous n'avez plus
que 1,500 chevaux disponibles, et ils ne pourront
emmener que 300 voitures; il faudrait donc encore 1,600 chevaux pour compléter
l'artillerie du 2e corps du Rhin. Je pense qu'il les faut acheter et que vous
aurez suffisamment d'hommes du train pour les atteler, et dès lors les
équipages du corps de l'Elbe, des deux corps d'observation du Rhin, du corps
d'observation d'Italie et de la Garde impériale, ce qui fait cinq à six cents
pièces de canon, sont assurés.
Reste actuellement
à pourvoir à l'artillerie qui s'organise en Allemagne. Vous avez en Allemagne,
1° 120 voitures que le corps de l'Elbe cédera et qui sont à Magdeburg; 2° le
matériel qui existe au 11e corps ou corps d'avant-garde; 3° le matériel qui
existe pour la Garde et pour les 1er, 2e et 4e corps; 4° enfin le matériel
qu'on a déjà tiré des places de l'Oder et de Magdeburg, ce qu'on fait à
Küstrin, et enfin ce qui reste à envoyer de France.
Il faut absolument
renoncer à l'idée de mettre 1,200 chevaux de l'Elbe au Rhin ; cela nous a fort
mal réussi l'année passée, et toutes ces vues d'économie ruinent le train. Il
faut donc envoyer, par les transports militaires, sur Magdeburg. Mais la
formation des convois, le jour où ils doivent partir et leur destination sont
des objets de la plus haute importance, et dans les circonstances actuelles je
ne puis pas laisser les routes d'Allemagne s'encombrer d'un matériel d'artillerie
qui commence à me devenir fort précieux. Il faut donc faire préparer ces convois
à Metz, Mayence, Strasbourg et Wesel; que vous me fassiez connaître à quelle
époque tout cela sera prêt, et, enfin, que vous me remettiez sous les yeux les
besoins réels.
L'artillerie du 11e
corps ou avant-garde est de première nécessité. Le général Sorbier a raison
d'organiser quelques batteries de la Garde à Berlin; mais, comme toute
l'artillerie de la Garde doit partir de la Fère, organisée à cent vingt pièces,
le général Sorbier pourra donner à l'armée ce matériel de Berlin. Mettez-moi
sur une colonne les besoins de l'avant-garde, les besoins de l'artillerie
légère de la cavalerie d'avant-garde. Faites-moi connaître ce qui existe en
matériel au 11e corps à Berlin, et ce que vous avez déjà envoyé à Magdeburg.
Je pense que cela doit être plus que suffisant pour le 11e corps et pour les
quatre batteries à cheval des deux corps de cavalerie. Il reste donc à
s'occuper des besoins des 1er, 2e et 4e corps. Faites-moi connaître le
nécessaire pour ces trois corps, en le divisant par première moitié, seconde moitié.
Alors seulement je pourrai déterminer le jour où les transports militaires
devront prendre les convois à Strasbourg et à Mayence, en spécifiant la route
qu'ils doivent tenir et le jour où ils doivent arriver à Magdeburg. Quant au
manque de fonds do général Sorbier, envoyez-lui-en.
Indépendamment de
tous ces équipages d'artillerie, ne perdez pas de vue que j'ai besoin de
réorganiser l'artillerie à cheval. Ainsi il me faut d'abord quatre batteries
d'artillerie à cheval pour les corps composés des escadrons de l'armée
d'Espagne; cela ne me fait encore, ce me semble, que douze batteries
d'artillerie à cheval, et, comme je désire avoir, pour la prochaine campagne,
un même nombre d'artillerie à cheval que celui qui existait à l'ancienne
armée, ce sera encore quelques batteries à réorganiser.
Je pense que la
première moitié d'artillerie pour les 1er, 2e et 4e corps sera suffisante, car
je ne veux pas que le 1er corps puisse avoir plus de trente bataillons bien
complets et bien organisés cette année; ce qui ne fera que deux divisions au
lieu de quatre, que je supposais. Il en est de même pour le 2e et pour le 4e
corps. Cela doit faire une réduction considérable dans l'équipage.
Par ma lettre du 27
janvier, j'ai décidé que la Grande Armée aurait d'abord cent trente-huit
bouches à feu, savoir : le 1er corps, quatre batteries à pied, quarante-six
bouches à feu ; le 2e autant, le 4e autant. Je crois qu'on pourrait diminuer
l'artillerie du 4e corps, et ne la porter qu'à vingt-deux pièces, au lieu de
quarante-six ; ce qui ferait une réduction de vingt-quatre, et, au lieu de cent
trente-huit, ne ferait plus que cent quatorze pièces, indépendamment du 11e
corps, de Danzig et de la division Durutte.
J'avais supposé
aussi que le 1er, le 2e et le 4e corps se doubleraient; ce qui ferait encore
cent trente-huit pièces que je prévois aujourd'hui pouvoir ajourner à juillet.
Ainsi, si le besoin d'envoyer 1,000 voitures à la Grande Armée provient du
calcul fait sur ces bouches à feu, demandées d'abord pour les 1er, 2e et 4e corps,
comme il y en a 162 que l'on peut ajourner, ce serait 586 voitures,
c'est-à-dire ce que vous proposez d'envoyer à la Grande Armée, qu'on pourrait
ajourner. Mais un état général de l'artillerie me devient actuellement
nécessaire; réunissez tous les éléments et mettez-les-moi sous les yeux.
Paris, 16 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Il résulte de votre
rapport qu'il n'y a que 400,000 kilogrammes de poudre dans les quatre places de
l'Oder, y compris Magdeburg. Il y en aurait donc 56,000 à Stettin, plus 25,000
qui ont été expédiés de Magdeburg; total, 81,000 à Stettin; ce qui serait peu
de chose. Il y en aurait 65,000 à Küstrin, ce qui n'est pas suffisant, et
61,000 à Glogau.
Je pense qu'il
faudrait diriger 200,000 kilogrammes sur Magdeburg, et faire partir
sur-le-champ 100,000 kilogrammes pour les places de l'Oder. Faites-moi un
projet de répartition de ces 100,000 kilogrammes, selon l'urgence des besoins.
Comprenez aussi dans cette répartition Spandau.
Faites-moi connaître
le nécessaire, l'existant et le manquant dans chacune de ces places ; ce
travail me paraît très-pressé.
Paris, 16 février
1813.
Au comte Mollien,
ministre du trésor public, à Paris
Monsieur le Comte
Mollien, le budget de la Grande Armée pour 1812 était de 60 millions pour le
ministère de la guerre, et de 27 millions pour le ministère de l'administration
de la guerre, total 87 millions. Je suis fondé à penser qu'il y a eu là-dessus
une économie de 45 millions, desquels il faut ôter la perte du trésor de 10
millions; il resterait donc une économie de 30 à 35 millions en faveur du
budget de l'État. Il est urgent d'avoir sur cela des renseignements positifs.
Le comte Daru en a quelques-uns, qu'il faudrait qu'il vous communiquât, parce
qu'il y a des choses qu'il est nécessaire que vous sachiez. Il me tarde de voir
arriver à Paris le payeur de l'armée, afin de régler tout ce qui regarde
l'année 1812.
Paris, 17 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, faites connaître au prince de la Moskova qu'il commande le 1er corps
d'observation du Rhin; qu'il ait, en conséquence, à réunir son état-major à Francfort-sur-le-Main,
sans cependant faire revenir rien de ce qu'il aurait laissé à la Grande Armée.
Faites-lui connaître l'organisation de son corps d'armée, et travaillez avec
lui pour former son état-major; qu'il choisisse un bon chef d'état-major. Il sera
nécessaire que le prince soit de sa personne rendu à Francfort vers le 10
mars.
Le duc de Raguse
commandera le 2e corps d'observation du Rhin. Faites-lui connaître également
l'organisation de son corps, et travaillez avec lui pour organiser son état-major.
Qu'il dirige tous ses équipages et son administration sur Francfort, où il sera
nécessaire qu'il soit rendu du 15 au 20 mars.
Ainsi les quatre
corps d'observation seront sous le commandement, celui de l'Elbe, du général
Lauriston; ceux du Rhin, le 1er sous le prince de la Moskova, le 2e sous le duc
de Raguse, et le corps d'Italie, sous le général Bertrand.
Présentez-moi un
officier pour commander dans les provinces illyriennes.
J'ai bien besoin
aussi d'avoir toute l'organisation de ces deux corps, tant les états-majors que
les divisions, avec l'époque où tout cela sera réuni, avec tout ce qui dépend
du génie et de l'artillerie.
Paris, 17 février
1813.
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris.
Monsieur le Comte
de Cessac, mon intention est que chaque division des corps d'observation ait
six caissons d'ambulance ; que ces six caissons soient chargés au moins de six
milliers et qu'ils portent de la charpie, des bandages, etc., pour panser au
moins 3,000 blessures. Il faut ensuite organiser à Magdeburg des réserves
d'ambulance. Faites-moi un projet général de service pour les quatre corps
d'observation et pour les 1er, 2e, 4e et 11e corps de la Grande Armée.
Paris. 17 février
1813.
DÉCISION.
|
Le ministre des
finances demande à Sa Majesté a l'Empereur que le
personnel des équipages du trésor aux armées soit formé parmi les conscrits
de nouvelle levée. |
Sa Majesté a refusé
d'accorder des conscrits même pour
ses propres équipages. |
Paris, 18 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, les 200 sous-lieutenants de Saint-Cyr qui ont été envoyés aux
vingt-deux régiments de cohortes ne doivent pas empêcher d'utiliser les 100
caporaux que j'ai envoyés pour être sous-lieutenants. Ces 100 caporaux, ayant
tous au moins dix années de service, ont ce que n'ont pas ces jeunes gens, et
ce mélange sera fort avantageux au service.
Quant aux troupes
de la marine, il faut y envoyer des sous-lieutenants de Saint-Cyr; ce corps,
qui est composé de vieux soldats, tous instruits, a besoin de jeunes officiers,
et non de vieux caporaux.
Paris, 18 février
1813.
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris
Tous les régiments
qui sont à Magdeburg, formés des cohortes, manquent d'effets de campement. Il est
urgent de leur en procurer, ainsi qu'aux deux corps d'observation du Rhin et au
corps d'Italie.
Paris, 18 février
1813.
NOTE POUR M.
BARBIER, BIBLIOTHÉCAIRE DE L’EMPEREUR,
A
PARIS.
Je n'ai pas besoin
qu'on forme une nouvelle bibliothèque de voyage; il faut seulement préparer
quatre caisses pour des in-12 et deux pour des in-18. Quelque temps avant mon
départ, on me remettra la liste des livres de ce format que j'ai dans ma bibliothèque,
et je désignerai les volumes qu'il faudra mettre dans les caisses.
Ces volumes seront
successivement échangés contre d'autres de ma bibliothèque, et le tout sans
qu'il soit nécessaire de faire de nouvelles dépenses.
Paris, 20 février
1813.
Au général comte de Lauriston, commandant
le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.
Monsieur le Comte
Lauriston, le vice-roi a porté son quartier général sur l'Oder. Je suis bien
fâché du retard que les corps appartenant à la 31e division ont mis à partir
de Magdeburg, car il est bien nécessaire que le vice-roi ait dans la main cette
31e division. Il me tarde aussi que vous ayez une division à Brandenburg. Je
pense qu'il ne faudrait pas réunir à Brandenburg la division qui est formée des
régiments hollandais ; c'est une division composée de régiments français qu'il
faut y mettre. Il faudra que cette division ait son artillerie aussitôt que
possible.
Lorsque, sans
désorganiser les corps et sans former de régiments provisoires, mais en
réunissant en entier des escadrons de 200 hommes ou des compagnies de 100
hommes d'un même régiment, vous pourrez réunir quelque cavalerie, il serait
bien important de le faire, et d'avoir ainsi 2,000 hommes de cavalerie à
Brandenburg avec cette division.
Réunissez la
division westphalienne à Havelberg : elle sera là à portée de Berlin, de
Stettin et de Hambourg. Je crois que le Roi a déjà deux régiments prêts pour
cette division. Le 9e régiment est depuis longtemps à Magdeburg. Si vous pouvez
réunir sur ce point les trois régiments westphaliens et 1,000 chevaux westphaliens
avec une batterie de canon , ce serait une chose
utile.
Paris, 20 février
1813.
Au général comte de Lauriston, commandant
le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.
Monsieur le Général
Lauriston, vous trouverez à Magdeburg beaucoup d'officiers d'état-major,
beaucoup d'officiers supérieurs d'artillerie, beaucoup d'officiers généraux
qui n'ont pas d'emploi. Vous pouvez en prendre le nombre nécessaire pour
compléter foutes vos divisions à raison de deux généraux de brigade, d'un
adjudant commandant et de plusieurs adjoints. Vous correspondrez à cet effet
avec le vice-roi. Vous pouvez prendre aussi ce qui vous manquerait d'officiers
et d'employés d'administration dans ce qui reste de celle de l'armée.
J'ai accordé à
chaque régiment formé de cohortes : 1° 16 francs par homme, provenant de ce qui
avait été retenu sur la masse de linge et chaussures; 2° une paire de souliers
en gratification; 3° 20,000 francs par régiment. Vous pouvez le leur faire
connaître, faire délivrer leur paire de souliers par homme, à raison de 2,500
paires par régiment; leur donner des à-compte sur les 20,000 francs, pour
qu'ils se fournissent de toutes les petites choses dont ils peuvent avoir
besoin, et faire payer aux soldats des à-compte sur les 16 francs, pour qu'ils
puissent acheter une autre paire de souliers, de manière à en avoir trois
paires assurées, et compléter leur sac. Il est nécessaire qu'ils aient toutes
leurs garnitures en cuivre, avec le numéro de leur régiment, les distinctions
de voltigeurs et de grenadiers, et enfin tout ce qui peut leur donner l'air de
vieilles troupes.
L'artillerie part
de Wesel et de Mayence. À la fin de mars, j'espère que vous aurez vos
quatre-vingt-douze pièces.
Paris, 20 février
1813.
A FRÉDÉRIC, ROI DE
WURTEMBERG, à Stuttgart.
Monsieur mon.
Frère, la lettre de Votre Majesté, en date du 8 de ce mois, m'a été remise par
son ministre d'État et du cabinet, le comte de Zeppelin. Je l'ai lue avec
plaisir. Ce qu'elle exprime porte avec soi la conviction et n'a pu que me
confirmer dans l'opinion que j'ai toujours conçue de la personne de Votre
Majesté. Elle peut être certaine que mes dispositions envers elle et sa maison
seront toujours les mêmes. Je m'en rapporte à ce que j'ai dit au comte de
Zeppelin sur ce qui a motivé son voyage. Votre Majesté doit être persuadée de
ce qu'il lui dira de ma part, surtout lorsqu'il lui parlera de mon estime et de
mes sentiments pour elle.
Paris, 21 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Les deux
propositions que je lis dans votre rapport du 17 février, 1° de recruter la
gendarmerie avec des hommes tirés des régiments formés des cohortes ; 2° de
fournir à la gendarmerie des chevaux requis dans les départements, sont
également inconvenantes, et je ne conçois pas comment vous pouvez les avoir
admises. C'est, au contraire, de la gendarmerie que je veux tirer tout ce qui
est nécessaire pour l'armée. Quant au recrutement de la gendarmerie, il faut
donner une nouvelle activité à l'instruction des élèves-gendarmes.
Paris, 21 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je vois, par l'état
des poudres, qu'il n'y a à Mayence que 74,000 kilogrammes de poudre. Donnez
l'ordre qu'il soit dirigé de l'intérieur 100,000 kilogrammes de poudre, afin
qu'il y ait toujours dans une place comme Mayence 3 à 400,000 kilogrammes de
poudre.
Je vois qu'il y a à
Strasbourg 172,000 kilogrammes de poudre et 224,000 kilogrammes à Wesel. Faites
diriger des points de l'intérieur des poudres, de manière à compléter à 400,000
kilogrammes ce qu'il y a dans chacune de ces places.
Paris, 21 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je ne sais ce que
c'est que le colonel Wittenburg dont vous me parlez dans votre lettre du 19. Gardez-vous
bien de le laisser venir à Paris.
Aucun prisonnier
russe ne doit être dans des places comme Metz, Mayence, Strasbourg ou Wesel; il
faut les placer dans de petites villes, hors des communications, et non dans
une place comme Mayence, où ils seraient à même d'observer tous les mouvements
qu'on ferait en France.
Paris, 21 février
1813.
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte
de Cessac, le duc de Valmy m'écrit qu'il n'y a pas de baudriers pour sabres à
Mayence pour en donner aux grenadiers des régiments formés des cohortes; qu'il
n'y a ni marmites, ni bidons, ni souliers, ni chemises, et que le peu de
souliers qu'il y avait à Wesel étaient extrêmement mauvais.
Paris, 21 février
1813.
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte
de Cessac, je reçois votre rapport du 21 février. J'approuve que vous baissiez
d'un pouce, et seulement pour les départements qui vous l'ont demandé, la
taille des chevaux provenant de la réquisition des 15,000. J'approuve
également que vous acceptiez des chevaux qui n'auraient que soixante mois aux
prochaines herbes; enfin vous pouvez accepter des juments dans une plus grande
proportion.
Paris, 21 février
1813.
Au prince Camille Borghèse,
gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin.
Mon Cousin, je
désire que vous ne perdiez point de vue la formation du 13e régiment de
hussards. Faites-moi connaître ce que produiront les dons volontaires et quand
les officiers arriveront. Avez-vous fait confectionner des selles et les objets
d'habillement nécessaires ? Quand pensez-vous que ce régiment sera prêt à
servir ?
Paris, 23 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, je reçois votre lettre du 21 février. Le travail du bureau du mouvement
des troupes est trop abandonné, et je suis obligé d'entrer moi-même dans les
détails. Il est ridicule de faire partir des compagnies d'Amsterdam pour
Maëstricht, pour les faire revenir ensuite de Maëstricht à Utrecht. Il faut à
la tête de ce bureau du mouvement quelqu'un qui connaisse la géographie et qui
cherche les moyens de ne pas faire faire de faux mouvements aux troupes. Je
vais donc moi-même faire le détail du mouvement des bataillons de marche du
corps d'observation de l'Elbe. Vous ferez demain passer la revue des quatre
compagnies du 135e par le comte Lobau ; vous les ferez compléter à 400 hommes,
et partir après-demain pour Utrecht.
Donnez ordre que la
1e compagnie du 5e bataillon du 146e, qui est à Amsterdam, se rende à Utrecht;
que la 2e, qui est à Maëstricht et que vous ferez compléter par la 3e, se rende
à Utrecht, et que la 4e, qui est à Amsterdam, se rende également à Utrecht. Ces
trois compagnies peuvent arriver sans délai à Utrecht, et par ce moyen ce
bataillon sera formé le plus tôt possible. Les dépôts des 1e, 2e et 4e
compagnies se rendront à Maëstricht, où, réunis à celui de la 3e compagnie, ils
formeront le fonds du dépôt de ce bataillon.
Donnez ordre que
les quatre compagnies du 148e, qui sont à Bruxelles, partent le 25 de
Bruxelles, complétées chacune à 140 hommes, et se rendent sans délai à
Utrecht, où elles devront être rendues dans les premiers jours de mars.
Donnez ordre que la
2e compagnie du 147e, qui est à Bruxelles, la 3e, qui est à Maëstricht, et la
1e, qui est à Metz, se mettent en marche sans délai sur Utrecht. Tout ce qui
appartient aux dépôts de ces compagnies se rendra à Metz pour y former le fonds
du dépôt da bataillon. Vous sentez qu'il serait ridicule que la 2e compagnie,
qui est à Bruxelles, se rendit à Metz, pour de là aller à Utrecht.
Donnez ordre que le
25 de ce mois partent de Tours la 1e et la 2e compagnie du 150e et de Mayence
la 3e complétée avec ce qu'il y a de disponible dans la 4e, et que tout cela se
rende à Utrecht le plus tôt possible.
Enfin donnez le
même ordre dans ce sens à toutes les autres compagnies. Que toutes se mettent
en route le plus tôt possible, et que toutes les compagnies se réunissent à Utrecht,
où se formeront les bataillons. Par ce moyen, vous gagnerez beaucoup de marches
et beaucoup de temps, et dans les premiers jours de mars ces bataillons seront
formés.
Je vous renvoie
votre travail pour que vous fassiez faire un nouvel état rectifié de ce
mouvement, et je termine en vous faisant connaître que la guerre n'a pas de
partie plus importante à suivre que le mouvement des troupes.
Indépendamment du
bureau qui rédige, il faut, comme pour l'artillerie, un bureau qui pense. Tous
les jours on me fait, comme dans ce rapport, des propositions qui font le plus
grand mal et qui m'obligent à des détails fatigants.
Paris, 23 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, remettez au général Lucotte copie de vos derniers ordres au roi
d'Espagne. Redites-lui, de nouveau, qu'il est indispensable que son quartier
général soit porté à Valladolid ; qu'il rétablisse la tranquillité dans la
Navarre et dans l'Aragon; qu'il n'occupe Madrid que par un corps volant; qu'il
est important de mettre sur Madrid et sur Tolède de fortes contributions, et de
les faire payer; que tous les hôpitaux doivent être à Valladolid, Burgos,
Vitoria, Tolosa, Pampelune; qu'enfin il occupe Salamanque et Léon, et fasse
préparer un équipage de siège à Burgos, pour menacer Ciudad-Rodrigo et faire
craindre une invasion de sa part en Portugal.
Dites-lui qu'il
doit prendre des mesures pour recevoir deux fois par semaine le courrier de Bayonne;
qu'à cet effet les courriers, escortés par des patrouilles d'infanterie,
doivent aller de Bayonne à Valladolid, en faisant au moins une lieue par heure
sans discontinuer.
Paris, 23 février
1813.
Au général Duroc, duc de Frioul,
grand-maréchal du palais, à Paris
Je vois, par l'état
de situation que vous m'avez remis, que le complet du 2e régiment de
chevau-légers est de 2,016 hommes. Il en avait au 1er février 1,141, il
manquait donc 875 hommes; mais il n'attendait plus que 539 hommes; le déficit
n'était donc plus que de 336 hommes. Je viens, par mon décret de ce jour,
d'augmenter ce régiment de 500 hommes ; mais l'escadron de Paris, qui y est
incorporé, lui apporte 250 hommes; il lui manquera donc encore, d'une part, 250
hommes, et, de l'autre, 336 hommes; total, 586 hommes.
Quant aux chevaux de
ce régiment, le complet est de 2,012. Il en a 1,276; il en manque donc 736. Ce
régiment doit en recevoir 290 de remonte et 413 provenant des offres des
départements; total, 703; le manque au complet n'est donc plus que 33. J'ai
ajouté 500 chevaux, par mon décret de ce jour, à l'effectif de ce régiment ;
mais l'escadron de Paris lui donne 250 chevaux ; ainsi il manque encore, d'une
part, 250 chevaux, et, de l'autre, 33; total, 283 chevaux. En résume, le
déficit de ce régiment est donc de 586 hommes et de 283 chevaux.
Chasseurs à cheval.
— Il manquait au régiment de chasseurs à cheval 725 hommes pour le compléter.
Il en attend encore 286, provenant de l'appel fait aux différents régiments, et
1,400, provenant des offres faites par différents départements; total, 1,686;
il a donc 961 hommes de trop. Ne pourrait-on pas prélever sur cet excédant les
586 hommes qui manquent au 2e régiment de chevau-légers ?
Quant aux chevaux,
il manque 844 chevaux au régiment de chasseurs à cheval; mais 196 sont attendus
des remontes et 1,400 des offres des départements; il y a donc 1,600 chevaux à
recevoir, c'est-à-dire 800 chevaux de plus qu'il ne faudrait. On pourrait donc
en donner 283 au 2e régiment de chevau-légers; il en resterait encore bien plus
qu'il ne faut.
Mameluks. — II
manque 164 hommes au complet des Mameluks; mais ils en doivent recevoir 200, ce
qui fait compensation.
Dragons. — Il
manque 563 hommes au complet des dragons ; ils en doivent recevoir 438; le
déficit sera donc encore 125. Quant aux chevaux, il manque au complet 800
chevaux; 283 sont attendus des remontes et 299 sont à provenir des offres des
départements ; ce qui fera 582 chevaux; ainsi il manquera encore au complet 218
chevaux.
Grenadiers à
cheval. — 617 hommes manquent au complet, 447 sont à recevoir; le déficit sera
donc d'environ 200 hommes. Il manque 684 chevaux ; 320 doivent arriver des
remontes, 360 des offres des départements ; ce qui fait 680 chevaux,
c'est-à-dire compensation.
Gendarmerie
d'élite. — II manque 198 hommes au complet de ce corps; mais 229 sont à
arriver, cela fait balance; il manque 124 chevaux, mais il doit recevoir 120
chevaux, cela fait encore balance.
Il résulte de cet
aperçu que les chasseurs ont plus d'hommes et de chevaux qu'il ne leur en faut,
mais qu'il en manque aux chevau-légers, aux dragons et aux grenadiers à cheval.
Présentez-moi un projet de décret pour pourvoir à ce déficit. Faites-moi
connaître aussi si dans ces calculs sont compris les 760 chevaux qui doivent
être livrés au-delà du Rhin.
D'après le total de
votre état, il manque au complet 3,142 hommes. Vous en avez 1,400 à recevoir
sur le recrutement et 2,100 à recevoir sur les offres des départements, ce qui
fait 3,500 hommes à recevoir; vous avez donc plus d'hommes qu'il ne faut.
Quant aux chevaux,
au total, il en manque 3,300 : vous en avez 1,200 à recevoir des remontes et
2,600 à recevoir des offres des départements; total, 3,800; ce qui fait aussi
plus de chevaux qu'on n'en a besoin. ,
1er et 3e régiments
de chevau-légers. — Quant à ces deux régiments, je désire que tous les
officiers soient conservés et qu'on les complète en escadrons.
Si je portais à dix
escadrons, c'est-à-dire à 2,500 hommes, mon régiment de chasseurs à cheval, ce
régiment ne pourrait plus rien céder aux autres corps ; il me resterait alors à
pourvoir au déficit des chevau-légers, qui est de 586 hommes ; au déficit des
dragons, qui est de 125, et au déficit de la grosse cavalerie, qui est de 200;
total du déficit auquel il restera à pourvoir, 911 hommes.
J'aurai alors dix
escadrons de lanciers, 2,500 hommes; dix de chasseurs, 2,500; six de dragons,
1,500; six de grenadiers, 1,500, et enfin deux de gendarmerie d'élite, 500 ;
total, trente-quatre escadrons faisant 8,500 hommes, indépendamment des deux
régiments de lanciers polonais ; ce qui portera à 10,000 hommes la cavalerie de
la Garde.
Les 900 hommes qui
manquent au complet pourraient être facilement fournis par les 10,000 hommes
d'infanterie de la Garde; ce qui rendrait le complètement des grenadiers,
dragons et chevau-légers indépendant de 1 arrivée des 1,400 hommes destinés aux
chasseurs.
Paris. 23 février
1813.
NOTE DICTÉE AU GRAND MARÉCHAL DU PALAIS.
Mon intention est
de prendre pour mes équipages une tout autre marche que la campagne passée. Je veux
avoir beaucoup moins de monde, moins de cuisiniers, moins de vaisselle, aucun
grand nécessaire, et cela autant pour donner l'exemple que pour diminuer les
embarras. En campagne et en marche, les tables, même la mienne, seront servies
avec une soupe, un bouilli, un rôti et des légumes; point de dessert. Dans les
grandes villes, on fera comme on voudra.
Me remettre l'état
de ce que j'avais à la dernière campagne et de ce que l'oo
propose pour celle-ci.
Je ne veux point
emmener de pages, ils ne me servent de rien; peut-être emmènerai-je ceux de la
vénerie qui ont vingt-quatre ans et, étant accoutumés à la fatigue, peuvent
être utiles.
Diminuez également
le nombre des cantines ; au lieu de quatre lits, n'en avoir que deux; au lieu
de quatre tentes, n'en avoir que deux, et les meubles en proportion.
Paris, 24 février
1813.
Au baron de La Bouillerie, trésorier
général de la couronne et du domaine extraordinaire, à Paris
Je désire que vous
remettiez au général Maison une somme de 120,000 francs en bons de la caisse
d'amortissement. Je lui accorde cette somme pour lui faciliter le remboursement
d'une pareille somme qu'il doit à la caisse d'amortissement pour les biens
qu'il a acquis sur la rive gauche du Rhin. Voyez le comte Bérenger pour savoir
s'il en est ainsi. Vous donnerez les bons au général Maison.
Paris, 24 février
1813.
Au baron de La Bouillerie, trésorier
général de la couronne et du domaine extraordinaire, à Paris
Faites donner
25,000 francs au baron Flahault, mon aide de camp, pour se monter et s'équiper.
Vous imputerez cette somme sur le chapitre des gratifications de 1813.
Paris, 25 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Je reçois votre
rapport du 23 février (bureau de l'artillerie). J'approuve que vous portiez vos
commandes de poudre au maximum de tout ce que peuvent fournir nos fabriques.
Vous lirez de Béfort 20,000 kilogrammes de poudre, de sorte qu'il n'en
resterait plus que 11,000 kilogrammes; il vaudrait mieux n'en tirer que 10,000
et prendre les 10,000 autres à Auxonne. Il n'y a à Besançon que 4,000
kilogrammes; cette situation est intolérable. Faites partir d'Auxonne 10,000
kilogrammes pour Besançon ; ce qui fera dans cette dernière place 14,000
kilogrammes. Je vois avec peine qu'il ne vous restera à Metz que 90,000
kilogrammes de poudre; il en faudrait toujours 400,000 dans cette place; tirez-en
400,000 de nos fabriques. Il en faudrait également avoir toujours au moins
100,000 kilogrammes à Besançon; tirez ce qui manque des fabriques d'Auxonne et
de Dijon. Vous n'avez que 5,000 kilogrammes à Venloo; cela est encore
intolérable; il en faut au moins 30,000 kilogrammes. D'après votre état, il ne
restera à Maëstricht que 60,000 kilogrammes, que 40,000 kilogrammes à Juliers,
que 20,000 à Charlemont; tout cela est bien peu de chose. Je pense donc que
vous devez diriger de la Hollande, de la Flandre française et des fabriques un
supplément de pondre sur cette frontière, de manière que Venloo, Maëstricht,
Juliers, Charlemont et Grave se trouvent avoir un approvisionnement raisonnable
et qu'il y ait, en outre, un grand dépôt de poudre à Metz.
Paris, 26 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, il est nécessaire de poser les bases de l'organisation de la cavalerie,
pendant la campagne de 1813, à l'armée d'Allemagne.
Cuirassiers. — II y
aura quinze régiments de cuirassiers ou carabiniers, lesquels auront chacun
trois escadrons, à 200 hommes par escadron; ce qui fera, par régiment, 600
hommes montés, et, en tout, quarante-cinq escadrons ou 9,000 hommes. Le 13e de
cuirassiers y aura un escadron, formant 200 hommes; ce qui portera le total des
cuirassiers et carabiniers à quarante-six escadrons, ou 9,200 hommes. Tous les
officiers et sous-officiers tirés de la gendarmerie, tous ceux qui sont revenus
de la Grande Armée, enfin tous ceux qu'on pourra se procurer, serviront à
compléter ces cadres.
Les cadres des 4e
et 5e escadrons se formeront après que les trois premiers escadrons auront été
complétés. Les hommes nécessaires pour les 4e et 5e escadrons seront fournis
par les conscriptions de 1814 et de 1815.
Pour les 9,200
hommes nécessaires pour les quarante-six escadrons de cuirassiers et de
carabiniers, il y a en effectif, au 15 janvier,
1,830 hommes; en conscrits des quatre classes, 2,038; en hommes fournis par les
cohortes, 880 ; en hommes fournis par les compagnies de réserve, 322, et sur le
supplément de 6,000 hommes sur les classes, 1,426; total, 7,096 hommes. Il y a
de plus en Allemagne 2,761 hommes; cela fait un total de 9,857 hommes.
En chevaux, il
existait, au 15 janvier, 336 chevaux; 387 étaient à livrer par les marchés
passés, 2,595 étaient à recevoir sur la réquisition des 15,000 chevaux : cela fait
3,318. Le surplus serait donc à recevoir en Allemagne, c'est-à-dire 5,882
chevaux.
Les nouveaux états
que vous dresserez en conséquence de la présente lettre étant plus positifs,
feront mieux connaître notre situation, et ainsi ce qu'il faudra envoyer en
Allemagne. Il y a déjà un détachement de cuirassiers parti pour Hanovre.
Si, sur la
conscription de 1814, il fallait donner 200 hommes à chacun des seize régiments
de cuirassiers ou carabiniers, cela ferait 3,200 hommes, et il faudrait se
procurer le même nombre de chevaux.
Dragons. — Les
vingt-quatre régiments de dragons ont trente-huit escadrons en France; il en
reste à la Grande Armée huit provenant de la brigade de dragons organisée à
Hanovre; sept reviennent d'Espagne; cela fait cinquante-trois escadrons. Ces
cinquante-trois escadrons, complétés chacun à 200 hommes, donneront 10,600
hommes montés. Les quatre régiments qui étaient à la Grande Armée pourront
fournir chacun trois escadrons comme les régiments de cuirassiers; cela fait
encore douze escadrons, qui, à 200 hommes chacun, donneront 2,400 hommes. Le
total des escadrons de dragons pour l'armée d'Allemagne serait donc de
soixante-cinq, ou 13,000 hommes et autant de chevaux.
Les vingt-quatre
régiments de dragons avaient en France, au 15 janvier, 3,762 hommes; ils
avaient, sur les conscrits des quatre classes, 4,187 hommes; en hommes fournis
par les compagnies de réserve, 219; sur le supplément de 6,000 hommes, 3,042;
total, 11,210 hommes. Ils ont de plus au-delà du Rhin 1,940 hommes; ce qui fait
13,150 hommes. Ils ont donc le nombre d'hommes nécessaire.
Pour les chevaux,
il y en aura 5,814 dans l'intérieur; il y en a au-delà du Rhin 1,573; total,
7,387, il faudrait donc en avoir en Allemagne le surplus, c'est-à-dire près de
6,000 chevaux; mais, comme il est difficile d'espérer de se procurer cette
année ce nombre de chevaux, il parait convenable de diminuer le nombre des escadrons
qui seraient complétés cette année.
Les 2e, 5e, 12e, 13e,
14e, 17e, 19e et 20e ont déjà leurs 4e escadrons en Allemagne; ils
pourront chacun en compléter deux en France, ce qui fera pour ces huit
régiments vingt-quatre escadrons.
Les 4e, 6e, 11e, 15e,
18e, 22e, 24e, 25e et 26e quoique ayant en France trois escadrons, n'en
fourniront chacun que deux, ce qui fera, pour ces neuf régiments, dix-huit
escadrons.
Les 16e, 21e et 27e
régiments n'ont en France qu'un escadron et ne compléteront chacun qu'un
escadron; ce qui fait, pour ces trois régiments, trois escadrons.
Enfin les 7e, 23e,
28e et 30e compléteront chacun, soit en France, soit en Allemagne, trois
escadrons; ce qui fait pour ces quatre régiments douze escadrons, et, en tout,
cinquante-sept escadrons au lieu de soixante-cinq. Il restera donc huit autres
escadrons à compléter en France. Les vingt-quatre régiments de dragons font
cent vingt escadrons; sur les cent vingt escadrons, quarante-sept seront en
Espagne, cinquante-sept s'organiseront cette année pour l'armée d'Allemagne, ce
qui fait cent quatre escadrons; les seize autres resteraient pour être organisés
ultérieurement. Ces cinquante-sept escadrons, à 200 hommes par escadron, feront
11,400 hommes.
Nous avons vu qu'il
y a en France et en Allemagne 13,150 hommes et 7,387 chevaux ; ce sera donc
environ 4,000 chevaux à se procurer en Allemagne.
Chevau-légers. — Le
7e régiment de chevau-légers arrive tout entier à Sedan : il pourra fournir ses
quatre escadrons ou 1,000 hommes. Tous les autres
régiments de chevau-légers ont fait la campagne ; ils pourront fournir chacun
trois escadrons à 250 hommes par escadron; ce qui fera 750 hommes par régiment,
et pour les huit régiments, vingt-quatre escadrons, qui feront, avec les quatre
escadrons du 7e, vingt-huit escadrons ou 7,000 hommes; sur quoi 1,577 hommes
existent au-delà du Rhin et 4,551 dans l’intérieur.
Ainsi le nombre
d'hommes est suffisant ; il manquerait environ 1,500 chevaux,
mais ils seront fournis par les marchés passés en Allemagne. Pour tout ce qui
est relatif à la cavalerie légère, on ne connaît pas bien encore ce qui
existe, à cause de ce que la répartition des hommes montés offerts par les
départements donnera probablement un quart en sus de ce que vous aviez pensé ;
mais actuellement vous devez connaître les ressources des différents régiments
en hommes et en chevaux. Le principal est d'organiser, soit en France, soit à
la Grande Armée, trois escadrons pour chaque régiment, et d'en garder deux dans
l'intérieur pour recevoir la conscription de 1812. Ainsi les neuf régiments de
chevau-légers, qui devraient fournir vingt-huit escadrons, pourront n'en
fournir que vingt-cinq, afin d'avoir le temps d'organiser les autres, et
d'avoir de la facilité pour les officiers et sous-officiers.
Hussards. — Le 10e
régiment de hussards, n'ayant pas fait la campagne, aura ses six escadrons à
250 hommes; ce qui fera 1,500 hommes. Les 13e et 14e régiments de nouvelle
formation auront trois ou quatre escadrons, selon le nombre d'hommes qu'offriront
les départements au-delà des Alpes.
Les onze autres
régiments se divisent en cinq régiments qui ont leurs escadrons de guerre en
Espagne, et en six régiments qui en ont à la Grande Armée. Les six régiments
qui ont fait la campagne de la Grande Armée fourniront chacun trois escadrons
ou 750 hommes ; ce qui fera dix-huit escadrons; ils en fourniront un de plus, ou
quatre, si les hommes montés offerts par les départements fournissent plus des
15,000 hommes portés dans les états. Les cinq régiments qui ont leurs
escadrons de guerre en Espagne fourniront, savoir : le 1er, deux escadrons; le
2e, trois escadrons; le 3e, trois escadrons; le 4e, deux escadrons; le 9e bis,
devenu 12e, deux escadrons : total, douze escadrons; ce qui fera en tout, pour
les quatorze régiments de hussards,
quarante-quatre escadrons, ou, à
250 hommes par escadron, 11,000 hommes.
Ainsi les quatorze
régiments de hussards, qui formeront soixante et onze escadrons, en auront
treize en Espagne et quarante-quatre à la Grande Armée; ce qui fait cinquante-sept;
il en restera donc quatorze pour recevoir la conscription de 1814. Pour les
11,000 hommes nécessaires, il en existe 10,507 dans l'intérieur et 1,447 au-delà
du Rhin ; ce qui fait 12,000, et il paraît même que les engagements
volontaires et les offres des communes porteront ce nombre plus haut.
Chasseurs à cheval.
— Le 13e régiment de chasseurs a huit escadrons, quatre en Espagne et quatre à
Niort ; il fournira quatre escadrons complétés à 250 hommes ou 1,000 hommes. Le 19e régiment a six escadrons à la Grande Armée ou
au dépôt; il fournira aussi quatre escadrons ou 1,000 hommes.
Ces deux régiments de chasseurs sont les seuls qui aient plus de cinq
escadrons; ils fourniront entre eux deux huit escadrons.
Le nombre des
régiments de chasseurs étant de vingt-huit, en ôtant les deux régiments
susdits, il en reste vingt-six, dont dix-sept ont leurs escadrons de guerre à
la Grande Armée, et neuf en Espagne. Ceux qui ont leurs escadrons de guerre en
Espagne sont : le 5e, qui peut fournir trois escadrons ou 750 hommes; le 14e
qui fournira trois escadrons ou 750 hommes; le 15e, qui fournira deux escadrons
ou 500 hommes ; le 21e, qui fournira trois escadrons ou 750 hommes; le 22e, qui
fournira trois escadrons ou 750 hommes; le 26e, qui fournira trois escadrons ou
750 hommes ; le 27e, qui fournira trois escadrons ou 570 hommes; le 20e, qui
fournira deux escadrons; le 31e, qui fournira deux escadrons: total,
vingt-quatre escadrons.
Les dix-sept
régiments qui ont leurs escadrons de guerre à la Grande Armée fourniront chacun
trois escadrons, ce qui fera cinquante et un escadrons,
et en tout quatre-vingt-trois escadrons de chasseurs. Sur les vingt-huit
régiments de chasseurs faisant cent quarante-quatre escadrons, il y aura donc
en Espagne vingt-cinq escadrons et cent dix-neuf en France et en Allemagne,
dont, quatre-vingt-trois étant à l'armée, il restera trente-six pour recevoir
la conscription de 1814 et pour être organisés ultérieurement. Les
quatre-vingt-trois escadrons qui seront à la Grande Armée feront 20,570 hommes;
il en existe dans l'intérieur 18,118, nombre qui sera augmenté par les offres volontaires,
qui sont plus nombreuses que vous ne les avez portées; il y en a en outre 3,500
au-delà du Rhin ; ce qui fait environ 22,000 hommes.
RÉCAPITULATION.
Cuirassiers et
carabiniers. — Seize régiments, quatre-vingts escadrons : quarante-six à
l'armée, trente en France, quatre en Espagne.
Dragons. —
Vingt-quatre régiments, cent vingt escadrons, dont cinquante-sept à l'armée
d'Allemagne, seize en France, quarante-sept en Espagne.
Chaque escadron de
grosse cavalerie sera de 200 chevaux ; quarante régiments de grosse cavalerie
feront donc deux cents escadrons, qui, à 200 hommes par escadron, donnent
40,000 hommes, dont cent trois escadrons ou 20,600 hommes à l'armée
d'Allemagne, quarante-six escadrons ou 9,200 hommes en France, et cinquante et
un escadrons ou 10,200 hommes en Espagne.
Chevau-légers. —
Neuf régiments, quarante-cinq escadrons, dont vingt-cinq à l'armée d'Allemagne
et vingt en France.
Hussards. —
Quatorze régiments, soixante et onze escadrons, dont quarante-quatre à l'armée
d'Allemagne, quatorze en France et treize en Espagne.
Chasseurs à cheval.
— Vingt-huit régiments, cent quarante-quatre escadrons, dont quatre-vingt-trois
à l'armée d'Allemagne, trente-six en France, vingt-cinq en Espagne.
Chaque escadron de
cavalerie légère étant de 250 chevaux, les cinquante et un régiments ou les
deux cent soixante escadrons de cavalerie légère donneront 65,000 hommes,
savoir : à l'armée d'Allemagne, cent cinquante-deux escadrons, 38,000 hommes;
en France, soixante et dix escadrons, 17,500 hommes; en Espagne, trente-huit
escadrons, 9,500 hommes.
RÉCAPITULATION
GÉNÉRALE.
Armée d’Allemagne :
grosse cavalerie, cent trois escadrons, 20,600 hommes; cavalerie légère, cent
cinquante-deux escadrons, 38,000 hommes; total, deux cent cinquante-cinq
escadrons, 58,600 hommes.
Armée d'Espagne :
grosse cavalerie, cinquante et un escadrons, 10,200 hommes; cavalerie légère,
trente-huit escadrons, 9,500 hommes; total, quatre-vingt-neuf escadrons, 19,700
hommes.
France: grosse
cavalerie, quarante-six escadrons, 9,200 hommes; cavalerie légère, soixante et
dix escadrons, 17,500 hommes; total, cent seize escadrons, 26,700 hommes; d'où
il suivrait que, sur la conscription de 1814 et de 1815, il faudrait, pour
compléter les cadres votés en France, 27,000 hommes.
Total de la
cavalerie: grosse cavalerie, deux cents escadrons, 40,000 hommes; cavalerie
légère, deux cent soixante escadrons, 65,000 hommes; total général, quatre cent
soixante escadrons, 105,000 hommes.
P. S. Je vous prie
d'envoyer la copie de cette lettre au ministre de l'administration de la
guerre.
AU GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE,
M1NISTII BB LA
GUERRE, A PARIS.
Parie. 96 février
1813.
Envoyez celte
lettre du commandant de Spandau au général Lau-riston
à Magdeburg, pour qu'il envoie à Spandau un médecin, un chirurgien, un peu de
poudre, quoique je pense qu'il y en ait suffisamment dans la place, et une
compagnie de sapeurs.
Donnez ordre au
général Barthélémy, s'il ne l'a déjà reçu du maréchal duc de Castiglione,
aussitôt qu'il serait investi, de désarmer les Prussiens et de prendre toutes
les mesures nécessaires pour la sûreté de sa place.
Paris, 26 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, on fait partir de Wesel 330 conscrits réfractaires pour le 134e
régiment, qui est à Magdeburg, et on les dirige sur Mayence pour de là aller à
Magdeburg. Ce mouvement fera déserter tous ces conscrits ; on leur fait faire
un chemin triple, tandis que de Wesel à Magdeburg il n'y a qu'un pas. Donnez
sur-le-champ une autre direction à ces conscrits, s'il en est temps encore.
Mais il serait bien important qu'on ne fît pas de fautes de cette espèce; cela
annule tous les moyens de l'armée.
Paris, 26 février
1813.
Au général Lacuée,
comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris
Monsieur le Comte
de Cessac, au 20 février il n'y avait aucun approvisionnement à Wesel. Cela
devient cependant de la plus grande urgence. Faites-moi un rapport là-dessus.
Le service courant même était en souffrance.
Paris, 26 février
1813.
Au général comte de Lauriston, commandant
le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.
Les convois
d'artillerie ont commencé à partir de Wesel et de Mayence, à raison de 60
voitures et de 300 chevaux par convoi ; ils sont organisés en batteries. Vous
recevrez ainsi quatre-vingt-douze pièces de canon, ce qui fera 7 à 800
voitures, attelées par 3,000 chevaux. Ayez soin de bien assurer la marche, et
ne les perdez pas de vue dans leur mouvement.
Le duc de Padoue
doit être à Erfurt.
Paris, 26 février 1813
Au général comte de Lauriston, commandant
le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.
Monsieur le Général
Lauriston , je réponds à votre lettre du 17 février.
Vous ne devez rien changer aux cadres de la Grande Armée, qui doivent se rendre
à Erfurt, où ils seront organisés.
J'ai pourvu à la
défense de la 32e division militaire; six bataillons sont en marche pour s’y
rendre; ils y arriveront dans le courant de mars.
Gardez à Magdeburg
tous les officiers d'état-major, d'artillerie, du génie et les généraux de
brigade qui pourraient être en état de servir; vous en aurez besoin.
La division
Rochambeau, qui part de Francfort pour vous rejoindre, manque de généraux de
brigade.
Paris, 26 février
1813.
Au général comte de Lauriston, commandant
le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.
Monsieur le Comte
Lauriston, je reçois votre lettre du 22, dans laquelle je vois que des
patrouilles de Cosaques se sont approchées de Berlin ; j'attends avec
impatience l'estafette de demain ; je suppose que le vice-roi et le maréchal
Saint-Cyr les auront repoussées.
Vous devez
approcher tout votre corps de Magdeburg. La division Rochambeau est partie le
24 de Francfort, en prenant la route de Westphalie. Tenez tout votre corps réuni,
afin d'agir selon les circonstances.
Écrivez au roi de
Westphalie de réunir, à moitié chemin de Hambourg à Magdeburg, c'est-à-dire du
côté de Havelberg, son corps d'armée, et, par ce moyen, vous défendrez l'Elbe,
et ce corps pourra se réunir à vous pour manœuvrer.
J'espère que le roi
de Saxe a approvisionné Torgau ; il doit y avoir un corps de troupes : par là, l'Elbe se trouve bordé.
Vingt-huit
bataillons de la Grande Armée doivent être en ce moment organisés et complétés
à Erfurt, et même auront filé sur Wittenberg. Le vice-roi donnera des ordres
pour ce qui les concerne; mais le prince d'Eckmühl doit les réorganiser et en
prendre le commandement ; ce qui vous fera de plus un corps sur votre droite,
à moins que le vice-roi, s'il est rentré à Berlin, ne les rappelle à lui.
Paris, 26 février
1813.
A M. Barbier, bibliothécaire de l’Empereur, à
Paris
Au commencement de
la dernière campagne, l'Empereur a chargé M. le baron de Meneval de prendre à
la bibliothèque de Dresde quelques ouvrages sur la Russie et la Pologne. M.
Meneval en a donné un reçu au bibliothécaire du Roi, à Dresde. Depuis, ces
livres ont été brûlés avec le fourgon qui les portait. L'intention de
l'Empereur est qu'on recherche ici ces mêmes ouvrages et qu'on les rende à la
bibliothèque de Dresde. C'est par ordre de l'Empereur que j'adresse cette note
à M. Barbier.
Le Secrétaire du
cabinet, Baron Fain.
Paris, 27 février
1813.
A M. Maret, duc de
Bassano, ministre des relations extérieures, à Paris.
Monsieur le Duc de
Bassano, le général Reynier est arrivé à Glogau le 28. Il a amené avec lui deux
régiments d'infanterie polonaise et plusieurs régiments de cavalerie. La
cavalerie parait être au nombre de 2,000 hommes.
Écrivez
sur-le-champ par estafette à mon ministre Serra qu'il ait à faire fournir à ces
deux régiments d'infanterie et aux régiments de cavalerie tout ce qui est
nécessaire pour les habiller, équiper et remonter. Ouvrez-lui provisoirement à
cet effet un crédit de 200,000 francs. Le vice-roi a dirigé la cavalerie sur
Meissen.
Paris, 27 février
1813.
Au comte Mollien, ministre du trésor
public, à Paris
Monsieur le Comte
Mollien, je vous envoie un tableau qui m'a été présenté des changements qu'a
successivement éprouvés le budget de la Grande Armée pour 1812. Il présente les
résultats suivants :






Je conçois que ce
résultat ne peut mériter une entière confiance que lorsqu'on se sera assuré de
la somme des payements qui ont été faits, et lorsqu'on connaîtra, au moins par aperçu, ce qui reste à payer ; mais il est important de
terminer promptement cette affaire.
Vous avez sans
doute donné ordre au payeur général de se rendre à Paris avec tous les comptes
de son exercice. Je désire que vous me mettiez le plus tôt possible à portée de
rendre un décret qui règle définitivement les fonds qui resteront affectés aux
dépenses de cette campagne.
Paris, 27 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, toute la Garde impériale qui était à Fulde, infanterie, cavalerie,
artillerie, se réunira à Gotha. La division de la Garde qui arrive le 11 et le
12 mars à Mayence, après avoir pris un séjour, se dirigera sur Gotha.
L'artillerie de la
Garde, qui est partie le 16 et qui arrivera le 8 mars à Mayence, après s'y être
reposée deux jours pour s'y réparer, se dirigera également sur Gotha.
Donnez ordre au
général Barrois, qui commande cette division, de réunir sous son commandement cette
artillerie et de la partager entre ses deux brigades, de manière qu'elle ne
marche pas isolément, mais qu'elle marche avec les brigades. Vous me ferez
connaître quand cette division sera arrivée à Gotha.
Donnez ordre au duc
de Trévise de partir de Paris de manière à être arrivé à Mayence, de sa
personne, le 11. Il y passera en revue l'infanterie, la cavalerie et
l'artillerie de la Garde, et se mettra en marche à leur tête. En passant à
Fulde, il fera monter les chevaux qui ne le seraient pas, et il ira établir son
quartier général à Gotha.
Les sapeurs, les
maçons et tout ce qui appartient au service du génie se réuniront également à
Gotha.
Paris, 27 février
1813.
Au général Clarke,
duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de
Feltre, faites commencer au 10 mars le mouvement du corps d'observation
d'Italie. Le général Bertrand, qui doit être à Vérone, fera partir la division
qui sera le plus tôt prête, avec son artillerie et ses équipages militaires, et
la dirigera for Augsburg. Il fera faire ainsi successivement le mouvement des
autres divisions. Recommandez-lui qu'il ait ses ambulances italienne et
française, chacune de six caissons et portant du linge à pansement pour 10,000
blesses.
La cavalerie de ce
corps doit être composée d'un régiment napolitain de 1,000 chevaux, d'un
régiment italien de 1,000 chevaux, de six escadrons du 10e de chasseurs de
1,500 chevaux, de quatre escadrons du 13e de hussards et de quatre du 14e,
2,000 chevaux; ce qui fera 5,500 chevaux.
Le général de
cavalerie Fresia prendra le commandement de cette cavalerie et marchera avec ce
qu'il y aura d'abord de disponible; il conduira ainsi à Augsburg les 1,000
Napolitains et au moins 1,000 Italiens, ce qui fera un corps de 2,000 chevaux.
Nommez un jeune
général de brigade de cavalerie pour se rendre à Vérone, y organiser la 2e
brigade et partir avec elle quinze jours après la 1e brigade.
Paris, 27 février
1813.
Au général Mouton,
comte Lobau, aide de camp de l’Empereur, à Paris
Je désire avoir
votre opinion sur les généraux qui sont proposés dans la note ci-jointe pour
les divisions Souham, Girard, Brenier et Ricard, du 1er corps d'observation du
Rhin. Est-ce qu'on n'en pourrait pas trouver de meilleurs ? Je vous demande
également votre opinion sur ceux qu'on me propose pour le 2e corps
d'observation du Rhin.
Paris, 27 février
1813.
A Eugène Napoléon,
vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Schönberg.
Mon Fils, je reçois
votre lettre du 20 février, par laquelle vous m'instruisez de votre arrivée
dans les environs de Berlin et de l'arrivée du général Reynier à Glogau.
Le général
Lauriston est arrivé à Magdeburg, où tout son corps se réunit. Les deux corps
d'observation du Rhin et le corps d'observation d'Italie sont en marche. La
Garde impériale, qui est partie de Paris et de la Fère, il y a plusieurs
semaines, se réunira sur Gotha. Voyez les capitaines capables d'être faits
chefs de bataillon ou les chefs de bataillon à la suite que vous avez dans vos
corps, et envoyez-les à Magdeburg, afin de tâcher d'exécuter l'ordre que je
vous ai donné à cet égard.
Donnez ordre au
prince d'Eckmühl de se rendre à Wittenberg, sur l'Elbe, pour y réunir les
vingt-huit 2e bataillons de la Grande Armée; et après
cela, selon les circonstances, dirigez-les du côté de Stettin.
J'ai donné ordre au
ministre des relations extérieures de faire donner, par le canal de mon
ministre Serra, ce qui serait nécessaire pour habiller et équiper les deux
régiments d'infanterie polonaise et les régiments de cavalerie qui sont arrivés
à Glogau avec le général Reynier.
Beaucoup de convois
d'artillerie sont partis de Wesel et de Mayence dès le 20 février pour
Magdeburg, où ils compléteront les cent pièces d'artillerie avec le double
approvisionnement que doit avoir le corps d'observation de l'Elbe.
Le général Dumas a
dû recevoir un décret que j'ai pris relativement à l'approvisionnement de toutes
les places de l'Oder. Tous les marchés que passe le général Dumas sont des
folies. Il croit apparemment que l'argent n'est que de la boue. Il faut
frapper de fortes réquisitions dans le pays, faire des magasins et donner des
bons, comme font les ennemis. Il n'y a rien de ridicule comme les marchés qu'il
passe. Faites-vous communiquer le décret que j'ai pris pour tous ces objets. On
doit payer également avec des bons les journées d'hôpitaux, jusqu'à ce qu'on
puisse faire une liquidation générale; toutefois je n'entends pas les payer
plus de vingt sous.
Désormais je vous
ferai écrire par le duc de Frioul et en mon nom, craignant que des partis
ennemis n'enlèvent de mes lettres. Si vous devez écrire en chiffre, vous pouvez
vous servir du chiffre du secrétaire d'ambassade qui est resté à Berlin. Il est
bien nécessaire que vous renouveliez tous les chiffres de l'armée.
Une division
bavaroise, composée de trois brigades, ou de quinze bataillons, avec dix-huit
pièces de canon et plusieurs régiments de cavalerie, se réunit à Bayreuth et
Kronach. Les Wurtembergeois, les Badois et les Hessois se réunissent à Würzburg.
Cela formera, vers la fin de mars, un corps de 30,000 hommes le long des
montagnes de la Thuringe. J'ai mandé au roi de Westphalie de placer son corps
du côté de Havelberg. Je suppose que Torgau est approvisionné ; j'ai demandé un
approvisionnement de réserve que la Saxe y aura fait passer. Je suppose que vous
aurez mis tout entière en ligne la 31e division, et qu'ainsi vous avez les 31e,
35e et 36e divisions.
Le général
Lauriston n'aura pas manqué de vous renvoyer tout ce qui était à Magdeburg.
Donnez les ordres
les plus sévères pour que les commandants des places de l'Oder s'approvisionnent
de tout ce qui leur est nécessaire. Mettez ces places en état de siège;
faites-moi connaître les commandements et la situation de ces places.
Paris, 27 février 1813
Au maréchal Kellermann, duc de Valmy,
commandant supérieur des 5e, 25e et 26e divisions militaires, à Mayence.
Mon Cousin, la 1e
division du 1er corps d'observation du Rhin doit être à Hanau. Faites-moi
connaître sa situation au 4 mars ; elle doit avoir ses quatorze bataillons et
son artillerie. Présentez-moi à toutes les places de chefs de bataillon,
capitaines, adjudants-majors, lieutenants et
sous-lieutenants, qui seraient vacantes. Proposez-moi de bons sujets et ayez
soin de ne les prendre que parmi les présents. Envoyez-moi directement ces
propositions avec les états de service, afin que je complète les cadres. Faites-moi
connaître si cette division a ses généraux de brigade, son adjudant-commandant,
son administration et ses six caissons. Elle doit avoir ses sapeurs. Une
compagnie d'équipages militaires doit être arrivée pour former les cinq ambulances
du 1er corps d'observation, à raison de six caissons par ambulance, ce qui
fera trente caissons.
Je suppose que vous
avez réuni la 2e division à Francfort. Le 136e doit être arrivé; le 2e
provisoire et le 138e arriveront le 9 mars; le 145e arrivera le 8 mars. Ces
trois régiments auront besoin de quelques capitaines et officiers pour remplir
les vacances. Voyez si vous avez des sujets à me proposer. Cette 2e division
pourra-t-elle partir en bon état, le 12, de Francfort ? La 3e division
pourra-t-elle partir du 15 au 20, et la 4e du 20 au 25 ?
La 1e division du
2e corps d'observation du Rhin doit avoir, dans les premiers jours de mars,
plusieurs bataillons d'arrivés.