Paris, 2 février 1813.

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Donnez l'ordre à l'amiral Baste de se rendre dans la Poméranie suédoise, où il sera, sous les ordres du général Morand (Joseph), chargé du commandement de la flottille, et de prendre toutes les mesures pour la défense de l'île de Rügen et des côtes. Il visitera aussi les embou­chures de l'Oder, afin de pouvoir, selon les circonstances, donner les ordres convenables.


Paris, 3 février 1813.

A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Vilna

Monsieur le Duc de Bassano, le vice-roi m'écrit, en date du 27 janvier, que le général Bülow n'a que 300 hommes de cavalerie, et qu'ainsi la Prusse, au lieu de concourir avec nous à défendre son territoire et à réparer la trahison du général York, ne fait rien. Il y a 2,000 hommes de cavalerie qui s'enferment dans les places de la Silésie, comme s'ils avaient peur de nous, au lieu de nous aider et de couvrir leur pays.


Paris, 3 février 1813.

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris

Je réponds à votre lettre du 3 février. Je vois qu'il y a aux dépôts de l'intérieur 13,260 hommes; que je leur ai accordé sur la con­scription des quatre classes 13,700 hommes, et qu'ainsi vous demandez 18,758 hommes pour les porter au complet de 500 hom­mes par dépôt. Ce nombre est trop considérable. Je vois que vous n'avez pas compris dans les 13,000 hommes existant aux dépôts les ouvriers, etc., qui s'y trouvent; cela fera une augmentation de 4,000 hommes environ, et il n'y aurait plus que 14,000 hommes nécessaires.

Mon intention est que, sur 500 hommes, 250 hommes montés partent ensemble pour la Grande Armée, et que 150 hommes à pied, bien équipés, partent également ensemble pour l'Allemagne, où ils recevront des chevaux; ce qui fait, pour les quatre-vingt-huit dépôts, 35,200 hommes; et enfin il restera dans chaque dépôt une centaine d'hommes, dans lesquels je comprends les ouvriers, les hommes à réformer, etc., et 25 ou 30 hommes qui pourront y être pris, pour monter les chevaux provenant des dons volontaires et qui seraient donnés sans cavaliers.

Mon intention est de compléter tous les cadres de mes régiments de cavalerie, par la conscription de 1814, à 1,250 hommes par régi­ment. Faites un aperçu sur ces bases de ce qu'il manquerait pour les mettre sur ce pied. A la fin de mars, où je compte appeler la conscription de 1814, on aura des renseignements plus précis; mais cet aperçu sera bon à avoir dès ce moment, pour fixer nos idées.

Enfin il faudra également calculer le nombre de chevaux néces­saire; par exemple : le 1er régiment de carabiniers a 700 hommes; voulant le porter à 1,250, il faudra lui donner 550 hommes sur la conscription de 1814; il faudra également lui fournir 550 chevaux et 550 selles dans le courant des mots de juin, juillet, août et sep­tembre. Si cela conduisait à des résultats trop considérables, on pour­rait le modifier.


Le nombre des cadres sur lesquels j'opère est de seize régiments de cuirassiers ou de carabiniers, vingt-quatre de dragons, huit de chevau-légers, vingt-huit de chasseurs et douze de hussards; total, quatre-vingt-huit régiments; à quoi il faut ajouter le 13e et le 14e de hussards dont je viens d'ordonner la formation. Ces quatre-vingt-huit régiments, à 1,250 hommes par régiment, font 110,000 chevaux, desquels il faut retrancher les 12,000 qui sont en Espagne; il reste donc 98,000 chevaux. Nous en avons actuellement, en calculant à 20,000 les dons volontaires, 63,000; ce serait donc 35,000 che­vaux à se procurer à la fin de 1813 et dans tout l'hiver jusqu'au mois d'avril 1811. Si cela était trop considérable pour la conscrip­tion de 1814, on prendrait ce qui manquerait sur celle de 1815, que je suppose être levée au mois de février 1814.


Paris, 4 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, il restera dans les dépôts après la formation des corps d'observation 88,000 hommes ; en ôtant 28,000 pour les dépôts, il restera 60,000 hommes que je désire utiliser. Ce nombre doit être considérablement diminué par les différentes dispo­sitions que j'ai prises aujourd'hui, telles que l'envoi de 500 hommes pour chacun des vingt-huit régiments de la Grande Armée pour com­pléter les 1er et 2e bataillons, en se servant d'un cadre des trois compagnies des 6e bataillons; cela doit diminuer de 14,000 hommes. L'envoi de ce qui est nécessaire pour la division d'Erfurt des 123e, 124e, 127e, 128e et 129e, formera une diminution de 4,000 hommes. La formation des six bataillons de la 12e division fera une diminution de 5,000 hommes; la formation des six bataillons des divisions de réserve doit faire une diminution de 5,000 hommes. Il restera encore une trentaine de mille hommes disponibles, mais il faut aussi ôter les dispositions qui seront relatives aux 35e, 36e légers, 131e 132e et 133e de ligne; ce doit être encore un objet de 5,000 hommes. Il ne restera donc plus que 25,000 hommes. Les corps qui fournissent à Bayonne et quelques-uns qui sont en Italie, et ne sont pas suscep­tibles d'être dérangés, doivent aussi atténuer ce nombre.


Paris, 4 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

J'ai lu avec attention votre rapport du 4 février relatif au train. Je vous ai écrit hier pour cet objet.

Je désire que vous me présentiez un décret général pour tout le train de France.

Il faut supprimer la dénomination de bit et faire des régiments de deux bataillons, de quatre compagnies par bataillon et une 9e com­pagnie de dépôt; renforcer les cadres en officiers.

Le 2e bataillon principal, le 4e principal, le 11e principal, le 14e principal et le 1er bis, ayant à eux cinq dix-huit compagnies en Allemagne, seront incorporés, ainsi que le 3e, le 8e le 9e, le 11e et le 13e bis; cela fera la suppression de quarante-huit compagnies, et ces quarante-huit compagnies seront incorporées dans le 1er, le 6e le 8e et le 9e principal. Ces quatre régiments seront organisés à la Grande Armée à neuf compagnies, ce qui fera trente-six compagnies. La 9e compagnie des 1er, 6e, 8e et 9e formant le dépôt de ces régiments, se rendra en France. On compléterait en officiers et sous-officiers les cadres qui resteraient à l'armée, et les officiers et sous-officiers d'excédant seraient renvoyés au dépôt à Mayence. Les trente-deux compagnies ainsi réorganisées et restant à l'armée feraient 4,480 hommes à 140 hommes par compagnie, et 8,000 chevaux à 250 par compagnie; c'est tout ce qu'il faut en Allemagne. Tout ce que le 7e bis a de disponible se rendrait à Augsburg pour y être incor­pore dans le 7e. On enverrait des cadres de l'armée d'Espagne pour former à Vérone un régiment de neuf compagnies sous le n° 9. Tout ce que le 1er principal aurait de disponible se rendrait à La Fère.

Il resterait en France quatorze compagnies des bataillons supprimés et une du 11e principal; ce qui ferait quinze.

Il y aurait, indépendamment de ce, quatorze compagnies qui appartiennent aux bataillons d'Espagne, ce qui fait, d'une part, quinze compagnies disponibles, et, de l'autre, quatorze; total, vingt-neuf compagnies ; plus sept compagnies du 7e, ce qui fera trente-six. On en formerait quatre régiments sous les n° 16, 17, 18 et 19; chaque régiment de huit compagnies et une compagnie au dépôt.

On organiserait également les bataillons qui sont en Espagne.

Nous aurons donc quatre régiments à la Grande Armée, et en France leurs quatre 9e compagnies, plus le 15e, le 16e, le 17e, le 18e et le 19e régiment.


D'après votre rapport, il paraîtrait qu'il y aurait à prendre 2,000 hommes de la conscription des quatre années, qu'on donnerait aux quatre compagnies de dépôt des quatre bataillons conservés à la Grande Armée, afin de les habiller et équiper sans délai et de les mettre à même d'aller promptement compléter leurs corps. Restent 3,000 hommes qui paraîtraient manquer.

Ce qu'il y a de plus pressant, c'est que vous preniez d'abord 1,600 hommes sur les 10,000 hommes que j'ai mis hier à votre disposition. Prenez-en davantage, si vous en avez besoin, et rédigez-moi une bonne organisation du train, composé de régiments à deux bataillons, chaque bataillon de quatre compagnies et le régi­ment n'ayant qu'un seul dépôt.

Nous avons aujourd'hui vingt-sept bataillons, je crois, à quatre et à six compagnies. Il serait donc possible de diminuer de près de moitié le nombre des administrations et de n'avoir qu'une quinzaine de régiments. C'est une économie notable et une grande simplification d'ordre que de diminuer le nombre des dépôts.


Paris, 4 février 1813.

Au général comte Bertrand, commandant le corps d’observation d’Italie, à Vérone

Monsieur le Comte Bertrand, vous aurez reçu vos ordres pour le corps d'observation d'Italie. Toutes vos dispositions doivent être faites. II est nécessaire que tout soit réuni à Bassano, Vicence, Vérone et Brescia au 1er mars. Ces divisions devant entrer dans le Tyrol, elles pourront passer par Bassano, Vérone et Brescia pour se rendre à Trente. La division italienne se réunira à Brescia.


Paris, 4 février 1813.

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.

Écrivez au général Morand, commandant dans la Poméranie sué­doise, qu'il ait à mettre en règle les ouvrages qui défendent l'Ile de Rügen et la Poméranie. Faites-lui connaître qu'un corps de 15 ou 20,000 hommes arrivera au mois d'avril pour la défense du pays; qu'il est donc convenable que les approvisionnements soient faits, que tout soit en état, et qu'il n'attende pas le dernier moment pour armer ses ouvrages.


Paris, 4 février 1813.

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.

Mon Fils, les places de Glogau, Stettin, Küstrin, Spandau et Magdebourg ont besoin d'une grande quantité de bois, soit pour blockhaus ou blindages. Mon intention est que vous donniez des ordres sur-le-champ pour que tous les bois qui seraient dans ces villes soient requis, et que tous les trains de bois qui seraient à huit lieues aux environs sur les rivières, appartenant soit au roi de Prusse, soit à des particuliers, soient requis et transportés dans la ville. Si cela n'est pas suffisant, des coupes doivent être entreprises dans tous les bois le plus à proximité de la ville, soit propriétés particulières, soit propriétés royales ; enfin qu'on ne néglige rien et qu'on se pro­cure tout ce qui est nécessaire. Vous donnerez les mêmes ordres pour l'approvisionnement de bois. J'entends que cela ne coûte rien ; qu'on prenne dans les forêts, soit particulières, soit royales, et dans les promenades; qu'on établisse ainsi une grande quantité de gabions, de saucissons et de piquets.

Comme j'ai ordonné qu'il y eût beaucoup d'artillerie dans ces places, ainsi que des officiers du génie, ils doivent s'occuper sans délai de ce qui est nécessaire. Ordonnez que le comité de défense, présidé par le gouverneur et composé d'officiers du génie et d'ar­tillerie et de commissaires des guerres, fasse toutes les réquisitions et prenne toutes les mesures nécessaires sur-le-champ et sans atten­dre votre approbation; ils vous enverront cependant toutes leurs délibérations. Enfin toutes les places doivent être approvisionnées pour un an pour les garnisons qu'elles doivent avoir. Vous leur don­nerez des instructions pour qu'en cas d'investissement tous les bes­tiaux et les fourrages qui seraient à leur convenance, à huit ou dix lieues de la place, soient renfermés dans la ville.

Il faut palissader le plus promptement possible Ce qui doit être palissade, et blinder ce qui doit être blindé. Le commissaire des guerres sera de même chargé de demander chez les habitants et de transporter dans les magasins, avec de bons reçus, les objets de médicaments et de fournitures, et tout ce qui peut servir à faire des sacs à terre, des cartouches et des gargousses.


Vous savez que la plus importante de ces places est Küstrin. Vous ferez connaître aux gouverneurs que je n'accepterai aucune excuse, et que si, avec de bons reçus, ils ne se procurent pas dans leurs commandements tout ce qui leur est nécessaire, je les en rendrai responsables, et les regarderai comme coupables de ne l'avoir pas fait.


Paris, 5 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, je réponds à votre lettre du 1er février (bureau de l'artillerie).

L'état n° 1 contient les équipages du 11e corps, ou avant garde, portés à 76 bouches à feu, ceux de la cavalerie d'avant-garde, por­tés à 24, et ceux de la cavalerie des 1er, 2e et 4e corps, formant, avec ce qui précède, 222 bouches à feu et 1,472 voitures. Cet état me paraît bien, mais il faut que vous y compreniez l'artillerie ita­lienne. Ainsi vous ne portez l'existence du 11e corps qu'à 76 bou­ches à feu : cela me parait bien peu ; comprenez-vous là-dedans la batterie italienne qui faisait partie de la 35e division ? Alors le manquant, au lieu d'être 54, serait moindre.

Je vois qu'il faut pour l'avant-garde, ou 11e corps, 3,000 chevaux (c'est là le plus pressant à fournir), et que pour l'avant-garde du 1er, du 2e et du 4e corps il faut 7,400 chevaux; c'est à peu près ce que nous pouvons tirer d'Allemagne.

La formation de l'équipage d'avant-garde, ou du 11e corps, fort de 100 bouches à feu et de 640 voitures, est tout ce qu'il y a de plus pressé; après cela, la formation de la moitié de l'artillerie et de l'équipage du 1er corps, du 2e et du 4e, formant 16 pièces à pied et une batterie à cheval, c'est-à-dire 22 bouches à feu pour le 1er corps, 22 bouches pour le 2e 22 bouches à feu pour le 4e; en­suite la formation de l'artillerie du corps d'observation de l'Elbe; après celle-ci, la formation de la 2e partie de l'artillerie du ler, du 2e et du 4e corps, la formation de l'artillerie du 1e corps d'observation du Rhin, et puis celle du 2e corps. Je ne parle pas du corps d'obser­vation d'Italie, qui forme un système à part.


Paris, 5 février 1813.

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.

Mon Fils, je reçois votre lettre du 30 janvier. Je vois, dans l'état de l'artillerie de campagne, que vous avez 92 pièces ; mais j'y vois une division Girard portée pour 12 pièces : je ne sais pas ce que c'est que cette division. Il serait donc bien convenable que vous m'envoyassiez la situation de tous les corps que vous avez sous la main, afin de me tenir au courant.

J'approuve fort le parti que vous avez pris pour les envois à Erfurt.

Vous verrez dans la copie ci-jointe ce que je viens d'ordonner au ministre de la guerre.


Paris, 5 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, je n'approuve pas la formation des cinquante demi-brigades provisoires, formant cent cinquante batail­lons, pour la garde de l'intérieur; voici de quelle manière ce travail doit être fait.

3e DIVISION MILITAIRE.

Je vous ai fait connaître mes intentions pour la 32e division mili­taire, et j'ai organisé une division de douze bataillons, qu'il faut porter à quinze, et à dix-huit s'il est possible, en les faisant fournir soit par les cadres des 30e, 31e et 32e divisions de la Grande Armée qui reviennent, soit par les 5e bataillons, en ne tirant que trois compagnies de chaque 5e bataillon. Ces dix-huit bataillons formeront trois brigades, dont une de six bataillons sera placée à Hambourg; une autre de même force à Bremen, et la troisième à Osnabrück ou Lubeck, selon les circonstances.

FRONTIÈRES DU RHIN ET DE L'OCÉAN.

La défense de la France, depuis les 31e et 17e divisions militaires jusqu'à Besançon et jusqu'à Bordeaux, aura lieu de deux manières : par la formation de bataillons de garnison, composés de compagnies tirées des 5e bataillons et qui tiendront garnison dans nos places fortes, et par la formation de demi-brigades provisoires.

Les demi-brigades seront d'abord au nombre de vingt-quatre pour cette partie de la frontière qui s'étend depuis la 31e division jusqu'à la 11e.

Chaque demi-brigade sera composée de trois bataillons entiers, sans qu'il puisse y entrer, sous quelque prétexte que ce soit, une fraction de 5e bataillon. Ces vingt-quatre demi-brigades seront for­mées ainsi qu'il suit :

La 1e demi-brigade, des 6e bataillons des 7e, 13e et 15e régi­ments d'infanterie légère; la 2e demi-brigade, des 6e bataillons des 33e, 26e et 24e légers; la 3e demi-brigade, des 4e bataillons des 11e, 10e légers et du 21e, qui vient d'Espagne; la 4e demi-brigade, des bataillons des 9e, 27e et 28e légers, qui viennent d'Es­pagne; la 5e demi-brigade, des 6e bataillons du 12e, qui vient d'Es­pagne, des 5e et 29e légers; la 6e demi-brigade, des 6e bataillons des 12e, 21e et 17e de ligne; la 7e demi-brigade, des 6e bataillons des 25e, 30e et 33e; la 8e demi-brigade, des 6e bataillons des 48e, 57e et 108e; la 9e demi-brigade, des 6e bataillons des 85e, 61e et 111e; la 10e demi-brigade, des 6e bataillons des 2e, 19e et 37e; la 11e demi-brigade, des 6e bataillons des 56e, 72e et 46e; la 12e demi-brigade, des 6e bataillons des 4e, 18e et 93e; la 13e demi-brigade, des bataillons des 3e, 105e et 29e, qui reviennent de la Grande Armée; la 14e demi-brigade, des bataillons des 124e, 127e et 128e qui reviennent d'Erfurt; la 15e demi-brigade, des batail­lons des 129e, 131e et 132e; la 16e demi-brigade, des bataillons des 133e, 29e et 40e; la 17e demi-brigade, des bataillons des 63e, 65e et 43e, qui reviennent d'Espagne; la 18e demi-brigade, des bataillons des 34e, 69e et 67e; la 19e demi-brigade, des bataillons des 100e, 103e et 123e; la 20e demi-brigade, des bataillons des 8e, 45e et 54e; la 21e demi-brigade, des bataillons des 94e, 95e et 21e; la 22e demi-brigade, des bataillons des 32e, 58e et 64e; la 23e demi-brigade, des bataillons des 47e, 70e et 86e; la 24e demi-brigade, des bataillons des 15e, 121e et 122e, venant d'Espagne.

Ces vingt-quatre demi-brigades formeront six divisions; chaque division, quatre demi-brigades ou douze bataillons, savoir :

La le division, à Mayence, composée des 1e, 10e, 11e et 12e demi-brigades;

La 2e division, à Wesel, composée des 3e, 6e, 7e et 9e demi-brigades ;

La 3e division, à Anvers, composée des 2e, 8e, 17e et 21e demi-brigades ;

La 4e division, à Utrecht, composée des 4e, 13e, 19e et 20e demi-brigades ;


La 5e division, à Cherbourg, composée des 5e, 14e 18e  et 22e demi-brigades ;

La 6e division, à Rennes, composée des 23e, 24e, 15e et 16e demi-brigades.

Les bataillons de garnison seront au nombre de quarante-cinq ; ils seront tirés des 5e bataillons, qui fourniront chacun trois compagnies :

A Huningue, un bataillon ou 840 hommes; à Strasbourg, deux bataillons, 1,680 hommes; à Mayence, deux bataillons, 1,680; à Wesel, deux bataillons, 1,680; à Anvers, deux bataillons, 1,680; à Berg-op-Zoom, Willemstad et Goeree, deux bataillons, 1,680; à Flessingue, deux bataillons, 1,680; à Coeverden et Delfzyl, deux bataillons, 1,680; à Hellevoetsluis et à Brielle, deux bataillons, 1,680; à Ostende et Nieuport, deux bataillons, 1,680; à Gravelines et Dunkerque, deux bataillons, 1,680; à Calais, deux bataillons, 1,680; à Boulogne et Montreuil, deux bataillons, 1,680; à Abbeville, un bataillon, 840; au Havre, un bataillon, 840; à Cherbourg, deux bataillons, 1,680; à Saint-Malo, deux bataillons, 1,680; à Brest, deux bataillons, 1,680; à Lorient, deux bataillons, 1,680; à Belle-Île, deux bataillons, 1680; à Nantes, deux bataillons, 1,680; à la Rochelle, à l'Ile de Ré et à l'Ile d'Yeu, deux bataillons, 1,680; à l'île d'Aix, à l'Ile d'Oléron et à Rochefort, deux bataillons, 1,680 ; aux côtes de Bordeaux, 2 bataillons ou 1,680 hom­mes : total, quarante-cinq bataillons de garnison et 37,800 hommes.

Vous ferez faire le projet de formation de ces bataillons. Vous aurez soin de faire fournir les compagnies qui doivent les composer, autant que possible, par les dépôts qui sont dans la place. Il faut du moins les composer, autant que faire se pourra, sans sortir de la division militaire.

Les compagnies d'artillerie qui restent en France seront réparties de manière que chaque place forte en ait suffisamment pour remuer quelques pièces, et que, si une place se trouvait menacée, on puisse trouver, à cinq ou six jours de marche, tout ce qu'il serait nécessaire d'y renfermer.

En général, j'ai mis dans les mêmes demi-brigades les corps de la Grande Armée. J'ai éloigné les 123e, 124e, 125e, 128e, 129e régi­ments des côtes de la Hollande et de l'Allemagne, en les jetant du côté de Cherbourg et de Rennes.

Les bureaux qui vérifieront ce travail verront ce qu'il y a à faire pour le perfectionner. En ayant égard aux considérations ci-dessus, mon intention est de placer les régiments de manière qu'on les éloigne le moins possible de leurs dépôts.


Ainsi, pour cette partie de la France, il y aura vingt-quatre demi-brigades, formant soixante et douze bataillons, quarante-cinq batail­lons de garnison et trois de pupilles ou cent vingt bataillons. Cette force est plus qu'il n'est nécessaire ; mais la formation des bataillons de garnison aura l'avantage de rendre disponibles les vingt-quatre demi-brigades provisoires, qui pourraient se porter en Hollande, à Hambourg, ou sur les derrières de l'armée en Allemagne, si les circonstances l'exigeaient dans le courant de Tannée.

FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES.

Le corps d'observation de Bayonne doit être l'objet d'un travail à part. Le 31e léger, le 34e, le 115e, le 116e, le 117e, le 118e, le 119e et le 114e sont spécialement destinés à former ce corps.

TOULON.

II sera formé, pour la défense de Toulon, trois demi-brigades provisoires, sous les numéros 25, 26 et 27; elles seront composées ainsi qu'il suit : 25e demi-brigade, les bataillons des 1e, 16e et 62e de ligne; 26e demi-brigade, les bataillons des 5e, 11e et 60e de ligne; 27e demi-brigade, les bataillons des 79e, 81e de ligne et le bataillon du 32e léger. Il sera de plus formé, pour la garnison de Toulon, quatre bataillons de garnison ; deux pour Marseille, deux pour Antibes, deux pour Cette ; total, dix bataillons de garnison ; on les prendra dans les 7e, 8e et 9e divisions militaires.

PIÉMONT. — 27e ET 28e DIVISIONS.

Il sera formé, pour la défense du Piémont, d'Alexandrie et de Gènes, une division composée de trois demi-brigades, qu'on organisera sous les nos 28, 29 et 30, savoir : 28e demi-brigade, les bataillons des 7e, 52e et 67e; 29e demi-brigade, les bataillons des 101e, 20e et 42e qui viennent d'Espagne; 30e demi-brigade, les 6e bataillons du 42e et du 102e et le bataillon du 102e qui vient d'Espagne.

Il sera formé, de plus, deux bataillons de garnison pour Gênes, deux pour Alexandrie, un pour Turin, un pour la Spezia; total, six bataillons de garnison à tirer de douze régiments.

ITALIE.

Il sera formé, pour l'Italie, quatre demi-brigades, ainsi qu'il suit : 31e demi-brigade, les 6e bataillons du 9e du 35e et du 53e. 32e demi-brigade, les 6e bataillons du 54e du 92e et du 106e; 33e demi-brigade, les 6e bataillons du 112e, du 13e de ligne et le bataillon du 8e léger qui revient d'Espagne; 34e demi-brigade, les 6e bataillons du 8e léger, du 18e et du 36e.

Il sera formé, en outre, six bataillons de garnison : deux pour Palmanova, deux pour Venise, un pour Ancône, un pour Livourne; total, six.

Ces troupes seront mêlées avec vingt-quatre bataillons italiens, de manière à former deux belles divisions, qui pourront surveiller, l’une les provinces illyriennes, Venise et le Tyrol; l'autre, Ancône, la Toscane et Rome.

Cette organisation sera l'objet d'un travail particulier.

 

RÉCAPITULATION.

1° Frontières du Rhin et côtes de l'Océan : 24 demi-brigades et 45 bataillons de garnison ; ensemble, 117 bataillons;

2° Côtes de Toulon : 3 demi-brigades et 10 bataillons de garnison ; ensemble, 19 bataillons;

3° 27e et 28e divisions : 3 demi-brigades et 6 bataillons de gar­nison; ensemble, 15 bataillons;

4° Italie : 4 demi-brigades et 6 bataillons ; ensemble, 18 bataillons.

Total, 34 demi-brigades et 67 bataillons de garnison; ensemble, 169 bataillons.

Cette lettre ne doit être considérée que comme une instruction, et vous devez me proposer mieux, si vous en trouvez les moyens.

Je pense que les bataillons de garnison doivent être multipliés autant qu'on le pourra, sans trop éloigner les troupes de leurs dépôts. L'avantage que j'y trouve est que les divisions composées de demi-brigades puissent devenir actives et se porter partout où il serait nécessaire, puisque la sûreté des places se trouvera confiée à des troupes à part.

Toutes ces dispositions doivent faire la valeur de 140,000 hommes.


Paris, 6 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, la cavalerie de la Grande Armée sera divisée provisoirement en deux corps, le 1er et le 2e.

Le 1er corps sera commandé par le général Latour-Maubourg. Ce corps sera composé de deux divisions de cavalerie légère et de deux divisions de cuirassiers. Chaque division aura une batterie d'artillerie à cheval et sera divisée en deux brigades. Deux généraux de brigade seront donc attachés à chaque division.


La 1e division de cavalerie légère sera commandée par le général Bruyère, l'autre par le général Chastel. Ces deux divisions compren­dront tous les régiments qui faisaient partie de la le division de cava­lerie légère, tous ceux de la 3e division de cavalerie légère qui était attachée au 3e corps de cavalerie, enfin tous ceux des deux brigades de cavalerie légère qui étaient attachées au 1er corps d'armée et des deux brigades attachées au 4e corps d'armée, ainsi que les 1er, 3e et 5e régiments de chevau-légers.

Ainsi la 1e division de cavalerie légère, commandée par le comte Bruyère, sera composée des 3e et 4e brigades et des 1er, 3e, 5e et 8e régiments de chevau-légers; total, huit régiments.

La 3e division de cavalerie légère, commandée par le général Chastel, sera composée des 10e, 11e, 12e et 13e brigades, et des 1er, 2e et 3e régiments de chasseurs; total, onze régiments.

La 1e division de cuirassiers sera commandée par le général Bordesoulle, et composée des 2e, 3e, 6e, 9e, 11e et 12e régiments de cuirassiers ; total, six régiments, qui formeront deux brigades.

La 3e division de cuirassiers sera commandée par le général Doumerc, et composée des 4e, 7e et 14e de cuirassiers; 7e 23e, 28e et 30e régiments de dragons; total, sept régiments, qui formeront deux brigades.

Le 1er corps de cavalerie aura donc deux divisions de cavalerie légère et deux divisions de cuirassiers, ou dix-neuf régiments de cava­lerie légère, neuf de cuirassiers et quatre de dragons ; en tout, trente-deux régiments.

Le général Latour-Maubourg prendra le commandement des quatre divisions ci-dessus. Il y aura un général d'artillerie pour commander l'artillerie de ce corps. Tons les détachements qui doivent faire partie de ces quatre divisions se réuniront à Posen ou à Francfort-sur-l'Oder, selon que le vice-roi le désignera ; de manière que chaque ré­giment ait une compagnie de 100 hommes présents, montés, bien équipés et bien armés; ce qui portera sur-le-champ ce corps à 3,200 hommes. Le général Latour-Maubourg nommera un général de brigade pour faire les fonctions d'inspecteur, afin de parcourir les dépôts de ces différents régiments et, à mesure qu'on le pourra, faire partir une seconde compagnie afin de former un escadron; ce qui portera ce corps à 6,400 hommes, ce qui est l'évaluation de ce qu'il doit y avoir à la Grande Armée, appartenant à ces régiments.

Le 2e corps de cavalerie se réunira à Magdeburg et sur l'Elbe. II sera commandé par le général Sébastiani, qui prendra les ordres du général Lauriston. Il sera composé de deux divisions de cavalerie légère et d'une division de cuirassiers, savoir : la 2e division de cavalerie légère, commandée par le général Pajol et composée des 7e et 8e brigades de cavalerie légère, du 2e et du 4e régiment de chevau-légers ; total, six régiments ; la 4e division de cavalerie légère, commandée par le général Exelmans et composée du 6e lanciers et des 4e, 7e, 20e, 23e, 24e de chasseurs et 11e de hussards; total, sept régiments.

Chacune de ces divisions sera formée en deux brigades et aura deux généraux de brigade.

La 2e division de cuirassiers, commandée par le comte Wattier, sera composée des 1er, 5e, 8e et 10e régiments de cuirassiers et des 1er et 2e de carabiniers; total, six régiments.

Total des trois divisions du 2e corps, dix-neuf régiments.

La division Wattier sera également formée en deux brigades et aura deux généraux de brigade.

Chaque division de cavalerie légère aura une batterie d'artillerie à cheval; la 2e division de cuirassiers en aura deux; cela fera quatre batteries pour le 2e corps. Un général d'artillerie de la réserve sera attaché au commandement de l'artillerie de ce corps.

Le 2e corps se réunira à Magdeburg et sur l’Elbe. Le général Sébastiani désignera les généraux de brigade en prenant parmi ceux qui étaient employés dans les brigades qui font partie de ce nouveau corps. Tous les généraux et adjudants commandants qui ne seront pas compris dans l'organisation du 1er et du 2e corps se rendront sans délai à Mayence. Le général Sébastiani choisira également un général de brigade pour faire les fonctions d'inspecteur, afin de parcourir les dépôts des régiments et faire réunir sur l'Elbe, entre Magdeburg et Dessau, tous les hommes montés et équipés, pour avoir le plus tôt possible un escadron pour chaque régiment du 2e corps.

Recommandez au général Latour-Maubourg et au général Sébastiani de prendre toutes les mesures convenables, et de correspondre avec vous et le général Bourcier, pour la prompte organisation de leurs corps respectifs, qui, avec les secours de France, doivent se trouver au complet de 1,000 hommes par régiment.

Il sera formé en France deux corps qui se composeront, l'un, de tous les détachements appartenant au 1e corps de cavalerie; l'autre, de tous les détachements appartenant au 2e corps. Un général de division, revenant de l'armée, sera chargé du commandement du premier de ces deux corps. Il en sera de même pour le commande­ment du second.

Les détachements du 1er corps seront formés en quatre divisions et ceux du 2e en trois divisions, correspondant aux divisions du 1er et du 2e corps de cavalerie; chaque division sera commandée par un général de brigade.

Vous me rendrez compte de tous les détachements montés et équi­pés qui pourront partir des dépôts de France, du 15 février au 1er mars, pour se rendre à Mayence, où se réuniront ces deux corps, et de là sur l'Oder ou sur l'Elbe.

Vous chargerez deux généraux arrivés de l'armée à Mayence de parcourir les dépôts pour les passer en revue et activer l'organisation et le départ des différents détachements.

Il sera également formé en France un 3e corps, commandé aussi par un général de division. Ce corps sera composé de quatre divi­sions, formées de tous les escadrons que pourront fournir en France les dépôts des régiments qui sont en Espagne.

Les escadrons du duché de Berg qui sont à la Grande Armée, et qui seraient en état, se réuniront au régiment de la Garde qui est à Posen et que commande le major Lion.

La brigade de cavalerie légère et de dragons qui est à Danzig, sous les ordres du général Cavaignac, formera une brigade désignée sous le nom de brigade Cavaignac, formant garnison à Danzig.

Napoléon.

P. S. Le 3e corps, formé en France, sera sous le titre d'Escadrons de l'armée d'Espagne. Il se réunira à Metz et sera composé de quatre divisions :

1e division. 1e brigade : deux escadrons du 5e de chasseurs, deux escadrons du 10e, deux du 13e, deux du 14e, de 500 hommes cha­cun : 2,000 hommes. 2e brigade : deux escadrons du 15e de chas­seurs, deux du 21e, deux du 22e, deux du 26e, de 500 hommes chacun : 2,000 hommes. Soit, pour la 1e division 4,000 hommes.

2e division. 1e brigade : deux escadrons du 27e de chasseurs, deux du 28e, deux du 29e, deux du 31e, de 500 hommes chacun : 2,000 hommes. 2e brigade : deux escadrons du 1e de hussards, deux escadrons du 2e, deux du 3e, deux du 4e, deux du 9e, de 500 hommes chacun : 2,500 hommes. Soit, pour la 2e division, 4,500 hommes.

3e division. 1e brigade : deux escadrons du 2e de dragons, deux du 5e, deux du 12e, deux du 13e, deux du 14e : 2,500 hommes. 2e brigade (comprenant tout ce qui fait partie de la brigade Cavaignac à Danzig) : deux escadrons du 17e de dragons, deux du 19e, deux du 20e, deux du 4e deux du 6e de 500 hommes chacun : 2,500 hommes. Soit, pour la 3e division, 5,000 hommes.

4e division. 1e brigade : deux escadrons du 116 de dragons, deux du 15e, deux du 16e deux du 18e, deux du 21e de 500 hommes chacun : 2,500 hommes. 2e brigade : deux escadrons du 22e de dragons, deux du 24e, deux du 25e, deux du 26e, deux du 27e de 500 hommes chacun : 2,500 hommes. Soit, pour la 4e division, 5,000 hommes.

Le général Grouchy prendra le commandement de cette réserve. Le général Kellermann prendra le commandement de la 1e division de cavalerie légère. Le général Defrance commandera une des deux divisions de dragons.

Vous me proposerez les autres généraux de division et de brigade à employer, et vous les prendrez parmi ceux qui reviennent de la Grande Armée et qui n'ont pas encore de destination.


Paris, 6 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, il est temps de s'occuper en détail de l'organisation du corps d'observation de l'Elbe, qui sera dans le courant de ce mois à Magdeburg. Mon intention est que vous don­niez ordre au général Lauriston d'avoir du 15 au 20 février son quartier général à Magdeburg. Sa première division sera placée à Brandenburg; sa seconde, à Magdeburg ; sa troisième, à Brunswick ; sa quatrième, à Halberstadt.

Il faut que tous les généraux de division, adjudants commandants, chefs d'état-major, adjoints d'état-major, commandants d'artillerie, commissaires des guerres, administrations, et deux généraux de bri­gade par division, soient présents à cette époque. Prenez en consé­quence les meilleurs généraux parmi ceux qui commandaient les cohortes qui font aujourd'hui partie du corps d'observation de l'Elbe, et donnez-leur ordre de rejoindre leur division sans délai.

Cet ordre à donner est très-pressant.

Nommez un général du génie pour commander le génie. L'ordon­nateur et le général du génie sont nommés.


Paris, 6 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je reçois votre rapport du 6 février (bureau de l'artillerie). Je vois avec plaisir que vous avez déjà 3,000 chevaux de rendus. Vous me proposez de mettre en mouvement 600 voitures, savoir : 280 pour ce qui manque à l'avant-garde, 60 pour la 2e division du corps de L'Elbe, 130 pour la 4e division du même corps, 130 à prendre pour ce qui est nécessaire pour compléter la Grande Armée : il me faudrait étudier une heure pour comprendre ce que cela veut dire.

Je désire que vous me remettiez un état que vous diviserez en quatre parties, et qui m'indiquera le personnel du train qui est dans l'intérieur, et quelles sont les compagnies que vous destinez à atteler les voitures du corps d'observation de l'Elbe, celles du 1er corps d'ob­servation du Rhin, celles du 2e corps du Rhin, et enfin celles à envoyer à la Grande Armée. Enfin vous me ferez connaître ce qu'au 15 février chaque compagnie pourra avoir de disponible, le nombre de voitures qu'elles pourront atteler et de quel calibre et de quelle espèce sont ces voitures.

Je regarde les trois premières divisions du corps de l'Elbe comme déjà rendues ; il est donc important de faire arriver l'artillerie qui est nécessaire. La 1e division du 1er corps du Rhin est déjà à Francfort; il est donc important de lui envoyer son artillerie. L'artillerie de l'avant-garde est de la première importance; il y manque 280 voi­tures ; il est important de les envoyer. Quant aux 1er, 2e et 4e corps, cela presse moins. J'attendrai donc ces états et les projets de mouve­ment pour les approuver définitivement. En attendant, écrivez pour prévenir les directeurs qu'ils vont recevoir l'ordre de mettre en marche des chevaux et des hommes; qu'ils activent l'armement, l'habillement, etc.

L'entrée en Allemagne d'une quantité aussi considérable de voi­tures sera d'un grand et bon effet.


 

Paris, 6 février 1813.

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris

Monsieur le Comte de Cessac, le corps d'observation de l'Elbe, composé de quatre divisions, est en marche pour Magdeburg, où le quartier général sera rendu du 15 au 20. Vous avez déjà nommé l'ordonnateur en chef. Il est nécessaire qu'il y ait un commissaire des guerres et un adjoint pour chaque division, qu'il y ait un médecin et un chirurgien principal pour le corps d'armée, et autant de chirur­giens que le comporte la force du corps.

Chaque division a besoin de six caissons d'ambulance chargés, indépendamment de six pour le quartier général; ce qui fait trente caissons.

J'ai destiné un bataillon d'équipages militaires, le premier qui sera en état, pour faire partie de ce corps. Je désire que vous fassiez partir au 15 février une compagnie de quarante caissons de ce bataillon, bien attelés et bien servis ; vous les ferez charger d'effets d'ambulance à Mayence, et vers la mi-mars ces caissons pourront être partagés entre les quatre divisions, et il aura été pourvu à cette partie du service.

Il faut des chefs d'administration aux différentes divisions et au corps d'armée. Il n'y a pas un moment à perdre pour organiser ces services ; tout ce qui doit composer l'administration doit être rendu au 1er mars à Magdeburg.

Faites-moi connaître quand les 2e, 3e, 4e et 5e compagnies d'équi­pages destinées à ce corps pourront partir pour Magdeburg. Ce bataillon doit partir aussitôt qu'il sera possible, compagnie par com­pagnie ; toutes, hormis la première, qui doit prendre les effets d'am­bulance, doivent faire route à vide, a6n d'arriver en meilleur état à Magdeburg.


 

Paris, 6 février 1813

 

Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Munster

Monsieur le Comte Lauriston, j'ai reçu votre lettre de Wesel du 3 février. Le corps d'observation du Rhin veillera aux désordres du grand-duché de Berg. Je pense qu'il est convenable qu'au 16 février tout ce que vous avez dans ce duché en parle, et que vous réunissiez toutes vos divisions sur Magdeburg, où votre quartier général doit être du 15 au 20 février. Vous pourrez placer une division sur la rive droite et une sur la rive gauche, à trois ou quatre journées de Magdeburg, en ayant soin qu'il n'y ait aucun détachement venant de la Grande Armée avec vos troupes. Les compagnies d'artillerie à pied sont déjà rendues à Magdeburg. Successivement le matériel y arri­vera, et la présence d'une force aussi considérable à Magdeburg se fera ressentir jusque sur la Vistule. Vous pouvez laisser un régiment à Hambourg, jusqu'à ce que les six bataillons des divisions réunies soient arrivés à Hambourg.

J'ai changé le commandant de votre 1e division; au lieu du général Carra Saint-Cyr, ce sera le général Maison, excellent officier; je lui ai fait donner ordre de se rendre à Hambourg. Le général Lagrange, qui commande votre 2e division, doit déjà être arrivé, ainsi que le général Puthod. Le général Rochambeau, qui commande votre 4e di­vision, est déjà rendu à Mayence.

Le ministre de la guerre a dû vous instruire des ordres que j'ai donnés pour qu'on envoyât à Magdeburg un choix de chefs de batail­lon, de capitaines, d'adjudants-majors et d'officiers qui seront à votre disposition; cela vous fera 3 à 400 officiers. Vous passerez la revue de vos régiments, vous renverrez les officiers incapables et mettrez à leur place ceux qui vous arrivent. Moyennant ces changements, j'espère que ces cohortes seront de bonnes troupes. Je donne l'ordre qu'on envoie à chaque division deux généraux de brigade pris parmi ceux qui servaient dans les cohortes ; enfin il faut que tous les régi­ments soient réunis de manière à pouvoir s'exercer tous les jours aux évolutions de ligne, faire l'exercice à feu, tirer à la cible, etc.

Je pense que vous pouvez placer votre 1e division entre Magdeburg et Berlin, à Brandenburg, la 2e à Magdeburg, la 3e à Brunswick et la 4e du côté de Halberstadt; votre état-major doit être à Magdeburg. Vous aurez ainsi toutes vos troupes dans la main. Vos généraux de division pourront voir tous les jours leurs corps, et vous pourrez voir plusieurs fois dans le mois vos divisions. Un mois ainsi de séjour, si les circonstances le permettent, mettra votre armée dans une bonne organisation.

J'ai donné ordre qu'un bataillon d'ouvriers de marine partit au 15 février d'Anvers pour se rendre à Magdeburg. Il sera jusqu'à nouvel ordre attaché à votre parc du génie et de l'artillerie.


 

Paris, 6 février 1813

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.

Mon Fils, je vous envoie la copie de la lettre que j'écris au ministre de la guerre; conformez-vous-y sur-le-champ. Le corps du général Latour-Maubourg avec ses, quatre divisions se formera à Posen ou à Francfort-sur-l’Oder. Les trois divisions que commandera le général Sébastiani se réuniront à Magdeburg et sur l'Elbe. Donnez donc aussitôt l'ordre que tous les détachements de cavalerie qui compo­seront les quatre divisions du 1er corps se mettent en marche sur Posen ou Francfort, selon que vous le déciderez, et que tous ceux qui composeront les trois divisions du 2e corps se mettent en marche pour se rendre sur l'Elbe. Quant au régiment italien de la division Grenier, vous le placerez à la division de cavalerie légère qui vous conviendra.

Je pense qu'il convient de réunir les régiments de cavalerie lithua­nienne avec les régiments de lanciers polonais de ma Garde et d'en former une brigade dont vous donnerez le commandement au général Dejean. Cette brigade, réunie aux 800 hommes de ma Garde que commande le major Lion, pourra former une petite division. Reste-t-il quelque chose de la cavalerie napolitaine ? S’il n'y a plus de chevaux, il doit rester des hommes; envoyez-les-moi sur les derrières pour les remonter. J'ai ordonné que les Italiens soient remontés des dépôts comme les Français.

Ma Garde a déjà ici 4,000 hommes à cheval, 12,000 d'infanterie et soixante pièces de canon attelées. Je compte faire partir, du 15 au 20 de ce mois, une belle division de 12,000 hommes avec soixante pièces de canon et 3,000 hommes de cavalerie. J’ai porté le complet de la cavalerie de ma Garde à 10,000 hommes.

Prenez toutes les mesures convenables pour activer le recrutement des 1er et 3e régiments de lanciers polonais. Le général Dejean, qui commande cette brigade, doit en suivre l'organisation avec activité. Il faut aussi tâcher de recruter les deux régiments lithuaniens ; cela sera une ressource.

Par les dispositions que j'ai prises vous voyez que je ne parle point de la cavalerie alliée, qui faisait partie des brigades dans l'ancienne organisation. Il n'y a pas de Bavarois, de Wurtembergeois et de Westphaliens ; mon intention est qu'à mesure qu'il en arrivera ils se réunissent au 2e corps de cavalerie commandé par le général Sébastiani. 2,000 Bavarois, 2,000 Wurtembergeois et 2,000 Westpha­liens doivent être prêts à partir dans le courant de mars. Quant aux Saxons, il faut les laisser se réunir à leur corps sous les ordres du général Reynier; en attendant, ils pourront former une brigade de 2,000 chevaux, dont le beau régiment de cuirassiers fera partie, et qui se réunira sur votre droite. La même chose s'applique aux Prus­siens. Les seize régiments polonais formeront deux divisions, chacune de huit régiments et de deux brigades.  Si ces régiments avaient bientôt 500 chevaux, cela ferait 4,000 chevaux par division.

Napoléon.

P. S. Vous verrez dans cette même lettre que j'écris au ministre de la guerre la formation d'un 3e corps de cavalerie, qui sera com­posé de deux escadrons tirés chacun des régiments de l'armée d'Es­pagne et qui sont déjà en France. Ce 3e corps, composé de quatre divisions, sera d'environ 18,000 hommes. J'ai nommé le général Grouchy pour le commander, et j'ai donné des divisions aux généraux Kellermann et Defrance. Reste à prendre deux généraux de division et huit généraux de brigade, qu'il faut choisir parmi ceux qui ne seront pas employés dans les autres corps d'armée.


Paris, 7 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, écrivez au duc de Castiglione que le corps prussien est bien placé à Neu-Stettin, qu'il ne faut pas le mettre sur les derrières de l'armée française, mais en ligne, et de manière à pouvoir marcher sur la gauche de nos troupes ; qu'il serait dangereux de laisser sur nos derrières un rassemblement ainsi formé.


 

Paris,7 fevrier 1813

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Il faut réitérer l’ordre au roi d'Espagne de se porter à Valladolid ; et au général Reille de secourir la Navarre, puisque les Anglais sont actuellement hors d'état de rien faire.


Paris, 7 février 1813.

Au général Duroc, duc de Frioul, grand-maréchal du palais à Paris.

Mon intention est d'employer un million pour être distribué entre les généraux, colonels, officiers de la Garde, qui ont fait la campagne de la Grande Armée et ont perdu leurs bagages. Le million sera dis­tribué entre les différents individus actuellement existants et qui doivent se rééquiper pour rentrer en campagne. Vous réglerez cette distribution dans un conseil que vous présiderez, et qui sera com­posé des généraux Walther, Curial, Lefebvre-Desnouettes, Ornano, Michel, Colbert, et du général d'artillerie. Seront compris dans ladite distribution les 1er et 2e de lanciers, les chasseurs et grenadiers à cheval, les dragons, l'artillerie et tous les grenadiers et chasseurs de la jeune et vieille Garde.


Paris, 7 février 1813.

 

DÉCRET.

Napoléon, etc.

Pour reconnaître la conduite distinguée qu'ont tenue le colonel Dubois et le 7e régiment de cuirassiers à la bataille de la Berezina, en chargeant seuls un carré de 7,000 Russes et leur faisant mettre bas les armes, nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

Le colonel Dubois est nommé général de brigade.

Napoléon.


 

Paris, 8 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, vous devez faire cesser sur-le-champ le recrutement des Espagnols : je ne veux point de ces régiments. Cela ne sert à rien, surtout aujourd'hui où les Russes ont organisé une manière de les appeler. Je ne pense pas qu'il reste de cadres suf­fisamment pour faire plus d'un bataillon, et, comme le dépôt du régiment Joseph-Napoléon, qui est à Maastricht, est à 1,200 hommes, cela est plus que suffisant. Il y a 12 officiers et 62 sous-officiers ; faites-en organiser trois compagnies. Pour organiser ces trois com­pagnies, il faudra 10 officiers, 3 sergents-majors, 3 caporaux-four­riers, 12 sergents et 24 caporaux ; total, 52 officiers et sous-officiers. Complétez chacune de ces compagnies à 250 hommes, et faites partir ces 750 hommes avec les 52 officiers et sous-officiers, cela fera 802 hommes, sous les ordres d'un chef de bataillon français, et di­rigez-les sur Erfurt ; là ils rencontreront les cadres, et on en formera un bataillon ; je ne pense pas qu'on en puisse former davantage. Ce bataillon sera réuni au 4e corps et se rendra à Glogau ; de sorte que le régiment Joseph-Napoléon, qui est à cinq bataillons, sera réduit à un bataillon de guerre et un bataillon de dépôt. Les officiers et sous-officiers qui n'entreraient pas dans ce premier bataillon se ren­dront à leur dépôt; et, s'il y avait avec ce qui revient de l’armée de quoi faire un second bataillon, sur le compte que vous m'en rendriez, je décréterais ce second bataillon.

Je ne veux plus recruter les Portugais : je ne veux point de ces troupes-là. Gardez les 800 hommes que vous avez au dépôt. Faites également organiser, si cela est possible, 700 hommes pour se rendre à Erfurt. On formera de tous les Portugais un seul bataillon, et, s'il y a des officiers au-dessus du cadre de ce bataillon, on les enverra au dépôt. Tous les régiments portugais seront donc réduits à un seul régiment d'un bataillon de guerre et d'un bataillon de dépôt, sauf à faire un second bataillon de guerre, s'il y a suffisamment d'offi­ciers et de sous-officiers revenant de la Grande Armée; ce que je ne crois pas.

Napoléon.


Paris, 8 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, j'avais à la Grande Armée, au 30 jan­vier, 7,500 chevaux; en février et en mars, les différents marchés doivent en fournir 3,000; ce qui fera environ 11,000 chevaux que j'aurai au 1er avril. J'y ai à peu près 12,000 hommes de cavalerie à pied; mais, comme il peut y avoir des maladies, et qu'il est bon d'avoir de l'avance, je désire que vous me présentiez un projet pour diriger, du 15 au 30 février, 600 cuirassiers, bien habillés et bien armés, pris dans les quinze dépôts de cuirassiers, 400 dragons, pris dans les dépôts des huit régiments qui ont un escadron en Hanovre et des quatre qui faisaient partie de la division Lahoussaye, et l ,000 hommes de cavalerie légère, pris dans les dépôts des régiments de chevau-légers, chasseurs et hussards, qui font partie de la Grande Armée; en tout, 2,000 hommes à pied, qu'il faudra diriger sur Ha­novre, où ils arriveront dans le courant de mars et monteront tous les chevaux que l'on aura fournis.

Proposez-moi également un projet pour faire partir au 30 mars, bien armés et bien équipés, mais aussi à pied, 1,600 cuirassiers, 800 dragons et 1,800 hommes de cavalerie légère. D'ici ce temps-là, on aura des renseignements plus positifs.

Les hommes nécessaires pour monter les chevaux fournis en mai, juin et juillet, seront pris sur la conscription de 1814, et on aura le temps de les régler.

Ainsi donc il faut que chaque régiment de cuirassiers ait en France 250 hommes pour y être montés, puisque je leur ai donné 250 che­vaux , et chaque régiment de chevau-légers, hussards on chasseurs, soit de la Grande Armée, soit de l'armée d'Espagne, 250 hommes, puisque je leur ai donné 250 chevaux.

Tout cela fait quatre-vingt-trois régiments, qui donnent quatre-vingt-huit escadrons ou 22,000 chevaux, qui se composent effective­ment des 15,000 chevaux demandés aux communes, des 4,700 pour lesquels il a été passé des marchés en France, et des 3,000 existant aux dépôts.

Je viens, de plus, vous faire connaitre que j'ai besoin de 2,100 cuirassiers; ce qui, divisé par 15, fait 140 hommes par régiment. On ne peut pas évaluer le fond du dépôt à moins de 110 hommes; il faudra 250 hommes au dépôt de plus que les 250 qui y seront mon­tés; il faut donc, à chaque dépôt des régiments de cuirassiers, 500 hommes à fournir sur la conscription des quatre années.

Sur la conscription de 1811, on leur donnera 200 hommes par régiment; ce qui, multiplié par 15, fait 3,000 hommes : cela ne portera encore les régiments qu'à un effectif de 800 hommes. Vous leur avez donné, sur la conscription des quatre années, 180 hommes par régiment et 80 des cohortes; cela fait 260 hommes; il n'y aurait donc plus rien à leur fournir si les dépôts avaient été de 250 hommes, mais ils étaient beaucoup au-dessous, il faut donc, sur les 10,000 hommes que j'ai destinés à être divisés entre la cavalerie, le train et les équipages, prendre ce qui est nécessaire pour compléter chaque dépôt de cuirassiers à 500 hommes effectifs.

Les dragons des régiments de l'armée d'Espagne n'ont besoin que de 250 hommes pour les 250 chevaux que je leur ai accordés, et de 150 hommes au dépôt; il suffira donc de compléter les dépôts de ces régiments à 400 hommes sur la conscription des quatre années.

Vous avez, en général, plus ou moins à donner aux régiments de dragons. Les huit régiments qui ont un escadron en Hanovre et les quatre régiments qui faisaient partie de La division Lahoussaye doivent fournir 1,200 hommes pour l'Allemagne; cela fait 100 hommes par régiment. Ils devront donc avoir 250 hommes pour être montés en France, 100 à envoyer à pied en Allemagne, et 150 hommes au dépôt; cela fait 500 hommes. Ainsi les dépôts des douze régiments ci-dessus doivent être complétés à 500 hommes chacun sur la conscription des quatre années, de même que les cuirassiers.

Tous les dépôts de cavalerie légère qui sont en Espagne doivent fournir 250 hommes pour ceux qui n'ont qu'on escadron en France, et 500 pour ceux qui en ont deux ; il suffira de leur donner 100 on 150 hommes pour le dépôt, et il faudra les compléter sur la conscrip­tion des quatre années à 350 ou 400 hommes. Mais les trente-deux régiments de la Grande Armée doivent, outre un escadron de 250 hommes montés en France, envoyer 100 hommes à la Grande Ar­mée: cela fait 350 hommes, et, en y comprenant le dépôt, il faut les compléter à 450 ou 500 hommes.

Ainsi, en résumé, il faut, après avoir employé ce que vous avez tiré des cohortes et ce qui a été affecté à la cavalerie sur la conscrip­tion des quatre années, prendre, sur les 10,000 hommes que j'ai ôtés à l'infanterie pour la cavalerie, le train et les équipages, de quoi compléter les quinze régiments de cuirassiers et carabiniers, les douze de dragons et les trente-deux de cavalerie légère de la Grande Armée à 500 hommes au dépôt, tout compris, et les vingt-sept régi­ments qui restent à l'armée d'Espagne à 350 ou 400 hommes.

Présentez-moi aussi un projet pour répartir 15,000 hommes, sur la conscription de 1814, entre les quatre-vingt-huit régiments de cavalerie.

Le ministre de l'administration de la guerre vous aura fait connaître ce qu'il demande pour les équipages militaires dont j'ai ordonné l'or­ganisation; le train d'artillerie demande, je crois, 2,000 hommes; ainsi vous êtes actuellement en mesure de faire la répartition des 10,000 hommes.


Paris, 8 février 1813.

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris

Monsieur le Comte de Cessac, j'ai reçu votre lettre du 6 février. Les neuf bataillons du train doivent être organisés tous à la fois. Pour organiser un bataillon du train, il faut des caissons, des chevaux, des harnais et des hommes; les caissons et les harnais existent en France, et les hommes y sont promptement réunis. Je ne pense donc pas qu'il faille retarder l'organisation des bataillons qui s'organisent en France pour celle de ceux qui s'organisent en Allemagne; il faut les pousser de front. Dans l'état actuel des choses en Allemagne, tout y est incertain ; en France, tout est facile et sûr.

Je vous ai mandé que j'avais besoin, dans le cours du mois, d'une compagnie des ler, 2e et 6e bataillons, afin de former les ambulances des trois corps d'observation de l'Elbe, d'Italie et du Rhin; cela est de la plus haute importance. Immédiatement après, j'aurai besoin des 2e compagnies de ces bataillons.

Dans le compte que vous m'avez remis, vous ne me faites pas connaître à quelle époque les hommes seront habillés et les chevaux rendus. J'ai ordonné la formation d'un bataillon pour la Garde quinze jours plus tard, et j'ai déjà une compagnie disponible.


Paris, 8 février 1813.

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris

Monsieur le Comte de Cessac, il paraît qu'il a été passé à Hanovre trois marchés pour la fourniture des chevaux, un avec le sieur Cetto, un avec le sieur Wittmann et un avec le sieur Brandes. Il paraît que le marché du sieur Cetto a produit 116 chevaux de cuirassiers et 110 chevaux de cavalerie légère, et qu'il n'y a plus rien à en attendre ; que le marché du sieur Wittmann a produit 227 chevaux de cuiras­siers, 267 de dragons, 523 de cavalerie légère et 77 de trait; et celui du sieur Brandes , 421 chevaux de cuirassiers, 85 de dragons, 4,495 de cavalerie légère et 900 de trait. Ainsi il a été reçu, au dépôt général de Hanovre, 764 chevaux de cuirassiers, 352 de dragons, 5,128 de cavalerie légère; en tout, 6,244 chevaux de selle et 977 chevaux de trait. Il reste à recevoir sur le marché Wittmann  1,733 chevaux de cuirassiers, 233 de dragons et 423 de trait, et sur le marché du sieur Brandes 99 chevaux de cavalerie légère. On ne peut plus compter sur le marché Cetto. Il resterait donc à recevoir 1,733 chevaux de cuirassiers, 233 de dragons et 99 de cavalerie légère; en tout, 2,065 chevaux de selle et 423 chevaux de trait. Le dépôt de Hanovre aurait donc fourni en tout 8,309 chevaux de selle et 1,400 chevaux de trait. Il paraît que la compagnie Witt­mann offre une nouvelle fourniture de 1,200 chevaux, et que le pays offre encore beaucoup de ressources. Il est indispensable de conclure des marchés pour la fourniture d'autant de chevaux que l’on pourra, vu que le dépôt de Varsovie, qui devait fournir 6,000 chevaux, en donnera beaucoup moins. - Il résulte de l'état de situation du dépôt général de Hanovre au 31 janvier, qu'il y avait 1,191 hommes et 2,183 chevaux; mais tous ces chevaux sans selles et sans brides, et les hommes sans effets d'habillement, de sorte qu'il n'y avait rien de disponible. Il résulte encore des lettres et états qu'on pourrait se procurer à Hanovre des selles et des objets d'habillement et d'équipement pour 15 ou 1800 chevaux et 15 ou 1800 hommes par mois. Je désire donc que vous donniez l'ordre par une estafette expresse, qui passera par Wesel et ira en toute diligence, au général Duverger de passer des marchés pour la fourniture de selles, brides, manteaux et autres objets nécessaires à l'équipement de la cavalerie, afin que la cava­lerie légère qui est au dépôt soit le plus promptement possible dispo­nible; il prendra les ordres du général Lauriston. Vous manderez au général Duverger de prendre tous les effets d'habillement et d'équi­pement qui se trouvent à Hanovre, pour équiper les hommes et les chevaux qui sont au dépôt, que ces effets appartiennent à des régi­ments ou non, sauf à en tenir des états exacts pour que l'on puisse en tenir compte aux différents régiments. Enfin vous écrirez au général Sébastiani, dont le corps doit être arrivé à Brunswick, d'en­voyer des hommes à Hanovre pour y prendre des chevaux. Vous exigerez qu'on vous rende compte de l'emploi des 6,000 .chevaux que le dépôt de Hanovre a fournis. Je vous envoie les états dont vous prendrez connaissance, et que vous renverrez ensuite au ministre de la guerre.


Paris, 8 février 1813.

Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Munster.

Monsieur le Comte Lauriston, je reçois votre lettre de Munster du 5 février. Je ne puis que vous répéter que mon intention est que vous ayez le 15 février votre quartier général à Magdeburg, et que vous y organisiez sérieusement votre armée. Vous ne devez pas faire attention aux troubles du grand-duché de Berg; le corps d'observa­tion du Rhin y pourvoira. J'ai ordonné que, dès le 15 février, une partie de votre artillerie se mît en mouvement en droite ligne sur Magdeburg.

Vous parlez des mauvais officiers des cohortes : je viens d'or­donner que les majors se rendissent auprès des colonels, ce qui vous fera deux bons officiers supérieurs par régiment. Le colonel com­mandera les deux premiers bataillons, et le major les deux autres. J'ai ordonné la réunion à Magdeburg d'un grand nombre de généraux, officiers supérieurs et officiers de tous grades. Une partie sera à votre disposition, et vous pourrez vous en servir pour remplacer les offi­ciers dont vous ne serez pas content ; moyennant ces changements, votre armée sera belle.

Je suppose que vous ferez faire à Magdeburg des cartouches pour qu'on fasse faire tous les jours à vos troupes l'exercice à feu et qu'on les fasse tirer à la cible. Occupez-vous de l'instruction de vos troupes. Recommandez surtout les manœuvres du ploiement et du déploie­ment; faites ployer les bataillons en colonne d'attaque, la première division faisant feu, etc. La manœuvre la plus importante est que, chaque bataillon puisse promptement former le carré sans hésiter.

J'ai attaché à votre corps d'armée tout le corps de cavalerie que commande le général Sébastiani; voyez-le; il faut qu'il envoie des officiers pour réunir tous ses détachements, et enfin qu'il forme son corps.

Vous trouverez ci-joint copie des lettres que je vous ai écrites ces jours derniers; je ne crois pas qu'elles soient parties par estafette, et, comme je vous expédie celle-ci par un officier d'ordonnance, elles vous arriveront plus promptement.

 


 

Paris, 8 février 1813.

 

Au maréchal Kellermann, duc de Valmy, commandant supérieur des 5e, 25e et 26e divisions militaires, à Mayence.

Mon Cousin, je reçois votre lettre du 5 février. J'approuve fort les dispositions faites pour comprimer les rebelles du grand-duché de Berg. Mon intention est qu'il ne soit apporté aucun retard à la for­mation des quatre divisions du corps d'observation de l'Elbe. II faut donc qu'avant le 15 février tout ce qui appartient à ce corps se mette en marche sur Magdeburg, et qu'il ne reste rien dans le duché. J’ai ordonné qu'un major, désigné par le ministre de la guerre, se rendît à Francfort pour commander chaque régiment provisoire.


Paris, 8 février 1813.

Au général comte Bertrand, commandant le corps d’observation d’Italie, à Trieste.

Monsieur le Général Bertrand, je reçois votre lettre du 31 janvier. Le ministre de la guerre d'Italie doit avoir reçu tous les ordres néces­saires pour réunir une division composée de treize bataillons d'infan­terie, deux batteries d'artillerie à pied, une compagnie de sapeurs, une compagnie de 100 marins, une compagnie de 100 ouvriers de marine, et enfin un régiment de cavalerie de 1,000 chevaux.

Le ministre de la guerre de France a donné tous les ordres pour la formation des trois divisions françaises, et les cohortes sont en marche pour Vérone, où le général Vignolle les formera en régi­ments. Le 19e régiment de chasseurs s'organise, et il se forme un nouveau régiment de hussards à Florence et un à Turin. Mon inten­tion est qu'au 1er mars les quatre divisions soient réunies à Bassano, Vicence, Vérone, et la 4e division (italienne) à Brescia. Le 9e bataillon d'équipages militaires a toutes ses voitures à Plaisance ; il n'y a donc besoin que des chevaux. Le 7e bis du train d'artillerie doit être en formation à Vérone.

Écrivez au général Vignolle et au commandant d'artillerie, car je désirerais que du 1er au 15 mars le corps d'observation d'Italie se mît en marche. Il n'y a encore que le général de division Pacthod, mais il y sera attaché deux autres généraux de division de la Grande Armée. Je suppose que le ministre de la guerre vous a déjà envoyé des états et que tout est déjà en mouvement. Un régiment de 1,000 che­vaux est parti de Naples, ainsi que trois bataillons d'infanterie légère, ce qui portera à seize bataillons votre division italienne, si je me décide à réunir ces bataillons à ceux du royaume d'Italie. Vous ne me dites pas si vous avez reçu la formation de votre corps d'obser­vation. Je suppose que le 23e de ligne, le bataillon du 8e d'infan­terie légère et le 13e de ligne sont déjà en marche.

 

P. S. Tirez des provinces illyriennes une compagnie de boulangers et de constructeurs de fours.


Paris, 8 février 1813.

Au général Caulaincourt, duc de Vicence, grand écuyer, à Paris

Mon intention est qu’avec la division de la Garde qui partira du 15 au 20 février vous fassiez partir une portion de ma Maison avec mes aides de camp et officiers d'ordonnance. Tout cela se rendra à Spandau, où sera réorganisée ma Maison. Concertez-vous pour cela avec le grand maréchal.


Paris, 8 février 1813.

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.

Mon Fils, je reçois vos deux lettres du 1e février. Par l’une, je vois que vous avez dissous les bataillons du Texel et de l'Escaut. J'approuve tout ce que vous avez fait. Ayez seulement soin que les compagnies des 5e bataillons que vous avez incorporées dans les 1er bataillons aient un numéro, et faites connaître cette mesure au général Doucet, à Erfurt, pour qu'il sache le nombre de compagnies qu'a chaque 1er bataillon, et, dès lors, ce qu'il a à compléter. Écrivez au ministre de la guerre pour qu'il puisse remplacer aux 5e batail­lons les cadres que vous avez placés dans les 1er.

Je crois que, depuis, j'ai fait quelques dispositions qui s'éloignent un peu de celles que vous avez prises, mais tout cela est égal. Les bataillons de Toulon, de Brest, de Rochefort se dirigent sur l'armée; vous aurez vu par ma dernière lettre la destination que je leur ai donnée. Je vois par votre lettre que le ler corps a organisé trois bataillons qui sont actuellement forts de 2,400 hommes : cela fait donc dix-huit compagnies, ce qui suppose une ou deux compagnies par régiment.

Vous aurez placé à Stettin au moins quatre compagnies d'artil­lerie, ce qui fera 500 hommes. J'approuve que vous y dirigiez 1,200 Westphaliens, ce qui portera la garnison de cette place à 4,200 hommes. Si jamais Stettin courait le danger d'être investi, le régiment saxon Maximilien, qui est dans la Poméranie et dont la force est de 1,600 hommes, pourrait y être renfermé; cela ferait alors 5,800 hommes dans Stettin, ce que je crois suffisant pour la garnison de cette place, en y ajoutant 3 à 400 chevaux. Mais, dans les premiers jours de mars, la garnison de Stettin recevra seize fois 700 hommes, c'est-à-dire 11,200 hommes. Elle sera donc alors de 14,400 hommes du 1e corps; ce qui, joint aux 500 hommes d'ar­tillerie et aux 500 hommes de cavalerie, portera à 15,400 hommes les troupes qui seront réunies à Stettin; avec les 1,600 hommes qui sont dans la Poméranie, cela fera 17,000 hommes, force qui sera déjà suffisante pour tenir garnison à Stettin, et avoir une bonne divi­sion pour tenir la campagne et fortifier l'armée. Je crois que, dans le courant de mars, le 1er corps recevra, outre cela, 500 hommes par régiment ou 8,000 hommes, ce qui portera ce corps à 25,000 hommes.

Je pense que la présence du prince d'Eckmühl sera nécessaire pour bien organiser ces trente-deux bataillons. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, donnez-lui ordre d'établir son quartier général à Stettin, de s'y occuper de l'organisation de son corps et de la mise en état de la place, de surveiller le corps prussien qui se rassemble à Neu-Stettin, et de prendre le commandement de la Poméranie sué­doise; enfin vous le chargerez de toutes les dispositions à prendre relativement à ce point important.

Ces 25,000 hommes, qui certainement existeront à la fin de mars, devaient former quatre divisions; mais on pourrait n'en former que trois; ce qui exigera l'organisation d'une artillerie assez nombreuse et méritera tous les soins du prince d'Eckmühl, d'autant plus que cela ira toujours en augmentant dans le courant d'avril et de mai; et, comme la Suède menace du côté de la Poméranie, ce corps sera bien placé là pour répondre à toute attaque qui serait tentée.

J'ai réuni le 2e et le 3e corps en un seul sous le titre de 2e corps. Vous avez placé le 2e corps à Küstrin. Je vois qu'il est de 2,400 hom­mes, ce qui avec les 600 hommes du génie, de l'artillerie et de la cavalerie, fait 3,000 hommes, force suffisante pour Küstrin. Le 3e corps est à 1,500 hommes : cela porte donc à 4,500 hommes tout le 2e corps. Mais ce 2e corps va recevoir 10,000 hommes; il peut en rentrer 5,000, ce qui fait 15,000; ce corps sera donc porté à 20,000 hommes. Il pourra fournir une garnison de 2,500 hommes à Küstrin et avoir encore 17,000 hommes disponibles pour les garnisons de Spandau et de Berlin. L'organisation des deux divisions de ce corps, la formation de son artillerie et tout ce qui y est relatif demandent les soins d'un maréchal. Je vous ai laissé maître de nommer celui que vous voudrez.

Je vois que le 4e corps a 2,000 hommes; mais vous allez en rece­voir 5,000, ce qui portera le 4e corps à 7,000 hommes; ce qui, joint aux 1,100 Badois, réunira assez de monde pour former la gar­nison de Glogau et la division active.


Ayez soin de recommander au général Doucet de vous envoyer tous les jours un état de situation du dépôt d'Erfurt. Il peut envoyer une estafette extraordinaire à Magdeburg pour y joindre l'estafette qui vient de Paris à votre quartier général.

Je pense donc que le prince d'Eckmühl doit s'occuper de la for­mation de son corps d'armée, et avoir son quartier général à Stettin ; qu'un maréchal doit s'occuper de la formation du 2e corps et avoir son quartier général à Küstrin ; qu'un général de division suffit pour le 4e corps ; que si Stettin devait être investi avant que les bataillons d'Erfurt aient rejoint, ce qui me paraît impossible, on rappellerait le régiment saxon qui est à Stralsund, pour renforcer la garnison.

Du moment que les bataillons d'Erfurt seront arrivés à Spandau, il ne faudra plus laisser à Küstrin que deux régiments ou quatre bataillons, lesquels feront environ 2.500 hommes présents; et, selon les circonstances, vous réunirez le reste du 2e corps pour la garnison de Spandau, la police de Berlin, ou en avant de Küstrin pour appuyer l'avant-garde.

Quant à la garnison de Glogau, si elle était investie avant que les bataillons d'Augsburg y arrivassent, il faudrait demander un supplé­ment de 2,000 hommes de garnison à la Saxe.


Paris. 8 février 1813.

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.

Mon Fils, s'il arrivait que le prince Schwarzenberg évacuât Var­sovie et se dirigeât sur Kalisz, il serait nécessaire de renforcer le corps du général Reynier de tout ce que la Saxe pourrait offrir en infanterie, cavalerie et artillerie, de manière à pouvoir porter son corps de 15,000 hommes à 25,000 hommes; ce qui, joint au 5e corps, qui, je suppose, serait de 15,000 hommes, et au corps du prince Schwarzenberg, ferait 60 à 70,000 hommes. À côté de cette armée, vous auriez 40,000 hommes de l'avant-garde, et enfin les Prussiens et les Bavarois. Vous devez mettre les Prussiens sous les ordres du maréchal Saint-Cyr, qui les réunira aux Bavarois. Tout cela ensemble pourra vous faire une armée de 100,000 hommes.


Paris, 9 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Doc de Feltre, j'ai ordonné la formation d'un 6e ba­taillon bis à chacun des régiments de la Grande Armée.

Mon intention n'a pas été de conserver six bataillons à ces régi­ments. Voici de quelle manière je désire que la réorganisation de ces régiments soit faite :

Le 1er bataillon doit être reformé dans les places de l'Oder; le reste des cadres se reformera à Erfurt.

Le 2e bataillon se reformera à Erfurt : il sera recruté avec les 700 hommes qui ont eu ordre de partir, et aussitôt après il se diri­gera, comme je l'ai ordonné, sur Leipzig et Wittenberg, où il recevra des ordres du vice-roi.

J'attends votre rapport pour faire partir 4 ou 500 hommes qui se rendront également à Erfurt, où ils recruteront la partie du 1er ba­taillon qui s'y réunira. Cela se mettra sur-le-champ en marche pour les places de l'Oder, et par ce moyen les 1er et 2e bataillons seront réorganisés entièrement.

Les 3e, 4e et 6e bataillons se rendront en France, où ils trouveront un 6e bis. Mon intention est que le 6e bis et deux des autres batail­lons forment deux bataillons, le 3e et le 4e. Le 5e restera comme dépôt.

Je ferai partir, aussitôt que faire se pourra, les 4 ou 500 hommes qui sont nécessaires pour compléter les deux premiers bataillons.

Je ferai partir un bon bataillon, le 4e bataillon qui est le 6e bis actuel, complété en officiers et sous-officiers et à 840 hommes, et par ce moyen j'aurai trois bataillons à la Grande Armée.

Je garderai les cadres du 3e bataillon pour recevoir des hommes de la conscription de 1814 et former des demi-brigades provisoires, chargées de la défense des côtes.

Ainsi, au lieu de quatre bataillons, les régiments de la Grande Armée n'en auront que trois sur l'Oder. Or, pour ces bataillons, il faut 2,500 hommes. Ces 2,500 hommes pourront à peine être fournis par la conscription de 1813 et par la conscription des quatre années.

S'il était des régiments qui eussent conservé un plus grand nombre d'officiers et de sous-officiers, et qui eussent éprouvé moins de pertes, sur le compte que vous m'en rendrez, on pourrait approuver l'organisation du 6e bataillon; mais, d'après les renseignements que j'ai, je ne crois pas qu'il y en ait beaucoup dans ce cas.

 

P. S. Comme je venais de signer cette lettre, je reçois les états du vice-roi. Il en résulte que, même en comprenant les cadres des 6e bataillons bis, on aura de la peine à former les quatre bataillons par régiment. Puisque tous les régiments ont deux compagnies sur l'Oder, l’une du 1er bataillon, l'autre du 5e bataillon, que le vice-roi a réunie au 1er bataillon au lieu de l'y incorporer, ce sera donc quatre compagnies des 1er bataillons à reformer à Erfurt, et six des 2e bataillons. Le reste sera formé au dépôt.

Il n'y aura plus de major en second attaché aux régiments de la Grande Armée; ils seront tous rappelés. Destinez-les à commander les régiments provisoires ou à remplacer les majors qu'on nommera au commandement de ces mêmes régiments. Je préfère que tous les majors en second qui sont à la Grande Armée, et dont la plupart sont déjà de retour à Mayence, aillent commander les dépôts, où ils se reposeront, et que les meilleurs majors, en les prenant parmi ceux des régiments qui concourent à la formation des régiments pro­visoires, soient nommés colonels en second et envoyés aux régiments pour les commander. Au surplus, je fais faire de cette disposition l'objet d'un décret.


Paris. 9 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, la 1e division de la jeune Garde sera commandée par le général de division Barrois. Vous lui donnerez ordre d'en prendre le commandement demain; elle sera composée de deux brigades.

La 1e brigade sera composée de deux bataillons de fusiliers et de quatre bataillons formés des 2e de voltigeurs et des 2e de tirail­leurs; elle sera sous les ordres du général Rothenburg.

La 2e brigade sera composée de quatre bataillons du 6e bis et de deux bataillons de Pupilles; elle sera commandée par le général de brigade Tindal.

Le général Barrois aura avec lui un général adjudant général et deux adjoints.


Artillerie. — Cette division aura quatre batteries d'artillerie à pied, formant trente-deux pièces de canon, avec double approvision­nement et dix-huit caissons d'infanterie. Cette artillerie sera com­mandée par un major de la Garde.

Génie. — Un chef de bataillon du génie commandera le génie ; il aura sous ses ordres une compagnie de sapeurs avec ses outils, et une compagnie de marins de la Garde.

Administration. —Cette division aura un commissaire des guerres, deux adjoints, et une compagnie d'équipages militaires, dont six caissons seront chargés d'effets d'ambulance.

Cavalerie. — Il sera attaché à cette division un escadron de gre­nadiers à cheval de 250 hommes, un escadron de dragons de 250 hommes, deux escadrons de chasseurs de 500 hommes, un escadron de lanciers du 2e régiment, de 250 hommes; ces cinq es­cadrons seront commandés par le major Leclerc, de la Garde; chacun des quatre régiments aura au moins un chef d'escadrons.

Deux batteries d'artillerie à cheval, de douze pièces, seront at­tachées à cette colonne de cavalerie.

125 grenadiers et 250 chevaux, 125 dragons et 250 chevaux, 250 chasseurs et 500 chevaux, 125 lanciers et 250 chevaux du 2e régiment, total 625 hommes et 1,250 chevaux, partiront de Paris avec cette division; les chevaux seront bien harnachés et équipés et se rendront à Fulde; ce qui montera 625 hommes de ceux qui s'y trouvent, et complétera à 1,250 hommes ladite colonne de cavalerie.

Si toute l'artillerie n'est pas prête au moment du départ de la division, on ne fera partir que ce qui sera prêt.

Les officiers et sous-officiers des cadres qui ne seraient pas prêts rejoindraient en route, soit à Mayence, soit à Fulde. Le général d'artillerie doit à cet effet donner des ordres nominatifs.

On aura soin de faire partir des effets d'habillement pour que tous ces officiers et sous-officiers se trouvent habillés à leur arrivée.

Les officiers de santé seront en nombre suffisant.

Il y aura une compagnie de boulangers, de force suffisante pour pouvoir faire par jour 24,000 rations de pain.

Le commandant du génie aura dans sa compagnie de sapeurs une escouade de maçons pour construire des fours, et dans ses caissons les outils nécessaires pour cette construction. Enfin les différents employés d'administration nécessaires seront attachés à celte division.

Le 15 de ce mois, il sera passé la revue de cette division dans la cour des Tuileries : tous les hommes seront présents, les caissons d'ambulance et d'équipages militaires seront chargés; tous les ouvriers s'y trouveront.

L'artillerie seule, étant à la Fère, ne sera pas à cette revue ; elle se réunira le 15 et passera à la Fère la revue du général Drouot.

Il me sera rendu compte si cette division est prête à partir le 16.


Paris, 9 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Il est convenable que vous fassiez connaître au roi d'Espagne, en chiffre et par quadruplicata, que je vois avec la plus grande peine qu'il ait perdu deux mois aussi importants que décembre et janvier, où les Anglais étaient dans l'impuissance de rien faire, et qu'il n'ait point profité de cette circonstance pour pacifier la Navarre, la Biscaye et l'Aragon; qu'il demande sans cesse de l'argent; que l'argent est là, et qu'il laisse sans raison dévaster ces belles provinces par Mina ; que je lui ai plusieurs fois donné l'ordre de se rendre à Valladolid, mais que la nonchalance de la direction des affaires en Espagne est inconcevable. Comment, en effet, n'a-t-il pas maintenu ses commu­nications ? Et comment, après avoir eu connaissance du 29e bulletin, n'a-t-il pas senti la nécessité d'être promptement en communication avec la France ?

Il n'y a pas un moment à perdre ; que le Roi se rende à Valladolid, en faisant occuper Madrid et Valence par son extrémité gauche.

Écrivez-lui que le temps perdu est irrémédiable; que les affaires tourneront mal, si promptement il ne met plus d'activité et de mou­vement dans la direction des affaires ; qu'il est nécessaire d'occuper Valladolid, Salamanque et de menacer le Portugal ; que les Anglais paraissent se renforcer en Portugal, et qu'ils semblent avoir le double projet, ou de pousser en Espagne, ou de partir du port de Lisbonne pour faire une expédition de 25,000 hommes, partie Anglais et partie Espagnols, sur un point quelconque des côtes de France, pendant le temps que la lutte sera engagée dans le Nord ; que, pour empêcher l'exécution de ce projet, il est nécessaire que l'armée d'Espagne soit toujours prête à prendre l'offensive et à me­nacer de se porter sur Lisbonne et de conquérir le Portugal, si les Anglais affaiblissaient leur armée d'Espagne. Il faut donc que le Roi occupe Valladolid et Salamanque, et qu'il remplisse le triple but de tenir en échec l'armée anglaise, d'avoir ses communications aussi promptes que faciles avec la France, afin de savoir tout ce qui se passe, et qu'il emploie le temps où les Anglais ne feraient rien pour pacifier la Biscaye et la Navarre ; que cette instruction doit être con­sidérée comme instruction générale pour toute la campagne ; qu'enfin, si la force des armées françaises en Espagne restait oisive et laissait les Anglais maîtres de faire des expéditions sur nos côtes, la tran­quillité de la France serait compromise. Il faut donc, je le répète, que le Roi ait des communications très-rapides et très-sûres, et qu'il soit toujours en mesure de prendre l'offensive.


Paris, 9 février l813.

Au général Duroc, duc d Frioul, grand maréchal du palais, à Paris

Vous trouverez ci-joint copie de la lettre que j'écris au ministre de la guerre. Comme il perdra deux jours à vous l'envoyer, donnez d'avance tous les ordres nécessaires. Faites appeler le général Barrois pour lui faire connaître la marque de confiance que je lui donne. Il faut qu'il ait son commissaire des guerres, ses chirurgiens et qu'il mette tout en état.

Faites-moi connaître de quelle manière on pourrait organiser les deux compagnies d'artillerie à cheval. Mon intention serait de les or­ganiser à Mayence. Les chevaux, l'habillement et les recrues pour­raient être envoyés d'ici. Par ce moyen, cette division de la Garde aurait déjà quarante-quatre bouches à feu.

Remettez-moi l'état de la division de la vieille Garde qui est à la Grande Armée, infanterie, cavalerie et artillerie, afin que je voie quelle serait la force totale de ces deux divisions.


Paris, 9 février 1813.

 

INSTRUCTION  POUR   LE  CAPITAINE ATTHALIN, OFFICIER D'ORDONNANCE DE L'EMPEREUR, À PARIS.

Partez sur-le-champ pour Wesel; vous y resterez vingt-quatre heures. Vous me ferez connaître la situation des approvisionnements et des différents dépôts d'infanterie et de cavalerie qui sont dans cette place, ainsi que la situation des nouveaux régiments qu'a organisés le duc de Padoue. Vous vous informerez si les chevaux et les hommes qu'ont offerts les villes et les communes sont levés.

Rendez-vous de là auprès du général Lauriston qui doit être à Hambourg ou à Hanovre. À Hambourg, restez-y quarante-huit heures. Faites-moi connaître si les 100 chevaux que donne la ville sont fournis, et quel est l'esprit des habitants.

Rendez-vous de là à Hanovre, où vous resterez cinq jours, et envoyez-moi l'état de tous les marchés de chevaux qui ont eu lieu depuis novembre; de tous les chevaux qui ont été reçus, de la dis­tribution qui en a été faite, de l'endroit où ils sont existants, enfin de ce qui reste à recevoir; ainsi que la situation des équipages et de l'armement et habillement de tous les corps.

De là, vous vous rendrez auprès du général Sébastiani, qui doit être à Brunswick. Vous m'enverrez la situation de son corps de ca­valerie, et me ferez savoir quand il aura 2,000 chevaux en état d'entrer en ligne. Vous resterez plusieurs jours pour parcourir les cantonnements des régiments. Vous me ferez connaître ce qui reste à l’armée en cadres; où sont les colonels, ceux qui existent ou qui sont absents; où sont les majors et les chefs d'escadrons, etc.; enfin vous m'enverrez tous les renseignements qui pourront me mettre au fait de la situation des régiments qui composent le corps du général Sébastiani.

Rendez-vous après cela à Magdeburg, et rendez-moi compte de tout ce qui est relatif aux fortifications, à l'artillerie et aux appro­visionnements. J'ai ordonné qu'une partie des faubourgs fût abattue et nivelée; vous veillerez à ce que ces ordres soient exécutés, sans avoir égard à quoi que ce soit. II ne s'agit ni de si, ni de mais, ni de car, lorsqu'il y va de la sûreté d'une place de cette importance. Vous me rendrez compte des troupes qui se trouvent dans la place, de celles qui passent, de la situation des magasins et approvisionne­ments. Et quand vous serez resté suffisamment à Magdeburg et que le général Lauriston y sera arrivé, comme il m'écrira tous les jours, vous pourrez vous rendre à Spandau et à Berlin.

Avant de quitter l'Elbe, vous vous rendrez aussi au corps de ca­valerie que commande le général Latour-Maubourg et qui doit être de ce côté. Vous m'enverrez sur ce corps les mêmes observations que sur celui du général Sébastiani.

A Spandau, vous visiterez les fortifications. À Berlin, vous verrez le général Bourcier et m'enverrez la situation générale des remontes. Ayez soin de m'écrire tous les soirs ce que vous avez vu. Passez la journée à courir, et le soir écrivez-moi. Artillerie, génie, troupes, approvisionnements, fortifications, remontes : je dois voir dans vos lettres ce que j'aurais vu moi-même, si j'étais sur les lieux.

Quand vous serez à Hanovre, vous m'enverrez vos lettres par une estafette, qui les remettra à l'estafette de l'armée, sur le point de la route qui sera le plus voisin de Hanovre.

J'ai donné des ordres pour qu'à Magdeburg et sur l'Oder on coupât les bois tant pour le palissadement des places que pour des blindages.

P. S. Faites partir vos équipages et vos chevaux, parce que vous ne reviendrez pas. Vous attendrez des ordres ultérieurs entre Berlin, Küstrin et Magdeburg.


Palais des Tuileries, 9 février 1813.

 

DÉCRET.

Art. 1er. Les places de secrétaire du portefeuille et de secrétaire-archiviste de notre cabinet sont supprimées.

Art. 2. Le service du cabinet sera fait par les deux secrétaires du cabinet.

L'un sera plus spécialement chargé du service des expéditions et archives et des détails d'ordre intérieur; il aura sous ses ordres le bureau des archives.

L'autre sera plus spécialement chargé du service des traductions et gazettes étrangères ; il aura sous ses ordres le bureau des traductions.

Art. 3. Il y aura sous les secrétaires du cabinet deux premiers commis du cabinet, qui les seconderont dans leur service.

Les appointements des premiers commis du cabinet sont fixés à 12,000 francs pour chacun.

Art. 4. Il n'est rien changé à ce qui a été réglé précédemment pour l'organisation du cabinet topographique.

Art. 5. Il y aura toujours de service au cabinet, nuit et jour, un secrétaire du cabinet, un premier commis et le directeur du cabinet topographique ou un de ses adjoints.

Art. 6. Notre grand chambellan est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera communiqué aux officiers de la Maison.


Paris, 10 février 1813.

A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Paris.

Monsieur te Duc de Bassano, écrivez à M. de Saint-Marsan par un courrier que le grand recrutement qu'on fait dans toute la Prusse, avec des officiers auxquels le Roi ne peut pas se fier, ne peut que nous alarmer, et que je désire que tout reste tranquille.


 

Paris, 10 février 1813.

Au prince Lebrun, gouverneur général des départements de la Hollande, à Amsterdam.

J'ai ordonné que 3,000 hommes de régiments provisoires, tous Français, se missent en marche pour Amsterdam, afin de vous donner des forces suffisantes pour réprimer la malveillance. Vous n'avez pas besoin d'ordres d'ici pour faire venir à Amsterdam des canonnières avec des équipages français. Parlez-en au préfet maritime; j'en écris au surplus au ministre de la marine.

Publiez que je vais bientôt me rendre à Amsterdam pour aller visiter le Texel.


Paris, 10 février 1813.

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.

Mon Fils, il faut faire cesser le recrutement des Prussiens, et se contenter des troupes du général Bülow comme elles sont. Donnez partout vos ordres en conséquence.


Paris, 11 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, le vice-roi me mande qu'il ne pense pas que les cadres des cinq bataillons que chaque régiment de la Grande Armée a dû envoyer, soit à Erfurt, soit à Augsburg, puissent fournir davantage que la formation de deux bataillons, tant en offi­ciers qu'en sous-officiers.

Mon intention est de reformer les régiments de la Grande Armée à quatre bataillons; ils sont aujourd'hui à cinq, et, en comprenant le 6e bis, ce serait six bataillons qui seront réduits à quatre.

Je pense donc qu'il faut changer le numéro du 6e et l'appeler 4e et donner l'ordre que les 3e et 4e bataillons soient formés le plus tôt possible.

Le 1er et le 2e bataillon seront formés à Erfurt; le 3e et le 4e au dépôt, ainsi que le 5e ; il n'y aura plus ni 6e ni 6e bis.

Ces régiments auront de quoi bien compléter trois bataillons; il restera donc un cadre du 4e pour recevoir la conscription de 1814.

Je pense qu'il est nécessaire d'envoyer un bon nombre d'officiers et de sous-officiers à tous ces cadres. Il faudrait leur envoyer pour sous-lieutenants beaucoup de jeunes gens sortant des écoles, et une partie des 1,000 sous-officiers retirés des dépôts. Je n'approuve pas la destination que vous avez donnée à ces 1,000 sous-officiers; il faut, avant tout, les envoyer aux régiments qui reçoivent la conscrip­tion des différentes années.


Paris. 11 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

La conscription de 1813 n'est pas levée dans le département de la Lippe. Vous y avez levé la conscription de 1812; avant de lever celle de 1814, il sera nécessaire de lever celle de 1813. Dans les départements de la Hollande vous n'avez levé que la conscription de 1811 ; mais je crois que par mon décret du 20 janvier j'ai levé celle de 1812. Dans la 32e division militaire, on n'a levé que la conscrip­tion de 1812; avant d'y lever la conscription de 1814, il faut lever celle de 1813. Il y a à recevoir de ces départements la conscription de 1813, et puis celle de 1814. Il ne peut donc pas être question d'y lever celle des quatre années arriérées; on peut seulement l'y laisser en suspens. Faites-moi un rapport particulier qui indique où en est la conscription des départements de la Hollande et de la 32e division militaire. Ont-ils été taxés dans la même proportion que la France ? Quand est-ce qu'on a levé la conscription de 1811 ? Quand lèvera-t-on celle de 1812, celle de 1813, celle de 1814 ?

L'Italie est au courant, et je crois qu'on y a levé la conscription de 1813 ; à Rome on a levé la conscription de 1813; ainsi il me parait que toute l'Italie est au courant.

J'ai décidé que la portion qui revenait à la marine de la conscrip­tion de la Hollande sur 1811, 1812, 1813 et 1814, lui serait accordée, et que les 10,000 hommes qui lui reviennent sur la con­scription de 1814 lui seraient également accordés.

Quant à la conscription des 100,000 hommes, comme de raison, elle ne fournira rien pour la marine.


Paris, 11 février 1813.

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Je donne ordre qu'on laisse sur le Saint-Bernard et le Castiglione les 98 artilleurs de marine qui s'y trouvent, et je désire que vous fassiez compléter sur-le-champ les équipages de ces deux vaisseaux. S'il est nécessaire, on leur fournira une garnison française de 100 hommes pour chacun. Mais mon intention est de ne diminuer en rien l'état des armements à Venise; ce qui mettrait l'ennemi à même de diminuer ses croisières dans l'Adriatique, et ce serait d'ail­leurs un pas rétrograde qui pourrait avoir un effet moral que je veux prévenir.

Règle générale : je ne veux diminuer mes armements nulle part, si ce n'est que je consens à n'armer que cinq vaisseaux au Texel et que dix-huit vaisseaux dans l'Escaut ; et qu'au Texel et dans l'Escaut j'armerai, non pas toutes les mauvaises frégates hollandaises, mais toutes les frégates françaises, tant dans l'un que dans l'autre port.


Paris, 11 février 1813.

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Il y avait à la Grande Armée trois équipages de marins de la Garde ; ils ont beaucoup souffert. Mon intention est, de ces trois, de n'en compléter qu'un pour l'armée et de reformer les deux autres, l'un sur l'escadre de Brest, l'autre sur l'escadre de Toulon, avec des hommes dignes de ce corps d'élite. Ces équipages pourront être bien composés, sans affaiblir l'armée navale.


Paris, 11 février 1813.

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

La Couronne, l'Audacieux et le Polyphème étaient bien peu avancés au 1er janvier 1813, et vous les avancez bien peu dans le courant de 1813, puisque vous ne proposez de les porter qu'aux 6 vingt-quatrièmes les trois. Je désire que vous les portiez aux 10 vingt-quatrièmes, de manière à pouvoir les lancer tous les trois en 1814. Les vaisseaux que j'ai au Texel sont mauvais; ceux-ci, au contraire, seront bons : c'est donc un grand avantage que d'avoir, sans accrois­sement de dépenses, de bons au lieu de mauvais vaisseaux. D'ail­leurs, j'ai besoin de donner du travail à Amsterdam.

A Rotterdam, j'aurai besoin de finir le Piethein, non pour le besoin que j'ai de ce vaisseau, mais afin de pouvoir disposer de la cale pour un autre vaisseau et pour donner du travail à Rotterdam.

Il faut pousser également à Rotterdam les trois frégates, au lieu des 8 vingt-quatrièmes, aux 12 vingt-quatrièmes, afin qu'on puisse les mettre toutes trois à l'eau en 1814. Cette augmentation de tra­vaux sera utile à la Hollande.

Pour Anvers, je n'ai rien à observer : j'aurai trois vaisseaux de trois ponts, un de 80 et deux de 74, prêts à être lancés en 1814; mais il doit être bien entendu que l'armement de tous ces vaisseaux doit être prêt.

Je n'ai rien à dire pour Dunkerque et le Havre. J'approuve également le projet pour Cherbourg : deux vaisseaux seront mis à l'eau et trois seront poussés de manière à pouvoir être lancés eu 1814. Il faudrait que la membrure du Havre, au lieu d'être de 74, fût de 80 canons.

A Brest, on mettra l'Orion en rade. J'approuve ce que vous proposez.

J'approuve également le travail pour Lorient, ainsi que celui de Nantes, de Rochefort, de Bordeaux et de Bayonne. 

J'approuve le travail de Toulon, celui de Gênes, de Livourne et de Civitavecchia.

Quant à Venise, il faut que les travaux y soient aussi considé­rables qu'en 1812, par le besoin de laisser de l'argent à Venise, mais j'approuve que rien ne soit mis à l'eau, en sorte que le travail soit réparti sur les quatre vaisseaux et les trois frégates en construction.

Il résulte donc de tout cela que mon intention est que les travaux de la Hollande et de Venise soient augmentés. Soumettez-moi actuel­lement le projet pour l'armement de la campagne prochaine, il faut garder les deux équipages danois et porter l'escadre de l'Escaut à dix-huit vaisseaux. Cette escadre fixe beaucoup l'attention de l'Angleterre. Les Américains verraient avec peine que nous en désarmions une partie; ils croient cette escadre en général armée de bons matelots, parce qu'ils y croient beaucoup d'hommes du Nord, dont ils font beaucoup plus de cas que des hommes du Midi.

Quant à Brest, Toulon et Cherbourg, il faut y armer le plus que l’on pourra.

Faites-moi un rapport sur les chaloupes canonnières dans le Zuiderzee, l'Escaut et la rade de Cherbourg, pour la défense de ces trois points importants. Ayez le moins de chaloupes canonnières pos­sible à Boulogne, mais le plus possible à Cherbourg, parce que cela concourt à la défense de la rade et donne des hommes disponibles pour tout.

Vous mettrez six vaisseaux de l'escadre de l'Escaut sous les ordres de deux contre-amiraux, et vous leur ferez connaître qu'ils doivent partir dans le courant du mois d'octobre pour remplir une mission, et que s'ils n'étaient pas sortis avant le mois de novembre, ces escadres devront hiverner à Flessingue.

Faites-moi connaître le nombre de vaisseaux à armer cette année sur l'Océan et la Méditerranée, ainsi que le supplément nécessaire à votre budget pour subvenir à cette augmentation de travaux. Je désire que rien ne puisse faire naître dans la marine l'opinion qu'elle est abandonnée, et les circonstances de mes finances ne sont pas telles qu'il faille que la marine s'en aperçoive d'aucune manière.

Il sera nécessaire de créer de nouveaux équipages ou d'augmenter l'effectif de ceux qui existent, afin d'employer la conscription de 1814.


Paris, 11 février 1813.

À Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.

Mon Fils, il y a à Magdeburg 500 gendarmes à cheval ; faites-les venir à Berlin, où ils seront utiles pour la police de cette grande ville.


Paris, 11 février 1813.

Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Hambourg.

Monsieur le Comte Lauriston, je reçois vos lettres d'Osnabrück des 6 et 7 février. Je vous ai mandé qu'il fallait que vos quatre divi­sions du corps d'observation de l'Elbe se réunissent sans délai à Magdeburg, et que vous vous occupassiez là sérieusement de tout ce qui est relatif à l'organisation de ces quatre divisions, en mettant dans toutes les places d'officiers vacantes les officiers qui arrivent à Magdeburg, en renvoyant les mauvais officiers et en les remplaçant par de bons ; en faisant faire tous les jours l'exercice à feu à ces régi­ments et en les faisant tirer à la cible. Apprenez-leur surtout à former le bataillon carré, bataillon par bataillon, avec la plus grande promptitude, afin qu'ils soient en mesure contre la cavalerie.

Le ministre de l'administration de la guerre donne les ordres les plus positifs pour qu'on épuise les ressources du pays, afin de se procurer selles et habillements. Les cavaleries qui sont arrivées sur l'Elbe doivent avoir fourni des hommes.


Paris, 13 février 1813.

 

Au général comte Fontanelli, ministre de la guerre et de la marine du royaume d’Italie, à Milan.

Faites partir quatre canonnières ou bâtiments légers pour se rendre à Corfou et stationner dans le port ; ils aideront aux communications avec la France et à l'approvisionnement de la place.


Paris, 13 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, je vous envoie la formation que je crois devoir donner au 1er et au 2e corps d'observation du Rhin. Faites dresser les états de ces corps en conséquence.

Vous me ferez connaître l'époque précise où chaque régiment sera réuni à Mayence, et quand ces corps auront leur artillerie, leurs sapeurs et leurs officiers du génie. Vous y mettrez tous les généraux de division et de brigade et les adjudants commandants.

 

FORMATION DU 1er CORPS D'OBSERVATION DU RHIN.

1e division. — Général Souham : 2 bataillons du 6e régiment provisoire, 2 du 10e 2 du 14e 2 du 17e 2 du 21e 2 du 24e 4 du 22e de ligne; total, 16 bataillons.

2e division. — Général Girard ou général Ricard (le premier ar­rivé) : 2 bataillons du 2e régiment provisoire, 2 du 29e léger, 4 du 145e de ligue, 4 du 136e 4 du 138e ; total, 16 bataillons.

3e division. — Général Brenier : 2 bataillons du 4e régiment pro­visoire, 4 du 139e de ligne, 4 du 140e, 4 du 141e; total, 14 ba­taillons.

4e division. — Général Dubreton, général Ricard ou général Gi­rard : 2 bataillons du 96 léger, 4 du 142e de ligne, 4 du 144e, 2 du 18e régiment provisoire, 2 du 19e; total, 14 bataillons.

Récapitulation : 1e division, 16 bataillons; 2e division, 16 ; 3e di­vision, 14; 4e division, 14; total, 60 bataillons.

 

FORMATION DU 2e CORPS D'OBSERVATION DU RHIN.

1e division. — Général Compans : 2 bataillons du 20e provisoire, 2 du 25e, 2 du 32e léger, 10 bataillons de la marine; total, 16 ba­taillons.

2e division. — Général Bonet : 4 bataillons du 37e léger, 10 ba­taillons de la marine; total, 14 bataillons.

3e division. — Général Girard, général Dubreton, Ricard ou Friederichs : 2 bataillons du 11e provisoire, 2 du 13e, 2 du 16e, 2 du 23e léger, 2 du 44e de ligne, 2 du 121e; total, 12 bataillons.

4e division. — Général Dubreton, Ricard ou Friederichs : 2 ba­taillons du 15e de ligne, 2 du 36e 2 du 51e, 2 du 55e, 2 du 70e, 2 du 113e, 2 du 27e provisoire, 2 du 28e; total, 16 bataillons.

Récapitulation : 1e division, 16 bataillons; 2e division, 14; 3e di­vision, 12; 4e division, 16; total, 58 bataillons.


Paris, 13 février 1813.

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.

Mon Fils, je vous ai déjà fait connaître la nécessité de réunir dans votre main, indépendamment de la 35e division, dont vous ferez deux divisions, la 31e division; ce qui, avec la réserve que vous avez for­mée à Posen, vous portera à 40,000 hommes de troupes fraîches et disponibles et à une soixantaine de pièces de canon. Je fais réitérer les ordres au duc de Castiglione pour qu'il ne retienne pas, sous divers prétextes, ce qui appartient à la 31e division, et que tout vous soit envoyé.

Vous pouvez diriger les deux régiments westphaliens sur Stettin, en en donnant avis au Roi pour qu'il les fasse compléter sur ce point à 3,000 hommes ; ce qui, joint aux 1,600 hommes du régiment saxon Maximilien et aux 15 à 16,000 hommes auxquels va être porté le 1er corps, mettrait entre les mains du prince d'Eckmühl, à Stettin, 20,000 hommes, avec lesquels il garderait la Poméranie suédoise, les bouches de l'Oder, Stettin et la ligne de l'Oder jusqu'à Küstrin. En cas d'événement, je pense que la garnison de Stettin pourrait être portée à 6,000 hommes d'infanterie, à 500 hommes de cavalerie et à 5 ou 600 hommes d'artillerie, sans comprendre les hôpitaux. Réitérez les ordres pour que cette place soit parfaitement approvi­sionnée.

Le 2e corps, qui va recevoir 14 à 15,000 hommes, pourra très-bien tenir garnison à Küstrin, Spandau et Berlin, et avoir encore une division d'observation pour défendre l'Oder et vous appuyer.

Enfin le 4e corps, les Bavarois et quelques Saxons, s'il était né­cessaire, seront suffisants pour Glogau.

Je suppose donc qu'au 1er mars l'état des choses sera le suivant : votre corps d'observation à Posen ou sur l'Oder, fort des 31e, 35e et 36e divisions, plus de la réserve des 10,000 hommes de la Garde, des Bavarois, etc., que vous avez réunis. Je suppose que vous aurez aussi reçu, indépendamment du régiment italien, 1,000 hommes de la Garde et 3,000 du corps que doit commander le général Latour-Maubourg; ce qui vous fera 5 à 6,000 hommes de cavalerie.

Le prince d'Eckmühl sera à Stettin et commandera la Poméranie et la ligne de l'Oder jusqu'à Küstrin. Le 2e corps sera à Küstrin, Spandau et Berlin. L'un et l'antre pourraient avoir une division pour vous soutenir; ce qui, joint au corps du général Reynier, à celui du prince Poniatowski et à celui du prince Schwarzenberg, si celui-ci conserve ses communications avec vous, vous maintiendra dans une position raisonnable; d'autant plus qu'à cette époque le général Lauriston doit avoir sa 1e division à Brandenburg, sa 2e à Magdeburg, sa 3e à Brunswick et sa 4e à Halberstadt. Il faudra qu'il passe quelque temps dans cette position pour recevoir ses 100 pièces de canon, ses équipages et compléter son organisation. Je suppose que vous n'avez pas manqué d'envoyer bon nombre d'officiers à Magdeburg, comme je vous l’ai mandé, afin que le général Lauriston puisse les placer dans ses différents corps.


Enfin, à la même époque, le 1er corps d'observation du Rhin, fort de 60 bataillons, aura passé le Rhin et gagnera l'Elbe.

Je pense qu'indépendamment des magasins que j'ai ordonnés à Spandau et Küstrin il faut en ordonner un pareil à Stettin.

Il me semble que quant aux quatre divisions de Latour-Maubourg, il est bien entendu que leurs dépôts pourront se remonter sur l'Elbe ou ils sont, mais que tout ce qu'ils auront de disponible doit se rendre sur l'Oder, et que le général Latour y formera ses quatre di­visions. Cela ne devrait pas tarder à vous produire 3,000 chevaux : l'Oder et la Wartha allant dégeler, cela vous mettra en mesure de bien vous couvrir.

Il parait que les projets des coalisés seraient d'attaquer l’île de Rügen par une expédition de 6,000 Suédois, qui espéreraient s'y loger, tandis que les Suédois attaqueraient la Norvège. Donnez avis de cela au général Morand et au prince d'Eckmühl.


Paris, 13 février 1813.

 

Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Hambourg.

Monsieur le Comte Lauriston, je reçois votre lettre du 7 février. Je suis extrêmement mécontent de ce que les régiments de Hambourg ne sont pas encore organisés. Je ne puis que vous répéter ce que je vous ai déjà ordonné plusieurs fois : c'est de mettre en marche vos quatre divisions sur Magdeburg. Si, par le fait des bureaux de la guerre, les trois régiments composés des cohortes de Hambourg ne sont pas formés, dirigez les cohortes sur Magdeburg et vous les y formerez vous-même. Si on voulait garder toutes les côtes, pas une cohorte ne serait mise en marche. Je ne puis que vous réitérer l'ordre d'attirer toutes vos troupes sur Magdeburg, sans avoir aucun égard pour toutes les considérations secondaires. Avant que la saison per­mette à l'ennemi de faire quelques tentatives sur ces cotes, il y sera arrivé d'autres troupes.

J'ai donné ordre au duc de Valmy de faire filer votre 4e division.

Votre artillerie se met en mouvement de Metz et de Mayence dans ce mois-ci. Ainsi il est nécessaire que, dans le courant de mars, vous vous mettiez en mesure de marcher sur Berlin et d'aider au vice-roi.

Donnez des ordres partout; activez vos mouvements et concentrez toutes vos  troupes entre Brunswick, Magdeburg, Halberstadt  et Brandenburg.


Paris, 13 février 1813.

 

Au maréchal Kellermann, duc de Valmy, commandant supérieur des 5e, 25e et 26e divisions militaires, à Mayence.

Mon Cousin, je vous ai fait connaître mes intentions pour le corps d'observation de l'Elbe.

Le 1er corps d'observation du Rhin a déjà à Francfort sa 1e divi­sion, forte de 16 bataillons. Il faut réunir toute cette première divi­sion à Hanau ; la 2e et la 3e doivent se réunir à Francfort dans les premiers jours de mars.


Paris, 13 février 1813.

 

Au maréchal Kellermann, duc de Valmy, commandant supérieur des 5e, 25e et 26e divisions militaires, à Mayence.

Mon Cousin, je reçois votre lettre du 9 février. Je vous ai mandé qu'il fallait faire partir du grand-duché de Berg tout ce qui apparte­nait au corps d'observation de l'Elbe; ce corps d'observation se compose conformément à l'état ci-joint.

La 4e division, que commande le général Rochambeau, est com­posée, comme vous le verrez par cet état, du 135e qui arrive à Mayence le 18 février; du 149e, qui arrive le 14, et du 150e, qui arrive le 12. Il est convenable que, aussitôt que le 135e sera arrivé et formé, vous le fassiez partir pour Francfort, où vous réunirez également le 149e et le 150e. Je suppose que le général Rochambeau, l'adjudant commandant et les deux généraux de brigade s'y trouveront ; de sorte que, vers le 20 février, cette division puisse se mettre en mouvement de Francfort et se diriger sur Magdeburg. Faites-moi connaître quelle est la situation de cette division.

 

État du corps d’observation de l’Elbe.

1e division, général Maison : 151e, 152e et 153e de ligne. Cette division se réunira à Magdeburg.


2e division, général Puthod : 146e, 147e et 148e de ligne. Cette division doit se rendre à Magdeburg.

3e division, général Lagrange : 134e de ligne, 3e étranger, 154e et 155e de ligne. Cette division doit se réunir à Magdeburg.

4e division, général Rochambeau : 135e, 149e et 150e de ligne. Cette division doit se réunir à Francfort.


Palais des Tuileries, 14 février 1813.

 

DISCOURS DE L'EMPEREUR, A L'OUVERTURE DU CORPS LÉGISLATIF.

Messieurs les Députés des départements au Corps législatif, la guerre rallumée dans le nord de l'Europe offrait une occasion favorable aux projets des Anglais sur la péninsule. Ils ont fait de grands efforts : toutes leurs espérances ont été déçues. Leur armée a échoué devant la citadelle de Burgos, et a dû, après avoir essuyé de grandes pertes, évacuer le territoire de toutes les Espagnes.

Je suis moi-même entré en Russie. Les armes françaises ont été constamment victorieuses aux champs d'Ostrovno, de Polotsk, de Mohilef, de Smolensk, de la Moskova, de Malo-Yaroslavetz. Nulle part les armées russes n'ont pu tenir devant nos aigles : Moscou est tombé en notre pouvoir.

Lorsque les barrières de la Russie ont été forcées et que l'impuis­sance de ses armes a été reconnue, un essaim de Tartares ont tourné leurs mains parricides contre les plus belles provinces de ce vaste empire, qu'ils avaient été appelés à défendre. Ils ont en peu de se­maines, malgré les larmes et le désespoir des infortunés Moscovites, incendié plus de quatre mille de leurs plus beaux villages, plus de cinquante de leurs plus belles villes, assouvissant ainsi leur ancienne haine, et sous le prétexte de retarder notre marche en nous environ­nant d'un désert. Nous avons triomphé de tous ces obstacles ; l'incen­die même de Moscou, où, en quatre jours, ils ont anéanti le fruit des travaux et des épargnes de quarante générations, n'avait rien changé à l'état prospère de mes affaires. Mais la rigueur excessive et préma­turée de l'hiver a fait peser sur mon armée une affreuse calamité. En peu de nuits, j'ai vu tout changer. J'ai fait de grandes pertes; elles auraient brisé mon âme si, dans ces grandes circonstances, j'avais dû être accessible à d'autres sentiments qu'à l'intérêt, à la gloire et à l'avenir de mes peuples.

A la vue des maux qui ont pesé sur nous, la joie de l'Angleterre a été grande, ses espérances n'ont pas eu de bornes. Elle offrait nos plus belles provinces pour récompense à la trahison ; elle mettait pour condition à la paix le déchirement de ce bel empire : c'était sous d'autres termes proclamer la guerre perpétuelle.

L'énergie de mes peuples, dans ces grandes circonstances, leur attachement à l'intégrité de l'Empire, l'amour qu'ils m'ont montré, ont dissipé toutes ces chimères et ramené nos ennemis à un sentiment plus juste des choses.

Les malheurs qu'a produits la rigueur des frimas ont fait ressortir, dans toute leur étendue la grandeur et la solidité de cet Empire, fondé sur les efforts et l'amour de 50 millions de citoyens, et sur les ressources territoriales des plus belles contrées du monde.

C'est avec une vive satisfaction que nous avons vu nos peuples du royaume d'Italie, ceux de l'ancienne Hollande et des départements réunis, rivaliser avec les anciens Français, et sentir qu'il n'y a pour eux d'espérance, d'avenir et de bien que dans la consolidation et le triomphe du grand Empire.

Les agents de l'Angleterre propagent chez tous nos voisins l'esprit de révolte contre les souverains. L'Angleterre voudrait voir le continent entier en proie à la guerre civile et à toutes les fureurs de l'anar­chie; mais la Providence l'a elle-même désignée pour être la première victime de l'anarchie et de la guerre civile.

J'ai signé directement avec le Pape un concordat qui termine tous les différends qui s'étaient malheureusement élevés dans l'Église. La dynastie française règne et régnera en Espagne. Je suis satisfait de la conduite de mes alliés ; je n'en abandonnerai aucun ; je maintiendrai l'intégrité de leurs États. Les Russes rentreront dans leur affreux climat.

Je désire la paix ; elle est nécessaire au monde. Quatre fois depuis la rupture qui a suivi le traité d'Amiens, je l'ai proposée dans des démarches solennelles. Je ne ferai jamais qu'une paix honorable et conforme aux intérêts et à la grandeur de mon Empire. Ma politique n'est point mystérieuse; j'ai fait connaître les sacrifices que je pou­vais faire.

Tant que cette guerre maritime durera, mes peuples doivent se tenir prêts ù toute espèce de sacrifices; car une mauvaise paix nous ferait tout perdre, jusqu'à l’espérance, et tout serait compromis, même la prospérité de nos neveux.

L'Amérique a recouru aux armes pour faire respecter, la souve­raineté de son pavillon. Les vœux du monde l'accompagnent dans cette glorieuse lutte. Si elle la termine en obligeant les ennemis du continent à reconnaître le principe que le pavillon couvre la marchan­dise et l'équipage, et que les neutres ne doivent pas être soumis à des blocus sur le papier, le tout conformément aux stipulations du traité d'Utrecht, l’Amérique aura mérité de tous les peuples. La postérité dira que l'ancien monde avait perdu ses droits et que le nouveau les a reconquis.

Mon ministre de l'intérieur vous fera connaître, dans l'exposé de la situation de l'Empire, l'état prospère de l'agriculture, des manu­factures et de notre commerce intérieur, ainsi que l'accroissement toujours constant de notre population. Dans aucun siècle, l'agricul­ture et les manufactures n'ont été en France à un plus haut degré de prospérité.

J'ai besoin de grandes ressources pour faire face à toutes les dépenses qu'exigent les circonstances; mais, moyennant différentes mesures que vous proposera mon ministre des finances e je ne devrai imposer aucune nouvelle charge à mes peuples.

Extrait du Moniteur du 15 février 1813.


Paris, 14  février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je vois avec peine qu'on ne cherche pas au ministère à se conformer à mes intentions. Je ne suis pas content du rapport du bureau de l'artillerie.

Je veux, parce que c'est conforme aux principes de l'artillerie, que toutes les batteries sortent de France organisées, c'est-à-dire qu'une batterie de huit pièces de canon parte avec ses affûts, sa forge et au moins un approvisionnement complet. Les convois devant être de soixante voitures, vous pouvez réunir ainsi une ou deux batteries. Je désire également qu'il y ait dans chaque convoi six caissons d'infan­terie. En jetant un coup d'œil sur l'état, je ne vois pas l'exécution de mes ordres.

Peu m'importe de quelle manière ils partiront de Metz et de Stras­bourg, qui sont en France ; mais ce qui m'importe, c'est comment ils partiront de Mayence et de Wesel : le moindre mouvement que fasse la portion qui est partie, on ne se rejoint plus. C'est une faute que commet votre bureau que de ne pas faire sortir les batteries tout organisées.

Je ne vois pas pourquoi vous ne portez que soixante pièces au corps de l'Elbe; il me semble que c'est quatre-vingt-douze qu'il doit y avoir. Je vois par l'état que quarante-quatre pièces partent de Mayence et seize pièces ou deux batteries de Wesel. Les batteries de Wesel partent en règle, puisqu'il y a six pièces, deux obusiers, neuf caissons de 6 et quatre obusiers ; je n'ai donc rien à dire à ces deux convois ; faites-les partir le 25 ou le 26 février, plus tôt s'il est pos­sible, et dirigez-les sur Magdeburg. Mais les 1e, 2e et 4e convois qui partent de Metz sont inutiles, ainsi que celui de Strasbourg : que tout cela se rende à Mayence, et faites-les partir de Mayence : 1e convoi, une ou deux batteries de 6 ; après cela les batteries de réserve. Cela une fois parti en règle avec un simple approvisionnement, je ne vois pas d'inconvénient à ce que le doublé approvisionnement parte comme vous l'entendrez. Mais, par exemple, au convoi qui partirait de Mayence, je ne vois que douze caissons de 12; il a douze pièces, il faudrait trente-six caissons; je ne vois que quatre caissons pour quatre obusiers, il en faudrait douze.

Je ne vois pas non plus avec plaisir que vous commenciez à faire partir de Mayence les batteries de réserve ; j'aimerais mieux que vous fissiez partir celles de 6. Arrangez-moi donc cela en conséquence.

Ainsi, du 5 au 15 du mois de mars, les soixante bouches à feu seront arrivées à Magdeburg, ce qui est un véritable résultat; tout comme au 3 mars, quatre batteries à pied seront arrivées au 1er corps d'observation du Rhin.

Il faut actuellement organiser les 2e et 3e divisions du 1er corps d'observation du Rhin ; l'une et l'autre seront à Francfort vers le 15 mars. Si cela était possible, j'aimerais avoir pour le 15 mars tout le reste des batteries, avec un approvisionnement simple, s'il le fallait; le double approvisionnement suivrait.

Il me reste actuellement à connaître les moyens d'organiser quel­ques batteries à cheval pour ces corps et pour la cavalerie.

Faites-moi aussi connaître ce qui est relatif au corps d'observation d'Italie, et quand je pourrai compter que l'équipage pourra partir de Vérone.


Paris, 14 février 1813.

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Monsieur le Comte Decrès, je ne doute pas que votre budget de 171 millions ne soit exact. J'en retranche les 2 millions 146,000 francs pour l'armement des vaisseaux d'Anvers et le million 194,000 francs pour l'artillerie du même chapitre; ce qui fera une réduction de plus de 3 millions. Votre budget sera donc de 167 millions. Je préfère de beaucoup faire cette dépense et ne pas faire faire de pas rétrograde à la marine, soit en hommes, soit en matériel, soit en armement.

Je viens d'ôter à la marine 12,000 hommes; mais il me parait convenable de les remplacer sur la conscription de 1814; sans quoi ce serait une perte irréparable pour la marine.

Remettez donc au ministre des finances votre budget arrêté à 167 millions.

Diminuez sur tous les chapitres, de manière à ne faire qu'un pre­mier total de 160 millions, et à former des 7 autres millions un fonds de réserve, dont vous disposerez selon les circonstances, comme vous l'entendrez, et qui sera placé à votre budget. Donnez, moyennant ce, une grande activité aux travaux en Hollande; continuez la même activité à ceux de Venise, hormis qu'on ne mettra aucun vaisseau à l'eau, et augmentez mes escadres de l'Océan autant que possible.

J'aurai cette année des victoires et la paix, et, dès lors, je n'aurai rien à réformer sur la marine. Mais, si mes plans étaient déçus et que j'éprouvasse des revers, alors ce ne sont pas 10 millions, mais ce sont les 80,000 hommes qui se trouvent à bord des escadres qu'il faudrait utiliser pour la défense de l'État. Nous sommes encore fort loin d'en être là.

Je ne puis que vous recommander de nouveau de tenir tous mes vaisseaux en partance. Je désire même qu'il soit effectivement pris des dispositions pour faire croire à la partance d'une expédition de Toulon, pour que l'escadre de Brest se prépare à aller en croisière, et celle de l'Escaut à aller en Amérique, avec des armes et quelques troupes de passage. Je vous laisse le soin de choisir les moyens qui peuvent le mieux accréditer ces projets, d'y faire croire d'abord les commandants des escadres et ensuite chez l'ennemi : tout cela sera de véritables diversions.


Paris, 15 février 1813.

 

Au général Savary, duc de Rovigo, ministre de la police générale, à Paris.

Je vois avec peine un rapport du conseiller d'État Dubois, que vous m'envoyez. Moins la police parlera de l'affaire du 23 octobre (Affaire Malet.), mieux cela vaudra. Personne ne dessert le conseiller d'État Pasquier près de moi : en accusant les gens de faire des menées, on leur donne trop d'importance. Je désire que la police ne prenne plus cette marche avec moi, et surtout ne parle plus du 23, puisque j'ai bien voulu l'oublier.


Paris. 15 février 1813.

À Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Meseritz.

Mon Fils, je demandais depuis longtemps où était un escadron du grand-duché de Berg, fort de 221 hommes; j'apprends qu'il est à Brunswick. Cet escadron, qui est en bon état, vous serait plus utile à l'armée; faites-le venir sur l'Oder et joignez-le à la brigade de lanciers du 1e et du 3e de la Garde.

Je pense aussi que vous devez utiliser tout le corps de cavalerie du général Latour-Maubourg; en réunissant une compagnie par régiment, cela doit vous offrir au moins 3,000 hommes.

Le roi de Saxe me promet 7,000 hommes et 2,000 chevaux au 1e mars. Il serait bien important que cela joignît le contingent saxon; vous pourriez alors en ôter la division Durutte, que vous attacheriez à l'avant-garde. Si vous aviez ainsi la division Durutte, la 35e, la 36e et la 31e division, avec ce que vous avez réuni, cela serait un commencement d'armée. Les 8,000 Saxons maintien­draient le corps du général Reynier à 15,000 hommes.

Faites-moi connaître ce qu'a le général Poniatowski en cavalerie, infanterie, artillerie.

Réitérez l'ordre au général Schwarzenberg d'appuyer sur vous et de ne pas laisser couper ses communications avec vous.


Paris, 15 février 1813.

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Meseritz.

Mon Fils, je viens de voir avec la plus grande surprise les mar­chés qu'a passés l'intendant général Dumas. Aurait-il perdu la tête ? D'abord, il me fait payer 2 millions pour approvisionner les trois places de l'Oder. Indépendamment des prix excessifs qu'il accorde, il augmente les quantités nécessaires. Il paye l'avoine 30 sons le boisseau : c'est le double de ce que cela vaut; le blé, 16 francs, etc. Je ne peux pas et je n'entends pas jeter l'argent de cette manière ; il y a de la folie dans ces prix.

Les Prussiens doivent continuer à fournir pour le journalier; s'ils cessaient, il faudrait faire des réquisitions, et alors la Prusse nous mettrait dans le cas de prendre possession du pays.

Le général Dumas a passé aussi des marchés par lesquels il passe 3 francs par soldat aux hôpitaux. Vous sentez qu'il est impossible d'accoutumer les peuples de la Prusse à de pareilles aubaines; les finances d'aucun pays n'y pourraient suffire.


Paris, 16 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je réponds à votre lettre du 16 février (bureau de l'artillerie). J'y vois que l’artillerie du corps de l'Elbe et celle du 1er corps d'observa­tion du Rhin seront organisées et attelées. J'ai donné l'ordre que la Garde ait 300 chevaux et organise ses cent vingt pièces. Tout ce qui est relatif au corps d'observation d'Italie est en règle; il reste donc à pourvoir au 2e corps du Rhin.

Vous n'avez plus que 1,500 chevaux disponibles, et ils ne pour­ront emmener que 300 voitures; il faudrait donc encore 1,600 che­vaux pour compléter l'artillerie du 2e corps du Rhin. Je pense qu'il les faut acheter et que vous aurez suffisamment d'hommes du train pour les atteler, et dès lors les équipages du corps de l'Elbe, des deux corps d'observation du Rhin, du corps d'observation d'Italie et de la Garde impériale, ce qui fait cinq à six cents pièces de canon, sont assurés.

Reste actuellement à pourvoir à l'artillerie qui s'organise en Alle­magne. Vous avez en Allemagne, 1° 120 voitures que le corps de l'Elbe cédera et qui sont à Magdeburg; 2° le matériel qui existe au 11e corps ou corps d'avant-garde; 3° le matériel qui existe pour la Garde et pour les 1er, 2e et 4e corps; 4° enfin le matériel qu'on a déjà tiré des places de l'Oder et de Magdeburg, ce qu'on fait à Küstrin, et enfin ce qui reste à envoyer de France.

Il faut absolument renoncer à l'idée de mettre 1,200 chevaux de l'Elbe au Rhin ; cela nous a fort mal réussi l'année passée, et toutes ces vues d'économie ruinent le train. Il faut donc envoyer, par les transports militaires, sur Magdeburg. Mais la formation des convois, le jour où ils doivent partir et leur destination sont des objets de la plus haute importance, et dans les circonstances actuelles je ne puis pas laisser les routes d'Allemagne s'encombrer d'un matériel d'artil­lerie qui commence à me devenir fort précieux. Il faut donc faire préparer ces convois à Metz, Mayence, Strasbourg et Wesel; que vous me fassiez connaître à quelle époque tout cela sera prêt, et, enfin, que vous me remettiez sous les yeux les besoins réels.

L'artillerie du 11e corps ou avant-garde est de première nécessité. Le général Sorbier a raison d'organiser quelques batteries de la Garde à Berlin; mais, comme toute l'artillerie de la Garde doit partir de la Fère, organisée à cent vingt pièces, le général Sorbier pourra donner à l'armée ce matériel de Berlin. Mettez-moi sur une colonne les besoins de l'avant-garde, les besoins de l'artillerie légère de la cavalerie d'avant-garde. Faites-moi connaître ce qui existe en matériel au 11e corps à Berlin, et ce que vous avez déjà envoyé à Magde­burg. Je pense que cela doit être plus que suffisant pour le 11e corps et pour les quatre batteries à cheval des deux corps de cavalerie. Il reste donc à s'occuper des besoins des 1er, 2e et 4e corps. Faites-moi connaître le nécessaire pour ces trois corps, en le divisant par première moitié, seconde moitié. Alors seulement je pourrai déter­miner le jour où les transports militaires devront prendre les convois à Strasbourg et à Mayence, en spécifiant la route qu'ils doivent tenir et le jour où ils doivent arriver à Magdeburg. Quant au manque de fonds do général Sorbier, envoyez-lui-en.

Indépendamment de tous ces équipages d'artillerie, ne perdez pas de vue que j'ai besoin de réorganiser l'artillerie à cheval. Ainsi il me faut d'abord quatre batteries d'artillerie à cheval pour les corps com­posés des escadrons de l'armée d'Espagne; cela ne me fait encore, ce me semble, que douze batteries d'artillerie à cheval, et, comme je désire avoir, pour la prochaine campagne, un même nombre d'ar­tillerie à cheval que celui qui existait à l'ancienne armée, ce sera encore quelques batteries à réorganiser.

Je pense que la première moitié d'artillerie pour les 1er, 2e et 4e corps sera suffisante, car je ne veux pas que le 1er corps puisse avoir plus de trente bataillons bien complets et bien organisés cette année; ce qui ne fera que deux divisions au lieu de quatre, que je supposais. Il en est de même pour le 2e et pour le 4e corps. Cela doit faire une réduction considérable dans l'équipage.

Par ma lettre du 27 janvier, j'ai décidé que la Grande Armée aurait d'abord cent trente-huit bouches à feu, savoir : le 1er corps, quatre batteries à pied, quarante-six bouches à feu ; le 2e autant, le 4e autant. Je crois qu'on pourrait diminuer l'artillerie du 4e corps, et ne la porter qu'à vingt-deux pièces, au lieu de quarante-six ; ce qui ferait une réduction de vingt-quatre, et, au lieu de cent trente-huit, ne ferait plus que cent quatorze pièces, indépendamment du 11e corps, de Danzig et de la division Durutte.

J'avais supposé aussi que le 1er, le 2e et le 4e corps se double­raient; ce qui ferait encore cent trente-huit pièces que je prévois au­jourd'hui pouvoir ajourner à juillet. Ainsi, si le besoin d'en­voyer 1,000 voitures à la Grande Armée provient du calcul fait sur ces bouches à feu, demandées d'abord pour les 1er, 2e et 4e corps, comme il y en a 162 que l'on peut ajourner, ce serait 586 voitures, c'est-à-dire ce que vous proposez d'envoyer à la Grande Armée, qu'on pourrait ajourner. Mais un état général de l'artillerie me devient actuellement nécessaire; réunissez tous les éléments et mettez-les-moi sous les yeux.


Paris, 16 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Il résulte de votre rapport qu'il n'y a que 400,000 kilogrammes de poudre dans les quatre places de l'Oder, y compris Magdeburg. Il y en aurait donc 56,000 à Stettin, plus 25,000 qui ont été expédiés de Magdeburg; total, 81,000 à Stettin; ce qui serait peu de chose. Il y en aurait 65,000 à Küstrin, ce qui n'est pas suffisant, et 61,000 à Glogau.

Je pense qu'il faudrait diriger 200,000 kilogrammes sur Magde­burg, et faire partir sur-le-champ 100,000 kilogrammes pour les places de l'Oder. Faites-moi un projet de répartition de ces 100,000 kilogrammes, selon l'urgence des besoins. Comprenez aussi dans cette répartition Spandau.

Faites-moi connaître le nécessaire, l'existant et le manquant dans chacune de ces places ; ce travail me paraît très-pressé.


Paris, 16 février 1813.

Au comte Mollien, ministre du trésor public, à Paris

Monsieur le Comte Mollien, le budget de la Grande Armée pour 1812 était de 60 millions pour le ministère de la guerre, et de 27 millions pour le ministère de l'administration de la guerre, total 87 millions. Je suis fondé à penser qu'il y a eu là-dessus une économie de 45 mil­lions, desquels il faut ôter la perte du trésor de 10 millions; il resterait donc une économie de 30 à 35 millions en faveur du budget de l'État. Il est urgent d'avoir sur cela des renseignements positifs. Le comte Daru en a quelques-uns, qu'il faudrait qu'il vous communi­quât, parce qu'il y a des choses qu'il est nécessaire que vous sachiez. Il me tarde de voir arriver à Paris le payeur de l'armée, afin de régler tout ce qui regarde l'année 1812.


Paris, 17 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, faites connaître au prince de la Moskova qu'il commande le 1er corps d'observation du Rhin; qu'il ait, en conséquence, à réunir son état-major à Francfort-sur-le-Main, sans cependant faire revenir rien de ce qu'il aurait laissé à la Grande Armée. Faites-lui connaître l'organisation de son corps d'armée, et travaillez avec lui pour former son état-major; qu'il choisisse un bon chef d'état-major. Il sera nécessaire que le prince soit de sa per­sonne rendu à Francfort vers le 10 mars.

Le duc de Raguse commandera le 2e corps d'observation du Rhin. Faites-lui connaître également l'organisation de son corps, et tra­vaillez avec lui pour organiser son état-major. Qu'il dirige tous ses équipages et son administration sur Francfort, où il sera nécessaire qu'il soit rendu du 15 au 20 mars.

Ainsi les quatre corps d'observation seront sous le commande­ment, celui de l'Elbe, du général Lauriston; ceux du Rhin, le 1er sous le prince de la Moskova, le 2e sous le duc de Raguse, et le corps d'Italie, sous le général Bertrand.

Présentez-moi un officier pour commander dans les provinces illyriennes.

J'ai bien besoin aussi d'avoir toute l'organisation de ces deux corps, tant les états-majors que les divisions, avec l'époque où tout cela sera réuni, avec tout ce qui dépend du génie et de l'artillerie.


Paris, 17 février 1813.

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris.

Monsieur le Comte de Cessac, mon intention est que chaque divi­sion des corps d'observation ait six caissons d'ambulance ; que ces six caissons soient chargés au moins de six milliers et qu'ils portent de la charpie, des bandages, etc., pour panser au moins 3,000 bles­sures. Il faut ensuite organiser à Magdeburg des réserves d'ambulance. Faites-moi un projet général de service pour les quatre corps d'obser­vation et pour les 1er, 2e, 4e et 11e corps de la Grande Armée.


Paris. 17 février 1813.


DÉCISION.

Le ministre des finances demande à Sa Majesté a l'Empereur que le personnel des équipages du trésor aux armées soit formé parmi les conscrits de nouvelle levée.

Sa Majesté a refusé d'accorder des conscrits   même pour ses propres équipages.


Paris, 18 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, les 200 sous-lieutenants de Saint-Cyr qui ont été envoyés aux vingt-deux régiments de cohortes ne doivent pas empêcher d'utiliser les 100 caporaux que j'ai envoyés pour être sous-lieutenants. Ces 100 caporaux, ayant tous au moins dix années de service, ont ce que n'ont pas ces jeunes gens, et ce mélange sera fort avantageux au service.

Quant aux troupes de la marine, il faut y envoyer des sous-lieu­tenants de Saint-Cyr; ce corps, qui est composé de vieux soldats, tous instruits, a besoin de jeunes officiers, et non de vieux caporaux.


Paris, 18 février 1813.

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris

Tous les régiments qui sont à Magdeburg, formés des cohortes, manquent d'effets de campement. Il est urgent de leur en procurer, ainsi qu'aux deux corps d'observation du Rhin et au corps d'Italie.


Paris, 18 février 1813.

NOTE POUR M. BARBIER, BIBLIOTHÉCAIRE   DE   L’EMPEREUR,  A   PARIS.

Je n'ai pas besoin qu'on forme une nouvelle bibliothèque de voyage; il faut seulement préparer quatre caisses pour des in-12 et deux pour des in-18. Quelque temps avant mon départ, on me remettra la liste des livres de ce format que j'ai dans ma biblio­thèque, et je désignerai les volumes qu'il faudra mettre dans les caisses.

Ces volumes seront successivement échangés contre d'autres de ma bibliothèque, et le tout sans qu'il soit nécessaire de faire de nou­velles dépenses.


Paris, 20 février 1813.

 

Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.

Monsieur le Comte Lauriston, le vice-roi a porté son quartier général sur l'Oder. Je suis bien fâché du retard que les corps apparte­nant à la 31e division ont mis à partir de Magdeburg, car il est bien nécessaire que le vice-roi ait dans la main cette 31e division. Il me tarde aussi que vous ayez une division à Brandenburg. Je pense qu'il ne faudrait pas réunir à Brandenburg la division qui est formée des régiments hollandais ; c'est une division composée de régiments français qu'il faut y mettre. Il faudra que cette division ait son artil­lerie aussitôt que possible.

Lorsque, sans désorganiser les corps et sans former de régiments provisoires, mais en réunissant en entier des escadrons de 200 hom­mes ou des compagnies de 100 hommes d'un même régiment, vous pourrez réunir quelque cavalerie, il serait bien important de le faire, et d'avoir ainsi 2,000 hommes de cavalerie à Brandenburg avec cette division.

Réunissez la division westphalienne à Havelberg : elle sera là à portée de Berlin, de Stettin et de Hambourg. Je crois que le Roi a déjà deux régiments prêts pour cette division. Le 9e régiment est depuis longtemps à Magdeburg. Si vous pouvez réunir sur ce point les trois régiments westphaliens et 1,000 chevaux westphaliens avec une batterie de canon , ce serait une chose utile.


Paris, 20 février 1813.

 

Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.

Monsieur le Général Lauriston, vous trouverez à Magdeburg beau­coup d'officiers d'état-major, beaucoup d'officiers supérieurs d'artil­lerie, beaucoup d'officiers généraux qui n'ont pas d'emploi. Vous pouvez en prendre le nombre nécessaire pour compléter foutes vos divisions à raison de deux généraux de brigade, d'un adjudant com­mandant et de plusieurs adjoints. Vous correspondrez à cet effet avec le vice-roi. Vous pouvez prendre aussi ce qui vous manquerait d'officiers et d'employés d'administration dans ce qui reste de celle de l'armée.

J'ai accordé à chaque régiment formé de cohortes : 1° 16 francs par homme, provenant de ce qui avait été retenu sur la masse de linge et chaussures; 2° une paire de souliers en gratification; 3° 20,000 francs par régiment. Vous pouvez le leur faire connaître, faire délivrer leur paire de souliers par homme, à raison de 2,500 pai­res par régiment; leur donner des à-compte sur les 20,000 francs, pour qu'ils se fournissent de toutes les petites choses dont ils peuvent avoir besoin, et faire payer aux soldats des à-compte sur les 16 francs, pour qu'ils puissent acheter une autre paire de souliers, de manière à en avoir trois paires assurées, et compléter leur sac. Il est néces­saire qu'ils aient toutes leurs garnitures en cuivre, avec le numéro de leur régiment, les distinctions de voltigeurs et de grenadiers, et enfin tout ce qui peut leur donner l'air de vieilles troupes.

L'artillerie part de Wesel et de Mayence. À la fin de mars, j'espère que vous aurez vos quatre-vingt-douze pièces.


Paris, 20 février 1813.

A FRÉDÉRIC, ROI DE WURTEMBERG, à Stuttgart.

Monsieur mon. Frère, la lettre de Votre Majesté, en date du 8 de ce mois, m'a été remise par son ministre d'État et du cabinet, le comte de Zeppelin. Je l'ai lue avec plaisir. Ce qu'elle exprime porte avec soi la conviction et n'a pu que me confirmer dans l'opinion que j'ai toujours conçue de la personne de Votre Majesté. Elle peut être certaine que mes dispositions envers elle et sa maison seront toujours les mêmes. Je m'en rapporte à ce que j'ai dit au comte de Zeppelin sur ce qui a motivé son voyage. Votre Majesté doit être persuadée de ce qu'il lui dira de ma part, surtout lorsqu'il lui parlera de mon estime et de mes sentiments pour elle.


 

Paris, 21 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Les deux propositions que je lis dans votre rapport du 17 février, 1° de recruter la gendarmerie avec des hommes tirés des régiments formés des cohortes ; 2° de fournir à la gendarmerie des chevaux requis dans les départements, sont également inconvenantes, et je ne conçois pas comment vous pouvez les avoir admises. C'est, au contraire, de la gendarmerie que je veux tirer tout ce qui est néces­saire pour l'armée. Quant au recrutement de la gendarmerie, il faut donner une nouvelle activité à l'instruction des élèves-gendarmes.


Paris, 21 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je vois, par l'état des poudres, qu'il n'y a à Mayence que 74,000 kilogrammes de poudre. Donnez l'ordre qu'il soit dirigé de l'intérieur 100,000 kilogrammes de poudre, afin qu'il y ait toujours dans une place comme Mayence 3 à 400,000 kilogrammes de poudre.

Je vois qu'il y a à Strasbourg 172,000 kilogrammes de poudre et 224,000 kilogrammes à Wesel. Faites diriger des points de l'intérieur des poudres, de manière à compléter à 400,000 kilogrammes ce qu'il y a dans chacune de ces places.


Paris, 21 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je ne sais ce que c'est que le colonel Wittenburg dont vous me parlez dans votre lettre du 19. Gardez-vous bien de le laisser venir à Paris.

Aucun prisonnier russe ne doit être dans des places comme Metz, Mayence, Strasbourg ou Wesel; il faut les placer dans de petites villes, hors des communications, et non dans une place comme Mayence, où ils seraient à même d'observer tous les mouvements qu'on ferait en France.


Paris, 21 février 1813.

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris

Monsieur le Comte de Cessac, le duc de Valmy m'écrit qu'il n'y a pas de baudriers pour sabres à Mayence pour en donner aux grenadiers des régiments formés des cohortes; qu'il n'y a ni marmites, ni bidons, ni souliers, ni chemises, et que le peu de souliers qu'il y avait à Wesel étaient extrêmement mauvais.


Paris, 21 février 1813.

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris

Monsieur le Comte de Cessac, je reçois votre rapport du 21 février. J'approuve que vous baissiez d'un pouce, et seulement pour les départements qui vous l'ont demandé, la taille des chevaux prove­nant de la réquisition des 15,000. J'approuve également que vous acceptiez des chevaux qui n'auraient que soixante mois aux prochaines herbes; enfin vous pouvez accepter des juments dans une plus grande proportion.


Paris, 21 février 1813.

Au prince Camille Borghèse, gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin.

Mon Cousin, je désire que vous ne perdiez point de vue la forma­tion du 13e régiment de hussards. Faites-moi connaître ce que produiront les dons volontaires et quand les officiers arriveront. Avez-vous fait confectionner des selles et les objets d'habillement nécessaires ? Quand pensez-vous que ce régiment sera prêt à servir ?


Paris, 23 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, je reçois votre lettre du 21 février. Le travail du bureau du mouvement des troupes est trop abandonné, et je suis obligé d'entrer moi-même dans les détails. Il est ridicule de faire partir des compagnies d'Amsterdam pour Maëstricht, pour les faire revenir ensuite de Maëstricht à Utrecht. Il faut à la tête de ce bureau du mouvement quelqu'un qui connaisse la géographie et qui cherche les moyens de ne pas faire faire de faux mouvements aux troupes. Je vais donc moi-même faire le détail du mouvement des bataillons de marche du corps d'observation de l'Elbe. Vous ferez demain passer la revue des quatre compagnies du 135e par le comte Lobau ; vous les ferez compléter à 400 hommes, et partir après-demain pour Utrecht.

Donnez ordre que la 1e compagnie du 5e bataillon du 146e, qui est à Amsterdam, se rende à Utrecht; que la 2e, qui est à Maëstricht et que vous ferez compléter par la 3e, se rende à Utrecht, et que la 4e, qui est à Amsterdam, se rende également à Utrecht. Ces trois compagnies peuvent arriver sans délai à Utrecht, et par ce moyen ce bataillon sera formé le plus tôt possible. Les dépôts des 1e, 2e et 4e compagnies se rendront à Maëstricht, où, réunis à celui de la 3e compagnie, ils formeront le fonds du dépôt de ce bataillon.

Donnez ordre que les quatre compagnies du 148e, qui sont à Bruxelles, partent le 25 de Bruxelles, complétées chacune à 140 hom­mes, et se rendent sans délai à Utrecht, où elles devront être rendues dans les premiers jours de mars.

Donnez ordre que la 2e compagnie du 147e, qui est à Bruxelles, la 3e, qui est à Maëstricht, et la 1e, qui est à Metz, se mettent en marche sans délai sur Utrecht. Tout ce qui appartient aux dépôts de ces compagnies se rendra à Metz pour y former le fonds du dépôt da bataillon. Vous sentez qu'il serait ridicule que la 2e compagnie, qui est à Bruxelles, se rendit à Metz, pour de là aller à Utrecht.

Donnez ordre que le 25 de ce mois partent de Tours la 1e et la 2e compagnie du 150e et de Mayence la 3e complétée avec ce qu'il y a de disponible dans la 4e, et que tout cela se rende à Utrecht le plus tôt possible.

Enfin donnez le même ordre dans ce sens à toutes les autres compagnies. Que toutes se mettent en route le plus tôt possible, et que toutes les compagnies se réunissent à Utrecht, où se formeront les bataillons. Par ce moyen, vous gagnerez beaucoup de marches et beaucoup de temps, et dans les premiers jours de mars ces bataillons seront formés.

Je vous renvoie votre travail pour que vous fassiez faire un nouvel état rectifié de ce mouvement, et je termine en vous faisant connaître que la guerre n'a pas de partie plus importante à suivre que le mou­vement des troupes.

Indépendamment du bureau qui rédige, il faut, comme pour l'ar­tillerie, un bureau qui pense. Tous les jours on me fait, comme dans ce rapport, des propositions qui font le plus grand mal et qui m'obligent à des détails fatigants.


Paris, 23 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, remettez au général Lucotte copie de vos derniers ordres au roi d'Espagne. Redites-lui, de nouveau, qu'il est indispensable que son quartier général soit porté à Valladolid ; qu'il rétablisse la tranquillité dans la Navarre et dans l'Aragon; qu'il n'occupe Madrid que par un corps volant; qu'il est important de mettre sur Madrid et sur Tolède de fortes contributions, et de les faire payer; que tous les hôpitaux doivent être à Valladolid, Burgos, Vitoria, Tolosa, Pampelune; qu'enfin il occupe Salamanque et Léon, et fasse préparer un équipage de siège à Burgos, pour menacer Ciudad-Rodrigo et faire craindre une invasion de sa part en Portugal.

Dites-lui qu'il doit prendre des mesures pour recevoir deux fois par semaine le courrier de Bayonne; qu'à cet effet les courriers, escortés par des patrouilles d'infanterie, doivent aller de Bayonne à Valladolid, en faisant au moins une lieue par heure sans discontinuer.


Paris, 23 février 1813.

 

Au général Duroc, duc de Frioul, grand-maréchal du palais, à Paris

Je vois, par l'état de situation que vous m'avez remis, que le complet du 2e régiment de chevau-légers est de 2,016 hommes. Il en avait au 1er février 1,141, il manquait donc 875 hommes; mais il n'attendait plus que 539 hommes; le déficit n'était donc plus que de 336 hommes. Je viens, par mon décret de ce jour, d'augmenter ce régiment de 500 hommes ; mais l'escadron de Paris, qui y est incorporé, lui apporte 250 hommes; il lui manquera donc encore, d'une part, 250 hommes, et, de l'autre, 336 hommes; total, 586 hommes.

Quant aux chevaux de ce régiment, le complet est de 2,012. Il en a 1,276; il en manque donc 736. Ce régiment doit en recevoir 290 de remonte et 413 provenant des offres des départements; total, 703; le manque au complet n'est donc plus que 33. J'ai ajouté 500 chevaux, par mon décret de ce jour, à l'effectif de ce régiment ; mais l'escadron de Paris lui donne 250 chevaux ; ainsi il manque encore, d'une part, 250 chevaux, et, de l'autre, 33; total, 283 chevaux. En résume, le déficit de ce régiment est donc de 586 hommes et de 283 chevaux.

Chasseurs à cheval. — Il manquait au régiment de chasseurs à cheval 725 hommes pour le compléter. Il en attend encore 286, provenant de l'appel fait aux différents régiments, et 1,400, prove­nant des offres faites par différents départements; total, 1,686; il a donc 961 hommes de trop. Ne pourrait-on pas prélever sur cet excé­dant les 586 hommes qui manquent au 2e régiment de chevau-légers ?

Quant aux chevaux, il manque 844 chevaux au régiment de chasseurs à cheval; mais 196 sont attendus des remontes et 1,400 des offres des départements; il y a donc 1,600 chevaux à recevoir, c'est-à-dire 800 chevaux de plus qu'il ne faudrait. On pourrait donc en donner 283 au 2e régiment de chevau-légers; il en resterait encore bien plus qu'il ne faut.

Mameluks. — II manque 164 hommes au complet des Mameluks; mais ils en doivent recevoir 200, ce qui fait compensation.


Dragons. — Il manque 563 hommes au complet des dragons ; ils en doivent recevoir 438; le déficit sera donc encore 125. Quant aux chevaux, il manque au complet 800 chevaux; 283 sont attendus des remontes et 299 sont à provenir des offres des départements ; ce qui fera 582 chevaux; ainsi il manquera encore au complet 218 chevaux.

Grenadiers à cheval. — 617 hommes manquent au complet, 447 sont à recevoir; le déficit sera donc d'environ 200 hommes. Il manque 684 chevaux ; 320 doivent arriver des remontes, 360 des offres des départements ; ce qui fait 680 chevaux, c'est-à-dire compensation.

Gendarmerie d'élite. — II manque 198 hommes au complet de ce corps; mais 229 sont à arriver, cela fait balance; il manque 124 chevaux, mais il doit recevoir 120 chevaux, cela fait encore balance.

Il résulte de cet aperçu que les chasseurs ont plus d'hommes et de chevaux qu'il ne leur en faut, mais qu'il en manque aux chevau-légers, aux dragons et aux grenadiers à cheval. Présentez-moi un projet de décret pour pourvoir à ce déficit. Faites-moi connaître aussi si dans ces calculs sont compris les 760 chevaux qui doivent être livrés au-delà du Rhin.

D'après le total de votre état, il manque au complet 3,142 hommes. Vous en avez 1,400 à recevoir sur le recrutement et 2,100 à re­cevoir sur les offres des départements, ce qui fait 3,500 hommes à recevoir; vous avez donc plus d'hommes qu'il ne faut.

Quant aux chevaux, au total, il en manque 3,300 : vous en avez 1,200 à recevoir des remontes et 2,600 à recevoir des offres des départements; total, 3,800; ce qui fait aussi plus de chevaux qu'on n'en a besoin.   ,

1er et 3e régiments de chevau-légers. — Quant à ces deux régiments, je désire que tous les officiers soient conservés et qu'on les complète en escadrons.

Si je portais à dix escadrons, c'est-à-dire à 2,500 hommes, mon régiment de chasseurs à cheval, ce régiment ne pourrait plus rien céder aux autres corps ; il me resterait alors à pourvoir au déficit des chevau-légers, qui est de 586 hommes ; au déficit des dragons, qui est de 125, et au déficit de la grosse cavalerie, qui est de 200; total du déficit auquel il restera à pourvoir, 911 hommes.

J'aurai alors dix escadrons de lanciers, 2,500 hommes; dix de chasseurs, 2,500; six de dragons, 1,500; six de grenadiers, 1,500, et enfin deux de gendarmerie d'élite, 500 ; total, trente-quatre esca­drons faisant 8,500 hommes, indépendamment des deux régiments de lanciers polonais ; ce qui portera à 10,000 hommes la cavalerie de la Garde.


Les 900 hommes qui manquent au complet pourraient être facile­ment fournis par les 10,000 hommes d'infanterie de la Garde; ce qui rendrait le complètement des grenadiers, dragons et chevau-légers indépendant de 1 arrivée des 1,400 hommes destinés aux chasseurs.


Paris. 23 février 1813.

 

NOTE DICTÉE AU GRAND MARÉCHAL DU PALAIS.

Mon intention est de prendre pour mes équipages une tout autre marche que la campagne passée. Je veux avoir beaucoup moins de monde, moins de cuisiniers, moins de vaisselle, aucun grand néces­saire, et cela autant pour donner l'exemple que pour diminuer les embarras. En campagne et en marche, les tables, même la mienne, seront servies avec une soupe, un bouilli, un rôti et des légumes; point de dessert. Dans les grandes villes, on fera comme on voudra.

Me remettre l'état de ce que j'avais à la dernière campagne et de ce que l'oo propose pour celle-ci.

Je ne veux point emmener de pages, ils ne me servent de rien; peut-être emmènerai-je ceux de la vénerie qui ont vingt-quatre ans et, étant accoutumés à la fatigue, peuvent être utiles.

Diminuez également le nombre des cantines ; au lieu de quatre lits, n'en avoir que deux; au lieu de quatre tentes, n'en avoir que deux, et les meubles en proportion.


Paris, 24 février 1813.

 

Au baron de La Bouillerie, trésorier général de la couronne et du domaine extraordinaire, à Paris

Je désire que vous remettiez au général Maison une somme de 120,000 francs en bons de la caisse d'amortissement. Je lui accorde cette somme pour lui faciliter le remboursement d'une pareille somme qu'il doit à la caisse d'amortissement pour les biens qu'il a acquis sur la rive gauche du Rhin. Voyez le comte Bérenger pour savoir s'il en est ainsi. Vous donnerez les bons au général Maison.


Paris, 24 février 1813.

 

Au baron de La Bouillerie, trésorier général de la couronne et du domaine extraordinaire, à Paris

Faites donner 25,000 francs au baron Flahault, mon aide de camp, pour se monter et s'équiper. Vous imputerez cette somme sur le chapitre des gratifications de 1813.


Paris, 25 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je reçois votre rapport du 23 février (bureau de l'artillerie). J'approuve que vous portiez vos commandes de poudre au maximum de tout ce que peuvent fournir nos fabriques.

Vous lirez de Béfort 20,000 kilogrammes de poudre, de sorte qu'il n'en resterait plus que 11,000 kilogrammes; il vaudrait mieux n'en tirer que 10,000 et prendre les 10,000 autres à Auxonne. Il n'y a à Besançon que 4,000 kilogrammes; cette situation est intolérable. Faites partir d'Auxonne 10,000 kilogrammes pour Besançon ; ce qui fera dans cette dernière place 14,000 kilogrammes. Je vois avec peine qu'il ne vous restera à Metz que 90,000 kilogram­mes de poudre; il en faudrait toujours 400,000 dans cette place; tirez-en 400,000 de nos fabriques. Il en faudrait également avoir toujours au moins 100,000 kilogrammes à Besançon; tirez ce qui manque des fabriques d'Auxonne et de Dijon. Vous n'avez que 5,000 kilogrammes à Venloo; cela est encore intolérable; il en faut au moins 30,000 kilogrammes. D'après votre état, il ne restera à Maëstricht que 60,000 kilogrammes, que 40,000 kilogrammes à Juliers, que 20,000 à Charlemont; tout cela est bien peu de chose. Je pense donc que vous devez diriger de la Hollande, de la Flandre française et des fabriques un supplément de pondre sur cette fron­tière, de manière que Venloo, Maëstricht, Juliers, Charlemont et Grave se trouvent avoir un approvisionnement raisonnable et qu'il y ait, en outre, un grand dépôt de poudre à Metz.


Paris, 26 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, il est nécessaire de poser les bases de l'organisation de la cavalerie, pendant la campagne de 1813, à l'ar­mée d'Allemagne.

Cuirassiers. — II y aura quinze régiments de cuirassiers ou carabiniers, lesquels auront chacun trois escadrons, à 200 hommes par escadron; ce qui fera, par régiment, 600 hommes montés, et, en tout, quarante-cinq escadrons ou 9,000 hommes. Le 13e de cuirassiers y aura un escadron, formant 200 hommes; ce qui portera le total des cuirassiers et carabiniers à quarante-six escadrons, ou 9,200 hommes. Tous les officiers et sous-officiers tirés de la gendarmerie, tous ceux qui sont revenus de la Grande Armée, enfin tous ceux qu'on pourra se procurer, serviront à compléter ces cadres.

Les cadres des 4e et 5e escadrons se formeront après que les trois premiers escadrons auront été complétés. Les hommes nécessaires pour les 4e et 5e escadrons seront fournis par les conscriptions de 1814 et de 1815.

Pour les 9,200 hommes nécessaires pour les quarante-six esca­drons de cuirassiers et de carabiniers, il y a en effectif, au 15 jan­vier, 1,830 hommes; en conscrits des quatre classes, 2,038; en hommes fournis par les cohortes, 880 ; en hommes fournis par les compagnies de réserve, 322, et sur le supplément de 6,000 hommes sur les classes, 1,426; total, 7,096 hommes. Il y a de plus en Allemagne 2,761 hommes; cela fait un total de 9,857 hommes.

En chevaux, il existait, au 15 janvier, 336 chevaux; 387 étaient à livrer par les marchés passés, 2,595 étaient à recevoir sur la réquisition des 15,000 chevaux : cela fait 3,318. Le surplus serait donc à recevoir en Allemagne, c'est-à-dire 5,882 chevaux.

Les nouveaux états que vous dresserez en conséquence de la pré­sente lettre étant plus positifs, feront mieux connaître notre situation, et ainsi ce qu'il faudra envoyer en Allemagne. Il y a déjà un détachement de cuirassiers parti pour Hanovre.

Si, sur la conscription de 1814, il fallait donner 200 hommes à chacun des seize régiments de cuirassiers ou carabiniers, cela ferait 3,200 hommes, et il faudrait se procurer le même nombre de chevaux.

Dragons. — Les vingt-quatre régiments de dragons ont trente-huit escadrons en France; il en reste à la Grande Armée huit provenant de la brigade de dragons organisée à Hanovre; sept reviennent d'Es­pagne; cela fait cinquante-trois escadrons. Ces cinquante-trois esca­drons, complétés chacun à 200 hommes, donneront 10,600 hommes montés. Les quatre régiments qui étaient à la Grande Armée pourront fournir chacun trois escadrons comme les régiments de cuirassiers; cela fait encore douze escadrons, qui, à 200 hommes chacun, donne­ront 2,400 hommes. Le total des escadrons de dragons pour l'armée d'Allemagne serait donc de soixante-cinq, ou 13,000 hommes et autant de chevaux.

Les vingt-quatre régiments de dragons avaient en France, au 15 jan­vier, 3,762 hommes; ils avaient, sur les conscrits des quatre classes, 4,187 hommes; en hommes fournis par les compagnies de réserve, 219; sur le supplément de 6,000 hommes, 3,042; total, 11,210 hommes. Ils ont de plus au-delà du Rhin 1,940 hommes; ce qui fait 13,150 hommes. Ils ont donc le nombre d'hommes nécessaire.

Pour les chevaux, il y en aura 5,814 dans l'intérieur; il y en a au-delà du Rhin 1,573; total, 7,387, il faudrait donc en avoir en Allemagne le surplus, c'est-à-dire près de 6,000 chevaux; mais, comme il est difficile d'espérer de se procurer cette année ce nombre de chevaux, il parait convenable de diminuer le nombre des esca­drons qui seraient complétés cette année.

Les 2e, 5e, 12e, 13e, 14e, 17e, 19e et 20e ont déjà leurs 4e escadrons en Allemagne; ils pourront chacun en compléter deux en France, ce qui fera pour ces huit régiments vingt-quatre escadrons.

Les 4e, 6e, 11e, 15e, 18e, 22e, 24e, 25e et 26e quoique ayant en France trois escadrons, n'en fourniront chacun que deux, ce qui fera, pour ces neuf régiments, dix-huit escadrons.

Les 16e, 21e et 27e régiments n'ont en France qu'un escadron et ne compléteront chacun qu'un escadron; ce qui fait, pour ces trois régiments, trois escadrons.

Enfin les 7e, 23e, 28e et 30e compléteront chacun, soit en France, soit en Allemagne, trois escadrons; ce qui fait pour ces quatre régi­ments douze escadrons, et, en tout, cinquante-sept escadrons au lieu de soixante-cinq. Il restera donc huit autres escadrons à compléter en France. Les vingt-quatre régiments de dragons font cent vingt escadrons; sur les cent vingt escadrons, quarante-sept seront en Espagne, cinquante-sept s'organiseront cette année pour l'armée d'Allemagne, ce qui fait cent quatre escadrons; les seize autres resteraient pour être organisés ultérieurement. Ces cinquante-sept escadrons, à 200 hommes par escadron, feront 11,400 hommes.


Nous avons vu qu'il y a en France et en Allemagne 13,150 hommes et 7,387 chevaux ; ce sera donc environ 4,000 chevaux à se procurer en Allemagne.

Chevau-légers. — Le 7e régiment de chevau-légers arrive tout entier à Sedan : il pourra fournir ses quatre escadrons ou 1,000 hom­mes. Tous les autres régiments de chevau-légers ont fait la campagne ; ils pourront fournir chacun trois escadrons à 250 hommes par escadron; ce qui fera 750 hommes par régiment, et pour les huit régiments, vingt-quatre escadrons, qui feront, avec les quatre esca­drons du 7e, vingt-huit escadrons ou 7,000 hommes; sur quoi 1,577 hommes existent au-delà du Rhin et 4,551 dans l’intérieur.

Ainsi le nombre d'hommes est suffisant ; il manquerait environ 1,500 chevaux, mais ils seront fournis par les marchés passés en Allema­gne. Pour tout ce qui est relatif à la cavalerie légère, on ne con­naît pas bien encore ce qui existe, à cause de ce que la répartition des hommes montés offerts par les départements donnera probable­ment un quart en sus de ce que vous aviez pensé ; mais actuellement vous devez connaître les ressources des différents régiments en hom­mes et en chevaux. Le principal est d'organiser, soit en France, soit à la Grande Armée, trois escadrons pour chaque régiment, et d'en garder deux dans l'intérieur pour recevoir la conscription de 1812. Ainsi les neuf régiments de chevau-légers, qui devraient fournir vingt-huit escadrons, pourront n'en fournir que vingt-cinq, afin d'avoir le temps d'organiser les autres, et d'avoir de la facilité pour les officiers et sous-officiers.

Hussards. — Le 10e régiment de hussards, n'ayant pas fait la campagne, aura ses six escadrons à 250 hommes; ce qui fera 1,500 hommes. Les 13e et 14e régiments de nouvelle formation auront trois ou quatre escadrons, selon le nombre d'hommes qu'of­friront les départements au-delà des Alpes.

Les onze autres régiments se divisent en cinq régiments qui ont leurs escadrons de guerre en Espagne, et en six régiments qui en ont à la Grande Armée. Les six régiments qui ont fait la campagne de la Grande Armée fourniront chacun trois escadrons ou 750 hommes ; ce qui fera dix-huit escadrons; ils en fourniront un de plus, ou quatre, si les hommes montés offerts par les départements fournis­sent plus des 15,000 hommes portés dans les états. Les cinq régi­ments qui ont leurs escadrons de guerre en Espagne fourniront, savoir : le 1er, deux escadrons; le 2e, trois escadrons; le 3e, trois escadrons; le 4e, deux escadrons; le 9e bis, devenu 12e, deux esca­drons : total, douze escadrons; ce qui fera en tout, pour les quatorze régiments de hussards,  quarante-quatre escadrons,   ou, à 250 hommes par escadron, 11,000 hommes.

Ainsi les quatorze régiments de hussards, qui formeront soixante et onze escadrons, en auront treize en Espagne et quarante-quatre à la Grande Armée; ce qui fait cinquante-sept; il en restera donc quatorze pour recevoir la conscription de 1814. Pour les 11,000 hom­mes nécessaires, il en existe 10,507 dans l'intérieur et 1,447 au-delà du Rhin ; ce qui fait 12,000, et il paraît même que les engage­ments volontaires et les offres des communes porteront ce nombre plus haut.

Chasseurs à cheval. — Le 13e régiment de chasseurs a huit esca­drons, quatre en Espagne et quatre à Niort ; il fournira quatre esca­drons complétés à 250 hommes ou 1,000 hommes. Le 19e régiment a six escadrons à la Grande Armée ou au dépôt; il fournira aussi quatre escadrons ou 1,000 hommes. Ces deux régiments de chas­seurs sont les seuls qui aient plus de cinq escadrons; ils fourniront entre eux deux huit escadrons.

Le nombre des régiments de chasseurs étant de vingt-huit, en ôtant les deux régiments susdits, il en reste vingt-six, dont dix-sept ont leurs escadrons de guerre à la Grande Armée, et neuf en Espagne. Ceux qui ont leurs escadrons de guerre en Espagne sont : le 5e, qui peut fournir trois escadrons ou 750 hommes; le 14e qui fournira trois escadrons ou 750 hommes; le 15e, qui fournira deux escadrons ou 500 hommes ; le 21e, qui fournira trois escadrons ou 750 hommes; le 22e, qui fournira trois escadrons ou 750 hommes; le 26e, qui fournira trois escadrons ou 750 hommes ; le 27e, qui fournira trois escadrons ou 570 hommes; le 20e, qui fournira deux escadrons; le 31e, qui fournira deux escadrons: total, vingt-quatre escadrons.

Les dix-sept régiments qui ont leurs escadrons de guerre à la Grande Armée fourniront chacun trois escadrons, ce qui fera cin­quante et un escadrons, et en tout quatre-vingt-trois escadrons de chasseurs. Sur les vingt-huit régiments de chasseurs faisant cent qua­rante-quatre escadrons, il y aura donc en Espagne vingt-cinq escadrons et cent dix-neuf en France et en Allemagne, dont, quatre-vingt-trois étant à l'armée, il restera trente-six pour recevoir la conscription de 1814 et pour être organisés ultérieurement. Les quatre-vingt-trois escadrons qui seront à la Grande Armée feront 20,570 hommes; il en existe dans l'intérieur 18,118, nombre qui sera augmenté par les offres volontaires, qui sont plus nombreuses que vous ne les avez portées; il y en a en outre 3,500 au-delà du Rhin ; ce qui fait environ 22,000 hommes.


 

RÉCAPITULATION.

Cuirassiers et carabiniers. — Seize régiments, quatre-vingts esca­drons : quarante-six à l'armée, trente en France, quatre en Espagne.

Dragons. — Vingt-quatre régiments, cent vingt escadrons, dont cinquante-sept à l'armée d'Allemagne, seize en France, quarante-sept en Espagne.

Chaque escadron de grosse cavalerie sera de 200 chevaux ; qua­rante régiments de grosse cavalerie feront donc deux cents escadrons, qui, à 200 hommes par escadron, donnent 40,000 hommes, dont cent trois escadrons ou 20,600 hommes à l'armée d'Allemagne, qua­rante-six escadrons ou 9,200 hommes en France, et cinquante et un escadrons ou 10,200 hommes en Espagne.

Chevau-légers. — Neuf régiments, quarante-cinq escadrons, dont vingt-cinq à l'armée d'Allemagne et vingt en France.

Hussards. — Quatorze régiments, soixante et onze escadrons, dont quarante-quatre à l'armée d'Allemagne, quatorze en France et treize en Espagne.

Chasseurs à cheval. — Vingt-huit régiments, cent quarante-quatre escadrons, dont quatre-vingt-trois à l'armée d'Allemagne, trente-six en France, vingt-cinq en Espagne.

Chaque escadron de cavalerie légère étant de 250 chevaux, les cinquante et un régiments ou les deux cent soixante escadrons de cavalerie légère donneront 65,000 hommes, savoir : à l'armée d'Allemagne, cent cinquante-deux escadrons, 38,000 hommes; en France, soixante et dix escadrons, 17,500 hommes; en Espagne, trente-huit escadrons, 9,500 hommes.

 

RÉCAPITULATION GÉNÉRALE.

Armée d’Allemagne : grosse cavalerie, cent trois escadrons, 20,600 hommes; cavalerie légère, cent cinquante-deux escadrons, 38,000 hommes; total, deux cent cinquante-cinq escadrons, 58,600 hommes.

Armée d'Espagne : grosse cavalerie, cinquante et un escadrons, 10,200 hommes; cavalerie légère, trente-huit escadrons, 9,500 hommes; total, quatre-vingt-neuf escadrons, 19,700 hommes.

France: grosse cavalerie, quarante-six escadrons, 9,200 hommes; cavalerie légère, soixante et dix escadrons, 17,500 hommes; total, cent seize escadrons, 26,700 hommes; d'où il suivrait que, sur la conscription de 1814 et de 1815, il faudrait, pour compléter les cadres votés en France, 27,000 hommes.

Total de la cavalerie: grosse cavalerie, deux cents escadrons, 40,000 hommes; cavalerie légère, deux cent soixante escadrons, 65,000 hommes; total général, quatre cent soixante escadrons, 105,000 hommes.

 

P. S. Je vous prie d'envoyer la copie de cette lettre au ministre de l'administration de la guerre.


 

AU GÉNÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE,

M1NISTII BB LA GUERRE, A PARIS.

Parie. 96 février 1813.

Envoyez celte lettre du commandant de Spandau au général Lau-riston à Magdeburg, pour qu'il envoie à Spandau un médecin, un chirurgien, un peu de poudre, quoique je pense qu'il y en ait suffi­samment dans la place, et une compagnie de sapeurs.

Donnez ordre au général Barthélémy, s'il ne l'a déjà reçu du maréchal duc de Castiglione, aussitôt qu'il serait investi, de désarmer les Prussiens et de prendre toutes les mesures nécessaires pour la sûreté de sa place.


Paris, 26 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, on fait partir de Wesel 330 conscrits réfractaires pour le 134e régiment, qui est à Magdeburg, et on les dirige sur Mayence pour de là aller à Magdeburg. Ce mouvement fera déserter tous ces conscrits ; on leur fait faire un chemin triple, tandis que de Wesel à Magdeburg il n'y a qu'un pas. Donnez sur-le-champ une autre direction à ces conscrits, s'il en est temps encore. Mais il serait bien important qu'on ne fît pas de fautes de cette espèce; cela annule tous les moyens de l'armée.


Paris, 26 février 1813.

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l'administration de la guerre, à Paris

Monsieur le Comte de Cessac, au 20 février il n'y avait aucun approvisionnement à Wesel. Cela devient cependant de la plus grande urgence. Faites-moi un rapport là-dessus. Le service courant même était en souffrance.


Paris, 26 février 1813.

 

Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.

Les convois d'artillerie ont commencé à partir de Wesel et de Mayence, à raison de 60 voitures et de 300 chevaux par convoi ; ils sont organisés en batteries. Vous recevrez ainsi quatre-vingt-douze pièces de canon, ce qui fera 7 à 800 voitures, attelées par 3,000 che­vaux. Ayez soin de bien assurer la marche, et ne les perdez pas de vue dans leur mouvement.

Le duc de Padoue doit être à Erfurt.


 

Paris, 26 février 1813

 

Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.

Monsieur le Général Lauriston , je réponds à votre lettre du 17 fé­vrier. Vous ne devez rien changer aux cadres de la Grande Armée, qui doivent se rendre à Erfurt, où ils seront organisés.

J'ai pourvu à la défense de la 32e division militaire; six bataillons sont en marche pour s’y rendre; ils y arriveront dans le courant de mars.

Gardez à Magdeburg tous les officiers d'état-major, d'artillerie, du génie et les généraux de brigade qui pourraient être en état de servir; vous en aurez besoin.

La division Rochambeau, qui part de Francfort pour vous rejoindre, manque de généraux de brigade.


Paris, 26 février 1813.

 

Au général comte de Lauriston, commandant le corps d’observation de l’Elbe, à Magdeburg.

Monsieur le Comte Lauriston, je reçois votre lettre du 22, dans laquelle je vois que des patrouilles de Cosaques se sont approchées de Berlin ; j'attends avec impatience l'estafette de demain ; je suppose que le vice-roi et le maréchal Saint-Cyr les auront repoussées.     

Vous devez approcher tout votre corps de Magdeburg. La division Rochambeau est partie le 24 de Francfort, en prenant la route de Westphalie. Tenez tout votre corps réuni, afin d'agir selon les circonstances.

Écrivez au roi de Westphalie de réunir, à moitié chemin de Ham­bourg à Magdeburg, c'est-à-dire du côté de Havelberg, son corps d'armée, et, par ce moyen, vous défendrez l'Elbe, et ce corps pourra se réunir à vous pour manœuvrer.

J'espère que le roi de Saxe a approvisionné Torgau ; il doit y avoir un corps de troupes : par là, l'Elbe se trouve bordé.

Vingt-huit bataillons de la Grande Armée doivent être en ce moment organisés et complétés à Erfurt, et même auront filé sur Wittenberg. Le vice-roi donnera des ordres pour ce qui les concerne; mais le prince d'Eckmühl doit les réorganiser et en prendre le com­mandement ; ce qui vous fera de plus un corps sur votre droite, à moins que le vice-roi, s'il est rentré à Berlin, ne les rappelle à lui.


Paris, 26 février 1813.

A  M. Barbier, bibliothécaire de l’Empereur, à Paris

Au commencement de la dernière campagne, l'Empereur a chargé M. le baron de Meneval de prendre à la bibliothèque de Dresde quel­ques ouvrages sur la Russie et la Pologne. M. Meneval en a donné un reçu au bibliothécaire du Roi, à Dresde. Depuis, ces livres ont été brûlés avec le fourgon qui les portait. L'intention de l'Empereur est qu'on recherche ici ces mêmes ouvrages et qu'on les rende à la bibliothèque de Dresde. C'est par ordre de l'Empereur que j'adresse cette note à M. Barbier.

Le Secrétaire du cabinet, Baron Fain.


Paris, 27 février 1813.

A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Paris.

Monsieur le Duc de Bassano, le général Reynier est arrivé à Glogau le 28. Il a amené avec lui deux régiments d'infanterie polo­naise et plusieurs régiments de cavalerie. La cavalerie parait être au nombre de 2,000 hommes.

Écrivez sur-le-champ par estafette à mon ministre Serra qu'il ait à faire fournir à ces deux régiments d'infanterie et aux régiments de ca­valerie tout ce qui est nécessaire pour les habiller, équiper et remonter. Ouvrez-lui provisoirement à cet effet un crédit de 200,000 francs. Le vice-roi a dirigé la cavalerie sur Meissen.


Paris, 27 février 1813.

 

Au comte Mollien, ministre du trésor public, à Paris

Monsieur le Comte Mollien, je vous envoie un tableau qui m'a été présenté des changements qu'a successivement éprouvés le budget de la Grande Armée pour 1812. Il présente les résultats suivants :

Je conçois que ce résultat ne peut mériter une entière confiance que lorsqu'on se sera assuré de la somme des payements qui ont été faits, et lorsqu'on connaîtra, au moins par aperçu, ce qui reste à payer ; mais il est important de terminer promptement cette affaire.

Vous avez sans doute donné ordre au payeur général de se rendre à Paris avec tous les comptes de son exercice. Je désire que vous me mettiez le plus tôt possible à portée de rendre un décret qui règle définitivement les fonds qui resteront affectés aux dépenses de cette campagne.


Paris, 27 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, toute la Garde impériale qui était à Fulde, infanterie, cavalerie, artillerie, se réunira à Gotha. La divi­sion de la Garde qui arrive le 11 et le 12 mars à Mayence, après avoir pris un séjour, se dirigera sur Gotha.

L'artillerie de la Garde, qui est partie le 16 et qui arrivera le 8 mars à Mayence, après s'y être reposée deux jours pour s'y réparer, se dirigera également sur Gotha.

Donnez ordre au général Barrois, qui commande cette division, de réunir sous son commandement cette artillerie et de la partager entre ses deux brigades, de manière qu'elle ne marche pas isolément, mais qu'elle marche avec les brigades. Vous me ferez connaître quand cette division sera arrivée à Gotha.

Donnez ordre au duc de Trévise de partir de Paris de manière à être arrivé à Mayence, de sa personne, le 11. Il y passera en revue l'infanterie, la cavalerie et l'artillerie de la Garde, et se mettra en marche à leur tête. En passant à Fulde, il fera monter les chevaux qui ne le seraient pas, et il ira établir son quartier général à Gotha.

Les sapeurs, les maçons et tout ce qui appartient au service du génie se réuniront également à Gotha.


Paris, 27 février 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, faites commencer au 10 mars le mou­vement du corps d'observation d'Italie. Le général Bertrand, qui doit être à Vérone, fera partir la division qui sera le plus tôt prête, avec son artillerie et ses équipages militaires, et la dirigera for Augsburg. Il fera faire ainsi successivement le mouvement des autres divisions. Recommandez-lui qu'il ait ses ambulances italienne et française, chacune de six caissons et portant du linge à pansement pour 10,000 blesses.

La cavalerie de ce corps doit être composée d'un régiment napo­litain de 1,000 chevaux, d'un régiment italien de 1,000 chevaux, de six escadrons du 10e de chasseurs de 1,500 chevaux, de quatre escadrons du 13e de hussards et de quatre du 14e, 2,000 chevaux; ce qui fera 5,500 chevaux.

Le général de cavalerie Fresia prendra le commandement de cette cavalerie et marchera avec ce qu'il y aura d'abord de disponible; il conduira ainsi à Augsburg les 1,000 Napolitains et au moins 1,000 Italiens, ce qui fera un corps de 2,000 chevaux.

Nommez un jeune général de brigade de cavalerie pour se rendre à Vérone, y organiser la 2e brigade et partir avec elle quinze jours après la 1e brigade.


Paris, 27 février 1813.

Au général Mouton, comte Lobau, aide de camp de l’Empereur, à Paris

Je désire avoir votre opinion sur les généraux qui sont proposés dans la note ci-jointe pour les divisions Souham, Girard, Brenier et Ricard, du 1er corps d'observation du Rhin. Est-ce qu'on n'en pourrait pas trouver de meilleurs ? Je vous demande également votre opinion sur ceux qu'on me propose pour le 2e corps d'observation du Rhin.


Paris, 27 février 1813.

A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Schönberg.

Mon Fils, je reçois votre lettre du 20 février, par laquelle vous m'instruisez de votre arrivée dans les environs de Berlin et de l'arrivée du général Reynier à Glogau.

Le général Lauriston est arrivé à Magdeburg, où tout son corps se réunit. Les deux corps d'observation du Rhin et le corps d'observation d'Italie sont en marche. La Garde impériale, qui est partie de Paris et de la Fère, il y a plusieurs semaines, se réunira sur Gotha. Voyez les capitaines capables d'être faits chefs de bataillon ou les chefs de bataillon à la suite que vous avez dans vos corps, et envoyez-les à Magdeburg, afin de tâcher d'exécuter l'ordre que je vous ai donné à cet égard.

Donnez ordre au prince d'Eckmühl de se rendre à Wittenberg, sur l'Elbe, pour y réunir les vingt-huit 2e bataillons de la Grande Armée; et après cela, selon les circonstances, dirigez-les du côté de Stettin.

J'ai donné ordre au ministre des relations extérieures de faire donner, par le canal de mon ministre Serra, ce qui serait nécessaire pour habiller et équiper les deux régiments d'infanterie polonaise et les régiments de cavalerie qui sont arrivés à Glogau avec le général Reynier.

Beaucoup de convois d'artillerie sont partis de Wesel et de Mayence dès le 20 février pour Magdeburg, où ils compléteront les cent pièces d'artillerie avec le double approvisionnement que doit avoir le corps d'observation de l'Elbe.

Le général Dumas a dû recevoir un décret que j'ai pris relative­ment à l'approvisionnement de toutes les places de l'Oder. Tous les marchés que passe le général Dumas sont des folies. Il croit appa­remment que l'argent n'est que de la boue. Il faut frapper de fortes réquisitions dans le pays, faire des magasins et donner des bons, comme font les ennemis. Il n'y a rien de ridicule comme les marchés qu'il passe. Faites-vous communiquer le décret que j'ai pris pour tous ces objets. On doit payer également avec des bons les journées d'hôpitaux, jusqu'à ce qu'on puisse faire une liquidation générale; toutefois je n'entends pas les payer plus de vingt sous.

Désormais je vous ferai écrire par le duc de Frioul et en mon nom, craignant que des partis ennemis n'enlèvent de mes lettres. Si vous devez écrire en chiffre, vous pouvez vous servir du chiffre du secrétaire d'ambassade qui est resté à Berlin. Il est bien nécessaire que vous renouveliez tous les chiffres de l'armée.

Une division bavaroise, composée de trois brigades, ou de quinze bataillons, avec dix-huit pièces de canon et plusieurs régiments de cavalerie, se réunit à Bayreuth et Kronach. Les Wurtembergeois, les Badois et les Hessois se réunissent à Würzburg. Cela formera, vers la fin de mars, un corps de 30,000 hommes le long des montagnes de la Thuringe. J'ai mandé au roi de Westphalie de placer son corps du côté de Havelberg. Je suppose que Torgau est approvisionné ; j'ai demandé un approvisionnement de réserve que la Saxe y aura fait passer. Je suppose que vous aurez mis tout entière en ligne la 31e division, et qu'ainsi vous avez les 31e, 35e et 36e divisions.

Le général Lauriston n'aura pas manqué de vous renvoyer tout ce qui était à Magdeburg.

Donnez les ordres les plus sévères pour que les commandants des places de l'Oder s'approvisionnent de tout ce qui leur est nécessaire. Mettez ces places en état de siège; faites-moi connaître les comman­dements et la situation de ces places.


 

Paris, 27 février 1813

Au maréchal Kellermann, duc de Valmy, commandant supérieur des 5e, 25e et 26e divisions militaires, à Mayence.

Mon Cousin, la 1e division du 1er corps d'observation du Rhin doit être à Hanau. Faites-moi connaître sa situation au 4 mars ; elle doit avoir ses quatorze bataillons et son artillerie. Présentez-moi à toutes les places de chefs de bataillon, capitaines, adjudants-majors, lieutenants et sous-lieutenants, qui seraient vacantes. Proposez-moi de bons sujets et ayez soin de ne les prendre que parmi les présents. Envoyez-moi directement ces propositions avec les états de service, afin que je complète les cadres. Faites-moi connaître si cette division a ses généraux de brigade, son adjudant-commandant, son administration et ses six caissons. Elle doit avoir ses sapeurs. Une compagnie d'équipages militaires doit être arrivée pour former les cinq ambu­lances du 1er corps d'observation, à raison de six caissons par ambu­lance, ce qui fera trente caissons.

Je suppose que vous avez réuni la 2e division à Francfort. Le 136e doit être arrivé; le 2e provisoire et le 138e arriveront le 9 mars; le 145e arrivera le 8 mars. Ces trois régiments auront besoin de quelques capitaines et officiers pour remplir les vacances. Voyez si vous avez des sujets à me proposer. Cette 2e division pourra-t-elle partir en bon état, le 12, de Francfort ? La 3e division pourra-t-elle partir du 15 au 20, et la 4e du 20 au 25 ?

La 1e division du 2e corps d'observation du Rhin doit avoir, dans les premiers jours de mars, plusieurs bataillons d'arrivés.