PAYS-BAS MÉRIDIONAUX
L'actuelle Belgique était composée, en
1792, de plusieurs territoires relevant du Saint-Empire. Plusieurs parmi ceux-ci
étaient de vrais États indépendants : les principautés épiscopale de Liège et
abbatiale de Stavelot-Malmedy, le comté de Fagnolle, le comté de Rekem, la
seigneurie de Kessenich, ainsi que des enclaves des archevêchés de Köln et
Trier et du Deutscher Orde. Les autres étaient sous la souveraineté commune de
l'archiduc d'Autriche : duchés de Limbourg, Luxembourg, Gueldre (Haut Quartier)
et Brabant, comtés de Namur, Hainaut et Flandre, seigneurie de Malines,
bailliage de Tournai et Tournésis. En outre y existait un petit État souverain,
ni d'Empire, ni de France, le duché de Bouillon.
A la fin du printemps 1793, la plupart de
ces territoires firent l'objet de divers décrets d'annexion votés par la
Convention nationale. Divers projets de départementalisation existèrent dès le
début de 1793. C’est ainsi que certains souhaitèrent la création d’un
département du Nord-Est, ou encore d’un département des Eaux-minérales (autour
de Stavelot-Franchimont). Finalement, seul le comté de Hainaut fut érigé en
département de Jemappes tandis que d'autres territoires (sud de
l’Entre-Sambre-et-Meuse liégeoise) étaient rattachés au département des
Ardennes. Un mois plus tard, cependant, ces pays étaient retournés à leurs
anciens princes (suite à la défaite de Neerwinden). Mais dès l’année suivante,
la bataille de Fleurus (26 juin 1794) permit le retour des Français.
Le 16 novembre 1794, les nouveaux
"pays conquis" furent dotés d'une administration générale, coiffant
huit administrations d'arrondissement. Cependant, une série de territoires
situés sur la rive droite de la Meuse se trouvaient rattachés à
l'administration centrale d'Aix-la-Chapelle. Tous ces pays (sauf l’ex-Brabant
septentrional) furent ensuite transformés en départements le 30 août 1795,
avant leur annexion définitive qui intervint le 1er octobre suivant.
Les territoires des Provinces-Unies (voir Pays-Bas septentrionaux) cédés à la
France par le traité de La Haye du 16 mai 1795 furent annexés à ces
départements au début de 1796 .
A la chute de l'Empire (1814), à nouveau,
l'actuelle Belgique fut répartie entre trois Gouvernements-généraux. Celui de
la Belgique avait son siège à Bruxelles. Le gouvernement-général du Rhin moyen
avait pour chef-lieu Trier et celui du Bas-Rhin était dirigé depuis Aachen. Ces
deux derniers fusionnèrent le 15 juin 1814, en même temps que les limites
occidentales du nouveau gouvernement-général unifié du Bas-Rhin et du Rhin
moyen étaient, pour l'essentiel, fixées sur la Meuse. C'est finalement le 12
mai 1815 que la quasi totalité des anciens départements dits "de la
Belgique" furent réunis, sous le nouveau vocable de provinces, au nouveau
royaume des Pays-Bas.
Jusqu'en 1993, ces départements devenus
provinces sont restés quasiment inchangés dans l'actuelle Belgique.
|
NOM |
Nom en français |
Chef-lieu |
Administration générale |
|
BRABANT (2) |
|
Brussel (Bruxelles) |
Brussel (Bruxelles) |
|
HÊNÔT (3) |
Hainaut
|
Mon (Mons) |
Brussel
(Bruxelles) |
|
LËTZEBUERG/LUXEMBURG |
Luxembourg |
Sin Ubinr
(Saint-Hubert); puis (1795) Lëtzebuerg (Luxembourg) |
Brussel (Bruxelles) |
|
LÎDJE (4) |
Liége
|
Lîdje (Liége) |
Brussel (Bruxelles) |
|
LIMBÔR-FRANTCHÎMONT (5) |
Limbourg-Franchimont |
Vèrvî (Verviers) |
Aachen (Aix-la-Chapelle) |
|
LOON (1) |
Looz |
Hasselt |
Aachen (Aix-la-Chapelle) |
|
NAMEUR (6) |
Namur
|
Nameur (Namur) |
Brussel (Bruxelles) |
|
OOST-VLAANDEREN (7) |
Flandre orientale |
Gent (Gand) |
Brussel (Bruxelles) |
|
TOURNÈ-TOURNÉSI (8) |
Tournai-Tournésis |
Tournè (Tournai) |
Brussel (Bruxelles) |
|
WEST-VLAANDEREN (9) |
Flandre occidentale |
Ieper (Ypres) |
Brussel (Bruxelles) |
(1) Le comté de Looz est réuni une première fois à la
République, en même temps que la principauté de Liège dont il dépendait, par le
décret de la Convention nationale du 8 mai 1793. Ce décret est cependant pris
alors que ces territoires ne sont plus aux mains des armées françaises. Quant
au voeu de réunion de la partie autrichienne de la Haute-Gueldre, il ne sera
satisfait qu'en 1795. Lors de l’occupation (fin 1794, début 1795) du sud des
Provinces-Unies, la ville de Maastricht (Maestricht) et ses territoires
dépendants furent rattachés à l’arrondissement de Loon, dont le siège fut
transféré à Maastricht.
(2) La ville, faubourgs et banlieue de Brussel avait été
réunie à la France une première fois par le décret du 1er mars 1793.
Le !, ce fut au tour de Leuven et de ses dépendances. D'autres décrets de
réunion de communes brabançonnes furent encore prononcés les ç, 19 et 23 mars.
Mais ils ne reçurent aucun début de concrétisation, ces territoires ayant été
entretemps réoccupés par les armées autrichiennes.
(3) Le Hainaut devait être la partie principale du
département du Nord-Est projeté par certains membres de l’Administration
provinciale en janvier 1793. La Convention nationale prononça la réunion du
Hainaut à la République française le 2 mars et celle de Tournai le 6. Ces deux
territoires, unifiés, formèrent le 23 mars 1793 le département de Jemappes,
divisé en quatre districts (Tournai, Ath, Mons et Binche).
(4) La principauté de Liège (moins le quartier de
Franchimont) fut réunie à la République par le décret de la Convention
nationale du 8 mai 1793. Mais le pays était alors retombé sous la direction de
son prince-évêque. Cependant, le pays de Couvin et les quelques communes qui le
jouxtaient au nord, qui étaient encore sous domination française, furent
annexés le 12 mai suivant au département des Ardennes (des cantons y furent
définis le 12 juin). Le 17 janvier 1795 (la principauté de Liège étant à
nouveau occupée par les troupes françaises), la limite douanière entre le
département des Ardennes et les pays occupés est strictement ramenée à la
frontière septentrionale du district de Couvin.
(5) C’est pour ce territoire qu’un projet de département
des Eaux-Minérales fut élaboré. Cet arrondissement était composé de plusieurs
territoires sous diverses anciennes souverainetés : duché de Limbourg (dans les
Pays-Bas autrichiens), postelleries de Stavelot et Malmédy et comté de Logne
(principauté abbatiale de Stavelot) et quartier de Franchimont (principauté de
Liège). La Convention nationale avait déjà prononcé une première fois la
réunion de Stavelot, Logne et Franchimont à la République le 2 mars 1793, puis
de Malmédy le 4 mars. Ce décret n'avait reçu aucun début d'exécution, du fait
de la défaite française de Neerwinden.
(6) Le comté de Namur avait été réuni à la France par le
décret du 11 mars 1793, non exécuté.
(7) La ville et châtellenie de Gent fut réunie à la
République le 2 mars 1793. D'autres villes le furent par les décrets des 9, 19
et 23 mars suivant mais ne reçurent aucun début d'exécution. Geraardsbergen
(Grammont) et d'autres communes émirent des voeux de réunion mais aucun décret
à leur sujet ne fut pris avant 1795.
(8) Tournai et le Tournésis furent annexés à la
République le 6 mars 1793 et rattachés, le 23 mars, au nouveau département de
Jemappes (voir note 3 ci-avant).
(9) Les voeux de réunion issus de cette province ne
furent rencontrés qu'en 1795.
|
NOM |
Nom en français |
Chef-lieu |
|
DIJLE/DÎLE (1) |
Dyle |
Brussel
(Bruxelles) |
|
JUMAPE (2) |
Jemappes |
Mon (Mons) |
|
LEIE (3) |
Lys |
Brugge (Bruges) |
|
NEDER-MAAS (4) |
Meuse-Inférieure |
Maastricht
(Maestricht) |
|
OÛTE (5) |
Ourthe |
Lîdje (Liége) |
|
SAMBE-ÈT-MOÛSE (6) |
Sambre-et-Meuse |
Nameur (Namur) |
|
SCHELDE (7) |
Escaut |
Gent (Gand) |
|
TWEE NETHEN (8) |
Deux-Nèthes |
Antwerpen (Anvers) |
|
WÄLDER/FORÈTS (9) |
Forêts |
Lëtzebuerg
(Luxembourg) |
(1) Formé d'une partie de
l'arrondissement du Brabant et de quelques communes du Hainaut.
(2) Formé de la plus grande
partie des arrondissements du Hainaut et de Tournai-Tournésis, avec quelques
parties du Brabant, de Namur et de Liége.
(3) Formé de la
West-Vlaanderen et d'une partie de l'Oost-Vlaanderen.
(4) Correspond à
l'arrondissement de Maastricht-Loon, avec quelques territoires de
l'arrondissement de Limbourg-Franchimont. Au début 1796, les territoires
transmosans dits "de la Généralité" des Provinces-Unies lui sont
rattachés : Haute-Gueldre (Venlo, Montfort) et Outremeuse (Dalhem, Fauquemont,
Rolduc).
(5) Correspond à la partie
principale de l'arrondissement de Liége, avec l'essentiel de l'arrondissement
de Limbourg-Franchimont et des parties du Brabant et du Luxembourg.
(6) Correspond à l'essentiel
de l'arrondissement de Namur, avec une partie substantielle de l'arrondissement
de Liége, et des parties des arrondissements de Luxembourg et de Brabant.
(7) Formé de la plus grande
partie de l'arrondissement d'Oost-Vlaanderen. Le 13 février 1796, la Flandre
des États (Staats-Vlaanderen), qui formait l'arrondissement de Sas-de-Gand
(voir Pays-Bas septentrionaux) lui est rattachée.
(8) Formé d'une partie de
l'arrondissement du Brabant.
(9) Formé de l'essentiel de
l'arrondissement de Luxembourg.
|
NOM |
Nom en français |
Chef-lieu |
Gouvernement-général |
|
DIJLE/DÎLE |
Dyle |
Brussel
(Bruxelles) |
Belgique |
|
JUMAPE (1) |
Jemappes |
Mon (Mons) |
Belgique |
|
LEIE |
Lys |
Brugge (Bruges) |
Belgique |
|
NEDER-MAAS |
Meuse-Inférieure |
Maastricht (Maestricht) |
Bas-Rhin |
|
OÛTE |
Ourthe |
Lîdje (Liége) |
Bas-Rhin |
|
SAMBE-ÈT-MOÛSE (2) |
Sambre-et-Meuse |
Nameur (Namur) |
Belgique |
|
SCHELDE |
Escaut |
Gent (Gand) |
Belgique |
|
TWEE NETHEN |
Deux-Nèthes |
Antwerpen (Anvers) |
Belgique |
|
WÄLDER/FORÈTS (3) |
Forêts |
Lëtzebuerg
(Luxembourg) |
Belgique (1) |
(1) La partie méridionale de l'ancien département de Jemappes
(Dour, Frameries, Merbes, Beaumont, Chimay) resta française en 1814. Elle fut
retournée au royaume des Pays-Bas, ainsi que l'ancienne enclave française de
Barbençon en vertu du deuxième traité de paix de Paris, du 20 novembre 1815.
(2) Le traité de Paris (1814) laissa à la France les cantons
de Beauraing et Gedinne de l'ancien département de Sambre-et-Meuse. Ils furent
définitivement retournés (avec l'ancien comté de Fagnolle et les anciennes
enclaves françaises de Philippeville et Mariembourg) au royaume des Pays-Bas
par le deuxième traité de Paris (1815).
(3) Le département des Forêts fut rattaché, le 9
mars 1814, au gouvernement-général du Rhin moyen.
|
NOM |
Nom en français |
Chef-lieu |
Gouvernement-général |
|
DIJLE/DÎLE |
Dyle |
Brussel
(Bruxelles) |
Belgique |
|
JUMAPE |
Jemappes |
Mon (Mons) |
Belgique |
|
LEIE |
Lys |
Brugge (Bruges) |
Belgique |
|
MOÛSE-ÈT-OÛTE (1) |
Meuse-et-Ourthe |
Lîdje (Liége) |
Bas-Rhin-et-Rhin
moyen |
|
NEDER-MAAS (2) |
Meuse-Inférieure |
Maastricht
(Maestricht) |
Belgique |
|
SAMBE-ÈT-MOÛSE (3) |
Sambre-et-Meuse |
Nameur (Namur) |
Belgique |
|
SCHELDE |
Escaut |
Gent (Gand) |
Belgique |
|
TWEE NETHEN |
Deux-Nèthes |
Antwerpen (Anvers) |
Belgique |
|
WÄLDER/FORÈTS (4) |
Forêts |
Lëtzebuerg
(Luxembourg) |
Belgique |
(1) Département formé de la réunion de la plupart
des communes situées sur la rive droite de la Meuse des anciens départements de
la Meuse-Inférieure, de l'Ourthe et de Sambre-et-Meuse, avec quelques communes
de la Roer.
(2) Département réduit à ses territoires situés sur
la rive gauche de la Meuse, avec la ville de Maastricht.
(3) Département réduit à ses territoires situés sur
la rive gauche de la Meuse.
(4) Département réduit à ses territoires situés sur
la rive gauche de la Moselle.