POLOGNE
Victime d'un troisième et définitif partage
entre Prusse, Russie et Autriche en novembre 1795, le royaume de Pologne avait
vu jusqu'à sa dénomination abolie le 26 janvier 1797. Trois jours plus tard, de
Milan, le général Dąbrowski lançait son appel à la formation de légions
polonaises en soutien aux armées de la République française. Ces légions furent
cependant supprimées après la paix de Lunéville (1801). Pendant quelques
années, un certain nombre d'exilés polonais déçus de la République reportèrent
leurs espoirs sur le nouvel empereur russe, Alexandre.
C'est la guerre contre la Prusse (1806) qui
allait donner l'occasion d'une renaissance de l'État polonais. Dès après Iena,
Napoléon fit lancer par quelques exilés polonais, dont à nouveau
Dąbrowski, des appels à l'insurrection. Le 14 décembre 1806, les troupes
françaises entraient dans Varsovie. En janvier 1807, Napoléon confia
l'administration du pays à une Commission de Gouvernement composée
d'aristocrates. Mais ce ne fut officiellement que par les deux traités de
Tilsit (7 juillet 1807 avec la Russie ; 9 juillet avec la Prusse) que fut
consacrée la naissance d'un Duché de Varsovie (Księstwo Warszawskie), plus
connu chez nous (quoique erronément) sous le nom de Grand-Duché de Varsovie. Il
fut uniquement formé de territoires arrachés à la Prusse, le district de
Bialystok étant attribué à la Russie et Danzig étant érigée en ville libre sous
protection française. La souveraineté du nouvel État était confiée à Fryderyk-August,
roi de Saxe, mais le statut constitutionnel créant formellement le duché (22
juillet) fut entièrement dicté par Napoléon. Quant à l'administration
territoriale, elle fut complètement calquée sur celle de la France
(départements avec préfets ; districts et sous-préfets ; municipalités urbaines
et communes rurales). Les six départements portèrent le nom de leur chef-lieu.
Le duché de Varsovie connut un
accroissement de territoires à la suite de la guerre austro-française de 1809.
Le traité de Schönbrunn (14 octobre 1809) lui adjugeait la Galicie occidentale
et la région de Zamość, qui furent divisées en quatre nouveaux
départements. Le 26 mai 1812, le duc Friedrich-August autorisa le Conseil des
Ministres à exercer la quasi-totalité de ses pouvoirs souverains. Quelques
jours plus tard, une Diète générale proclamait la renaissance du royaume de
Pologne et du grand-duché de Lituanie. Dans Vilna libérée le 28 juin, Napoléon
installa un Gouvernement provisoire de Lituanie, soumis à l'autorité militaire
française (voir Lituanie). Mais bientôt, la retraite de Russie sonna le glas du
petit État polonais. Le 8 février 1813, Varsovie fut occupée par les troupes
russes et le conseil des ministres se retira à Cracovie. En avril, c'est cette
ville qui fut évacuée, le gouvernement se réfugiant à Dresde (Saxe). Les
dernières forteresses à capituler furent celles de Zamość et Modlin
(décembre 1813).
Le traité de Vienne rendit à peu de choses
près à chaque puissance la part de Pologne qu'elle avait en 1795. Une minuscule
république fut créée à Cracovie. Les institutions administratives
napoléoniennes devaient se maintenir dans le pays jusque dans les années 1860.
Les départements originaires
|
NOM |
Nom en français |
Chef-lieu |
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BYDGOSZCZ/BROMBERG (1) |
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Bydgoszcz/Bromberg |
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KALISZ/KALISCH |
Kalich |
Kalisz/Kalisch
(Kalich) |
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ŁÓMŹA/LOMSCHA |
Lomza |
Łomźa/Lomscha |
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PŁOCK/PLOTSK |
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Płock/Plotsk |
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POZNAŃ/POSEN |
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Poznań/Posen |
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WARSZAWA/WARSCHAU |
Varsovie |
Warszawa/Warschau (Varsovie) |
(1) Le nom des préfectures est donné d'abord en polonais, ensuite en
allemand, langues officielles du duché avec le français.
Les départements créés en 1809
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NOM |
Nom en français |
Chef-lieu |
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KRAKÓW/KRAKAU |
Cracovie |
Kraków/Krakau
(Cracovie) |
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LUBLIN |
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Lublin |
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RADOM |
|
Radom |
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SIEDLCE/SIEDLETS |
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Siedlce/Siedlets |