PORTUGAL


Jusqu'en 1807, le Portugal attira peu l'attention du premier Consul puis de l'Empereur. Un traité de neutralité avait été signé entre la France et Lisbonne le 19 mars 1804, contre un versement mensuel d'un million de francs à Paris. Mais la guerre avec l'Angleterre devait irrémédiablement conduire à un changement d'attitude de la France vis-à-vis du petit royaume ibérique. Le 30 juillet 1807, des instructions impériales sont présentées aux Portugais, qui équivalent à un ultimatum enjoignant au prince-régent João de choisir entre l'alliance avec la France ou celle avec l'Angleterre. L'ultimatum ayant été rejeté, Napoléon décida d'envahir le Portugal.

Le 15 octobre, l'armée de Gironde franchissait la frontière espagnole. Douze jours plus tard, à Fontainebleau, un traité secret partageait le Portugal en trois parts. Le nord, transformé en royaume de Lusitanie septentrionale, était attribué au roi d'Etrurie et à sa mère. Le sud, formé de l'Alentejo et de l'Algarve était attribué sous forme de principauté héréditaire au prince de la Paix, Manuel de Godoy, principal ministre du roi des Espagnes Carlos IV. Enfin, la zone centrale était mise sous séquestre impérial. Le 23 novembre 1807, une première application de ce traité eût lieu avec l'abdication du roi et de la reine-mère d'Etrurie de leur trône italien. Ce fut là la seule application du traité de Fontainebleau car, dès le 12 décembre suivant, les Bourbons-Parme renonçaient à leur théorique royaume de Lusitanie septentrionale.

Entretemps, le prince-régent avait nommé, le 26 novembre, un Conseil de régence présidé par le marquis d'Abrantes (Francisco da Cunha e Meneses) et, le 29, s'était enfui vers le Brésil avec sa famille et ses principaux ministres. Le général en chef de l'armée impériale, Andoche Junot, arriva trop tard, le 30, à Lisbonne, pour arrêter cette fuite. Le 1er décembre, les troupes espagnoles pénétraient dans l'Alentejo puis, le 13, dans la Lusitanie septentrionale. Bientôt, tout le royaume fut occupé. Lorsqu'il fut clair que le traité de Fontainebleau ne serait pas appliqué, Junot décida d'assurer lui-même la direction du pays, au nom de l'Empereur.

C'est ainsi que, par décret daté du 1er février 1808, tout en proclamant la déchéance de la dynastie de Bragance, le futur duc d'Abrantes déclara la dissolution du Conseil de Régence et qu'il créa dans chaque province une administration calquée sur celle en vigueur en France. Chaque province fut alors dirigée par un corregedor-môr, chargé aussi bien de l'administration civile que des questions judiciaires. Bientôt cependant, la population fit connaître son mécontentement croissant. Après la destitution des Bourbons en Espagne et l'attribution du trône madrilène au frère aîné de l'Empereur, José Bonaparte, les choses devinrent claires pour beaucoup. Le 19 juin 1808, une Junte provisoire de Gouvernement suprême du Royaume prenait officiellement le pouvoir au nom de la Reine et du Prince-Régent exilés au Brésil. Cette rébellion, conjuguée à une première intervention britannique, conduisit Junot à signer, le 23 août (confirmée le 30, à Sintra), une convention de retrait. Le 18 septembre, les Britanniques réinstallaient à Lisbonne le Conseil de Régence.

Une deuxième invasion française eût encore lieu, par le nord cette fois, en décembre 1808. Mais Soult devra évacuer Porto le 12 mai 1809. Enfin, une troisième invasion, par le centre-nord (Beira, Viseu, Coïmbra) aura lieu en juillet 1810. Dès septembre cependant, les Français ne contrôlaient plus que quelques rares espaces au nord. Le 5 avril 1811, enfin, la totalité du Portugal fut libérée de toute présence française.

NOM

Nom en français

Chef-lieu

ALENTEJO

 

Evora

ALGARVE

 

Faro

BEIRA

 

Coïmbra (Coïmbre)

ENTRE-DOURO-E-MINHO

Entre-Douro-et-Minho

Braga

ESTREMADURA

Extrémadure

Lisboa (Lisbonne)

TRAS-OS-MONTES

Au-delà-des-Monts

Bragança (Bragance)