ROME


Les États pontificaux, ou États romains, avaient connu une première invasion par les armées de la République française en juin 1796. Les Légations (Bologne, Ferrare) en avaient profité pour proclamer leur indépendance sous la forme de républiques locales bientôt réunies (27 décembre 1796) en une République cispadane (avec les États héréditaires d'Este), qui accueillit encore, en février 1797, la Romagne (elle aussi territoire romain) agrandie de la région de Pesaro. Par la paix de Tolentino (19 février 1797), le pape reconnaissait ces pertes de territoire.

Le 19 novembre 1797, la ville d'Ancône et sa région proclamaient elles aussi leur indépendance (République anconitaine) et, en janvier 1798, les armées françaises envahissaient à nouveau les territoires pontificaux et prenaient Rome le 10 février. Le 15 février 1798, la République romaine était proclamée (à laquelle se réunit la République anconitaine). Le même jour, le général en chef de l'armée française à Rome, Alexandre Berthier, ordonnait une division provisoire du pays en sept territoires et municipalités provisoires. Dotée d'une Constitution le 17 mars suivant, la nouvelle république-sœur fut divisée, par la loi du 22 mars 1798, en huit départements.

Le 24 novembre 1798, la République romaine était envahie par les troupes royales napolitaines, Rome tombant le 27 novembre. Mais cette première Restauration ne dura que quelques jours. Dès le 13 décembre, les troupes françaises conduites par le général Macdonald reprenaient la ville et y réinstallaient le gouvernement républicain. Celui-ci resta en place jusqu'au 30 septembre 1799, les États romains redevenant alors territoire papal. En l'absence de pape, Pie VI étant décédé, prisonnier des Français le 29 août à Valence, c'est une commission de gouvernement qui dirigea le pays (y compris Pesaro et sa région, perdues par les Cisalpins) au nom du Sacré Collège et du Camerlingue de la Sainte Église. Cette commission mit fin à l'existence des départements. Pie VII fut élu pape le 14 mars 1800 par le conclave réuni à Venise. Le nouveau Souverain Pontife rejoignit la Ville éternelle le 3 juillet, peu après la victoire française de Marengo. Il devait rester à la tête de ses États jusqu'au 17 mai 1809, date à laquelle Napoléon Ier décréta l'annexion de ce qui restait des États romains à l'Empire français. Mais, dès le 2 avril 1808, il avait déjà amputé ces États des provinces d'Urbino et Ancône (Marches) pour les rattacher à son royaume d'Italie, dans le même temps où il occupait de facto le reste des territoires papaux (sauf la Ville éternelle). (Pour les départements ex-romains créés en Italie et en France en 1808 et 1809, voir ces deux pays).

Pie VII, prisonnier de Napoléon et exilé en France, devait seulement retrouver sa capitale le 24 mai 1814. Il fut, une dernière fois, obligé de se réfugier à l'étranger, du 22 mars au 22 mai 1815, pendant que les troupes napolitaines de Joachim Murat traversaient les États romains à la conquête - contrée par les Autrichiens - de l'Italie.

 

Les Municipalités provisoires de Berthier

NOM

Nom en français

Chef-lieu

Composition

ANCONA

Ancône

Ancona (Ancône)

Marche d'Ancône, duché d'Urbino

FERMO

 

Fermo

Marche de Fermo, État de Camerino

FOLIGNO

 

Foligno

Territoire de l'Ombrie

PERUGIA

Pérouse

Perugia (Pérouse)

Villes de Pérouse, Castello, Orvieto et dépendances

ROMA

Rome

Roma (Rome)

Ville de Rome, État de Castro et territoires dépendants

VELLETRI

 

Velletri

Territoire de la Campagna

VITERBO

Viterbe

Viterbo (Viterbe)

Parties de la Sabine et du Patrimoine de Saint-Pierre

 

La République romaine (1798-1799)

 

NOM

Nom en français

Chef-lieu

CIMINO (1)

 

Viterbo (Viterbe)

CIRCEO (2)

Circée

Anagni

CLITUNNO (3)

 

Spoleto (Spolète)

METAURO (4)

 

Ancona (Ancône)

MUSONE (5)

 

Macerata

TEVERE (6)

Tibre

Roma (Rome)

TRASIMENO (7)

Trasimène

Perugia (Pérouse)

TRONTO (8)

 

Fermo

(1) Correspond au Patrimoine de Saint-Pierre, sans la région de Rome. En 1809, ce département sera intégré au département français du Tibre (sans Orvieto, rattachée alors au Trasimène).

(2) Dit aussi Monte Circeo (Mont-Circée). Correspond à la Marittima et à la Campagna. Anagni supplante Frosinone comme chef-lieu. En 1809, il fera partie du département français du Tibre.

(3) Formé de la partie méridionale de l'Ombrie. En 1809, il fera partie du département français du Trasimène (sauf Rieti, rattachée au Tibre).

(4) Zone septentrionale de la Marche et duché d'Urbino. Mais il ne comprend pas la région de Pesaro et le Montefeltro, rattachés à la république cisalpine (département du Rubicon). Il correspond à peu de choses près au départ homonyme du royaume d'Italie (1808).

(5) Zone centrale de la Marche. Il correspond à peu de choses près au département homonyme du royaume d'Italie (1808).

(6) Correspond à Rome et à sa périphérie rurale (l'Agro romano).

(7) Correspond à la partie occidentale et septentrionale de l'Ombrie. Comprend aussi les fiefs impériaux de Sorbello et de Monte Santa Maria.

(8) En 1808, il formera pour l'essentiel un département homonyme dans le royaume d'Italie.