TOSCANE
Le royaume d'Étrurie était né en 1801 des
stipulations des traités de Lunéville (9 février) avec l'Autriche, et de Madrid
(21 mars) avec les Bourbons d'Espagne. Le grand-duc Habsbourg de Toscane cédait
ses États à l'héritier Bourbon de Parme, lequel renonçait à la succession de
ses États héréditaires en faveur de la République française.
Luigi (Lodovico) di Parma fut proclamé roi
d'Étrurie (1) le 28 juillet 1801. Il mourut moins de deux ans plus tard, le 27
mai 1803 et c'est son fils mineur Luigi II qui lui succéda, sous la régence de
sa mère Doña Maria Luisa, fille du roi d'Espagne Carlos IV. Sous les Bourbons
de Parme, la Toscane vit son économie péricliter, de même que son prestige
intellectuel. Aucune réforme de taille ne fut entreprise et certainement pas en
matière administrative et territoriale. Le pays resta divisé en trois provinces
(ou "compartiments"), eux-mêmes subdivisés en vicariats et
podesteries. En outre, la capitale toscane devint le refuge de nombreux
jacobins chassés d'Italie et tout autant un véritable repaire d'espions
anglais. Napoléon, pour se débarrasser de la régente, proposa aux Bourbons
d'Espagne un partage du Portugal (traité de Fontainebleau, 27 octobre 1807),
qui prévoyait la création d'un royaume héréditaire de Lusitanie septentrionale
attribué à Maria Luisa.
En conséquence, celle-ci renonça au trône
étrurien, en son nom et au nom de son fils, le 10 décembre 1807. Les troupes
espagnoles furent immédiatement remplacées par des troupes françaises et, le 28
décembre 1807, le général Honoré-Charles Reille était nommé commissaire
administrateur du pays. L'ancien royaume d'Étrurie vit progressivement s'installer
une administration française, tandis que l'Empereur hésitait encore sur le sort
à réserver au pays (annexion à l'Italie ou à la France). Un décret impérial du
19 février 1808 organisait la justice dans "Florence et son pays" et
dans "chacun de ses départements". C'est ainsi que furent créés les
trois départements toscans, réunis par sénatus-consulte du 24 mai 1808 à
l'Empire.
Après l'annexion, le 2 mars 1809, les
départements de la Toscane furent réunis en un Gouvernement général (Grande
dignité de l'Empire sous le titre de Grande-duchesse) dont la titulaire, nommée
le lendemain, fut Elisa-Napoleone, princesse et duchesse de Lucques, Massa et
de Piombino. Le 7 avril suivant, l'île d'Elbe (non-départementalisée) était
rattachée à ce Gouvernement général (puis, en 1811, annexée).
(1) Les traités de Lunéville (9 février 1801) et
d'Aranjuez [Madrid] (21 mars 1801) ne faisaient mention que de la Toscane et
notamment, l'article 3 de ce traité stipulait formellement que le prince de
Parme serait reconnu en tant que "roi de Toscane". Le traité de Paris
du 20 décembre 1802 ne parlait plus que de "royaume d'Étrurie", nom
qui est resté dans l'Histoire. Cependant, Luigi Ier ne signa jamais
que sous la forme "Luigi re di Toscana".
|
COMPARTIMENTS |
Nom en français |
Chef-lieu |
|
FIORENTINO |
Florentin |
Firenze (Florence) |
|
PISANO |
Pisan |
Pisa (Pise) |
|
SENESE |
Siennois |
Siena
(Sienne) |
|
NOM |
Nom en français |
Chef-lieu |
|
ARNO |
|
Firenze (Florence) |
|
MEDITERRANEO |
Méditerranée |
Livorno (Livourne) |
|
OMBRONE |
|
Siena (Sienne) |