WURTEMBERG


Entre 1803 et 1810, le duché de Wurtemberg connut tant en superficie qu'en population un accroissement considérable, dû à des annexions successives favorisées par le premier Consul puis Empereur des Français Napoléon Bonaparte. En compensation de la perte de la principauté de Montbéliard et de ses fiefs d'Alsace, le duc acquit, par le recez d'Empire du 25 février 1803, une série de territoires ecclésiastiques et de villes libres (Ellwangen, Zwiefalten, Schönthal, Comburg, Rothenmünster, Heiligenkreuzthal, Obersteufel, Margrethenhausen, Dürrenmettstetten, Weil, Reutlingen, Esslingen, Rottweil, Giengen, Aalen, Hall, Gemünd, Heilbronn, notamment). En outre, le duché était érigé en électorat.

Le traité du 12 décembre 1805 avec la France reconnaissait à l'électeur le titre de roi et l'autorisait à prendre possession de toutes les terres de l'ordre équestre situées à l'intérieur de ses États. Ce traité fut confirmé par le traité de Presbourg, du 26 décembre suivant, qui reconnaissait en outre la pleine souveraineté du nouveau roi dans son pays. L'Autriche, par la même occasion, cédait au Wurtemberg une série de petits territoires lui appartenant en Souabe. Adhérant à la Confédération du Rhin le 16 juillet 1806, le roi Friedrich I. acquit encore d'autres territoires à cette occasion. En août 1809, les territoires de l'Ordre teutonique furent annexés. Enfin, après la paix de Schönbrunn (1809), le traité de Compiègne du 24 avril 1810 conduisait au dernier accroissement de territoire du royaume. Plusieurs régions (dont Ulm, Rothenburg, Ottingen, Nordlingen) lui furent cédées par la Bavière, cependant qu'il cédait lui-même quelques-unes de ses récentes acquisitions au grand-duché de Bade (partie du Hohenberg, Bonndorf-Sankt-Blasius, Villingen, Braunlingen, Triberg, Nellebourg,...).

L'ensemble de ces territoires disparates nécessitait une nouvelle organisation territoriale. A l'occasion de l'adoption d'une Constitution (l'édit organique du 18 mars 1806), le royaume fut divisé en douze cercles (Kreise) d'approximativement 100.000 habitants chacun mais encore dirigés selon les coutumes anciennes. Ces douze cercles étaient répartis en deux entités fondamentales : le Vieux- et le Nouveau-Wurtemberg.

Enfin, après la signature du traité de Compiègne, en 1810, le royaume fut divisé en douze prévôtés (Landvogteien), tout à fait modelées sur les départements français (les documents wurtembergois de l'époque écrits en langue française traduisent d'ailleurs le terme Landvogtei non par prévôté mais par département). Cette nouvelle organisation territoriale resta d'application jusqu'au 1er janvier 1818, date de création de quatre cercles (Kreise).

 

NOM

Nom en français

Chef-lieu

ALB

Alp

Urach

BODENSEE

Lac-de-Constance

Altdorf (1)

DONAU

Danube

Ulm

ENZ

Entz

Ludwigsburg (Ludwigsbourg)

FILS UND REMS

Fils-et-Rems

Göppingen (Goppingen)

JAGST

Iaxt

Oehringen (Ohringen)

KOCHER

 

Ellwangen

MITTLER NECKAR

Moyen-Neckar

Rottenburg (Rottenbourg)

OBER NECKAR

Haut-Neckar

Rottweil

ROTENBERG

Rothenbourg

Stuttgart

SCHWARZWALD

Forêt-Noire

Calw

UNTER NECKAR

Bas-Neckar

Heilbronn

(1) Aujourd'hui Weingarten.