La crise salutaire

(Anonyme – 1814)

(Retour)

Napoléon, sur une estrade, est installé sur un trône "de toilette" sous lequel est installé un vase de nuit. Le dossier est surmonté d'une couronne ornée d'une tête de mort. Le médecin essaye d'administrer une thérapie toute politique.

La caricature traite de nouveau de la défaite de Napoléon face à l'Angleterre. C'est le docteur John Bull qui a administré le remède, peu favorable à la santé de Napoléon, mais qui a remis sur pied l'Europe entière. Les jeux de mots et allusions donnent ici tout son sens à la caricature : Napoléon doit "rendre" ses conquêtes et suivre "l'Ancien Régime"

Bonaparte :  Voyez-vous, docteur, dans quel état je me trouve : j'ai pris des bains de sang, j'ai levé toute la milice, et rien n'est arrivé. Quel régime dois-je maintenant suivre, toujours le même, n'est-ce pas ?

Le docteur John Bull : Non, il vous faut retourner à l'ancien régime

Bonaparte : Mon Dieu, donnez moi de nouvelles recrues et vous me sauverez.

Le docteur John Bull : Vous vous sauverez aussi bien sans elles. Vous en avez sans doute pris beaucoup trop. Videz-vous en les rendant  bravement et nettoyez-vous complètement.

Bonaparte : Ah ! Docteur, de Moscou à Paris, je n'ai fait que faire de la place et rendre ! 

Le docteur John Bull : Tant mieux ! Tout doit être rendu ! 

En arrière,  on aperçoit un drapeau, avec l'inscription "Fontainebleau". Aux pieds de Napoléon sont tombées deux cartes, celles de la Méditerranée et de l'océan Atlantique, c'est-à-dire celles menant à Elbe et Sainte-Hélène.