Le testament de Buonaprte

(Moithey – 1815)

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Sur le bateau qui l'emmène à Sainte-Hélène, Napoléon, en robe de chambre et coiffé d'un bonnet de nuit tricolore, son uniforme est jeté sur un meuble, écrit son testament. 

Au nom de qui il appartiendra :

Je ne lègue point mon âme, car je ne sais pas trop si j'en ai une; mais je lègue mon patrimoine, tel qu'il était en 1789, à ma famille, qui se le partagera par portions égales; Je lègue mon sucre de betteraves aux poitrinaires; Je lègue mes fédérés à la bonne ville de Paris; ma probité aux galériens;

Ma parole d'honneur à Ney; mes proclamations à Carnot; mon humanité aux Jacobins; l'exemple de mes fuites à mes généraux dans le danger; mes pistolets à ceux qui savent s'en servir; les insectes que j'ai rapporté de l'Égypte; 

à mes chambellans, 

mon costume du champ de mai aux loueurs de dominos pour le carnaval; mes fautes d'orthographe à l'Institut; enfin je lègue l'honneur de faire mon panégyrique à M. E***, et je donne en toute propriété mon squelette à l'école de médecine.

(M. E**: Il s’agit de monsieur Étienne, membre de l'Académie et rédacteur du journal "Le Nain Jaune" )