Lettre de Napoléon au prince Régent
(13 juillet 1815)

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Je proteste solennellement ici à la face du ciel et des hommes contre la violence qui m'est faite, contre la violation de mes droits les plus sacrés, en disposant par la force de ma personne et de ma liberté.

Je suis venu librement à bord du Bellerophon. Je ne suis pas prisonnier. Je suis l'hôte de l'Angleterre.

J'y suis venu à l'instigation même du capitaine, qui a dit avoir des ordres du gouvernement de me recevoir et de me conduire en Angleterre, avec ma suite,, si cela m'était agréable. Je me suis présenté  de bonne fois, pour venir me mettre sous la protection des lois d'Angleterre.

Aussitôt arrivé à bord du Bellerophon, je fus sur les foyers du peuple britannique.

Si le gouvernement en donnant  des ordres au capitaine du Bellerophon de me recevoir ainsi que ma suite, n'a voulu que tende une embûche, il a forfait à l'honneur et flétri son pavillon.

Si cet acte se consommait ce serait  en vain que les anglais voudraient parler à l'Europe de leur loyauté, de leurs lois et de leur liberté. La foi britannique se trouverait perdue dans l'hospitalité du Bellerophon.

Altesse Royale, en but aux factions qui divisent mon pays et à l'inimitié des plus grandes puissances de l'Europe, j'ai terminé ma carrière politique, et je viens comme Thémistocle, m'asseoir sur le foyer du peuple britannique. Je me mes sous la protection de ses lois, que je réclame de votre Altesse Royale, comme au plus puissant, au plus constant, et au plus généreux de mes ennemis.

Napoléon.