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Consulat
- Premier Empire |
Lettre de Bonaparte à Joséphine
(31 août 1796)
Joséphine
Je pars à l'instant pour Vérone. J'avais espéré recevoir une lettre de toi; cela me met dans une inquiétude affreuse. Tu étais un peu incommodée lors de mon départ; je t'en prie, ne me laisse pas dans une pareille inquiétude. Tu m'avais promis plus d'exactitude; ta langue était cependant bien d'accord alors avec ton coeur... Toi, à qui la nature a donné douceur, beauté et tout ce qui plaît, comment peux-tu oublier celui qui t'aime avec tant de chaleur ? 3 jours sans tes lettres; je t'ai cependant écrit plusieurs fois. L'absence est horrible, les nuits sont longues, ennuyeuses, fades; la journée est monotone. Tu étais pour moi tout. Te voir, te parler, te consoler et t'apaiser c'était à la fois l'agrément d'une promenade dans un très beau parterre et l'intérêt de la représentation d'un drame touchant et bien frappé. Aujourd'hui, seul avec les pensées, les travaux, les écritures, les hommes et leurs fastueux projets et ce que je n'ai pas même un billet de toi que je puisse presser contre mon coeur.
Le quartier-général est parti; je pars dans une heure. J'ai reçu cette nuit un exprès de Paris; il n'y avait pour toi que la lettre ci-jointe qui te fera plaisir.
Pense à moi, vis pour moi, sois souvent avec ton bien-aimé, et crois qu'il n'est pour lui qu'un seul malheur qui l'effraie, ce serait de n'être plus aimé de sa Joséphine. Mille baisers bien doux, bien tendres, bien exclusifs. Fais partir de suite M. Monclas pour Vérone; je le placerai. Il faut qu'il soit arrivé avant le 18.
Brescia le 14.
Bonaparte
(Note : le passage en italique avait été supprimé dans la Correspondance)
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