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Consulat
- Premier Empire |
Écrits
de jeunesse de Bonaparte
Nouvelle
Corse
(22 novembre 1787)
(in Napoléon - Manuscrits inédits - Publiés par F. Masson et G. Biagi - Paris 1926)
Je m'étais embarqué à Livourne pour me rendre en Espagne lorsque les vents contraires nous obligèrent de relâcher à la Gorgona. La Gorgona est un rocher escarpé, qui peut avoir une demi-lieue de circuit. Il n'y avait aucun bon refuge, mais, dans la nécessité où nous étions, nous fîmes comme nous pûmes, vu que notre navire faisait eau de plusieurs côtés.
Il est peu de situations aussi pittoresques que la position de cette île, éloignée de toute terre par des bras de mer immenses, environnée de rochers contre lesquels les vagues se brisent avec fureur. Elle est quelquefois le refuge du pâle matelot contre les tempêtes, mais plus souvent la Gorgona n'est pour eux qu'un écueil où bien des navires ont souvent fait naufrage.
Fatigué des tempêtes que nous avions essuyées, je débarquai aussitôt avec des matelots. Ils n'avaient jamais vu cette île et ne savaient pas si elle était habitée. Arrivés à terre, j'emploie le peu de forces qui me restaient à la parcourir et ne tardai pas à me convaincre que jamais créature humaine n'avait habité un si stérile séjour. Je me trompais toutefois et je revins (...)
