Consulat - Premier Empire
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L'histoire en cartes postales

Dans sa Préface au Répertoire Mondial des souvenirs Napoléoniens, le professeur Jean Tulard note, alors que "à un moment où l'Histoire est menacée de perdre sa place privilégiée dans l'enseignement ", on invoque de plus en plus "les notions de souvenir et de mémoire", invocation qui a déclenché l'intérêt porté aux "lieux de mémoire", qui, pour la période qui nous passionne, est tout endroit où a séjourné l'Empereur, où est né tel où tel maréchal, où s'est déroulé un évènement, majeur ou non.

Ces endroits, ces personnages, ces évènements peuvent peuvent être retrouvés sous la forme de monuments, de plaques commémoratives, de stèles, etc., mais aussi, surtout à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, par une carte-postale ou une photographie.

Nous serions heureux si, parmi nos lecteurs, se trouvaient d'autres collectionneurs, désireux d'enrichir cette présentation collection.


La campagne de France

Alain Chappet - Alain Labruyère - Robert Ouvrard

  

© Daniel DELATTRE - Les 816 communes de l'Aisne - 1996.

 

 

Collection: A. Chappet

 

 

Collection: A. Chappet

 

 

La Ferme d'Hurtebise, près de Craonne (Aisne)
(C'est dans cette demeure que Napoléon Ier passa la nuit la veille de la bataille de Craonne le 7 mars 1814 - Deux boulets de canon ramassés sur le champ de bataille sont posés comme ornements sur les piliers de la porte d'entrée)


La ferme d'Hurtebise fut au centre de la bataille de Craonne, et le témoin de combats extrêmement violents.

Note (due à M. A. Chappet): détruite pendant la Première Guerre Mondiale, la ferme a été reconstruite. Près de la ferme, un monument associe, dans la mémoire, les maríe-louises et les combattants de la grande-Guerre. 


Sur le point le plus élevé du plateau, se trouvait un moulin, qui servit d'observatoire à Napoléon lors de la bataille. La tour n'existe plus, tout comme le monument érigé en souvenir de la bataille, et qui furent détruits pendant la Première Guerre Mondiale. À sa place, aujourd'hui une statue en pierre de l'Empereur, avec une plaque commémorative en marbre blanc, érigée le 30 juin 1974
Collection: Alain Chappet Collection: A. Chappet

 

 

Collection A. Labruyère

 

 

 

Collection Alain Labruyère

L'école et les casernes d'artillerie de La Fère

Soucieux de bien tirer parti du terrain sur lequel il allait livrer bataille, Napoléon ajouta à l’étude des cartes l’entretien avec les gens du pays. Parmi ses informateurs, il trouva l’un des anciens camarades de La Fère, un ancien noble émigré devenu maire de Beaurieux. Celui-ci lui donna de précieux conseils et se proposa de guider lui-même les escadrons de cavalerie dans la région de Vassogne. Cette collaboration valut à l’intéressé d’être réintégré sans préavis dans l’armée avec le grade de colonel d’artillerie et la croix d’officier de la Légion d’Honneur ! (Eric Labayle)

Alain Labruyère nous a envoyé ces deux cartes postales montrant l'école et les casernes d'artillerie de La Fère, en 1912 et 1913.

Il y a des traditions qui perdurent ! En fait, Bonaparte ne fut jamais affecté à La Fère. S'il fut bien bien officier au régiment de La Fère, il fut envoyé en garnison à .... Valence, où il prend alors le commandement d'une compagnie de bombardiers, en 1785.

Mais Napoléon (ou plutôt Bonaparte) viendra tout de même à La Fère le 18 février 1798, au cours d'une tournée d'inspection de l'armée destinée à envahir l'Angleterre. Un voyage de 19 jours qui le mène à Boulogne, Calais, Dunkerque, Furnes, Ostende, Gand, Anvers, Bruxelles, Saint-Quentin, Douai et enfin La Fère. Ce jour-là il inspecte l'équipage d'artillerie du général Randon-Dulauloy. Le lendemain il retourne à Paris. A Bourrienne qui lui demande son avis sur les chances de l'opération, il répond: "C'est un coup de dés trop chanceux, je ne le hasarderai pas. Je ne veux pas jouer ainsi le sort de cette belle France" Le 5 mars, il est nommé chef de l'armée d'Égypte !


Collection: A. Labruyère

L'hôtel Saint-Pierre à Chavignon (Aisne)
quartier-général de Napoléon Ier pendant la bataille de Laon.
(Carte postale éditée à l'occasion de l'exposition "Napoléon et la campagne de France" du 6 au 13 mars 1994)


Napoléon arrive à Chavignon le lendemain, et s'établit dans cette maison.  Il y reçoit le comte Flahaut, qui revient de Lusigny, où les pourparlers d'armistice ont été rompus. Il a déjà décidé d'aller trouver Blücher, à Laon, en empruntant la route qui va de Soissons à Reims. La première journée de la bataille de Laon a lieu le lendemain, Napoléon arrivant sur le champ de bataille vers midi. Le soir, il retourne à Chavignon. Le lendemain, il est debout dès l'aube, et apprend la défaite de Marmont, à Athis. Du haut du clocher de l'église de Clary, il observe le champ de bataille. L'ordre d'arrêter les combats, et de se replier sur Soissons, est donné à 16 h. Il retourne passer la nuit à Chavignon, que Napoléon quitte le 11 mars, dans la matinée.

De ce séjour date l'anecdote suivante: alors que Napoléon essaye en vain de prendre un livre sur le manteau très élevé de la cheminée de l'hôtel, le général petit, d'une stature plus haute que l'Empereur, s'empressa de le lui donner en disant : "Je suis plus grand que vous, Sire !" "Dites plus long !" répliqua l'Empereur.

Note (due à M. A. Chappet): la demeure n'existe malheureusement plus. La commune de Chavignon, située sur le champ de bataille du Chemin des Dames, a été pratiquement détruite au cours des combats de 1917.


Le général Lefebvre-Desnouettes

Contribution de Marc Maréchal et Robert Ouvrard


Document fourni par Marc maréchal

Le "Pain de Sucre" de Sainte-Adresse

Ce monument, à la forme bizarre, attire toujours l'attention des promeneurs. Déjà, en 1882, on pouvait lire dans une brochure touristique : "C'est une sorte de cénotaphe plus que grotesque, car il ressemble á un oeuf dans un coquetier."

C'est la veuve du général comte Lefebvre Desnouettes, et cousine éloignée de Napoléon, qui fit élever ce monument en mémoire de son mari qui périt lors d'un naufrage sur les côtes irlandaises, le 18 avril 1822. Il devait servir de repère aux marins : les gens de la région le baptiseront vite le "Pain de Sucre" en raison de sa forme.

photo : Marc Maréchal


© Anovi - 2002 - A. Chappet, A. Labruyère, R. Ouvrard