Historique des régiments

Les Tirailleurs Corses


Au camp de Boulogne

 

C’est sous cet ordre qu’il se met en route en octobre 1803, pour rejoindre le Camp de Boulogne. En arrivant au camp d’Ambleteuse où il est cantonné, le bataillon est affecté au Corps du Centre de l’Armée de l’Océan, placé sous les ordres du général Soult.

En  juin 1804,  une nouvelle compagnie de Liamone est incorporée aux chasseurs Corses pour y former une compagnie de Voltigeurs.

Le 16 août 1804, ( lendemain de la Saint Napoléon) a lieu une immense cérémonie au Camp de Boulogne, où l’Empereur vient distribuer les croix de la Légion d’Honneur. Le commandant du bataillon Philippe d’Ornano est fait chevalier dans cet ordre.

Le 14 Fructidor de l’An XIII (1er Septembre 1804), l’unité prend officiellement la dénomination de bataillon des Tirailleurs Corses. Son commandement est confié à Philippe d’Ornano. Le Bataillon se compose d’une compagnie de Carabiniers, d’une compagnie de Voltigeurs, et de huit compagnies de Chasseurs.

Le 21 décembre 1804, a lieu au Camp de Boulogne la remise officielle des Aigles aux régiments présents,  qu’une délégation de chaque corps était venue chercher à Paris, 15 jours plus tôt. Les Tirailleurs Corses perçurent le leur.         

 

L’UNIFORME

Les troupes Corses ont toujours cherché à se singulariser. Or il est difficile de le faire lorsqu’on est intégré dans l’armée impériale et qu’on est assimilé à un bataillon d’infanterie légère. Les Tirailleurs Corses perçurent la tenue bleue impériale comme tous les régiments de ce type, il apportèrent une modification dans la couleur du collet de l’habit, des parements et des pattes de parements qui fut « vert pomme », ce sera la seule unité à porter cette couleur.

Pourquoi le choix de ce vert ? Il y a deux hypothèses. Ils sont issus on le sait du 8ème Léger, or la couleur distinctive des musiciens de ce régiment était le vert. Ou tout simplement Philippe d’Ornano s’est il souvenu que Catherine de Médicis avait offert à son homonyme, le maréchal Alphonse d’Ornano, dix drapeaux verts à croix blanche portant la devise Pugna Pro Patria, depuis il semble que le vert soit devenu la couleur militaire de la Corse. Et puis l’Empereur n’aimait-il pas le vert !

Le fait est que nos Corses vont se singulariser par cette couleur distinctive, et de plus ils porteront la giberne ( a carchera )  sur le ventre «  à la Corse ».  

Les Tirailleurs Corses portent l'uniforme de l'infanterie légère française distingué de vert au collet, parements et pattes de parements. L'habit de drap bleu impérial est à retroussis courts et véritables, passepoilés de blanc et ornés de cors de chasse en drap blanc découpé. Revers bleus passepoilés de blanc. Boutons plats en étain sans numéro, estampé d'un cor de chasse.

Les Chasseurs portent les épaulettes vertes à franges vertes et tournantes jaunes.

Rien de connu pour les Carabiniers. On peut supposer toutefois qu'ils se distinguèrent par des épaulettes de couleur rouge et par le port d'un bonnet d'oursin. Toutefois, d'après le général Santini, l'uniforme est identique à celui des chasseurs, ils auraient porté les cors aux retroussis au lieu de grenades.

Shako du modèle de 1801, dont voici la description :

Cylindre en feutre haut de 6 pouces 7 lignes, largeur du haut 8 pouces, recouvert d'un cuir de mouton noir, garni d'un cuir autour portant 3 pouces de largeur, visière en cuir bouilli et estampé large d'1 pouce 10 lignes, longue de 6 pouces 1/4 et garnie de 3 agrafes pour l'attacher au feutre, orné sur le devant d'une plaque en losange de fer blanc estampé d'un cor de chasse.

Les Tirailleurs Corses ne porteront pas d'autre modèle de plaque. Cordon vert non tressé avec raquettes, passant devant.

Culotte de drap bleu, coupée à la hongroise, à pont et canons de jambes fermés par agrafes au dessus de la cheville.

Gilet ou veste de drap bleu, porté sous l'habit veste, et fermant devant à l'aide d'une dizaine de petits boutons d'uniformes.

Guêtres noires, courtes, ornées d'un passepoil et d'un gland vert. Boutons en bois.

Giberne de cuir noir, elle est ornée sur le devant d'un cor de chasse en métal blanc. Elle se porte à la ceinture sur le ventre. Les sous officiers portent de part et d'autre une paire de pistolet dans des fontes.

Par le décret du 25 février 1806, l'Empereur accorde à toute l'infanterie de ligne, le shako pour le renouvellement de 1807. Cette coiffure qui existait déjà dans l'infanterie légère subi quelques modifications.

L'article 29, stipule que les corps hors ligne, recevront les shakos de l'arme à laquelle ils sont assimilés, en observant que la plaque sans numéro et la jugulaire seront de la couleur du bouton.

Pour nos Tirailleurs, la tenue n'est pas modifiée, la plaque de shako est inchangée, seule la coiffure subie quelques modifications. les guêtres sont noires, courtes, découpées en cœur et ornées d'un passepoil et d’un gland jonquille

 Les Tirailleurs Corses font partie du IV° Corps de la Grande Armée sous les ordres du maréchal Soult,  

L’artillerie est commandée par le général Lariboisière, la cavalerie par le général Margaron, elle comprend les 11e et  26e  Chasseurs et le 8e  Hussards, commandé par un Corse, le Colonel Franceschi., qui sera nommé général après Austerlitz; le génie par le général Pottevin.

L’Angleterre qui ne supporte pas la suprématie française sur le continent, rompt la fragile paix d’Amiens. Cette armée massée face à ses côtes l’inquiète au plus haut point. Avec son or, elle pousse l’Autriche et la Russie à s’armer. Seule la Prusse adopte une position d’attente. Attendant de voir le déroulement des opérations pour s’engager. La guerre est déclarée.

Par une manœuvre audacieuse et longuement préparée, l’Empereur va démontrer dans cette campagne tout son génie. Par un habile mouvement à 180°, l’armée du camp de Boulogne entre en campagne.