Baptiste-Pierre-François-Jean-Gaspard, comte Bisson

(1767-1811)

     

Il était né à Montpellier, le 16 février 1767. Sa carrière militaire commence très tôt . Il est en effet enfant de troupe au régiment Dauphin-infanterie (qui devient, en 1791, le 29e régiment d'infanterie ) le 10 juillet... 1772 ! Il va, petit à petit, gravir les échelons de la hiérarchie militaire : soldat en 1783, grenadier en 1785, adjudant-major dans la garde nationale de dunkerque en 1789, capitaine aux volontaires du Nord en 1791. Il fait son chemin dans les armées du Nord, des Ardennes, de Sambre-et-Meuse (1796). C'est là que les représentants du peuple le nomme chef de brigade (26e de bataille). En 1797 il est avec Bernadotte en Italie. Trois ans plus tard il se distingue à Marengo (1800). Il est au passage du Mincio avec la division Boudet.

En 1801 il retrouve la France, où, durant la préparation de l'invasion de l'Angleterre (1803-1805), il va recevoir le commandement de. la 1e division d'infanterie du corps de Davout (29 août 1805). En novembre de la même année, il est blessé au passage de la Traun et, le 25 décembre 1805, fait Grand-officier de la Légion d'honneur. En mai 1806, il reçoit le commandement de la 6e division militaire, puis, en septembre, celle de la 5e. En octobre de la même année il est gouverneur de la place de Brunswick. Début février 1807, il remplace Gardanne à la tête de la 2e division du VIe corps (Ney) et fait les campagnes de Prusse et de Pologne (1807-1808), participant á la bataille de Friedland.

Il part alors en Espagne, toujours à la tête de la 2e division de Ney (septembre 1808), où, en novembre, il est nommé gouverneur de Navarre. En 1809 il est envoyé en Italie du nord d'où, à la tête d'une colonne, il entre au Tyrol mais est forcé de capituler à Innsbruck (13 avril)(1). Peu après il commande la 1e division du XIe corps (en Illyrie), et est nommé gouverneur du Frioul (décembre 1809). Enfin, en mai 1810, il prend le commandement de la 3e division territoriale du royaume d'Italie.

Il meurt le 26 juillet 1811, au palais de la Fontana, près de Mantoue, d'une crise d'apoplexie.

On avait surnommé cette sorte de fort des halles de "six pieds (1m 95) de haut sur 9 (2m 92) de circonférence, capable d'engloutir, pour commencer un repas, trente douzaines d'huîtres ", "Huit bouteilles", car c'est ce qu'il buvait en vin à son déjeuner sans être empêché, dit-on, de donner ses ordres...

C' est ainsi que le général Bisson, qui buvait chaque jour huit bouteilles de vin à son déjeuner, n'avait pas l' air d' y toucher ; il avait un plus grand verre que les autres, et le vidait plus souvent ; mais on eût dit qu' il n' y faisait pas attention, et, tout en humant ainsi seize livres de liquide, il n' était pas plus empêché de plaisanter et de donner ses ordres que s' il n' eût dû boire qu' un carafon. (Brillat-Savarin)


(1) Voir la campagne de 1809 sur les pages "Campagnes"