|
|
Les Acteurs |
|
|
André
Joseph Boussart Robert Ouvrard |
C’est à Binche (Hainaut), le 13 novembre 1758, que vit le jour André-Joseph Boussart. Il a dix-sept ans, lorsqu'il rejoint le régiment de Vierset, au service de l’Empire d’Allemagne, où, en raison des états de service de son père et son oncle, il est reçu comme cadet. Lors de la campagne de Bavière, il se distingua et est promu au grade de lieutenant porte-enseigne. Neuf ans plus tard (1785), fatigué par une inactivité de garnison, il donne sa démission. Lorsque apparaissent les premiers symptômes de l’insurrection brabançonne, il entre au corps-franc Larengeois. Nommé capitaine, il se signale alors durant la journée de Turnhout et plus tard à Bouvignes, sous les ordres du général J. A. van der Mersh.
Boussart entre à l’armée du Nord où il reçoit les épaulettes de capitaine. Commandant une compagnie du corps des Dragons du Hainaut, il y retrouve son jeune frère Félix ainsi qu’Isaac, son beau-frère. A Jemappes, André Boussart gagne ses galons de lieutenant-colonel. Nommé chef d’escadron à l'armée de Sambre et Meuse et du Nord, puis à l'armée d’Italie. A Mondovi où il commande deux escadrons, Boussart met en déroute la cavalerie piémontaise, reçoit trois coups de pointe. Il se distingue sur tous les fronts, notamment à Castiglione où il met en déroute un ennemi supérieur en force.
Bonaparte le nomme chef de brigade et l'emmène avec lui en Egypte. Il est à Alexandrie (il reçoit trois coups de feu), à Scheybres, aux Pyramides. A la fin de la campagne, il est nommé général de brigade par Menou.
Il rentre en France en 1801. Jusqu'en 1805, il n’a que peu l’occasion de déployer ses talents militaires, allant de division militaire en division militaire. Il est très actif dans l’organisation de divers corps, à Lyon, Paris, Mons, Bruxelles, Besançon, Chantilly, Cambrai, Maubeuge.
Promu commandant de la Légion d’Honneur le 14 juin 1804, Boussart reprend enfin la vraie vie militaire, au camp de Boulogne, puis à la tête de dragons. S'il "manque" Austerlitz, il est cependant, 14 octobre 1806, à Iéna. Il est alors de tous les combats, étant blessé à de nombreuses reprises, notamment à Pultusk (26 décembre 1806), où son cheval est tué sous lui. A Ostrolenka, il échappe de peu aux cosaques.
André Boussart va conquérir d’autres lettres de noblesse, cette fois-ci en Espagne. Le 14 décembre 1808, avant de partir, il reçoit une gratification de 25000 francs et le titre de baron d’Empire. Son premier contact avec l'Espagne ne sera pas le meilleur : servant à Baylen, il est inclus dans la capitulation (22 juillet 1808). Il retrouve la péninsule en novembre de la même année, à la tête de la brigade de cavalerie du 5e corps, puis (en avril 1809) du 3e corps de Suchet.
De Tolède à Saragosse en passant par Burgos, les succès de Boussart sont pléthoriques, le plus notable à Lérida.
1810, la ville est alors sous le contrôle des Français. Un siège fragile, car l'anglais O’Donell s’en approche dangereusement, avec huit mille fantassins et six cents cavaliers. Ce dernier progresse en terrain découvert, ce qui va lui être fatal. Boussart donne alors l’ordre à ses cavaliers - ils sont à peine cinq-cents - de se mettre en selle. Grâce à une habile manœuvre, Boussart et ses hommes encerclent l’ennemi puis tombent sur lui. Les troupes d’O’Donell n’ayant pas le temps de s'organiser, la plaine est rapidement jonchée de morts et O’Donell a toute les peines du monde à organiser sa retraite. Un général, 8 colonels, 271 officiers, 5500 soldats, 3 canons, 3 étendards, 1 drapeau et une quantité incroyable de fusils tombent aux mains des Français. Le maréchal Suchet n’hésitera pas à embrasser Boussart, qui a d'ailleurs été blessé au ventre dans l'engagement.
Boussart se distinguera encore en Espagne, notamment à Péniscola où, à la tête d’une trentaine de hussards, il mettra en déroute les troupes espagnoles et à Sagonte (25 octobre 1810) où il sema la pagaille au sein de l’armée de Blake. Finalement, blessé à Torrente, fait prisonnier au passage du Guadalaviar (il sera délivré par Delort le 26 décembre 1811)
Nommé général de division le 16 mars 1812, meurtri dans sa chair par quelques 23 blessures, le général Boussart prendre enfin un peu de recul pour s’occuper de l’administration militaire de la ville de Valence, dont les habitants n’hésiteront pas à l'appeler le "Brave Wallon". Mais sa santé décline, et c’est à Bagnère-de-Bigorre que le général André-Joseph Boussart terminera sa vie, le 10 août 1813.
A Binche - entre Mons et Charleroi, dans le parc qui jouxte l'église, un monument a été érigé à la mémoire des frères Boussart (le général André Boussart - et le lieutenant-colonel (sic) Felix Boussart) et des Binchois tombés lors des campagnes napoléoniennes
Sources