Jean LUCAS

(1764 - 1819)


Jean Lucas nait à Marennes (Charente-Maritime), en 1764, et s'engage dès l'âge de 15 ans, comme pilotin à bord de l'Hermione, à bord de laquelle il reste de 1779 à 1782. Il participe à la guerre d'Indépendance, prenant part à 5 combats.

Aide pilote en 1784, il est nommé second pilote en 1788, puis premier-pilote en 1791, alors en campagne aux Antilles, sur le Fidèle.

En 1792, il est promu enseigne de vaisseau, et embarque pour l'Océan Indien. Il va y rester jusqu'en 1795, ayant été nommé lieutenant de vaisseau en 1794. En 1796, il prend part à l'expédition d'Irlande.

Lucas est capitaine de frégate en 1799, et se distingue à bord du Formidable, lors du combat d'Algésiras (juillet 1801 - vice-amiral Linois). Toujours sur le Formidable, il se fait de nouveau remarquer sous le commandement de Troude, lorsque ce dernier est attaqué par quatre navires anglais, devant Cadix. Cela lui vaut d'être nommé capitaine de vaisseau la mêm année l'année.

En 1805, il prend le commandement du Redoutable, de 74 canons. A Trafalgar, il se porte au secours du Bucentaure, vaisseau amiral de Villeneuve, pris sous les feux du Victory, et se jette bord à bord contre le trois-ponts britannique. Le combat épique va durer plus de trois heures, avant que Lucas ne donne l'ordre d'abordage à ses marins, le meilleur équipage de la flotte franco-espagnol. Le bâtiment anglais Temerarious de 110 canons est alors obligé de venir aider le Victory en balayant le Redoutable de sa mitraille. C'est un horrible carnage, auquel viennent s'ajouter les bordées du Santissima-Trinidad, venu secourir le Bucentaure. Avec les cinq sixièmes de son équipage hors de combat, Lucas doit se rendre. Il est fait prisonnier par les Anglais.

Libéré en 1806, Lucas mécontente l'Empereur en défendant la conduite de Villeneuve après Trafalgar. Il prend quand même le commandement du vaisseau de 74 canons Régulus dans l'escadre d'Allemand, et est présent lors de l'affaire des brulôts d'Aix, en avril 1809. Echoué à Fourras, il réussit à repousser les assauts britanniques et à rentrer à Rochefort. Il accuse alors l'amiral Allemand d'être responsable de cette dramatique affaire, ce qui lui vaut d'autres reproches de l'Empereur, et lui coûte certainement le grade d'amiral.

Durant les Cent Jours, il reste fidèle à Napoléon, ce qui ne lui permet pas de rentrer dans les grâces de la monarchie.

Jean Lucas quitte le service en 1816, et meurt à Brest en 1819.